Un homme soupçonné d’être Xavier Dupont de Ligonnès arrêté en Ecosse
Accusé d’avoir assassiné toute sa famille à Nantes, le père de famille nantais est recherché depuis avril 2011. Une comparaison ADN est en cours pour confirmer l’identité du suspect arrêté à l’aéroport de Glasgow.
Coup de théâtre dans l’une des plus mystérieuses énigmes criminelles de ces dernières décennies : Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté vendredi 11 octobre à Glasgow, en Ecosse, d’après les sources du Monde, confirmant une information du Parisien.
Soupçonné d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants il y a plus de huit ans, l’homme faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international.
Son interpellation fait suite à une « dénonciation anonyme », selon une source proche de l’enquête. Mais cette « information » est parvenue trop tard pour que les policiers puissent intervenir avant son embarquement à l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle. Les enquêteurs français ont alors prévenu la police écossaise qu’il se trouvait dans un avion et lui ont « transmis des moyens d’identification », a ajouté cette source.
A son arrivée en Ecosse, il a été contrôlé. « Un homme a été arrêté à l’aéroport de Glasgow et demeure en garde à vue à la suite d’un mandat d’arrêt européen émis par les autorités françaises, a confirmé une porte-parole de la police écossaise dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP). L’enquête se poursuit pour confirmer son identité. » Selon une source policière, ses empreintes correspondent à celles de Xavier Dupont de Ligonnès, aujourd’hui âgé de 58 ans, et une comparaison ADN est en cours.
Des vérifications prévues samedi
Le procureur de Nantes, Pierre Sénès, a évoqué auprès de l’AFP un déplacement, samedi, des équipes d’enquêteurs du service national de recherche des fugitifs et de la police judiciaire. « Ils vont faire des vérifications en Ecosse auprès de la personne qui a été arrêtée à l’aéroport de Glasgow pour s’assurer que c’est bien M. Dupont de Ligonnès », a-t-il déclaré. « Il y a une suspicion sur les empreintes mais c’est en cours de vérification, en cours de confirmation », a ajouté M. Sénès, appelant à être « prudent » en attendant les résultats officiels.
Selon une autre source proche interrogée par l’AFP, Xavier Dupont de Ligonnès voyageait avec un passeport français volé en 2014, et il aurait passé très probablement une partie de sa cavale au Royaume-Uni.
Une perquisition, qui s’est terminée vers 0 h 30, a par ailleurs eu lieu dans une maison de Limay, dans les Yvelines. Cette adresse est en effet celle qui figure sur le passeport, selon une source proche du dossier.
Cinq corps enterrés sous une terrasse
Depuis huit ans, Xavier Dupont de Ligonnès était activement recherché. A maintes reprises, des signalements sont parvenus aux enquêteurs, mais les milliers de pages des procès-verbaux rédigés n’ont pas permis de déterminer s’il était mort ou vivant, s’il avait pu organiser sa fuite ou s’il s’était suicidé.
Xavier Dupont de Ligonnès a été aperçu pour la dernière fois en avril 2011 : le 14 avril, il avait été filmé par la caméra d’un distributeur de billets, et le 15, il avait quitté à pied, avec, sur le dos, un étui pouvant contenir une carabine, l’hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var) où il venait de dormir.
Six jours plus tard, alertés sur la soudaine disparition de l’ensemble de la famille depuis le début du mois, les enquêteurs fouillaient la maison familiale d’un quartier bourgeois de Nantes. Ils y découvraient cinq corps, enterrés sous une terrasse.
Agnès Dupont de Ligonnès, 48 ans, et ses quatre enfants – Arthur, 21 ans, Thomas, 18 ans, Anne, 16 ans, et Benoît, 13 ans –, préalablement drogués, ont tous été tués de plusieurs balles de carabine dans la tête, probablement entre le 3 et le 5 avril. Une « exécution méthodique », selon les rapports d’autopsie. Les chiens de la famille, également abattus, étaient ensevelis au même endroit.
Avec six jours de retard sur le père de famille, les enquêteurs avaient alors remonté le fil de son emploi du temps, sans percer l’énigme. Malgré un mandat d’arrêt international lancé contre lui, il n’avait jamais été retrouvé.
Opérations de fouilles et fausses pistes
Plusieurs opérations et campagnes de fouilles ont été menées dans le Var, département où la famille Dupont de Ligonnès avait habité dans les années 1990, notamment après des découvertes de cadavres non identifiés. En avril 2015, des ossements découverts près de Fréjus (Var), non loin du dernier endroit où Xavier Dupont de Ligonnès avait été aperçu, s’avéreront ne pas être les siens.
A plusieurs reprises, les enquêteurs ont été menés sur de fausses pistes par des témoins qui affirmaient avoir l’aperçu, comme ces fidèles du monastère de Roquebrune-sur-Argens, en janvier 2018.
Une pincée de théorie du complot – née d’un courrier de Xavier Dupont de Ligonnès à des proches, où il affirme qu’il allait être exfiltré vers les Etats-Unis en raison de sa supposée vie d’agent double –, une famille en apparence tout à fait classique, une préparation de son crime qui semble méthodique et la mise en scène de sa disparition en ont fait une affaire hors du commun.
