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Jours tranquilles à Paris

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11 octobre 2019

Chronique « Trump a déclaré la guerre (économique) à Xi. L’affrontement va au-delà de la bataille de tarifs »

Par Alain Frachon

Une partie de notre avenir est entre les mains d’un Donald Trump au bord de la crise de nerfs et d’un Xi Jinping qui semble menacé par l’hubris, s’inquiète, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».

Les deux hommes les plus puissants au monde nous inquiètent. L’un, Donald Trump, paraît au bord de la crise de nerfs, l’autre, Xi Jinping, semble menacé par l’hubris, l’ivresse du pouvoir. Au moment où ce dernier célébrait, mardi 1er octobre, dans l’impériale vastitude de la place Tiananmen, à Pékin, l’accession de son pays au rang de géant militaire, le premier, sous le coup d’une procédure en destitution à Washington, affichait un comportement encore un peu plus erratique qu’à l’habitude. L’un trop fort, l’autre déséquilibré ? Une partie de notre avenir est entre les mains de ces deux-là.

La scène la plus étonnante de ces derniers jours a eu lieu jeudi 3 octobre à la Maison Blanche, devant la presse, quand le républicain Trump, élu d’une formation où l’on a toujours pourfendu les « rouges », a appelé le Parti communiste chinois (PCC) à son secours. La situation était d’autant plus baroque que les Etats-Unis sont engagés dans une guerre commerciale à la vie à la mort avec la Chine. Ainsi va Trump.

L’Américain demandait aux dirigeants chinois d’enquêter sur la famille de Joe Biden, le potentiel rival démocrate de Trump à l’élection de novembre 2020. Explication : le fils de Joe, Hunter Biden, a ouvert un bureau de consultant à Pékin quand son père était vice-président. Gros conflit d’intérêts, suggère Trump – qui, lui, n’a pas jugé bon, une fois élu à la Maison Blanche, de couper les liens avec son empire immobilier (confié à la gestion de ses enfants).

Toujours devant les journalistes, le président répétait mot pour mot ce qui a conduit la majorité démocrate à la Chambre des représentants à ouvrir une enquête aux fins de le destituer. C’est vrai, avoue-t-il, il a bien demandé, le 25 juillet, à l’Ukraine d’enquêter sur les affaires de Hunter à Kiev – et sur le rôle que le père de celui-ci, Joe Biden, a pu y jouer. Curieuse contre-attaque qui, consistant à reconnaître les faits, relève d’une sorte « d’autodestitution », écrit l’excellente Susan Glasser dans l’hebdomadaire The New Yorker. La Constitution américaine interdit à tout candidat à une élection de solliciter la moindre assistance à l’étranger.

Trump dégrade la démocratie américaine

La procédure en cours fait ressortir ce qu’il y a de pire chez Donald Trump : insultes renouvelées contre les institutions, accusations répétées de « trahison » ou « d’espionnage » contre ses adversaires, fantasme sur un « coup d’Etat » ou un complot fomenté par « l’Etat profond », début de paranoïa et langage de guerre civile – l’ensemble de la panoplie verbale qui précède en général la violence physique. Trump dégrade la démocratie américaine, dont il se refuse par ailleurs à promouvoir les valeurs.

La même semaine, à Pékin, Xi fêtait le 70e anniversaire de la République populaire de Chine en organisant un défilé militaire sans précédent. La vedette, tout en noire rondeur, en était un missile intercontinental, porteur de dix têtes nucléaires, capable de frapper en trente minutes n’importe quel objectif aux Etats-Unis. L’engin s’appelle le Dongfeng 41. Son exhibition place Tiananmen était une façon d’adresser un message de force au monde entier et de rivalité aux Etats-Unis. « Aucune force ne pourra ébranler le statut de notre puissante nation, aucune ne pourra arrêter sa marche en avant », a dit le président Xi.

Il a salué, à juste titre, la performance, sans égale dans l’histoire, réalisée par la Chine : en moins d’un siècle, le passage de la plus abjecte pauvreté au rang de grande puissance économique, scientifique, technologique et militaire. La vérité imposerait de dire que cette transition est le fait de la période courant de 1976 à aujourd’hui – de 1949 à 1976, le PCC, sous la houlette de Mao, a martyrisé et éreinté la Chine.

