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Jours tranquilles à Paris
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16 septembre 2020

LA CRISE EN BIÉLORUSSIE - Loukachenko dans les mains de Poutine

bielorussie poutine

Article de Benoît Vitkine

Le président russe a reçu, lundi, son homologue biélorusse, qui affronte une forte contestation. Moscou met la pression sur l’autocrate en attendant de voir l’évolution de la situation

MOSCOU - correspondant

Alexandre Loukachenko a effectué en Russie, lundi 14 septembre, son premier déplacement à l’étranger depuis sa réélection contestée du 9 août. Rien ne dit que sa rencontre avec Vladimir Poutine aura un effet décisif sur son maintien au pouvoir. Mais au moins le président biélorusse a-t-il pu montrer qu’il était plus qu’un autocrate enfermé dans son palais assiégé, kalachnikov à la main. Comme si tout revenait à la normale, M. Loukachenko s’est même permis, dans les échanges diffusés par la télévision russe, de disserter sur la sévérité de la deuxième vague de Covid-19, lui qui s’était distingué en niant l’existence de la pandémie.

L’image qu’aura donnée M. Loukachenko est surtout celle de sa déférence. Reçu à Sotchi, le sort réservé aux amis ou aux obligés, il a été accueilli sur le tarmac par un simple gouverneur régional. Au cours de leur bref échange devant les caméras, le chef de l’Etat biélorusse a remercié à six reprises son homologue russe, à tous propos, et redit l’amitié de son peuple pour le « grand frère » russe, une formule éculée mais qui ne peut que sonner doux aux oreilles de Vladimir Poutine.

A Sotchi, M. Loukachenko a pu exposer une nouvelle fois sa vision très personnelle de la crise : « Chez nous, le week-end, les gens sortent dans la rue, et nous leur libérons une partie de Minsk pour qu’ils puissent circuler. » Malgré cette présentation bonhomme, qui oublie de mentionner la répression impitoyable des manifestations, leur caractère massif ou encore les tortures commises en prison, le Biélorusse continue de voir dans ces « sorties » le résultat d’un complot ourdi par l’OTAN, une manœuvre face à laquelle il convient de « ne pas répéter les erreurs de la seconde guerre mondiale en tentant d’apaiser l’ennemi » – autre douceur adressée à M. Poutine.

Pour les observateurs, cette visite vaut confirmation : c’est à Moscou et uniquement à Moscou que M. Loukachenko voit son salut. Oubliées, donc, les accusations d’ingérence russes qui avaient précédé le scrutin du 9 août, oubliées les tentatives de se concilier les bonnes grâces des Européens et les années passées à éviter de se mettre dans la main du Kremlin. La reddition est complète, sans que son prix ne soit exorbitant pour Moscou.

« Ne pas être du côté du perdant »

Le président biélorusse a eu droit aux encouragements de rigueur de la part de M. Poutine : « Je suis convaincu qu’avec votre expérience politique vous allez atteindre de nouveaux horizons dans le développement du pays », a dit le président russe. Pour le reste, la partie russe avait averti qu’aucun accord ne serait signé, et aucune conclusion rendue publique. Au titre des annonces concrètes, Vladimir Poutine a seulement annoncé un prêt de 1,3 milliard d’euros, qui pourrait s’accompagner d’une restructuration de l’importante dette biélorusse. Les négociations engagées la semaine passée autour d’une reprise des livraisons d’hydrocarbures à prix réduits, qui ont depuis des années permis à la Russie de subventionner son voisin et d’acheter sa loyauté, vont dans le même sens.

Depuis le début de la crise, le soutien russe au régime vacillant de M. Loukachenko, au pouvoir depuis vingt-six ans, faisait peu de doute. Pour le Kremlin, l’idée qu’un président élu, qui plus est un allié, puisse être renversé par une contestation populaire est inacceptable, tout autant que de laisser le champ libre aux Occidentaux, sommés de « ne pas s’ingérer » dans ce qui semble relever d’une affaire intérieure russe.

Il a toutefois fallu attendre que M. Loukachenko démontre sa détermination et sa capacité à garder le pouvoir pour que Moscou s’engage. « Poutine ne veut pas être du côté du perdant », résume le politiste Mikhaïl Vinogradov. Le président russe a clairement fait part de ses intentions le 27 août, lorsqu’il a indiqué avoir formé une « réserve d’agents des forces de l’ordre » prêts à intervenir en soutien des forces biélorusses. Lundi soir, le Kremlin a indiqué que cette force était renvoyée à ses casernes, sans qu’il soit possible d’y voir un signe de confiance ou au contraire de défiance vis-à-vis de Minsk.

De fait, ces grands principes posés, la stratégie russe ne paraît pas encore totalement définie. Moscou n’a jamais fermé la porte à une solution négociée, voire à une transition contrôlée. C’est ainsi que peuvent être interprétés les appels réguliers à lancer une « réforme constitutionnelle ». L’expression, certes vague, est régulièrement employée par le ministère russe des affaires étrangères, et elle a été reprise lundi soir par Vladimir Poutine. Du côté de M. Loukachenko, qui aurait, selon le Kremlin, donné son accord, une telle réforme relèverait plutôt de la manœuvre dilatoire.

« Moscou n’est pas contre le dialogue, mais pas dans les termes proposés par l’Occident, et pas avec les représentants actuels de l’opposition », souligne le professeur Dmitri Souslov, de l’Ecole supérieure d’économie de Moscou. M. Loukachenko exile ou met en prison toute personnalité qui pourrait incarner un tel dialogue, avec d’autant plus d’empressement qu’elle paraît acceptable au Kremlin.

Parallèlement existe à Moscou la tentation d’obtenir le maximum d’un Loukachenko finissant, et de lui arracher les abandons de souveraineté auxquels il s’est toujours refusé. Cette position défendue en particulier par les « faucons », s’appuie sur le traité d’union signé entre les deux pays en 1999, et dont M. Poutine a toujours voulu tirer le maximum. Le très court menu de la rencontre de Sotchi mentionnait bien « les perspectives d’une intégration plus poussée » entre Moscou et Minsk et l’approfondissement des « coopérations ».

Un atlas de l’année 1866 en cadeau

Dans le même temps, le 10 septembre, l’ambassadeur russe à Minsk faisait à M. Loukachenko un cadeau très remarqué : un atlas de l’année 1866, époque où une partie des provinces biélorusses appartenaient à l’Empire tsariste. De quoi relativiser les assurances du porte-parole du Kremlin selon lequel aucune « absorption » n’est à l’ordre du jour.

Ces craintes ont poussé la chef de l’opposition biélorusse, Svetlana Tsikhanovskaïa, à avertir M. Poutine, lundi, que « toutes les discussions que vous pourrez avoir et tous les accords que vous pourrez conclure avec un président illégitime n’auront aucune valeur légale et seront reconsidérés par le peuple biélorusse ».

On ignore le contenu des discussions entre les deux dirigeants, mais ces mises en garde illustrent bien le risque, pour Moscou, d’un tel jeu : celui de s’aliéner une population biélorusse qui n’est pour l’heure pas hostile. Soit la répétition des erreurs commises en Ukraine ou en Géorgie, pour ne prendre que les exemples les plus récents. « Ce serait trop tôt et trop risqué pour les deux parties de parler publiquement de nouveaux accords, ou même de l’approfondissement des accords existants, confirme Dmitri Souslov. Cela ne veut pas dire que de tels projets n’existent pas, mais en attendant la priorité russe est de stabiliser au maximum la situation. »

En clair, comme les autres acteurs, Moscou est condamné à attendre de voir le rapport de force évoluer en Biélorussie même, où quelques milliards ne suffiront pas à étouffer la contestation. Le politiste russe Kirill Rogov résume cet état de fait en se référant à un jeu, les échecs, que les deux présidents connaissent. « Les trois acteurs – Loukachenko, la Russie, les manifestants – sont en situation de pat, écrit-il. Aucun des trois ne peut gagner seul, mais personne ne peut se permettre de laisser la victoire à l’un des deux autres. »

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12 septembre 2020

La bravoure de Maria Kolesnikova, opposante biélorusse, et les méthodes du régime Loukachenko

Maria Kolesnikova

La disparition rocambolesque de l’opposante biélorusse – et sa réapparition à la frontière ukrainienne – montre la volonté du président de museler les responsables de l’opposition.

Par Claire Gatinois 

Sa confession n’a dupé personne. Alexandre Loukachenko a déjà démontré à maintes reprises qu’il était l’un des meilleurs apôtres de l’ère de la postvérité. Mais l’aveu de l’autocrate biélorusse lâchant, mardi 8 septembre, aux grands médias publics russes : « Je suis peut-être resté [au pouvoir] un peu trop longtemps », aurait pu faire frissonner la foule qui réclame son départ depuis l’élection présidentielle du 9 août. Le frisson fut bref. Aux quatre journalistes dévoués au Kremlin, dont la patronne de la chaîne de télévision Russia Today, Margarita Simonian, le chef d’Etat a vite ajouté : « Je ne vais pas partir comme ça. J’ai bâti la Biélorussie pendant un quart de siècle, je ne vais pas abandonner. » « De plus, a-t-il assuré, si je pars, mes soutiens seront massacrés. »

« Batka » (« papa »), comme il aime à se faire appeler, a aussi promis une réforme constitutionnelle et la tenue d’une élection présidentielle anticipée. « Des mensonges bien sûr ! », commente l’analyste politique Andreï Yeliseyeu. « Alexandre Loukachenko lance des promesses creuses pour tenter de calmer la population et la faire patienter », estime-t-il.

La colère des Biélorusses a, de fait, franchi un nouveau cap dans la journée de mardi, après le rocambolesque enlèvement et la tentative ratée d’expulsion de l’opposante Maria Kolesnikova, 38 ans. Membre du présidium du Conseil de coordination, organisation créée mi-août pour tenter de gérer une transition pacifique du pouvoir, la trentenaire avait été kidnappée dans le centre de Minsk, la veille, avant de réapparaître quelques heures plus tard à la frontière ukrainienne où elle a été arrêtée par les gardes-frontières.

Passeport déchiré

Maria Kolesnikova ainsi que deux de ses collaborateurs au sein du Conseil de coordination, Anton Rodnenkov et Ivan Kravtsov, avaient été conduits par les services spéciaux biélorusses à la frontière. Transportés dans diverses administrations, menottés et un sac sur la tête, ils ont été interrogés et menacés de poursuites judiciaires, avant de se voir proposer de quitter le pays. Mais alors que MM. Rodnenkov et Kravtsov, optant pour l’exil forcé, traversaient la ligne les amenant en Ukraine, Mme Kolesnikova décide de déchirer son passeport et s’extirpe par la fenêtre de la voiture la menant à la frontière. « Elle criait qu’elle n’irait nulle part », ont raconté, depuis Kiev, dans la soirée de mardi, les deux collaborateurs qui étaient à ses côtés. « Ce qui les intéressait, c’était le transport de Maria Kolesnikova hors des frontières. Ils l’expliquaient par la nécessité d’une désescalade de la situation », a expliqué M. Kravtsov.

Dans l’après-midi, à Minsk, la foule est descendue dans la rue pour saluer le courage de celle qui est devenue un symbole de la résistance biélorusse en criant « Libérez-la ! ». Mais Alexandre Loukachenko, qui se plaît à décrire ses contempteurs tels des couards aux mains de l’étranger, a continué de prétendre que Mme Kolesnikova était en réalité une fuyarde pressée de rejoindre sa sœur en Ukraine. Et qu’elle aurait été empêchée de traverser la frontière pour avoir contrefait la loi.

Peu importe que le vice-ministre de l’intérieur ukrainien, Anton Guerachenko, ait, quelques heures plus tôt, assuré avec véhémence que le départ de l’une des principales figures de l’opposition « n’était pas un voyage volontaire », mais une expulsion forcée. « Maria Kolesnikova n’a pas quitté la Biélorusse, car cette femme courageuse a résisté. (…) Alexandre Loukachenko porte personnellement la responsabilité de sa vie et de sa santé », a-t-il précisé. « Maria a toujours répété : “Papa, quoi qu’il arrive, je resterai en Biélorussie” », a aussi confié le père de la militante, Alexandre Kolesnikov au site biélorusse Tut.by. « C’était sa position de principe. »

Le panache de Maria Kolesnikova lui coûtera cher

« En poussant le présidium du Conseil de coordination à l’extérieur du pays, le gouvernement veut donner l’illusion qu’il n’entend liquider personne, qu’il a confiance en lui et que les opposants “s’enfuient comme des rats” », analyse le commentateur politique Peter Kuznetsoff. « L’opposante a cassé cette rhétorique », souligne-t-il.

