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Jours tranquilles à Paris

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19 décembre 2019

Les vols d’huîtres se multiplient en Charente-Maritime

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Les huîtres de Charente-Maritime attirent les convoitises pour les fêtes. Les vols ont repris de plus belle cette année.

La brigade nautique de la gendarmerie de Charente-Maritime a beau faire, les vols d’huîtres sont en nette recrudescence depuis le début de l’année : 24,7 tonnes ont disparu des parcs qui s’étendent le long du littoral ou dans les bassins d’affinage, à terre, contre 6,6 tonnes l’an dernier.

24 plaintes déposées

Les gendarmes multiplient pourtant les opérations de surveillance : contrôle des claires et des routes à terre, approche en canoë-kayak à travers les canaux d’irrigation qui relient les claires à l’océan, drones aériens, surveillance nautique, inspection des étals de marchés… Malgré tout, 24 plaintes ont déjà été déposées cette année. « On nous a volé 600 kilos d’huîtres en même pas trois quarts d’heure en octobre, témoigne Patricia Margat, exploitante à Fouras, en face de l’île d’Aix. On a mis les huîtres en parc le vendredi et le lundi, c’était fait. Des huîtres prêtes à vendre. »

« C’est la catastrophe, une année noire, on ne comprend pas ce qui se passe, indique l’adjudant-chef Christophe Laferrière, qui commande la brigade nautique de Charente-Maritime, chargée de surveiller le littoral. Et l’enjeu économique est important car la Charente-Maritime représente le tiers des expéditions nationales d’huîtres, soit quelque 30 000 tonnes.

Il faut remonter à 2011 pour trouver de vols plus importants. Cette année-là, 40 tonnes avaient disparu. Mais à cette époque, la très grande mortalité des huîtres juvéniles pouvait expliquer ces razzias, souvent attribuées à d’autres ostréiculteurs. Aujourd’hui, les huîtres sont en bonne santé et cette explication ne tient plus. « C’est plus facile de voler que de travailler », tranche Daniel Coirier, président du Comité régional de la conchyliculture de Poitou-Charentes.

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La Bretagne pas épargnée

Parfois, ce sont quelques poches de 13 kg d’huîtres qui disparaissent, ce qui pourrait être le fait de particuliers. Mais lorsque 2,4 tonnes sont volées sur l’île de Ré, ou 5,3 tonnes d’un seul coup dans le bassin de Marennes-Oléron, « ça ne peut être que l’œuvre de professionnels », pense Daniel Coirier. Pour enrayer le phénomène, « il faudrait que l’on puisse clairement identifier les parcs à huîtres, qui ne sont délimités que par un bâton ou un fanion », expose l’adjudant-chef Laferrière. En Bretagne, les ostréiculteurs ne sont pas épargnés. 4,5 tonnes d’huîtres ont été dérobées début décembre à Baden (56) et 3,5 tonnes d’huîtres à Erquy (22) quelques jours plus tard.

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19 décembre 2019

VANITY FAIR : « Catherine Deneuve, un mythe français », un hors-série à retrouver dès aujourd’hui

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© David Bailey / Condé Nast

Pour cette fin d’année, Vanity Fair propose un hors-série exceptionnel consacré à l’une de nos actrices préférées, Catherine Deneuve, qui n’avait jamais fait la couverture du magazine. Pour rattraper ce manque, nous lui consacrons donc un numéro entier, construit comme une lettre d’amour et d’admiration.

À lire dans ce hors-série si particulier : un entretien qu’elle nous a accordé en octobre dernier, des textes qui la racontent, écrits par Monica Sabolo, Sofia Coppola, Constance Debré et quelques autres encore… Mais aussi un portfolio de 1966 par David Bailey, une filmothèque idéale 100% Deneuve, des surprises et des exclusivités.

