Il y a 50 ans : MAI 68
Le 6 mai 1968 par Georges Melet. En 1968, un tiers des Français a moins de 20 ans. Nourris aux yéyés, politiquement engagés, libérés de papa et maman… les baby-boomers sortent de l’ombre et revendiquent le droit d’exister. Portrait contrasté d'une génération au travers de trois jeunesses françaises à l’orée des années 1960, trois fragments de vie avant la notoriété, trois trajectoires divergentes: Marlène Jobert, 18 ans en 1958 ; enfance en Algérie, adolescence à Dijon, une vie très ordinaire en HLM, mais l’école quittée dès la sixième. Arlette Laguiller est née la même année, 1940, mais l’enfance est plus rude : on vit à cinq dans une pièce mal chauffée en banlieue de Paris, et à tout juste 16 ans, il faudra trouver un emploi pour ramener un salaire à la maison. Le plus chanceux à la loterie de la vie, Le futur cinéaste Alain Fleischer est né dans les beaux quartiers de Paris, en 1944. Adolescent, il pratique le sport à haute dose, et bientôt sillonnera la capitale pour assouvir son amour des films de répertoire dans les salles de Pigalle et du Quartier latin. Retrouvez dans le dernier numéro de Télérama consacré à la décennie 1958-1968 et sur telerama.fr, les dix ans qui ébranlèrent la France, comment chacun d'entre eux à traversé ces dix ans qui ébranlèrent la France par Emmanuel Tellier. ©Georges Melet/Paris Match/Scoop #mai68 #GeorgesMelet #1968 @parismatch_vintage #ParisMatch
Smovengo présente ses mesures d’urgence pour sortir de la crise du nouveau Vélib’
De multiples dysfonctionnements techniques et la grève qui affecte l’opérateur depuis la mi-avril entravent le déploiement du nouveau système de vélos.
Sortir de la crise du déploiement du nouveau Vélib’ à Paris. L’opérateur Smovengo a présenté, jeudi 3 mai, son « plan d’urgence », avec le remplacement de « 3 000 vélos bloqués » en station et le retrait temporaire des vélos électriques.
« La situation est mauvaise, elle n’est pas acceptable », a reconnu Jorge Azevedo, directeur général de Smovengo, l’entreprise qui a succédé à JCDecaux. Pour justifier les retards successifs, il a invoqué à la fois « un planning très serré » pour un « projet ambitieux », des problèmes techniques et le mouvement de grève qui touche l’opérateur depuis la mi-avril.
« On a mis en place trois plans de sortie de crise », a détaillé le responsable de l’opérateur lors d’une conférence de presse. Première étape, « le remplacement des vélos bloqués en station » d’ici au 8 mai. Ils sont « environ 3 000 », selon M. Azevedo, qui a cependant précisé qu’il s’agissait encore d’une estimation et qu’il pouvait y en avoir plus ; « 2 000 » d’entre eux auraient déjà été remplacés, selon le directeur général.
Deuxième engagement de l’opérateur pour le 8 mai : « Le remplacement de 400 stations sous batterie », ces dispositifs destinés à palier les problèmes d’électrification des bornes, mais qui sont eux-mêmes peu fiables. Smovengo va d’ailleurs cesser d’ouvrir des stations fonctionnant sur batterie tout en maintenant le parc actuel.
Retrait temporaire des vélos électriques
Autre annonce phare, le « retrait temporaire des vélos électriques », trop souvent inutilisables à cause des problèmes d’électrification des bornes. Ces vélos, principal changement par rapport à la flotte de JC Decaux, seront progressivement réintroduits, selon Smovengo, à partir du moment où « l’ensemble des stations mises en service » seront « totalement électrifiées ».
Le système « Park + », qui permettait de garer son vélo dans une station déjà pleine, mais trop complexe, sera lui aussi suspendu pour éviter l’engorgement des stations. L’entreprise prestataire assure également qu’elle va doubler les effectifs de son centre d’appel.
Smovengo s’engage par ailleurs à atteindre les « 800 stations » installées, dont « 80 % électrifiées », pour la fin juin au plus tard, contre environ 670 stations en place aujourd’hui (dont 400 fonctionnant sur batterie).
