Balade en photos à La Gacilly
Les rues de La Gacilly (56) deviennent un musée à ciel ouvert dans le cadre du Festival Photo La Gacilly. Cette nouvelle édition a pour thème « Viva Latina ! » pour un hommage vibrant à l’Amérique du Sud. Les artistes brésiliens y figurent en bonne place, comme Luisa Dörr. Elle place les femmes au cœur de son travail, qu’elles soient de Bolivie ou de Valence en Espagne. Le 26 août prochain, une visite-jeu fera découvrir de façon ludique les différentes galeries, avec des défis liés aux différents métiers ayant permis la tenue du festival. Jusqu’au 31 octobre. Gratuit. En extérieur. Port du masque obligatoire. 02 99 08 68 00. Le 26 août, visite-jeu : 5 €. 6-18 ans : 4 €. Réservation au 02 99 08 68 00
Erdeven - Soirée chants de marins. (hier)
Le jeudi 20 août de 20 h 30 à 22 h • place commerciale de Kerhillio. Avec Spontaillou Laisse de Mer, embarquez pour une soirée au gré des flots. Découvrez les chants de labeur et les merveilles de la mer… Concert assis. Masque obligatoire. Amenez ses chaises et tables pour plus de confort. Gardez les distances nécessaires entre les groupes. Gratuit.
Hong Kong - Jimmy Lai, le sacrifice d’un milliardaire pour la liberté de la presse
APPLE DAILY (HONG KONG)
L’une des premières cibles de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong aura été la presse : le 10 août, le patron du principal journal d’opposition, Apple Daily, a été arrêté, avant d’être libéré sous caution. Cet écrivain lui manifeste son admiration et son soutien.
Avant-hier soir, un ami du continent m’a envoyé un message composé de deux captures d’écran. La première concernait l’événement du jour, qui a ébranlé Hong Kong, et dont la nouvelle s’est répercutée dans le monde entier [l’arrestation de Jimmy Lai].
La seconde citait les paroles du protagoniste de cette affaire – “Je suis arrivé à Hong Kong les mains vides. Tout ce que je possède, je le dois à la liberté dont j’ai bénéficié à Hong Kong. Aujourd’hui, j’en éprouve une profonde gratitude, et je suis prêt à donner ma vie pour cette liberté” –, avant que l’auteur du message ne me fasse part de son propre sentiment : “Il faut que chacun d’entre nous défende la liberté ! Toute ma gratitude à notre courageux compatriote qui se bat en première ligne de manière si désintéressée.”
L’ami qui m’a envoyé ce message n’a rien écrit, il a juste ajouté un émoji “pouce levé”.
Les phrases célèbres sur le thème de la vie et de la liberté sont innombrables. Beaucoup de gens se souviennent des paroles de l’homme d’État américain Patrick Henry (1736-1799) “Donnez-moi la liberté ou donnez-moi la mort !” de même que ce vers du poète hongrois Sándor Petofi (1823-1849) :
La vie est précieuse, assurément, et l’amour vaut plus encore. Mais pour la liberté, je suis prêt à renoncer à l’une comme à l’autre.”
La voie du sacrifice
Si tout le monde est capable de clamer haut et fort ces belles idées, la vie réelle nous met le plus souvent en présence de situations inverses : sans même parler de ceux qui, plutôt que de mourir, préfèrent sacrifier leur liberté, beaucoup renoncent à vivre librement non pas pour sauver leur peau, mais simplement pour un peu d’argent ou de pouvoir, autant de choses qu’ils n’emporteront pas dans leur tombe.
Cependant, quand Jimmy Lai dit “Tout ce que je possède, je le dois à la liberté dont j’ai bénéficié à Hong Kong”, comment ne pas voir que ses propos sont empreints de sincérité ? Tout ce qu’il possède, il l’a acquis en évoluant, tel un poisson dans l’eau, dans une société où régnait la liberté, après avoir vécu dans une société asservie. La gratitude qu’il éprouve à l’égard de cette liberté qu’il chérit plus encore que l’existence et l’esprit de martyr qui le pousse à la défendre au prix de sa propre vie ne sont pas difficiles à comprendre.
Le terme “martyr” est souvent utilisé pour désigner une personne persécutée en raison de ses convictions religieuses. Mais cette “voie du sacrifice” [sens littéral du terme “martyr” en chinois] peut tout aussi bien se comprendre dans le sens d’une volonté de suivre la “voie du Ciel”, non pas d’un point de vue religieux mais philosophique : s’appliquer à distinguer le vrai du faux, chercher à se mettre en accord avec le principe fondamental des choses, tel les érudits confucéens qui s’inscrivent dans la continuité d’une “transmission de la voie”, génération après génération. Tout au long de ces douze derniers mois, au nom de la liberté, d’innombrables personnes ont choisi la voie du sacrifice à Hong Kong.
