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Jours tranquilles à Paris

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27 septembre 2019

Milo Moiré - bodypainting

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27 septembre 2019

Donald Trump

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27 septembre 2019

Festival de Toronto 2019 : des journalistes en héros de cinéma

Article de Jacky Goldberg 

L'homme de presse a été au centre de nombreux films de cette édition du pléthorique festival canadien. Souvent pour le meilleur, une fois pour le pire.

S’il est toujours illusoire de vouloir dresser une tendance par trop générale du festival de Toronto, où sont présentés chaque année assez de films pour occuper l’année entière d’un cinéphile assidu, ce cru 2019 restera tout de même, pour nous, comme le plus maussade de ces dernières années. La délégation américaine et son cortège de prestige movies, en particulier, n’a pas brillé, ce qui présage une saison des Oscars bien terne.

Dans cette gueguerre que se mènent les studios, notons que Netflix aligne cette année, enfin, de bons prétendants : Marriage Story de Noah Baumbach, Uncut Gems des frères Safdie (le meilleur film de cette édition et, espérons-le, un sésame pour Adam Sandler) et The Laundromat (et son immarcescible Meryl Streep) de Steven Soderbergh.

Pour l'amour des journalistes

Une thématique s’est cependant affirmée sous nos yeux, au fil des films, dessinant un étrange paradoxe : moins les journalistes semblent capables de peser dans les affaires du monde, laminés par une crise industrielle, affaiblis par la perte de confiance des citoyens, tourneboulés par la révolution de la data et des réseaux sociaux, ou encore, sur une note beaucoup plus anecdotique, ayant de plus en plus de peine à assister aux séances du festival qui nous occupe ici et plus le cinéma, dans un geste forcément romantique, se plaît à leur rendre hommage.

Nombreux furent ainsi les films, notamment américains, avec pour héros un.e journaliste ou dont le scénario était adapté d’un article (parfois les deux). Une tendance qui n’est certes pas neuve, mais qui s’accélère à mesure que les scénarios purement originaux se raréfient.

Quatre réussites et une catastrophe

Il y a d’abord, naturellement, le journaliste qui dénonce, celui qui enquête ou qui relaie le lanceur d’alerte. Celui-ci est apparu dans deux films filous, Bad Education de Cory Finley et The Laundromat, qui auscultent tous deux avec humour la corruption — d’un proviseur de lycée bourgeois débusqué par une élève pour le premier ; de l’économie mondiale dans son ensemble pour le second (à partir du scandale des Panama Papers).

Sans qu’il s’agisse stricto sensu de journalistes, The Report de Scott Z. Burns (par ailleurs scénariste de The Laundromat) détaille l’enquête d’un fonctionnaire du Sénat pour mettre au jour les pratiques de torture de la CIA dans les guerres du Moyen-Orient.

L’autre cas est le journaliste de proximité, celui qui se charge de révéler les “héros du quotidien”, pour le pire et pour le meilleur.

27 septembre 2019

Miss Tic

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27 septembre 2019

Catherine Deneuve et Serge Gainsbourg

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27 septembre 2019

Eyes Wide Shut” à 20 ans : retour sur un film aux mystères insondables

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PAR Thierry Jousse 

Peu s'en souviennent, mais le dernier film (posthume) de Stanley Kubrick avait été assez mal accueilli à sa sortie. Mais avec le temps, Eyes Wide Shut a été reconnu comme un chef-d’œuvre aux mystères intacts et à la complexité folle.

Si aujourd’hui, il est évident, pour la plupart des cinéphiles, qu’Eyes Wide Shut est un grand film qui vaut autant, sinon plus, qu’Orange Mécanique ou que Barry Lyndon, il n’en a pas toujours été ainsi. Souvenons-nous : il y a 20 ans, Eyes Wide Shut, dernier film de Stanley Kubrick, débarquait dans les salles françaises et, le moins qu’on puisse dire, c’est que l’accueil qu’il reçut, à l’époque, ne fut pas unanime, loin de là.

