Le théâtre de la cruauté exposé
Roger Ballen, "Immersed", 2016 © Marguerite Rossouw
Lorsqu'il se rend à Paris, Roger Ballen visite la Halle Saint-Pierre, dans le XVIIIe arrondissement. Pour sa série d'expositions en Europe qui reviendront sur son travail, il a donc tout naturellement fait le choix d'y exposer à son tour. Dans ce lieu dédié à l'art brut, le photographe, Américain d'origine mais Sud-Africain d'adoption, revient sur cinquante années de carrière.
Mais c'est par une partie inédite de son œuvre que l'on pénètre dans son univers sombre et tendre à la fois, habité par la puissance de l'inconscient libéré : des installations, proches de celles d'un Edward Kienholz par la forme, et pourtant immanquablement signées. C'est bien de l'univers ballenesque qu'il s'agit, cet adjectif employé par l'artiste pour le désigner sans lui ôter son mystère : des poupées éventrées, des masques de cire animés, des chiens et des rats, des oiseaux et des trouvailles de marché aux puces, et puis ces têtes aux cavités béantes.
Tous ces éléments, on les retrouve dans ses photographies exposées à l'étage, soit la partie de son travail qui le rendra célèbre et lui assurera autant la reconnaissance du monde de l'art que de la contre-culture – à l'instar du duo Die Antwoord, ses fans sous l'éternel et occasionnels collaborateurs. Des premières séries captant l'Afrique du Sud et ses marginaux sans visage, aux plus récentes quittant le portrait pour basculer dans des mises en scène mêlant réel et fiction, et enfin ses toutes dernières expérimentations en couleur, toutes découlent de ces installations, qu'il n'avait jusque-là jamais montré.
• Le monde selon Roger Ballen, du 7 septembre au 31 juillet à la Halle Saint-Pierre, à Paris
Grève à la SNCF mardi
Grève à la SNCF mardi : deux Intercités sur cinq, trois TER sur cinq et un Transilien sur deux, annonce la direction Le trafic TGV s'annonce en revanche "peu perturbé", précise la direction.
Un trafic TGV "peu perturbé", deux trains Intercités sur cinq, trois TER sur cinq et un Transilien sur deux circuleront en moyenne mardi 24 septembre, jour d'appel à la grève contre le projet de réforme des retraites, a annoncé dimanche la direction de la SNCF.
Le trafic des trains internationaux sera "normal" pour les Eurostar, Thalys, Lyria et les liaisons France-Espagne, France-Allemagne et France-Italie. Le trafic TGV sera normal à l'exception des axes Atlantique et Nord (quatre trains sur cinq). Tout comme le trafic régional, le trafic Intercités est qualifié de "perturbé". Seul un Intercités de nuit sur quatre circulera.
En région parisienne, le RER A connaîtra un service normal mais la partie nord du RER B (à partir de Gare du Nord), gérée par la SNCF, sera touchée avec deux trains sur cinq qui circuleront, tout comme les lignes C (un train sur deux), D (deux trains sur cinq et aucune circulation entre Châtelet et Gare de Lyon) et E (deux trains sur cinq). Si 50% des Transiliens circuleront en moyenne, la ligne R vers Montereau et Montargis sera particulièrement affectée avec un train sur quatre qui roulera.
Thierry Ehrmann Président de société, Sculpteur-plasticien
Thierry Ehrmann Président de société, Sculpteur-plasticien
ARTPRICE.COM, GROUPE SERVEUR,
Identité
Ehrmann, Thierry, Marie, Nicolas, Pierre, Joseph, Président de société, Sculpteur-plasticien. Né le 13 mars 1962 en Avignon (Vaucluse). Fils de Marcel Ehrmann, Ingénieur polytechnicien, et de Mme, née Monique Prayal, Administrateur de sociétés. Père de 2 enfants : Sydney, Kurt.
Etudes et diplômes
Etudes : Précepteur dominicain, Lycées Fénelon, des Maristes et Pascal, Faculté de théologie de Lyon.
