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Jours tranquilles à Paris

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18 mai 2020

Mort de Michel Piccoli

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Mort de Michel Piccoli : la maladie, les femmes de sa vie... Biographie de l'acteurMichel Piccoli est mort à l'âge de 94 ans des suites d'un accident cérébral, a-t-on appris ce lundi 18 mai. Grand acteur du cinéma français, il avait collectionné les tournages dans plus de 200 films. Retour sur sa brillante carrière.

L'ESSENTIEL

La nouvelle a été annoncée ce lundi par la famille de l'acteur dans un communiqué transmis à l'Agence France Presse : Michel Piccoli s'est éteint le 12 mai 2020 des suites d'un accident . Il avait 94 ans. Le communiqué, transmis à l'AFP par Gilles Jacob, ex-président du Festival de Cannes mais aussi ami de l'acteur, évoque le décès de ce monstre sacré du cinéma français : "Michel Piccoli s'est éteint le 12 mai dans les bras de sa femme Ludivine et de ses jeunes enfants Inord et Missia, des suites d'un accident cérébral".

Né en 1925, Michel Piccoli décide très jeune de devenir comédien. Sa carrière fleuve lui a permis de tourner dans des centaines de films des années 1940 à nos jours. On l'avait notamment vu dans Le Mépris ainsi qu'Habemus Papam. Dans son autobiographie parue en 2015, Michel Piccoli évoquait déjà sa mort mais aussi la vieillesse qui affectait sa mémoire : "On voudrait que ça ne s'arrête jamais et cela va s'arrêter. C'est très difficile. La mémoire se dégrade. Et je suis victime de cette catastrophe pour un acteur." Dans ce texte paru chez Grasset, il espérait une chose : "J'aimerais ne pas mourir !"

- Son dernier grand rôle dans Habemus Papam

Michel Piccoli a toujours exprimé son désir de ne jamais arrêter le métier d'acteur. Son dernier grand rôle reste Habemus Papam de Nanni Moretti, sorti en 2011 alors que l'acteur avait 85 ans. Ce long-métrage suit le parcours du cardinal Melville (Michel Piccoli), qui vient d'être élu Pape, mais qui n'arrive pas à se présenter au balcon du Vatican, un geste indispensable pour acter l'élection du nouveau pontife. Le long-métrage de Nanni Moretti a fait partie de la sélection officielle du festival de Cannes en 2011. Après ce rôle, il est apparu dans Vous n'avez encore rien vu, Holy Motors ou encore Le goût des myrtilles en 2013.

- Il avait adopté deux enfants en Pologne

Avec sa dernière épouse Ludivine Clerc, Michel Piccoli a choisi d'adopter deux enfants. C'est en Pologne que le couple a décider d'adopter deux enfants : leur fils Inord et leur fille Missia qui est d'ailleurs devenue comédienne. Ses enfants ainsi que sa femme étaient aux côtés du comédien lorsque celui-ci est décédé le 12 mai 2020 à l'âge de 94 ans.

- Ludivine Clerc, la femme avec qui il a terminé sa vie

Après une rupture douloureuse avec Juliette Gréco, Michel Piccoli se marie en 1978 avec Ludivine Clerc, scénariste avec qui il a l'occasion de travailler. Leur ami Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes, évoque leur relation en ces termes : "Ils ont fait plusieurs films ensemble. Discrète et solide, elle l’épaule depuis leur rencontre." C'est avec Ludivine Clerc que le comédien a terminé sa vie. Ensemble, ils ont adopté deux enfants.

- Juliette Gréco, sa deuxième femme

Michel Piccoli a été marié trois fois dans sa vie. D'abord avec Eléonore Hirt puis avec Juliette Gréco de 1966 à 1977. Ensemble, ils n'ont pas eu d'enfants mais leur histoire a longtemps fait fantasmer. Dans son autobiographie, le comédien affirmait que Gréco avait fini par le repousser : "Un jour, elle m’a dit va-t-en. Presque de cette façon. Ça a été douloureux de mon côté en tous cas".

