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Jours tranquilles à Paris

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29 février 2020

CORONAVIRUS: Toutes les mesures « contraignantes » annoncées par le ministre de la Santé

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Le ministre de la Santé a annoncé 16 cas de plus par rapport à hier soir, ce qui porte le nombre total de cas depuis le début à 73. Il y a 59 personnes qui sont actuellement hospitalisées. Olivier Véran a annoncé plusieurs mesures, plus contraignantes, notamment dans l’Oise et en Haute-Savoie, les deux foyers principaux du Covid-19.

Tous les rassemblements collectifs sont désormais (et provisoirement) interdits dans l'Oise. Les établissements scolaires des 5 villes les plus touchées de ce département ne rouvriront pas lundi. Il s’agit de Creil, Crépy-en-Valoise, Vamoise, Lamorlaye et de Lagny-le-Sec.

Les autorités recommandent aux habitants de l'Oise de limiter leurs déplacements, ils peuvent sortir de chez eux pour faire leurs courses, mais ne doivent pas se rendre à des rassemblements et doivent renoncer à leurs déplacements quand ils sont inutiles. Le ministre leur demande, si possible, de recourir au télétravail.

Le second « cluster » se trouve en Haute-Savoie dans la commune de La Balme-de-Sillingy. L'objectif est de limiter la propagation du virus et d'empêcher de retarder aussi longtemps que possible le passage au stade 3 (épidémie). A La Balme tous les rassemblements sont également interdits.

Le ministre de la Santé demande aux pharmacies de ne plus vendre de masques sauf aux personnes malades. « Personne n'a besoin de porter un masque si un médecin ne vous le demande pas. Se précipiter sur les pharmacies pour demander un masque peut créer les conditions d'une pénurie », a martelé Olivier Véran.

Sur tout le territoire, tous les rassemblement de plus de 5.000 personnes dans des lieux confinés sont interdits. Les grands événements pourront être annulés au cas par cas par les préfets.

Le semi-marathon de Paris de demain est interdit ainsi que le carnaval d'Annecy. Le Salon de l’Agriculture, à Paris, est écourté et fermera ses portes ce soir avec 24h d’avance.

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29 février 2020

Cinéma : César 2020, la honte

roman

Le 28 février, la cérémonie des César 2020 s'est soldée par une victoire de Roman Polanski dans la catégorie « meilleure réalisation ». Une récompense pour un cinéaste dont le nom, pour beaucoup, pour une génération entière, est synonyme de la culture du viol. Par Philippe Azoury.

Donc au terme d’une soirée schizo, qui aura duré plus de trois heures trente, l’Académie des César aura récompensé Les Misérables, le film de Ladj Ly, du César du meilleur film, Anaïs Demoustier meilleure actrice pour Alice et le Maire, Roschdy Zem meilleur acteur pour Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin, et surtout, dans un silence de glace, d’une salle qui se pinçait pour y croire, Roman Polanski  meilleur réalisateur.

J’accuse était nommé douze fois, dont une planquée de César techniques, son casting mais personne n’aurait parié sa chemise que les votants, en février 2020, viendraient sacrer la personne Polanski. Pas son film, pas son montage, sa lumière ou ses acteurs, non lui-même. Meilleur réalisateur. Et cela en dépit des accusations de viols répétées qui entourent sa personne, la première en 1977 aux USA, sur une jeune fille alors âgée de treize ans, Samantha Geimer - le réalisateur ayant choisi en janvier 1978 de s’enfuir définitivement en France, pays qui jamais n’extradie ses citoyens (Polanski bénéficie de la nationalité française) pour ne pas répondre à la justice américaine. Aujourd’hui encore considéré par Interpol comme fugitif, Roman Polanski ne peut circuler librement que dans trois pays : la France, la Pologne, la Suisse.

En 2017 déjà, l’Académie des César, dirigée par Alain Terzian (démissionnaire la semaine dernière) l’avait choisi pour président, elle avait dû y renoncer suite à la polémique que cette annonce avait déclenchée. Car outre Samantha Geimer, ce sont dix autres femmes (dont cinq tenant à rester anonymes) qui depuis accusent Roman Polanski d’agressions sexuelles tout au long des années 70, voire le début des années 80. La dernière révélation en date remonte à novembre dernier, lorsque la photographe française Valentine Monnier accuse Polanski de l’avoir violée en 1975 à Gstaad, lorsqu’elle avait 18 ans. La photographe explique que c’est le témoignage d’Adèle Haenel, quelques jours plus tôt, dans une toute autre affaire (l’actrice accuse le réalisateur Christophe Ruggia d’agression sur sa personne quand elle était encore mineure, Ruggia est depuis le 16 janvier mis en examen pour agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité sur la victime), aurait libéré sa parole. Roman Polanski réfute chacune de ces onze accusations.

