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Jours tranquilles à Paris

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17 mai 2020

L’hommage d’Emmanuel Macron au général de Gaulle, 80 ans après la Bataille de France

La première étape d’une série de célébrations cette année en hommage à « l’homme du 18 juin ».

Par L'Obs avec AFP

Emmanuel Macron, ce dimanche 17 mai, dans l’Aisne, rend hommage à « l’esprit de résistance » du général. 

Au son du clairon, Emmanuel Macron s’est recueilli dimanche matin devant le petit monument aux morts de Dizy-le-Gros, dans l’Aisne, en l’honneur des 60 000 morts de la « bataille de Montcornet » où en pleine débâcle s’illustra en mai 1940 un colonel encore inconnu, Charles de Gaulle.

Prévu de longue date, ce déplacement présidentiel est le premier, depuis plus de deux mois, à ne pas être consacré à la lutte contre le coronavirus.

En célébrant cette « défaite courageuse », qui a cependant montré que l’armée française avait réussi à contenir quelques heures l’armée allemande, Emmanuel Macron donne le coup d’envoi d’une série de célébrations cette année pour honorer « l’homme du 18 juin » et son « esprit de résistance ».

Précautions sanitaires

Dans ce petit village de 760 habitants près de Laon, dont les routes d’accès ont été bouclées par la gendarmerie, seuls une poignée d’invités ont accueilli le chef de l’Etat, pour cause de précautions sanitaires. Parmi eux, des descendants de soldats tombés au combat à Dizy le 16 mai 1940, membres du 3e régiment d’automitrailleurs.

Le maire Jean-Marie Bouché a confié :

« Nous sommes très honorés car c’est la première fois qu’on reçoit un président, mais aussi pour l’hommage aux soldats tués et à leurs familles. Mais aussi un peu tristes que, à cause du Covid, on ne puisse pas en faire profiter la population ».

Emmanuel Macron devrait ensuite se rendre à La-Ville-aux-Bois-les-Dizy pour un discours en hommage à l’action de Charles de Gaulle qui lança le 17 mai 1940 la 4e division cuirassée pour tenter de freiner l’avancée rapide de la Wehrmacht dans le nord et l’est de la France.

La « bataille de Montcornet » échoua mais elle fut ensuite considérée comme une « défaite courageuse », l’une des rares contre-attaques montrant que l’armée française pouvait mettre en difficulté les Allemands.

« C’est à partir de là » que « l’espérance » a « grandi et fini par ce que l’on a appelé la libération de la France », a déclaré de Gaulle en revenant sur les lieux, comme président, un quart de siècle plus tard.

Dans son discours, Emmanuel Macron « honorera le refus de la résignation et l’esprit de résolution et de résistance » dont le haut-gradé avait fait preuve face à « l’esprit de défaite » de certains responsables militaires et politiques français, indique l’Elysée.

Macron, « adepte du dépassement »

Pour cette cérémonie sobre et en format restreint en raison de la pandémie, le chef de l’Etat est accompagné dimanche du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, d’Yves de Gaulle, petit fils de l’ancien président, de Xavier Bertrand, président (ex-LR) des Hauts-de-France et d’Hervé Gaymard, président de la Fondation de Gaulle.

Cette année, Emmanuel Macron entend célébrer deux autres anniversaires : les 80 ans de l’Appel du 18 juin au Mont-Valérien et peut-être à Londres si les conditions sanitaires le permettent ; puis le 50e anniversaire de la mort de de Gaulle, le 9 novembre 1970 dans sa propriété de Colombey-les-Deux-Eglises, dans la Haute-Marne.

Depuis le début du quinquennat, Emmanuel Macron a, à plusieurs reprises, marqué son admiration pour le fondateur de la Ve République, avec notamment la présence des « Mémoires de guerre » du général sur sa photo officielle ou l’ajout d’une croix de Lorraine au logo de l’Elysée.

« La forme de dépassement au-dessus des partis au service de la Nation » prônée par de Gaulle « a pu inspirer Emmanuel Macron, lui-même adepte du dépassement », souligne l’entourage du président.

« Utilisations politiques »

Ces commémorations sont peu contestées en France, où de Gaulle « est entré au patrimoine » et où « l’anti-gaullisme a désormais quasiment disparu », selon la même source.

Mais certains, notamment à droite - Les Républicains se revendiquent comme étant le parti gaulliste -, mettent en garde contre une récupération politique.

