Au Pérou, des bouffons traditionnels pour faire respecter le confinement
COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)
Sur la rive péruvienne du lac Titicaca, la ville de Puno a fait appel aux kusillos, des bouffons traditionnels, pour encourager la population à respecter le confinement et les mesures de protection contre le Covid-19.
Très populaires dans la culture aymara, un groupe ethnique indigène partagé entre le Pérou et la Bolivie, les kusillos sont de personnages folkloriques, lointains cousins d’Arlequin, caractérisés par leurs masques en laine colorés.
Vendredi, vêtus de leurs atours traditionnels, ils ont arpenté les rues de Puno pour rappeler aux habitants, avec humour, les règles de distanciation sociale et les mesures de protection contre le Covid-19, rapporte La República.
Certains d’entre eux, raconte le journal, portaient un fouet, utilisé dans le cadre des danses traditionnelles “pour faire respecter l’ordre et empêcher le public d’interrompre ou de perturber le défilé des danseurs”.
L” histoire ne dit pas si les kusillos ont usé de leur fouet pour faire respecter les gestes barrière ou convaincre les plus réticents de porter un masque, mais le quotidien assure que la présence de ces personnages, “très appréciés” de la population, a été saluée sur les marchés de la ville.
La région de Puno, à près de 4 000 mètres d’altitude, est l’une des moins touchées par le Covid-19 au Pérou, avec moins de 200 cas confirmés et un mort déclaré. Au niveau national, la pandémie a fait près de 2 400 morts.
Charliee
Face à Macron, les soignants réaffirment que l’hôpital se fout de la charité
Par Laure Bretton — Libération
En visite vendredi à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, le Président a commencé à détailler le futur «plan massif» pour l’hôpital, promettant une revalorisation des salaires et des carrières. Très remontés, infirmiers et médecins se sont montrés sceptiques.
Remettre sur le métier son ouvrage. Fin février, alors que l’épidémie de coronavirus balbutiait en France, Emmanuel Macron s’était rendu à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière pour «échanger» avec les équipes médicales. La visite s’était soldée par un face-à-face tendu entre soignants réclamant plus de moyens et Président demandant «moins d’hypocrisie» dans la répartition des responsabilités sur l’état de l’hôpital public.
Deux mois et demi et 27 000 morts plus tard, le chef de l’Etat a repris le chemin de la Pitié-Salpêtrière vendredi, passant cette fois toute une matinée à l’écoute de ceux qu’il a rebaptisés les «héros en blouse blanche» lors d’une table ronde, visitant une unité Covid et glissant quelques très inhabituels mea culpa.
«Choc salarial».
Avec la loi «Ma santé 2022», adoptée en juillet dernier, «j’étais convaincu qu’on était en train de changer les choses et ça, c’est très cruel pour moi, je dois l’admettre», explique Emmanuel Macron, reconnaissant avoir «sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée». Selon l’analyse présidentielle, le texte porté à l’époque par Agnès Buzyn péchait par manque de moyens - «pas du tout suffisants» - et par manque de «sens», un mot qu’il a répété sans cesse au fil de sa visite.
But officiel de l’opération Salpêtrière : promettre d’aller au-delà de la prime coronavirus de 500 à 1 500 euros et assurer le service avant-vente du «plan massif» pour l’hôpital que l’exécutif prépare. «Les Grenelle, on en a beaucoup entendu parler, moi ça me fatigue un peu, mais on pourrait parler d’un "Ségur de notre organisation de santé"», explique Macron, faisant rire son auditoire. Mais à chaque étape de sa visite, c’est surtout à la fatigue, à la mobilisation et à la colère des soignants que le Président se retrouve confronté.
Les échanges sont parfois policés. «Ce ne sont pas des petites augmentations qui feront les choses, il faut un choc salarial», défend le Pr Thomas Similowski, chef du service de pneumologie, face au Président. Mais le dialogue est souvent tendu. «Il y a des collègues, héros de la nation, qui sont en train de se demander si elles vont pouvoir manger et payer leur loyer. […] Qu’est-ce que vous allez faire ? Vous allez embaucher ?» embraye une infirmière. Une de ses collègues des urgences : «On veut du flouze, du pèze, de la fraîche, on veut de l’argent. C’est pas 300 euros qu’il faut, c’est bien plus pour garder notre personnel.» «On sera au rendez-vous», promet à chaque coup le Président. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, est donc prié de lancer dès la semaine prochaine une «concertation express» pour bâtir un plan construit sur quatre piliers : revalorisation, investissements, gouvernance et innovation.
