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Jours tranquilles à Paris

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15 avril 2019

Vendredi dernier - A Alger, une huitième marche pour la dignité et le départ des « 3B »

Par Ali Ezhar, Alger

D’importantes manifestations se sont déroulées vendredi à travers l’Algérie pour demander la fin « système au pouvoir », alors que la date de la présidentielle a été fixée au 4 juillet.

Et Alger s’embrume. En cette fin de journée, le gaz lacrymogène vient de recouvrir la place de la Grande Poste. « Mais que font ces policiers ? », hurle cet homme d’une quarantaine d’années en se griffant les joues. « Hey, les jeunes, ne cassez rien », implore-t-il ; mais ces minots n’ont pas eu le temps de l’entendre, trop absorbés par balancer des pierres en direction des CRS.

De leur côté, ces agents, épaulés par le groupement des opérations spéciales de la police (l’équivalent du RAID), s’abaissent à ramasser ces cailloux tombés à leurs pieds pour les jeter à leur tour vers ces jeunes, partis se réfugier en contrebas, près du port. D’autres policiers continuent à leur tirer de la « lacrymo » et certaines grenades finissent même par atterrir dans des appartements voisins.

Surréaliste face-à-face… Et gare à celui qui a filmé cet échange d’une poignée de minutes, les policiers vérifient les téléphones et peuvent les confisquer.

Panique. Mouvement de foule

Jusqu’à présent, ce coin béni de la capitale avait toujours été épargné par ce genre d’affrontements qui se déroulaient en marge des grandes marches sur les hauteurs du boulevard Mohamed V. Mais ce 12 avril, huitième vendredi de rang de la contestation contre le « système » en place, l’attitude de la police, aux effectifs plus imposants que les dernières fois, a changé ; elle semble avoir un message à faire passer : « Le gouvernement ne veut plus qu’on marche les vendredis », résume Mehdi, 30 ans, opposant depuis le premier jour.

Les exemples pour attester ce qu’il avance ne manquent pas : vers 13 h 40, à l’angle de la rue Didouche-Mourad et Mikideche-Mouloud, la brigade antiémeute a utilisé le canon à eau d’un de ses véhicules sur la foule compacte – en présence de pas mal d’enfants – qui n’avait rien d’hostile. Un peu plus tard, les policiers ont copieusement arrosé de gaz lacrymogène les marcheurs massés place Maurice-Audin pour les disperser. Panique. Mouvement de foule. On se demande comment personne n’a fini piétiné… « Cette répression, c’est de la provocation pour briser notre mouvement pacifique », argue Mehdi.

Pas question pour ces centaines de milliers d’Algérois – et des millions à travers le pays – de quitter la rue « même s’il faut en mourir », lance Halima, la soixantaine, retraitée de la fonction publique. Pour ce huitième vendredi de marche pour la « dignité », le peuple algérien a, une nouvelle fois, montrer son plus beau sourire. « De toute façon, nous avons que cela comme arme, explique une autre manifestante, venue avec ses deux jeunes filles. Il faut rester pacifique et montrer qu’on ne tape avec rien. »

« Pour nous, ils sont illégitimes »

La foule, déterminée comme jamais, a adopté une formule qui synthétise à merveille ce qu’elle revendique : « Yatnahaw gaa3 », « qu’ils partent tous » en arabe. Pendant des heures, en dansant, en chantant, sous le rythme des darboukas, cette foule, enlacée dans son fanion vert et rouge, a crié « dégage » aux « trois B », surnommés « le triangle des Bermudes » : Abdelkader Bensalah, le président par intérim depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika (le 2 avril), Nourredine Bedoui, premier ministre et Tayeb Belaiz, président du Conseil constitutionnel, tous des très proches de « Boutef ».

Le nouveau chef d’Etat provisoire a particulièrement été visé : un manifestant a simulé sa pendaison, et on l’a qualifié de « Marocain », parce qu’il serait né dans ce Royaume, ce qu’il a toujours démenti. « Mais ça veut pas dire que nous sommes contre les Marocains, précise Ahmed, 44 ans. Cela signifie que pour nous, c’est un étranger. »

Les marcheurs ont exigé la démission des « 3B » ainsi que celle du chef de l’Armée nationale populaire (ANP), le général Ahmed Gaïd Salah. « Pour nous, ils sont illégitimes, assure Mohamed, la cinquantaine. Avec le départ de Bouteflika, ils n’ont plus rien à faire au pouvoir. Ils s’appuient sur la Constitution pour justifier leur présence, mais elle a tellement été bafouée qu’elle n’a plus de sens. Tout cela est illogique. »

