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Jours tranquilles à Paris

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24 juin 2020

Molières 2020 : une cérémonie plombée par le Covid-19 qui récompense Simon Abkarian et Christian Hecq

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Par Sandrine Blanchard - Le Monde

La 32e édition, préenregistrée sur deux jours, a vu triompher « Electre des bas-fonds » de Simon Abkarian avec trois Molières et « La mouche » de Valérie Lesort et Christian Hecq, aussi saluée par trois statuettes.

La 32e Nuit des Molières devait être, selon ses organisateurs, une soirée « pour réveiller » le monde du théâtre, un « message d’espoir » pour un secteur à l’arrêt depuis le 15 mars. Mais à l’heure où le spectacle vivant tente, avec difficultés, de se relever du coup de massue asséné par la crise du Covid-19, la fête fut triste.

Bien sûr, les conditions inédites de cette cérémonie, retransmise mardi 23 juin en prime time sur France 2, n’ont pas aidé à égayer l’ambiance. Préenregistrée sur deux jours dans un théâtre du Châtelet vide ou presque, cette (fausse) Nuit a pris au dépourvu les artistes eux-mêmes, priés de rester à leur place à l’annonce de leur récompense et sommés de répondre, dans une « loge aux Molières », à des questions aussi saugrenues que « où allez-vous mettre votre statuette ? » ou « quelle est votre idée pour relancer le théâtre ? »

La bonne idée aurait peut-être été de montrer des extraits des spectacles récompensés et de dire aux spectateurs où ils pourront les découvrir à la rentrée, histoire de donner envie de retrouver le chemin des salles. Rien de tout cela. Pourtant les deux grands vainqueurs de la soirée, Simon Abkarian et Chistian Hecq, repartiront en tournée cet hiver avec leurs pièces multiprimées.

Grâce à Electre des bas-fonds, créée en 2019 au théâtre du Soleil pour quatorze comédiennes-danseuses et six comédiens-danseurs, Simon Abkarian a remporté trois Molières (meilleur spectacle du théâtre public, mise en scène et auteur francophone).

L’inventivité et l’humanité de La Mouche, la nouvelle création de Valérie Lesort et Christian Hecq présentée cet hiver au théâtre des Bouffes du Nord, ont aussi été saluées par trois statuettes : meilleure comédienne de théâtre public (Christine Murillo), meilleur comédien de théâtre public (Christian Hecq) et meilleure création visuelle.

Muriel Robin repart bredouille

Côté théâtre privé, les producteurs Thibaud et Fleur Houdinière font une fois encore carton plein avec deux spectacles nés dans le Off du festival d’Avignon. Ainsi Marie des poules - gouvernante chez George Sand, de Gérard Savoisien, avec une mise en scène d’Arnaud Denis, décroche le Molière de la meilleure pièce de théâtre privé et celui de la meilleure comédienne pour Béatrice Agenin, malgré la concurrence, notamment, de Léa Drucker pour La dame de chez Maxim. Quant à Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?, d’Eric Bu et Elodie Menant, il obtient la statuette du meilleur spectacle musical et celle de la révélation féminine pour Elodie Menant. Ces deux spectacles seront repris, à partir de mi-septembre, au théâtre Montparnasse à Paris.

Une fois n’est pas coutume, Alexis Michalik, habitué des récompenses, ne repart cette année qu’avec un, mais beau, Molière : celui de la meilleure mise en scène de théâtre privé pour Une histoire d’amour qui se rejouera au théâtre parisien La Scala à la rentrée. Quant au Molière de la meilleure comédie, il a été attribué, à juste titre, à La vie trépidante de Brigitte Tornade, adaptation réussie de la série radiophonique de Camille Kohler diffusée sur France Culture.

« Je rêve d’une fête du théâtre comme il y a une fête de la musique, sans compétition, ni hiérarchie, ni rendement », a lancé Niels Arestrup en recevant le Molière de meilleur comédien de théâtre privé pour Rouge de John Logan, mis en scène par Jérémie Lippmann. Ce grand acteur, nommé trois fois dans cette catégorie ces dernières années, décroche enfin une récompense. Epoustouflante dans Angels in America, de Tony Kushner, mis en scène par Arnaud Desplechin l’hiver dernier à la Comédie-Française, Dominique Blanc ajoute quant à elle un quatrième Molière à sa belle carrière théâtrale en gagnant celui de la meilleure comédienne dans un second rôle.