- La consécration dans Le Mépris

Michel Piccoli a débuté sa carrière au cinéma dès 1945, alors qu'il n'a que vingt ans, en faisant une brève apparition dans Sortilèges ou Le Cavalier de Riouclare de Christian-Jaque. Les années suivantes seront prolifiques en rôle pour l'acteur qui tourne même déjà pour Jean Renoir (French Cancan), Jean-Pierre Melville (Le Doulos), Luis Bunuel (La Mort en ce jardin, Le journal d'une femme de chambre). Mais il se fera un nom auprès du public grâce au rôle de Paul Javal, dans Le Mépris de Jean-Luc Godard (1963). "Le Mépris m'a donné parmi les plus beaux moments que j'aie pu vivre avec mon réalisateur et mes partenaires, explique-t-il dans son autobiographie. Tous, Fritz Lang, Bardot, l'équipe des techniciens, nous travaillions dans la joie, mais aussi avec une sévérité exceptionnelle. Il est rare qu'un film suscite à la fois autant de joie et de concentration"

- Michel Piccoli, un homme de théâtre

Révélé au cinéma, Michel Piccoli avait l'amour du jeu d'acteur dans la peau. C'est donc sans surpris que le comédien a également brillé sur les planches. On a pu le voir notamment dans le registre classique, dans des adaptations de Racine, Molière ou Shakespeare. Sur deux années consécutives, Michel Piccoli est nommé pour le Molière du comédien pour son interprétation dans Le Roi Lear.

- La liaison de Michel Piccoli avec Romy Schneider

Dans son autobiographie parue en 2015 aux éditions Grasset et co-écrite avec son ami Gilles Jacob, Michel Piccoli révélait la liaison qu'il a entretenue avec l'actrice Romy Schneider. "Elle et moi avons eu la faiblesse de nous laisser aller à des gestes pas toujours honnêtes, mais cela n'a jamais détruit, comme on dit, l'amitié que l'on avait l'un pour l'autre".

 - Qu'est-ce qu'un accident cérébral, qui a emporté Michel Piccoli ?

Michel Piccoli nous a quittés après avoir été victime d'un accident cérébral, est-il indiqué dans le communiqué, transmis par son ami Gilles Jacob à l'AFP. L'accident cérébral, aussi appelé AVC, est provoqué par un arrêt brutal de la circulation sanguine dans une partie du cerveau. En France, on compte environ 150 000 AVC chaque année.

- Son premier mariage avec Eléonore Hirt

Michel Piccoli a côtoyé plusieurs femmes tout au long de sa vie. L'actrice française Eléonore Hirt fut sa première femme. Ensemble, ils eurent une fille du nom d'Anne-Cordélia Piccoli. Michel Piccoli et sa fille Anne-Cordélia étaient brouillés et ne se parlaient plus. Eléonore Hirt est décédée en 2017 à l'âge de 97 ans.

- Quand Michel Piccoli évoquait son métier d'acteur

Dans une archive partagée par l'INA le jour du décès de Michel Piccoli, on peut entendre l'acteur s'exprimer au sujet de son métier et de la conception qu'il en a. En 1970, Piccoli expliquait ne pas choisir un rôle mais plutôt un texte ou un metteur en scène : "Les rôles, ça m'est tout à fait égal." Il expliquait d'ailleurs être totalement fasciné par la jeunesse : "Plus je resterai avec eux, plus je resterai jeune, plus ils m'accepteront.". Retrouvez l'extrait en vidéo dans le tweet ci-dessous.

- Un acteur récompensé

Michel Piccoli était un acteur majeur de sa génération. S'il est nommé à plusieurs reprises pour les Césars dans les années 1980, il ne décrochera pas la statuette. Mais il remporte en 1980 le très prestigieux Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes, pour Le Saut dans le vide. Il a également remporté l'Ours d'argent du meilleur acteur pour Une étrange affaire en 1982, ou plus récemment le David di Donatello du meilleur acteur pour son rôle dans Habemus Papam. Toutefois, il n'a jamais été nommé ni récompensé pour son rôle dans Le Mépris.