Au théâtre ce soir ! LE CRI DE LA POMME DE TERRE DU CONNECTICUT
SYNOPSIS
Patrick Robine est de nos derniers excentriques, de nos derniers extravagants (…). Une perle rare dans notre paysage théâtral, un trésor national vivant à la japonaise. (...) Sous l’œil complice de son admirateur Jean-Michel Ribes, qui le met doucement, finement en scène, l'artiste aventurier aux multiples vies professionnelles déploie ici très simplement son insensé savoir-faire, entre music-hall, cirque et délirante poésie. Fabienne Pascaud - Télérama
Patrick Robine, cela ne se raconte pas. ll est unique et, parmi tous ces dons, il y a celui des bruits. Il est un bruiteur hallucinant, un poète sonore capable de rendre les musiques de tout l'univers. (...) Il donne vie. Il est la vie. Et le rire ! On rit beaucoup et l'on est ému. Armelle Héliot - Le Figaro
Patrick Robine est un peu le double de Jean-Michel Ribes (...), le compagnon de route, l'ami qui partage un goût pour l'humour absurde, la poésie noire et le fameux "rire de résistance". Ribes le confesse : "J'aime quand il est là, on ne vieillit pas avec lui." Et on ne s'ennuie pas, c'est sûr ... Philippe Chevilley - Les Echos.
DISTRIBUTION
Mise en scène : Jean-Michel Ribes
Assistanat à la mise en scène : Virginie Ferrere
Lumière : Anne Terrasse
Son : Stéphane Chrisodoulos
Accessoires : Antoine Plischke
La lettre politique de Laurent Joffrin - Ubu à Washington
Alfred Jarry nous avait prévenus : quand on met un imbécile malfaisant au pouvoir, il ne faut pas s’étonner de le voir mener une politique imbécile et malfaisante.
L’imbécillité est signée quand Donald Trump, pour justifier l’abandon de ses alliés kurdes, a fait remarquer qu’ils n’étaient pas aux côtés des troupes américaines le 6 juin 1944 sur les plages de Normandie. Salauds de Kurdes… Il est vrai qu’il avait qualifié un peu plus tôt de «guerre tribale» le conflit qui les oppose à la Turquie. Que mérite cette «tribu» sinon un sarcasme macabre et méprisant, dont l’absurdité historique est patente ? Et l’histoire, quelle importance ? Un truc pour intellos de la côte Est.
La malfaisance a été dénoncée, entre autres, par Vladimir Poutine. L’offensive turque, a-t-il averti solennellement, mobilise les combattants kurdes décidés à se défendre et risque d’aboutir à l’évasion de milliers de jihadistes de Daech aujourd’hui gardés par les soldats kurdes. «Je ne suis pas sûr que l’armée turque puisse contrôler la situation ou le faire rapidement, a-t-il dit, les Kurdes abandonnent les camps où sont détenus les combattants de l’EI», et ces derniers «sont en mesure de s’enfuir». Ce que craignent tous ceux qui connaissent un tant soit peu la région.
Ainsi cinq années de combats acharnés contre l’Etat islamique en Syrie et en Irak, dont les Kurdes ont été les troupes de première ligne, risquent d’être réduites à néant. Un exemple d’efficacité dans la lutte contre le terrorisme, dont les Etats-Unis avaient fait leur priorité.
Le message envoyé par Trump à ses autres alliés est clair : tant que les Etats-Unis de Trump auront besoin d’eux, ils seront mis à contribution. Mais s’ils sont moins utiles, on les qualifiera de «tribu» et on les laissera choir sans cérémonie. Les Européens, dont la défense dépend en grande partie de l’alliance américaine, méditeront cette leçon.
Même scène à la Jarry en politique intérieure. Il apparaît de plus en plus nettement que Trump a cherché depuis plusieurs semaines à obliger les Ukrainiens à lui fournir des renseignements compromettants sur le fils de Joe Biden, un de ses rivaux politiques. La conversation téléphonique qui est à l’origine de la procédure d’impeachment lancée par les démocrates, n’est que la pointe de l’iceberg. Au sein de l’administration, comme le révèle le Washington Post, plusieurs responsables se sont inquiétés du chantage à l’aide militaire exercé par la Maison Blanche sur le nouveau gouvernement de Kiev. Pour toute réponse, Trump insulte la presse, les sondeurs coupables de détecter une baisse de popularité du président, Nancy Pelosi, speaker de la Chambre des représentants (soit elle est «stup ide», soit elle a «perdu la tête», soit elle est «malhonnête»). L’opposante Ilhan Omar, élue du Minnesota, a, elle, été qualifiée de «socialiste» (une insulte selon Trump) et de «honte pour son pays» (elle a été élevée dans un camp de réfugiés au Kenya).
Ce déluge d’invectives, selon une tactique habituelle chez Trump et ses partisans, a pour but de déplacer le débat. Le problème, ce n’est pas le comportement anticonstitutionnel de Trump, c’est Hunter Biden, le fils de Joe Biden, candidat démocrate. «Coffrez-le !» a répondu la foule, comme elle l’avait fait envers Hillary Clinton.
En 2016, les électeurs américains n’ont pas élu un milliardaire républicain. Ils ont couronné Ubu roi.
LAURENT JOFFRIN
ALERTE-USA-Turquie
ALERTE-USA-Turquie: Washington conseille à Ankara d’interrompre son intervention en Syrie. Le Pentagone conseille « fermement » à la Turquie d’interrompre son offensive militaire dans le nord-est de la Syrie.