En revanche, les votants des Molières semblent définitivement fâchés avec Muriel Robin. Très souvent nommée, jamais primée, cette année encore l’humoriste et comédienne est repartie bredouille. C’est Alex Lutz qui remporte, pour la deuxième fois en quelques années, le Molière du meilleur spectacle d’humour.

Enfin, à 85 ans, Pierre Richard a reçu sa première statuette, dans la catégorie meilleur seul-en-scène, pour l’étonnant spectacle sans parole Monsieur X, de Mathilda May. « Plus je me tais, mieux je suis », a souri le comédien qui sait si bien jouer avec son corps.

Sandrine Blanchard

LE PALMARES DES MOLIÈRES 2020 :

Meilleur spectacle dans un théâtre public :

Electre des bas-fonds, de Simon Abkarian, mise en scène Simon Abkarian, Compagnie des 5 Roues

Meilleur spectacle dans un théâtre privé :

Marie des poules - gouvernante chez George Sand, de Gérard Savoisien, mise en scène Arnaud Denis

Meilleure mise en scène d’un spectacle de théâtre public :

Simon Abkarian, pour Electre des bas-fonds, de Simon Abkarian

Meilleure mise en scène d’un spectacle de théâtre privé :

Alexis Michalik, pour Une histoire d’amour, d’Alexis Michalik

Meilleure comédie :

La Vie trépidante de Brigitte Tornade, de Camille Kohler, mise en scène Eléonore Joncquez, théâtre Tristan Bernard

Meilleur spectacle d’humour :

Alex Lutz, d’Alex Lutz et Tom Dingler, mise en scène Tom Dingler

Meilleur seul/e en scène :

Monsieur X, avec Pierre Richard, de Mathilda May, mise en scène Mathilda May, théâtre de l’Atelier

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Meilleur comédien dans un spectacle de théâtre public :

Christian Hecq, dans La Mouche, d’après George Langelaan, mise en scène Valérie Lesort et Christian Hecq

Meilleure comédienne dans un spectacle de théâtre public :

Christine Murillo, dans La Mouche, d’après George Langelaan, mise en scène Valérie Lesort et Christian Hecq

Meilleur comédien dans un spectacle de théâtre privé :

Niels Arestrup, dans Rouge, de John Logan, adaptation Jean-Marie Besset, mise en scène Jérémie Lippmann

Meilleure comédienne dans un spectacle de théâtre privé :

Béatrice Agenin, dans Marie des poules - gouvernante chez George Sand, de Gérard Savoisien, mise en scène Arnaud Denis

Révélation féminine :

Elodie Menant, dans Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?, d’Eric Bu et Elodie Menant, mise en scène Johanna Boyé

Révélation masculine :

Brice Hillairet, dans La Souricière, d’Agatha Christie, mise en scène Ladislas Chollat

Meilleur comédien dans un second rôle :

Jean Franco, dans Plus haut que le ciel, de Julien et Florence Lefebvre, mise en scène Jean-Laurent Silvi

Meilleure comédienne dans un second rôle :

Dominique Blanc, dans Angels in America, de Tony Kushner, mise en scène Arnaud Desplechin

Meilleur auteur francophone vivant :

Simon Abkarian, pour Electre des bas-fonds

Meilleur spectacle musical 

Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?, d’Eric Bu et Elodie Menant, mise en scène Johanna Boyé

Jeune public :

La Petite sirène, d’après Hans Christian Andersen, mise en scène Géraldine Martineau, Studio- Théâtre de la Comédie-Française

Meilleure création visuelle :

La Mouche, d’après George Langelaan, mise en scène Valérie Lesort et Christian Hecq

Meilleure scénographie :

Audrey Vuong

Meilleurs costumes :

Moïra Douguet

Meilleure lumière :

Pascal Laajili

Vidéo :

Antoine Roegiers, Eric Perroys

Meilleurs effets spéciaux :

Carole Allemant et Valérie Lesort

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24 juin 2020

Nude with my horses from Annas Workshops on Vimeo.

24 juin 2020

Sylvio Testa

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24 juin 2020

L'Ombre de Staline”, film salutaire sur la désinformation

Un journaliste novice découvre l'ampleur des crimes perpétrés par l'URSS stalinienne. Un troublant miroir tendu à notre époque.

