Deux trains, 48 patients : nouveaux convois médicalisés vers la Bretagne ce dimanche
À bord d’un train médicalisé transportant des patients atteints du Covid-19. (Photo AFP)
Deux trains médicalisés, transportant 48 patients atteints du Covid-19, sont attendus en Bretagne, ce dimanche. Vannes, Lorient, Quimper, Brest, Morlaix, Saint-Malo et Rennes sont sur le pont.
Solidarité coronavirus Bretagne
Les hôpitaux bretons vont accueillir, ce dimanche, de nouveaux malades du Covid-19 en provenance d’Ile-de-France, une région où les services des urgences sont surchargés. En milieu de semaine, 36 patients avaient déjà été transférés dans des trains médicalisés. Ce dimanche, 48 malades sont attendus dans deux convois : l’un au sud de la région, vers Vannes, Lorient et Quimper, l’autre au nord, vers Rennes, Saint-Malo, Morlaix et Brest.
Quatre patients à Vannes, douze à Lorient et huit à Quimper
Le train médicalisé en direction du Morbihan et de Quimper, dont le départ est prévu à 9 h 43 à la Gare d’Austerlitz, transportera 24 patients. Il marquera un premier arrêt à Vannes, à la mi-journée, où quatre malades seront transférés au Centre hospitalier Bretagne-Atlantique (CHBA). Tout le quartier de la gare de Vannes sera intégralement bouclé, entre 12 h et 14 h, l’arrivée du train étant prévue à 12 h 40. Huit membres du personnel soignant du CHBA ont rejoint Paris, samedi, pour participer à cette « opération inédite » pour l’établissement, d’après Marie Poussin, chargée de communication de l’hôpital de Vannes.
Le train poursuivra ensuite sa route vers Lorient, où douze patients seront alors transférés au Groupe hospitalier de Bretagne-Sud (GHBS). Là aussi, une équipe médicale, composée de « quinze soignants, des réanimateurs, anesthésistes, infirmiers », a rallié la capitale, samedi, a annoncé Alain Philibert, le directeur général adjoint. Au cours du transfert, ils seront épaulés par six à sept soignants du SAMU 75.
D’après le Dr Béatrice La Combe, médecin réanimateur qui coordonne l’équipe lorientaise, tout est prêt au GHBS pour accueillir les douze malades. Son service de réanimation, d’une capacité de dix lits, s’est vu réaffecter six lits de soins intensifs, avec la possibilité de récupérer huit autres de ses salles de réveil, soit un potentiel de 24 lits dont seize réservés aux malades Covid-19.
Des patients attendus à Rennes, Morlaix et Brest
Le train médicalisé devrait arriver à Quimper en fin d’après-midi, avec les huit derniers patients. L’autre convoi sanitaire, qui circulera en Bretagne-Nord avec également 24 patients, marquera des arrêts à Rennes, Saint-Malo, Morlaix et Brest. Ce train est attendu à Morlaix en fin de journée, vers 18 h, et deux heures plus tard à Brest, où seize malades ont été accueillis mercredi. Le nombre de malades transférés dans chacun de ces quatre centres hospitaliers n’était pas connu.
Jean Castex, le « M. Déconfinement » du gouvernement
L’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée sous Nicolas Sarkozy a été chargé par Edouard Philippe de préparer la sortie de crise à long terme
Un haut fonctionnaire qui connaît parfaitement le monde de la santé et qui est redoutable d’efficacité. » C’est ainsi qu’Edouard Philippe a présenté Jean Castex au grand public, jeudi 2 avril, sur le plateau de TF1. Le premier ministre a annoncé que l’actuel délégué interministériel aux grands événements sportifs, âgé de 54 ans, a été chargé de coordonner le travail de réflexion du gouvernement sur les stratégies de déconfinement de la population française, invitée à rester chez elle depuis le 17 mars pour endiguer la propagation du Covid-19.
« Plusieurs scenarii possibles » sont à l’étude, a souligné le chef du gouvernement, et charge est donnée à cet ancien directeur du cabinet de Xavier Bertrand au ministère de la santé de les débroussailler. « Castex est conforme à la jurisprudence que l’exécutif va appliquer désormais : des experts, mais avec un bagage politique », souligne un poids lourd de la majorité. Concrètement, cet énarque, passé par la Cour des comptes, doit prendre en main les personnels qui travaillaient déjà sur le sujet sous l’égide du directeur général de la santé, Jérôme Salomon. « Jean Castex doit bâtir une équipe, une organisation, agréer l’ensemble des compétences interministérielles pour préparer avec le gouvernement la future feuille de route », explique-t-on à Matignon.