Ni Polanski ni personne de son équipe n’était présent ce soir, tous avaient déclaré forfait tout au long de la semaine - on ne voit pas comment leur présence aurait été tenable, au vue de l’ampleur qu’a prise la polémique depuis la sortie en novembre de J’accuse (qui a rassemblé 1 million et demie de spectateurs en France, un très gros score), et plus encore depuis l’annonce des douze nominations aux César. Le cinéaste de 86 ans aurait-il pu seulement franchir le seuil de la salle Pleyel où une foule de différents collectifs féministes mais pas seulement - on y trouvait tout simplement de personnes qui refusent désormais définitivement de faire le distingo entre l’homme et l’œuvre - bloquaient depuis la fin d’après-midi les abords de la salle Pleyel, où avait lieue la cérémonie sous haute surveillance policière.

Aussitôt le prix annoncé par une Emmanuelle Bercot et surtout une Claire Denis pétrifiée (elle-même avait témoigné dans le sillage du mouvement #metoo avoir été victime d’abus sexuels), la salle entière a plongé dans un silence abyssal, seulement interrompu par le départ d’Adèle Haenel, symbole français de la parole libérée, nommée pour le César de la meilleure actrice pour Portrait d’une jeune fille en feu de Céline Sciamma, hurlant deux mots, seulement deux mots, mais qui sauvent le cinéma français de son silence bien trop gêné, bien trop polissé : « la honte ». Il faudrait l’écrire en capitale pour en faire résonner la puissance : LA HONTE. Oui… LA HONTE ABSOLUE. LA HONTE HISTORIQUE.

La cinéaste Céline Sciamma, qui apparait comme l'une des grandes perdantes symboliques de la soirée, suivait l’actrice, le visage fermé. D’autres femmes ont décidé à leur tour de ne pas rester, de ne pas applaudir, de ne plus tenir ce silence complice. Au même moment, Florence Foresti, qui officiait depuis le début de la soirée comme maîtresse de cérémonie (poste intenable cette année, personne ne voulant se mouiller à remettre un prix dans un climat électrique, jusqu’à Brad Pitt qui a refusé poliment le César d’honneur qu’on était censé lui remettre hier soir) a refusé de revenir en scène après l’annonce du prix à Polanski. Le César du meilleur film s’est fait sans elle. Elle a immédiatement fait part de son « écœurement » dans une story Instagram sur fond noir.

Florence Foresti a tout résumé en un seul mot sur son Instagram.

Récompenser l'équipe, les acteurs et les actrices. Ou même le film lui-même. Pourquoi pas.

Mais récompenser Roman Polanski lui-même, c'est à vomir. C'est un manque de respect terrible. #Cesar2020 #CesarDeLaHonte pic.twitter.com/tqos3Co4bL

Tout au long de la soirée, les sketches de l’humoriste comme certains discours des Césarisés n’avaient eu de cesse de revenir sur la gêne que provoquait déjà, les douze nominations de J’accuse. Il y avait un problème Polanski, lequel recouvrait un problème plus ancien, plus systémique sur la gestion, jugée opaque, par Alain Terzian de l’Académie. Cela a provoqué en quelques semaines une réforme en forme de lame de fond marquée par une tribune des réalisateurs français parue dans Le Monde, suivie de la démission du conseil d’administration et enfin celle d’Alain Terzian, poussé à la porte sous différentes pressions, allant de la SRF (Société des Réalisateurs de Films) au ministère de la Culture. Aussi, a-t-on d’abord assisté au spectacle assez surréaliste, d’une série de discours où Polanski était surnommé Popol de façon récurrente par Florence Foresti, présentant même en début de soirée une liste (fictive) de gens de la profession ayant voté pour lui. La salle riait encore, moitié de nerfs moitié de soulagement. En contrepartie, les discours se vouaient inclusifs, militants, comme si chacun s’était donné pour mission d’être là tout en refusant de faire photo avec le film le plus nommé cette année et son cinéaste multi-soupçonné.