1933. Après avoir décroché une interview d’Hitler – qui vient tout juste d’accéder au pouvoir –, Gareth Jones, journaliste gallois débutant mais opiniâtre, débarque à Moscou pour enquêter sur le supposé “miracle soviétique”. Face à l'inertie de ses contacts occidentaux, anesthésiés par la propagande russe, il suit la piste d'un ancien confrère “mystérieusement” assassiné, qui l'amène en Ukraine, terre nourricière de l'Union soviétique.

Ce qu'il y découvre est inimaginable : une famine décime les paysans ukrainiens par millions. C'est l'Holodomor (littéralement “extermination par la faim”). Bien décidé à révéler cette vérité abrasive, loin d'un récit national contrefait, entretenu par des journalistes occidentaux complices (et dont le silence a été acheté), le jeune Mr. Jones va mener jusqu'au bout sa quête de vérité.

Le film d'Agnieszka Holland jette sur notre époque falsificatrice, viciée par les fake news et les réalités alternatives, un éclairage ténébreux. Gareth Jones y figure une sorte de lanceur d'alerte originel, empêché par un jeu d'alliances brumeux qui impose une loi du silence glaçante.

Dommage que les personnages (peu incarnés) et la mise en scène (brouillonne) s’effacent devant le sujet. Si la séquence en Ukraine, apocalyptique, saisit bien l'ampleur du crime contre l'humanité perpétré par l'URSS stalinienne, le reste du film, abusivement discursif, convainc moins. L'Ombre de Staline reste néanmoins un film salutaire, qui, en revisitant une tragédie du XXe Siècle passée sous silence, interroge la mécanique de désinformation de notre époque trouble.

L'Ombre de Staline d'Agnieszka Holland, avec James Norton, Vanessa Kirby, Peter Sarsgaard (Pol., R.-U., Uk., 2020, 2h21)

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24 juin 2020

Cultura Inquieta

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23 juin 2020

Auray - Saint Goustan

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23 juin 2020

Vannes - Le marché des remparts enthousiasme ou exaspère

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Il y a les conquis et il y a les antis. Le marché, le mercredi et le samedi, a déménagé sous les remparts à Vannes depuis le début du confinement. Doit-il réintégrer sa place d’origine autour de la place des Lices ? Pour la mairie, la question ne se pose même pas.

« J’ai un petit-fils et je viens souvent avec lui. C’est plus facile de circuler depuis que le marché est sous les remparts. Même s’il y a aujourd’hui plus de monde, on est moins les uns sur les autres. Et c’est très plaisant. J’aimerais bien qu’il reste comme ça, ». Elisabeth est vannetaise depuis toujours et un samedi sans venir au marché n’est pas concevable pour elle. Elle fait partie des fans de la nouvelle formule de cet incontournable, qui a pris ses quartiers Covid-19, depuis le 21 mars, après une brève fermeture intervenue le 18 mars. La place des Lices et celle du Poids Public ont été désertées par les commerçants ambulants. Les maraîchers et commerces de bouche, se sont installés dans le jardin des remparts et la quincaillerie/friperie rue Francis-Decker, au pied des jardins de la Garenne.

Enthousiasme

L’enthousiasme d’Élisabeth, de Béatrice et Martine qui trouvent le marché des remparts, « très agréable, aéré et tellement joli » n’est pas partagé par tout le monde. À commencer par les commerçants eux-mêmes. Marylène vend des couteaux et des ustensiles culinaires, rue Francis-Decker, au pied ses jardins de la Garenne. Elle était installée, dans la configuration précédente, rue Le-Hellec et attend avec impatience d’y retourner : « Mes clients habituels ne viennent plus, car c’est trop loin. Ça fait beaucoup de marche à pied. Vannes est le seul marché, où on n’a encore pas récupéré nos anciennes places. À Arzon, Questembert, Saint-Gildas de Rhuys, c’est fait ».

« Les personnes âgées ne viennent plus »

Même chose pour Nathalie, productrice de fleurs, à Séné, installée jardin des remparts : « On attend avec impatience de retourner place des Lices. On est soit dans la boue, soit dans le sable. C’est très venté et le sable se soulève. Pour les commerçants qui vendent des denrées, c’est très embêtant. Une personne qui faisait de la paella a abandonné. Et le mercredi, on ne travaille plus du tout. Les personnes âgées ne viennent plus ».

