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Jours tranquilles à Paris

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4 avril 2020

A Wuhan, la liberté toujours suspendue à un QR code

Par Zhifan Liu, correspondant en Chine

Alors que la fin du confinement était promise pour le 8 avril dans l’épicentre chinois de l’épidémie, un contrôle strict est encore à l’œuvre et de nouvelles restrictions ont été annoncées.

Cela fait soixante-et-onze jours que les 11 millions d’habitants de Wuhan attendent que leur cauchemar prenne fin. Le 8 avril, ils devraient à nouveau pouvoir se déplacer librement dans leur ville et dans le reste du pays. Du moins en théorie.

Car, vendredi, Wang Zhonglin, le chef du Parti communiste chinois à Wuhan et le plus haut gradé de la ville, a expliqué que les risques d’un regain de l’épidémie restaient élevés et a demandé à la population de rester vigilante et de limiter ses déplacements à l’extérieur. Un prélude à un report de la sortie du confinement ?

Quatre nouveaux morts du Covid-19 ont été signalés en vingt-quatre heures sur le territoire chinois, tous issus de Wuhan, capitale du Hubei et foyer de l’épidémie. Plus de trois mois après que Pékin a signalé l’émergence d’une pneumopathie inconnue, les derniers chiffres officiels font état de 81 620 cas et 3 322 morts du virus sur le territoire chinois.

«La prévention et le contrôle de l’épidémie à Wuhan sont toujours fondamentaux alors que le flux des cas importés augmente, et quelques habitants ont relâché leur garde contre l’épidémie», a alerté une notice de la municipalité publiée vendredi sur le réseau social WeChat. Les autorités ont annoncé dans la foulée limiter les accès aux immeubles résidentiels et renforcer les prises de température corporelle. Sur les trottoirs, d’imposantes palissades jaunes ont été érigées pour éviter les interactions entre les piétons, rendant les déplacements difficiles.

Isolement

Depuis le 25 mars, les restrictions s’étaient pourtant assouplies dans la mégalopole du centre de la Chine alors que la province du Hubei sortait du confinement. Les Wuhanais en bonne santé peuvent de nouveau prendre les transports en commun, qui sont en partie à nouveau opérationnels. Mais pour toute sortie, il faut avoir téléchargé un QR code sur son téléphone portable. S’il est vert tout va bien, mais la couleur peut changer en fonction des déplacements de l’utilisateur. «Notre plus grande hantise désormais est de voir notre QR code changer de couleur. Alors on limite toujours autant nos déplacements», explique Fang (1) une habitante de Wuhan qui n’a toujours pas quitté son lotissement. Car le système qui génère votre QR code répertorie votre adresse, votre numéro de téléphone et de carte d’identité, et traque vos données GPS.

S’il s’avère que vous avez croisé, au supermarché ou ailleurs, une personne suspectée d’être infectée, vous pouvez même être placé d’office à l’isolement. Une quarantaine à vos frais dans une «installation désignée par le gouvernement», en général un hôtel. Ce qui fait que Fang n’est toujours pas allée voir sa mère, enfin sortie de l’hôpital après avoir été soignée pour le Covid-19 : «Je n’ai pas de voiture et il me faut environ deux heures de transports en commun pour aller la voir chez elle. Je n’ose pas prendre le métro ou le bus.» Car si elle perdait son QR code vert, elle ne pourrait plus entrer dans un magasin ou aller à la pharmacie.

D’après le quotidien d’Etat Global Times, le pouvoir local réfléchit à tester massivement les 11 millions d’habitants de la mégalopole pour recenser les cas asymptomatiques. Les personnes positives au Covid-19 mais qui présentaient peu ou pas de symptômes ont été écartées durant des semaines du comptage officiel avant d’être de nouveau recensées cette semaine.

Ces asymptomatiques, potentiellement contagieux, sont la réelle inconnue qui pourrait participer à une nouvelle vague de l’épidémie. Deux de ces porteurs silencieux ont contaminé une habitante de la ville de Jia, dans le Henan, province voisine du Hubei. Résultat, les 600 000 habitants sont depuis cette semaine sous le coup d’un confinement général, aucun citoyen n’est autorisé à sortir ou entrer dans le comté.