Le panache de Mme Kolesnikova lui coûtera sans doute cher. Celle qui fut directrice de campagne de Viktor Babaryko avant que l’ex-banquier ne soit jeté en prison le 18 juin, pourrait, selon toutes probabilité, elle aussi séjourner quelque temps derrière les barreaux pour un motif quelconque. L’ONG Viasna, de défense des droits humains, recense à ce jour pas moins d’une cinquantaine de prisonniers politiques. « Le pouvoir peut aussi l’expulser de nouveau, avec ou sans passeport. Alexandre Loukachenko a déjà montré qu’il n’avait que faire du droit international », observe le chercheur biélorusse Tadeusz Giczan, faisant référence au chef de l’Eglise catholique interdit d’entrée en Biélorussie le 31 août, après un déplacement en Pologne.

Il reste que le geste de Mme Kolesnikova met au jour les méthodes de l’autocrate. A ceux qui en doutaient encore, Alexandre Loukachenko démontre qu’il se débarrasse progressivement de tous ses opposants politiques. Ceux qui ne sont pas jetés en prison sont priés de quitter le territoire manu militari. Avant Maria Kolesnikova, Svetlana Tsikhanovskaïa, seule véritable candidate d’opposition et égérie de la campagne présidentielle, avait notamment dû s’envoler mi-août pour la Lituanie, à la suite de menaces visant sa famille.

En décapitant l’opposition, le dictateur espère éteindre la révolte

Le scénario, répété à l’envi, a permis d’éviter l’émergence d’un véritable leadership au sein de l’opposition à Minsk. Il a aussi dépecé progressivement l’ensemble de l’état-major du Conseil de coordination. Au sein du présidium, seuls deux membres étaient encore libres mardi en Biélorussie : le Prix Nobel de littérature, Svetlana Alexievitch, et l’avocat Maxim Znak. « Bravo Macha », a salué celui-ci dans un message Facebook en s’adressant à Maria Kolesnikova. « Tout est désormais clair pour tout le monde (…) maintenant, il faudra justifier sa détention », a-t-il pris soin de rappeler. Mercredi 9 septembre dans la matinée, Maxim Znak était, à son tour, porté disparu.

En décapitant ainsi l’opposition, le dictateur espère éteindre progressivement la révolte. Si les observateurs locaux notent qu’une telle hypothèse est vaine – le Conseil de coordination n’ayant aucun lien direct avec les manifestants –, beaucoup craignent néanmoins que les protestations, jusqu’ici pacifiques, ne dérivent progressivement dans la violence. « C’est ce que cherche Loukachenko », note le journaliste biélorusse Andreï Dynko.

Livrée à elle-même, l’opposition biélorusse en appelle désormais ouvertement au secours de l’Europe. « Ma nation, mon peuple, a maintenant besoin d’aide. Nous avons besoin qu’une pression internationale s’exerce sur le régime qui s’accroche désespérément au pouvoir. Nous avons besoin que des sanctions s’appliquent sur ceux qui ont exécuté les ordres criminels et violé les règles du droit international et des droits de l’homme », a notamment plaidé Mme Tsikhanovskaïa, lors d’un discours destiné à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

28 juillet 2018

Benalla: Une nouvelle vidéo révélée

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Libération révèle une nouvelle vidéo dans laquelle Benalla et Crase participent à une arrestation violente de manifestants.

LEXPRESS.fr28/07/2018 à 10:12

 Alexandre Benalla et Vincent Crase sont tous les deux présents dans une nouvelle vidéo impliquant des violences contre des manifestants le 1er mai.

Trois heures avant les événements de la Contrescarpe, Alexandre Benalla, Vincent Crase (tous deux observateurs) et Philippe Mizerski (Major de police chargé de les encadrer) se trouvaient au jardin des plantes (Vème arrondissement de Paris). Dans une nouvelle vidéo publiée par Libération, accompagnée de témoignages, on voit les deux observateurs intervenir, violemment selon les personnes présentes ce jour-là.

Deux nouvelles plaintes de personnes présentes auraient été déposées contre X jeudi au parquet de Paris, pour: "violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique en réunion", "usurpation de signes réservés à l'autorité publique aggravé par le fait qu'ils facilitent la commission d'un délit", "usurpation de fonctions", "atteinte à la liberté", "dégradation de biens", et "introduction frauduleuse dans un système de traitement de données". Ces plaintes cibleraient Vincent Crase, Alexandre Benalla et Philippe Mizerski.

L'extrait de la scène du Jardin des plantes ne dure que 35 secondes, mais les journalistes du quotidien ont eu accès à la vidéo complète de six minutes. Les manifestants témoignant sont trois, dont une jeune fille, qui a filmé la scène avec son téléphone. Quand l'extrait de la vidéo commence, ils sont sur un petit chemin dans le parc, selon un des trois ils essayent de "partir à l'opposé de la manifestation" qui dégénère. Des policiers leur auraient apparemment indiqué de passer par là.

"Éteins ! Éteins !"

Ils tombent alors face à Alexandre Benalla, Vincent Crase et le major Mizerski. Sur la vidéo,Vincent Crase arbore un brassard "police" et ordonne au petit groupe de passer par un autre chemin. Les manifestants expliquent qu'on vient de leur donner une autre indication, et la situation dégénère. La jeune fille en train de filmer explique s'être "fait plaquer contre l'arbre le plus proche avec le téléphone dans la main", elle se souvient avoir entendu "Éteins ! Éteins !", et pense qu'on lui demandait d'arrêter de filmer. Son téléphone lui est d'ailleurs confisqué, sous peine de se voir arrêtée, et des vidéos et images en sont effacées. Le clip de six minutes fournit à Libération a été récupéré grâce à un logiciel dédié sur sa carte mémoire.

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La manifestante, qui se dit encore très choquée par cet événement, raconte qu'elle a vu une personne, surement un manifestant, saignant et se plaindre d'avoir mal à côté d'elle. On lui a demandé de regarder ailleurs. Elle se rend compte dans le même temps qu'un de ses camarades a été arrêté. Il passera quarante-huit heures en garde à vue pour "violences contre personnes dépositaires de l'autorité publique avec arme" et sera relâché sans poursuites judiciaires.

"Pas autorité pour intervenir d'une quelconque manière"

Les observateurs (donc pas des forces de l'ordre) auraient, selon les souvenirs de témoins, menacé d'arrêter des manifestants, alors qu'ils n'en avaient légalement pas le pouvoir. L'avocate du manifestant qui a été placé en garde à vue déclare dans Libération que son client "attend que la lumière soit faite sur le rôle joué par ceux, désormais bien connus, qui n'avaient manifestement pas autorité pour intervenir d'une quelconque manière dans son arrestation". Dans le témoignage fournit à Libération, les manifestants affirment avoir dénoncé à haute voix les abus qu'ils subissaient au moment des événements. 

Dans le cadre des violences du 1er mai, Alexandre Benalla a été mis en examen dimanche 22 juillet pour "violences volontaires", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel". Vincent Crase a, lui, été mis en examen pour "violences volontaires", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique" et "port prohibé d'une arme de catégorie B".

9 janvier 2019

«Gilets jaunes»: L'ancien ministre Luc Ferry préconise de tirer sur les manifestants

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VIOLENCES. L’ancien ministre a trouvé une « solution » contre les violences dans les manifestations de « gilets jaunes »... Faire usage des armes pour répondre à la violence des manifestants. C’est la proposition du philosophe Luc Ferry face aux violences commises par des « gilets jaunes », a relevé  Ouest-France. L’ancien ministre de Jacques Chirac est l’éditorialiste de l’émission « Esprits Libres » sur Radio Classique. « Évidemment qu’on est tous contre les violences mais ce que je ne comprends pas c’est qu’on ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin à ces violences », a déclaré Luc Ferry ce mardi. Face aux risques de dérives, Luc Ferry argumente : « Et alors ? Écoutez franchement, quand on voit des types qui tabassent à coups de pied un malheureux policier qui est par terre. Qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois. Ça suffit ! ».

« Retourner devant les électeurs »

Un soutien inconditionnel aux forces de l’ordre, après la publication de plusieurs vidéos de violences entre manifestants et forces de l’ordre lors de l’acte 8 des manifestations des « gilets jaunes ». « On a la quatrième armée du monde [la 5e en réalité], elle est capable de mettre fin à ces saloperies », remarque-t-il.

Luc Ferry s’est emporté contre les manifestants violents. « Ces espèces de nervis, ces espèces de salopards d’extrême droite, d’extrême gauche et des quartiers qui viennent taper du policier, ça suffit ». Le philosophe estime que le Grand débat national ne servira à rien. « C’est une tentative désespérée de régulation démocratique », explique-t-il. « Le problème c’est que c’est un mouvement qui a suscité l’adhésion de 80 % des Français. Quand on en arrive là, il faut retourner devant les électeurs », assure l’ancien ministre de l’Education nationale. Luc Ferry s’est également opposé au référendum d’initiative citoyenne, lui préférant les élections. « C’est ce qui compte dans une démocratie », a-t-il précisé.

19 juillet 2019

Laetitia Casta pose nue en couverture de «Elle»

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L’actrice et mannequin Laetitia Casta pose nue sur un rocher en une du prochain numéro de « Elle »

Après la série Une Île sur Arte,  Laetitia Casta joue à nouveau les sirènes. L’actrice et mannequin de 41 ans pose nue en couverture du magazine Elle. Dans ce numéro qui sera disponible en kiosques ce vendredi, la star apparaît en tenue d’Eve, assise sur un rocher, les cheveux mouillés.

La renversante @laetitiacasta fait la couverture de notre magazine cette semaine : A l’état pur, l’actrice se dévoile comme jamais ✨#mode - Les bons looks farniente ☀️#societe - Arrêtons de survaloriser la maternité#elleenkiosque #ellemagazine #ellefrance #LaetitiaCasta pic.twitter.com/D9GrrKni9d

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16 ans après E. Béart, la couverture du @ELLEfrance avec L. Casta.

Un message qui accompagne cette couverture et celle d’Emmanuel Béart, parue il y a seize ans. L’actrice avait fait alors sensation nue, dans l’eau, son bas de maillot de bain en guise d’élastique. Une photo devenue culte.

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13 mars 2014

"Monuments Men" de George Clooney. Avec George Clooney, Matt Damon, Bill Murray

En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité…

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Des œuvres spoliées par les nazis restituées

Trois tableaux, arrachés à des collectionneurs par les nazis, ont été restitués, hier, par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, aux descendants de leurs propriétaires légitimes. Ces peintures font partie des 2 000 œuvres sans propriétaire identifié que garde l’État, en attendant leur réclamation. Comme à chaque fois, ils révèlent des bouts d’histoires de cette époque tragique.À gauche, un Portrait de femme datant du XVIIIe siècle. L’œuvre appartenait à Rosa et Jakob Oppenheimer, marchands d’art à Berlin. Ils avaient fui leur pays en 1933 pour se réfugier en France. Le tableau avait été mis aux enchères en 1935 dans le cadre d’une vente publique forcée de biens juifs. La toile a été rendue à Anne Oppenheimer, la petite fille du couple.Au centre, un Paysage montagneux du peintre flamand Joss de Momper. Il appartenait au baron Cassel van Doorn, banquier belge d’origine juive qui avait fui l’Europe en 1940 pour les États-Unis. Il possédait des résidences en France et une très grande collection de peintures confisquée par les nazis en 1943. La toile a été récupérée par la petite-fille du baron, Jacqueline Domeyco, qui vit au Chili avec ses deux cousines.À droite, une Vierge à l’enfant , œuvre de l’entourage de Lippo Memmi, appartenait au banquier roumain Richard Soepkez. Ambassadeur de Roumanie à Londres juste avant la guerre, il a démissionné lorsque son pays a rejoint le camp de l’Allemagne et il est resté en Grande-Bretagne.« Il n ’était pas juif mais il a peut-être été spolié parce qu ’il était opposé au régime nazi » , explique M. Florescu, son arrière-petit-fils, venu avec un cousin texan.

