Coronavirus : Emmanuel Macron revient devant les Français ce dimanche
Le chef de l’Etat devrait s’exprimer, dimanche soir, sur les sujets d’urgence liés à la crise du Covid-19, à commencer par la troisième étape du déconfinement prévue le 22 juin et ses principaux enjeux.
Trois mois après avoir mis à l’arrêt le pays et ses réformes pour cause de Covid-19, Emmanuel Macron exposera aux Français, dimanche 14 juin à 20 heures, ses projets de redémarrage du quinquennat, moins de deux ans avant l’échéance présidentielle.
Le président devrait d’abord s’exprimer sur les sujets d’urgence liés à la crise, à commencer par la troisième étape du déconfinement prévue le 22 juin et ses principaux enjeux : la réouverture des restaurants en Ile-de-France, l’assouplissement des règles dans les écoles et la levée de l’interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes. Pour faire le point sur le virus, il a réuni vendredi son conseil scientifique et un conseil de défense sanitaire, mais rien n’en a filtré dans la foulée, dans l’attente de son allocution.
Emmanuel Macron devrait aussi revenir sur sa gestion de la crise, dont il n’a guère tiré de bénéfices politiques, sa cote de popularité continuant de baisser à l’inverse de celle du premier ministre, Edouard Philippe. Cette allocution devrait aussi permettre à Emmanuel Macron, contraint de gérer l’urgence depuis trois mois, d’enfin commencer à se projeter sur l’après-Covid.
Une nouvelle allocution en juillet
Il semble trop tôt pour présenter le plan de relance prévu à la rentrée. Les résultats du « Ségur de la santé » pour renflouer l’hôpital pourraient, par ailleurs, faire l’objet d’une nouvelle allocution en juillet.
Mais à une semaine de la fin des travaux de la convention citoyenne pour le climat, le chef de l’Etat pourrait évoquer ses intentions sur l’écologie, affichée comme une priorité de la fin du quinquennat. Les propositions de la convention pourraient faire l’objet d’un référendum, une hypothèse toujours envisagée selon son entourage.
Emmanuel Macron a évoqué pendant la crise sa volonté de « se réinventer », puis parlé, plus simplement, d’une « nouvelle ère » et d’une « nouvelle étape ». Le chef de l’Etat compte cependant reprendre le chantier de la retraite par points, malgré le conflit social qu’elle a suscité, et espère rallier des syndicats en revoyant des dispositions clivantes, comme l’âge pivot. En revanche, il pourrait promettre une nouvelle méthode, moins verticale, en « coconstruisant » ses décisions avec élus locaux ou partenaires sociaux. Tout reste à faire, à en croire les syndicats. L’exécutif a « confiné le dialogue social », selon Laurent Berger (CFDT).
Bousculé par les manifestations contre les violences policières
Le président envisagerait enfin une déconcentration au profit des départements, tirant les leçons des lourdeurs de l’Etat central pendant la crise. Mais le chef de l’Etat est bousculé par un nouveau front, celui des manifestations contre le racisme et les violences policières, après la mort de George Floyd aux Etats-Unis et le rappel de celle d’Adama Traoré en 2016. « Il ne faut pas perdre la jeunesse », s’est-il inquiété jeudi. Comme en écho, le président du Sénat Gérard Larcher l’a appelé à redonner confiance car « l’ambiance n’est pas bonne dans ce pays ».
Son ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a annoncé trop rapidement des sanctions à l’encontre de policiers en cas de « soupçon avéré » de racisme, ou l’interdiction de l’interpellation au moyen de la technique dite de contrôle de tête. Devant la colère des policiers qui ont manifesté depuis jeudi un peu partout en France, le ministre a reconnu « une connerie » et corrigé ses propos, sans parvenir à calmer ses troupes.
Selon Bruno Retailleau et Damien Abad, patrons respectivement des sénateurs et députés Les Républicains, « il est scandaleux que les déclarations du ministre de l’intérieur et de la garde des sceaux aient donné le sentiment d’une présomption de culpabilité de nos forces de l’ordre ». Et de plaider samedi dans un communiqué : « Le chef de l’Etat doit montrer aux Français qu’il est vraiment un chef et qu’il y a encore un Etat ».