Mémoires

L’heure est désormais au deuil national. Ce samedi matin à 10 heures, les Chinois sont appelés à observer trois minutes de silence pour les victimes chinoises de l’épidémie. Parmi elles, un nom restera dans les mémoires, celui de Li Wenliang, docteur qui avait été puni au début de la crise sanitaire pour avoir alerté sur un nouveau coronavirus à une période où Pékin jouait encore l’opacité. Sa mort, due au Covid-19, avait attisé un vent d’indignation inédit dans la Chine communiste. Depuis, Pékin affirme que la situation est sous contrôle sur son territoire. Le président Xi Jinping s’est déplacé, sans masque sur le visage, dans le Zhejiang, une province moteur de l’économie chinoise, pour sonner le réveil de la deuxième puissance mondiale. Mais vendredi soir, la rumeur courait sur les réseaux sociaux que le confinement général de Wuhan serait prolongé après le 8 avril. Signe que le cauchemar risque encore de durer dans le berceau de l’épidémie.

(1) Le prénom a été changé.

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4 avril 2020

Heidi Klum

heidi klum

4 avril 2020

Fanny Müller

fanny37

4 avril 2020

Confinement : sera-t-on bientôt contrôlé par nos smartphones ?

La perspective d'utiliser nos smartphones et leurs données de localisation pour lutter contre le coronavirus n'est plus taboue en France et en Europe.

Solidarité coronavirus Bretagne

La Commission européenne a demandé à plusieurs grands opérateurs téléphoniques européens de lui transmettre des données agrégées et anonymisées sur les déplacements de la population, issues de l’historique de connexion des téléphones aux antennes des réseaux mobiles.

En France, Orange transmet déjà de telles données à l’Inserm (recherche médicale), comme SFR à l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) et à l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria). Google va publier des statistiques issues des données de localisation de ses utilisateurs dans le monde, afin d'aider les pouvoirs publics à évaluer l'efficacité des mesures de distanciation sociale

Un système qui repose sur le Bluetooth

Le patron d’Orange Stéphane Richard, et le gouvernement allemand envisagent de déployer un système qui permet d’exploiter des données de smartphones jusqu’au niveau de l’individu.

Avec l’objectif d’informer chaque individu s’il a été en contact dans les deux dernières semaines (temps d’incubation du virus) avec une personne contaminée, reposant sur le Bluetooth.

4 avril 2020

Sylvio Testa - photographe

sylvio testa 36

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4 avril 2020

Libération ce 4 avril

libe 4 avril

4 avril 2020

Poutine donne les « pleins pouvoirs » aux régions contre le Covid-19

Décision rare de l’hyper Président russe : la délégation, aux gouverneurs des provinces, de la gestion de la lutte contre le coronavirus. 

De notre correspondante en Russie, Nathalie Ouvaroff

La verticale du pouvoir, base de la gouvernance de Vladimir Poutine, n’a pas résisté au coronavirus. Le chef de l’État russe est contraint de donner davantage de pouvoirs de gestion aux gouverneurs des régions.

Dans un discours à la nation qui sonne comme un aveu d’impuissance, le chef de l’État russe a fait savoir à son peuple que la bataille contre la maladie était pour ainsi dire « régionalisée ».

Alors qu’il se taisait depuis l’annonce, à la surprise générale, d’une semaine de congés payés pour lutter contre la pandémie, Vladimir Poutine n’a pas annoncé, comme nombre de chefs d’État, l’instauration de l’état d’urgence mais un renforcement des pouvoirs des gouverneurs de provinces, qui seront désormais habilités à prendre toutes les décisions en accord avec un conseil ad hoc, chargé de la lutte contre l’épidémie près du Président.

Les gouverneurs auront la haute main sur toutes les questions sanitaires : hôpitaux, approvisionnement en médicaments et en moyens de protection pour les soignants et la population. Ils pourront également, avec l’aval des autorités sanitaires régionales, durcir ou assouplir les mesures de confinement et, bien entendu, les punitions pour les contrevenants.

Les chefs de région auront également les pleins pouvoirs, quant à l’infrastructure : arrêt des transports en commun, des trains, des transports fluviaux, des déplacements de population entre les différentes régions. Enfin, ils devront veiller sur la situation économique des régions dont ils ont la charge : empêcher les pénuries, le marché noir, la hausse de la criminalité, de l’alcoolisme.