- Les plus grands rôles de Michel Piccoli

Michel Piccoli était considéré comme un acteur majeur du cinéma français, cumulant plus de 200 rôles. Il a joué devant les plus grands, comme Alfred Hitchcock, Jacques Demy ou encore Renoir et Chabrol. L'un de ses plus grands rôles reste celui dans Le Mépris, qui l'a révélé aux côtés de Brigitte Bardot. On a également pu le voir dans Les Choses de la vie, Belle de jour, Les demoiselles de Rochefort, L'étau, et plus récemment en 2012, dans le long-métrage franco-italien Habemus papam. Pour ce rôle, il avait décroche le David di Donatello du meilleur acteur.

- De quoi est mort Michel Piccoli ?

C'est un monument du cinéma français qui s'en est allé. Michel Piccoli nous a quittés le lundi 12 mai dernier. Il avait déjà évoqué par le passé la vieillesse, qui affectait considérablement sa mémoire : "La mémoire se dégrade. Et je suis victime de cette catastrophe pour un acteur". Toutefois, le communiqué transmis à l'AFP ce lundi 18 mai précise que Michel Piccoli "s'est éteint dans les bras de sa femme Ludivine et de ses jeunes enfants, Inord et Missia, des suites d'un accident cérébral".

- Michel Piccoli est décédé

La nouvelle a été annoncée ce lundi 18 mai 2020. Michel Piccoli s'est éteint le 12 mai dernier, a annoncé sa famille dans un communiqué transmis à l'AFP. L'acteur, particulièrement connu pour son rôle dans Le Mépris aux côtés de Brigitte Bardot, avait 94 ans. Il serait mort des suites d'un accident cérébral, précise ce communiqué.

BIOGRAPHIE DE MICHEL PICCOLI

Michel Piccoli est né à Paris le 27 décembre 1925 dans une famille de musiciens. C'est à 18 ans qu'il décide de devenir comédien et suit ainsi des cours de théâtre au Cours Simon. Il est connu notamment pour ses rôles dans "Le Mépris" et "Habemus Papam". De ses débuts dans les années 40 à aujourd'hui, il a joué dans environ 200 films, mais aussi dans plus de 50 pièces de théâtre. Malgré son âge, il n'a jamais voulu arrêter sa carrière d'acteur. Michel Piccoli est décédé le 12 mai 2020, à l'âge de 94 ans, des suites d'un accident cérébral.

Consécration dans Le Mépris

Michel Piccoli débute au cinéma en faisant une première apparition dans "Sortilèges", de Christian-Jaque, en 1945. Dans les années 40, il est principalement comédien au sein de troupes de théâtre puis à partir des années 50, il joue également pour le cinéma, ayant généralement des petits rôles. C'est en 1963 que Michel Piccoli est révélé au public grâce au film Le Mépris de Jean-Luc Godard. Film franco-italien, adaptation du roman du même nom d'Alberto Moravia, il met en scène un couple uni, représenté par Michel Piccoli et Brigitte Bardot, qui fait la rencontre d'un producteur. Laissant sa femme auprès de celui-ci, il s'ensuit malentendus, mépris et séparation du couple. Le film est un succès, étant à la septième place du classement au box-office français en 1963.

En 1965, Michel Piccoli joue dans le téléfilm Dom Juan ou le Festin de Pierre de Marcel Bluwal. Il y tient le premier rôle, celui de Dom Juan, homme libre qui n'a pas peur de Dieu et qui n'hésite pas à blasphémer et faire ce qu'il veut, aux cotés d'un Sganarelle, joué par Claude Brasseur, désespéré par l'attitude de son maître.

