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Jours tranquilles à Paris

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12 juin 2020

Monica Bellucci

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12 juin 2020

Comment le confinement a modifié les comportements alimentaires des Français

Par Mathilde Gérard

Loin d’avoir entraîné une réponse uniforme, les restrictions mises en place le 17 mars ont eu des effets contrastés sur la nutrition et l’activité physique de la population.

Les étagères vides de paquets de farine ou de biscuits dans les grandes surfaces ont-elles été le signe d’une razzia de sucreries et de snacking pendant les huit semaines de confinement strict imposé en France ?

Alors que les restrictions décrétées le 17 mars ont été partiellement levées le 11 mai, l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN, équipe mixte de l’Inserm, l’Inrae, le CNAM et l’université Sorbonne Paris Nord) s’est attachée à comprendre comment cette période hors-norme, qui a profondément bousculé les modes de vie, a affecté l’alimentation et l’activité physique des Français.

L’étude conduite par la directrice de recherche Mathilde Touvier et mise en ligne début juin sur le serveur MedRxiv (sans révision par des pairs) met en lumière deux tendances nettement opposées. Pour une partie de la population, les habitudes alimentaires ont été moins favorables, avec une moindre consommation de produits frais, une chute de l’activité physique, une hausse du grignotage et in fine, une prise de poids ; tandis que pour un autre groupe, le confinement a été l’occasion de passer plus de temps en cuisine, faire plus d’achats en circuits locaux et manger plus équilibré.

Pour mener ces travaux, les chercheurs se sont appuyés sur la base de données NutriNet-Santé, une vaste enquête au long cours sur la nutrition et la santé lancée en 2009, qui compte 170 000 « nutrinautes » régulièrement consultés. Pendant le confinement, 37 000 d’entre eux ont ainsi participé à une enquête détaillée sur leurs modes de vie, renseignant leurs menus sur plusieurs journées, leur poids au début et à la fin du confinement, détaillant leurs modes d’achat et différents paramètres.

Manger plus pour compenser l’ennui et combattre le stress

Beaucoup de Français ont dû réorganiser leur quotidien en raison de la fermeture des lieux de travail et des établissements scolaires. Habitués pour certains à manger en partie à l’extérieur du domicile, ils ont vu leurs journées s’articuler autour du casse-tête des trois repas par jour pour l’ensemble du foyer et ont dû repenser leurs achats en tenant compte des restrictions de déplacement et des contraintes économiques.

Selon les profils – passage en télétravail ou non, arrêt ou maintien de leur activité professionnelle, présence d’enfants à la maison… –, les conséquences n’ont pas été les mêmes pour toute la population.

Un tiers (35 %) des participants à l’étude a pris du poids – soit 1,8 kg en moyenne – pendant ces deux mois ; 63 % ont vu leur sédentarité augmenter, passant plus de sept heures par jour assis ; 18 % ont déclaré manger plus pour compenser l’ennui et 10 % pour combattre le stress ; 17 % ont réduit leurs rations de fruits et légumes frais – remplacés pour ces derniers par des achats de conserves et de surgelés – et un tiers a mangé moins de poisson ; 10 % ont eu des difficultés à conserver un rythme régulier des repas. Parmi ce « cluster » ayant eu une alimentation moins équilibrée (un tiers des participants en combinant les différents paramètres), on trouve davantage de femmes, en télétravail, avec des enfants à la maison et un niveau de revenus plus faible.

A l’inverse, le groupe ayant eu un comportement alimentaire plus favorable (20 % des participants) rassemble davantage d’hommes, sans enfants, des étudiants (principalement ceux qui ont rejoint leurs familles) et des personnes en chômage partiel. Ainsi, 23 % de ceux ayant répondu ont ainsi perdu du poids – soit 2 kg en moyenne – ; les répondants ont été 40 % à passer plus de temps à cuisiner des plats « faits maison » ; 17 % ont cherché à équilibrer leur alimentation pour compenser la perte d’activité physique ; près d’un sur cinq a même pu augmenter son activité physique.

Inégalités nutritionnelles

Un troisième groupe (42 %), plus âgé, vivant dans des petites villes ou des zones rurales, ou qui a continué à travailler en dehors du domicile, a connu peu de modifications dans son alimentation et n’a pas vu son poids évoluer. Il s’agit de ceux dont le mode de vie a été le moins bousculé par la pandémie, qui ne travaillaient pas avant le confinement, ou qui ont continué à exercer leur activité sans changement.