Emmanuel Macron « aime beaucoup commémorer, revêtir les habits de tel ou tel grand personnage de notre histoire », estime Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR. Mais il faut, selon lui, « distinguer ce qui est de l’ordre de la commémoration » et « les utilisations politiques qui peuvent être faites de ce type de rendez-vous ».

La notion de « souveraineté » est la valeur attachée au gaullisme qui est la plus mise en avant par les partis de gauche comme de droite, en particulier depuis le début de la crise du coronavirus.

Même l’extrême-droite, de tradition anti-gaulliste en raison notamment de la guerre d’Algérie, voit aujourd’hui en de Gaulle l’incarnation de « la souveraineté, l’indépendance, la capacité à dire non, à se rebeller », selon Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen.

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17 mai 2020

Bien mettre un masque (et les dangers si on le met mal)

17 mai 2020

Charlie Hebdo

charlie

17 mai 2020

Témoignages : « Je pense qu’il faudrait arrêter d’infantiliser les Français »

Témoignages : « Je pense qu’il faudrait arrêter d’infantiliser les Français » : trois maires racontent leur première semaine de déconfinement

Par Simon Auffret - Le Monde

Préoccupés par une difficile reprise économique ou des retards dans les livraisons de masques, trois élus locaux témoignent, pour « Le Monde », de leurs difficultés pratiques à appliquer les protocoles sanitaires.

Comment gérer l’urgence du retour à la normale ? Après huit semaines d’une vie suspendue dans les rues des centres-villes et des bourgs, les élus locaux ont dû faire face, lundi 11 mai, aux questions parfois pressantes de leurs concitoyens : que faire face à la fermeture potentielle de nombreux commerces ? Où sont les masques promis par l’Etat et les collectivités ?

En zone rurale ou dans une sous-préfecture, dans un département classé « vert » ou « rouge », dans l’attente d’une réélection ou appelés dès le 15 mars à débuter un nouveau mandat, trois maires racontent pour la seconde fois au Monde leurs difficultés pratiques à appliquer dans leur commune les protocoles sanitaires pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

Marie-Hélène Thoraval, maire de Romans-sur-Isère (Drôme)

« S’il fallait une preuve que nous étions les piliers de la République, je pense qu’on a pu le constater »

« J’ai distribué à tous les habitants les masques que nous avions commandés. Dans la ville, on a choisi de le faire pendant les trois derniers jours du confinement. Plus de 25 000 Romanais se sont déplacés et j’ai pu constater que tout le monde respectait les gestes barrières. C’était déjà un entraînement à la phase de déconfinement, qui allait intervenir le lundi.

LE MONDE

Je vous ai parlé des gens de l’ombre et notamment des agents de la fonction publique territoriale, dont on a très peu parlé. A Romans-sur-Isère, tous les agents ont travaillé avec plaisir et fierté le vendredi 8 mai, le samedi et le dimanche. On a eu moult remerciements des habitants par rapport à ce contact qui avait été opéré, notamment parce que certains Romanais n’avaient pas vu grand monde depuis plusieurs semaines.

S’il fallait une preuve que nous étions les piliers de la République, je pense qu’on a pu le constater sur ces trois jours. Cette distribution était vraiment une sorte de caractérisation de notre capacité à les protéger et à leur donner les moyens de protection, tout en leur rappelant qu’ils ne doivent pas attendre tout de la collectivité et qu’ils peuvent aussi s’équiper à titre personnel. J’en ai retenu une phrase : “Heureusement que vous êtes là.”

Le montant de notre dépense pour gérer cette crise sanitaire n’est pas encore fixé, mais au regard de ce que je n’ai pas dépensé, par exemple sur les travaux reportés d’aménagement urbain, j’oserais dire que nous sommes à l’équilibre. Pour autant, je ne m’en sors que parce que j’ai été largement aidé par la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a fait une dotation d’un masque par habitant. Pour moi, c’est un peu plus de 33 000 masques, donc ça n’est pas rien. La région intervient aussi sur l’accompagnement économique, notamment au travers de prêts et en remboursant, pour chaque commerçant qui en fait la demande, des barrières de plexiglas pour se protéger. Vous voyez, c’est encore un échelon solidaire.