Michel Piccoli enchaîne ensuite de nombreux rôles, dirigé par les plus grands réalisateurs parmi lesquels Renoir, Chabrol, Demy et Alfred Hitchcock. Il excelle alors dans les rôles de séducteurs rassurants mais n'hésite pas à expérimenter des rôles plus provocants, voire scandaleux comme dans "La Grande Bouffe"et "Grandeur Nature" en 1973. Après avoir joué les escrocs dans "Trio Infernal" en 1974 et "Sept Morts sur Ordonnance" en 1975, il obtient le prix d'interprétation masculine à Cannes en 1980 pour son rôle dans "Le Saut dans le Vide"  en 1979. Malgré une longue carrière, il conserve un certain succès dans les années 1990 et 2000. En 2009, l'acteur, alors âgé de 83 ans, donne volontiers la réplique aux plus jeunes dans "Le Bel âge" où il prouve aisément sa capacité à transmettre l'émotion aussi bien que la jeune génération, incarnée ici par Pauline Etienne.

Son idylle avec Romy Schneider

Michel Piccoli devient un acteur fétiche de plusieurs réalisateurs : Luis Buñuel avec 8 films, Marco Ferreri avec également 8 films et Claude Sautet avec 5 films. Il a également joué six fois aux côtés de Romy Schneider dans "La voleuse", "Les choses de la vie", "Max et les Ferrailleurs", "Le trio infernal", "Mado" et "La passante du Sans-Souci". En 2015, il révèle qu'il a eu une idylle avec la comédienne : "Elle et moi avons eu la faiblesse de nous laisser aller à des gestes pas toujours très honnêtes."

Habemus Papam, son dernier grand rôle

En prenant de l'âge, Michel Piccoli acquiert une forme d'autorité et de sagesse que le facétieux Nanni Moretti décèle bien en lui offrant le rôle principal dans Habemus Papam, en 2011, où il incarne un Pape en plein doute, qui se demande si ce n'est pas trop pour un seul homme, que d'incarner la foi et l'espoir pour toute une religion et des millions de fidèles. Il s'agit là de l'un de ses derniers grands rôles mais, à près de 90 ans, l'acteur n'a pas encore renoncé à sa carrière.

Michel Piccoli réalisateur

Sans délaisser le théâtre, Michel Piccoli s'essaie à la réalisation avec d'abord deux courts métrages puis des longs métrages : "Alors Voilà" en 1997, "La Plage Noire" en 2001 et "C'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvé" en 2005. En 1983, il est narrateur dans l'enregistrement "d'OEdipus rex" d'Igor Stravinsky. Il enregistre également les lectures de "Gargantua" de François Rabelais et des "Fleurs du mal" de Charles Baudelaire. Il fait une reprise du "Déserteur" de Serge Reggiani, en 2002, sur l'album hommage "Autour de Serge Reggiani". Il publie aussi deux ouvrages : "Dialogues égoïstes" écrit en collaboration avec Alain Lacombe en 1976 et "J'ai vécu dans mes rêves" en collaboration avec son ami Gilles Jacob en 2015.

Michel Piccoli et Juliette Gréco

Michel Piccoli est d'abord marié une première fois, en 1954, à l'actrice Eléonore Hirt, avec qui il a une fille du nom d'Anne-Cordélia Piccoli. S'étant brouillé avec sa fille, il n'a depuis plus aucun contact avec elle. Après une liaison avec Romy Schneider, il épouse la chanteuse Juliette Gréco en 1966 jusqu'en 1977, lorsqu'elle le congédie. Ils étaient considérés comme un couple de légende. Puis en 1978, il se marie avec la scénariste Ludivine Clerc. Ensemble, ils adoptent deux enfants, Inord et Missia, d'origine polonaise.

Ses engagements politiques

Michel Piccoli s'engage en politique, d'abord en étant membre du Mouvement de la Paix (communiste), puis avec les socialistes. Totalement contre le Front National, il soutient François Mitterrand en 1974 et 1981 et, en 2007, il appelle à voter pour Ségolène Royal, en signant avec 150 intellectuels un texte "contre une droite d'arrogance", pour "une gauche d'espérance".

Dans une longue interview à l'Express en 2000, il précise que sa conscience politique s'est réveillée lors de la Seconde Guerre mondiale en entendant tout d'abord Hitler à la radio puis l'appel du 18 juin par De Gaulle. Il dit également qu'en s'engageant en politique, bien qu'il ne se considère pas comme militant, il ne pensait un instant que cela aurait pu avoir un impact ou non sur sa carrière.