19 décembre 2019

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19 décembre 2019

Etats-Unis : Trump mis en accusation par une Chambre des représentants profondément divisée

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant

Les articles d’« impeachment » ont été adoptés mercredi sur des lignes presque strictement partisanes. Le président doit désormais être jugé par le Sénat.

Nancy Pelosi, la speaker (présidente) de la Chambre des représentants venait tout juste d’annoncer le résultat du premier vote sur les deux articles de mise en accusation de Donald Trump, mercredi 18 décembre. Quelques applaudissements timides, sur les bancs démocrates, se sont aussitôt attiré un regard et un geste sans réplique de l’élue de Californie, toujours armée du maillet de présidente. Les applaudissements se sont immédiatement tus. L’heure n’était pas à une célébration de victoire.

L’épilogue de la séance historique au cours de laquelle Donald Trump est devenu le troisième président de l’histoire des Etats-Unis mis en accusation, pour abus de pouvoir et obstruction au Congrès, était attendu. Presque aucune voix n’a manqué. Le premier article a été adopté par 230 voix contre 197, et le second par 229 voix contre 198. Il en fallait au minimum 216 pour les valider.

Les deux blocs qui se sont manifestés dans l’urne s’étaient déjà affrontés tout au long d’une journée d’explications de vote aussi âpre que tendue.

Les uns après les autres, les démocrates ont fait part de leur « tristesse », assurant avoir dû se résoudre à la dernière extrémité constitutionnelle qu’est la procédure d’« impeachment ». « Le président ne nous a pas laissé le choix, a indiqué Nancy Pelosi en tout début de séance, si nous n’agissions pas maintenant, nous manquerions à notre devoir. » Les uns après les autres, ils ont répété que le dossier ukrainien était à leurs yeux accablant, tout comme la tactique d’obstruction choisie par la Maison Blanche qui a refusé de coopérer avec la Chambre des représentants, empêchant des témoins de répondre à des assignations à comparaître et refusant de livrer le moindre document.

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« Personne n’est au-dessus de la loi »

L’affaire ukrainienne est partie du signalement d’un lanceur d’alerte après un échange téléphonique jugé alarmant entre Donald Trump et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 25 juillet.

Au cours de cette conversation, le président des Etats-Unis avait demandé « une faveur » : l’ouverture d’enquêtes visant ses adversaires politiques, dont l’ancien vice-président démocrate Joe Biden, candidat à l’investiture présidentielle pour 2020 et dont le fils Hunter avait siégé au conseil d’administration d’une compagnie gazière ukrainienne. L’enquête de la Chambre a mis en évidence un « donnant-donnant » signifié à Kiev par un canal diplomatique officieux piloté par l’avocat personnel du président, Rudy Giuliani.

Les dizaines d’orateurs démocrates qui se sont succédé ont assuré mercredi qu’aux Etats-Unis « personne n’est au-dessus de la loi », et qu’en votant en faveur de la mise en accusation du président, ils entendaient respecter leur serment de respecter et de protéger la Constitution des Etats-Unis, appelant à la rescousse les Pères fondateurs les plus éloquents, d’Alexander Hamilton à James Madison.

Inlassablement, ils ont invité leurs collègues républicains à placer cette Constitution au-dessus de l’allégeance à leur parti et au président, tout d’abord pour protéger la prochaine élection présidentielle de toute forme d’interférences. « Ce qui est en jeu ici, c’est l’idée même de l’Amérique, l’idée que nous sommes une nation de lois, pas d’hommes », a estimé Adam Schiff, le président de la commission du renseignement, qui a mené l’essentiel des auditions.

Une minute de silence

Le geste autoritaire à ses troupes de Nancy Pelosi, après le premier vote, avait pour objectif de ne pas alimenter le portrait dressé par les élus républicains d’un camp démocrate aveuglé par sa « haine » du président.