Un accueil très mitigé

Pour comprendre cette réception légèrement mitigée, il faut se souvenir qu’à l’époque, Kubrick n’avait plus donné de nouvelles depuis 12 ans (Full Metal Jacket, 1987) et qu’il avait eu, en plus, le mauvais goût de mourir avant la sortie de son film, dont la rumeur disait d’ailleurs qu’il n’était pas tout à fait terminé. Dès l’annonce du projet, trois ans avant, la fièvre s’était emparée de la planète Kubrick et, jamais peut-être dans l’histoire du cinéma, un film n’avait été aussi attendu par les nombreux fans de son auteur. Attente intensément renforcée par la présence au casting du couple le plus glamour et le plus controversé de son époque, Tom Cruise et Nicole Kidman, encore époux légitimes en cette époque lointaine.

Si vous voulez avoir une petite idée de la déception provoquée par le film chez certains cinéphiles, il vous suffit de vous reporter à l’article publié par l’écrivain et journaliste Philippe Garnier dans Libération, en juillet 1999, c’est-à-dire quelques semaines avant la sortie française d’Eyes Wide Shut. Garnier, manifestement très peu convaincu par l’ultime opus kubrickien, y égrène, tout au long du texte, ses nombreuses réserves : érotisme soft et vieillot, casting désastreux, adaptation édulcorée de la nouvelle de Schnitzler qui servit de base au film, conclusion décourageante et frileuse, le tout pour "un film plus largué que crépusculaire". Même si le texte est loin de refléter la totalité de l’accueil critique, il dit bien la méfiance qu’avait pu susciter le dernier Kubrick à l’époque.

La réhabilitation

20 ans plus tard, toutes les réserves émises par Philippe Garnier sont maintenant à porter au crédit d’Eyes Wide Shut. Son érotisme froid est d’une logique implacable et sert la cause fantasmatique du récit, le casting est devenu un atout absolu et le film un document sur le couple Kidman-Cruise dans sa phase déclinante, l’adaptation de la nouvelle de Schnitzler est louée comme un modèle de transposition et la conclusion apparaît comme une fin qui boucle admirablement cette trajectoire complètement mentale.

Modernité cinématographique

Car, en effet, Eyes Wide Shut reste un objet fascinant qui s’est même bonifié avec le temps. Une œuvre mystérieuse et intime, entièrement sous le signe du fantasme, qui réalise une fusion immédiate entre projection mentale et réalité physique. Mais également une sorte de relecture de certains motifs du cinéma moderne – émission de signes opaques et ouverts à une interprétation qui se dérobe sans cesse, exploration de l’irréductible coupure entre les sexes sous le signe de l’ignorance de la jouissance de l’autre, humour kafkaïen et ironie bunuélienne – réinvestis dans une fiction hitchcockienne et labyrinthique (à la Vertigo).

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Un film hors du temps

Par ailleurs, tous les éléments qui pouvaient être qualifiés par certains, en 1999, d’un peu vieillots, ou même de réactionnaires – les lois intangibles du mariage et de la fidélité conjugale, la terreur du personnage de Tom Cruise face à ses fantasmes sexuels, l’absence de passage à l’acte… – sont devenus les signes d’une forme d’intemporalité, comme si l’ambition du récit se situait dans un hors temps, en forme de dépassement de l’éternel conflit, rendu artificiel par le geste de Kubrick, entre classicisme et modernité.

Théories complotistes

Plus encore, il est passionnant de constater que le mystère distillé par le film, loin de s’être dissipé, s’est peut-être encore épaissi. Ou plutôt qu’il a pris une autre dimension tant les théories du complot, qui infusent le film de Kubrick, sont infiniment plus répandues aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a 20 ans. L’étrange aventure vécue par le personnage de Tom Cruise suscite chez nous spectateurs une série de questions que jamais nous ne parvenons à résoudre totalement. Les menaces qui pèsent sur le personnage sont-elles réelles ou imaginaires ? Que s’est-il exactement passé dans l’orgie à laquelle il a eu accès ? Y a-t-il une société secrète derrière tout cela ? Rien ne permet de répondre avec certitude à ces questions. Et ce n’est pas le discours tenu par Ziegler (Sidney Pollack), dans l’avant-dernière séquence du film, qui pourra nous aider à démêler le vrai du faux. Bien au contraire. Tout, dans Eyes Wide Shut, reste ouvert à l’interprétation, à un principe d’incertitude, y compris les rêves et fantasmes du personnage de Nicole Kidman. Voilà ce qui rend, aujourd’hui et sans doute pour très longtemps, le dernier film de Kubrick fascinant et indépassable.