«Mauvais deal».
Depuis le début de la semaine, le pire de la crise sanitaire semblant passé, les personnels hospitaliers redonnent de la voix : défilé syndical à Toulouse, manifestation devant l’hôpital Robert-Debré à Paris, rassemblement au CHU de Saint-Etienne… Les slogans ressemblent à ceux d’avant le Covid-19 - «Du fric pour l’hôpital public !» - mais ils sont désormais assaisonnés avec le ras-le-bol lié à la gestion de l’épidémie : le manque de masques, de respirateurs, les heures supplémentaires, les salaires trop bas vu les risques encourus… Visiblement, la «première ligne» ne croit pas aux promesses de primes et de revalorisation salariale énoncées dans le feu de la «guerre» sanitaire. L’avalanche de reconnaissances honorifiques cette semaine - médaille, 14 Juillet et Légion d’honneur - n’a fait qu’alimenter la méfiance, donc «il faut aller vite», reconnaît Emmanuel Macron, qui pose cependant pas mal de bornes, budgétaires et philosophiques : «Le quoi qu’il en coûte d’un soir de mars ne peut pas perdurer éternellement.»
Ce que l’homme de la «start-up nation» veut retenir de cette crise, c’est surtout la «souplesse», «l’agilité», la «gestion par le bas» que l’on a «retrouvées» pendant ces trois mois. L’une des leçons du coronavirus à ses yeux, c’est «l’extraordinaire capacité à trouver des solutions en un temps record quand on laisse la liberté aux gens». «Je ne mettrai pas plus d’argent pour que le système fonctionne pareil. Je mets plus d’argent parce que je pense que notre santé le mérite, mais il faut changer les habitudes. […] Il faut sortir d’une logique toujours contentieuse», prévient-il encore.
L’ancien ministre de l’Economie n’a jamais été tendre avec les 35 heures, défendant la recherche de «nouveaux équilibres» au niveau des branches ou des entreprises sans aller jusqu’à vouloir toucher au totem de la loi Aubry. Vendredi, il a continué sur cette lancée, critiquant le «mauvais deal» des 35 heures à l’hôpital qui ont «surrigidifié le cadre du temps de travail». Olivier Véran s’engouffre dans la brèche. «N’est-ce pas incohérent de maintenir les 35 heures alors que certains, pour gagner plus, travaillent en dehors en toute illégalité ?» glisse le ministre de la Santé, qui s’interroge carrément sur le maintien du «cadre unique de la Fonction publique». Prévenant sans peur : «Je mets les pieds dans le plat.»
Quand Chris Morin-Eitner transforme la capitale en jungle tropicale
La nature reprend ses droits ! Si l’humain venait à disparaitre, à quoi ressemblerait les villes, les monuments emblématiques qu’elles abritent ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? L’artiste, Chris Morin-Eitner, n’a pas hésité à se la poser, tellement, qu’il a décidé de réaliser un projet autour de cette question. Fascinant non ?
« Il était une fois demain », est une série de photographies dystopiques nous permettant d’imaginer la capitale après l'extinction de l’être humain. Une catastrophe naturelle, le réchauffement climatique, peu importe, ces clichés illustrent un monde où nous n’existons plus, seuls les animaux et la végétation subsistent, ils prennent possession des lieux.
Un paysage apocalyptique où la seule trace de notre passage est représentée par les monuments phares de Paris. Le Louvre, Le Moulin-Rouge, Le Sacré Cœur, Le Centre Pompidou, La Tour Eiffel, Les Champs-Elysées, tous ces édifices font qu’un avec une véritable jungle tropicale. Et le spectacle est saisissant !
