Démocratie ou dictature
« Essayez la dictature et vous verrez !» L'apostrophe, lancée par Emmanuel Macron dans l'avion le ramenant d'Israël entend répondre aux discours justifiant la violence parce que la France ne serait plus une véritable démocratie. Une petite musique qui se répand sur les réseaux sociaux, dans la rue... et chez certains responsables politiques. Passe encore pour Jean-Luc Mélenchon, qui semble s'être converti à l'outrance, mais le leader de la France insoumise a été suivi ce vendredi par Ségolène Royal. En affirmant que nous sommes dans un « régime autoritaire », l’ex-candidate à l’Elysée perd tout sens de la mesure et, alors qu'elle rêve de revenir en 2022, ce qui pouvait lui rester de crédibilité. On peut comprendre son aigreur après avoir été démise de ses fonctions d’ambassadrice des pôles, mais cela n'excuse pas la démagogie. On peut comprendre le ressentiment de ceux qui manifestent depuis sept semaines contre le projet de réforme des retraites, mais cela ne justifie pas les violences (y compris celles des policiers). Emmanuel Macron a souvent été maladroit et le chef de l’Etat a décidément le chic pour se faire détester, mais il a été élu et il est légitime jusqu'en 2022. C'est faire mine de l'oublier qui est dangereux pour la démocratie.
Des Français bloqués à Wuhan évoquent une «atmosphère de fin du monde» depuis la mise en quarantaine© CC0 / Xiao Yijiu
INTERNATIONAL
Dossier:Coronavirus en Chine - 2020
Des ressortissants français ont décrit comment Wuhan, métropole chinoise de 11 millions d’habitants, était devenue une ville fantôme depuis sa mise en quarantaine liée à l’apparition de l’épidémie de coronavirus.
Depuis jeudi 23 janvier, la ville de Wuhan a été mise en quarantaine par les autorités: les gares, routes et aéroports ont été fermés. Les habitants, quant à eux, se retrouvent confinés chez eux pour éviter tout risque de contamination. En cette période de Nouvel an chinois, Wuhan est étrangement silencieuse et vide, comme en témoignent les quelques expatriés Français bloqués là-bas.
Amélie y est étudiante depuis quatre ans. «J'ai fait les courses hier, les gens se sont rués dans les supermarchés pour faire des provisions. Il n'y avait plus de viande et quasiment plus de légumes», a-t-elle témoigné auprès du Parisien. Elle a ainsi préféré les pâtes et le riz pour tenir durant la mise en quarantaine.
Même constat pour Béatrice, qui va devoir puiser dans ses réserves pendant deux ou trois jours à cause des rayons vides des magasins, dans une «atmosphère de fin du monde». Il y a trois ans et demi, son mari Jacky est devenu le directeur d’une entreprise du secteur automobile située à Wuhan. Ils devaient s’envoler pour le Vietnam et y passer leurs vacances de Nouvel an chinois, mais ils ont dû y renoncer à la suite de l’annulation de leur vol, a rapporté le journal La Nouvelle République.
Selon le couple originaire de Fondettes, près de Tours, des avions doivent encore survoler la métropole pour la désinfecter. Ils ont rassuré leurs proches en France et ont confirmé qu’ils suivaient les instructions pour éviter au maximum le contact avec d’autres personnes. «On est juste embêté de devoir rester enfermés», a conclu Béatrice.
Laetitia, bloquée avec sa famille, travaille en Chine depuis cinq ans, également dans le secteur de l’automobile. Bien qu’ayant fait le plein de nourriture et d’eau pour deux semaines, elle craint que la situation ne s’éternise. «Je dirais que la seule information qui nous manque c'est combien de temps ça va durer», a-t-elle indiqué au Parisien.
Moins tranquille, une Européenne a affirmé au journal La Croix se sentir «angoissée et prisonnière».
«Je me sens prise au piège, un peu comme au Moyen Âge au temps des grandes pestes», a-t-elle affirmé. «Nous sommes en état de siège. C’est angoissant car on ne sait pas quelles seront les prochaines étapes, comme si nous étions dans un film de science-fiction dont on ne connaît pas l’épilogue».