Ça n’est pas Grégory et Maud des jardins de Brière, qui vendent leurs pommes, à l’extrémité du jardin, côté port Poterne, soit très loin de l’entrée du jardin, filtrée par les barrières situées côté porte Prison, qui diront le contraire. « On passe notre temps à dire aux gens que les escaliers de la porte Poterne sont fermés, qu’il faut qu’ils reviennent sur leurs pas pour sortir du jardin. C’est beaucoup trop loin ».

Le 27, retour place des Lices ?

Alors qui des antis ou des conquis obtiendra gain de cause ? « Notre volonté est de ramener le marché au plus vite autour de la place des Lices », tranche Olivier Lebrun, adjoint au maire chargé du commerce et de l’artisanat. « Nous attendons les dernières directives du déconfinement du Premier Ministre ce lundi. « Le maire rencontre le préfet dans le courant de la semaine. Ils évoqueront ce sujet. On espère que pour le 27 juin, le marché aura retrouvé sa place initiale ».

23 juin 2020

Ron Mueck

Hans Ronald Mueck, né en 1958 à Melbourne, est un sculpteur australien hyperréaliste travaillant en Grande-Bretagne.

Ses sculptures monumentales reproduisent le corps humain dans ses plus minutieux détails grâce au silicone, à la résine polyester et à la peinture à l’huile. Derrière sa précision clinique, un goût du morbide transparaît, à travers la déchéance de ses corps obèses et vieillissants accentuée par leurs dimensions anormales.

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23 juin 2020

Viki Fehner

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23 juin 2020

Checkpoint Charlie se cherche toujours un avenir

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Lieu historique inévitable à Berlin, les abords de Checkpoint Charlie pulullent aujourd’hui de boutiques kitsch. Photo AFP

Le 22 juin 1990 Checkpoint Charlie, l’emblématique poste frontière interallié entre l’est et l’ouest de Berlin, était démonté. Trente ans après, ce carrefour longtemps aux allures de « Disneyland » de la guerre froide se cherche encore un avenir.

Le poste frontière fut établi par les Alliés en septembre 1961 dans la foulée de la construction du Mur de Berlin qui sépara la capitale allemande durant près de trente ans entre sa partie communiste à l’Est et sa moitié occidentale. Il tire son nom de l’alphabet phonétique de l’Otan, C pour Charlie.

Des dizaines de chars face à face

Jusqu’à la réunification du pays en 1990, il fut le plus important point de passage pour les étrangers et les diplomates, qui pouvaient également transiter par train entre les deux Berlin via la gare de Friedrichsstrasse. Il fut aussi un lieu d’échange de prisonniers.

Le Checkpoint Alpha (A), le plus grand lieu de passage entre les deux blocs, était, lui, situé à la frontière inter-allemande à Helmstedt, tandis que le Checkpoint Bravo (B) se trouvait à Dreilinden, à l’entrée de Berlin-Ouest.

Le Checkpoint Charlie fut le théâtre de plusieurs tentatives audacieuses d’évasion d’Allemands de l’Est vers l’ouest, qui ont inspiré l’industrie du cinéma. Il représentait, il est vrai, la seule ouverture dans le Mur de béton et de barbelés qui séparait la ville.

La zone était, surtout, un lieu de tensions extrêmes. Le 27 octobre 1961, des dizaines de chars et soldats des deux camps se firent face pendant 16 heures, à la suite d’un différend sur la libre circulation des ressortissants des pays alliés dans les deux moitiés de la ville.

Les Soviétiques exigèrent de contrôler un diplomate américain qui souhaitait pénétrer à Berlin-Est, ce qui était contraire aux accords alors en vigueur.

Le président américain John F. Kennedy et le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev donnèrent finalement l’ordre de retirer les chars, face au risque que l’incident ne dégénère en troisième guerre mondiale.

Un nouveau projet

À la suite de la réunification allemande, le site de Checkpoint Charlie s’est transformé en une sorte de parc à thème sur la Guerre froide, avec ses vendeurs de fausses chapkas, masques à gaz en plastique, et de faux soldats américains. Il est un passage obligé pour les visiteurs de la capitale, avec un musée adjacent très « kitsch ».

La municipalité berlinoise n’a guère apprécié cette « merchandisation » et mené de longs et houleux débats sur l’avenir des lieux. Dernier projet en date : des bâtiments de taille limitée avec obligation que 30 % de l’espace soit utilisé pour des logements sociaux, une place publique et un musée de la Guerre froide digne de ce nom.

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