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Jours tranquilles à Paris
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13 septembre 2019

Sibeth Ndiaye dans sa voiture de fonction pendant la grève RATP : la bourde qui enflamme Twitter

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Les usagers des transports publics en région parisienne goûtent peu le drôle de soutien de la porte-parole du gouvernement.

La bourde de Sibeth Ndiaye ne passe pas. En voulant manifester sa solidarité envers les usagers touchés, ce vendredi 13 septembre, par la grève massive de la RATP en Ile-de-France, la porte-parole du gouvernement s’est pris les pieds dans l’escalator au micro de BFMTV jeudi matin :

« Demain matin, j’utiliserai ma voiture de fonction, comme tous les jours, donc je serai de cœur avec tous les Franciliens qui galéreront dans les couloirs du métro. »

Cynisme, déconnexion des réalités ou simple maladresse ? La sortie de la ministre a provoqué une avalanche de réactions sur Twitter. Certains internautes rivalisent d’imagination pour épingler Sibeth Ndiaye.

D’autres sont plus révoltés par « l’indécence » de la ministre. C’est le cas de la porte-parole des Républicains Lydia Guirous :

Et certains vont jusqu’à bâtir des théories de diversion politiques assez fumeuses...

Une sortie qui aura au moins eu le mérite d’alimenter les conversations sur le chemin (compliqué) du travail.

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27 février 2017

Harper's Bazaar

Pour le 150eme édition du magazine américain «Harper’s Bazaar», c’est Rihanna qui a été choisi pour faire la couverture et un shooting magnifique largement inspiré par la vie et les exploits d’Amelia Earhart, la Première Femme Aviatrice à traverser l’Atlantique. Les photos prises par le talentueux photographe péruvien Mariano Vivanco sont un hommage puissant à cette femme avant-gardiste qui prônait le GirlPower" avant son heure.

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26 février 2017

DES FILLES SOUS L’OBJECTIF DE RANKIN à la CWC Gallery de Berlin

Photographe de génie que l’on adore chez Lui, John Rankin Waddell dit Rankin est à l’honneur de la CWC Gallery de Berlin, dès demain. Jusqu’au 1er avril seront exposées ses clichés les plus iconiques. Une Gisèle toute vêtue de paillettes, une Lucy Liu espiègle ou une Heidi toute gantée, tout y est du travail incroyablement érotique du photographe. En tout ce sont 50 clichés, réalisés de 1995 à aujourd’hui qui seront exposés. Parce que les filles c’est supers recouvertes de bonbons, on aimera prendre le temps de passer à Berlin, les jours prochains.

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25 février 2017

Isabelle Huppert et "Elle", Gaspard Ulliel et Xavier Dolan, "Divines" : découvrez le palmarès des César 2017

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Deux films se sont partagé les prix les plus préstigieux : meilleur acteur et meilleur réalisateur pour "Juste la fin du monde" de Xavier Dolan, meilleur film et meilleure actrice pour "Elle" de Paul Verhoeven.

La 42e cérémonie des César a récompensé son grand favori, Elle de Paul Verhoeven, et son interprête Isabelle Huppert, vendredi 24 février. Juste la fin du monde a reçu les deux autres principales récompenses de la soirée : le César du meilleur acteur pour Gaspard Ulliel et du meilleur réalisateur pour Xavier Dolan. Nommés dans onze catégories, comme Elle, Frantz de François Ozon n'est reparti qu'avec une récompense technique, celle de la meilleure photographie. Découvrez le palmarès complet de la 42e cérémonie des César.

"Elle" et Isabelle Huppert doublement couronnés

En course pour les Oscars, dimanche, et déjà lauréate du Golden Globe pour ce rôle, Isabelle Huppert a, sans surprise, remporté le César de la meilleur actrice. Et sa performance dans Elle de Paul Verhoeven a également porté le film du réalisateur néerlandais jusqu'au titre de meilleur film. Isabelle Huppert, quinze fois nommée aux César avant cette année, n'avait été récompensée qu'une seule fois jusqu'ici.