Michel Piccoli est un acteur qui dit ce qu'il pense. Aussi, en 2015 à l'aube de ses 90 ans, lorsqu'il publie son autobiographie aux éditions Grasset, il n'hésite pas à évoquer des sujets difficiles comme la vieillesse, la maladie et la mort. Le comédien racontant notamment souffrir d'un mémoire qui lui faisait défaut. "On voudrait que ça ne s'arrête jamais et cela va s'arrêter. C'est très difficile. La mémoire se dégrade. Et je suis victime de cette catastrophe pour un acteur." Il expliquait que le monde du spectacle lui confiait de moins en moins de travail : "Parfois, je me sens très bien et je suis indigné de ne plus jouer parce que les médecins et les assurances rendent la décision de me choisir compliquée." Au sujet de la mort, Michel Piccoli se montrait très clair : "J'aimerais ne pas mourir !" Le 12 mai 2020, Michel Piccoli décède des suites d'un accident cérébral, annonce sa famille dans un communiqué.

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18 mai 2020

Habemus Papam / We Have A Pope Trailer (Nanni Moretti) - avec Michel Piccoli

Following the death of the Pope, the Conclave meets to elect his successor. A cardinal is chosen who seems unable to bear the weight of such a responsibility. Is it anxiety? Is it depression? Does he feel inadequate? The faithful are waiting for the new Pope to appear on the balcony in St. Peter's Square. The world is on tenterhooks, while in the Vatican they seek ways to come through the crisis. (Source: Cannes Festival)

18 mai 2020

L'acteur Michel Piccoli, l'un des derniers monstres sacrés du cinéma européen, est mort à l'âge de 94 ans

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Le comédien laisse derrière lui des films innombrables tournés avec les plus grands cinéastes et une immense carrière théâtrale.

Il était apparu au cinéma dès 1945, avant de devenir l'un des plus grands acteurs français. Né le 27 décembre 1925, Michel Piccoli est mort à 94 ans, a annoncé sa famille lundi 18 mai. Acteur, réalisateur, producteur, metteur en scène, il a rencontré le succès sur le tard, à partir de 1963, avec Le Mépris de Jean-Luc Godard, aux côtés de Brigitte Bardot. Il était omniprésent depuis, sur scène et à l'écran, jusqu'à 2014, date de sa dernière apparition au cinéma.

Un homme secret et engagé

Discret, voué à son art, exigeant dans ses choix, Michel Piccoli ne défrayait pas la chronique. Seul un film, une pièce, une récompense le faisait sortir de son antre, rien de plus. Secret, il a toutefois toujours prôné ses valeurs socialistes, soutenant François Mitterrand à deux reprises, ainsi que Ségolène Royal, montant au créneau contre le Front national ou pour défendre Amnesty International et les droits d'auteur sur internet.

Né à Paris d'un père violoniste et d'une mère pianiste, fille de famille fortunée, Michel Piccoli entre au cours Simon et apparaît dès 1945 à l'écran dans Sortilège de Christian-Jaque. Il a alors 20 ans. Si le cinéma fait tôt appel à lui, c'est le théâtre qui le passionne. Il intègre les compagnies Renaud-Barrault et Grenier-Hussenot, ou l'avant-gardiste Théâtre de Babylone.

Danièle Delorme et Michel Piccoli dans un scène de \"Tu ne m\'échapperas jamais\" réalisée en direct par Marcel Bluwal pour la télévision et adaptée de la pièce de Margaret Kennedy.Danièle Delorme et Michel Piccoli dans un scène de "Tu ne m'échapperas jamais" réalisée en direct par Marcel Bluwal pour la télévision et adaptée de la pièce de Margaret Kennedy. (PHILIPPE BATAILLON / INA)

La vie privée de l'homme reste confidentielle. Si ses trois mariages sont connus, qui se le rappelle marié à Juliette Gréco de 1966 à 1977 ? Il est également le père d'une fille issue de son premier mariage et de deux filles adoptives polonaises.