Maquillage, accessoires… on refait sa déco intime
Par Maïa Mazaurette
Comme les autres parties du corps, rien ne prédestine les organes génitaux à rester si sages ! La chroniqueuse de « la Matinale » Maïa Mazaurette fait le plein d’idées excentriques ou nature.
LE SEXE SELON MAÏA
Souvenez-vous : il y a dix ans, le « vajazzle » entrait au (vaste) panthéon des tendances sexuelles de l’étrange. Pour les lectrices et lecteurs qui auraient raté le tsunami médiatique, il s’agissait de se coller des paillettes de strass sur le pubis (et plus si affinités), afin de transformer ce dernier en boule à facettes, en papillon, en message scintillant (« je t’aime, maman »), etc.
Anecdotique ? Pas si sûr ! Cette mode aussi chronophage que coûteuse concentrait toutes les injonctions faites aux femmes : non seulement le sexe devait être soigneusement surveillé (au cas où il se carapaterait, sait-on jamais), mais il fallait que ça brille.
Cependant. Avant de glousser sur les débordements du sexe à paillettes, déblayons devant notre propre salle de bains. En 2020, la déco intime reste d’actualité. Et elle reste genrée. Deux salles, deux ambiances : chez les femmes, on tire son inspiration du design scandinave, tandis que les hommes se rabattent plutôt sur le rustique-chic (je ne peux pas croire que je viens d’écrire cette phrase).
La plupart des femmes décorent en effet leur sexe « par le vide », à coups de nymphoplastie (réduction de la vulve), de blanchiment (pour unifier la couleur de la peau) et bien entendu d’épilation (plus ou moins intégrale). Pour rappel, les trois quarts des femmes s’épilent le maillot, dont 90 % des moins de 50 ans (Ifop/Elle, février 2019).
Côté pile, ces pratiques mettent les organes eux-mêmes en pleine lumière. Côté face, ils renforcent l’idée qu’un beau sexe féminin est aussi petit, lisse et uniforme que possible. Ce paradoxe révèle notre complexe relation au désir : se démarquer mais rester dans la norme, faire apparaître pour mieux faire disparaître (et inversement).
Pour les hommes, la mise en beauté du pénis et des testicules reste rare, soit que les démarches de séduction soient considérées comme non viriles, soit qu’elles paraissent ridicules car perdues d’avance (« de toute façon c’est moche »).
Cependant, rien ne prédestine nos sexes à rester si sages (pour les femmes) et si bruts de décoffrage (pour les hommes). Le marché de la décoration corporelle nous a habitués à plus d’excentricité ! Et même si les tabous entravent encore notre expression individuelle sous la ceinture, les options ne manquent pas.
Niveau débutant : teintures, perruques et bijoux érotiques
Les accessoires en forme d’organes génitaux sont prisés des fashionistas depuis une éternité, de la haute couture (chez Yves Saint-Laurent, les pénis se portent aux oreilles) jusque dans le militantisme (chez le Gang du clito, les clitoris se glissent autour du cou). Mais pourquoi ne pas faire « descendre » les bijoux au sexe, au lieu de faire « remonter » le sexe aux bijoux ?
Au rayon « made in France », nous avons Sylvie Monthulé, créatrice infatigable d’ornements délicats pour la vulve, de « cadres » pour le clitoris, de parures pour les seins, ou encore d’œufs pénétrants unisexes. Pas assez cru à votre goût ? Très bien. Pour les hommes et rien que les hommes, le créateur franco-britannique Julian Snelling propose depuis plus de quinze ans des œuvres souvent uniques, en bronze : plugs spectaculaires, cockrings et ballrings, bijoux pénétrants pour l’urètre, casques à pénis, etc. En cas de budget illimité (quelle chance), jetez également un œil du côté des créateurs d’art contemporain, comme Betony Vernon, exposée internationalement.
Si vous recherchez quelque chose de précis, adressez-vous soit à vos artisans locaux (qui seront ravis d’avoir du boulot), soit aux plates-formes pour artisans de type Etsy (dont l’offre en termes de cages de chasteté artistiques et de cotte de mailles pour pénis vaut son pesant de cacahuètes).