Aucun de ces groupes n’est homogène et plusieurs facteurs ont pu avoir des effets ambivalents, comme le surpoids : pour certains individus, les informations liant l’obésité aux formes graves du Covid-19 les ont encouragés à rééquilibrer leur alimentation ; pour d’autres au contraire, l’anxiété leur a fait prendre du poids.

Le télétravail a pu lui aussi jouer dans les deux sens : les télétravailleurs avec enfants ont été plus fréquemment dans des situations défavorables, tandis que ceux sans enfants ont pu davantage mettre à profit la période pour mieux s’alimenter. « Sur l’interprétation de ces résultats, on ne peut qu’émettre des hypothèses, souligne Mélanie Deschasaux, première auteure de l’étude. La présence des enfants au domicile a pu être liée à un manque de temps pour la préparation des repas, ou au fait de grignoter davantage, notamment lors du goûter. On a ainsi pu observer que le temps passé en cuisine a été utilisé pour faire de la pâtisserie. »

Les inégalités nutritionnelles ne se sont pas résorbées avec la crise sanitaire, bien au contraire : les travaux de l’EREN montrent que le niveau de revenus a été un facteur influant fortement les comportements.

« Certaines habitudes prises peuvent perdurer »

En revanche, la précarité alimentaire qui a frappé une partie de la population ne ressort pas nettement dans la cohorte NutriNet-Santé. En raison de son mode de recrutement en ligne, elle comporte certains biais statistiques, surreprésentant les femmes (52,3 %) et les catégories socioprofessionnelles élevées.

« Les résultats ont été redressés pour corriger ces biais, détaille Mélanie Deschasaux, mais la cohorte NutriNet n’est pas très adaptée pour capter les situations de précarité. Par exemple, dans notre étude, les étudiants ont été plutôt associés à des améliorations de comportements alimentaires, notamment car leurs familles n’étaient pas en difficulté financière. »

Malgré ces limites, les résultats présentés par l’EREN incitent à la vigilance en raison même des biais de la cohorte : si une part importante des participants – pourtant plus sensibilisés à la nutrition que la moyenne – a vu son alimentation se déséquilibrer, la proportion risque d’être encore plus forte pour la population générale.

« Certaines habitudes prises peuvent perdurer, met en garde Mélanie Deschasaux. Les personnes qui ont cessé de consommer du poisson vont-elles en remanger ? Celles qui ont fait moins de sport vont-elles se relancer ? Si la sédentarité, le grignotage et la prise de poids perdurent, cela peut poser problème à l’avenir. »

12 juin 2020

Sylvio Testa

sylvio testa33

12 juin 2020

Google Docs, le nouvel outil de résistance

MIT TECHNOLOGY REVIEW (CAMBRIDGE (MASSACHUSETTS))

Les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter sont précieux pour médiatiser un mouvement. Mais pour s’organiser et partager des ressources, les militants se tournent vers le logiciel de traitement de texte en ligne de Google, dont ils saluent la simplicité et la facilité d’accès.

La semaine qui a suivi le meurtre de George Floyd, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue dans toutes les régions des États-Unis et du monde pour exiger des informations, attirer l’attention et réclamer justice. L’un des principaux outils utilisés pour organiser ces manifestations est tout à fait surprenant : il n’est pas crypté, il ne nécessite pas de se connecter à un réseau social et il n’a même pas été conçu pour le militantisme. Il s’agit de Google Docs.

En l’espace de quelques jours, Google Docs s’est révélé le moyen de partager toutes sortes de choses : des bibliographies sur le racisme, des modèles de lettre à l’attention de familles et de parlementaires, des listes d’organismes auxquels faire des dons. Les Google Docs, que tout le monde peut librement consulter et modifier, tout en conservant son anonymat, sont devenus un outil précieux pour la mobilisation locale, à la fois pendant la pandémie de Covid-19 et les manifestations contre les violences policières, qui se répandent dans tout le pays. Ce n’est pas nouveau. D’ailleurs, les militants se servent de ce traitement de texte depuis des années, car il est plus efficace et plus accessible que Facebook ou Twitter.