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La une du Nouvel Observateur de cette semaine

4 mars 2014

Exposition Qunce Zeng à la Galerie JJRIO à Auray - morbihan

Qunce Zeng est né en 1969, dans le Fujian, en Chine.

D’une remarquable dextérité artistique Qunce Zeng restitue l’énergie explosive de l'âme des animaux qu’il peint. Ses attaques calligraphiques époustouflantes nous transportent dans un univers peu commun de couleurs brutes et organiques. Son travail combine l'huile, l’acrylique et des techniques mixtes en utilisant une approche moderne et réaliste pour rendre ses portraits d'animaux en mouvement. Son utilisation de la couleur est magnifique et transperce immédiatement le spectateur dans son univers visuel unique. Il y a une fluidité à l'œuvre qui rappelle le genre de flux non structuré observé dans des œuvres de Pollock. Ses oeuvres combinent une subtile juxtaposition de la Calligraphie et ses encres traditionnelles avec le modernisme occidental. Certaines pièces abstraites de Qunce Zheng sont tout aussi intrigantes et volcaniques. Nous vous recommandons vivement de suivre avec attention l’émergence de ce talentueux artiste dont les œuvres sont actuellement déjà en Australie, au Canada et aux USA ainsi que très récemment en Italie et en France après sa première exposition au Carrousel du Louvre à Paris début novembre 2013.

Voir le site de la Galerie

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18 août 2013

"Manif pour tous" s'envoie en l'air...

Ouest-France / Bretagne / Auray

Quiberon

Quiberon : l’ULM du militant anti-Hollande perturbe le trafic de l’aérodrome

Faits divers dimanche 18 août 2013

Depuis une semaine, David Van Hemelryck, un Parisien de 34 ans militant de la Manif pour tous, survole le littoral Atlantique à bord d’un ULM. Celui-ci tracte une banderole portant une inscription hostile à François Hollande. Samedi, avant de se poser sur l’aérodrome de Quiberon, il a largué cette banderole longue d’une vingtaine de mètres. Celle-ci a perturbé le trafic une bonne demi-heure, entre 19 h et 19 h 45. Mardi, l’appareil a raté son décollage de l’aérodrome du Château-d’Olonne. David Van Hemelryck a finalement pu réparer son ULM et continuer son tour du littoral Atlantique.

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31 janvier 2014

'Nymphomaniac' Makes Me Proud to Be a Woman - Charlotte Gainsbourg

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Yesterday I had the privilege of seeing Lars von Trier's newest, controversial piece of work, Nymphomaniac. And while I only got to see the first installment of the two-part piece, I left with the same blood-rushed feeling I always get after seeing a film that I loved. And as I gleefully walked back to the office, I ignored the impulse to grab strangers on the street and apprise them of what I'd just seen.

Sure, I saw Shia LaBeouf's fully erect penis. CGI or not, I'd plagiarize that bad boy too if I was the Beoufster. But in all seriousness, his or not, it was a sight to behold. So was the endless cavalcade of emotionally-bereft intercourse: missionary, oral, doggy style, pony style, you effing name it. Don't get it twisted, this movie is jam-packed with S-E-X.

But it wasn't the sex that got me lathered—it was the transparency. The film's protagonist Joe, played by Charlotte Gainsbourg in present day and British newcomer Stacy Martin in flashbacks, is trying to convince new acquaintance Seligman (Stellan Skarsgård) that she's lived a life of reprehensible sin. And as she recalls her indiscretions—including the most hilarious, Vaudevillian scene in which Uma Thurman leads her three young children to the "whoring bed" where Joe seduced her husband—the lead, a WOMAN, doesn't shy away from expressing herself. Whether we see her indulging in what she calls "the sensation" with another sexually curious pre-teen, falling for the first asshole (LaBeouf) who treats her poorly, or getting aroused at her father's deathbed, she tells it like it is. There's no pretense, no "I woke up like this" façade, and no way I couldn't feel something—something visceral—watching her careen through life as carelessly as Frank the Tank at a little kid's birthday party. Extrait de ELLE (US)

 

21 avril 2014

Vannes où se déroule actuellement le Festival Photo de Mer (photos prises hier soir)

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D'autres photos bientôt....

10e Festival Photo de Mer

Pendant un mois, les visiteurs pourront contempler l’exposition et parcourir les richesses de la cité des Vénètes. C’est un véritable voyage autour de la planète qui est offert aux visiteurs. C’est également une découverte de lieux insolites de l’intra-muros de la cité des Vénètes. Ainsi l’exposition « Portugal », de la merveilleuse Sabine Weiss, fut un des coups de cœur de David Robo, maire de Vannes, qui, dans un bref échange avec la photographe au « Jardin de Roscanvec » lui déclara :« Votre travail est remarquable. Ici c’est l’un de mes endroits préférés du festival et de la ville. » La vieille dame (90 ans) au sourire malicieux et au regard éclairé ne put qu’apprécier :« Je suis gâtée de pouvoir exposer en ce lieu », avant d’ajouter sur son œuvre : «En 1954, j’ai répondu à une commande de l’Otan qui voulait savoir à quoi ressemblait le Portugal avant son entrée dans cette organisation . » Xavier Desmier, qui présente « Crozet, archipel au bout du monde », un temps plongeur de l’équipe du Commandant Cousteau, était ravi de participer à cette longue promenade :« C’est merveilleux. En découvrant l’exposition dans divers sites, tous aussi remarquables les uns que les autres, on parcourt les ruelles d’une ville pleine de richesses. »

« La lumière permet de sculpter… »

Pendant un mois, les visiteurs pourront voir l’expo de Stéphanie Tétu « Bac à Sable » au « Bastion de Gréguennic », près de la Halle aux Poissons ; celle d’Aude Sirvain « Le Bain », « Cour Saint-Émilion » (en bordure des remparts). « La photographie en Couleur pour tous », du scientifique et photographe Gustave gain, décédé en 1945, se niche dans une tour joliment restaurée « Porte Prison ». De belles rencontres, il y a en aura partout. À Saint-Patern, le noctambule Michel Séméniako, plonge les visiteurs dans son univers où il déclare :« La lumière me permet de sculpter » . Le surprenant Finistérien Léonnard Leroux, fait découvrir l’imaginaire maritime d’Arthur Rimbaud, à l’Auditorium des Carmes. Les rives du port, dans sa version contemporaine, permettent de découvrir « Les Aventures de Gold of Benga l », de Corentin de Chatelperron. Un pur régal de s’imprégner des voyages au Bangladesh, à Sumatra, en Indonésie, de ce « nomade des mers » jeune ingénieur-inventeur morbihannais.

Chemins buissonniers

On y trouve également les traces photographiques de la Saga du France. Le bateau construit par le Baron Bich, en 1969, pour la Coupe de l’América. Il a été restauré à Arzal et remis à flot à La Trinité-sur-Mer. Le Brésilien Joao Luiz Bulcao explique, à travers ses prises de vues, que la mer, la plage et le football sont indissociables au pays chez les Cariocas. Au total, quatorze photographes ont été retenus dans la programmation officielle. Quatre associations vannetaises de photographes amateurs ont été sélectionnées au sein des « Chemins Buissonniers ». On les retrouve au Palais des Arts, aux Lavoirs (Porte-Poterne), ou encore au centre socioculturel de Kercado ou à l’Espace Henri-Matisse de Ménimur. Six « Clins d’œil instantané s » du festival sont aussi à voir à travers la ville (la gare, place des lices, monoprix, les carmes, les remparts…)

14 avril 2014

Save the date : Festival Photo La Gacilly - Du 31 mai au 30 septembre 2014

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Présentation des expositions de 2014 avec "Loin de la fureur" de Robert Capa.

On ne présente plus Robert Capa. Modèle absolu de tous les photojournalistes, il est l’auteur de certaines des images les plus marquantes du XXème siècle. « Si une photo n’est pas assez bonne, disait-il, c’est qu’elle n’a pas été prise d’assez près. » Capa est passé maître dans l’art de l’instantané, toujours au cœur de l’action des grands conflits de son temps.

Après-guerre, les États-Unis deviendront son pays d’adoption, et il participera à la création de l’agence Magnum Photos.

Le Festival de la Gacilly a voulu prendre le contrepied de cette vision du photographe de guerre, en privilégiant des images de paix, de bonheur qu’il réalisait entre deux éclats.

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http://www.festivalphoto-lagacilly.com/

12 mars 2014

BRETAGNE : A la barre d’Étel, la digue ne protège plus la ria

Les tempêtes répétées des deux derniers mois ont éventré une bonne partie de l’ouvrage. Le maire de Plouhinec, où la digue est située, a alerté le sous-préfet.

« On a pu constater une petite érosion en décembre. Et la marée de 115 de début mars a fini le travail. » Josiane Péné, la chef du sémaphore planté sur la dune face à la barre d’Étel, a donné l’alerte. Car la digue éventrée par les vagues ne remplit plus sa mission d’origine : protéger l’entrée de la ria.

Un diagnostic, « vite ! »

Adrien Le Formal, maire de Plouhinec, s’est emparé du dossier. Car la digue est construite sur sa commune. Sur le domaine public maritime de sa commune, pour être exact.« J’ai écrit au sous-préfet de Lorient pour qu’un diagnostic soit réalisé le plus vite possible , précise l’élu.On ne peut pas laisser les choses en l’état. On ne sait pas non plus si la dégradation entraînera ou pas des modifications structurelles en amont et en aval de la ria. » Déjà le sable, poussé par les vents d’ouest, passe par-dessus la digue rabotée. Le granulat s’entasse sensiblement à l’entrée de la rivière, rive droite comme rive gauche. La marée montante et les vagues qui déferlent accentuent le phénomène.« La digue ne casse plus la houle » , atteste Josiane Péné depuis son poste de surveillance. La digue a été construite au début des années 1960.« En même temps que le sémaphore » , rappelle Josiane Péné. Les assauts de l’océan, soulevé par les tempêtes des deux derniers mois, ont eu raison de l’ouvrage. Des blocs de pierre, d’une centaine de kilos au moins, ont été arrachés et projetés à plusieurs mètres en contrebas.

Des pics en fer

Et les pics en fer, qui aidaient au maintien des rochers ? Désormais ils se dressent, pointus, droit au ciel. Un vrai danger pour les promeneurs aventuriers. Dimanche dernier, premier week-end ensoleillé depuis des lustres marins, les visiteurs ont afflué sur le site. Un accident serait vite arrivé, craint-on. Un habitant de Plouhinec l’a signalé à la mairie, photos à l’appui. Le sous-préfet de Lorient a pris note. Sans pouvoir, hier, avancer de réponse précise.« Un fonds d’urgence a été mis en place pour soutenir les travaux de reconstruction à la suite des tempêtes » , rappelle Jean-Francis Treffel. La digue de Plouhinec devra de toute façon être réhabilitée, sous sa forme d’origine ou non. Quand ? Aucun calendrier n’est fixé. Mais les grandes marées, elles, reviennent à la fin du mois. Article de Charles JOSSE.

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25 mai 2019

« On a beaucoup discuté de la manière de chuter de Gena Rowlands » : entretien avec Virginie Efira

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Avec « Sibyl » , Virginie Efira retrouve Justine Triet pour un nouveau portrait de femme au bord de la crise de nerfs. Interview : Toma Clarac

Votre rencontre avec Justine Triet a été comme un coup de foudre. Votre amitié a-t-elle bouleversé votre manière de travailler ?

Notre rencontre est simple comme une évidence. J’ai eu aussi-tôt envie de connaître son monde, de lui voler tous ses amis ! À l’époque de Victoria, c’était le travail qui nous avait réunies. La relation s’était bâtie sur le film et son héroïne nous avait servi de lien. Là, c’est un peu l’inverse. La question était : « Qu’est-ce qu’on va faire de notre relation maintenant ? » Ça s’est dessiné très facilement, même si j’ai eu peur, un temps, qu’elle ne me confie plus ses envies. Je lui disais souvent : « Telle actrice est géniale. Tu devrais travailler avec elle », comme s’il fallait exorciser quelque chose. J’avais peur que le projet qu’elle pourrait porter avec une autre soit une affaire taboue entre nous, alors que ça ne me pose aucun problème... Enfin, je crois (rires). On a un rapport équilibré. Avant le film, je lui avais suggéré qu’on reprenne un peu de distance ; je ne sais pas si on l’a vraiment fait. Le regard qu’elle a porté sur moi a changé ma vie de manière très concrète. Elle pourrait tout me demander ou presque. Je ne connais pas ma limite avec elle.