Niant en bloc les accusations relatives à l’Ukraine, conformément à la tactique de Donald Trump, ces derniers ne se sont pas privés de rappeler les citations les plus radicales de certains élus démocrates pour instruire ce procès. Le numéro deux du « Grand Old Party » (GOP) à la Chambre, Steve Scalise (Louisiane) est allé un pas plus loin en assurant que les démocrates « haïssent » également les électeurs républicains.

L’un des principaux arguments développés par les conservateurs a été d’accuser leurs adversaires de vouloir défaire au Congrès le résultat obtenu démocratiquement dans les urnes en 2016. Théâtral, le représentant de l’Ohio Bill Johnson a même imposé une minute de silence au nom des « 63 millions » d’électeurs bafoués selon lui par la procédure lancée à la Chambre. Le responsable du Parti démocrate au sein de cette assemblée, Steny Hoyer (Maryland) l’a invité plus tard à respecter tout autant les « 65 millions » d’électeurs qui s’étaient alors portés sur la démocrate Hillary Clinton, qui avait largement remporté le vote populaire, mais perdu au sein du collège des grands électeurs.

Les élus républicains ont également réquisitionné les Pères fondateurs, qui se sont retrouvés tiraillés entre les deux camps. Ils ont assuré que par cette procédure dénuée selon eux de motifs sérieux et convaincants, les démocrates allaient banaliser l’« impeachment » et en faire une menace permanente pour les futurs présidents.

« Lorsque Jésus a été faussement accusé de trahison, Ponce Pilate a donné à Jésus l’occasion de faire face à ses accusateurs, a assuré avec emphase, Barry Loudermilk (Géorgie). Au cours de ce simulacre de procès, Ponce Pilate a accordé plus de droits à Jésus que les démocrates n’en ont accordé à ce président dans ce processus. » Dans une référence à Pearl Harbor, en 1941, Mike Kelly (Pennsylvanie) a qualifié la procédure d’« infamie » comparable à l’attaque japonaise qui avait précipité l’entrée en guerre des Etats-Unis.

« Nancy Pelosi la dingue »

Alors que la joute s’éternisait au Congrès, Donald Trump avait quitté la Maison Blanche en milieu d’après midi sans un mot pour les journalistes massés comme de coutume à proximité de l’hélicoptère Marine One, immobilisé sur la pelouse sud de la demeure présidentielle.

Le président avait donné rendez-vous à ses supporteurs dans le Michigan, un Etat crucial pour sa réélection. Il vantait devant eux, comme de coutume, un bilan qu’il présente comme sans précédent dans l’histoire du pays, lorsque l’écho des votes de la Chambre des représentants lui est parvenu. « Les démocrates de Nancy Pelosi la dingue portent une marque de honte éternelle », a-t-il assuré, avant de s’attaquer avec virulence à d’autres adversaires, dont le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, élu de l’Etat de New York. « Il avait l’habitude de me lécher le cul, il était prêt à tout faire pour moi », a-t-il assuré. « Cherchez combien d’argent je lui ai donné en tout » pour ses campagnes, a-t-il ajouté : « Et au fait, Chuck, il va falloir rendre tout ça ! »

Au cours du même meeting, le locataire de la Maison Blanche s’en est pris à une légende démocrate du Congrès, John Dingell, élu du Michigan, mort en février, et dont la veuve, Debbie, qui a pris sa succession, avait annoncé qu’elle voterait en faveur de sa mise en accusation. Donald Trump a déploré un manque de reconnaissance après qu’il avait octroyé selon lui des funérailles « A + » à un disparu dont il a laissé entendre en outre qu’il s’était peut-être retrouvé en enfer.

Debbie Dingell a réagi avec indignation sur son compte Twitter. « Je me prépare à passer mes premières fêtes sans l’homme que j’ai aimé (…) et vos paroles blessantes ont juste rendu mon deuil beaucoup plus difficile », a-t-elle écrit.