L'anti-jeune premier

Dès ses débuts, le jeune Piccoli passe du cinéma au théâtre, avec une accélération prodigieuse à partir de 1950. Il enchaîne jusqu'à cinq pièces (Courteline, Pirandello, Strindberg) et quatre films la seule année 1952. Il tourne pour Jean Delannoy, Jean Renoir, René Clair, Alexandre Astruc… L'acteur participe aux balbutiements de la télévision dès 1954 dans un remake de Sylvie et le Fantôme, et y fera des apparitions régulières, même si le grand rôle n'est pas au rendez-vous.

Il tourne en 1956 La Mort en ce jardin, son premier film avec Luis Buñuel, qui le dirigera cinq autres fois, dans Journal d'une femme de chambre (1963), Belle de jour (1966), La Voie lactée (1969), Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) et Le Fantôme de la liberté (1974).

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Remarqué dans Le Doulos de Jean-Pierre Melville en 1962, Michel Piccoli se fait connaître du grand public l'année suivante, grâce au Mépris de Jean-Luc Godard, où, premier rôle masculin, il donne la réplique à Brigitte Bardot, en pleine "BBmania".

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Il a 38 ans, l'âge de la retraite pour les jeunes premiers, rôle que ne tiendra jamais Piccoli, alors que sa vraie carrière vient de commencer.

Buñuel, Sautet, Ferreri… et les autres

Ce physique mature ne l'empêchera pas de tourner avec les plus belles actrices : Bardot, on l'a vu, Jeanne Moreau, Catherine Deneuve ou Romy Schneider. Les années 1960-1970 sont un boulevard pour Michel Piccoli qui va enchaîner les grands rôles. Comparable aux Gabin, Delon, Ventura de l'époque, il fait toutefois le choix de films moins commerciaux et s'il tâte du polar, c'est toujours à la marge.

Après sa rencontre majeure avec Luis Buñuel, c'est Claude Sautet qui domine dans sa carrière. Le réalisateur fait appel à lui en 1970 dans Les Choses de la vie qui le place au premier plan et engendrera quatre autres collaborations : Max et les Ferrailleurs (1971), César et Rosalie (1972), Vincent, François, Paul… et les autres (1974), puis Mado (1978), tous aux côtés de Romy Schneider.

Les Acacias

Troisième réalisateur à lui être fidèle : Marco Ferreri avec lequel il tourne six films, dont le sulfureux La Grande Bouffe, qui fit un scandale mémorable en 1973 à Cannes. Frondeur, il y incarne, aux côtés de Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi, Philippe Noiret et Andréa Ferréol, un homosexuel qui meurt dans ses excréments.

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Il jouera aussi un homme amoureux de sa poupée gonflable (Grandeur nature), un locataire qui pète les plombs et détruit son immeuble (Themroc) ou un avocat bigame, escroc et assassin (Le Trio infernal).

Eclectisme

Michel Piccoli ne va pas dans le sens du vent, prend des risques et tourne à tour de bras. S'il est dirigé par un Claude Chabrol installé (Les Noces rouges) ou Louis Malle (Atlantic City, Milou en mai), il sert de jeunes auteurs comme Jacques Doillon, Francis Girod ou Leos Carax. Il est aussi un pilier de Manoel De Oliveira (Je rentre à la maison) ou Raoul Ruiz (Généalogie d'un crime).

Mais, fidèle à ses origines et à la double carrière de ses débuts, Michel Piccoli n'a eu de cesse de monter sur les planches. En 1965, son interprétation de Dom Juan, d'après Molière, pour la dramatique télévisée de Marcel Bluwal, est très remarquée. Il est mis en scène par Peter Brook, Patrice Chéreau, Bob Wilson ou Luc Bondy, interprète Racine, Shakespeare, Marivaux, Ibsen, Koltès ou Duras.

Cet éclectisme dans ses rôles reflète celui de l'artiste. Dans son dernier grand film, Habemus Papam, de Nanni Moretti, présenté à Cannes, il interprète un pape pris par le doute. L'ambiguïté restera l'empreinte laissée par ses rôles et son génie pour les interpréter. Il mettra en scène pour le théâtre Une vie de théâtre de David Mamet en 1988 et réalisera plusieurs courts métrages avant trois longs, dont son dernier en 2005, C'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvé. Si ce titre sonne aujourd'hui comme une épitaphe, Michel Piccoli demeurera pour nous l'acteur rêvé.