Doublé inattendu pour Gaspard Ulliel et Xavier Dolan

On attendait plutôt Frantz, mais les César ont remis deux de leurs récompenses les plus prestigieuses à Juste la fin du monde, le film du canadien Xavier Dolan. Son interprête principal, Gaspard Ulliel, a reçu le titre de meilleur acteur, et son réalisateur a, lui, reçu celui de meilleur réalisateur. Le film a aussi été récompensé du César du meilleur montage, mais n'a pas reçu celui du meilleur film étrange. Gaspard Ulliel avait déjà reçu le César du meilleur espoir, en 2005. Xavier Dolan, lui, avait été récompensé en 2015 par le César du meilleur film étranger.

Trois César pour "Divines" et ses deux actrices

Il était l'un des films les plus nommés de la cérémonie : Divines a remporté le César du meilleur premier film, et ses deux principales interprètes ont également été récompensées. Oulaya Amamra, 20 ans, qui tenait le rôle principal, a reçu le César du meilleur espoir féminin. Sa comparse Déborah Lukumuena, 21 ans, a été récompensée comme meilleur second rôle féminin.

Et ce sont sans doute leurs discours qui ont le plus ému la salle, la première remerciant son père disparu, et la seconde clamant son amour du cinéma.

Les acteurs James Thiérrée et Niels Schneider récompensés

L'acteur suisse James Thiérrée a été reçu César du meilleur second rôle masculin pour Chocolat, dans lequel il incarne le clown Footit, partenaire du personnage qui donne son titre au film, incarné lui par Omar Sy.

Niels Schneider a reçu le César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans Diamant Noir. Âgé de 29 ans et déjà expérimenté, il avait notamment été vu dans Les amours imaginaires de Xavier Dolan.

Le César après la Palme d'or pour "Moi, Daniel Blake"

Le réalisateur britannique Ken Loach a reçu le César du meilleur film étranger pour la deuxième fois de sa carrière. Moi, Daniel Blake, film social sur la brutalité de l'administration et des services sociaux britanniques, avait été récompensé par la Palme d'or en 2016.

Le phénomène "Merci Patron !" se poursuit aux César

Succès surprise de l'année, avec plus de 500 000 entrée, Merci Patron ! a été couronné par le César du meilleur documentaire. Il raconte l'histoire d'un couple d'ouvriers au chômage après la délocalisation d'une usine LVMH, qui piègent le dirigeant du groupe Bernard Arnault. Son réalisateur François Ruffin a prononcé le discours le plus politique de la cérémonie, appelant François Hollande à se "bouger le cul" pour les ouvriers.

Le film d'animation "Ma vie de courgette" primé deux fois

Conte sur la tolérance réalisé en marionnettes et en pâte à modeler, fruit d'un travail de près de dix ans, le film réalisé par Claude Barras a été doublement récompensé : outre le prix du meilleur film d'animation, il a reçu celui de la meilleure adaptation pour son scénario, inspiré d'un roman. Tout comme Elle, Ma vie de courgette est nommé aux Oscars, dimanche, où il représente la Suisse parmi les meilleurs films d'animation.

6 septembre 2019

Chine : les Ouïghours enfermés dès l’école

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Les barbelés empêchent les familles de s’approcher des écoles, comme ici à Peyzawat, au Xinjiang, en 2018. L’usage du ouïghour, pourtant langue officielle, est interdit. Photo AP. Ng Han Guan 

Séparés de leur famille, empêchés de parler leur langue, incités à dénoncer leurs propres parents… L’endoctrinement des mineurs est au cœur de la vaste entreprise d’acculturation des minorités mise en œuvre par Pékin dans la région du Xinjiang.