19 décembre 2019

Affaire Delevoye : la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a décidé de saisir la justice

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Par Anne Michel, Samuel Laurent

La Haute Autorité chargée de contrôler la probité des responsables publics, réunie mercredi pour statuer sur le cas du haut-commissaire aux retraites démissionnaire, a transmis le dossier au procureur.

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a décidé de saisir la justice dans « l’affaire Delevoye », mercredi 18 décembre, lors d’une réunion de son collège, pour manquements aux obligations déclaratives découlant de la loi de 2013 relative à la transparence.

Cette saisine du procureur s’est faite sans contradictoire, ce qui signifie que l’ancien haut-commissaire aux retraites n’aura pas la possibilité de se défendre dans le délai de quinze jours habituellement prévu après de telles délibérations. Le règlement général de la HATVP accorde, en effet, un tel délai aux déclarants pour présenter leurs contre-arguments et explications.

Dans un communiqué, la HATVP précise que M. Delevoye avait adressé sa déclaration d’intérêts avec « plus de dix jours de retard et seulement après avoir été alerté ». Un « dialogue confidentiel » a été mené avec lui par l’Autorité, alors que l’examen de sa déclaration se poursuivait. Au terme de cet examen, la HATVP « considère que les omissions dans la déclaration initiale de M. Delevoye, en raison de leur nombre, de la nature de certains intérêts omis et des risques de conflits d’intérêts avec ses fonctions gouvernementales, sont susceptibles de caractériser l’infraction d’omission substantielle d’une partie de ses intérêts ».

Le caractère exceptionnel de l’affaire aura donc poussé l’autorité administrative indépendante, chargée du contrôle de la probité des responsables publics, à agir vite.

L’article 40 du code de procédure pénale oblige toute autorité ou officier public à signaler au parquet tout crime ou délit dont il aurait connaissance. Cette décision était attendue, y compris par M. Delevoye. Il savait qu’il aurait à payer le prix de ce qu’il appelle sa « légèreté coupable » et ses « multiples erreurs » dans sa déclaration d’intérêts de haut-commissaire aux retraites, publiée le 7 décembre. La loi du 11 octobre 2013 prévoit une peine allant jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende en cas de fausse déclaration auprès de la Haute Autorité.

« Montant sous séquestre »

Pour l’ex-ministre des retraites du gouvernement d’Edouard Philippe, à la sanction politique, déjà effective, s’ajoute la menace d’une sanction judiciaire.

M. Delevoye a démissionné, lundi 16 décembre, à la suite des révélations concernant les irrégularités commises dans sa déclaration d’intérêts. L’ancien « Monsieur retraites » du gouvernement y avait omis dix mandats au total, pour l’essentiel bénévoles, comme l’avait révélé Le Monde samedi 14 décembre. Il indiquait, en outre, avoir perçu une rémunération comme président d’honneur d’un think tank, alors qu’il était en poste au gouvernement, un cumul strictement interdit par l’article 23 de la Constitution.

Les révélations dans la presse ont rendu le départ de M. Delevoye inévitable. Ce dernier était lucide sur ce point dès le 15 décembre, confiant au Monde avoir « immédiatement pris les décisions qui s’imposaient : j’ai demandé les textes et fait vérifier l’incompatibilité par des experts et j’ai décidé de démissionner de ce mandat en remboursant l’argent indûment perçu. J’avais déjà remboursé 7 000 euros dès le 10 décembre », poursuivait-il. « Pour le reste, je vais demander le calcul des sommes que le groupe IGS m’a versées avant mon entrée au gouvernement, depuis 2017, et je mettrais ce montant sous séquestre le temps d’une expertise juridique plus poussée », précisait-il encore.

Après l’avoir dans un premier temps soutenu et avoir plaidé « la bonne foi » et « l’erreur » d’un homme, la majorité a opéré une volte-face complète en début de semaine, l’accusant finalement d’avoir dissimulé une série d’éléments aux services du premier ministre.