Si les bijoux vous laissent indifférents, pensez aussi aux teintures pour pubis (Minikini, Betty Beauty) qui couvrent les poils blancs et/ou vous permettent d’arborer une flamboyante forêt vierge bleue ou rose fluo. Vous pouvez également tenter la merkin, soit la perruque pubienne (vous passez un bon dimanche ?) : pour environ 50 euros, les toisons autoadhésives feront de vous un/e plagiste remarquable cet été à Juan-les-Pins.
Niveau intermédiaire : les tatouages
Selon Wikipédia, les humains s’encrent les parties génitales depuis le paléolithique : il ne s’agit donc pas d’une simple tendance. Bien sûr, se faire planter des aiguilles sous la peau de la vulve ou du pénis peut faire frissonner les âmes sensibles, mais 4 % des personnes tatouées ont pourtant choisi d’avoir un ou des tatouages intimes (Ifop/SNAT 2016). Parmi elles et eux, on trouve des passionnés, des esthètes, des curieux, des esclaves venus du monde du BDSM (« ce scrotum appartient à Maïa Mazaurette »), mais aussi des personnes venues se réapproprier une zone endommagée (comme lorsqu’on tatoue la poitrine après une mastectomie). Peur d’avoir mal ? Vous pourrez toujours vous rabattre sur les tatouages temporaires et les décalcomanies…
Niveau avancé : piercing, pearling et modifications
Comme le tatouage, nous parlons là de pratiques tribales, traditionnelles, remises au goût du jour. Je suis certaine que les plus douillets d’entre vous ont un avis parfaitement argumenté contre les modifications corporelles, mais, selon l’observatoire Cetelem/Harris Interactive, en 2018, 15 % des Français sont percés et 7 % aimeraient franchir le pas (ils sont respectivement 15 % et 16 % dans le cas du tatouage). Ces aventureux ne regrettent pas leur décision : presque quatre fois sur cinq, leur confiance et leur sensation d’attractivité ont augmenté.
Dans le cas du piercing, le pénis peut être percé au niveau du gland, du prépuce, du frein, de la base de la verge ou du scrotum. Les vulves peuvent être percées au niveau du clitoris ou des lèvres (rappel : le vagin est situé à l’intérieur). Le pubis et l’anus sont également concernés.
Outre l’intérêt esthétique, ces piercings sont souvent associés à un intérêt érotique, notamment ceux qui sont pratiqués sur le gland. C’est aussi le cas du pearling, qui consiste à poser des perles sous la peau (généralement la hampe du pénis), afin d’ajouter une sensation de texture à ses rapports sexuels.
Au-delà de ces classiques, certains adeptes de modifications corporelles utilisent le branding (la peau est brûlée), la scarification, ou encore l’élongation des organes génitaux (en utilisant des poids). Mais, bien sûr, l’imagination humaine est sans limites : on pourrait inclure dans cette catégorie la pose d’implants ou même la castration.
Mais à quoi bon ?
Lors du dernier sondage sur les Français et leur sexualité (Ifop/Charles, mars 2020), on a pu constater (à nouveau…) que la satisfaction sexuelle était corrélée à la satisfaction narcissique : ceux qui se trouvent beaux sont deux fois plus susceptibles d’être heureux au lit que ceux qui se trouvent laids. Notons que « se trouver séduisant/e » relève moins de la loterie génétique que de la méthode Coué : nous connaissons toutes et tous des personnes ravissantes qui se haïssent.
En l’occurrence, la décoration permet de reprendre un peu de contrôle sur une apparence dont les données essentielles nous échappent – tout en exprimant notre individualité, nos blessures, nos fantasmes peut-être. Décorer son sexe est loin d’être aussi frivole qu’on peut l’imaginer.
Même Rabelais
J’ai commencé cette chronique par un retour dans le passé proche. Laissez-moi maintenant vous transporter à la fin du XIVe siècle, lors de l’invention de la braguette : purement pratique au départ, elle devient peu à peu ornementale. Pour mettre en valeur le porteur (et le contenu) du pantalon, cette zone se pare et se rembourre, jusqu’à atteindre au XVIe siècle italien des proportions fantastiques, bien représentées dans la peinture d’époque (faute d’inspirer la mode du XXIe siècle).