Maintenant, il me tarde qu’on puisse rouvrir de la même manière les restaurants et les bars, qu’on leur fasse un peu confiance. Ils sont tout à fait capables de mettre en place des protocoles sanitaires, comme l’ont fait les coiffeurs, comme l’ont fait les magasins de vêtements. Je peux vous assurer que les restaurateurs n’ont pas envie d’être à l’origine de la relance d’une quelconque épidémie. Je suis convaincu qu’ils sauront mettre en place les éléments de prévention et de sécurisation de leurs espaces. Jusque-là, tout se passe bien, les gens se sont responsabilisés. Je pense qu’il faudrait, au niveau national, arrêter d’infantiliser les Français. »

Jérémie Brigand, maire de Massingy (Côte-d’Or) et président de la communauté de commune du Pays châtillonnais

« Entre la théorie des technocrates parisiens et la réalité du terrain, il y a clairement un fossé »

« En Côte-d’Or, l’école n’a repris qu’à partir du jeudi 14 mai. Dès le lundi, il y a eu beaucoup de rencontres entre les maires et les enseignants pour mettre en place les protocoles de rentrée. En tant qu’intercommunalité, notre problème principal a été la gestion de la restauration scolaire. Habituellement, c’est le conseil départemental qui nous fournit à partir des cuisines des collèges, dont il a la charge. Mais comme les collégiens n’ont pas repris, nous n’avions pas les moyens de nourrir les enfants. J’ai dû trouver une entreprise privée pour cuisiner et livrer les repas.

LE MONDE

Cela a été un vrai casse-tête, rendu complexe par les exigences du protocole sanitaire : chez nous, des élèves de plusieurs établissements déjeunent dans les mêmes locaux, mais désormais, on doit faire en sorte qu’ils ne se croisent pas pour éviter toute contamination. Il a fallu réquisitionner une salle, occupée pour le périscolaire, pour faire manger les enfants de l’autre école. Notre “chance”, c’est que deux maires de la communauté de communes ont décidé de ne pas ouvrir leurs écoles, et on a pu redéployer le personnel pour assurer la distribution des repas. Sans cela, il nous aurait été humainement impossible de repartir.

Les 47 000 masques que nous avions commandés ne sont pas arrivés. On sent quand même qu’il y a d’un côté les habitants des villes et de l’autre les habitants des champs. Chez nous, mis à part quelques communes qui avaient anticipé bien en amont et d’autres qui se sont lancées dans la fabrication des masques alternatifs, tout le monde attend les livraisons. Les masques promis la semaine dernière par le conseil régional n’arriveront que dans quelques jours et seulement 20 % de la commande dans un premier temps.

Pour avoir essayé d’en commander moi-même, je ne leur reproche pas, mais qu’est-ce qu’on va dire aux petites communes qui attendent quarante ou cinquante masques ? “Tiens, en voilà une dizaine” ? Entre la théorie des technocrates parisiens et la réalité du terrain, il y a clairement un fossé. Nous allons donc faire preuve de pragmatisme et de bon sens, pour qu’aucun enfant ne prenne de risques et que les habitants soient protégés. »

Christine Le Strat, maire de Pontivy (Morbihan)

« Nous incitons les clients à faire preuve de patriotisme sanitaire en privilégiant les commerçants locaux »

« Le 11 mai a été une journée surprenante, parce qu’après presque huit semaines d’une ville morte, j’ai retrouvé cette circulation, ce mouvement, les véhicules nombreux, la difficulté de nouveau à se croiser dans certaines rues. Dans l’ensemble, les Pontiviens ont fait preuve de prudence quand même. La plupart sont équipés de masques, mais les masques, c’est la grande question du jour : nous n’avons pas reçu les 20 000 masques que nous souhaitions mettre à disposition, alors certains ne comprennent pas qu’on ne les ait pas.

LE MONDE

Du coup, nous avons distribué dans toutes les boîtes aux lettres une communication pour expliquer les difficultés rencontrées dans la commande et la livraison du matériel. Nous ne sommes pas les seuls, il y a pas mal de retard de livraison, mais les gens voient comme un devoir de la mairie de fournir un masque. Cela vient aussi des communications à haut niveau ; on a indiqué qu’il y aurait des masques dans les mairies, mais on n’a rien eu de l’Etat : en fin de compte, c’est nous qui avons commandé nos masques. On pensait les avoir plus tôt pour nos publics prioritaires, mais seulement 5 % sont bien arrivés. On est obligé d’attendre, et pour certains, il y a de l’incompréhension.

Après la crise sanitaire, nous nous attendons à une crise économique importante. Pontivy est réputée depuis toujours comme étant une ville commerçante : même Napoléon le disait quand il a choisi d’agrandir notre cité [Pontivy s’est appelée Napoléonville entre 1804 et 1814, à la suite d’importants investissements réalisés dans la commune par Napoléon 1er]. On a travaillé pour voir comment inciter les gens à revenir dans leurs commerces avec l’opération de communication : “J’achète pontivyen.” Nous incitons les clients à faire preuve de patriotisme sanitaire en privilégiant les commerçants locaux.