Xi a terni l’image de la Chine à l’étranger

Mais Xi, patron du PCC, cultivant une étrange nostalgie maoïste, sacralise le parti et l’investit de tous les pouvoirs pour placer près d’un milliard et demi de Chinois sous une cloche idéologique aussi hermétique qu’étouffante. On sait les caractéristiques de l’ère Xi : recrudescence de l’autoritarisme à l’intérieur et affichage à l’extérieur de l’impérieuse puissance montante de la Chine, l’ensemble sur fond de lutte idéologique contre la démocratie libérale « à l’occidentale ».

Cette vision monolithique de la Chine – de l’être chinois – est depuis quatre mois défiée à Hongkong. Xi a eu beau rappeler, le jour du défilé, son attachement à la formule dite « un pays, deux systèmes », censée préserver les libertés des Hongkongais, il n’a cessé depuis son arrivée au pouvoir, en 2012, de les rogner. Jusqu’où ira-t-il pour soumettre le « rocher » ? La deuxième île chinoise, Taïwan, est concernée. Dans la « pensée Xi Jinping », le « rêve chinois » suppose la réunification avec Taïwan d’ici à 2049. Comment ?

Xi a terni l’image de la Chine à l’étranger, où une peur diffuse l’emporte sur l’admiration. Sur une base de reproches un peu caricaturaux mais pas injustifiés – non-respect des règles du commerce international, attaques de hackeurs pilotées par l’Etat, pratiques déloyales en matière d’investissements –, Trump a déclaré la guerre (économique) à Xi. L’affrontement va au-delà de la bataille de tarifs.

Les Etats-Unis appellent à boycotter un nombre croissant d’entreprises chinoises, du chemin de fer à la 5G, et envisagent de les interdire de cotation à New York. Forcené du tweet intempestif, Trump, dans un moment de déprime, a qualifié la Chine de « menace pour le monde ». C’était quelques jours avant que Xi, devant son défilé de missiles, ne dresse l’éloge de la puissance chinoise. Entre la Chine de Xi et les Etats-Unis de Trump, le niveau de conflictualité monte dangereusement.

PS : Pointu et didactique, le mensuel Pour l’Eco, que pilote Stéphane Marchand, consacre sa livraison d’octobre à l’affrontement sino-américain.

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11 octobre 2019

Extrait d'un shooting

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Photos : Jacques Snap

11 octobre 2019

La République en marche craint la déroute aux municipales

Les premiers sondages, défavorables, poussent LRM à renoncer à certaines grandes villes et à nouer des alliances avec les maires sortants

Des ambitions revues à la baisse. Au lendemain des élections européennes, les dirigeants de La République en marche (LRM) rêvaient d’une vague macroniste lors du scrutin municipal de mars 2020, en nourrissant des espoirs de conquête dans plusieurs grandes villes, comme Paris, Lyon ou Marseille. Cinq mois plus tard, le discours a changé. Les stratèges de la formation présidentielle se montrent beaucoup moins enthousiastes, et envisagent désormais peu de victoires dans les métropoles. « C’est le paradoxe de la Macronie : on va être faibles là où se trouvent la majorité de nos électeurs », observe un responsable du parti.

Ces dernières semaines, l’équation s’est sérieusement compliquée à Paris, par exemple, où les chances de l’emporter de Benjamin Griveaux se sont amoindries du fait de la dissidence de Cédric Villani. A Lyon, la perspective d’un duel fratricide entre Gérard Collomb et David Kimelfeld n’est toujours pas écartée. A Bordeaux, LRM et son allié MoDem soutiennent des candidats différents, tandis qu’à Marseille, le parti n’a toujours pas validé sa stratégie ni trouvé le bon candidat.

Sans parler de Lille, Rennes ou Nantes, où les chances de l’emporter face à l’édile sortant socialiste paraissent bien minces… « On sait qu’on va prendre une claque dans les grandes villes, soupire un dirigeant. Il faut limiter la casse, en gagnant Strasbourg sous nos propres couleurs, et Montpellier, Toulouse et Nice grâce à des alliances. »

Les premiers sondages donnent des sueurs froides aux macronistes : à Reims, leur candidat ne récolterait que 6 % au premier tour, contre 53 % pour le maire Les Républicains sortant, selon un sondage IFOP diffusé début septembre. Même scénario à Saint-Etienne (7 % contre 43 %) et à Caen (8 % contre 44 %). « Le dégagisme est toujours à l’œuvre dans la société, mais comme LRM est aujourd’hui le parti majoritaire, il est considéré comme faisant partie du système, estime Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l’IFOP. Il ne devrait donc pas y avoir de vague macroniste aux municipales, mais plutôt une prime aux sortants. »