Carrière
Créateur de l’audiphone la Voix du parano (1983), d’une bourse de fret électronique (1985), Fondateur et Président du Groupe Serveur (depuis 1987), Créateur du Serveur judiciaire (1993), Président-fondateur d’Artprice.com (cotée sur Eurolist, marché réglementé de Paris) (depuis 1997), Président d’Artprice Inc.(Etats-Unis) (depuis 1999) et de Artmarket.com Inc. (Etats-Unis), Fondateur de la Place de marché normalisée aux enchères et à prix fixe d’Artprice (en 2008), Cofondateur de Tracing Serveur (2000), Fondateur et Conservateur du Musée d’art contemporain L’Organe (depuis 1999), Président de Sound ViewPress (Etats-Unis) (depuis 2001).
Œuvres et travaux : Vie et conditions d’un incapable majeur sous le régime des tutelles au XXe siècle et Rédemption (en coll.) (1999), Catalogue raisonné de la demeure du chaos (en coll., 1999-2006), Le Code des ventes volontaires et judiciaires (Analyses et synthèses, loi du 10 juillet 2000 et décrets 2001-650, 2001-651, 2001-652 du 19 juillet 2001), Histoire secrète du marché de l’Art (2013), De la Noosphère à internet (essai, 2015), Du musée imaginaire à l’industrie muséale (2016), Les Loups de Wall Street sont aux portes du Marché de l’art (2018); Co-auteur de la sculpture monumentale le Bunker de la demeure du chaos (exposition triennale la Force de l’art au Grand Palais à Paris), Auteur des sculptures monumentales Overground I, II et III, Entre le tigre et l’euphrate, Ground Zero, Headquarter, Peak Oil, Fiat Lux, Underground (120 tonnes), les Cages de l’enfer, les Porteurs de cendres, l’Oiseau de feu, Finis Gloriae Mundi, Deepwater 9/11, Le Livre d’Osiris, L’Egregore, L’Heure initiatique, Trilogie des 9 vanités monumentales de la Demeure du Chaos : Nutrisco et Extinguo, Vanitas et Rattus, Hoc Signo Vinces, Il est minuit plein, A Mundo Condito, Vanitas Vanitatum, Omnia Vanitas, Rex Regis, Finis Gloria Mundis; Auteur et Fondateur de la Borderline Biennale 2007, 2009, 2011, 2013; Installation géante de 99 Sentinelles alchimiques, Medium sculptures acier de 180 tonnes; Installation monumentale de 36 sculptures dénommées Vanitas Company Ltd; Rétrospective 1982-2012 avec l’installation monumentale de 702 sculptures en acier brut produites à la Demeure du Chaos (2012), installation monumentale de 18 sculptures en acier brut Via Crucis (2012), installation de la sculpture monumentale en acier brut de 11 mètres de haut The Nail (2012), installation monumentale de 27 containers dénommés Les TAZ du Chaos (2007-15), d’une sculpture monumentale en acier brut de 9 mètres de haut La Noosphère (2016); Performance Le Sang des vanités (avec Lukas Zpira, Commissaire d’exposition de la Borderline Biennale, 2011); ouvrages d’art : l’Esprit de la Salamandre (1999), la Demeure du chaos (1999, 2e éd. 2007), 2052 (2012), Opus IX, La Demeure du Chaos 1999-2013 (2013), Opus XXX, Le Regard photographique de Thierry Ehrmann, auteur de la Demeure du Chaos, Urbex, les nouvelles TAZ des mégapoles (2017); Administrateur et Auteur du rapport annuel Le Marché de l’art, Co-édition du rapport annuel sur le marché de l’art chinois (avec le groupe étatique chinois Artron/AMMA); Auteur du scénario Abode of Chaos Spirit (2007) et de No Legend (série de 113 courts-métrages, 2013-14), auteur des scénarios de la série de moyens métrages Drones attack, du scénario et long métrage Les Sources occultes (2011-17); performance vidéo : le 7e sceau brisé, du corps profane au corps glorieux (2009); Commissaire de l’exposition Changement de paradigme (2016).
Centres d’intérêt
S’intéresse à la théologie, à la psychiatrie, au droit de la propriété industrielle.
Collections d’œuvres d’art contemporain et de mobiliers médiévaux.
Membre de la Grande loge nationale française (depuis 1985), Fondateur de la Net Nobility (1991).