Or s’il reconnaît sa faute, l’ancien haut-commissaire affirme n’avoir jamais caché son cumul de fonctions au moment d’accepter le poste consacré à la réforme des retraites, en 2017. Selon les investigations du Monde, M. Delevoye a effectivement déclaré à la HATVP son mandat privé de conseiller au délégué général du groupe IGS dès le 20 octobre 2017. Le Monde a pu consulter la déclaration d’intérêts et d’activités signée par celui qui vient alors de prendre les fonctions de haut-commissaire : elle mentionne bel et bien ce point.

« Faiblesse considérable de nos services »

Les services du premier ministre soutiennent pourtant mordicus n’avoir jamais été informés de ce cumul qui a, de fait, échappé à l’enquête conduite préalablement à l’arrivée d’un nouveau ministre au gouvernement.

« Cela voudrait dire que, dans notre pays, on nommerait des ministres sans s’informer de leur situation fiscale privée avant, ce qui me paraît invraisemblable. Si c’était vrai, ça témoignerait d’une faiblesse considérable de nos services », notait mercredi sur Europe 1 l’ancien député de l’Aisne et spécialiste des finances publiques René Dosière.

La HATVP précise à ce sujet que M. Delevoye « avait indiqué dans sa déclaration d’intérêts du 20 octobre 2017 (…) avoir cessé son activité de “conseiller du délégué général” du groupe IGS au mois de septembre 2017 ». Ce n’est donc « qu’à la réception de la déclaration d’intérêts déposée le 15 novembre 2019 que la Haute Autorité a pris connaissance d’une nouvelle activité professionnelle de “président du think tank Parallaxe”, débutée en janvier 2018 et donnant de nouveau lieu à une rémunération par le groupe IGS ». Elle rappelle que « ce cumul n’entre pas dans le champ de compétence de la Haute Autorité. Pour autant, la Haute Autorité s’apprêtait à l’alerter, à l’issue de l’examen de sa situation par le collège, sur le risque d’incompatibilité ». Jean-Paul Delevoye ayant démissionné, elle n’aura pas eu à le faire.

Le départ de M. Delevoye, remplacé par le député (La République en marche) du Nord et ancien responsable ressources humaines du groupe Auchan, Laurent Pietraszewski, tombe au plus mal pour le gouvernement, en plein bras de fer avec les syndicats autour de la réforme des retraites. A peine nommé, M. Pietraszewski a dû se justifier d’une somme de 71 000 euros perçue à l’été 2019 de son ex-employeur, le groupe de distribution Auchan, et figurant sur sa déclaration d’intérêts datée du 6 octobre 2019.

Auchan a indiqué que cette somme correspondait à des indemnités pour « licenciement économique », accordées dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi voté en février. Le poste de M. Pietraszewski, qui s’était mis en « congé sabbatique » de son entreprise peu après son élection comme député, en juillet 2017, avait alors été supprimé, selon le grand distributeur.

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19 décembre 2019

Grève - Paris Gare du Nord

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19 décembre 2019

Nécrologie - Le chanteur Alain Barrière est mort

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Par Frédérique Lamy

« Cathy », « Elle était si jolie », « Ma Vie »… Interprète de plusieurs tubes au début des années 1960, sa carrière s’est déroulée ensuite en dents de scie jusqu’à son arrêt définitif en 2011. Il est mort mercredi, à l’âge de 84 ans.

Le chanteur et compositeur Alain Barrière, auteur de Ma Vie et Tu t’en vas, est mort, mercredi 18 décembre, à l’âge de 84 ans, a annoncé son agent, Fabien Lecœuvre. Déjà victime de plusieurs AVC ces dernières années, il en a subi un autre avant le décès de sa femme début décembre. De son vrai nom Alain Bellec, il naît à la Trinité-sur-Mer (Morbihan) le 18 novembre 1935, dans une famille de mareyeurs. Dernier d’une fratrie de trois, il est élevé par sa mère seule. Il grandit dans « les barques, les pinasses, les chalands et l’odeur de la marée du matin » entre la criée et le petit commerce familial.