En France, c’est à Rabelais que revient la palme de la décoration intime – via cette description de l’intimité du petit Gargantua, qu’« un chascun jour ses gouvernantes ornoyent de beaulx boucquets, de beaulx rubans, de belles fleurs, de beaulx flocquars ».
Coronavirus - Le Brésil, deuxième pays le plus touché par le Covid-19
COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)
Le Brésil compte désormais plus de morts du coronavirus que le Royaume-Uni. 42 161 personnes ont succombé au Covid-19 dans le pays le plus peuplé d’Amérique latine.
“Le Brésil est devenu aujourd’hui le deuxième pays avec le plus de décès causés par le covid-19 dans le monde, dépassant le Royaume-Uni”, annonce O Dia. Pas vraiment une surprise tant le taux de décès dans le pays d’Amérique est supérieur à celui de la nation européenne. 1242 personnes mortes en 24 heures au Brésil contre 202 au Royaume-Uni, précise le quotidien. En tout, 42 161 personnes ont succombé à l’épidémie avec plus de 843 000 cas identifiés. Seuls les Etats-Unis présentent un bilan plus lourd.
Brasil de Fato constate que contrairement au Brésil, l’Europe a “réussi à ralentir la progression des décès”. Surtout, note le site, “les chiffres alarmants publiés vendredi ne reflètent peut-être pas pleinement la réalité”, en raison d’un manque de tests.
Une étude de l’université de Pelotas, citée par Bloomberg, estime que pour un cas confirmé, six autres ne sont pas recensés. La situation est telle que l’organisation mondiale de la santé a fait part vendredi d’une “inquiétude grandissante”, remarque The Independent.
Le Brésil est “maintenant l’épicentre de l’épicentre”, commente la BBC alors que l’ensemble du continent américain concentre la moitié des cas. Au-delà de la situation sanitaire, “la gestion de la pandémie a pris un tour hautement politique”, ajoute la chaîne anglaise.
Il y a par exemple la célèbre plage de Copacabana transformée en faux cimetière par des militants de l’organisation Rio de Paz. La destination touristique “est devenue le dernier champ de bataille des tensions croissantes face à la réponse du gouvernement”, raconte Al Jazeera.
Un hôpital de Rio pris pour cible
Autre illustration des troubles du moment, l’invasion vendredi d’un hôpital de Rio de Janeiro, racontée par le Diario de Pernambuco. Six personnes au moins ont “envahi des salles réservées aux médecins et aux patients, criant, donnant des coups de pied dans les portes et volant des ordinateurs”. Elles ont hurlé qu’elles voulaient vérifier que les lits étaient bien occupés.
Difficile de ne pas voir un lien avec la demande formulée la veille par Jair Bolsonaro dans son intervention hebdomadaire sur Facebook. Le président brésilien a invité ses partisans à pénétrer dans les hôpitaux et à prendre des photos de lits vides dans les unités de soins intensifs pour “montrer que le coronavirus est une arnaque”, rapporte le Correio da Manha. Le leader d’extrême-droite a également accusé les gouverneurs et maires de surestimer le nombre de cas pour obtenir plus de financement fédéral et critiquer le gouvernement, indique le quotidien portugais.
Les gouverneurs en question ont écrit une lettre ouverte, publiée notamment par le Correio braziliense, déclarant que “ce n’est pas en envahissant les hôpitaux que le Brésil vaincra la pandémie”.
M. Bolsonaro a par ailleurs reproché aux médias une forme “d’hystérie”, souligne la BBC, multipliant les “démonstrations publiques d’irrévérence” alors même que son pays “enterre ses morts dans des fosses communes en Amazonie et que les hôpitaux sont au bord de l’effondrement dans certaines régions”. A l’instar de Donald Trump, le dirigeant a aussi poussé pour une réouverture de l’économie jugeant les conséquences d’une quarantaine “pires que les effets du virus”.
“Je n’ai pas entendu parler d’un autre pays dont le président a autant entravé la lutte contre l’épidémie”, dénonce Daniel Dourado, expert de santé publique à l’université de São Paulo. Dans les colonnes du Guardian, le professeur critique un homme politique “qui n’exprime même pas sa sympathie aux familles” et il n’écarte pas que le nombre de cas au Brésil rattrape celui des Etats-Unis.