Jusqu’à la production, tout le monde semblait assumer que ces douze nominations étaient un accident, une tâche qu’il fallait à tout prix laver à chaque prise de parole. Le dernier vestige chelou d’une époque désormais révolue, celle des années Terzian, à peine remplacée il ya deux jours par la productrice Margaret Menegoz, nommée présidente de l’Académie par intérim. D’où la violence d’autant plus profonde de ce César à Polanski. Qui contrecarre un mois de batailles pour commencer à réformer le cinéma français : ses institutions, mais aussi, entre les lignes, ses mœurs.

Et de fait, il est difficile de ne pas ressentir une colère, ou au moins un malaise devant ce prix qui semble venu d’un autre siècle, celui d’avant la chute d’Harvey Weinstein. Un César qui n’aurait jamais entendu parler du mouvement #metoo. Un César qui est une catastrophe symbolique. Une « honte ». L’Académie des Césars, à travers ses votants « cooptés », ne s’est pas seulement trompée, de cinéaste, de film. Il ne s’agit même pas de cela. Elle a offert, en 2020, une des ses plus hautes récompenses au cinéaste dont le nom, pour beaucoup, pour une génération entière, est synonyme de la culture du viol. En le couronnant, elle gracie Polanski, la personne Polanski, lui offre une impunité symbolique. Elle rate le siècle, elle insulte les femmes, toutes les femmes : celles qui ont accusé Polanski, toutes celles qui ont un jour été agressées sexuellement. Elle rate, après des années d’un système opaque, qui avait fini par s’écrouler les jours derniers, sa sortie vers une ère autrement plus égalitaire, tout simplement moins barbare (le César aux Misérables en était l’exemple aussitôt anéanti). L’Académie était exclusive, majoritairement masculine, blanche, ancestrale, elle s’est payée vendredi ce qu’elle croit être sa dernière victoire, son dernier tour de piste. En donnant la statue et la main à Polanski, elle a précipité le cinéma français dans un épisode honteux. Son énormité n’a pas fini de se retourner contre elle.

29 février 2020

Marisa Papen

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29 février 2020

Stupeur aux Cesar : l’actrice Adèle Haenel s’emporte et quitte la salle après l’annonce du prix de Polanski

C'était le scénario tant redouté par Adèle Haenel et les associations féministes. Ce 28 février, Roman Polanski a été couronné à trois reprises pour son film J'accuse. Indignée, la comédienne a préféré quitter la salle.

Ce vendredi 29 février, le monde du cinéma français était attendu à la salle Pleyel pour assister 45e édition de la cérémonie des César mettant à l'honneur acteurs, réalisateurs et autres costumiers. Une soirée placée sous haute tension entre la démission de la direction de l'académie et les douze nominations de Roman Polanski pour son film J’accuse. Alors quand ce dernier est couronné meilleur réalisateur, s’en est trop pour Adèle Haenel.

En trombe, la comédienne a quitté la salle en clamant son indignation : "Une honte, c’est une honte !" La jeune femme a pu compter sur le soutien d’une partie de l’assemblée qui l’a suivie dont la réalisatrice du film Portrait de la jeune fille en feu Céline Sciamma et Noémie Merlan. Quelques heures plus tôt, Adèle Haenel déclarait au micro de Canal+ : “C’est important qu’on soit là. On est un peu tendues. Mais contentes de représenter notre cinéma et nos idées”.

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A l'annonce du César de la Meilleure Réalisation pour Roman Polanski ("J'accuse"), Adèle Haenel quitte la salle.

Florence Foresti "écoeurée"

Le sacre de Roman Polanski était le pire scénario possible pour l’actrice. Malgré la controverse, le cinéaste franco-polonais est reparti avec trois statuettes, dont deux lui reviennent directement. En début de semaine, celle qui a accusé le réalisateur Christophe Ruggia d’”attouchements sexuels” et de “harcèlement” lors de son adolescence, déclarait dans les colonnes du New York Times : "Distinguer Polanski, ce serait cracher au visage des victimes !" Pour rappel, Roman Polanski est accusé de viol par de nombreuses femmes. De son côté, Florence Foresti n’est pas remontée sur la scène de la salle Playel après l’annonce du César du meilleur réalisateur. Sur son compte Instagram, l’humoriste écrit en story quelques minutes plus tard : “Ecoeurée".

29 février 2020

César 2020 : "Popol","Atchoum"... Florence Foresti s'en prend à Roman Polanski dans son discours

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Florence Foresti a décidé de mettre les deux pieds dans le plat, vendredi 28 février. En tant que maîtresse de cérémonie de la 45e cérémonie des César, elle a frontalement évoqué l'affaire Roman Polanski.