Comme lui, les marcheurs réclament l’annulation de la présidentielle annoncée pour le 4 juillet car ils n’ont « aucune confiance » en ces dirigeants de l’Etat, symboles du « système corrompu » des années « Boutef ». « Expliquez-moi comment nous pouvons aller voter ? Si ces gens que nous dénonçons organisent l’élection, nous sommes foutus », veut croire Ahmed, 37 ans. Son ami, qui lui tient l’épaule, ajoute : « Ce que nous voulons, c’est le changement radical du système. Nous refusons que cette mafia organise l’élection. Ils ont de gros moyens et vont pouvoir imposer un candidat. Ils sont spécialistes des fraudes. » Ils craignent que leur révolution pacifique soit confisquée par le futur candidat du pouvoir en place.

« Donner une chance aux jeunes »

Non loin de là, l’avocat Mustapha Bouchachi s’offre un bain de foule et, autour de lui, ses supporters scandent des « Bouchachi président ». « Il existe des gens intègres, et heureusement. Et c’est aussi le moment de donner une chance aux jeunes : combien sortent-ils diplômés des universités ? Pas d’inquiétude », se veut rassurante, Halima, la manifestante. Elle souhaite, comme tant d’autres, l’instauration d’une assemblée constituante capable de gérer la transition politique et d’organiser des élections « libres et démocratiques ».

A la fin de la marche, les manifestants ont nettoyé les traces des affrontements. Certains se sont pris en photo devant une camionnette de police calcinée. La Direction générale de la sûreté nationale a annoncé 83 blessés du côté des forces de l’ordre et 180 interpellations.

Elle a également informé avoir arrêté un « groupe de terroristes » qui « planifiaient de commettre des exactions contre les citoyens, profitant de la densité humaine générée par la mobilisation » et fustigé « des étrangers venus spécialement pour attiser les tensions et pousser les jeunes à recourir à des formes d’expression radicales ». Sans donner plus de détails…

Quoi qu’il en soit, des marcheurs se sont « excusés » auprès de CRS pour les jets de pierres et des policiers ont répondu être « désolés » à leur tour de la situation. Ils se sont donnés rendez vendredi prochain.

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15 avril 2019

Laetitia Casta

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15 avril 2019

Circulation(s) au CENT QUATRE - save the date

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Neuvième édition de Circulation(s), festival de la jeune photographie européenne organisé par l’association Fetart  au CENTQUATRE-PARIS du 20 avril au 30 juin 2019.

Ce festival a pour vocation de faire émerger les talents de la jeune photographie européenne et de faire découvrir au public la création artistique contemporaine.

Il présente une exposition d’une quarantaine de photographes européens ainsi que de nombreuses autres manifestations.

Pour la première fois cette année la direction artistique a été confiée au collectif The Red Eye (Audrey Hoareau et François Cheval).

Le festival Circulation(s) prolonge ses actions de sensibilisation à la photographie par un parcours pédagogique et éducatif adapté à un jeune public : Little Circulation(s) !

Le studio photo : tous les week-ends, vous pouvez vous faire photographier seul(e), en famille ou entre amis par un photographe professionnel, dans des conditions d’un studio de prise de vue et repartir avec un tirage signé (59 €).

Des artistes de Circulation(s) sont exposés à la Gare de l’Est et les éditions Tribew accompagnent pour la quatrième année le Festival Ciculation(s).

Autre nouveauté, le festival s'inscrit dans la saison France-Roumanie, il expose 4 jeunes artistes roumains et s'exporte cette année à Bucarest.

Et également la galerie en ligne Circulation(s) : https://www.galerie-circulations.com

Plus d'informations sur http://www.festival-circulations.com

Voir tous les photographes  https://www.festival-circulations.com/artistes/2019/

15 avril 2019

Helmut Newton

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15 avril 2019

METZ : Les expositions du festival « Photographie mon Amour » - save the date

Quatre artistes de renom nous présentent leur vision singulière du monde à la basilique Saint-Vincent, Place Saint-Vincent à Metz du 19 avril au 19 mai 2019.

Le vernissage a lieu vendredi 3 mai 2019 à 19h, en présence des artistes.