Ils ont réussi à quitter Wuhan
Certains ont eu plus de chance, comme Frédéric et Stéphanie, qui ont quitté la mégalopole chinoise 15 jours avant la quarantaine. «La période est particulière car nous démarrons les congés du Nouvel an chinois. Certains ont réussi à partir, d'autres non», a souligné Frédéric, cité par Le Parisien. Néanmoins, ils ont encore pour consigne de porter un masque avant que tout risque de contamination ne soit écarté.
Un autre couple, interrogé par France Info, est soulagé d’avoir pu prendre le dernier avion pour Paris, arrivé jeudi 23 janvier, en provenance de Wuhan. «Tous les Français qui sont là-bas avaient envie de quitter Wuhan avant que la ville ne soit fermée». Selon eux, 30 minutes après qu’ils sont entrés dans l’aéroport, l’armée a débarqué et a bloqué les accès à l’aéronef, tous les passagers n’ayant ainsi pas pu monter à bord.
Une solution à venir pour les Français restés bloqués ?
Pour les Français restés bloqués à Wuhan, le centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, assisté par l’ambassade de France à Pékin, a mis en place un dispositif spécifique et permanent de suivi.
Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié le 24 janvier, le consulat général de France à Wuhan compte mettre en place, en accord avec les autorités locales, un service d’autobus qui permettra aux ressortissants français et leur famille de quitter la ville.
L'exposition à voir à Paris : Bob Dylan et Marilyn Monroe
D’un côté, la dernière séance photo de Marilyn, réalisée par Bert Stern pour Vogue. De l’autre, les portraits de Bob Dylan signés Jerry Schatzberg. Deux icônes des sixties qui ont contribué à transformer leur époque, à qui la galerie Dina Vierny rend hommage dans une exposition.
Bob et Marilyn
En 1962, le photographe américain Bert Stern réalise un de ses rêves : photographier Marilyn Monroe. Il passe deux jours et une nuit en compagnie de l’actrice, un éditorial commandé par Vogue dont il ignore alors qu’il sera la dernière séance photo de Marilyn, dont la mort est annoncée la veille de la parution du magazine. Une dernière séance restée gravée dans les mémoires. Trois ans plus tard, le photographe américain Jerry Schatzberg rencontre Bob Dylan. Autre icône, autre histoire, le chanteur sort tout juste l’album Highway 61 Revisited et s’impose comme la nouvelle voix d’une folk peu conventionnelle. Réservé, le musicien accorde pourtant sa confiance à Schatzberg, qui jusqu’en 1967 l’accompagne en studio, sur scène et dans son intimité. De cette collaboration naîtront certains des clichés les plus célèbres de Bob Dylan. Pour sa nouvelle exposition, la galerie Dina Vierny confronte les photographies de Marilyn par Bert Stern à celles de Dylan par Jerry Schatzberg, regards croisés sur deux immenses icônes qui, chacun à leur manière, incarne leur époque, ses aspirations et son star system.
Bob et Marilyn, jusqu’au 31 mars 2020 à la galerie Dina Vierny, 36 rue Jacob 75006 Paris
César 2020 : l'affiche rend hommage à Anna Karina
Dates, lieu, nommés... La cérémonie des César 2020 approche à grands pas. Vogue fait le point sur les premières informations scrutées de près.
La date
La 45ème cérémonie des César aura lieu le vendredi 28 février 2020, à la Salle Pleyel. Le nom des lauréats des 22 statuettes sera dévoilé devant les 1700 invités réunis à l’occasion d’une soirée d'exception, retransmise en clair et en direct sur Canal +, suivie du traditionnel Dîner de Gala au Fouquet's et de la Party organisée par Albane Cleret. La cérémonie sera animée par Florence Foresti, un rôle qu'elle avait endossé, avec brio, en 2016.
L'affiche
C'est en hommage à la muse de Jean-Luc Godard disparue le 15 décembre dernier que l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma lui dédie l’affiche de la 45ème Cérémonie des César.
Les Révélations
Le 12 novembre dernier, le Comité Révélations de l'Académie des César a choisi 36 jeunes acteurs et actrices, pré-sélectionnés dans la catégorie Meilleur Espoir, qui récompense chaque année deux étoiles du cinéma français. En 2018, Kenza Fortas et Dylan Robert recevaient le fameux prix pour leur interprétation remarquable dans Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin. Ces étoiles seront sublimés, comme chaque année, le temps d'un court-métrage, réalisé pour le Projet Révélations, soutenu par la maison Chanel, Partenaire Officiel de l'Académie des César. Le nom de l'artiste aux commandes du projet sera dévoilé dans les prochains jours.