18 mai 2020

Les bouquinistes sur les quais de Seine sont de nouveau ouverts...

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18 mai 2020

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18 mai 2020

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18 mai 2020

«Le Figaro» réinvente Emmanuel Macron

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Par Daniel Schneidermann — Libération

Le quotidien de droite livre une enquête sur la «réinvention» du chef de l’Etat à la sortie de cette crise. Du travail d’orfèvre, tout en nuance. Il faut que tout change pour que rien ne change.

La situation est grave. Pour les morts. Pour les survivants. Pour les endeuillés. Pour les soignants. Pour les futures centaines de milliers de chômeurs. Pour la France. Mais surtout, ne l’oublions pas, pour Emmanuel Macron lui-même, première victime, qui «se retrouve à devoir réécrire l’histoire de son quinquennat», constatent pas moins de trois journalistes du Figaro, qui cosignent une enquête sur cet exercice de réécriture.

Soulignons d’emblée que personne n’impose rien à Emmanuel Macron. Tirant les conclusions des nombreuses défaillances de l’Etat dans la gestion de la pandémie (erreurs stratégiques, mensonges, incapacité de fournir des masques à la population), il pourrait se contenter de démissionner discrètement. Le soleil se lèverait néanmoins le lendemain. Tout le monde comprendrait.

Mais non. Réécrire, donc, avec le préfixe «ré», comme pour «réinventer». Mais comment ? C’est le sujet de l’enquête du Figaro. «Le Président ne veut-il pas lui-même se "réinventer"» ? D’aucuns ont vu dans cette sortie prononcée lors de son allocution du 12 mars devant 34 millions de téléspectateurs la promesse du fameux «coup de barre à gauche», s’interroge le journal. Qui est allé poser la question à «un ministre de poids». Lequel a une réponse : «La relance par la transition écologique et la lutte contre les inégalités sociales doivent être les deux inflexions de la fin du quinquennat.»

A ce stade, le Figaro vacille. Heureusement, il n’en est pas question. «Le chef de l’Etat ne compte pas céder», annonce le journal. Le poids du «ministre de poids» est donc tout relatif.

Continuons. «Il doit aussi faire face aux pressions politiques conjuguées de sa propre majorité et des oppositions. L’un de "ses plus fidèles compagnons de route" l’affirme : "Le programme sur lequel il a été élu est mort. L’équation est simple : soit on est capable d’inventer un deuxième projet avant la fin du printemps, soit on disparaît."» Un ministre renchérit : «Emmanuel Macron doit renverser la table rapidement, sinon on ne pourra plus prendre d’initiatives, on va finir par se chiraquiser ou se hollandiser.»

Mais alors quoi ? Doter l’hôpital de moyens corrects ? Augmenter les salaires des «héros» (éboueurs, caissières, chauffeurs routiers) ? Relocaliser l’industrie du médicament, l’industrie de l’élastique pour les masques, prévoir des masques recyclables ? Reconstituer les stocks ? On sent bien que ces solutions ne seraient pas à la hauteur d’un esprit supérieur comme celui du Président.

«Il est persuadé, explique le Figaro, que l’heure n’est pas au retour du clivage gauche-droite. Alors il veut essayer autre chose.» On approche. «Rebondir». On brûle. «Renaître une nouvelle fois de ses cendres» (ils sont payés à la ligne, au Figaro ?) «Comme après la crise des "gilets jaunes".» Ah. Un grand débat, donc. Chic.

«Il faut donc trouver un "en même temps".» Voilà. On allait le dire. Mais sans pour autant refaire le coup du premier «et en même temps», qui a déjà beaucoup servi. «Un chemin de crête.» Nous y voilà enfin.