Le Turk

10 ans d’images & la fresque « Metz »

Pour cette exposition rétrospective, Le Turk présentera sa dernière série Opera Mundi ainsi que des pièces issues de ses séries précédentes. Une scénographie basée sur les coulisses de son travail montrera l’envers du décor. Il dévoilera également sa fresque « Metz » réalisée en février-mars 2019 dans le cadre de sa résidence chez Bout d’essais.

Hélène Virion

Caelestis

De pesantes nuées en nuées d’encre, les photographies d’Hélène Virion nous entraînent dans des univers oniriques où nos perceptions habituelles n’ont plus court.

À fleur d’eau comme en plein ciel, elle se joue du réel, de ses reflets et de ses mirages pour constituer des mondes célestes flirtant avec des non-lieux.

Bruno Amsellem

Rohingyas, une minorité sans voix

Les reportages de Bruno Amsellem témoignent de sa volonté de « donner à voir » les souffrances humaines et les combats qui en découlent. En Birmanie, les Rohingyas font partie des minorités les plus persécutées de la planète…

Camille Gharbi

Preuves d’amour

Cette série de photographies cherche a questionner la violence domestique et la réponse que nous lui faisons, à travers son expression la plus extrême : l’homicide conjugal.

LE TURK - NORMAL - FESTIVAL PHOTOGRAPHIE MON AMOUR from Normal Magazine on Vimeo.

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15 avril 2019

Les amours contrariées de Pedro Almodóvar et de l’Espagne

Par Sandrine Morel, Madrid, correspondance - Le Monde

Avec « Dolor y Gloria », le cinéaste a retrouvé son acteur fétiche Antonio Banderas et l’estime du public dans son pays.

Depuis Volver en 2006, Pedro Almodóvar n’avait plus connu un succès critique et public aussi unanime en Espagne. Son 21e long-métrage, Dolor y Gloria (« douleur et gloire », qui pourrait être présenté à Cannes), est sorti sur les écrans espagnols le 22 mars. A l’affiche, deux de ses acteurs fétiches : Antonio Banderas, d’abord, qui joue le double du cinéaste, un réalisateur vieillissant qui se remémore son enfance dans un village pauvre de Valence, son premier amour pour un homme dans le Madrid de la movida, la douleur de la rupture, la thérapie par l’écriture et l’importance du cinéma pour combler les vides laissés par la vie.

Se réconcilier

Ensuite, Penélope Cruz, qui interprète sa mère durant la période de sa jeunesse. Le film a fait un démarrage en trombe, se hissant durant le premier week-end d’exploitation en tête du box-office avec 180 000 spectateurs, détrônant le mastodonte américain Captain Marvel. « Ce succès est réconfortant, souligne la productrice du film, Esther García. Ce sont comme des retrouvailles. »

Le film permettra-t-il au plus célèbre des cinéastes espagnols de se réconcilier avec ses compatriotes ? En effet, la relation du réalisateur avec le public de son pays n’a pas toujours été simple. Et il s’en est souvent consolé en France, là où il se sent le plus aimé et estimé. Et où « il n’a jamais perdu le respect ni l’admiration du public », comme le souligne Esther García. En témoignent les chiffres du box-office.

En 2016, Julieta a été davantage vu les dix premiers jours en salle en France que durant toute son exploitation en Espagne. Il est vrai que la sortie du film avait coïncidé avec l’apparition de son nom dans les « Panama Papers », du fait d’une société détenue brièvement dans les îles Vierges britanniques, entre 1991 et 1994. Mais auparavant, La piel que habito, Etreintes brisées et La Mauvaise Education, avaient déjà obtenu moins de succès en Espagne qu’en France.

« Je ne crois pas que l’on m’aime peu en Espagne. Mais il est vrai que, ailleurs, on me décerne davantage de prix », avait-il déclaré en 2016, en profitant pour tacler l’Académie des arts et des sciences cinématographiques d’Espagne.

« POUR CERTAINS, ALMODOVAR EST ANTIPATHIQUE. POUR D’AUTRES, IL Y A CETTE IDÉE QUE, SI UN FILM EST ESPAGNOL, IL NE PEUT PAS ÊTRE SI BON… » UN CRITIQUE DE CINÉMA

Durant sa carrière, le cinéaste n’a reçu que trois Goyas du meilleur film, pour Femmes au bord de la crise de nerfs en 1989, Tout sur ma mère en 2000 et Volver en 2007, et deux comme meilleur réalisateur, pour ces deux derniers. Moins que ses compatriotes, plus jeunes et aux succès plus commerciaux, Alejandro Amenábar ou Juan Antonio Bayona. En France, en 1993, il a reçu le César du meilleur film étranger pour Talons Aiguilles, alors que, en Espagne, il n’était nommé dans aucune des principales catégories.