Sexe - Le confinement a bouleversé l’industrie de la pornographie
THE ECONOMIST (LONDRES)
Avec le confinement forcé par la pandémie de Covid-19, l’industrie de la pornographie a dû s’adapter. Des évolutions, déjà entamées depuis quelques années, comme les productions “maisons” sur Internet, ont été accélérées, constate The Economist.
La pornographie et la pandémie marchent main dans la main. Le secteur du porno est bien adapté à un monde confiné. Il a déjà en grande partie migré sur le Web et ses consommateurs s’isolent souvent volontairement. Aujourd’hui, comme le souligne Mike Stabile de la Free Speech Coalition (FSC), association de Los Angeles [qui milite pour le droit à la pornographie], une multitude de gens “sont bouclés chez eux et ont besoin de se défouler”.
Pour l’essentiel, la pornographie en ligne est gratuite. Ainsi, en avril, le trafic sur Pornhub, géant du Net, a augmenté de 22 % par rapport à mars. Mais ce trafic fait aussi les affaires de plus petits sites, qui doivent adapter leur modèle économique en conséquence.
Difficile de savoir exactement comment se porte le secteur. Gene Munster, associé gérant chez Loup Ventures, une société d’investissement américaine, estime que depuis le début de la pandémie les dépenses en pornographie sur la planète ont presque doublé. C’est peut-être une estimation haute.
La pandémie force l’évolution des pratiques
En effet, peu de producteurs de porno révèlent leur chiffre d’affaires, à la fois parce que beaucoup sont à capitaux privés et parce qu’aucun secteur ne veut qu’on sache qu’il profite de la solitude et d’autres maux. Andra Chirnogeanu, de Studio 20, une société de Bucarest qui présente des modèles habillés et nus en ligne, reconnaît que les bénéfices ont profité de la mésentente des couples et des ruptures précipitées par le confinement.
Les règles de distanciation physique ont obligé le porno à faire évoluer ses pratiques. Les restrictions destinées à ralentir la propagation du Sars-CoV-2 ont mis fin aux tournages de la plupart des sociétés de production. Les studios montent et diffusent des séquences qu’elles avaient en stock, mais cela ne durera pas éternellement.
La plupart des sociétés envoient du matériel (caméras, éclairage) à des acteurs qui vivent sous le même toit et peuvent donc se filmer chez eux. Pour les aider à filmer et à monter, la FSC produit des tutoriels en ligne. Mais le plus souvent les scènes qui en résultent offrent moins d’angles de caméra et, comme l’explique Mike Stabile, sont un peu “brut de décoffrage”.
Production maison
Les producteurs bien établis ont beau faire, le confinement favorise la concurrence des indépendants et de petites sociétés. De plus en plus, les acteurs se passent de producteurs en se filmant eux-mêmes sur leurs smartphones et en mettant en ligne ces productions maison, qui leur appartiennent, sur des sites web d’un nouveau genre qui accueillent des réseaux sociaux “pour adultes”.
Sur ces sites dits “premium”, les fans de 18 ans et plus prennent des abonnements payants pour regarder des acteurs. Ces sites prélèvent une part de la transaction (environ 20 % en général). Un système qui supprime les intermédiaires.
Et ça marche. Ella Hughes, une star britannique du porno, raconte qu’elle a cessé de tourner avec les producteurs traditionnels, car de très nombreux admirateurs sont maintenant prêts à payer 12,99 dollars par mois pour regarder des vidéos qu’elle tourne elle-même, chez elle, avant de les mettre en ligne sur un site “premium”, OnlyFans.
Certains abonnés paient, en plus, entre 40 et 500 dollars pour de courtes vidéos sur mesure d’Ella Hughes, qu’ils sont les seuls à pouvoir visionner. Récemment, un week-end, elle a réalisé dix de ces vidéos privées, en faisant payer plus cher pour prononcer le nom d’un fan ou en réalisant des fantasmes de domination. Presque tous les acteurs de porno, à l’en croire, vendent aujourd’hui des vidéos faites maison sur des sites web “premium”.
Les recettes tirées des échanges directs entre les acteurs et leurs fans sont en hausse depuis plusieurs années. Mais la pandémie de Covid-19 a accéléré la tendance. Il y a une dizaine d’années, les trois quarts des revenus des acteurs provenaient des sociétés de production qui rémunéraient leur travail sur les plateaux. Le quart restant était issu des transactions directes avec les fans et des ventes de produits dérivés.