Avec la communauté de commune, qui a la compétence du développement économique, on a aussi mis en place un système de bons de commande, à utiliser jusqu’au 31 décembre mais à payer dès maintenant, pour permettre à nos commerces de dégager de la trésorerie. On a voulu apporter un plus au fonds de soutien du gouvernement, mais se greffer sur la dotation de 1 500 euros s’est révélé techniquement complexe. Donc, finalement, on a créé cette aide nous-mêmes. Dans les 25 communes de Pontivy communauté, toutes les entreprises qui ont pu percevoir le fonds de soutien de l’Etat auront le droit à un abondement supplémentaire, que nous verserons dans la limite de 1 000 euros. »

17 mai 2020

Marisa Papen chez le coiffeur

maeisa coiffeur

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17 mai 2020

TOILET PAPER

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Stylisé en TOILETPAPER, Toiletpaper est un magazine bisannuel co-créé par l'artiste italien Maurizio Cattelan et le photographe Pierpaolo Ferrari. Fondé en 2010, le magazine est présenté comme un livre en édition limitée et son site Web propose une exposition collégiale post-Internet de contenu animé et vidéo.

La publication photographique ne contient ni articles ni publicités, et chaque numéro tourne autour d'un thème de base, comme l'amour ou la cupidité. Les images surréalistes aux couleurs vives varient dans le style et la référence, et incluent le jeu de mots et les illusions d'optique . Salué comme "une nouvelle frontière des médias et de l'éco-durabilité créative",  Toiletpaper est interprété comme une plate-forme artistique démocratisée dont les images accessibles circulent dans les livres et à travers les médias sociaux, tout en étant appliquées au design et produits de décoration intérieure.  Pour célébrer leur prétendue "millionième" vente de magazine, Cattelan et Ferrari ont ouvert leur premier papier toiletteboutique éphémère à Milan.

17 mai 2020

Presse

charlie

jdd17 mai

parisien dimanche

retaurants

17 mai 2020

BRETAGNE - Le respect de la règle des 100 km dans le collimateur

telegramme 17 mai

soleil

Les premières contraventions pour déplacement non justifié à plus de 100 km du domicile sont tombées, ce samedi, sur le littoral finistérien. Mais les forces de l’ordre ont surtout fait usage de pédagogie à quelques jours du week-end de l’Ascension.

La circulation automobile s’est intensifiée, en ce premier week-end de déconfinement, aux abords des plages du Sud-Finistère, conduisant les forces de l’ordre à multiplier les contrôles. Au volant d’un SUV « immatriculé » à Paris, l’automobiliste intercepté par les gendarmes à Combrit explique être arrivé dans la région avant le début du confinement, avec ses deux jeunes enfants.

« Nous allons rester là encore quelques semaines. On télétravaille », explique le conducteur, dans l’impossibilité de justifier du motif de son déplacement. Il s’en sort pour cette fois avec un rappel à l’ordre malgré l’absence d’attestation. « Demain, vous serez verbalisés si vous êtres à nouveau contrôlés. Vous risquez 135 € par personne », lui rappelle le gendarme de la brigade motorisée de Quimper.

Premières contraventions

« Nous sommes là pour expliquer aux gens que les 100 km, c’est quelque chose à prendre au sérieux », martèle Pascal Lelarge, le préfet du Finistère. Quelques jours seulement après avoir autorisé la réouverture d’un grand nombre de plages, le représentant de l’État se veut pédagogue. « Notre crainte, ce sont les rassemblements qui pourraient conduire à faire naître des clusters », confie le préfet du Finistère. Dans la matinée, ce samedi, les premières contraventions sont tombées à la pointe de La Torche. Pas pour de la bronzette, mais pour des surfeurs venus de Loire-Atlantique et de région parisienne.

Un renforcement des contrôles visiblement bien accueilli au giratoire de Combrit. Tout au long de cette première journée de week-end, en statique ou en dynamique, les patrouilles de la gendarmerie départementale ont sillonné le littoral. « Les gens sont conscients de la gravité de la situation. Tout le monde veut que ça se passe bien », estime le chef d’escadron Anthony Jacquet, commandant de l’escadron départemental de sécurité routière. « La patrouille à moto tout-terrain a été bien accueillie par la population, ce matin, en presqu’île de Crozon », se réjouit-il.