[Tout comme Jimmy Lai], je suis arrivé à Hong Kong à l’âge de 12 ans, mais sans avoir vécu auparavant dans une société asservie. Toutefois, c’est aussi les mains vides que j’ai débarqué dans cette ville où régnait la liberté d’expression, avant d’y obtenir quelques succès. Si je m’étais lancé dans une carrière d’écrivain sous un régime autoritaire, je n’ose imaginer ce qu’il me serait arrivé. Tous ceux qui ont pu récolter le fruit de leurs efforts dans un monde où règne la liberté devraient en éprouver de la gratitude.
Jimmy Lai est fermement attaché au concept de la Grande Chine [idée d’unité culturelle et de communauté d’intérêts des territoires de population chinoise]. Il s’oppose aux localistes [mouvement d’opposition à Pékin apparu dans le sillage de la “révolte des parapluies” de 2014] et il est contre l’indépendance de Hong Kong. Dans son soutien au camp prodémocratie, il a accusé à plusieurs reprises certaines figures du mouvement localiste d’être des taupes du Parti communiste, sans pouvoir le prouver. Je ne me sens pas en accord avec bon nombre de ses opinions. Mais comment ne pas ressentir pour lui un profond respect quand on le voit prêt à mourir en martyr pour défendre la liberté de la presse, précieuse entre toutes ?
Par ailleurs, on lui a constamment cherché noise alors même qu’il défend le principe “un pays, deux systèmes”. Cela montre bien que la nouvelle loi sur la sécurité nationale à Hong Kong [promulguée par Pékin le 30 juin 2020] n’a pas été adoptée pour freiner l’aspiration du territoire à l’indépendance ou au séparatisme : il est clair qu’elle est au service d’une répression du droit à la liberté des Hongkongais.
L’énergie viscérale des Hongkongais
Si bon nombre de jeunes Hongkongais sont en désaccord avec les opinions de Jimmy Lai, voire avec certaines de ses actions, tous voient aujourd’hui ce milliardaire tout risquer au mépris de son propre sort, mettre en danger ses proches, adopter un esprit de martyr, et ce pour protéger des médias fragilisés par les attaques du Parti communiste chinois et de ses représentants à Hong Kong. En s’en prenant à lui en même temps qu’à ses proches, ce système n’a fait que provoquer l’indignation de toutes celles et tous ceux qui aiment Hong Kong et chérissent la liberté.
Ces deux derniers jours, il s’est produit à Hong Kong deux choses incroyables : d’abord la folle envolée du cours de l’action du groupe de presse de Jimmy Lai, Next Digital. L’arrestation des plus hauts dirigeants d’entreprises est habituellement suivie d’une chute en Bourse. Pourtant, la valeur de l’action de Next Digital est bien passée en deux jours de 0,09 à 1,1 dollar de Hong Kong [10 centimes d’euros] hier à la clôture, le volume des échanges étant passé de son côté d’un peu plus de 20 millions à 4 milliards 265 millions de dollars de Hong Kong.
Au cours de ces deux journées, la valeur de l’action a été multipliée par 20 au plus fort de sa hausse. Selon certaines informations, 73 % de ces transactions ont été effectuées par de petits investisseurs, chacun d’entre eux ayant acheté un ou deux lots d’actions. Selon l’agence de presse Bloomberg, tout cela montre que les soutiens de la démocratie à Hong Kong sont en train de faire usage d’une nouvelle arme de protestation : leurs comptes de courtage.
L’autre chose incroyable, c’est le volume des ventes d’Apple Daily le 11 août : le journal a été tiré à 550 000 exemplaires contre 70 000 d’ordinaire. Sur Internet a circulé une photo montrant une pile d’Apple Daily du jour devant la porte d’une supérette Seven Eleven, portant la note : “Déjà payé ! Servez-vous !”
Tel est l’esprit de Hong Kong, telle est son énergie : la violence ne fait qu’exacerber chez le peuple le désir de sauver ce qui est menacé de destruction. Depuis le mouvement d’opposition au projet de loi sur l’extradition vers la Chine [en juin 2019], les Hongkongais ont montré à de nombreuses reprises leur attachement viscéral à la liberté, et à chaque fois ils l’ont fait en incarnant ce même esprit de martyr.
L’écrivaine taïwanaise Joyce Yen a écrit avant-hier sur Facebook :
Quand je vois combien Jimmy Lai a attiré l’attention des médias étrangers, et surtout quand je vois son air intrépide sur les photos, je pense qu’il a de grandes chances de remporter le prochain prix Nobel de la paix. Ce serait un signal important envoyé aux médias du monde entier.”
Jusqu’à récemment encore, il me semble que bien des jeunes de Hong Kong n’auraient pas approuvé que le prix Nobel de la paix soit remis à Jimmy Lai. Mais désormais, en raison de la véhémence du Parti communiste chinois et de ses représentants à Hong Kong, il se peut qu’ils considèrent qu’il le mérite.
Lee Yee
Harold Hermann : A Corps écrits
Arles 2020 au jour le jour par Thierry Maindrault
Il règne une drôle d’ambiance dans la cave numéro un, en sous sol, de La Place de la Photographie. Les tirages photographiques s’alignent parfaitement de chaque coté de la voûte. Le tempo est donné rien ne peut plus vous distraire. L’ensemble est homogène dans son traitement créatif et technique, il n’y a pas une fausse note.