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Victoria n’allait pas très bien. Sibyl va encore plus mal...

Vous voulez dire qu’on a franchi un cap ? Il ne faudrait pas qu’on en fasse un troisième : ça va finir en corbillard... Justine est très attirée par l’idée de la chute. C’est quelque chose d’existentiel, mais aussi de physique. On a beaucoup discuté de la manière de chuter de Gena Rowlands. On a revu Opening Night. Il y aun truc en commun avec Sibyl. Dans les rôles qu’elle joue, tout a beau être complètement défait, ses cheveux restent incroyables – et ce n’est pas anecdotique. Sibyl va mal, mais sa situation n’est pas catastrophique. Son mec n’est pas navrant ; les enfants sont cools : on pourrait considérer qu’il y a pire. Mais c’est justement là que se joue quelque chose de moins lisible. Un truc que Justine ne laisse pas filtrer. Elle est dans la drôlerie tout le temps. C’est un vrai personnage burlesque qui pose des questions absurdes aux gens, mais ce n’est pas non plus le prototype de la fofolle.

On se demande à qui ses personnages ressemblent le plus.

Dans Victoria, il m’est arrivé d’imiter Justine par moments, mais je dois bien être là, quelque part. Ça vaut aussi pour le film de Paul Verhoeven [Benedetta, sortie prévue en 2020], même si je ne suis pas une nonne lesbienne de la Renaissance obsédée par Jésus. Ou pour Un amour impossible. Le film de Catherine Corsini trimbale une mélancolie et j’ai pu puiser dans la mienne.

Sibyl est-il un film de famille ?

Si c’est l’idée que notre propre intimité est intéressante et qu’elle se suffit à elle-même, alors non. On était souvent entre proches sur le tournage. Ça donne des choses amusantes, mais la question c’est plutôt : à quel moment ça peut être intéressant et à quel moment ça devient dangereux ? En règle générale, ça nous a facilité la vie. On s’est débarrassé des politesses superflues. Ce qui ne veut pas dire qu’on se parlait mal, mais qu’on pouvait se dire les choses. Et dans les scènes avec Niels [Schneider, son compagnon], on a pu s’appuyer sur une confiance préexistante.

Le film s’est construit au montage. Comment avez-vous navigué dans cette chronologie éclatée ?

À l’instinct. L’avantage, dans ce cas, pour un acteur, c’est qu’il n’est jamais vraiment en position de trop penser son personnage. Quelque chose de lui reste étranger. Il faut avoir confiance dans le metteur en scène, bien sûr. La séquence au Stromboli, par exemple, était extrêmement floue pour moi. Pourquoi arrive-t- elle dans cette fête ? Pourquoi couche-t-elle avec Gaspard Ulliel sur la plage ? Mais, après tout, Sibyl le sait-elle elle-même ? Il y a du plaisir à se perdre dans ses méandres.

Stromboli, le volcan, c’est pour Rosselini/Bergman ?

Justine voulait un lieu qu’on ne voit pas souvent dans le cinéma français. Elle voulait une plage très exotique, des palmiers, une eau claire... L’occasion de tourner à Stromboli est arrivée plus tard, mais ça a ouvert quelque chose. On sent que c’est un endroit chargé. Le lieu ouvre une correspondance possible, mais le but n’était pas de dire : « Regardez comme on est intelligents. »

C’est votre première en compétition dans un rôle principal. Ça veut dire quelque chose ?

Victoria, à la Semaine de la critique, avait été une expérience marquante. J’avais surtout fait des films de marché jusque-là, avec des choses très chouettes dedans, mais d’un coup, on me disait que j’avais fait un film anormal, ce qui répondait à un désir profond. Je suis mal à l’aise dans les moments chargés de symboles, mais le rite cannois avait un sens. Là, j’imagine que c’est un peu la même chose, avec une exposition dix fois plus forte.

23 décembre 2013

Pussy Riot : Maria Alekhina est libre !

Maria Alekhina, condamnées à 2 ans de prison après avoir chanté une prière punk dans une église à Moscou, a bénéficié de la loi d'amnistie. « Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un geste d'humanisme, mais plutôt d'une opération de communication » de Vladimir Poutine, a-t-elle déclaré à sa sortie de prison lundi.

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22 août 2016

ETEL - visite du sémaphore de la Barre d'Etel

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"Les planches" du port d'Etel

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Le canot de sauvetage au port d'Etel

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Le passeur de la Ria d'Etel

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Le sémaphore de la barre d'Etel

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Le poste d'observation de la barre d'Etel (intérieur du sémaphore)

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http://fresques.ina.fr/ouest-en-memoire/fiche-media/Region00431/josiane-la-semaphoriste.html

http://www.ma-ria.com/content/le-semaphore-de-la-barre

La barre d'Etel

https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9maphore_(signalisation_maritime)

17 novembre 2013

Camp de concentration de Natzwiller-Struthof = in memorem : CONCERT AUJOURD'HUI

En novembre 1944, les troupes alliées découvrent dans le sous-sol de l'Institut d'anatomie de l'université de Strasbourg 86 corps atrocement mutilés, les corps de juifs gazés au camp de Natzweiler-Struthof, sur l'actuel sol français. Une découverte qui va mettre à jour l'un des projets les plus inconcevables et les plus méconnus du régime nazi : sous la direction d'Himmler en personne, une poignée de scientifiques reconnus, des aventuriers et des soldats fanatisés ont conjugué leurs efforts pour créer une collection de squelettes, allant jusqu'à assassiner des "spécimens" sélectionnés pour cet usage. Alors que l'extermination des juifs avait été officiellement décidée au plus haut niveau, l'opération avait pour but de prouver l'existence des races, mais aussi de conserver une trace de la "race juive" après sa disparition.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_concentration_de_Natzwiller-Struthof

http://www.struthof.fr/

Struthof-Natzwiller

La SS créa le camp de concentration du Struthof-Natzwiller, dans les Vosges, près de Natzwiller, à côté du village de Schirmeck, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Strasbourg, en Alsace annexée au Reich. L'emplacement du camp fut choisi à cause de la présence d'une carrière de granite desaffectée ; avant la guerre, il y avait une petite station de sports d'hiver. Il s’agit d’un camp de concentration de dimensions réduites. Jusqu’à l’achèvement des travaux de construction du camp, en mai 1941, les prisonniers dormaient à l’hôtel du Struthof, situé non loin de l’emplacement du camp, d’où le nom du camp. Celui-ci interna environ 1 500 détenus, utilisés comme main-d’oeuvre dans la carrière, dans des projets de construction et pour l’entretien du camp. Les premiers détenus, 300 Allemands, arrivèrent en mai 1941.

A partir de l’été 1943, de nombreux prisonniers «Nuit et Brouillard» furent détenus au Struthof, dans un bloc spécial. L’opération «Nuit et Brouillard» (Nacht und Nebel) était dirigée contre la Résistance anti-allemande de plus en plus active en Europe occidentale. Les personnes suspectées d’actes de résistance étaient arrêtées, sans que leurs familles en soient informées : les prisonniers disparaissaient dans la «nuit et le brouillard» précisément. De nombreux prisonniers du camp du Struthof étaient membres de la Résistance française.

En août 1943, une chambre à gaz fut construite en dehors des limites du camp, dans l’un des bâtiments de l’hôtel. Plus de 130 Juifs envoyés d'Auschwitz furent gazés et leurs corps envoyés à l’Institut d’anatomie de l’Université de Strasbourg, où le Professeur August Hirt constituait une collection de squelettes juifs en vue d’études raciales. La chambre à gaz fut également utilisée pour des expériences médicales pseudo-scientifiques sur les gaz toxiques. Les victimes de ces expériences furent principalement des Tsiganes en provenance d’Auschwitz. Par ailleurs, des prisonniers furent soumis à des expériences visant à mettre au point un traitement contre le typhus et la fièvre jaune.

A partir de 1944, la main-d’œuvre fournie par les prisonniers des camps de concentration devint de plus en plus importante pour la production allemande d’armements. Les Allemands utilisèrent les prisonniers du camp du Struthof comme main-d’oeuvre forcée pour la fabrication d’armes et la construction d’ateliers de production souterrains (et donc hors de portée des bombardements alliés dont les cibles privilégiées étaient les complexes industriels).

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Aujourd'hui Dimanche 17 novembre 2013

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1 novembre 2013

À Nantes, les fans de Gainsbourg ont mégoté

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Le bracelet de Serge à 1 900 €.

Benoît n’en revient pas. Le bracelet en or blanc et saphirs de « Serge » est autour de son poignet.« Il n’y a pas de mot. Il le portait dans sa dernière apparition télé. Je le voulais mais n’y croyais pas. On pensait qu’il partirait à 3 000 € ! » Venu des Vosges avec son épouse pour la vente nantaise des objets personnels de Gainsbourg, hier, il a fait des emplettes pour 6 000 €. Outre le bracelet : une lithographie de Jane à 1 600 €, une photo avec Deneuve, l’autre avec Dutronc et un photomaton de l’artiste enfant, annoté au dos, « Lucien Ginsburg ». Petite, la photo, mais grand le prix. Adjugée 800 €.

Le 45 tours du Légionnaire signé.

« Fan Gainsbourien et Gainsbourophile dans l’âme. » C’est écrit sur la carte de visite de Patrick, dans une volute de Gitanes. Ce Niortais a, chez lui, une pièce entière consacrée au musicien ! Hier, il a gagné une enchère à 680 € sur un 45 tours de Mon légionnaire, dédicacé par Gainsbourg à son majordome Fulbert, homme de maison dont l’ami est à l’origine de la vente nantaise.« C’est un titre sentimental et mythique pour moi, dit Patrick.La signature est de lui, pas de doute. Je reconnais l’écriture ».

Un lot d’affiches à 1 090 €.

Il les voulait, ces affiches de concert.« Je ne les trouverai pas ailleurs et j’aimais cette tournée. » Il les a eues, Yann, pour 1 090 €, contre 50 €, prix de départ. La deuxième pièce qu’il convoitait était… le coupeongles de Gainsbourg.« Un objet personnel. » L’objet, quelque peu singulier, estimé à 50 €, est parti à 220 €. Trop cher pour Yann. Les mégots de Gainsbourg, eux, n’ont pas trouvé acheteur à 300 €. Collectionneurs, oui, mais pas débiles.

Enregistrement inédit, en carafe.

C’est une micro-cassette qui donne à entendre un enregistrement inédit de Gainsbourg : celui de L’ homme de l ’ ombre, au piano, dédié au directeur artistique du chanteur, Philippe Lerichomme. Proposée à 5 000 €, elle n’a pas trouvé preneur. Surprise et déception pour Virginie Bertrand, commissaire-priseur à l’hôtel des ventes Talma de Nantes.« Les acheteurs se sont davantage portés sur les objets. » Elle estime le produit total de cette vente à 35 000 €. Une précédente vente Gainsbourg avait rapporté près de 65 000 €, l’an dernier. Les fans mégoteraient-ils ? Véronique ESCOLANO. Source Ouest France


20 août 2013

FEMEN : tout ça pour ça !

Amina Sboui quitte les Femen pour «islamophobie»

La jeune Tunisienne, arrêtée puis remise en liberté début août, lâche le mouvement, mais pas son combat.

«Je ne veux pas être dans un mouvement où il y a de l’argent douteux. Et si c’était Israël qui finançait? Je veux savoir. Et puis, je ne veux pas que mon nom soit associé à une organisation islamophobe.» Dans une interview que publie ce mardi le Huffpost Maghreb, Amina Sboui, la jeune Tunisienne qui aura passé un peu plus de deux mois en prison pour avoir tagué le mot «Femen» sur le mur d’un cimetière, annonce qu'elle se désolidarise du mouvement. «Je n’ai pas apprécié l’action où les filles criaient "Amina Akbar, Femen Akbar" devant l’ambassade de Tunisie en France, ou quand elles ont brûlé le drapeau du Tawhid devant la mosquée de Paris. Cela a touché beaucoup de musulmans et beaucoup de mes proches. Il faut respecter la religion de chacun.»