27 septembre 2019

Jacques Chirac à la une de la presse, ce matin...

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27 septembre 2019

Jacques Chirac

ALERTE-Chirac: « Le président Chirac incarna une certaine idée de la France (...) Une France indépendante et fière (...) le président Chirac incarna une certaine idée du monde » (Emmanuel Macron)

Intervenant dans une allocution solennelle radio-télévisée depuis le palais de l’Elysée, Emmanuel Macron a rendu hommage à Jacques Chirac : « Nous perdons un homme d’Etat que nous aimions autant qu’il nous aimait ».

« Jacques Chirac était un grand Français, libre » a affirmé le président de la République, rappelant auparavant qu’il « incarna une certaine idée de la France » et « une certaine idée du monde ». « Jacques Chirac était un destin français » , « il portait en lui l’amour de la France et des Français » a dit encore Emmanuel Macron. 

« Nous avons ce soir pour Jacques Chirac de la reconnaissance » a souligné le chef de l’Etat. Puis Emmanuel Macron a confirmé une journée de deuil national lundi 30 septembre, journée qui sera marquée par une cérémonie à midi.

26 septembre 2019

Jacques Chirac

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26 septembre 2019

La lettre politique de Laurent Joffrin - Chirac, la gauche dans la droite

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En apparence, tout le monde connaissait Chirac. Personne en fait. L’homme politique le plus célèbre de France, qui recueille à sa mort des hommages émus, qui suscite, lui qui n’était pas un tendre, une sorte de tendresse nationale, restait un mystère pour l’opinion, pour ses pairs et pour les commentateurs.

C’était un lutteur aux failles secrètes, un élu cynique mais chaleureux, un sabreur pétri d’humanité, dont le masque rugueux de raide combattant cachait un détachement philosophique et une sollicitude que les Français avaient fini par comprendre, pour lui accorder, après la bataille, une popularité complice. Il y avait là une part de comédie. «On croit que c’est un homme gentil et pas très intelligent, disait un adversaire, en fait c’est tout le contraire.» Un oxymore sur longues jambes, avec sa part d’humanité qui a fini par dominer cette figure d’ambitieux sans état d’âme, de président énergique et aboulique à la fois.

Son bilan est mince en regard des enjeux du pays. Quelques réformes, une navigation à la godille pour faire franchir au pays le cap du millénaire, une présidence défensive, qui tente de maintenir l’unité française, qui voit le chômage progresser inexorablement, qui accompagne la lente désagrégation européenne et s’essaie à faire bonne figure sur la scène internationale. Le candidat infatigable dans l’assaut devient au pouvoir un chef d’Etat prudent, louvoyant, parfois léthargique, embringué dans les affaires et seulement protégé par son statut, qui se méfie par expérience des sautes d’humeur de l’opinion.

La clé de ce mystère est peut-être dans ses convictions politiques, parfaitement contradictoires, énigmatiques au bout du compte : il restera dans l’histoire comme un homme de droite dont les gestes les plus forts ont été ceux qui plaisaient à la gauche. Comme si ce conservateur souvent agressif trouvait sa vérité dans les symboles du camp adverse, comme si cet anti-soixante-huitard avait mieux compris que d’autres la mentalité progressiste.

A côté de mesures solidement de droite, Chirac a voté l’abolition de la peine de mort, soutenu Simone Veil dans la bataille de l’IVG, refusé toute alliance avec le FN, dénoncé l’intolérance et le racisme du parti d’extrême droite, reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs, alerté l’opinion mondiale contre les dangers du réchauffement climatique, introduit dans la Constitution le principe de précaution, refusé au grand dam des Etats-Unis la folle guerre d’Irak. Chirac avait commencé sa vie de citoyen à gauche, quand il était étudiant. Il a suivi les rails du conservatisme le reste de sa vie, mais peut-être en gardait-il un regret intérieur. Ou encore, au-delà des calculs électoraux, son détachement de passionné d’antiquités l’a-t-il affranchi des conventions de son camp.

LAURENT JOFFRIN

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