Google Docs a été lancé en octobre 2012, et sa popularité ne s’est pas fait attendre, car la messagerie électronique Gmail était déjà très répandue, mais aussi parce que ces documents en ligne permettent à plusieurs personnes de travailler ensemble simultanément. Microsoft Word, qui monopolisait jusque-là le secteur, a enfin eu un vrai concurrent.

Mais les usages de Google Docs ont toujours été plus complexes que la simple rédaction de textes. Les ados s’en servent pour échanger des notes pendant les cours qui les ennuient, par exemple. Plus récemment, des Google Docs de conseils ont beaucoup circulé pendant la pandémie pour aider les gens à gérer le stress du confinement.

L’outil a pris une dimension politique

C’est à partir de 2016, quand les campagnes de désinformation se sont généralisées, que cet outil a réellement pris une dimension politique. Melissa Zimdars, chargée de cours en communication au Merrimack College, s’en est servi pour rédiger un document de 34 pages intitulé Sources d’‘informations’ fausses, trompeuses, racoleuses et/ou satiriques.

Cette initiative a inspiré une flopée d’autres Google Docs politiques, écrits par des universitaires qui voulaient en faire un outil complémentaire de campagne prodémocrate à l’approche des élections de mi-mandat, en 2018. Après le scrutin, les Google Docs ont aussi été utilisés pour militer contre les suspensions de l’immigration et faire avancer le mouvement MeToo.

Depuis le meurtre de George Floyd le 25 mai, les populations se servent de Google Docs pour se mobiliser. L’un des documents les plus diffusés dernièrement est intitulé Références en matière de transparence et actions pour défendre la vie des Noirs : on y trouve des choses précises que peut faire tout un chacun pour apporter son soutien aux victimes de violences policières. C’est Carlisa Johnson, âgée de 28 ans et diplômée en journalisme à l’université d’État de Géorgie, qui en est à l’origine.

Elle a créé le fichier en ligne dès qu’elle a appris la mort de George Floyd, mais elle avait commencé son travail documentaire après la mort d’Ahmaud Arbery, dont le meurtre par un père et son fils, en février 2020, n’a donné lieu à aucune arrestation jusqu’à ce qu’une vidéo de la scène soit révélée en mai. “Je fais ça [partager des liens pour favoriser l’action directe] depuis 2014 avec mon réseau de proches”, souligne Carlisa Johnson.

Faciliter la mobilisation

Elle n’avait jamais créé de Google Docs public et elle a choisi ce format parce qu’il est très accessible, plus que Facebook et Twitter : “Les hyperliens sont la façon la plus concise et rapide d’accéder à des infos, et on ne peut pas faire ça sur Facebook ou Twitter. Quand on dit ‘Contactez l’élu de votre circonscription’, beaucoup de gens ne savent pas comment s’y prendre.” Les liens à disposition dans le Google Docs facilitent la mobilisation, explique-t-elle.

Un autre document a été énormément diffusé après le meurtre de George Floyd, où l’on trouve des aides pour les manifestants et des organismes qui acceptent les dons : il a été créé par Indigo, un militant qui s’identifie comme non-binaire et qui utilise un pseudonyme pour ne pas que sa famille le sache. Indigo explique que la facilité d’accès et la modification en continu sont les principaux avantages de Google Docs par rapport aux réseaux sociaux. “Il est essentiel pour moi que les personnes sur le terrain puissent consulter ces infos, en particulier celles qui ont besoin d’aide juridique, en cas d’arrestation notamment, et s’il est question de libération sous caution.” Et d’ajouter :

C’est un outil que tout le monde utilise dans mon cercle militant et dont se servent beaucoup d’autres.”

Pour Indigo, Twitter n’était pas un outil satisfaisant : “Si par hasard on trouve une info géniale, il faut la retweeter, liker ou partager dans l’instant, sinon on la perd à jamais.” Google Docs était la réponse à ce problème.

“L’atout d’un document comme ça, par opposition à un fil d’actualité, c’est qu’il n’est pas noyé dans la masse et qu’on peut le modifier”, confirme Clay Shirky, vice-président des technologies éducatives à l’université de New York [spécialisé dans les nouvelles technologies, il publie régulièrement des articles dans les médias américains].