Coordonnées
Adresse(s) professionnelle(s) : Artprice.com Domaine de la Source, BP 69, 69270 Saint-Romain-auMont-d’Or.
Email(s) : tehrmann@servergroup.com. @artpricedotcom.
Assistant(e)
Assistant(e) : Sandra Béchiche 04 78 22 00 00, ceo@serveur.com.
Biographie mise à jour le 19/10/2018
Etat civil complet, vérifié auprès des bureaux d’état civil.
Diplômes vérifiés auprès des grandes écoles.
Les adresses privées et électroniques figurent uniquement dans notre édition papier.
PDF généré automatiquement le 19/10/2018
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Catégories : $PRC, Marché de l'Art, Non classé
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Sexualités alternatives : les limites du chacun pour soi
Par Maïa Mazaurette
La culture queer se diffuse, est mieux acceptée, et c’est tant mieux. Mais ne risque-t-elle pas d’y perdre son identité, interroge la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette.
Pas de plans particuliers pour cette fin de semaine ? Envie de vous encanailler un peu, parmi ces « gens bizarres » dont les nuits semblent plus belles que nos jours ? Pourquoi pas, mais dans les clubs gay, lesbiens, queer, trans, échangistes, sado-masochistes ou fétichistes, on a parfois du mal à tolérer les « hétéros de base ».
Jugez-en plutôt : « Les nouvelles marges [sexuelles] continuent d’accueillir un flux migratoire venu du centre mou de la société, à mesure que les mâles trentenaires blancs, empreints de leurs incessantes crises de la masculinité, s’invitent à des séminaires de masturbation collective sponsorisés et filmés par HBO. Des jeunes urbains professionnels et léthargiques, en mal d’expériences intenses, se rendent dans les clubs de vampire (…). Les téléphones roses, les plates-formes, les vidéos les plus bizarres sont marketés pour les individus lambda de la classe moyenne, avec leurs vies ennuyeuses et leurs corps anesthésiés. »
La citation est du performeur mexicain Guillermo Gomez-Peña (Culturas-in-Extremis: Performing Against The Cultural Backdrop of The Mainstream Bizarre). Même son de cloche chez la photographe américaine Catherine Opie, militante pour les droits LGBT+, dans un entretien datant de 2009 : « Je me rappelle quand mes amis de Los Angeles ont ouvert le Club Fuck. Nous avions finalement créé ce lieu gay vraiment cool et alternatif, pour nous-mêmes, où nous pouvions réaliser des performances en relation avec le SM ; et d’un coup tous les hétéros hipster branchouilles ont commencé à venir. Ils étaient comme une masse entièrement différente de gens juste venus regarder les pervers. C’était exactement ce qu’on essayait d’éviter. »
Vous en voulez encore ? Cette question de la récupération des marges par les normes est également posée par l’auteure, performeuse et chercheuse Wendy Delorme, dans un texte intitulé « Insurrections sexuelles… dix ans après » (revue Mouvements, automne 2019) : « Un vocabulaire de résistance qui passe à la télévision fera bientôt partie du langage commun. On peut s’en réjouir, ou bien déplorer la dilution des termes et des codes de la guérilla sémiotique queer dans les médiacultures, un peu comme un look punk peut se faire en une séance de shopping en centre commercial, depuis que H&M fait des bracelets à clous. »
Label cool
Ce discours implique à la fois une différence (la marge/la norme) et une hiérarchie (la marge > la norme). On peut se scandaliser, s’en prendre à ceux qui décrivent le phénomène plutôt que pointer le phénomène lui-même… Mais on peut aussi admettre que, dans le « ventre mou » décrit par Gomez-Peña, on est plutôt frileux en termes de réinvention des pratiques. D’ailleurs, si les hétéros s’incrustent dans des soirées hors normes, c’est bien qu’ils y trouvent quelque chose qu’ils ne trouvent pas ailleurs.