Les élus de la majorité anticipent une lecture médiatique défavorable des résultats, au soir du second tour. Avec le risque d’avoir « une carte de France avec quasiment aucun drapeau En marche qui flotte sur les grandes villes », craint un député. Pour éviter ce scénario noir, un proche du chef de l’Etat juge que le parti aurait dû assumer de « faire l’impasse » sur le scrutin municipal, plutôt que de risquer une déroute potentiellement handicapante en vue de la présidentielle de 2022.

« Cynisme du soutien »

Ces dernières semaines, un argumentaire s’est donc imposé à LRM : la conquête des grandes villes ne serait plus une priorité. Le « critère de réussite » pour cette jeune formation, qui ne compte quasiment aucun maire, résiderait désormais dans sa capacité à faire émerger une « nouvelle génération ». Le délégué général du parti, Stanislas Guerini, se donne comme objectif « près de 10 000 élus locaux à l’issue du scrutin ». Un chiffre finalement assez bas, rapporté au nombre total de conseillers municipaux, estimé à plus de 500 000. Son mot d’ordre ? « Changer le système par le bas. » Avec l’idée de combler le manque d’implantation locale pour les scrutins à venir, en particulier dans l’optique des sénatoriales.

La crainte d’une déroute a également poussé à un changement de stratégie : après avoir surtout investi de purs « marcheurs » en juillet, LRM noue davantage d’alliances avec des maires sortants depuis la rentrée. Ces élus LR, UDI, MoDem ou PS « macron-compatibles » ayant l’avantage d’être bien implantés.

« Il vaut mieux jouer placé avec des élus de l’ancien monde que jouer gagnant avec des candidats LRM inconnus », reconnaît un cadre de la majorité, évoquant « une immense opération de fusions-acquisitions ». Une stratégie qui ne passe pas chez certains « marcheurs ». « Le danger, c’est le cynisme du soutien. Attention à ne pas investir des sortants qui ne partagent pas nos valeurs », met en garde un proche du chef de l’Etat. L’opposition, elle, fustige « l’opportunisme » du parti présidentiel.

M. Macron intervient, lui, par petites touches. A chaque déplacement en province, il fait désormais le point sur les investitures, comme ce fut le cas à Marseille, le 24 juin. Le 17 juillet, il a aussi convié M. Collomb et M. Kimelfeld à l’Elysée, pour tenter de trouver un modus vivendi entre les deux hommes. Le chef de l’Etat devrait à nouveau croiser le maire de Lyon mercredi, en marge d’un déplacement dans la capitale des Gaules.

La veille, il a convié à déjeuner à l’Elysée les responsables de LRM et de la commission d’investiture pour préparer le scrutin municipal. Le 16 octobre, M. Macron aura également l’occasion de rencontrer le maire LR sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc – avec lequel LRM entend s’allier – en marge de la tenue d’un conseil des ministres franco-allemand dans la Ville rose.

Mais, contrairement aux législatives et aux européennes, où le scrutin revêtait un enjeu national, pas sûr que l’implication du chef de l’Etat permette des victoires locales. « Cette fois, nos candidats ne pourront pas gagner seulement grâce à la tête de Macron sur leur affiche de campagne ! », juge un élu LRM. Un sentiment largement partagé au sein du parti, où l’on souligne que les municipales reposent avant tout sur des enjeux locaux.

« Construire une implantation territoriale, cela prend du temps », souligne M. Guerini. « Comme le général de Gaulle, qui n’avait pas remporté les municipales en 1959 malgré sa popularité et avait dû attendre 1964 pour que l’UDR décroche des grandes villes, on va mettre deux scrutins pour s’implanter », anticipe un cadre. Comme s’il s’agissait de préparer les esprits à un résultat décevant.

11 octobre 2019

Vu sur internet

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11 octobre 2019

Le mot à la mode .... Paradigme

Paradigme 

(bas latin paradigma, du grec paradeigma, modèle)

 DÉFINITIONS

En grammaire traditionnelle, ensemble des formes fléchies d'un mot, pris comme modèle. (C'est, par exemple, la déclinaison d'un nom ou la conjugaison d'un verbe.)