Certains trouveront ces clichés effrayants, d’autres sublimes, à chacun son interprétation. Si le travail de Chris Morin-Eitner vous a plu n’hésitez pas à visiter le site de la Galerie W Landau, vous y découvrirez de nouvelles villes ensevelies sous le poids de la nature.
https://www.galeriew.com/artistes/chris-morineitner
5 rue du Grenier-Saint-Lazare 75003 Paris
212 rue Saint-Martin 75003 Paris
Lundi – Samedi, 10h30-19h et sur rendez-vous
01 42 54 80 24 | info@galeriew.com
Pontivy - L’Art dans les chapelles, cette survivante
En péril financier il y a encore un an, l’association « l’Art dans les chapelles » résiste à la crise sanitaire : ce rendez-vous culturel se tiendra bel et bien cet été, dans le pays de Pontivy ! Archives Le Télégramme
Article de Pierre Bernard
Dans le chaos, elle reste debout. L’association L’art dans les chapelles, dans le pays de Pontivy, tiendra bien son traditionnel rendez-vous culturel, cet été, malgré la crise sanitaire. Un des rares événements maintenus en Bretagne !
« On vient juste d’avoir les autorisations, c’est bon ! ». Dans un bonheur teinté de soulagement, la directrice de L’art dans les chapelles Gaëlle Gibault vient d’officialiser la bonne nouvelle : la manifestation culturelle se tiendra bien cet été, malgré une crise sanitaire qui a causé moult reports d’autres manifestations. Une annonce qui offre un peu de lumière en ces temps bien sombres pour les amoureux de la culture.
Du 18 juillet au 20 septembre
Né en 1992, L’art dans les chapelles invite des artistes nationaux et internationaux à intervenir dans des lieux patrimoniaux remarquables du pays de Pontivy, dont la plupart ont été érigés entre le XVe et XVIe siècle. Une séquence estivale qui, d’habitude, se tient dès la première de juillet jusqu’à la fin septembre. Cette année, pour la 29e édition, crise oblige, la manifestation se tiendra du 18 juillet au 20 septembre. Soit un peu plus tard que d’habitude. Et sans rencontres avec les artistes ni présentation de la programmation 2020 au public. Mais aussi, sans vernissage.
Accès dans les chapelles avec masque obligatoire
Autre changement : l’accès aux chapelles sera conditionné par le port du masque, obligatoire. Une jauge de personnes sera déterminée en fonction de chaque lieu de culte. Notons que certaines communes, qui avaient coutume d’accueillir la manifestation les années précédentes, n’ont pas souhaité participer cette année. « Un choix que l’on respecte », dit-on dans les coursives de l’association.
Le coup dur évité
Pour L’art dans les chapelles, cette permission de dernière minute est évidemment une bonne nouvelle. D’autant que l’association était dans le rouge au niveau des finances l’an passé, avec un déficit de 25 000 €. « Un report en 2021 aurait été un vrai coup dur », admet la directrice, qui rassure : « nous sommes désormais en bonne santé financière avec 6 000 € en positif ». En un an, l’association a dû sacrifier le poste de chargé de communication, qui n’a pas été renouvelé. « Beaucoup d’autres économies ont été réalisées », argue Gaëlle Gibault, qui reste prudente. « On craint quand même que la recette soit divisée par deux en 2020, avec la crise sanitaire. Il n’y aura surtout pas de vernissage, et c’est là que l’on réalise le plus de ventes ». Debout dans le chaos, L’art dans les chapelles tremble un peu. Mais garde un immense sourire.
La programmation 2020
Patrice Balvay, chapelle Notre-Dame du Gohazé, à Saint-Thuriau ; Katinka Bock, chapelle Saint-Adrien à Saint-Barthélémy ; Jennifer Caubet, chapelle Saint-Nicolas de Pluméliau ; Thierry Fournier, chapelle Notre-Dame du Moustoir à Malguénac ; Michel Mazzoni, chapelle Notre-Dame des Fleurs à Moustoir-Remungol ; Moutaincutters, chapelle Saint-Meldéoc à Guern ; Bernard Pourrière, chapelle Saint-Fiacre à Melrand ; Erik Samakh, chapelle Sainte-Tréphine à Pontivy ; Maxime Thieffine, chapelle Saint-Tugdual à Quistinic ; Claire Trotignon, chapelle Saint-Drédeno à Saint-Gérand ; Sofi Zezmer, chapelle Sainte-Noyale à Noyal-Pontivy ; Mengzhi Zheng, chapelle de La Trinité à Cléguérec.



