Le déconfinement − que le premier ministre imagine « progressif » − devra-t-il être régionalisé, effectué par classe d’âge, ou bien en fonction des capacités à tester la population ? Faudra-t-il permettre le traçage numérique du parcours des citoyens, sur la base du volontariat, porte ouverte par Edouard Philippe ? « C’est une série de points d’interrogation sur lesquels nous n’avons pas beaucoup de réponses », reconnaît-on dans l’entourage du chef du gouvernement. Ce dernier a néanmoins prévenu, jeudi soir, que « le déconfinement, ça n’est pas pour demain matin », assurant que la date du 15 avril sera « probablement » repoussée. Mais cela n’empêche pas de se préparer dès maintenant à l’« après ».
« Expert des questions sociales »
Le nom de Jean Castex n’est pas inconnu en Macronie. En octobre 2018, la rumeur de sa nomination comme ministre de l’intérieur en remplacement de Gérard Collomb avait agité la majorité. L’ex-socialiste Christophe Castaner avait finalement été préféré à cet homme encarté au parti Les Républicains (LR), conseiller départemental des Pyrénées-Orientales et maire de la commune de Prades (il a été réélu dès le premier tour lors des élections municipales, le 15 mars, avec 75 % des voix). Le profil de cet ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée du temps de Nicolas Sarkozy avait alors soulevé des critiques parmi les soutiens de la première heure d’Emmanuel Macron, qui s’émouvaient d’une tentative de « putsch » de la part de la droite philippiste.
Aujourd’hui encore, l’arrivée de Jean Castex dans l’écosystème macroniste ne fait pas que des heureux. « Je ne vais pas lui faire de procès, mais je suis très circonspect sur cette nomination, souffle un député. Nous parlons d’un homme qui a adopté les décrets d’application de la loi hôpital en 2005, aboutissant à une concentration des pouvoirs dans les mains des directeurs d’administration, à la création de la tarification à l’acte, à une logique de coût dans l’hôpital… C’était un sarkozyste pur et dur, ce qui n’augure rien de bon pour la protection des libertés fondamentales. »
Un son de cloche isolé, veut-on croire à Matignon, où l’on jure que « le choix de Castex a tout de suite fait consensus ». « Le premier ministre a une grande confiance en lui, c’est un homme de mission, de confiance, un grand serviteur de l’Etat, qui a des compétences multiples », assure un proche de l’ancien maire du Havre. Notamment celle de savoir parler le langage des responsables politiques. Le locataire de Matignon souhaite en effet que la stratégie de déconfinement soit « discutée » avec l’ensemble des forces en présence.
Jean Castex n’arrive pas, quoi qu’il en soit, en terre inconnue. « La Juppéie le connaît très bien, depuis Mathusalem, que ce soit Alain Juppé ou Gilles Boyer [ancien conseiller spécial d’Edouard Philippe, aujourd’hui député européen] », note un soutien de M. Philippe. Thomas Fatome, directeur adjoint du cabinet du premier ministre, est un de ses protégés : M. Castex l’avait fait embaucher comme conseiller social à l’Elysée, en 2010. L’homme a aussi gardé ses entrées en Sarkozie. « Il n’était pas dans le cercle très intime, mais il est fidèle », souligne Franck Louvrier, ancien communicant de l’ex-chef de l’Etat.
Les connaissances du « M. Déconfinement » du gouvernement le décrivent comme un « Méridional chaleureux », « vrai élu de terrain et homme affable », jouissant d’« une grosse expérience administrative ». « C’est un grand expert des questions sociales », note Claude Guéant, qui l’a connu à l’Elysée. « Il ne tire pas la couverture à lui, mais il a de l’autorité et sait faire preuve de franchise », ajoute un ancien du quinquennat Sarkozy. Ce qui peut avoir son utilité par temps de crise.
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Comment Google Arts se met les musées dans la poche
Par Roxana Azimi
Visiter la galerie des Glaces ou la grotte Chauvet à toute heure : c’est possible grâce à la stratégie de numérisation du géant américain. Une parade au confinement, mais qui soulève des questions sur la position hégémonique de la firme de Mountain View.
Depuis le 25 mars, le Grand Palais offre une plongée numérique dans l’exposition, inaccessible jusqu’à nouvel ordre, consacrée à Pompéi. En prime, le même site Internet permet de déambuler, tout aussi virtuellement, en deux minutes et demie dans la nef du Grand Palais. Le premier service a été facturé par Gedeon, une maison de production dotée d’un gros catalogue allant de la vie de Picasso à la renaissance du Musée Guimet. Le second, lui, a été offert par Google. Le géant de la Silicon Valley, à travers sa filiale Google Arts and Culture, a mis sa technologie à disposition de quelque 2 000 institutions culturelles à travers le monde.