À la fois dynamique et statique

D’après lui, les réseaux sociaux ont été précieux pour la médiatisation des mouvements, mais ils sont beaucoup moins efficaces pour créer des corpus d’informations auxquels se référer régulièrement. Si les Google Docs plaisent tant, c’est parce qu’ils sont à la fois dynamiques et statiques, précise-t-il.

On peut les modifier et ils sont consultables simultanément par un nombre illimité de personnes, mais il est tout aussi facile de les diffuser sur Twitter ou une autre plateforme. “Quand on fait partie d’un réseau d’action, on a besoin d’un support pour se coordonner avec ceux qui sont à l’extérieur de ce mouvement, pour sortir du fil d’actualité et agir”, complète-t-il.

Carlisa Johnson en a fait elle-même l’expérience. En quelques jours, son document a été mentionné sur le compte Instagram de l’acteur Cole Sprouse et le compte Twitter de l’actrice Halle Berry, accélérant ainsi sa diffusion.

Google Docs a l’avantage d’être simple d’accès et d’utilisation. Mais l’anonymat est aussi un atout essentiel par rapport à Twitter ou à Facebook. Les internautes qui cliquent sur un lien public sans restriction de partage apparaissent sous la forme d’un avatar d’animal, qui protège leur identité. “Personne ne peut nous attaquer sur Google Docs”, souligne Clay Shirky.

C’est un format qui favorise la participation de ceux qui ne veulent pas se lancer dans un grand débat politique devant des millions de personnes.”

Pour Carlisa Johnson et Indigo, travailler sur Google Docs se révèle très positif, à leur grande surprise. Indigo reçoit parfois des “MP [messages privés] odieux”, mais ne leur accorde pas plus d’un haussement d’épaules. À toute heure du jour et de la nuit, 70 à 90 personnes consultent les documents de Carlisa et d’Indigo, qui passent beaucoup de temps à les actualiser et à en vérifier l’exactitude.

La question de la vie privée

Les Google Docs sont certes faciles à utiliser et à diffuser, mais qu’en est-il du respect de la vie privée ? Les manifestants ont pris l’habitude de mettre leur téléphone en mode avion pour éviter que leurs données et leur géolocalisation ne soient surveillées, outre la dissimulation de leurs signes distinctifs. Signal, une messagerie cryptée, est l’une des applis les plus téléchargées aux États-Unis ces dernières semaines. Consigner des informations sensibles dans un document en accès public peut sembler risqué par les temps qui courent.

“Oui, c’est un sujet d’inquiétude”, admet Carlisa Johnson. Quand elle a créé le document, elle l’a signé “C. Johnson” pour ne pas être identifiée. Mais elle a indiqué son nom en toutes lettres quand elle a compris qu’il lui incombait un rôle important en tant que femme noire. “D’autres prennent de grands risques, et ici il y a la notion de transparence”, explique-t-elle avant d’ajouter que la mobilisation militante l’emporte sur le respect de la vie privée. Indigo est du même avis :

La menace du piratage est non nulle, d’autant que Google est accessible gratuitement et n’est pas du tout crypté. J’ai créé des copies et j’ai pris le maximum de précautions.”

Clay Shirky souligne que la dissimulation vis-à-vis des autorités n’est pas la principale préoccupation des militants, même si c’est un préjugé répandu. “La plupart d’entre eux se soucient des luttes, pas de la confidentialité”, résume-t-il. D’ailleurs, Carlisa Johnson rappelle que, pour elle et d’autres militants, l’objectif est de diffuser le plus d’informations possible, avec le plus d’exactitude possible.

“Google Docs me permet de rassembler toutes les données au même endroit, puis de les diffuser sur tous les réseaux sociaux, insiste-t-elle. Ce qui est essentiel actuellement, c’est le rayonnement. Un post sur Facebook a ses limites. Idem pour un post sur Instagram. Mais ce fichier ? Il est accessible. Il n’y a rien de plus direct.”

Tanya Basu

Source : MIT Technology Review

12 juin 2020

Andy Warhol - Jean Michel Basquiat

warhol basquiat bis

warhol basquiat

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12 juin 2020

Musique - Le premier album du dalaï-lama bientôt dans les bacs

dalaï lama

COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)

La haute autorité spirituelle tibétaine a dévoilé, le lundi 8 juin, le premier extrait de son album, composé de onze morceaux mêlant chants et mantras pour réinterpréter les prières bouddhistes. Un premier opus qui sera en vente le 6 juillet, jour du 85e anniversaire du dalaï-lama.