Le direct « Il y a du sérieux »

Le défaut d’attestation n’est d’ailleurs pas la seule infraction dans le collimateur des gendarmes. Après deux mois de confinement marqués par une envolée des grands excès de vitesse, les militaires veillent au bon respect du code de la route dans son ensemble, craignant une poussée de l’accidentologie avec le déconfinement.

En un peu plus d’une demi-heure, une demi-douzaine de défauts d’attestation sont à dénombrer. Avec souvent la justification d’un oubli de mutation de la carte grise. « Il y a quelques véhicules de départements éloignés, mais j’ai plutôt l’impression qu’il y a du sérieux », juge Pascal Lelarge, soulignant la nécessité de réussir cette première étape du déconfinement.

Répétée tout au long de la journée avec pédagogie, la règle des 100 km, sauf attestation, sera désormais appliquée plus fermement, préviennent les forces de l’ordre, à quelques jours du week-end de l’Ascension.

17 mai 2020

Ali Mahdavi

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17 mai 2020

« Les pardons font partie de l’univers des Bretons »

Propos recueillis par Hervé Queillé

Les pardons viennent d’être inscrits à l’Inventaire national du patrimoine immatériel. Un premier pas vers une reconnaissance par l’Unesco. En attendant, aux territoires de les mettre en valeur…

Philippe Ramel, président de l’association Bretagne Culture Diversité, raconte pourquoi l’émergence des pardons, dans l’enquête menée depuis quatre ans, a été une surprise, qui a justifié une inscription à l’Inventaire national du Patrimoine culturel immatériel (PCI).

Quelle est l’origine de cette inscription ?

Sa nécessité est apparue lors du travail d’inventaire du patrimoine culturel immatériel que nous menons, depuis quatre ans, sur le territoire du Pays Cob (Centre-Ouest Bretagne), à la demande de la Région. Au cours de nos rencontres avec les habitants, l’émergence des pardons s’est rapidement imposée en tant qu’élément culturel essentiel.

Cette émergence des pardons était-elle une surprise ?

Cela a effectivement été une surprise. Quand nous avons commencé notre travail, au sein de l’équipe, nous pensions que la langue bretonne, la danse, la musique, les jeux et sports traditionnels allaient sortir mais nous ne parlions pas du tout des pardons. Or, sur le terrain, très vite, on s’est rendu compte qu’ils faisaient l’unanimité, que c’était quelque chose à quoi les gens s’identifiaient, qu’ils faisaient partie de leur univers. On a réalisé, aussi, que les pardons, ce n’était pas uniquement les grandes troménies et que c’était quelque chose de très vivant et contemporain. De nouveaux pardons apparaissent, celui des motards, des autocaristes… Avec des rituels, de nouvelles pratiques. À partir du moment où quelque chose se recrée en permanence, s’adapte à l’évolution de la société, attirant parfois des milliers de personnes, cela rentre dans les critères d’une inscription au PCI.

Qu’apporte l’inscription à l’Inventaire national ?

Une sorte de labellisation et de la notoriété à un territoire. Après, c’est aux élus et acteurs de ce territoire de savoir s’ils veulent se mobiliser et quelles actions - livres, vidéos, animations, mise en valeur touristique ou autres - ils souhaitent, ou pas, mettre en œuvre pour valoriser ce patrimoine.

Une fois notre analyse et notre expertise apportées, c’est le rôle des instances politiques locales de prendre les choses en main, de faire en sorte, aussi, que les nouvelles générations s’emparent de ce patrimoine. Car les pardons sont très fragiles, ils reposent essentiellement, aujourd’hui, sur des personnes relativement âgées.

Un premier pas vers une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco ?

Cela fait partie des étapes suivantes. Mais pour l’instant, ce n’est pas l’objectif. Pour le moment, il s’agit avant tout de faire prendre conscience aux élus qu’ils ont un élément de patrimoine qui contribue à faire l’identité de leur territoire. Il faut aussi savoir que ce travail d’enquête puis d’analyse par des historiens nous a pris quatre ans. L’inscription au patrimoine culturel mondial est une démarche encore plus importante qui peut demander 20 à 30 ans. Et ce, d’autant plus que l’inscription du fest-noz, en 2012, a attisé les appétits dans toutes les régions. Rien qu’en Bretagne, la broderie ou les sports traditionnels sont sur les rangs pour l’inventaire. Et comme la France ne peut présenter qu’un ou deux dossiers par an, il y a une petite concurrence. Le bon côté est que cela démontre la richesse du patrimoine culturel immatériel dans ce pays.

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