Au moment où le directeur du Metropolitan Museum de New York, Max Hollein, estime l’impact de l’épidémie due au coronavirus sur son musée à au moins 100 millions de dollars et où la présidente de l’American Alliance of Museums, Laura Lott, déclare que près d’un tiers des 35 000 institutions américaines fermées pourrait tout bonnement disparaître, Google console l’humanité confinée.
6 millions d’artefacts accessibles
Emprunter – seul, sans la foule – la galerie des Glaces du château de Versailles ne coûte rien. Déambuler entre les sculptures du Musée d’Orsay, c’est cadeau. S’enfermer dans l’impénétrable grotte Chauvet et coller son nez aux fragiles parois, c’est sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Interrogés, les porte-parole de Google Arts and Culture en France font mine de comprendre qu’ils seraient les grands bénéficiaires du confinement planétaire. « Nous sommes mentionnés dans les médias, mais pas plus que d’autres sites culturels permettant de s’évader », concèdent-ils benoîtement, reconnaissant toutefois que « Google Arts and Culture fait du bien à l’image de Google ».
L’encyclopédie virtuelle n’aurait d’autre objectif que de rendre accessible, gratuitement, 6 millions d’artefacts aujourd’hui, de Frida Kahlo aux mangas, et davantage demain. Les musées partenaires n’ont pas l’impression (officiellement, en tout cas) de pactiser avec le diable. Le moteur de recherche partage son savoir-faire sans demander aucune indemnisation ni aucune exclusivité. Et le musée conserve ses droits, y compris de regard, sur les contenus culturels.
Attirer les « digital natives »
Au Centre Pompidou, qui a bénéficié de l’aide de Google pour la numérisation de plus de 3 500 œuvres et documents du Fonds Kandinsky, pour l’exposition virtuelle « Dans l’intimité de Kandinsky » à l’automne dernier, on explique que « ce partenariat est encadré par un contrat strict dans lequel nous accordons à Google une licence mondiale, non exclusive, pour une durée déterminée ».
A la clé : l’espoir d’une notoriété auprès des « digital natives », le jeune public qui semble préférer les écrans aux musées, avec ou sans épidémie. « Les vidéos 3D réalisées avec Google sont les plus vues – et les plus partagées – de notre chaîne YouTube, encore aujourd’hui, huit ans après leur mise en ligne », se réjouit, par exemple, Paul Chaine, chef du service développement numérique du château de Versailles.
De la défiance, Google en a pourtant suscité. En 2013, Aurélie Filippetti, alors ministre de la culture, avait boycotté l’inauguration du Lab, l’institut culturel de Google à Paris, arguant des différends opposant le moteur de recherche et l’Etat français sur les questions de fiscalité et d’abus de position dominante. Mais, assure-t-on chez Google Arts and Culture, depuis « les contrats ont été revus par les ministères de la culture de 80 pays et aucun partenaire ne nous a quittés ».
L’usage futur des données
Les spécialistes du Net n’en restent pas moins sur leurs gardes. Fort du leitmotiv – « si c’est gratuit, c’est vous le produit » –, Pascal Perri, auteur de Google, un ami qui ne vous veut pas que du bien (Anne Carrière, 2013), redoute l’usage futur des datas par le moteur de recherche. « Les itinéraires de navigation de l’internaute culturel montrent par exemple qu’il a beaucoup aimé la peinture anglaise, qu’il s’est attardé sur tel artiste du Prado, observe l’économiste. C’est très utile car Google peut dans la foulée proposer des produits touristiques. »
Selon l’entrepreneur Gilles Babinet, vice-président du Conseil national du numérique, « Google pourrait demain faire presque tous les métiers, offrir des conseils en muséographie, des voyages culturels sur mesure… ». « Il n’y a aucun plan caché », réplique-t-on à Google Arts and Culture, en assurant que les données personnelles restent la propriété des musées et qu’ils ne pourraient les exploiter car « les connexions se font sans enregistrement préalable ».
Une stratégie numérique propre à Paris Musées
Sans crier au loup, le Louvre a prudemment choisi de se tenir à l’écart des grands musées du monde. « Pourquoi ne pas développer nos propres outils, en y ajoutant les explications, le regard et les commentaires précieux de nos conservateurs mais aussi de l’ensemble des corps de métier du musée ? Cette expertise unique est une vraie valeur ajoutée », avance-t-on au musée parisien.