Sa performance était très attendue. Alors que la 45e cérémonie des César diffusée sur Canal + le 28 février était déjà annoncée comme exceptionnelle à cause des nombreuses polémiques qui l'accompagnent, la maîtresse de cérémonie, Florence Foresti, n'avait pas le droit à l'erreur. Pour son grand retour à la présentation des Cesar, elle a longuement et soigneusement préparé son traditionnel monologue d'ouverture de cérémonie. Une chose est sûre, elle n'a pas hésité à évoquer la principale polémique liée à la cérémonie, à savoir les douze nominations du film J'accuse de Roman Polanski. Alors que ni le réalisateur, ni les membres du film n'étaient présents à cette soirée, l'humoriste a évoqué sans détour l'affaire Polanski.

"Il faut qu'on règle les dossiers maintenant. Il y a un moment, il va y avoir un souci... Il va y avoir douze soucis ! Qu'est-ce qu'on fait avec Roro, avec Popol, avec Atchoum ? Ne faites pas comme lui, ne faites pas les innocents, vous savez de qui je parle. Il est hors de question que j'assume tout seule. Je vous aime bien mais allez vous faire enc... J'ai décidé qu'Atchoum n'allait pas faire de l'ombre au cinéma français alors applaudissons les films", a-t-elle lâché sous les applaudissements des artistes présents dans la salle.

⋙ Roman Polanski accusé de viol : "On essaye de faire de moi un monstre"

Quelques secondes plus tard, elle est revenue à la charge en décrivant le film J'accuse comme étant une oeuvre sur "la pédophilie dans les années 70." Dès le début de la cérémonie, Florence Foresti a marqué le ton en rappelant à quel point elle avait été courageuse d'animer "la dernière cérémonie des César". Tout au long, elle a rappelé à quel point elle se sentait à la fois heureuse, mais surtout courageuse d'assumer un tel rôle en pleine tempête.

cesar99

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29 février 2020

Vu sur internet

jaime57

29 février 2020

La Culture

culture

29 février 2020

Coronavirus : les hôpitaux français se préparent à la « tempête »

Par François Béguin

L’épidémie de Covid-19 survient alors que la surchauffe touche d’ores et déjà certains services, comme la régulation du Centre 15 ou l’infectiologie.

Avis de gros temps sur les hôpitaux français. Après l’annonce, vendredi 28 février, de dix-neuf nouveaux cas de contamination par le coronavirus, et le passage en stade 2 (sur 3) de l’épidémie, les établissements de santé se préparent à faire face à une arrivée importante de nouveaux malades.

« On rentre dans le dur, prévient Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat, l’un des trois centres de référence en Ile-de-France. Tous les ans, la grippe saisonnière fait un peu tanguer le navire des hôpitaux. Là, ça ne va pas tanguer, ça va être la tempête. On est en face d’une épidémie qui va impacter tout le système et va imposer très vite une réorganisation totale de la prise en charge. »

Cette crise sanitaire survient dans un contexte particulier pour l’hôpital public. Il y a quelques semaines, plusieurs centaines de chefs de services avaient démissionné de leurs fonctions d’encadrement pour dénoncer le manque de lits et d’effectifs. Selon eux, c’est aujourd’hui un système hospitalier « fragilisé par des années d’économies déraisonnables et inadaptées » qui s’apprête à affronter la tempête.

« Un bazar incroyable »

La surchauffe touche d’ores et déjà certains services, comme la régulation du Centre 15 ou l’infectiologie. Depuis la flambée de nouvelles contaminations en Italie, ces services sont confrontés à des sollicitations incessantes.

« On est complètement débordés, le temps de répondre à un appel, il y en a dix autres en attente, raconte Alexandre Bleibtreu, infectiologue à la Pitié-Salpétrière, un autre hôpital de référence francilien. Alors que nous ne devrions être contactés que par le SAMU-Centre 15, des gens appellent directement parce qu’ils ont peur et veulent passer le test pour être rassurés. Certains se présentent même en personne. » Dans certains hôpitaux, comme au CHU de Tours, des pics à près de 90 appels par jour sont enregistrés.