En linguistique structurale, ensemble des unités qui peuvent commuter dans un contexte donné.

En doctrine économique, choix de problèmes à étudier et des techniques propres à leur étude.

Un paradigme est — en épistémologie et dans les sciences humaines et sociales – une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent du monde qui repose sur un fondement défini (matrice disciplinaire, modèle théorique, courant de pensée). Les paradigmes sont, selon le philosophe des sciences Thomas Samuel Kuhn des « découvertes scientifiques universellement reconnues qui, pour un temps, fournissent à un groupe de chercheurs des problèmes types et des solutions ». Un paradigme peut être infléchi ou totalement remis en cause s'il remplit un certain nombre de conditions expérimentales ou d'insertion dans un nouveau paradigme. Les révolutions scientifiques entraînent des changements de paradigme qui exigent du temps pour pénétrer la communauté scientifique, car le nouveau modèle proposé doit vaincre les obstacles épistémologiques et être assez robuste pour remettre en cause le précédent. La « vérité scientifique » à un instant donné ne peut représenter qu'un consensus temporaire au sein de cette communauté, les paradigmes étant fluctuants, en particulier dans les sciences humaines et sociales, notamment économiques (Kuhn 1962, p. 172).

Le paradigme peut être explicite lorsqu'un philosophe, un chercheur — ou un idéologue — décrit, analyse son sujet selon un schéma de pensée, une vision du monde clairement définis. Les collectivités humaines sont régies par des pratiques, des croyances partagées. Il appartient aux sciences humaines de décrypter, de mettre au jour ces paradigmes implicites. Les paradigmes tendent également à différer selon les groupes sociaux et à changer dans le temps avec l'évolution des connaissances (cas notamment des paradigmes en sciences).

Paradigme est à l'origine un terme technique de la grammaire désignant l'ensemble des formes que peut prendre un mot.

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11 octobre 2019

Helmut Newton

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11 octobre 2019

Emily Ratajkowski

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10 octobre 2019

La mort de Marie-José Nat, actrice populaire des années 60-70

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Marie-José Nat fut une figure familière dans les années 60 et 70, autant sur le grand que sur le petit écran.

Marie-José Nat, figure familière des écrans dans les années 60 et 70 et actrice de Élise ou la vraie vie, est décédée jeudi à Paris à l'âge de 79 ans des suites d'une longue maladie, a indiqué son agent à l'AFP.

L'actrice née en 1940 à Bonifacio d'un père kabyle et d'une mère corse a été dirigée par des metteurs en scène connus comme Henri-Georges Clouzot, Gérard Oury ou Claude Autant-Lara, lors d'une carrière menée autant au cinéma qu'à la télévision.

Interview de Marie-José Nat, racontant ses débuts, "un conte de fée", selon la comédienne.

Cette femme aux yeux et aux cheveux très noirs avait reçu en 1974 le prix d'interprétation féminine à Cannes pour Les Violons du Bal de Michel Drach, histoire autobiographique du réalisateur avec qui elle partagea sa vie plus d'une décennie.

"Elise ou la vraie vie"

Avant cela, il lui avait offert en 1967 un de ses plus beaux rôles dans Élise ou la vraie vie, l'histoire d'une jeune fille qui se lie d'amour avec un militant algérien du FLN (Front de libération nationale, en lutte pour l'indépendance de l'Algérie), qui fit alors polémique.

A la télévision et au théâtre

Marie-José Nat a aussi travaillé pour la télévision, comme dans la série à succès Les Gens de Mogador, saga en 13 épisodes, diffusée à partir de 1972. Elle y incarne, en 1850, Julia Angellier, une fille de monarchiste qui épouse un officier de l'armée impériale. Elle a aussi joué dans des téléfilms de qualité de Claude Barma, Marcel Bluwal ou Nadine Trintignant.

Au théâtre, on l'a vue dans Désiré (de Sacha Guitry), mis en scène et interprété en 1984 par Jean-Claude Brialy puis, en 1985, dans Voisin, voisine, mis en scène de Pierre Mondy, au côté de Victor Lanoux. Elle partage pendant plusieurs années sa vie avec ce dernier.

Elle s'est remariée en 2005 avec l'écrivain et peintre Serge Rezvani, connu du grand public pour être l'auteur de chansons célèbres, dont J'ai la mémoire qui flanche et Le tourbillon de la vie, interprétées par Jeanne Moreau.