Compassion : c’est le titre choisi par le dalaï-lama pour son morceau dévoilé le lundi 8 juin, en référence au bouddha dont le leader spirituel tibétain est supposé être la réincarnation sur Terre. Tenzin Gyatso, aujourd’hui âgé de 84 ans, est en effet considéré depuis le 17 novembre 1950 comme le chef spirituel du Tibet, mais aussi comme une émanation terrestre du bouddha de la compassion (bodhisattva Avalokiteshvara), l’une des divinités les plus vénérées du bouddhisme tibétain. Publié lundi sur la chaîne YouTube officielle du dalaï-lama, le morceau est le premier extrait de son album Inner World (“Monde intérieur”) composé de onze titres “mêlant chants et mantras” sur une musique composée pour l’occasion, rapporte le magazine américain Rolling Stone, non sans une pointe d’amusement.

La sortie de cet opus qui réinterprète les prières bouddhistes “est prévue pour le 6 juillet, afin de coïncider avec le 85e anniversaire du leader spirituel tibétain”. Rolling Stone explique ainsi la genèse du projet :

Le dalaï-lama a réalisé ‘Inner World’ avec l’aide de Junelle et Abraham Kunin, un couple de musiciens originaires de Nouvelle-Zélande.”

Un dalaï-lama “exalté” par les vertus de la musique

Junelle Kunin aurait eu cette idée “après une simple recherche sur Internet, alors qu’elle tentait de trouver du contenu qui mêlerait les enseignements [du dalaï-lama] à de la musique, pour soulager le stress au travail”. La musicienne a proposé l’idée, qui a été rejetée une première fois, avant qu’elle ne la soumette de nouveau sous la forme d’une lettre remise aux assistants du dalaï-lama, lors d’un voyage en Inde en 2015. “Et cette fois, sa Sainteté a accepté.”

La musicienne a par la suite enregistré le dalaï-lama alors qu’il récitait les mantras de sept bouddhas, intégrant également dans l’album des extraits de discussions “sur des sujets comme la sagesse, le courage, la guérison et les enfants”. Junelle et Abraham ont alors composé la musique qui accompagne désormais les paroles du chef spirituel. Citée par le magazine américain, Junelle Kunin a déclaré à propos du dalaï-lama :

Il était si exalté ! Il a même commencé à m’expliquer à quel point la musique est importante. Il s’est penché en avant, les yeux pétillants, en frottant ses doigts les uns contre les autres, et il a raconté comment la musique pouvait aider les gens d’une manière qui leur était inaccessible, comment elle pouvait transcender les différences et nous ramener à notre vraie nature et à notre bonté de cœur.”

12 juin 2020

Emmanuel Macron interviendra à la télévision Dimanche soir...

macron dimanche

12 juin 2020

Un été au Havre

havre

12 juin 2020

Sauvons le Venezuela ensemble !

Juan Guaido Marquez

Le président par intérim autoproclamé du Venezuela appelle à la formation d’un gouvernement d’urgence nationale afin de convoquer des élections libres et de définir un plan de sauvegarde du pays

Selon les Nations unies, plus de 9 millions de Vénézuéliens souffrent actuellement de la faim. La crise migratoire en cours constitue l’exode le plus important de l’histoire contemporaine, après celui de la Syrie. Plus de 5 millions de personnes ont quitté le pays depuis 2014. Pendant ce temps, la dictature criminelle de Nicolas Maduro, impliquée dans le trafic de drogue et le terrorisme [selon la justice américaine], sourde à la crise socio-économique et au désastre sanitaire, refusait les dons internationaux de nourriture et de médicaments, condamnant nombre de mes concitoyens à mourir. Même en pleine pandémie de Covid-19, ce régime ne souhaitait pas accepter l’aide internationale.

Ma priorité est de mettre fin à la souffrance du peuple vénézuélien le plus rapidement possible. Nous, les Vénézuéliens, ne méritons pas de mourir de faim ou à cause d’une pandémie. C’est pour cette raison que nous avons réussi à faire en sorte que le régime laisse entrer dans le pays l’aide humanitaire de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) pour s’attaquer au Covid-19, et nous remercions la communauté internationale qui a beaucoup œuvré en ce sens.