En 2003, pour Parle avec elle, l’injustice était encore plus flagrante : Pedro Almodóvar n’a reçu aucun Goya alors que, aux Etats-Unis, il a remporté l’Oscar du meilleur scénario et le Golden Globe du meilleur film étranger, et en France le César du meilleur film de l’Union européenne, parmi d’autres prix internationaux.

Et ce, alors que d’autres réalisateurs espagnols qui triomphent peinent à exporter leurs œuvres. Il faut dire que les Espagnols sont friands de comédie à l’humour très local, un genre difficile à vendre à l’étranger. « Et que notre cinéma souffre d’un complexe d’infériorité, ajoute Esther García. Les films de Javier Rebollo, Ce que je sais de Lola et La Femme sans piano, encensés à l’international, se sont à peine fait remarquer dans les salles espagnoles… »

« Manque de générosité »

Autre exemple surprenant : l’acteur Javier Bardem, adulé sur la scène internationale, n’est pas non plus une star consensuelle en Espagne. Peut-être parce qu’il est considéré, comme Pedro Almodóvar, trop engagé politiquement à gauche dans un pays qui reste souvent divisé entre « rojos » et « azules », descendants des républicains et héritiers du franquisme.

« Malgré la bonne réception de Dolor y Gloria, les spectateurs espagnols sont partagés sur Almodóvar, comme s’il y avait un manque de générosité pour célébrer les succès de compatriotes, souligne le critique de cinéma d’El País Jordi Costa. Pour certains, il est antipathique. Pour d’autres, il y a cette idée que, si un film est espagnol, il ne peut pas être si bon… »

Le critique de cinéma Juan Sanguino, de Vanity Fair España, s’étonne sur Twitter qu’une « part de la société espagnole rejette le ciné d’Almodóvar en bloc, alors qu’il est l’un des meilleurs peintres du caractère espagnol ». Avant de conclure : « C’est peut-être pour cela… »

15 avril 2019

Save the dates

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15 avril 2019

Milo Moiré

15 avril 2019

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14 avril 2019

Grand débat national : Emmanuel Macron s'exprimera lundi à 20 heures à la télévision

La présidence a fait cette annonce dimanche alors que le chef de l'Etat reçoit une partie du gouvernement pour un dîner à l'Elysée.

Une prise de parole très attendue. L'Elysée a annoncé, dimanche 14 avril, qu'Emmanuel Macron devrait s'exprimer à la télévision, à 20 heures, lundi 15 avril. "Dans cette allocution, il annoncera les chantiers d'action prioritaires et avancera les premières mesures concrètes en réponse aux préoccupations soulevées dans le cadre du Grand débat national", écrit l'Elysée dans un communiqué. "C'est un nouvel acte", des "changements en profondeur vont être lancés", a déclaré à l'AFP une personne de l'entourage du chef de l'Etat.

Le service après-vente de ces premières annonces sera également assuré dans un deuxième temps. L'Elysée précise qu'Emmanuel Macron répondra aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse qui sera organisée mercredi à l'Elysée.

Dimanche, en fin d'après-midi, Emmanuel Macron a posté sur Twitter une vidéo de 44 secondes en forme de bande-annonce : "Pendant plusieurs mois, vous avez échangé et nous vous avons écoutés. Demain soir, je vous réponds."

Nous avons décidé de transformer les colères en solutions. Merci de vous être engagés dans le #GrandDébat. Pendant plusieurs mois, vous avez échangé et nous vous avons écoutés. Demain soir, je vous réponds.

"Changements en profondeur"

La présidence a fait cette annonce alors que le chef de l'Etat reçoit, dimanche soir, une partie du gouvernement pour un dîner à l'Elysée. Les annonces qu'Emmanuel Macron doit faire "sont prêtes", a affirmé dimanche son entourage, assurant qu'elles contenaient "un nouvel acte et des changements en profondeur qui vont être lancés" pour sortir de la crise des "gilets jaunes".

"C'est le sens des réunions qui se tiennent dimanche soir à l'Elysée", a ajouté cette source, précisant que le chef de l'Etat recevait à 19 heures le Premier ministre Edouard Philippe puis des membres du gouvernement à 20 heures.

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