Le couple vivait dans une belle maison, à Bonifacio. "Au creux de moi, assurait-elle, il y a toujours l'angoisse. Mais aussi une volonté farouche de réussir: je suis une chèvre corse !".

10 octobre 2019

L'article à lire pour comprendre l'offensive turque contre les forces kurdes en Syrie

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L'armée turque et des supplétifs syriens ont lancé mercredi une opération à la frontière. Les frappes aériennes et les tirs d'artillerie ont visé plusieurs secteurs frontaliers dans le nord syrien.

Des membres de l\'Armée nationale syrienne, alliée de la Turquie, entrent sur le territoire syrien dans le cadre de l\'offensive turque contre les Kurdes en Syrie, le 10 octobre 2019.  Des membres de l'Armée nationale syrienne, alliée de la Turquie, entrent sur le territoire syrien dans le cadre de l'offensive turque contre les Kurdes en Syrie, le 10 octobre 2019.   (HISAM EL HOMSI / ANADOLU AGENCY / AFP)

Syrie : quelles sont les forces en présence dans la bataille entre la Turquie et les Kurdes ?

En France, aux Etats-Unis, en Iran, en Israël, en Arabie saoudite... Partout dans le monde, des voix inquiètes s'élèvent pour dénoncer l'intervention turque dans le nord-est de la Syrie. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence, jeudi 10 octobre, à la demande de ses membres européens. Une réunion extraordinaire de la Ligue arabe est prévue samedi.

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Si Ankara a assuré, dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l'ONU, que son opération serait "proportionnée, mesurée et responsable", les conséquences de cette offensive pourraient s'avérer graves, à l'intérieur comme à l'extérieur de la région. Franceinfo résume la situation. 

Que se passe-t-il en Syrie ?

La Turquie a lancé une offensive militaire mercredi 9 octobre contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, dans le cadre d'une opération baptisée "Printemps de la paix." Au cours de cette seule journée, au moins 15 personnes, dont huit civils, ont été tuées, selon le décompte de l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Selon la presse turque, les troupes ont pénétré en Syrie par quatre points : deux à proximité de la ville syrienne de Tell Abyad et deux autres proches de Ras al-Aïn, plus à l'est.

Le 9 octobre 2019, les troupes turques ont pénétré en Syrie à proximité des villes syriennes de Tell Abyad et de Ras al-Aïn, plus à l\'Est. Le 9 octobre 2019, les troupes turques ont pénétré en Syrie à proximité des villes syriennes de Tell Abyad et de Ras al-Aïn, plus à l'Est.  (MY MAPS / GOOGLE MAPS)

Ces frappes aériennes et d'artillerie ont visé les positions des Unités de protection du peuple (YPG), la milice kurde qui constitue la colonne vertébrale des Forces démocratiques syriennes (FDS). Selon un porte-parole de la milice arabo-kurde, les combattants des FDS ont repoussé une attaque au sol des troupes turques à Tell Abyad. 

Jeudi, les forces turques se sont emparées de plusieurs de leurs objectifs et poursuivent leur progression sur la rive orientale de l'Euphrate, a assuré leur état-major. Selon le ministère de la Défense turc, 181 cibles de la milice kurde ont été touchées par l'aviation et l'artillerie depuis le début de l'opération.

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Pourquoi cette offensive ?

En  annonçant le début de l'opération, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est justifié en assurant que l'objectif était d'empêcher, selon ses mots, la création d'un "corridor terroriste" à la frontière méridionale de la Turquie. Les autorités turques assimilent les YPG au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qu'elles considèrent comme une organisation terroriste.

En menant cette offensive, Erdogan souhaite empêcher l'apparition d'une région autonome kurde non loin de la frontière sud. Les Kurdes sont un peuple apatride, réparti sur les territoires turc, syrien, iranien et irakien. Selon les estimations, entre 2 et 3,6 millions de Kurdes vivraient en Syrie, essentiellement dans le nord du pays.

La Turquie redoute qu'un embryon d'Etat kurde galvanise les velléités séparatistes sur son propre territoire. En janvier 2018, le président turc avait d'ailleurs déjà lancé une offensive à Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, avec le même objectif.