Les Révélations 2020 – Comédiennes :
Luàna Bajrami dans Portrait de la jeune fille en feu
Mya Bollaers dans Lola vers la mer
Shirine Boutella dans Papicha
Céleste Brunnquell dans Les Éblouis
Manon Clavel dans La Vérité
Jennifer Decker dans Un beau voyou
Zéa Duprez dans Les Météorites
Mina Farid dans Une fille facile
Nora Hamzawi dans Doubles vies
Sarah Henochsberg dans C’est ça l’amour
Lyna Khoudri dans Papicha
Louise Labèque dans Zombi Child
Justine Lacroix dans C’est ça l’amour
Lise Leplat Prudhomme dans Jeanne
Nina Meurisse dans Camille
Mama Sané dans Atlantique
Nadia Tereszkiewicz dans Seules les bêtes
Maud Wyler dans Perdrix
Les Révélations 2020 – Comédiens :
Anthony Bajon dans Au nom de la terre
Idir Ben Addi dans Le jeune Ahmed
Bastien Bouillon dans Debout sur la montagne
Djanis Bouzyani dans Tu mérites un amour
Mathieu Capella dans Deux fils
Jean-Christophe Folly dans L’Angle mort
Soufiane Guerrab dans La Vie scolaire
Hakim Jemili dans Docteur ?
Benjamin Lesieur dans Hors Normes
Alexis Manenti dans Les Misérables
Amadou Mbow dans Atlantique
Tom Mercier dans Synonymes
Bryan Mialoundama dans Hors Normes
Guy Roger N’Drin dans Seules les bêtes
Liam Pierron dans La Vie scolaire
Thimotée Robart dans Vif-argent
Thomas Scimeca dans Bêtes blondes
Djebril Zonga dans Les Misérables
Coronavirus : un troisième cas d’infection confirmé en France
Les trois patients, un à Bordeaux et deux à Paris, ont séjourné en Chine, où le bilan s’est alourdi à 41 morts. Il s’agit des premiers cas de contamination identifiés en Europe.
Trois premiers cas de contamination par le coronavirus à l’origine d’une épidémie en Chine ont été confirmés en France, a annoncé, vendredi 24 janvier, la ministre de la santé, Agnès Buzyn. Il s’agit des premiers cas européens, a-t-elle souligné lors d’un point presse, précisant que l’un des malades était hospitalisé à Bordeaux et les deux autres à Paris.
« Nous sommes en train de remonter l’histoire de ces patients positifs de façon à entrer en contact avec les personnes qu’ils ont croisées », a expliqué la ministre, notant que la période d’incubation était probablement « autour de sept jours, entre deux et douze jours ».
« Nous avons aujourd’hui les premiers cas européens, probablement parce que nous avons mis au point le test très rapidement et que nous sommes capables de les identifier », a estimé Mme Buzyn. « Il faut traiter une épidémie comme on traite un incendie, très vite repérer la source » et la « circonscrire le plus vite possible », a-t-elle encore déclaré.
Séjours en Chine
Le patient de Bordeaux est un Français âgé de 48 ans d’origine chinoise, actuellement placé à l’isolement au CHU de Bordeaux. « Il va bien », a assuré la ministre. Il a été pris en charge le 23 janvier par SOS Médecins avec des symptômes grippaux classiques de fièvre et de toux.
Lors de cette consultation, le médecin lui a demandé s’il avait voyagé récemment, selon le récit de SOS Médecins publié sur Facebook. Celui-ci a déclaré revenir des Pays-Bas, mais il a ajouté qu’il venait aussi de séjourner en Chine et qu’il était passé par Wuhan.
« Instantanément », le médecin est passé « en mode urgence absolue » : masque, isolement. En collaboration avec le SAMU de Gironde, le patient a été hospitalisé au CHU de Bordeaux pour bilan et observation. « Nous savons que depuis qu’il est sur le territoire français, il a été en contact avec une dizaine de personnes, nous allons les contacter », a souligné Agnès Buzyn.