Ceci démontre pleinement notre volonté politique de trouver des solutions adaptées aux problèmes des Vénézuéliens. Nous sommes déterminés à mettre fin à cette grave crise en rassemblant largement ceux qui, comme moi, ont chevillés au corps les intérêts du peuple vénézuélien, celui resté au pays comme celui de la diaspora.

La solution ne peut être que politique

Toutefois, la réalité est la suivante : une narcodictature s’est saisie des institutions et confisque tous les pouvoirs au Venezuela. Effrayé et intimidé, le régime de Nicolas Maduro n’a ni la capacité ni l’intention de mettre fin à la crise économique, sociale, sanitaire et politique dont il est lui-même responsable.

Je dirige un gouvernement par intérim reconnu par plusieurs pays, dont la France, par le Parlement national et par la société civile. Afin de parvenir à un dénouement de crise et à trouver une solution structurelle, nous proposons qu’un gouvernement national d’urgence voie le jour. Ce gouvernement compterait avec la participation de tous les secteurs politiques et sociaux du pays. Il exclurait toute personne impliquée dans des violations aux droits humains. Ce gouvernement national d’urgence serait principalement chargé de résoudre la situation humanitaire, de garantir la séparation des pouvoirs et de générer les garanties nécessaires pour la tenue d’élections législatives et présidentielles libres, justes et transparentes.

Mais la solution définitive ne peut être que politique. Les déclarations de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, lors de la conférence des donateurs en solidarité avec les réfugiés et les migrants vénézuéliens tenue en mai, vont dans ce sens. Selon le ministre Le Drian, la communauté internationale doit redoubler d’efforts pour créer les conditions nécessaires à une solution politique au Venezuela.

Nous appelons la communauté internationale à être particulièrement vigilante sur les efforts de Nicolas Maduro pour mettre définitivement fin à la démocratie au Venezuela. Il compte en effet organiser de nouvelles élections législatives cette année. Ces élections, à l’instar de celles de 2018, promettent d’être une nouvelle mascarade. Il ne s’agira en aucun cas d’un processus électoral libre et équitable.

Premièrement, les principales forces politiques ont été déclarées illégales et leurs dirigeants sont emprisonnés, en exil ou déclarés politiquement inéligibles. Deuxièmement, il n’existe pas de registre électoral fiable qui puisse garantir le droit de vote à tous les Vénézuéliens à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Troisièmement, le régime empêche toute observation électorale internationale. Enfin, l’autorité compétente en matière d’élections, le Conseil national électoral, n’est pas neutre. Il n’est pas garant de la bonne tenue ou de la transparence des élections.

Mon gouvernement, et les principaux partis politiques vénézuéliens qui y sont représentés, ont toujours encouragé et continueront à encourager la tenue d’élections libres afin de rétablir la démocratie au Venezuela. Nous sommes donc en faveur de la tenue d’élections dans le pays en 2020, à condition qu’elles soient organisées en toute transparence, selon le cadre juridique prévu par notre Constitution, et à condition que les élections présidentielles exigées par la Constitution depuis 2018 soient aussi célébrées. En accord avec toutes les parties, des observateurs internationaux doivent également pouvoir veiller librement sur le scrutin.

Nous sommes bien conscients que le régime de Nicolas Maduro n’a pas la volonté politique, ni la volonté humanitaire, de donner au peuple vénézuélien la possibilité de voter lors d’élections transparentes, libres et équitables. Nous réitérons donc que la seule façon de mettre fin à cette crise sans précédent est la formation d’un gouvernement national d’urgence qui se chargerait de convoquer ces élections libres et de mettre en œuvre un plan de sauvegarde du pays.

Nous devons sauver ce Venezuela, qui a été gravement touché par la misère et la corruption, et nous devons le faire avec la participation de la plus grande représentation de la nation. Voilà la seule ambition du gouvernement par intérim : reconstruire le Venezuela ensemble. Ne nous décourageons pas et continuons à travailler avec toute notre bonne volonté pour sauver notre peuple et notre pays.

Juan Guaido Marquez est reconnu comme « président par intérim » de son pays par les Etats-Unis, la France et plus de cinquante pays

12 juin 2020

Laetitia Casta

casta bardot

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