Les pratiques alternatives offrent en effet un cocktail irrésistible : la transgression (des normes de genre, de la pudeur, de la monogamie, etc.), mais sans risque. Vous êtes plus en sécurité en tenue d’Adam sur une croix de saint André en club « fist-fucking & petits-fours » que dans une bibliothèque municipale (méfiez-vous des bibliothécaires, ces gens-là lisent). Le facteur risque a encore décru depuis l’avènement d’Internet : il y a encore trente ans, le donjon de quartier restait mystérieux. Aujourd’hui, si M6 ne lui a pas déjà consacré douze reportages, on pourra se rattraper avec les critiques TripAdvisor ou les photos Google Maps. Après Bienvenue chez les ch’tis, c’est bienvenue chez les queers !
Les hétéros s’invitent donc, pour le frisson d’interdit ou pour accompagner leurs amis queer, pour jouer à se faire peur ou par engagement politique, pour enterrer leur vie de jeune fille ou pour participer (la frontière entre la marge et la norme est poreuse)… Certains sont des alliés. D’autres sont des voyeurs, parfois morbides (sur le modèle du tourisme noir). Quoi qu’il en soit, par leur simple présence numérique, ils diluent le queer.
« Safe space »
Le risque est aussi de voir ses codes « récupérés », vulgarisés et refacturés au prix de l’émeraude. La culture queer se consomme en effet en tee-shirts, en MP3 et en teintures capillaires, elle est pillée par la musique pop ou par l’art contemporain − quant aux pratiques autrefois considérées comme extrêmes, elles se retrouvent gélifiées en dosettes dans Fifty Shades of Grey. Cette diffusion est une bonne nouvelle : elle traduit, et produit, une plus grande acceptation. Mais elle nourrit aussi son lot d’exaspérations.
Par ailleurs, la bienveillance des « touristes sexuels » n’est pas garantie. Si l’entre-soi est aujourd’hui une préférence, ce mode de réunion a longtemps relevé de la survie : on cachait des identités et des orientations illégales. Le danger n’a pas disparu pour les trans, qui s’affichent en public à leurs risques et périls, mais aussi pour les marginaux « trop » visibles, sommés de se justifier en permanence. A l’inverse, en non-mixité, ils peuvent souffler et recréer une autre norme. D’où la qualification de « safe space ». A ce titre, voir des hétérosexuels se plaindre de n’être pas bienvenus a quelque chose d’obscène. Ces derniers sont à leur place absolument partout ailleurs − et n’incluent pas toujours volontiers celles et ceux qui ne rentrent pas dans le moule.
Le souci de sécurité peut même devenir une douloureuse réalité quand les « touristes » n’ont pas pris le temps de se renseigner : si vous appliquez les codes du Macumba de Champigny-sur-Orge en soirée BDSM ou échangiste, non seulement vous atomisez l’ambiance, mais vous générez des situations de violence et de harcèlement.
Tentation du repli
Forcément, la tentation du repli existe. Elle traverse les débats inclusion/exclusion dont on fait les polémiques du moment (langage non sexiste, représentation des minorités, sigles à rallonge comme LGBTQIA+, réunions non mixtes sans Blancs ou sans hommes, etc.). Nous tenons au vivre-ensemble. Et pourtant, les barrières sont partout : sélection à l’entrée, tarifs prohibitifs, dress-codes exigeants. Chez les queers comme au Macumba. L’exclusion des uns est-elle le prix à payer pour garantir l’inclusivité des autres ? Par quel curieux paradoxe pourrait-on demander à être pris en compte, mais à bonne distance ?
Et surtout, ne pourrait-on pas considérer que la curiosité est une passerelle, que les aventuriers d’un soir ressortiront de leur aventure plus tolérants − et que s’ils ont franchi la porte, c’est sans doute parce que leur adhésion à la normalité est négociable ? Le but est-il de rester dans la marge, ou de faire bouger la société ?
Hosannah ! nous n’avons pas à choisir. La marge et la norme existent dans une dynamique, traversée de jeux complexes de passages et d’emprunts. On peut être hétéro le jour et homo la nuit, queer le temps d’une expérience, se replier sur sa communauté le jeudi, sortir dans le vaste monde le vendredi − de même que, quand on appartient à la norme, on peut accepter de se voir retoquer cinq minutes à la marge. La complexité n’est pas le problème : elle est la solution. On peut vivre ensemble, mais garder une chambre à soi. Comme à la maison.