À l’heure actuelle, ces ratios se sont inversés, explique un directeur de Private, un important producteur de pornographie ayant son siège à Barcelone. Les acteurs considèrent désormais ce travail produit professionnellement comme une publicité pour attirer du trafic sur leurs comptes de réseaux sociaux “premium”.
Transition accélérée vers le numérique
Or le trafic sur les sites “premium” monte en flèche, ce qui incite toutes sortes de nouveaux acteurs à ouvrir des comptes, dans l’espoir de trouver un souffle nouveau (et rémunérateur) sur Internet. Dans les jours qui viennent, le Berlin Strippers Collective, un groupe de danseuses de clubs qui sont maintenant fermés, filmeront leur premier spectacle [il a été mis en ligne le 14 mai], un mélange de strip-tease classique et de “stripperature”, avec notamment un numéro au cours duquel des membres du collectif se suspendront à l’envers sur une barre verticale tout en lisant du Hermann Hesse et du Edgar Allan Poe.
Cette vidéo sera mise en ligne sur le nouveau compte du collectif, sur Patreon, un site web “premium” [de financement participatif] qui accueille des artistes classiques et pour adultes. L’accès sera facturé entre 5,40 et 15 dollars par mois.
Certains acteurs jugeront délicate cette transition vers le numérique. Mia, une strip-teaseuse du collectif de Berlin, prévoit des difficultés. Elle regrette de ne pas pouvoir promouvoir son projet en ligne sur ses réseaux sociaux habituels sans que sa famille en Espagne découvre son activité. Au-delà de cela, comme l’observe Edie, une autre effeuilleuse du collectif, les images en ligne peuvent être copiées de manière illicite et publiées ailleurs, parmi des contenus douteux.
Quant aux personnes qui se livrent à la prostitution, elles devraient être à la peine. Le confinement en France a conduit un tiers des quelque 35 000 prostitué(e)s que compte le pays à chercher à travailler en ligne, généralement via le streaming en webcam, estime le Strass (Syndicat du travail sexuel), à Paris. Une sur dix seulement s’en sort, estime la représentante du syndicat, qui se fait appeler Amar Protesta.
Marché rémunérateur
Certains modèles n’ont pas le bagout ou d’autres compétences requises pour satisfaire le client par webcam. Mais une multitude de femmes et parfois d’hommes, qui viennent de perdre leur emploi, s’y essaient. Désir-Cam, un site relativement petit qui héberge 3 200 hôtesses érotiques, facturant généralement 50 euros le quart d’heure de show privé, a embauché 128 femmes en avril, soit plus du triple du rythme mensuel normal, explique son fondateur, André O’Bryan, qui réside à Sydney.
En avril, les recettes ont plus que doublé par rapport au mois de février. Greed-ella, une hôtesse de Désir-Cam qui habite près de Lyon, assure que ses revenus ont récemment quadruplé. Certaines des “camgirls” du site gagnent aujourd’hui 12 000 euros par mois.
Par ailleurs, le trafic sur les webcams augmente sur des sites bien plus importants (et généralement meilleur marché), comme Chaturbate, MyFreeCams ou Streamate, si bien que le streaming porno a le vent en poupe. Pour recruter davantage de talents, la société BongaModels propose à ses acteurs 5 % des recettes que générerait une recrue découverte par leurs soins.
La plupart des modèles travaillent de chez eux, mais certains “studios webcam”, dans des bâtiments avec des dizaines de plateaux de tournage installés dans des chambres à coucher, ont réussi à poursuivre le streaming 24 heures sur 24 pendant le confinement.
Croissance et diversification de la main-d’œuvre
Pour y parvenir, Studio 20, une société roumaine qui possède 24 studios de webcams, comportant chacun entre 10 et 32 plateaux, en Colombie, en Hongrie et ailleurs, a transformé certains de ces lieux en espaces habitables dans lesquels des acteurs ont accepté d’emménager.