Même en refusant l’aide de Google, le Louvre a mesuré un bond de son trafic numérique le 22 mars, passant d’une moyenne quotidienne de 40 000 à 331 000 connexions. Paris Musées, établissement public regroupant 14 musées parisiens, a également développé une stratégie numérique propre, en offrant depuis janvier – gratuitement et sans restriction – plus de 100 000 reproductions d’œuvres. Depuis le début du confinement, Paris Musées a reçu la visite d’environ 500 000 visiteurs par semaine, soit une augmentation de 350 %.
Jeux de rôles érotiques : échappée belle pour soirées confinées
Par Maïa Mazaurette
Les fantasmes échappent au rétrécissement de nos existences, c’est donc le moment ou jamais d’oser s’amuser à changer de peau ou de décor, conseille la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette, mode d’emploi à l’appui. Vous hésitez encore ? Dites-vous qu’au pire cela se terminera en fou rire.
LE SEXE SELON MAÏA
Partenaires confinés, sexualité réduite à peau de chagrin ? Pas forcément. Les fantasmes échappent au rétrécissement de nos existences, et peuvent même générer une jouissive distance entre des partenaires cohabitants. Par quel miracle ? Celui du jeu de rôles, qui réinjecte du mystère dans le couple - et qui permet, pendant une soirée, de changer de peau, de personnalité… et peut-être même de pratiques.
Que vous préfériez les soubrettes ou les pilotes de ligne, les gladiatrices ou les cruels esclavagistes, les possibilités sont illimitées. Ce n’est pas compliqué, et au pire, l’expérience terminera en fou rire. On essaie ?
1. Le choix de scénario
Quelle histoire raconter ? Je vous rassure : sauf programme ambitieux, vous n’avez pas besoin d’un arc narratif en cinq actes et quatorze rebondissements (« surprise, cette baguette magique était un pénis ! »). Le scénario érotique se limite le plus souvent à un contexte, sur lequel vous broderez quelques phrases avant de vous lancer.
Mais comment choisir ? Adressons la question à une professionnelle, Flore Cherry, autrice et patronne de MySweetFantasy, une entreprise spécialisée dans la réalisation de fantasmes (oui, ça existe). Pour elle, « un bon scénario est ponctuel (on ne pratique pas tous les soirs), il fait envie aux deux partenaires, et surtout, il respecte les limites de chacun ». « Si vous n’avez pas d’idée, choisissez un jeu de rôles qui demande une compétence maîtrisée par votre partenaire. C’est plus rassurant », recommande-t-elle. Quelques exemples ? « Votre conjoint peut vous enseigner quelque chose, et éventuellement vous punir si vous apprenez mal. S’il maîtrise la comédie, il prendra le rôle actif, et vous pouvez vous laisser porter. Ou encore, un adepte de bondage peut jouer aux Indiens et aux cow-boys : inutile de discuter (on ne parle pas la même langue), je te ligote autour d’un poteau – et on finit par faire l’amour, évidemment. ».
Notons au passage que si les archétypes viennent spontanément à l’esprit, rien ne vous oblige à piller la liste des fantasmes « prêts à consommer » habituels (est-ce réellement le bon moment pour jouer un examen médical qui dérape ?). En même temps, certains scénarios archi-classiques se retrouvent adaptés à notre nouveau quotidien : pour un effet cathartique maximal, imaginez que vous êtes codétenus, dans un sous-marin ou sur une île déserte, ou qu’un contrôle policier tourne mal (« votre attestation est dans votre slip ? Au poste, jeune homme »).
Pour d’autres propositions, inspirez-vous de films, de livres, de clips, d’expériences de votre passé… ou d’Internet (hop, voici une liste bien fournie de fantasmes).
2. La négociation
Sans surprise, le nerf de la guerre consiste à trouver un scénario-prétexte motivant pour les deux partenaires… or nous ne sommes pas toujours à l’aise en termes de divulgation de nos préférences (« attache-moi au radiateur et fouette-moi avec un hareng »). Pour contourner ce problème, pourquoi ne pas commencer la partie par un scénario de confession ? Si cette idée perturbe votre sensibilité en ce jour du Seigneur, vous pouvez utiliser des applications mobiles fonctionnant sur le même principe que Tinder : seuls les fantasmes communs « matchent » (si vous avez des envies de cuir, d’urine ou de couches-culottes, votre partenaire n’aura accès à ces informations que s’il ou elle les partage). Sur smartphone : FantasyMatch, UnderCovers, Kindu. Sur ordinateur : Mojo.