L’objectif affiché est de retrouver une fréquence de courses quotidiennes équivalant à celle du début d’avril, 30 000 selon l’opérateur, contre « moins de 10 000 » aujourd’hui. Le déploiement final des 1 400 stations est, quant à lui, remis à plus tard, « une fois le fonctionnement du service stabilisé ».
Selon Smovengo, environ 9 000 vélos sont déployés aujourd’hui, dont au moins 3 000 à remplacer, et environ 20 % de vélos électriques qui sont donc eux aussi amenés à être remplacés.
BENEDETTA
Le nouveau titre du film de Paul Verhoeven est BENEDETTA (il remplace SAINTE VIERGE). Il s'agit de l'adaptation d'une histoire vraie, celle de Benedetta Carlini, qui était sur le point d'être béatifiée au début du 17ème siècle quand elle fut arrêtée et jugée pour homosexualité. pic.twitter.com/GN8x7vlYHu
— Saïd Ben Saïd (@saidbensaid66) 4 mai 2018
* béatifiée et non canonisée
Save the date - Galerie Lelia Mordoch
leliamordochgallery“Luchrones”, la prochaine exposition de #Alainleboucher au 50 rue Mazarine, a Paris du 18 Mai au 13 Juillet —> des oeuvres lumineuses, aux programmations poétiques —> Galerie Lélia Mordoch, since 1989, du cinétique a l’art digital avec une pointe d’éclectisme // Paris, Miami //
Critique : « Senses » : un quatuor de femmes aux vies désaccordées
Par Mathieu Macheret - Le Monde
Le cinéaste Ryusuke Hamaguchi a découpé en cinq volets son film « Happy Hour », tableau acide de la société japonaise.
L’AVIS DU MONDE : CHEF D’ŒUVRE
Senses, première œuvre distribuée en France du Japonais Ryusuke Hamaguchi, né en 1978, auteur d’une petite dizaine de films inédits, l’est sous la forme d’un feuilleton en cinq épisodes, rassemblés en trois programmes (Senses 1 & 2, Senses 3 & 4, Senses 5), aux sorties échelonnées entre le 2 et le 16 mai.
Sous ce traitement d’exception se trouve pourtant, au départ, un long-métrage de plus de cinq heures, Happy Hour, présenté en 2015 au Festival de Locarno (Suisse) – où ses quatre comédiennes reçurent un prix d’interprétation.
Durée d’exploitation inhabituelle qui explique le pari de la segmenter, afin d’ouvrir au film plus de fenêtres de programmation. Moins justifiée semble l’accroche quelque peu opportuniste ornant l’opération : « La première série au cinéma ». D’abord parce que le concept remonte au moins au cinéma muet et à ses serials (premiers films à épisodes des années 1910). Enfin, parce que le label « série » fait passer pour une expérience ce qui n’est jamais qu’un conditionnement, et ne dit rien, ou peu, du film en lui-même.
Atelier d’improvisation
Cela posé, venons-en à l’essentiel : Senses est une véritable merveille, une fresque chorale d’une beauté et d’une profondeur confondantes, dépeignant de sublimes portraits de femmes au quotidien, et à travers elles, le paysage étendu d’une certaine désaffection contemporaine. Il entretient, à ce titre, bon nombre d’affinités avec le magnifique Certaines femmes (2016), de l’Américaine Kelly Reichardt, qui reliait aussi l’affect féminin, saisi dans sa pluralité, au sentiment d’abandon et de déshérence propre à nos sociétés modernes.
De plus, Senses est issu d’une expérience, dont il tire à la fois son format hors norme et sa forte empreinte réaliste : celle d’un atelier d’improvisation, dont les participants amateurs se sont retrouvés acteurs et actrices du film, et ont inspiré eux-mêmes l’écriture du scénario. Le temps long de la fiction est donc non seulement celui de l’apparition, mais aussi de la concrétisation des personnages, se gonflant dans la durée d’une pluralité de dimensions intimes, sensibles, relationnelles, (dés)amoureuses, caractérielles.