La jeune femme n'a pas prévenu les Femen de sa décision avant cette interview. La leader du mouvement, Inna Shevchenko, interrogée par Libération, ne se dit pourtant pas surprise. «Nous savions que la prison a brisé Amina. Il est habituel qu'une personne sous pression baisse les bras et prenne ses distances. D'autres militantes des Femen qui ont été arrêtées ont eu la même réaction.» La militante regrette néanmoins qu'Amina ait «trahi les milliers de femmes de plusieurs pays qui se sont désabillées pour la soutenir lors de la campagne "free Amina", qui ont affronté les représentants islamistes pour elle. C'est grâce à cette campagne qu'Amina est hors de prison.» Inna Shevchenko craint surtout qu'Amina ne fasse le jeu des islamistes : «Maintenant ils pourront utiliser sa décision pour dire qu'elle regrette et s'en serviront contre d'autres femmes dans les pays musulmans.» Les Femen ont toujours rejeté les accusations répétées d'islamophobie, se revendiquant comme un mouvement «athée, contre toutes les religions, contre tous leurs principes qui mettent en cause les droits et les libertés des femme».

543742_jaoesdstudPourtant, loin de faire profil bas, Amina Sboui venait de publier il y a quelques jours une nouvelle photo sur le site des Femen, seins nus et cigarette prête à allumer un cocktail Molotov, le torse bardé d'un message dénonçant le modèle du parti Ennahda en Tunisie.

Le signe anarchiste peint en rose sur son épaule n'est pas un hasard : ainsi qu'elle l'explique dans l'interview, Amina pourrait intégrer un autre mouvement, Feminism Attack, d'inspiration anarchiste, né au printemps. Le mouvement dit dans son manifeste viser à «rependre des idées libertaires anarchistes pour trouver des solutions radicales aux problèmes sociaux et politiques ainsi que les dangers qui menacent la position de la femme au sein de la société».

Amina a participé à l'une de leurs actions il y a quelques jours à Tunis. Les militants ont projeté de la peinture sur les murs du ministère de la Culture :

Dans l'interview au HuffPost, la jeune femme souligne que «l’anarchie ne veut pas dire tout casser, mais casser le système». «Mon problème n’est pas de pouvoir porter une mini-jupe ici. Je sais que je pourrai toujours le faire. Mais que demain, une femme puisse devenir présidente de la République, que dans les milieux ruraux, les femmes ne soient pas celles qui souffrent le plus.»

Après un long parcours judiciaire, Amina Sboui a été mise en liberté conditionnelle le 1er août. Elle reste toutefois inculpée de «profanation de cimetière», passible de deux ans d’emprisonnement. La date du procès n'est pas encore connue. La jeune Tunisienne, qui a posté des photos d’elle seins nus sur Facebook, avait été arrêtée le 19 mai à Kairouan, où elle était venue défier les jihadistes d’Ansar al-Charia, qui devaient ce jour-là y tenir leur congrès. Elle a d’abord été condamnée à 150 euros d’amende pour détention d’un spray lacrymogène. Sitôt cette peine prononcée, le parquet avait entamé de nouvelles poursuites.

Source : Libération. CORDÉLIA BONAL

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3 septembre 2020

Les caricatures de Mahomet en Une de Charlie Hebdo indignent la Turquie

La réédition en une de Charlie Hebdo des caricatures risquerait, selon Ankara, “d’encourager la haine contre l’Islam et les étrangers” et “de faire le jeu des racistes”.

De son côté, l’institution islamique sunnite Al-Azhar a qualifié la republication des caricatures d’“acte criminel”. “L’insistance sur l’acte criminel de republier ces caricatures offensantes renforce le discours de haine et attise l’émotion des croyants”, a estimé sur Facebook l’Observatoire pour le combat contre l’extrémisme d’Al-Azhar. De même que le Conseil français du Culte musulman, qui a appelé à “ignorer” les caricatures, l’institution sunnite a aussi condamné les attentats en précisant que “l’islam exècre tout acte de violence”.

Charlie Hebdo était devenu une cible des jihadistes après avoir publié en 2006 douze caricatures de Mahomet, provoquant un tollé et des manifestations parfois violentes dans plusieurs pays musulmans.

Les représentations du prophète sont considérées comme un blasphème dans l’islam traditionnel.

La réaction turque intervient à un moment où les tensions sont vives entre Ankara et Paris à propos des recherches turques d’hydrocarbures dans une zone revendiquée par la Grèce en Méditerranée orientale. La France s’est attiré les foudres du président turc Recep Tayyip Erdogan en affichant son soutien à la Grèce dans cette crise.

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Pour Ankara et l’institution islamique sunnite Al-Azhar, cette réédition "renforce le discours de haine" contre l'Islam.

La Turquie condamne la republication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo

INTERNATIONAL - La republication des caricatures de Mahomet en Une de Charlie Hebdo pour l’ouverture du procès fait encore des remous. Après le Pakistan, la Turquie et l’Observatoire pour le combat contre l’extrémisme d’Al-Azhar ont condamné ce mercredi 2 septembre un choix “irrespectueux”, qui “encourage la haine contre l’Islam.”

Dans un contexte de vives tensions entre Ankara et Paris, Ankara a aussi critiqué le président Emmanuel Macron pour avoir défendu mardi “la liberté de blasphémer”, estimant qu’il était “inadmissible” de justifier la publication des caricatures controversées au nom de la liberté d’expression.

15 juillet 2020

JUILLET - Le Palais Idéal accueille les collections pré-collections Lanvin printemps-été 2021

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Pour ses collections printemps-été 2021, Bruno Sialelli, directeur artistique de Lanvin, a choisi comme décor le Palais Idéal, véritable trésor d'architecture et d'art naïfs.

Entre réalité, fantasme et rêverie, les collections Lanvin printemps-été 2021, sont un prolongement des précédentes propositions de Bruno Salielli, directeur artistique de la maison depuis 2019. Au milieu des longues robes fluides, des costumes élégants et des attitudes désinvoltes, un mélange inédit de références et une fusion d'inspirations qui trouvent un écho dans la construction particulière du Palais Idéal. Situé en Auvergne et construit par le facteur Ferdinand Cheval entre 1879 et 1912, le Palais Idéal est un véritable trésor d'artchitecture et d'art naïfs, aux allures de bâtisse fantastique et qui a autrefois inspiré Pablo Picasso, Max Ernst et André Breton.

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13 juillet 2020

ISTAMBUL - Sainte Sophie

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Erdogan ordonne la reconversion de Sainte-Sophie en mosquée

Par Jean-François Chapelle, Istanbul, correspondance, avec Marina Rafenberg, à Athènes

La décision du président turc, attendue depuis des années par les milieux religieux et nationalistes, suit l’invalidation par la justice du décret de 1934 qui avait transformé l’édifice byzantin en musée.

Le 24 novembre 1934, Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la jeune République turque, versait la basilique-mosquée de Sainte-Sophie au pot commun de l’humanité, en décrétant sa transformation en musée. Quatre-vingt-six ans plus tard, le 10 juillet 2020, le président Recep Tayyip Erdogan a rendu le joyau d’Istanbul au culte musulman, pour le plus grand bonheur des franges les plus religieuses de son électorat et de ses alliés d’extrême droite.

Saisi par une association menant depuis une quinzaine d’années un combat pour le retour à l’islam de tous les lieux de culte musulmans déconsacrés pendant les premières décennies de la république laïque, le Conseil d’Etat a annoncé, vendredi 10 juillet, qu’il invalidait le décret signé par Atatürk au motif que Sainte-Sophie, devenue une mosquée après la prise de Constantinople par Mehmet le Conquérant, en 1453, ne pouvait pas être utilisée à d’autres fins que celle qui lui avait été assignée par le sultan.

Dans l’heure suivante, le Journal officiel a publié la décision prise par M. Erdogan de transférer Sainte-Sophie, jusque-là gérée par le ministère de la culture et du tourisme, à la direction des affaires religieuses, et de rouvrir l’édifice à la prière. En soirée, le chef d’Etat islamo-conservateur a défendu avec flamme le retour à l’islam du monument dans une adresse télévisée à la nation.

« Aujourd’hui, la Turquie s’est débarrassée d’une honte. Sainte-Sophie vît à nouveau une de ses résurrections, comme elle en a déjà connu plusieurs. La résurrection de Sainte-Sophie est annonciatrice de la libération de la mosquée Al-Aqsa », à Jérusalem, a déclaré le président turc. « Elle signifie que le peuple turc, les musulmans et toute l’humanité ont de nouvelles choses à dire au monde. »

« Provocation pour l’héritage culturel mondial »

M. Erdogan a indiqué que la première prière sous la haute coupole de l’édifice aurait lieu le vendredi 24 juillet. Il a assuré que les touristes pourraient continuer de visiter le site, mais désormais gratuitement.

Le président est en revanche resté muet sur le sort qu’il entendait réserver aux mosaïques de Sainte-Sophie, recouvertes d’un enduit pendant les cinq siècles de son utilisation comme mosquée à l’ère ottomane. A Trabzon, ville de l’est du pays située sur la mer Noire, une autre église du même nom a été rendue en 2013 au culte musulman après l’installation d’un ensemble de paravents et d’écrans dressés afin de cacher les fresques byzantines.

Sur le parvis de Sainte-Sophie, la décision présidentielle a été accueillie avec allégresse par quelques centaines de personnes, qui ont scandé en cœur « Dieu est grand » avant de se recueillir pour la prière du soir. Elle a en revanche été critiquée par plusieurs institutions et capitales, notamment dans le monde orthodoxe, où l’ancienne basilique du VIe siècle, lieu du couronnement des empereurs byzantins, compte comme un centre spirituel de première importance.

« C’est une provocation envers le monde civilisé, a dénoncé, quelques minutes après l’annonce, la ministre grecque de la culture Lina Mendoni. Le nationalisme dont fait preuve le président Erdogan ramène son pays six siècles en arrière. » Le ministre grec des affaires étrangères, Nikos Dendias, a lui aussi réagi à chaud sur Twitter en désignant cette action du régime turc comme une « provocation pour l’héritage culturel mondial ».

Fortes tensions entre Athènes et Ankara

« La Grèce condamne avec la plus grande fermeté la décision de la Turquie. (…) Non seulement cela va impacter les relations entre la Grèce et la Turquie mais aussi celles de cette dernière avec l’Union européenne, l’Unesco et toute la communauté mondiale », a pour sa part commenté le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

La décision turque intervient dans un contexte de fortes tensions entre Athènes et Ankara sur l’exploitation des ressources en hydrocarbures de la Méditerranée orientale et la gestion de la question migratoire, la Turquie ayant encouragé cet hiver des milliers de migrants à traverser la frontière grecque.

Le primat de l’orthodoxie, le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier, avait défini le mois dernier le musée de Sainte-Sophie comme un « symbole de la rencontre, de la solidarité et de la compréhension mutuelle entre le christianisme et l’islam ». Le transformer en mosquée « pourrait dresser des millions de chrétiens dans le monde contre l’islam », avait-t-il prévenu. La police grecque était sur le pont vendredi soir pour protéger les représentations turques en Grèce.

La décision a également été déplorée à Moscou. « Nous constatons que l’inquiétude des millions de chrétiens n’a pas été entendue », a réagi le porte-parole de l’Eglise russe, Vladimir Legoïda. Mercredi, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, avait exhorté la Turquie « à continuer de conserver Sainte-Sophie comme musée, en tant qu’illustration de leur engagement à respecter les traditions cultuelles et la riche histoire qui ont façonné la république turque, et à assurer qu’elle demeure ouverte à tous ».

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), qui compte Sainte-Sophie sur ses listes du Patrimoine mondial de l’humanité, a indiqué dans un communiqué qu’elle « regrette vivement la décision des autorités turques, prise sans dialogue préalable, de modifier le statut » de la basilique-musée.

L’avènement d’un « Deuxième Conquérant »

Le président turc a cependant prévenu, vendredi soir, que les récriminations n’infléchiraient pas sa détermination, l’usage que la Turquie fait de Sainte-Sophie « relevant de ses droits souverains ». La reconversion de l’édifice en mosquée est un cheval politique de l’islam politique turc, dont est issu le chef de l’Etat, depuis plusieurs décennies.