Bien sûr, tomber d’accord sur la nature du fantasme ne suffit pas : encore faut-il l’être sur sa réalisation. Pour éviter les dérapages, Flore Cherry fait valider (ou refuser) une liste de pratiques sexuelles. Ce procédé rassure ses clients. Ensuite, si vous optez pour des fantasmes BDSM ou techniquement complexes, deux options :
1) le consentement continu : vous vous assurez du confort physique et psychologique de l’autre, plusieurs fois, verbalement et clairement, tout au long de la séance : « Ça te plaît ? Ça ne te fait pas mal ? »).
2) le consentement enthousiaste : vous observez que votre partenaire participe activement à l’action, par ses gestes et/ou ses paroles (si Alice au pays des merveilles continue de caresser le chat du Cheshire, a priori, sa motivation est intacte).
Cependant, attention : certains fantasmes, comme le viol ou le bondage, ne permettent ni verbalisation ni participation. Il vous faudra alors un safe-word (un mot-limite qui siffle la fin de la récréation). Donc si vous testez des choses nouvelles, n’utilisez pas de bâillon !
3. Les costumes et accessoires
Je vous entends déjà protester : « Mais Maïa, je n’ai rien à me mettre ». Ah bon ? Pas de costume banal pour ressembler au héros de Fifty Shades of Grey ? Pas de foulard léopard pour incarner Tarzan ? Aucune vieille cravate à transformer en bandeau, aucune chemise démodée pour faire de vous un D’Artagnan ? Je ne vous crois pas une seule seconde.
Le costume peut aussi préexister au fantasme : un boa vous emmène dans l’univers du burlesque, une salopette vous métamorphose en plombier – l’occasion fait le larron. De toute manière, c’est symbolique.
Pour Flore Cherry, ces éléments fonctionnent comme une « autorisation à entrer dans un jeu imaginaire. Peu importe que les vêtements soient bon marché ou les accessoires improvisés : ce sont eux qui nous identifient comme personnage. Et ça marche aussi dans l’autre sens : quand on n’a plus envie de jouer, on retire son masque ou on lâche son accessoire ».
Au royaume de l’imaginaire, tout est permis ? En théorie, absolument. Dans les faits, attention aux limites du fait maison : on ne s’attache pas avec des câbles (ça peut couper la circulation), on ne pénètre pas avec le premier objet venu (figurez-vous qu’on peut se blesser avec une banane). Les urgences ont déjà suffisamment de pain sur la planche ! Maintenez votre effort citoyen, et n’allez pas vous déchirer une muqueuse.
4. Le décor
Créer un environnement stimulant avec des bouts de ficelle, mission impossible ? Ce n’est pas l’avis de Clémence Gueidan, médiatrice ludique et conceptrice d’escape games : « Sans réorganiser votre intérieur, vous pouvez tendre vos draps pour créer des alcôves. Un vidéoprojecteur peut permettre de construire un environnement riche. Enfin, celles et ceux qui n’ont vraiment rien sous le coude peuvent miser sur la dimension sonore, quitte à trouver la bande-son de film qui correspond : le son peut faire toute la différence. » Pour les abonnés à Spotify, voici une playlist spécialement dédiée aux jeux de rôles érotiques.
5. Les dialogues
Si vous parvenez à improviser, fantastique. Si vous arrivez à tenir un vocabulaire et un niveau de langage spécifiques, merveilleux. Cependant, personne ne vous demande une performance digne de comédiens professionnels : essayez seulement de suivre le scénario ! Si votre performance dérape en rigolade, vous n’aurez pas perdu votre soirée (« Tu te rappelles la pandémie de Covid-19, quand tu as voulu imiter un panda ? »). Nous touchons là un énorme avantage du jeu de rôles : vous gagnez quand ça marche ET quand ça ne marche pas.
Pour Flore Cherry, « rire montre que la situation est en décalage, qu’on brise nos habitudes. C’est très bien de pouvoir l’exprimer. Mais avec l’expérience du jeu de rôle, ce passage devient naturel. On sait que rentrer à deux dans ce monde-là nous fait du bien, on en connaît les bénéfices. On sait où on va, ce qu’on vient chercher. Et on en rigole beaucoup moins. »
Conseil bonus : les adeptes de « vrais » jeux de rôles (comme le fameux Donjons & Dragons) peuvent jeter un œil à leurs versions X. Vous en trouverez une liste ici (malheureusement en anglais). En temps normal, les francophones pourraient se tourner vers l’offre pléthorique de dés, jeux de plateau, jeux de cartes érotiques, disponibles dans les commerces non-essentiels que sont les sex-shops. Mais en temps de pandémie, il va falloir utiliser votre imagination. Vous ne perdez rien au change.




