HAMAGUCHI OBSERVE LA TECTONIQUE DES SENTIMENTS ET DES STRUCTURES SOCIALES INVISIBLES, MAIS AUSSI CE QUI SE RÉVEILLE, SE RÉVOLTE EN L’INDIVIDU
Quatre femmes, donc, quatre amies de Kobé, approchant la quarantaine – dangereux point de bascule existentielle –, se retrouvent régulièrement pour des sorties. Dès la première scène, réunies pour un pique-nique, elles scrutent la ville recouverte d’un épais brouillard, qui ressemble à leurs vies : obstruée, sans perspective, sans horizon.
On plonge, ensuite, dans chacune de ces vies, dans ce qui n’y tourne plus rond et s’appelle souvent « conjugalité ». Sakurako, mère au foyer, mendie ses sorties auprès d’un mari sacrifiant tout à son emploi. Akari, aide-soignante divorcée, vit seule et perd le sens de son travail. Fumi, curatrice d’un centre d’art, est mariée à un éditeur froid et calculateur. Et Jun, en pleine instance de divorce, prend la tangente et disparaît brutalement, lors d’un week-end entre amies. Disparition qui marque le tournant du film et dont la secousse entraîne une série de glissements, de recompositions, dans les existences hébétées des amies restantes.
Miroir tendu aux hommes
Le temps du film est donc celui – un instant, une éternité – que prend une vie pour sortir des habitudes, des modèles dominants, d’un imaginaire social usé. Hamaguchi observe avec une attention infinie, ainsi qu’une adhérence sidérante à l’étoffe humaine de ses personnages, la tectonique des sentiments et des structures sociales invisibles, mais aussi ce qui se réveille, se révolte en l’individu. Sa mise en scène, épurée sans sécheresse, précise sans surplomb, impavide sans mollesse, repose sur les changements d’axe, rythmant les échanges et les écoutes, redéfinissant en permanence les rapports et positions de chacun.
Bien sûr, son quatuor de femmes, saisies à ce moment où la jeunesse altérée n’est plus un levier, brocarde le foyer traditionnel comme le siège d’une inégalité ancrée au cœur de la société japonaise, un archaïsme irréductible que la modernité n’a pas suffi à balayer.
Quatuor qui tend aussi un miroir aux hommes, aux normes qu’ils incarnent, aux codes qu’ils perpétuent. Le récit, dans sa progression imperturbable, pousse ses héroïnes vers une sortie de piste, hors des mythes sociaux qui génèrent autant d’illusions et d’usure. Sortie qui traverse une série de luminosités fluctuantes – aubes rosies, contre-jours contrastés, pénombres épaisses, nuits artificielles – comme un tunnel de sentiments mêlés.
SONDER LES PLUS INFIMES MOUVEMENTS DE L’EXISTENCE
Senses est principalement fait d’échanges, de réunions, de repas, en somme de conversations, et culmine lors de deux scènes extraordinaires, dans lesquelles on s’engouffre comme en apnée : un atelier au cours duquel un jeune artiste invite les participants à se toucher, à entrer en contact ; puis la lecture publique d’une romancière, dont le récit sensitif se superpose peu à peu à celui du film.
Scènes anodines en surface, mais où les enjeux se nouent en profondeur, en un cosmos étourdissant de trajectoires croisées, de non-dits, de gestes esquissés et de souffles suspendus. On touche alors du doigt le projet de Hamaguchi : sonder les plus infimes mouvements de l’existence, cette intériorité inaccessible des personnages, où se dessine, à chaque seconde, le pacte décisif qui lie l’individu à la société. Un pacte personnel, émotionnel, sensuel et politique. Une position dans le monde.
« Senses », film japonais de Ryusuke Hamaguchi. Avec Sachie Tanaka, Hazuki Kikuchi, Rira Kawamura, Maiko Mihara (2 h 20, 1 h 25, 1 h 15). Unifrance.org/art-house-films





