Ou presque. «Cette fois, il veut tenter le pari de rassembler l’ensemble des forces vives de la nation.» Syndicats et patronat ? Un Grenelle ? Comme en Mai 68 ? «On ne réglera pas tous les problèmes liés à cette crise en deux ans. Mais on peut rechercher les voies d’une concorde, d’un consensus et se mettre d’accord sur les priorités des Français», argumente un intime du Président. A moins qu’une médaille ? Une médaille de la concorde et du consensus ?

«Mais pas question pour autant de tirer un trait sur le début du mandat. C’est même le contraire.» «Il faut redonner toute leur dimension et leur profondeur historique aux trois premières années de la présidence Macron, abonde un proche conseiller du chef de l’Etat. Ce sont trois années durant lesquelles les réformes qui n’avaient jamais été faites ont été engagées et accomplies. La crise du Covid ne doit pas écraser le premier temps du quinquennat.»

D’autant qu’«on était à deux doigts d’obtenir des résultats très structurants pour la société française, défend un proche d’Edouard Philippe. Il n’y a pas d’autre alternative que de rebâtir là-dessus.» En fait, le Figaro a trouvé la martingale. Macron II, ce sera très différent de Macron I, à cette nuance près que ce sera la même chose. Compris ?

18 mai 2020

Milo Moiré

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18 mai 2020

Avec six nominations, le spectacle « La Mouche » part favori de la cérémonie des Molières

Par Sandrine Blanchard - Le Monde

Malgré les salles fermées, la remise des prix aura lieu sans public le 23 juin et sera diffusée sur France 2. Crise sanitaire et gestes barrières obligent, son format sera très différent des éditions précédentes.

Malgré la fermeture des salles de spectacle pour cause de coronavirus, la 32e soirée des Molières aura bien lieu. Les nominations ont été annoncées, dimanche 17 mai sur France 2, par le producteur Jean-Marc Dumontet, président de l’Association les Molières. La remise des prix, enregistrée sans public au théâtre du Châtelet à Paris, sera diffusée mardi 23 juin à 21 heures sur cette même chaîne. Crise sanitaire et gestes barrières obligent, son format sera très différent des éditions précédentes.

Parmi les dix-neuf Molières récompensant créations et artistes, La Mouche, mise en scène par Valérie Lesort et Christian Hecq, arrive en tête des nominations pour le théâtre public. Ce spectacle – auquel le couple présidentiel avait assisté le 17 janvier au théâtre des Bouffes du Nord dans une ambiance perturbée par la mobilisation contre la réforme des retraites – est cité dans six catégories. Electre des bas-fonds de Simon Abkarian obtient cinq nominations, suivi de La puce à l’oreille, mise en scène de Lilo Baur, avec quatre nominations, et Contes et légendes de Joël Pommerat, quatre nominations.

« Rouge » cumule cinq nominations pour le théâtre privé

Côté théâtre privé, Rouge, de John Logan, mise en scène par Jérémie Lippmann, cumule le plus de mentions (cinq nominations). Alexis Michalik, qui avait raflé cinq statuettes en 2017 pour sa pièce Edmond, concourt à nouveau dans quatre catégories pour sa nouvelle création Une histoire d’amour. Marie des poules – gouvernante chez George Sand, de Gérard Savoisien, mise en scène Arnaud Denis est, elle aussi, citée quatre fois.

Pour le titre de meilleure comédienne et meilleur comédien du théâtre public, Isabelle Adjani concourt aux côtés d’Isabelle Carré, Géraldine Martineau et Christine Murillo tandis que Michel Vuillermoz sera confronté à Philippe Torreton, Christian Hecq et Simon Abkarian.

En choisissant de maintenir ce rendez-vous de la soirée des Molières, France Télévisions entend soutenir le spectacle vivant alors que toutes les salles restent fermées pour une durée encore indéterminée. La « cérémonie » sera suivie de la diffusion, non pas du Jeu de l’amour et du hasard, de Marivaux, mis en scène par Catherine Hiegel comme initialement prévu, mais de La vie de Galilée de Bertolt Brecht, mis en scène par Éric Ruf, administrateur général de la Comédie-Française.

18 mai 2020

Extrait d'un shooting - photos : Jacques Snap

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