Plus enthousiasmé par la nature que par l’école, et alors qu’il s’attend à échouer au certificat d’études, il fait la rencontre providentielle d’un instituteur qui éveille sa curiosité et le propulse dans les études. Son baccalauréat en poche, il part pour Angers où il entre à l’Ecole nationale des ingénieurs des arts et métiers en 1955. Passionné par la musique de Django Reinhardt, il achète sa première guitare et commence à composer.

Sur le point d’obtenir son diplôme d’ingénieur, il apprend qu’il est atteint de la tuberculose. Immobilisé en cure et postcure, il tue le temps en créant des chansons dont il compose la musique et écrit les paroles. Il achève Cathy en 1961. La chanson, sélectionnée au concours d’Europe n° 1 Le coq d’or de la chanson française, lui offre l’occasion de son premier passage à l’Olympia. Son succès est suivi d’un autre, en 1963, quand il arrive cinquième au concours de l’Eurovision avec Elle était si jolie.

Numéro un des ventes en France

Ma Vie sort en 1964 : le slow de l’été et son plus grand tube. Numéro un des ventes en France, devenu vedette internationale, Alain Barrière enchaîne alors scènes françaises et tournées à l’étranger, en Amérique du Sud, au Japon, au Canada… En cette fin de décennie, son répertoire s’enrichit d’autres titres, Emporte-moi (1968), A regarder la mer (1970), Rien qu’un homme (1971), mais qui pourtant ne rencontrent pas le succès escompté par le chanteur, notamment sur les ondes. « Je croyais m’être fait un nom. C’était une illusion totale ! », dit-il dans son autobiographie Ma Vie (éd. du Rocher) publiée en 2006.

Il crée en 1971 son propre label, Albatros. Dans le même temps, il tente de troquer la ballade romantique contre des textes d’un style plus engagé, tels V comme Vietnam (1968), Avion, béton, camion (1970) sur la pollution, ou bien Amoco (1978) sur la marée noire, et Mon pays (1978), sur ses démêlés avec l’administration fiscale. Un choix artistique qui l’isole davantage, malgré la réussite inattendue en 1975 de Tu t’en vas qu’il chante en duo avec  Cette même année, il a 40 ans et rencontre Agnès Cohen-Solal, qu’il épouse et avec qui il a une fille, Guenaëlle.

Un exil aux Etats-Unis

Peu disposé à courtiser les médias qui l’ignorent, il se consacre à partir de 1973 à un projet ambitieux, la construction du Stirwen, en breton L’Etoile blanche situé à Carnac, auquel il donne l’apparence d’un château et qui rassemble sous ses solives théâtre, bar, restaurant et discothèque. Jusqu’en 2002, le Stirwen accueille de grands noms de la variété française.

L’éclaircie est de courte durée. Son nouveau train de vie et l’indélicatesse d’un collaborateur, lui attirent les foudres de l’administration fiscale. Ce sont, dit-il, « trente années d’acharnement » qui le poussent, sa famille et lui, une première fois à un exil aux Etats-Unis, de 1978 à 1980, puis à un second départ, de 1983 à 1988, pour le Canada.

De retour en France, ruiné, il ne compose plus jusqu’en 1997, année de sortie d’une compilation intitulée Ma vie : trente années de chansons et d’un double CD Barrière 97, constitué de nouveaux titres qu’il interprète sur scène avec succès en 1998. Pleyel affiche complet, deux jours de suite.

En 2003, il fait ses adieux au public. Mais sur les conseils de sa fille, il revient sur scène en 2005 pour un enregistrement live au Stirwen. Puis, au printemps 2007, il est à l’Olympia et quelques mois plus tard au Palais des Congrès. Toutefois miné par ses problèmes de santé, il annonce son retrait définitif de la scène en 2011.