A l’hôpital Saint-Louis, à Paris, l’infectiologue Matthieu Lafaurie s’inquiète de ce climat « anxiogène ». « On est dans l’irrationnel, dit-il. Bichat et la Pitié sont débordés et nous demandent de l’aide alors qu’il n’y a à ce jour pas ou peu de patients hospitalisés. Comment allons nous faire quand au cœur de la pandémie nous aurons beaucoup plus de personnes à hospitaliser avec pas assez de personnel de façon chronique ? C’est un bazar incroyable pour un nombre de cas recensés encore faible. »

Dans les services d’urgences déjà soumis à une forte fréquentation, on redoute cet afflux de nouveaux patients. Aux urgences de Valence, où il manquera dans quelques jours près de la moitié de l’effectif médical, Hélène Balagué s’apprête, avec ses collègues urgentistes, à devoir gérer une « double crise » : « On a déjà des délais d’attente monstrueux. En rajoutant le coronavirus, ça va être la catastrophe », redoute-t-elle.

« Gros problème d’effectifs »

Dans un hôpital périphérique des Pays de la Loire, une infirmière membre du Collectif Inter-Urgences se demande ce qui se passera si des patients « pas régulés par le 15, se présentent comme ça, au contact des autres pour les admissions ». « On sera tous en quarantaine ? Et nos familles ? Et la continuité du service ? Nous sommes déjà en gros problème d’effectifs. ».

Jeudi 27 février, les autorités sanitaires ont pris la décision spectaculaire de confiner près de 200 membres du personnel soignant des hôpitaux de Creil et Compiègne, dans l’Oise, et de fermer une unité de réanimation, après un risque de contact avec une personne infectée.

« Le risque de contamination des hôpitaux est un des sujets qui nous préoccupe le plus », a reconnu vendredi Aurélien Rousseau, le directeur de l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France lors d’une conférence de presse commune avec le préfet de police de Paris Didier Lallement, la maire de Paris Anne Hidalgo et le préfet de région Michel Cadot. « Il n’y a pas de risque zéro : ce qu’on a vu à Creil, on peut le voir partout ailleurs », a-t-il mis en garde.

Face à l’arrivée désormais quasi certaine d’un nombre important de patients touchés par le Coronavirus, les autorités sanitaires mettent les hôpitaux en ordre de bataille. A la Pitié-Salpétrière, quatorze lits d’hospitalisation ont par exemple été dédiés uniquement aux malades atteints par le coronavirus, certains patients ayant été pour cela transférés vers d’autres unités. Dans les hôpitaux labellisés, des circuits dédiés de diagnostic et de prise en charge autonomes et éloignés des urgences, tout comme des cellules de crise, ont été mis en place. A l’hôpital d’Arras (Pas-de-Calais), le chef de pôle des urgences, Pierre-Luc Maerten, explique à la Voix du Nord avoir « dédié une partie de l’hôpital à cette activité coronavirus pour éviter que les patients se croisent ».

« On voit la vague arriver »

Des hôpitaux de « deuxième ligne » sont par ailleurs désignés dans chaque région. « Nous demandons à la totalité des hôpitaux, notamment ceux de proximité, de se préparer à augmenter leurs capacités afin de recevoir les patients si jamais les capacités des CHU étaient dépassées », a annoncé, mardi, Michel Laforcade, le directeur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine. En Ile-de-France, les établissements de Pontoise, Melun, Versailles et Sud-Francilien « sont en préparation et seront activés sur décision en fonction de l’évolution de la situation », a fait savoir vendredi l’ARS.

Au sein même des hôpitaux, les soignants se préparent à cet afflux de patients. « On se tient prêt collectivement », explique Jean-François Alexandra, praticien en médecine interne à Bichat. Son service ne sera pas directement concerné mais pourra servir à délester les patients « non-coronavirus » du service d’infectiologie.

Objectif de cette « deuxième ligne » interne à l’hôpital : « faire le maximum pour se tenir prêt à pallier le surcroît d’activité des services en première ligne ».

Au CHU de Tours, Louis Bernard, le chef du service des maladies infectieuses, anticipe déjà le scénario des prochaines semaines. « On voit la vague arriver, on s’y prépare et on prépare aussi les étapes d’après. A un moment, en situation épidémique, nos dix-sept lits d’hospitalisation ne suffiront peut-être pas, le but sera alors de laisser le maximum de cas en dehors de l’hôpital. Quand on sera en dépassement des structures d’accueil, l’isolement se fera à la maison. » Ces prochaines semaines et ces prochains mois, met en garde Xavier Lescure, à Bichat, « il faudra maintenir la qualité de la prise en charge de tout ce qui ne sera pas du coronavirus. Ce sera la vraie difficulté. »

29 février 2020

Coronavirus

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29 février 2020

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