En 1967 déjà, l’Union nationale des étudiants turcs (MTTB), une organisation nationaliste et islamiste dans laquelle M. Erdogan a fait ses classes politiques, avait investi le monument pour y organiser une prière collective. Dans son adresse télévisée, le Reis a aussi cité un de ses auteurs de chevet, l’intellectuel conservateur Osman Yüksel Serdengeçti, annonçant l’avènement d’un « Deuxième Conquérant » qui rendrait Sainte-Sophie à l’islam. « Ce jour est arrivé », a-t-il ajouté avec émotion.

« Il ne faut pas réduire cette décision à l’islamisme du parti présidentiel », tempère toutefois le chercheur Jean-François Pérouse, ex-directeur de l’Institut français d’études anatoliennes (IFEA) d’Istanbul. « Il y a aussi une temporalité plus récente à l’œuvre, liée à la grande alliance entre ce parti et l’extrême droite, qui est plus vigilante sur ces questions », commente-t-il.

En perte de vitesse depuis 2015, le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Erdogan a conclu, pour se maintenir au pouvoir, une alliance avec le Parti de l’action nationaliste (MHP) qui a conduit Ankara à faire siens les thèmes privilégiés de l’extrême droite : fermeté, voire bellicisme dans la conduite des affaires étrangères et exaltation de l’identité islamo-turque sur la scène nationale.

Jean-François Chapelle (Istanbul, correspondance) avec Marina Rafenberg, à Athènes

 

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Sainte-Sophie : la France déplore la décision de la Turquie. Dans un communiqué du ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, la France a regretté, vendredi, la décision de la Turquie de reconvertir Sainte-Sophie en mosquée : « La France déplore la décision du Conseil d’Etat turc de modifier le statut de musée de Sainte-Sophie et le décret du président Erdogan la plaçant sous l’autorité de la direction turque des affaires religieuses. Ces décisions remettent en cause l’un des actes les plus symboliques de la Turquie moderne et laïque » « L’intégrité de ce joyau religieux, architectural et historique, symbole de la liberté de religion, de tolérance et de diversité, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, doit être préservé », a ajouté le ministre.

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Heurs et malheurs de Sainte-Sophie

Par Virginie Larousse

Situé à la croisée des continents, le chef-d’œuvre de l’empereur Justinien n’a cessé d’attiser la convoitise. Instrumentalisée, la basilique a connu trois vies : église chrétienne, mosquée, musée. Et est en passe de redevenir un lieu de culte musulman.

C’est sa splendeur qui a conduit les Slaves, païens, à devenir orthodoxes au Xe siècle. Dépêchés à Sainte-Sophie de Constantinople pour enquêter sur le christianisme, les émissaires de Vladimir, Grand Prince de Kiev, sont subjugués : « Ils nous conduisirent là où ils célébraient leur Dieu et nous ne savions plus si nous étions dans les cieux ou sur la terre. Il n’y a, en effet, sur terre rien d’une telle beauté. C’est là que Dieu demeure avec les hommes ! »

Ebloui par la description qui lui est rapportée – la finesse des mosaïques, l’or des icônes, l’éclat des marbres –, celui qui sera considéré comme le fondateur de la « Sainte Russie » se convertit au christianisme oriental, et avec lui la majorité du peuple slave. Sainte-Sophie valait bien une messe.

Dressée sur une colline surplombant la mer de Marmara, le monument a été construit au VIe siècle sur les ruines d’une église plus ancienne édifiée vers 325 par Constantin, le premier baptisé des empereurs romains. Mais l’édifice – déjà surnommé « la Grande Eglise » – subit les vicissitudes du temps et est détruit en 532 au cours de violentes émeutes dans la ville, qui compte alors quelque 400 000 habitants. Fervent chrétien – il persécute sans relâche les païens « hérétiques » –, l’empereur Justinien (483-565) décide aussitôt de refonder la basilique.

Au terme d’un chantier-éclair de cinq années conduit par les meilleurs architectes de l’époque, Isidore de Milet et Anthémios de Tralles, et qui voit s’affairer plus de dix mille ouvriers, l’église de la Sainte-Sagesse (Hagia Sophia, en grec) devient le monument le plus spectaculaire de la chrétienté. Avec ses 55 mètres de hauteur et ses 30 mètres de diamètre, son dôme est le plus grand du monde pendant plus de mille ans, jusqu’à ce que celui de la basilique Saint-Pierre de Rome ne vienne le détrôner. Inaugurant son chef-d’œuvre en 537, Justinien se serait exclamé : « Je t’ai vaincu, ô Salomon ! », en référence au Temple de Jérusalem.

Catastrophes naturelles et troubles politiques

Imposante de l’extérieur, la basilique de la « nouvelle Rome » se révèle au contraire tout en légèreté à l’intérieur, et comme « suspendue au ciel par une chaîne d’or », s’émerveille l’historien Procope de Césarée. Splendide, l’édifice n’en demeure pas moins fragile. Les secousses sismiques provoquent régulièrement d’importants dommages – jusqu’à provoquer l’effondrement du dôme à plusieurs reprises.

Aux catastrophes naturelles s’ajoutent les troubles politiques, plus particulièrement le contexte de rivalité entre la papauté romaine et le patriarcat de Constantinople, en froid depuis le schisme de 1054. Détournée de ses objectifs initiaux – la reconquête des lieux saints de Jérusalem –, la quatrième croisade, en 1204, aboutit au sac de Constantinople par les croisés. Sainte-Sophie est pillée, son autel détruit afin d’en récupérer les matériaux précieux, ses reliques emportées. La merveille de l’orthodoxie est consacrée en église catholique – sa première conversion –, et abrite le siège du patriarche latin de Constantinople, avant que les Byzantins ne reprennent la ville en 1261.

Deux siècles plus tard, la « nouvelle Jérusalem » tombe de nouveau, cette fois sous le joug des Turcs ottomans. L’Empire romain d’Orient ne se relèvera pas. Mais alors que les conquérants musulmans détruisent ou pillent la plupart des monuments chrétiens du pays, Hagia Sophia est épargnée par le sultan Mehmet II. Eclatant trophée de guerre, la basilique déchue devient la mosquée Aya Sofya en 1453. Le symbole irrécusable de la victoire de l’islam sur le christianisme. Sitôt après sa conquête, Mehmet II viendra y faire la prière du vendredi.

Pour humiliante qu’elle soit aux yeux des vaincus, le fait de convertir un lieu de culte n’a rien d’exceptionnel à cette époque. Ainsi la mosquée de Cordoue, en Espagne, est-elle devenue la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption après la Reconquista, en 1236. De même, nombre de monuments chrétiens ont été construits sur d’anciens temples païens – c’est d’ailleurs sans doute le cas de Sainte-Sophie de Constantinople, qui pourrait avoir été bâtie sur les ruines d’un temple d’Apollon.

« Il y a une peur, un complexe »

Toujours est-il que Aya Sofya s’islamise peu à peu : les croix et les cloches sont retirées, les mosaïques et les peintures murales couvertes de lait de chaux – l’islam rejetant les représentations humaines ­ –, tandis que l’imposante silhouette de la Grande Eglise se voit flanquée de quatre minarets.

Et c’est paradoxalement l’ancien lieu de culte chrétien qui devient le modèle des mosquées ottomanes. Au XVIe siècle, Soliman le Magnifique, qui se rêve en nouveau Justinien, demande à son architecte Sinan de construire une mosquée – la Suleymaniyé – sur le modèle de Sainte-Sophie, même si son plan basilical s’avère inadapté au culte musulman.

Demeurée, au fil du temps, une icône de l’architecture, l’ancienne basilique se trouve une nouvelle fois instrumentalisée après la première guerre mondiale. Mis en difficultés par les puissances de l’Entente, les Ottomans menacent de dynamiter Sainte-Sophie de Constantinople – la ville reçoit officiellement le nom d’Istanbul en 1930. Tout autre sera la politique de Mustafa Kemal Atatürk. En 1934, le premier président de la République de Turquie désacralise la basilique-mosquée pour « l’offrir à l’humanité », la transformant en musée. Un geste qui s’inscrit dans sa volonté d’ancrer le pays dans la modernité et la laïcité, au même titre que le changement d’alphabet ou l’abolition du califat, en 1924.

Cette politique a fait long feu : les velléités d’instrumentaliser un monument si puissamment symbolique ont rapidement refait surface. Les imposants panneaux calligraphiés aux noms d’Allah, de Mahomet, des quatre califes et des petits-fils du Prophète, qu’Atatürk avait fait décrocher, sont remis en place dans les années 1950. En 2012, des militants d’un parti islamiste et nationaliste organisent une prière musulmane sous la coupole byzantine.

« Il y a une peur, un complexe derrière cette démarche de reconversion, analyse l’historien Edhem Eldem. On répète symboliquement l’acte de conquête. »

Tiraillée entre l’Occident et l’Orient, le christianisme et l’islam, le politique et le religieux, Sainte-Sophie apparaît finalement comme la métaphore des rapports souvent tumultueux entre l’Europe et l’Asie, à l’exacte jonction desquelles elle se situe.

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18 juin 2020

Île-de-Sein - Marine Le Pen : passage en coup de vent sous les huées à Sein

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Elle était attendue, ce jeudi : Marine Le Pen est finalement passée par Sein, mercredi, pour les 80 ans de l’appel du 18-Juin. Sous le regard hostile des Sénans, elle est restée seulement 1 h 30 sur l’île.

Marine Le Pen a déjoué toutes les attentes. La présidente du Rassemblement national, qui était attendue, ce jeudi, à Sein (29), pour un dépôt de gerbe, a voulu éviter une séquence peu flatteuse, vu l’hostilité des îliens. À la surprise générale, elle a donc débarqué, vers 16 h, entourée d’une dizaine de personnes, en provenance de Camaret d’où elle était partie sur un semi-rigide de location. Seuls une dizaine de Sénans, alertés par des Camarétois, étaient présents sur le quai, à son arrivée.

« Nous sommes dégoûtés »

« Elle a surpris tout le monde. Nous sommes dégoûtés », réagissait un Sénan. Des mots vifs ont été échangés entre les deux groupes. « Un membre de sa délégation nous a dit que nous devrions avoir honte de l’empêcher de venir sur l’île », ajoute le Sénan. Marine Le Pen a ensuite rejoint la location réservée sous un nom qui ne pouvait pas donner l’alerte au propriétaire du logement. La délégation du Rassemblement national savait qu’elle n’était pas la bienvenue et a tenté de brouiller les pistes. « Il y a eu des tensions à son arrivée, mais cela est resté au niveau des mots », ajoute un autre îlien.

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Une gerbe déposée

Quelques dizaines de minutes plus tard, la délégation a rejoint le monument des Forces navales françaises libres de l’île, pour y déposer une gerbe. « Quatre-vingts ans après cette illustre journée du 18 juin, nous avons tenu à honorer celui qui prononça cet appel à la liberté, qui exhorta le peuple abattu au sursaut », a déclaré Marine Le Pen dans un bref discours, selon l’AFP.

Les Sénans ont, eux, dénoncé « la récupération politique » du parti d’extrême droite, connu pour s’être historiquement opposé au général de Gaulle. Ils n’auront pas eu le temps de dire leurs vérités à la délégation qui a repris la mer vers 17 h 30. Cette fois, une cinquantaine d’îliens attendaient sur le quai, formant une haie, le dos tourné. « Elle ne sera pas là pour le 18-Juin, c’est un moindre mal même si nous ne voulions pas la voir du tout, témoigne un Sénan. Cette manifestation, le dos tourné, était le seul symbole qui nous restait pour dire notre opposition ».

Une soixantaine de manifestants à Audierne

Une manifestation était prévue, ce jeudi matin, à Sainte-Evette où Marine Le Pen devait initialement prendre le bateau. Elle n’a donc plus vraiment lieu d’être. En revanche, le message de la cérémonie officielle organisée à Sein devrait prendre une nouvelle dimension après cet épisode. Au total, la présidente du Rassemblement national aura passé 1 h 30 sur Sein, lors d’une séquence plutôt pitoyable vu les multiples leurres semés pour échapper à ses opposants.