La ministre, qui a indiqué avoir eu l’information sur le second cas positif juste avant le point presse, n’a pas été en mesure de donner des détails sur le patient, indiquant toutefois qu’il était allé en Chine et qu’il était hospitalisé à l’hôpital Bichat à Paris. Plus tard dans la soirée, un troisième cas, proche parent de l’un des cas, qui était en cours d’investigation, a été confirmé par le ministère de la santé.
« Le système est prêt à faire face à cette situation », assure au Monde Aurélien Rousseau, le directeur général de l’Agence régionale de santé Ile-de-France, dont les services sont chargés d’enquêter sur les parcours des personnes touchées.
« Depuis Ebola, l’organisation est assez rôdée, les cas identifiés dans la région sont dirigés dans les services d’infectiologie des hôpitaux Bichat, Pitié et Necker, les trois établissements de santé de référence », fait-il valoir. Interrogé sur le nombre de places disponibles, M. Rousseau assure qu’avec sept lits à Bichat, sept lits à la Pitié et « des dizaines de places qui pourraient être mobilisées » dans les hôpitaux franciliens, la région est « en capacité d’absorber plus » de cas.
Appeler le centre 15
Agnès Buzyn a déclaré être « extrêmement attentive » à l’évolution de la situation, soulignant que « nous aurons probablement d’autres cas ». Un point d’information se tiendra tous les jours. Elle a noté qu’il n’était pas possible de contrôler les « multiples voies » pour revenir de Chine : « On voit bien la difficulté, dans un monde comme le nôtre, de fermer les frontières, ça n’est en réalité pas possible. »
« Pour les voyageurs qui rentrent de Chine, il est important de se surveiller, et au moindre signe respiratoire ou si on a de la fièvre, il ne faut pas aller aux urgences, il faut appeler le centre 15 qui vient chercher le patient », a-t-elle insisté.
La Chine a intensifié ses efforts pour contenir la propagation d’un nouveau virus tueur avec le confinement de plus de 40 millions de personnes. Le bilan officiel de la maladie causée par ce coronavirus apparu en décembre 2019 sur un marché de Wuhan – une ville de 11 millions d’habitants située dans le centre du pays (province du Hubei) – s’est encore lourdement aggravé vendredi, avec désormais 41 morts recensés par les autorités, et près de 1 300 cas confirmés.
Quelles sont les vertus de l'ennui ?
Vous n'avez pas une minute à vous. C'est valorisant sur le plan social, mais si cela vous empêchait de prendre du recul sur votre quotidien ? Vous avez oublié ce qu'était de ne rien faire, bafouant ensuite les bienfaits de l'ennui. Et si on lui rendait ses lettres de noblesse ?
Vous ennuyez-vous ? Vraiment, vous en êtes bien sûr ? Vous ne sortez pas votre téléphone dès que votre copine est partie faire pipi lors d’un verre, quand vous attendez les transports, ni quand vous faîtes la queue au supermarché ? On se disait bien aussi. On a tellement peur de s’ennuyer qu’on se stimule par tous les moyens dès qu’on a trois secondes devant nous.
Ouvrir les yeux sur les bienfaits de l'ennui
Résultat, on ne s’entend plus, soi. Ou on ne s’écoute plus, peut-être. Résultat aussi, la fatigue, le burn-out même deviennent monnaie courante. Des conséquences de cette société où la vitesse et la performance sont valorisées, où être demandé c’est stylé. Avoir des temps morts, c’est finalement être moins efficace qu’on ne pourrait l’être.
Sauf pour ceux qui ont eu besoin de dire stop. En parallèle de cette vie à 100 à l’heure, des pratiques de développement personnel émergent : méditation, slow life, retraite de quelques semaines ou autres pratiques comme le niksen, cet art de ne rien faire venu des Pays-Bas.
Ainsi, on ne sait plus s’ennuyer au quotidien, nous devons être des initiés, des adeptes pour prendre le temps de ralentir le rythme, ne serait-ce que quelques minutes par jour. En même temps, quand on voit la définition du Larousse, on comprend pourquoi on le fuit : "Lassitude morale, impression de vide engendrant la mélancolie, produites par le désœuvrement, le manque d'intérêt, la monotonie". Mais pourquoi rendre à l’ennui toute sa noblesse alors qu’on a à peine le temps de prendre soin de soi entre le travail, le sport, les verres entre copains, les moments avec chéri et les repas de famille, me direz-vous ? Parce que l’ennui a ses vertus.