Malgré vous, vous êtes entrés dans une histoire, vous êtes prisonniers de l’atmosphère, vous êtes devenus des témoins passifs mais présents. C’est délicat, c’est pictural, c’est romanesque, vous êtes ensorcelés jusqu’à la dernière image (n’était ce pas la première, de ce film statique sans fin ?), sans jamais tomber dans le voyeurisme ou dans la vulgarité. Je remonte l’escalier et le rêve s’estompe lentement comme un réveil d’anesthésie.
Cela s’explique car Harold Hermann possède une double casquette, il jongle entre son activité d’anesthésiste réanimateur et ses passions photographiques. Son dévouement médical, en région parisienne, l’a particulièrement occupé depuis le début de la vague épidémique de cette année. Pourtant, ses mises en scène figées dans des clairs obscurs aux couleurs délicates sont arrivées à terme, dans les délais, pour nous envoûter.
La Place des Photographes
1 bis rue Réattu 13200 Arles
exposition jusqu’au 29 août 2020
11h00 à 20h00 fermé le lundi
www.laplacedesphotographes.com
Masque obligatoire au festival de Venise.
Ce sera le premier grand festival de cinéma à se tenir depuis le début de la pandémie. La 77e Mostra aura lieu du 2 au 12 septembre. Les organisateurs ont présenté le protocole sanitaire en vigueur durant l’événement. Le site Bestmovie a présenté quelques-unes des mesures à respecter. L’accès au Lido ne sera pas autorisé en cas de température supérieure à 37,5 degrés et les spectateurs auront accès à du gel hydroalcoolique dans tous les espaces du festival. Des spectateurs qui devront porter un masque durant les projections dans des salles au nombre de places réduit. Ils ne pourront acheter leur billet qu’en ligne pour éviter les files d’attente sur le site, précise Bestmovie. Les artistes présents marcheront bien sur le traditionnel tapis rouge mais ils devront respecter la distanciation sociale.
Soupçon d’empoisonnement de l’opposant russe Navalny
L’opposant russe Alexeï Navalny a été placé, jeudi, en réanimation dans un état grave dans un hôpital en Sibérie, après s’être senti mal, son entourage criant à l’empoisonnement.
Selon sa porte-parole, Kira Iarmych, l’avion dans lequel voyageait le principal opposant au Kremlin se rendait de Tomsk à Moscou, lorsqu’il a dû effectuer un atterrissage d’urgence en raison de la dégradation subite de son état de santé. « Je suis sûr que c’était un empoisonnement intentionnel », a-t-elle déclaré à la radio Echo de Moscou.
L’opposant de 44 ans se trouve en réanimation au service de toxicologie de l’hôpital d’Omsk, a indiqué l’agence de presse publique Tass. « Alexeï est toujours inconscient, il est connecté à un respirateur artificiel. L’hôpital a appelé la police à notre demande », a précisé Mme Iarmych sur Twitter. « Nous pensons qu’Alexeï a été empoisonné avec quelque chose mélangé à son thé qu’il a bu à l’aéroport. Il n’a rien bu d’autre ce matin. Tout de suite après le décollage, il a perdu conscience », a-t-elle précisé. Anatoli Kalinitchenko, le vice-directeur de l’hôpital des urgences a, quant à lui, affirmé qu’il était trop tôt pour confirmer la thèse de l’empoisonnement.
« Qu’il ait donné l’ordre personnellement ou pas, la responsabilité repose sur lui », a dénoncé Mme Iarmych, pointant du doigt le président Vladimir Poutine. Par la voix de son porte-parole, Dmitri Peskov, le Kremlin a dit souhaiter à Alexeï Navalny, « comme à n’importe quel citoyen russe », un « prompt rétablissement ». Il a également assuré que le Kremlin était prêt à apporter son aide pour que l’opposant soit transféré à l’étranger.
L’ONG allemande de défense des Droits de l’Homme Cinema for Peace, a annoncé, jeudi soir, être en train de tenter de faire hospitaliser en Allemagne Alexeï Navalny. Emmanuel Macron a déclaré que « Toute la clarté devra être faite », tandis qu’Angela Merkel, qu’il rencontrait jeudi à Brégançon, a précisé que « Navalny pourra recevoir toute aide médicale en France ou en Allemagne ».
Déjà empoisonné en juillet 2019 ?
Principal opposant du Kremlin, dont les publications dénonçant la corruption des élites russes sont abondamment partagées sur les réseaux sociaux, Alexeï Navalny a déjà été victime d’attaques physiques par le passé. En 2017, il avait notamment été aspergé de produit antiseptique dans les yeux à la sortie de son bureau à Moscou.
En juillet 2019, tandis qu’il purgeait une courte peine de prison, il avait été traité à l’hôpital après avoir soudainement souffert d’abcès sur le haut du corps, dénonçant un empoisonnement alors que les autorités évoquaient une « réaction allergique » et avaient assuré n’avoir retrouvé « aucune substance toxique ».
