Accueil glacial de @MLP_officiel à l’île de Sein - cette île ne supporte pas de voir l’héritière politique du petainisme fouler son sol.... #iledesein pic.twitter.com/kz2SIsUqm2— ???? ??? (@ralifromparis) June 17, 2020

Les Sénans auront tout de même eu le dernier mot sur leur bout de terre. Il était difficile d’imaginer le contraire. L’île a perdu ses marins pêcheurs mais pas ses valeurs de résistance. Quant à Marine Le Pen, elle a organisé un point presse, en soirée, à l’Hôtel du Goyen, à Audierne, où elle passait la nuit. Une soixantaine de manifestants se sont bruyamment manifestés. Elle a annoncé que, ce 18 juin, elle rentrait à Paris. Sans passage par Camaret, décidément indésirable à la pointe bretonne.

31 mai 2020

Pour en finir avec le revenge porn

revenge porno

Par Maïa Mazaurette - Le Monde

Avec la pandémie de Covid-19, le cyberharcèlement à caractère sexuel a augmenté. Que vous soyez victime, proche de victime ou harceleur, la chroniqueuse de la Matinale Maïa Mazaurette rappelle ce qu’il faut savoir pour que cesse ce fléau.

LE SEXE SELON MAÏA

Cyberharcèlement, chantages à la webcam, comptes « fisha » sur lesquels des ados « affichent » d’autres ados, revenge porn (quand un individu se venge d’une personne en divulguant des contenus pornographiques, dans le but de l’humilier) : la sexualité en temps de pandémie, malheureusement, ne nous apporte pas que du réconfort. L’association E-Enfance rapporte ainsi un doublement des signalements depuis le début du confinement, et les profils des victimes font froid dans le dos :

- Les garçons (typiquement des collégiens de 14 ans) sont le plus souvent victimes d’escroqueries. Une séduisante demoiselle les aborde sur les réseaux sociaux, la discussion olé-olé se poursuit sur une plateforme vidéo, la masturbation du jeune homme est enregistrée. Sous peine de payer, les escrocs menacent d’envoyer la vidéo compromettante à tous les contacts de leur victime.

- Les filles (typiquement des lycéennes de 15 ans), se retrouvent associées à des contenus sexuels existants (revenge porn), ou même inexistants, auxquels on ajoute leurs identifiants (nom, prénom, numéro de portable, adresse). Les réseaux sociaux fonctionnent alors comme les murs des toilettes de l’école. La dénonciation est parfois liée à un lieu (quartier, département, cité, etc.) que l’auteur cherche à dénigrer, laissant entendre que toutes les filles de l’endroit sont des « putes ».)

Comme le démontre régulièrement l’actualité, ces formes de harcèlement touchent aussi les adultes. Selon l’enquête Zavamed de 2018, 19 % des hommes et 15 % des femmes en Europe ont vu certaines de leurs photos « fuiter ». Le phénomène traverse les genres, les âges, les classes sociales et les nationalités. Cette globalisation, qui a conduit l’Unicef à tirer la sonnette d’alarme, nous place toutes et tous en situation d’agir. Nous pouvons, collectivement, éviter ces drames dont les conséquences peuvent aller jusqu’au suicide.

Voici quelques rappels utiles.

Si vous êtes victime

L’idée d’être confronté(e) au problème vous semble improbable ? A voir ! N’importe qui peut se retrouver victime de revenge porn… y compris sans implication personnelle : une personne mal intentionnée peut prendre des photos dans un vestiaire, ou pendant votre sommeil. Elle peut aussi voler le téléphone de votre partenaire, ou le vôtre.

Il existe cependant une typologie de la victime « idéale ». Selon le rapport sur la santé des jeunes en Europe, publié en mai par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’âge critique se situe à 13 ans, avec les filles en première ligne. Les dynamiques de genre sont prévisibles : 12 % des garçons et 4 % des filles disent avoir harcelé quelqu’un, tandis que 12 % des garçons et 14 % des filles disent avoir été harcelés. Cette concentration par classe d’âge explique l’augmentation constatée depuis le début de la pandémie : les enfants, adolescents et jeunes adultes ne sont pas à l’école, leur temps d’écran et leur ennui a augmenté, l’effet d’entraînement fait le reste.

Comment se retrouve-t-on, à 13 ans, à envoyer des « nudes » ? C’est ce que décrivent deux chercheurs de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep), Yaëlle Amsellem-Mainguy et Arthur Vuattoux, dans Les Jeunes, la sexualité et Internet, à paraître le 9 juin (éd. François Bourin).

Selon eux, les années collège sont les plus risquées (au lycée, on a moins à prouver et on a davantage conscience des risques). Les garçons demandent avec une insistance extrême des « nudes », pour prouver aux autres garçons qu’ils ont des relations sexuelles et qu’ils font partie des « grands ». Les « nudes » permettent de faire grimper sa popularité tout en démontrant qu’on n’est pas gay (l’homophobie se porte bien dans les cours de récré).

Les filles doivent se prêter au jeu, sous peine de passer pour des coincées. Elles savent qu’elles seront jugées… mais les chantages affectifs (« tu ne me fais pas confiance ») l’emportent sur la raison. Petite recommandation : cette logique est brillamment illustrée dans le podcast « Mise à nudes », de Programme B, diffusé en mars.

Si vous êtes victime, commençons donc par rappeler que vous n’êtes coupable de rien. Vous avez le droit de prendre des photos de vous dans le plus simple appareil, vous avez le droit de les envoyer… sans consentir à leur diffusion. Légalement, votre implication n’est pas un élément qui joue contre vous.

Bien sûr, il peut paraître insurmontable de dénoncer une personne de son entourage – comme l’a démontré le mouvement #metoo, la culture française dégaine le mot « délation » plus vite que son ombre. Rappelons donc que « dénonciation » et « délation » veulent dire des choses différentes, et que quand quelqu’un menace votre intégrité, vous avez le droit d’être protégé(e).

Outre la possibilité de déposer une plainte, vous pouvez appeler le site NetEcoute.fr, qui propose un tchat et une ligne téléphonique (0800 200 000, service et appel gratuits).

Si vous êtes parent ou ami de victimes (ou de victimes potentielles)

La prévention est l’affaire de tout le monde : inutile de renvoyer la responsabilité à l’école, aux médias, à Google, aux copains ou à la police. Inutile de jouer le fatalisme en décrivant l’adolescence comme une jungle, la sexualité comme un champ de bataille et la cruauté comme un fait naturel. Inutile aussi de relativiser en évoquant un futur dans lequel cette situation sera banale (le futur fait une belle jambe aux victimes).

Pour faire de la prévention, commencez tôt et ratissez large. Evoquez les rapports de pouvoir : est-on en mesure de résister à la pression quand on est amoureuse, ou quand on joue sa crédibilité dans la cour de récré ? Embrayez ensuite sur les dynamiques de genre : des garçons qui se planquent derrière leurs « besoins » ont bien compris qu’ils pouvaient naturaliser leurs envies. Ils ont également intériorisé les discours sociaux (parentaux ?) voulant que les hommes ont besoin de voir, et que les femmes ont besoin de se montrer… Autant de stéréotypes à déconstruire (bon sang de bois, nous sommes en 2020).

Résistez à la tentation de n’éduquer que les filles. Certes, elles se retrouvent doublement à risque : elles font face à beaucoup plus de demandes de « nudes » et quand elles acceptent, elles sont jugées beaucoup plus sévèrement. Les garçons ont besoin de comprendre ces deux poids deux mesures, afin d’éviter de les reproduire : s’ils ont l’habitude d’envoyer des dick pics sans subir aucune conséquence, ils n’ont peut-être pas intégré les répercussions possibles pour leurs camarades.

Enfin, si la situation est déjà advenue, ne blâmez pas les victimes en remettant en question leur intelligence (le désir et l’amour sont des états modifiés de conscience). Abstenez-vous notamment d’entonner le petit air du « c’était prévisible ». Les victimes ont besoin d’une écoute et d’un soutien inconditionnel : il n’y a pas de « partage des responsabilités » qui tienne.

Si on vous a envoyé ce genre de photos ou de vidéos

Le revenge porn existe parce que des personnes partagent ces contenus… et parce que d’autres personnes les regardent, prétendent s’en émouvoir, jugent, moquent, repartagent, se permettent des commentaires déplacés, font des captures d’écran, etc. Ne pas être l’instigateur premier peut donner l’impression de n’être qu’un spectateur passif – alors même que seule la dynamique de groupe permet à ce fléau d’exister.

Si vous recevez ces contenus, mettez-vous immédiatement du côté des victimes en proposant de l’aide et de l’écoute… et faites en sorte que votre engagement soit connu (votre soutien privé lors d’un événement public est insuffisant). En parallèle, demandez la suppression des images, rappelez à l’envoyeur non seulement la loi (on en parle juste après) mais aussi les règles les plus élémentaires de la vie en société. Si vous ne faites rien, vous êtes complice.

Si vous êtes coupable

Premier rappel : le revenge porn est un délit. L’article 226-2-1 du code pénal instaure des peines de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 euros d’amende. Même sévérité dans les cas de cyberharcèlement ! Les peines encourues dépendent de l’âge des différentes personnes concernées : un adulte harcelant un(e) mineur(e) de 15 ans risque trois ans de prison et 45 000 euros d’amende, un mineur au maximum 18 mois derrière les barreaux et 7 500 euros d’amende.

Pourquoi se rend-on coupable ? Selon Yaëlle Amsellem-Mainguy et Arthur Vuattoux, les contenus sont partagés par vengeance, par ennui, par désinvolture, mais aussi par volonté de contrôle (si un garçon menace de diffuser les photos d’une fille, cette dernière peut être forcée à en envoyer d’autres ou à accepter des rapports sexuels). Cette analyse dessine le portrait d’une personne ignorante au mieux, manquant d’empathie au pire.

Si vous vous êtes rendu coupable, commencez donc par là : pourquoi n’ai-je pas pensé à la souffrance de l’autre ? Comment se fait-il que je me fiche de cette souffrance ? Et bien sûr : comment me faire pardonner ?

26 mai 2020

Géopolitique - Le retrait des États-Unis du traité “Ciel ouvert” place la Russie devant un choix difficile

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VZGLIAD (MOSCOU)

Washington se retire du traité “Ciel ouvert” (Open Sky), qui permet aux pays signataires d’effectuer des vols d’observation au-dessus de leurs territoires. Pourquoi les États-Unis ont-ils pris une telle décision et en quoi est-ce dangereux pour les intérêts militaires russes ? Les réponses du site russe Vzgliad, proche des positions du Kremlin.

Le traité “Ciel ouvert”, signé en 1992, établit globalement le cadre suivant : chaque pays signataire [35 États, dont la Russie, les pays membre de l’OTAN, mais aussi la Biélorussie, l’Ukraine, la Géorgie] bénéficie d’un quota de survols des territoires des autres pays signataires à l’aide d’avions équipés d’appareils photographiques et autres systèmes d’observation, avec bien entendu l’obligation de laisser les autres pays survoler son territoire aux mêmes conditions. Ces mesures visent à réduire les tensions entre la Russie, les pays européens, les États-Unis et d’autres nations. Et elles y parvenaient en effet.

Conformément à ce traité, la Russie avait droit à un nombre donné de vols de reconnaissance au-dessus du territoire américain et des autres pays de l’OTAN, et devait en échange autoriser les Américains et leurs alliés à survoler son territoire. Il faut dire que ces survols étaient véritablement utiles pour la sécurité de la Russie, car ils permettaient de récolter des informations militaires importantes sans courir de risque.

Comme souvent, les critiques à l’égard du traité “Ciel ouvert” sont venues d’abord des Occidentaux et de leurs alliés. En 2014, les États-Unis ont annulé un de leurs survols de la Russie, puis ont tenté d’entraver la mission de reconnaissance russe au-dessus de leur territoire à cause du lancement du tout nouvel appareil russe Tu-214ON, qui poussait au maximum les limites technologiques fixées par le traité. Ces problèmes n’avaient pas conduit alors à la dissolution du traité.

En 2016, la Turquie, avec qui nos relations étaient au plus bas à la suite de la destruction d’un de nos bombardiers par l’armée turque, avait interdit à la Russie d’effectuer un vol de reconnaissance prévu par le traité au-dessus de son territoire.