Dates

18 novembre 1935 Naissance à la Trinité-sur-mer (Morbihan)

1963 Elle était si jolie

1964 Ma Vie

1975 Tu t’en vas

2006 Publie son autobiographie Ma Vie

2019 Mort à 84 ans

19 décembre 2019

Noémie Lenoir

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19 décembre 2019

Harvey Weinstein se décrit comme « pionnier » de la promotion des femmes à Hollywood

« J’ai fait plus de films réalisés par des femmes et sur des femmes que n’importe quel producteur », explique auprès du « New York Post » le magnat déchu du cinéma.

Harvey Weinstein, « pionnier » de la promotion des femmes à Hollywood : c’est ainsi que se décrit le producteur déchu dans un entretien au New York Post publié dimanche 15 décembre, à moins d’un mois de l’ouverture de son procès pour agressions sexuelles.

L’homme, catalyseur du mouvement #metoo, est inculpé de cinq chefs d’accusation, desquels il a plaidé non coupable, pour un viol commis sur une femme en 2013 et une agression sexuelle sur une autre en 2006. Avec des dizaines d’autres, qui l’accusent d’abus sexuels, il tente de conclure un accord financier.

« Tout ça a été balayé à cause de ce qui s’est passé »

« J’ai l’impression qu’on m’a oublié », a-t-il expliqué lors de cette interview réalisée vendredi, au lendemain d’une lourde opération du dos, consécutive à un accident de la route survenu en août. « J’ai fait plus de films réalisés par des femmes et sur des femmes que n’importe quel producteur », a lancé l’ancien magnat hollywoodien, « et je parle d’il y a trente ans. » « Je ne parle pas de maintenant, au moment où c’est à la mode », poursuit-il. « J’étais le premier ! J’étais le pionnier ! »

Le monde du cinéma aurait ainsi refusé de lui rendre justice, en plein bouleversement depuis la naissance de #metoo et du fonds « Time’s Up » pour lutter contre le harcèlement et favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes.

Pour Harvey Weinstein, « tout ça a été balayé à cause de ce qui s’est passé », à savoir les accusations de harcèlement ou d’agression sexuelle émanant de plus de 80 femmes. « Mon travail a été oublié. »

De retour au tribunal le 6 janvier

Des dizaines de témoignages le présentent comme un manipulateur, faisant miroiter à des actrices des opportunités professionnelles en échange de faveurs sexuelles.

Plusieurs comédiennes célèbres, comme Angelina Jolie, Salma Hayek ou Gwyneth Paltrow, ont affirmé que le cocréateur des studios Miramax, puis de The Weinstein Company, leur avait fait à chacune des avances, sans succès. Nombreuses, parmi les actrices qui l’ont éconduit, sont celles qui affirment que l’ex-tout puissant patron de studio a ensuite cherché à faire dérailler leur carrière.

« En 2003, Gwyneth Paltrow a reçu 10 millions de dollars pour le film View from the Top [“Hôtesse à tout prix”] », a encore souligné Harvey Weinstein dans son entretien, se présentant de nouveau en artisan du rééquilibrage entre les hommes et les femmes à Hollywood. « C’était l’actrice la mieux payée de tout le cinéma indépendant [hors studios majeurs], a-t-il affirmé. Mieux payée que tous les hommes. »

Interrogé par le New York Post, Harvey Wenstein a refusé de s’exprimer sur les accusations dont il est l’objet. « [Il] a dit qu’il n’avait accepté l’interview, sa première depuis plus d’un an, que pour prouver qu’il n’avait pas exagéré au sujet de ses soucis de santé », précise le tabloïd.

Selon le journal, l’ancien producteur de 67 ans est sorti de l’hôpital dimanche. Mercredi, lors d’une audience préliminaire à son procès, il avait assuré, par la voix de ses avocats, que l’intervention chirurgicale n’empêcherait pas sa présence à l’ouverture de son procès, prévue à New York le 6 janvier.

18 décembre 2019

Fanny Müller

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