Enfin, les autorités turques souhaitent créer une zone tampon de 30 km de long et de 500 km de large entre la frontière turque et les zones syriennes contrôlées par les milices kurdes dans la région, afin de "réimplanter 2 des 3,5 millions de réfugiés syriens présents en Turquie", a décrypté Frédéric Pichon, interrogé par franceinfo.

Quel rôle les Kurdes jouent-ils dans le conflit syrien ?

Les Kurdes sont les alliés des Occidentaux dans la lutte antijihadiste. Via les Unités de protection du peuple (YPG), ils forment la majorité des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes créée dans le nord de la Syrie.

Seuls sur le terrain, ce sont eux qui ont repris – aidés par la coalition internationale menée par les Etats-Unis – la ville de Kobané des mains du groupe terroriste Etat islamique (EI) en 2015, à l'issue de quatre mois de combats acharnés, puis celles de Raqqa, fief syrien de l'EI, en 2017, et de Baghouz, en 2019. C'est ainsi le porte-parole des FDS qui a annoncé en mars "la victoire militaire sur Daech [l'acronyme arabe de l'EI]". "Le soi-disant califat a été totalement éliminé", a-t-il tweeté.

Des combatants kurdes de la milice YPG posent après avoir repris le centre culturel de Kobané, en Syrie, des mains du groupe Etat islamique, le 22 décembre 2014.  Des combatants kurdes de la milice YPG posent après avoir repris le centre culturel de Kobané, en Syrie, des mains du groupe Etat islamique, le 22 décembre 2014.   (JONATHAN RAA / NURPHOTO / AFP)

Environ 10 000 combattants de l'EI, ainsi que des familles des jihadistes, sont toujours détenus dans des camps contrôlés par la milice kurde YPG. Parmi les prisonniers figurent près de 2 000 jihadistes étrangers, que leurs pays d'origine refusent de reprendre. Pour juger les crimes de l'EI, les Kurdes de Syrie demandent la création d'un tribunal international spécial, qui serait installé dans le nord-est du pays.

Les Etats-Unis ont-ils facilité l'offensive turque contre les Kurdes ?

Dans un communiqué publié dimanche, soit trois jours avant l'offensive, la Maison Blanche a annoncé le retrait immédiat de ses troupes en Syrie (environ 2 000 soldats). Pour Frédéric Pichon, interrogé mardi par franceinfo, ce n'était pas une surprise : "Donald Trump avait annoncé qu'il souhaitait que les Etats-Unis se retirent des zones où le pays n'a pas de bénéfice. C'est une réflexion de businessman. L'Amérique ne veut plus s'engager dans des guerres lointaines", a expliqué l'expert.

Or, la présence des troupes américaines en Syrie constituait un rempart à une nouvelle offensive de la Turquie qui, rappelons-le, veut imposer sa fameuse "zone tampon" dans la région. La décision de Donald Trump de retirer ses troupes, laissant le champ libre à Erdogan, a ainsi été qualifiée par les FDS de "coup de poignard dans le dos".

D'anciens combattants de l'armée américaine, laquelle a travaillé avec les combattants kurdes pour venir à bout de l'EI, ont même estimé que les Etats-Unis avaient "abandonné" les Kurdes. Diplomates et autres chefs d'Etat ont en chœur dénoncé la décision américaine. En réponse à cette vague d'indignation, Donald Trump a assuré mercredi ne pas cautionner l'offensive, que Washington considère comme une "mauvaise idée", et a même menacé de "ruiner l'économie turque si la Turquie détruit les Kurdes".

Pourquoi cette offensive turque pourrait-elle ranimer l'Etat islamique ?

Plusieurs pays redoutent que l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie contre les forces kurdes ne permette un sursaut du groupe jihadiste Etat islamique. Jeudi, les Kurdes de Syrie ont accusé la Turquie d'avoir bombardé la veille au soir une prison abritant de nombreux jihadistes dans une "tentative évidente" de les aider à s'enfuir. Ils craignent de perdre le contrôle de ces prisons, mais aussi des camps abritant des milliers de familles de jihadistes, et où s'est développée une idéologie radicale, expliquait La Croix dans un reportage réalisé en juillet dans les camps de Al-Hol et de Roj. Selon l'Institute for the Study of War (ISW), "l'EI prépare probablement des opérations plus coordonnées et sophistiquées pour libérer ses membres détenus".