L’ennui doit être pratiqué avec parcimonie. De nombreuses études ont prouvé le danger d’un trop grand ennui, allant de la déprime à des maladies tels qu’un risque accrus de maladies cardio-vasculaires. Mais à petites doses, il constitue une technique de refocalisation de l’attention.
Ceci permet alors de lutter contre les troubles de l’attention. L’ennui permet également au cerveau de respirer, ce qui va avoir plusieurs conséquences. Déjà, le développement de la créativité.
Une étude réalisée en 2013 par deux chercheurs britanniques a d’ailleurs démontré l’importance de l’ennui dans le développement de la créativité. Selon les résultats de ces recherches, les personnes qui accomplissent un travail ennuyeux, comme recopier des numéros de téléphone, ou aligner des haricots secs (quelle drôle d’idée) avant de passer à une activité créative, réussissent bien mieux cette deuxième tâche que les gens qui se lancent directement dans un exercice d’imagination. Ce temps pris pour réaliser une tâche purement automatique a permis au cerveau de vagabonder, de s’évader, d’analyser, de se ressourcer.
L'ennui, atout de la quête du bonheur
Bien plus que la créativité, c’est la quête du bonheur que vous enfouissez en ne laissant nul place à l’ennui. Offrir ces moments de repos au corps et au cerveau permet de laisser place au questionnement, de prendre du recul sur la trajectoire que nous prenons, sur les choix à faire dans nos vies.
Empêcher son cerveau de tourner est aussi une stratégie aussi pour ne pas faire face à ses problèmes. Un travail qui ne nous convient pas, une relation amoureuse toxique, des soucis d’argent : on a plutôt tendance à allumer la télévision pour s’endormir devant, à multiplier les activités ou à se noyer dans le boulot pour ne pas y penser au lieu de laisser l’occasion à notre esprit de digérer et tenter de trouver une solution.
Et finalement, se forcer à s’ennuyer permet non seulement de prendre de la distance avec son train-train quotidien, mais de vouloir donner du sens à notre existence. Une autre étude (décidément, l’ennui passionne les scientifiques) a montré que les personnes qui s’ennuient, trouvant leurs actions insignifiantes, vont vouloir s’investir dans des activités qui ont un sens. C’est l’occasion pour elles de se tourner vers les autres en allant vers du bénévolat ou des organismes de bienfaisance, et par la même occasion, de saisir ce qui les fait vibrer.
Logiquement, l’ennui à faibles doses est donc bon pour le moral. Grâce à cette quête, mais aussi en cassant cet automatisme à vouloir tromper l’ennui. Téléphone, télévision, ordinateur ou tablette : quand on a une minute devant, c’est souvent vers la technologie qu’on se tourne. A tel point que d’autres études encore ont montré que priver quelqu’un d’avoir accès à son smartphone était source de stress. Se débarrasser de cette stimulation, et de cette addiction au high-tech permet pourtant de mieux dormir et d’être plus reposé.
Comment apprendre à s'ennuyer ?
Désormais, on est ravi, vous êtes convaincu que l’ennui, c’est bon. Sauf que ce n’est pas si facile de changer ses mauvaises habitudes. C’est pourquoi nous vous soumettons deux exercices à tester, mais attention, ce n’est qu’une introduction.
Sans surprise, le premier consiste à se passer de son téléphone portable pendant toute une journée. Vous allez découvrir ce qu’est de laisser son esprit virevolter de pensée en pensée pendant votre demi-heure de bus ou en attendant votre ami toujours en retard.
L’autre consiste à vous installer confortablement, avec pour seule compagnie une montre. Vous allez la regarder tourner pendant cinq minutes. Le but : se confronter au temps, prendre conscience de son élasticité. Et vous interroger sur les sensations (faites-vous face à l'émotion de l'angoisse, de la peur, du soulagement?) que cet exercice, ou le précédent a suscité en vous. Vieux démons, nouvelles envies, surprise de voir où notre cerveau nous mène : il est temps de faire le point.