Pour avoir une idée de ce qui se prépare, penchons-nous sur FanCentro, un site web qui possède des bureaux à Barcelone et à Limassol, à Chypre – et qui propose “le fin du fin en matière de distanciation physique”. Ces deux derniers mois, plus de 19 000 nouveaux modèles ont rejoint le site : ils sont maintenant plus de 191 000 au total.
Kat Revenga, de FanCentro, attribue cette hausse de l’activité aux faillites d’entreprises, et aussi à la décision de la société de renoncer pour l’instant à une baisse des gains des nouveaux modèles. D’ici six mois, le site compte proposer une option qui permettra aussi aux modèles de faire du streaming érotique, seuls ou avec des partenaires.
Rachel Stuart, une doctorante à l’université du Kent dont les travaux portent sur le travail sexuel, estime qu’en matière de recettes les shows sur webcam ont déjà éclipsé les productions traditionnelles.
Mauvaise nouvelle pour les militants antipornographie. Car, comme le souligne Andra Chirnogeanu, de Studio 20, le recrutement est en hausse et la moitié des nouvelles recrues débutent dans cette activité. La pandémie n’aura pas fait qu’accroître la consommation : elle augmente et diversifie la main-d’œuvre.
Source : The Economist
Festival Photo de La Gacilly
Un festival réorganisé
Trois parcours dans la ville seront possibles pour aller à la rencontre des œuvres des 18 photographes qui seront exposés. Les jeux en famille, les visites guidées et les stages photo sont maintenus et ont été réorganisés pour l’occasion.
Le festival a travaillé avec tous les services de l’État afin que chacun respecte la distanciation physique et profite des œuvres. Trois rues seront fermées en juillet et août, de 10 h à 18 h : les rues Saint-Vincent, Hollersbach et du Relais-Postal. Le président et la directrice du festival incitent les visiteurs à venir en semaine. Ils informeront sur les pics de fréquentation et invitent les locaux et les visiteurs les plus proches à s’y rendre plutôt à la rentrée.
Miser sur la responsabilité de chacun
Les organisateurs ont confiance en la solidarité de chacun, locaux et visiteurs, pour un accueil en toute sécurité et en toute sérénité. « Nous tenons aussi à rassurer les habitants qui peuvent avoir peur de recevoir 300 000 visiteurs, précisent-ils. Nous avons organisé des réunions par quartier pour informer. Si on ne joue pas le jeu ensemble, l’organisation est mise en péril. La municipalité de son côté gérera les parkings. »
Les responsables tiennent à contribuer à l’économie de la ville. « Il n’y aurait pas eu de festival dans la rue si les commerces et les restaurants n’étaient pas ouverts. Un euro investi par le festival en rapporte sept au territoire », rappellent-ils.
L’enjeu de la solidarité
Des associations telles que Gralia Bel Orient, le comité des fêtes des particuliers, des artisans, commerçants ont proposé leur aide. Le budget du festival a été recentré sur le montage.
Les organisateurs ont lancé une action : « Mon quartier, ma rue, ma galerie ». Elle sollicite les gens pour qu’ils nettoient chacun leur tour, les toiles chaque semaine. Il y a déjà des inscrits. Pour les responsables de l’événement : « Ce bel élan de solidarité est aussi le signe d’une appropriation du festival. »
Un appel aux bénévoles pour accompagner les visiteurs
Le festival fait appel aux bénévoles (membres d’association, particuliers) pour assurer la sécurité des visiteurs, leur expliquer les consignes et les déambulations, notamment pour les jours d’affluence comme le dimanche. Une trentaine de bénévoles sont alors nécessaires ce jour-là, en roulement.
Pas d’inauguration officielle
L’inauguration n’est pas prévue. De plus, l’Amérique Latine, invité d’honneur, connaît en ce moment un pic épidémique. Des solutions technologiques vont être trouvées pour faire intervenir les photographes. La place de la Ferronnerie sera aménagée a minima, la librairie du festival ouvrira aussi. Le festival photo La Gacilly-Baden (en Autriche) aura lieu du 14 juillet au 26 octobre.
Festival photo du 1er juillet au 31 octobre, dans les rues de La Gacilly. Pour les bénévoles : contacter Flora Gervais par mail : contact@festivalphoto-lagacilly.com. Indiquer ses coordonnées téléphoniques.