Libérés, les jihadistes pourraient mener de nouvelles attaques dans la région, voire en Europe pour les membres de l'EI étrangers qui voudraient rejoindre leur pays d'origine. Deux djihadistes britanniques de haut rang, soupçonnés d'avoir exécuté plusieurs Occidentaux en Syrie, ont ainsi été placés sous la garde de l'armée américaine.

FRANCEINFO

"L'EI constitue toujours une menace, qui pourrait métastaser si les FDS voient leur attention et leurs ressources détournées (...) au profit d'une bataille défensive contre la Turquie", complète Sam Heller, du groupe de réflexion International Crisis Group, cité par l'AFP.

Et initier une nouvelle crise migratoire ?

Outre bien sûr la recrudescence du terrorisme islamique, la communauté internationale craint que cette offensive n'ouvre la voie à une nouvelle vague migratoire. En réponse à l'indignation de l'Union européenne, Recep Tayyip Erdogan a menacé jeudi d'ouvrir les portes de l'Europe à des millions de réfugiés. "Ô Union européenne, reprenez-vous. (...) Si vous essayez de présenter notre opération comme une invasion, nous ouvrirons les portes et vous enverrons 3,6 millions de migrants", a-t-il déclaré lors d'un discours à Ankara.

Enfin, selon Frédéric Pichon, le retrait des soldats américains et une offensive turque pourraient entraîner "une vague migratoire kurde vers l'Europe", ces derniers fuyant les combats.

Est-ce l'ouverture d'un nouveau chapitre de la guerre civile syrienne ?

Pour cette offensive contre les Kurdes syriens, les militaires turcs sont appuyés par l'Armée nationale syrienne. Constituée de rebelles soutenus par Ankara, cette armée émane des anciens de l'Armée syrienne libre, branche armée de l'opposition au régime de Bachal al-Assad. Depuis plusieurs années, ces Syriens, dont de nombreux exilés de Tell Abyad, s'entraînent de l'autre côté de la frontière, en Turquie, "en prévision de leur retour sur leur terre natale", explique Le Monde.

Certains éprouvent un désir de vengeance, explique le quotidien, après que les YPG aient commis en 2013 et 2015 des exactions à Tell Abyad et dans des villages syriens "soupçonnés de sympathies jihadistes".

Des membres de l\'Armée nationale syrienne posent avec un drapeau syrien en arrivant à Tell Abyad, en Syrie, dans le cadre de l\'offensive menée par la Turquie, le 10 octobre 2019. Des membres de l'Armée nationale syrienne posent avec un drapeau syrien en arrivant à Tell Abyad, en Syrie, dans le cadre de l'offensive menée par la Turquie, le 10 octobre 2019.  (EMIN SANSAR / ANADOLU AGENCY / AFP)

Combattants syriens anti-Assad armés et financés par la Turquie, Kurdes syriens, armée pro-Assad, cellules dormantes du groupe Etat islamique... Si cette nouvelle offensive inquiète la communauté internationale, c'est aussi parce qu'elle risque de déstabiliser encore une région éprouvée par près de neuf ans de guerre civile.

J'ai la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ?

Des militaires turcs et leurs supplétifs syriens ont pénétré, mercredi 9 octobre, dans le nord-est de la Syrie dans le cadre d'une offensive lancée par Ankara contre une milice kurde soutenue par les pays occidentaux. Au moins 15 personnes, dont 8 civils, ont été tuées selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les Kurdes sont les alliés des Occidentaux dans la lutte antijihadiste. Via les Unités de protection du peuple (YPG), ils forment la majorité des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes créée dans le nord de la Syrie. L'Union européenne a exigé l'arrêt de l'offensive et le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence, jeudi.

Dimanche, soit trois jours avant l'offensive, la Maison Blanche a annoncé le retrait immédiat de ses troupes en Syrie. Or, la présence des troupes américaines en Syrie constituait un rempart pour les FDS, qui ont qualifié la décision de Donald Trump de "coup de poignard dans le dos".

Plusieurs pays redoutent que l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie contre les forces kurdes ne permette un sursaut du groupe terroriste Etat islamique, car elles pourraient perdre le contrôle des prisons où sont enfermés les jihadistes, mais aussi des camps abritant des milliers de familles. Outre la recrudescence du terrorisme islamique, la communauté internationale craint aussi "une vague migratoire kurde vers l'Europe" et que la région soit encore une fois déstabilisée après neuf ans de guerre civile.

10 octobre 2019

Jacques Chirac.... Cool !

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