La Russie accusée de “transgressions” depuis 2019

En 2019, les Américains se sont livrés à une nouvelle série d’accusations. D’après eux, la Russie interdisait les survols à moins de dix kilomètres des frontières de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud [deux régions de Géorgie autoproclamées indépendantes depuis 1992], ainsi qu’au-dessus de Kaliningrad [enclave russe en Europe du Nord]. En outre, ils accusaient la Russie d’outrepasser les conditions du traité en se servant de ces vols pour récolter des informations sur les infrastructures vitales sur le sol américain.

En réalité, tout cela n’était une fois de plus que l’expression de l’hypocrisie américaine. Les vols à proximité de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie auraient de toute évidence permis aux États-Unis de transmettre des informations sensibles à la Géorgie, ce qui aurait pu mettre en danger les soldats russes stationnés dans ces deux pays et plus largement dans la zone. De plus, l’idée même que les Américains soient tellement intéressés par l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud est risible. Il ne s’agissait manifestement que d’un prétexte.

Concernant les problèmes avec Kaliningrad, la responsabilité en revenait à la Pologne, qui planifiait ses survols de telle manière que les vols commerciaux étaient impactés, et qui refusait de changer d’un iota son approche du traité “Ciel ouvert”. D’ailleurs, lorsque l’on connaît le niveau de “modération” de la Pologne, on imagine aisément que les informations recueillies lors de ces survols de Kaliningrad auraient été utilisées à des fins de provocation militaire, surtout au vu de l’armement excessif de la Pologne. Il a donc fallu introduire une limitation du secteur de survol.

Une réaction du Kremlin s’impose

Quant aux prétendues “transgressions” des termes du traité de la part de la Russie dans ses observations des infrastructures américaines, cela est techniquement impossible, et, comme souvent avec les accusations américaines, aucune preuve ne venait les étayer. Toujours est-il que les Américains ont commencé à préparer leur retrait du traité précisément en 2019.

Et voilà donc que le 21 mai 2020 Trump annonce que les États-Unis quittent le traité, officiellement en raison de violations de la part de la Russie. Précisons que les autres signataires (y compris les membres de l’OTAN) ne parlent pas de quitter le traité. La Russie non plus pour l’instant, même si elle ne peut pas rester sans réagir face à cette nouvelle incartade américaine.

Un avantage militaire de Washington sur la Russie

La première conséquence évidente pour notre pays est que nous n’aurons plus la possibilité de contrôler les sites militaires sur le sol américain. De plus, cet inconvénient serait pour l’instant unilatérale – à en croire certains responsables politiques américains, le traité ne leur sert à rien puisqu’ils ont d’autres moyens de surveiller le territoire russe. Notamment à l’aide d’appareils-espions ou d’appareils commerciaux en orbite qui fournissent des images satellites. La Russie se trouverait donc en défaut, car elle ne possède pas de déploiement de satellites comparable à celui des Américains. En fait, tout cela revient à constater que les États-Unis veulent simplement s’assurer un avantage militaire. Mais ce n’est pas tout.

Théoriquement, la Russie peut continuer ses vols de reconnaissance au-dessus des pays européens membres de l’OTAN qui restent signataires du traité. Bien entendu, la possibilité de réaliser des vols d’observation en Europe est essentielle pour notre sécurité. Mais dans la pratique tout cela reviendrait à “jouer contre notre camp”. Chacun sait que les pays européens sont dépendants des États-Unis et répondent sans sourciller à la plupart de leurs demandes. Les Européens ne pourraient-ils donc pas continuer à fournir aux États-Unis toutes les informations recueillies lors de leurs vols, voire à survoler des zones à la demande des Américains ? C’est probable, voire certain.

Moscou réduite à choisir le moindre mal

Les services de renseignements au sein de l’OTAN travaillent ensemble ; ajoutons à cela la relation historiquement privilégiée qu’entretient avec les États-Unis la Grande-Bretagne, membre du traité. Donc, dans les faits, les États-Unis pourront disposer de toutes les informations concernant la Russie comme lorsqu’ils effectuaient des survols. Contrairement à la Russie, car personne n’ira collecter pour nous des informations sur le territoire américain.

Ce qui place la Russie face à un choix : soit elle renonce à collecter des données de renseignement auxquelles elle a actuellement accès grâce aux survols des pays européens membres de l’OTAN, soit elle se résigne à l’idée que ses partenaires européens partageront avec les États-Unis toutes les informations récoltées au-dessus de la Russie, tout en sachant que le territoire américain deviendra pour nous “terra incognita”. Il faut bien admettre qu’aucune des solutions n’est satisfaisante.

Pour juger de la posture des Américains, il faut se rappeler les slogans de Donald Trump durant les présidentielles. Tout le monde se souvient du premier, “Make America Great Again”. Or, il y en avait un autre, qui n’a pas trouvé sa place sur les casquettes, mais qui était bien présent dans les discours de Trump : La “paix armée”.

Les Américains continuent de détricoter les traités internationaux

La destruction systématique par les Américains de tous les accords multilatéraux qui assuraient la sécurité de l’Europe ainsi que leur tendance à augmenter la pression militaire vont vraiment dans le sens de ce type de coercition. Les Américains se souviennent encore de la faiblesse de Mikhaïl Gorbatchev et seraient heureux de répéter l’expérience. Ronald Reagan avait relevé l’Amérique en son temps sous le slogan de la “paix armée” par une croisade contre l’URSS, et l’on sait combien Trump veut ressembler à Reagan. Aujourd’hui, Trump travaille à accroître le niveau de menace militaire sur la scène internationale pour forcer les adversaires des États-Unis à faire des concessions.

L’attitude des États-Unis concernant tous les traités fondamentaux pour la sécurité internationale force malheureusement notre pays à se poser la question : dans quelle mesure la signature de pareils traités avec les États-Unis est-elle justifiée en soi ? Ce n’est pas la première fois qu’ils causent du tort à la Russie en se retirant de ce type de traités – d’abord le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, maintenant le traité “Ciel ouvert”, nous contraignant de choisir entre deux maux.

Il reste un traité que les Américains n’ont pas encore mis par terre : le traité New Start de réduction des armes stratégiques. Il n’est pas à exclure que là encore il faille bientôt trancher, malgré les lourdes conséquences que cela pourrait avoir pour la Russie et pour le maintien de la paix en général.

Alexandre Timokhine

24 mai 2020

Emmanuel Macron, président « attentif et fidèle » au sort du Puy du Fou

dv villiers

A la suite de son intervention, le parc rouvrira le 11 juin. Edouard Philippe préférait, lui, temporiser avant une telle annonce.

Par Olivier Faye - Le Monde

Philippe de Villiers en est sûr : il vient de faire croquer Emmanuel Macron et Edouard Philippe dans sa « pomme de discorde ». Un soubresaut de plus, après deux mois d’une crise sanitaire due à l’épidémie de coronavirus qui a déjà agité par moments les maisons Elysée et Matignon. Cette pomme, c’est le Puy du Fou, deuxième parc à thème français en termes de fréquentation (2,3 millions de visiteurs en 2019), que l’ancien président du conseil général de Vendée a fait sortir des ronces du bocage, il y a plus de quarante ans. Mercredi 20 mai, à l’occasion d’un conseil de défense réuni à l’Elysée, le chef de l’Etat a poussé en faveur de sa réouverture rapide – elle sera effective le 11 juin –, tandis que son premier ministre préférait temporiser avant de se risquer à une telle annonce.

Le 13 avril, alors qu’il vient d’achever sa troisième allocution télévisée depuis le début de la crise, Emmanuel Macron décroche son téléphone pour appeler son ami Philippe de Villiers, rencontré quelques années plus tôt sur les banquettes de la Rotonde, restaurant de la rive gauche parisienne où l’ancien ministre de l’économie a fêté sa victoire à la présidentielle, en 2017.

Les deux hommes ne s’accordent pas sur grand-chose du point de vue politique – l’un se définit comme progressiste et proeuropéen, quand l’autre est un apôtre de la droite identitaire et souverainiste – mais ils ont noué une solide complicité. Emmanuel Macron ne manque jamais d’égards envers ces hommes – De Villiers, Michel Houellebecq, Eric Zemmour – aux idées éloignées des siennes mais qui vendent leurs livres au ton d’apocalypse par dizaines de milliers.

C’est d’ailleurs au Puy du Fou qu’il a posé les jalons de sa future campagne présidentielle, à la fin de l’été 2016, jurant devant les caméras qu’il n’était « pas socialiste ». Au téléphone, le président de la République promet à son interlocuteur d’œuvrer en faveur de l’industrie touristique en général et du Puy du Fou en particulier, durement éprouvés par le confinement. Faute de pouvoir ouvrir ses portes au public, le parc perd un million d’euros par jour, assurent ses dirigeants.

« Ils veulent nous briser »

Dans les jours qui suivent, Philippe de Villiers s’étonne de ne pas réussir à joindre Matignon pour rentrer dans le concret de la promesse présidentielle. Il s’étrangle même, le 19 avril, quand il entend Edouard Philippe poser lors d’une conférence de presse les fondations du déconfinement sans toucher un mot du secteur touristique. « Ils veulent nous euthanasier ! », enrage-t-il sur Twitter. Le premier ministre finit par l’appeler, le 14 mai. Ce jour-là, Edouard Philippe a de bonnes nouvelles à annoncer : un « plan massif pour le tourisme » au niveau national de 18 milliards d’euros. Mais il prévient le Vendéen qu’il lui est impossible de se prononcer dès maintenant sur une date de réouverture tant que la situation sanitaire n’est pas stabilisée.

Philippe de Villiers comprend de cet échange que le Puy du Fou, « son bébé », comme dit un ministre macroniste, pourrait ne pas rouvrir de la saison. L’ancien candidat à la présidentielle pianote de colère sur son compte Twitter. « J’ai eu Edouard Philippe au téléphone : il refuse la réouverture du Puy du Fou, contrairement à la parole du président. Ils veulent nous briser. »

A Matignon, on se défend d’une telle volonté. « Nous souhaitons évidemment que le Puy du Fou surmonte cette épreuve dans les meilleures conditions possible », assure l’entourage d’Edouard Philippe. Le parc, précise-t-on, s’est d’ailleurs vu octroyer 34 millions d’euros de prêts, dont 20 millions de prêt garanti par l’Etat. Qu’importe : de Villiers dégaine à nouveau son téléphone pour alerter Emmanuel Macron. « Je ne laisserai jamais tomber le Puy du Fou. On ne vivra pas que de grandes surfaces », lui répond le chef de l’Etat dans un SMS.

Les deux hommes s’appellent une nouvelle fois, dimanche. Le Vendéen lui fait remarquer que les parcs zoologiques, eux, peuvent rouvrir. « C’est la préférence des animaux exotiques aux Gaulois réfractaires », grince celui qui a fait du Puy du Fou un instrument de la bataille culturelle menée par une partie de la droite et de l’extrême droite en faveur d’une France « enracinée ». Emmanuel Macron sourit. Il rassure son ami : « On ne va pas quand même pas faire crever le pays. »

« Le président veille sur nous »

Mardi, Matignon assurait encore au Monde qu’« il serait trop dangereux » de se prononcer sur une date de réouverture avant la semaine du 25 mai ; il faut d’abord apprécier la situation épidémique, « comme c’est le cas pour d’autres parcs ou lieux culturels, ou commerces type restaurants ». Mais le président amène le sujet sur la table, mercredi, au conseil de défense. Charge est donnée aux préfets « de se rapprocher des établissements recevant du public afin de travailler aux modalités de leur réouverture dans la perspective de la nouvelle phase de déconfinement qui s’ouvre lundi 2 juin », résume le cabinet du secrétaire d’Etat au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne.

Emmanuel Macron envoie un SMS à Philippe de Villiers pour l’avertir de la bonne nouvelle. Vingt-quatre heures plus tard, le Vendéen partage le contenu de ce message aux 50 000 abonnés de son compte Twitter (avec l’accord du chef de l’Etat, assure-t-il) : « Décision prise ce matin en conseil de défense : on commence dès aujourd’hui le travail en vue de la réouverture, objectif 2 juin. Mandat est donné au préfet de commencer le travail dès aujourd’hui. »

Le parc pourra rouvrir ses portes le 11 juin, le temps de remettre la machine en route. Depuis son bocage, Philippe de Villiers se réjouit : « Le président veille sur nous de manière attentive et fidèle. » Ainsi que sur ses amis.

puy du fou

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