L’unité russe en danger

La Fédération de Russie, qui comptait, au 1er janvier 2019, 146 millions habitants, recense, avec la Crimée, 22 « républiques kraï » (territoires administratifs), 48 « oblasts » (régions administratives) et trois villes d’importance fédérale : Moscou, Saint-Pétersbourg et Sébastopol. La région la plus peuplée est le Bachkortostan (quatre millions d’habitants) et la moins peuplée, l’Altaï (200 000). Reste que les régions de Russie sont très inégalement développées et que nombreuses sont celles qui, sur le plan sanitaire, ne sont absolument pas préparées à assumer le poids d’une pandémie. Dans ce contexte, cette « régionalisation » risque d’avoir des conséquences gravissimes et peut-être, à terme, remettre en question la Fédération de Russie comme un État unitaire.

4 avril 2020

Coronavirus - situation au 3 avril

corona 3 avril

corona bretagne

4 avril 2020

Pour les Vieilles Charrues 2020 « l’incertitude est grandissante »

Carhaix-Plouguer

charrues

Jérôme Tréhorel peine à masquer son pessimisme. Photo Nathalie Com

Propos recueillis par Jacques Chanteau

Directeur des Vieilles Charrues, Jérôme Tréhorel nous révèle que le maintien de l’édition 2020 du festival demeure « de plus en plus incertain ».

Pensez-vous que les autorités permettront un rassemblement quotidien de 70 000 personnes pendant quatre jours, comme c’est prévu aux Vieilles Charrues (du 16 au 19 juillet), alors qu’on pourrait tout juste sortir d’une période de confinement ?L’incertitude est grandissante. On est suspendu à l’annonce du 15 avril qui va sans doute renouveler l’arrêté d’interdiction des rassemblements. En fonction de l’évolution de la situation sanitaire, des mesures de confinement et des autorisations ou d’interdictions de rassemblements, le gouvernement et la préfecture décideront de donner, ou pas, les autorisations d’organiser des rassemblements.

Aujourd’hui, on ne connaît pas la nature de l’évolution sanitaire. Celle-ci demeure néanmoins critique, d’autant que le pic d’épidémie, qui devait arriver, n’est toujours pas là. On martèle ainsi de respecter les mesures de confinement et les mesures barrières. Envisager un grand rassemblement dans quelques semaines paraît donc de plus en plus incertain.

Si la période de confinement est prolongée au-delà du 15 avril, quelle décision allez-vous prendre ?

Il faut que cette nouvelle période de confinement soit accompagnée de l’arrêté d’interdiction de rassemblement, dont on dépend. C’est cet arrêté qui sera déterminant dans notre prise de décision d’y aller ou de ne pas pouvoir y aller.

Vous êtes-vous fixé une date limite pour annoncer le maintien ou pas de l’édition 2020 ?

On verra à partir du 15 avril, mais aussi en fonction de l’évolution de la situation sanitaire, laquelle est montée de façon crescendo et de façon inquiétante. On verra, donc, dans deux semaines comment tout cela aura évolué. Nous serons alors capables d’avoir une visibilité quasi arrêtée sur la décision à prendre.

En cas d’annulation, avez-vous un plan B ?

Notre décision dépendra avant tout de l’arrêté d’interdiction de rassemblement qui pourrait être pris. Si on ne peut pas organiser le festival, ce ne sera pas de notre fait mais en raison de cet arrêté. Et si on n’est pas autorisés à ouvrir, l’idée sera de rebondir rapidement. Nous, accompagnés des 7 150 bénévoles, ce que l’on sait faire, c’est un festival de quatre jours au cours du troisième week-end de juillet qui accueille jusqu’à 280 000 festivaliers. Si cela doit arriver, on devra se projeter sur juillet 2021 en organisant une grande fête avec, peut-être, des artistes programmés cette année. Notre objectif sera alors de se mettre en ordre de marche pour organiser le festival que l’on sait faire et ce, dès l’année prochaine si, par malchance ou fatalité, on n’est pas autorisés à le faire cette année, ce qu’on peut comprendre au regard de la situation.

Les billets de cette année seront-ils remboursés en cas d’annulation ?

Il est trop tôt pour en parler car, à ce jour, le festival n’est pas annulé. Mais il est sûr que nous proposerons les meilleures solutions aux festivaliers des Vieilles Charrues, quoi qu’il arrive.

Vous paraissez pessimiste sur le maintien de l’édition 2020...

J’ai envie d’être optimiste afin que la situation sanitaire s’améliore et que l’on puisse être tous en forme pour se retrouver et faire la fête avec de beaux concerts. Peut-être pas cet été, mais le plus vite possible.

4 avril 2020

Extrait d'un shooting - photos : Jacques Snap

shoot PS (13)

shoot PS (14)

shoot PS (15)

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