Chine : les Ouïghours enfermés dès l’école

Des tourelles de contes de fées en guise de portail, des noms enchanteurs tels que «école de la Bienveillance» ou «crèche de la Gentillesse». Mais aussi des clôtures électriques de 10 000 volts, de la propagande diffusée par haut-parleurs et des postes de police dans la cour. Au Xinjiang, dans l’ouest de la Chine, le Parti communiste mène depuis deux ans une immense opération sans précédent d’acculturation et de lavage de cerveaux de centaines de milliers d’enfants ouïghours, une ethnie d’Asie centrale qui compte environ 10 millions de personnes.

A travers un système d’internat obligatoire dans le cadre de l’enseignement public, ils sont soumis dès la maternelle à un endoctrinement massif. Objectif revendiqué par Pékin : transformer une génération entière de jeunes musulmans en Hans, l’ethnie majoritaire du pays. «La Chine veut créer de parfaits petits Chinois, résume l’anthropologue Sabine Trebinjac, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de la question ouïghoure. La séparation des familles a pour but d’éloigner les enfants de leur culture, et de renforcer l’ethnocide en cours.»

Depuis août 2016, et l’arrivée à la tête du Xinjiang de Chen Quanguo, un haut fonctionnaire auparavant en poste au Tibet, la répression des minorités ouïghoure, kazakhe, hui et kirghize a basculé dans le totalitarisme. L’immense région, un désert ponctué d’oasis et de hautes montagnes qui couvre un sixième de la surface de la Chine, est désormais soumise à une surveillance policière high-tech, avec caméras, vol des données biométriques, logiciels espions dans les téléphones et interdiction de voyager sans autorisation. Sous le prétexte de prévenir des émeutes - comme en 2009 - et après plusieurs attentats commis jusqu’en 2014 par des terroristes ouïghours, la population est harcelée jusque dans son intimité. Refuser de boire de l’alcool, porter une barbe, donner un prénom musulman à son bébé, avoir téléphoné à l’étranger peut suffire à être jeté en prison pour «extrémisme religieux». Voire condamné à mort, comme le géographe Tiyip Taspholat, président de l’Université du Xinjiang, accusé l’automne dernier de «nourrir un attachement secret pour sa culture».

A la détention classique, s’est ajoutée depuis 2017 une campagne d’enfermement extrajudiciaire menée à une échelle industrielle. Et le tout au nom du «maintien de la stabilité sociale» et de la «lutte antiterroriste». Au moins un million de citoyens issus des minorités locales, qu’ils soient pauvres, riches, paysans, universitaires, artistes, sportifs ou commerçants, musulmans, athées ou même chrétiens, ont été emmenés dans des camps «de rééducation» ultrasécurisés. Durant des mois, voire des années, entassés derrière de hauts murs et des cellules surpeuplées, hommes et femmes doivent réciter par cœur les «pensées» du Président, Xi Jinping, et travailler pour un salaire misérable sous peine de punition ou de torture. «Les centres de formation professionnelle [autre nom des camps, ndlr] éliminent les pensées religieuses extrémistes de la tête des individus», se vante le régime.

Grâce à une longue enquête du chercheur allemand indépendant Adrian Zenz, publiée en juillet sur Political Risk, on a désormais la preuve que les enfants sont également victimes d’une politique d’enfermement. «Le lavage de cerveaux des enfants ouïghours s’inscrit dans un cadre comparable à celui des camps pour adultes, affirme Adrian Zenz à Libération. Dans certaines écoles, des enfants âgés de 8 mois ou d’1 an, dont les deux parents ont été internés, sont présents à temps complet, week-end compris. Et ce même s’ils ont de la famille qui peut s’occuper d’eux. Même les élèves qui ont encore leurs deux parents passent de plus en plus de temps à l’école, y entrant le lundi matin pour en sortir le vendredi soir, sans possibilité de voir leur famille.»

Preuves irréfutables d’un ethnocide

Il est extrêmement difficile d’obtenir des témoignages directs du Xinjiang, où les journalistes sont suivis par des policiers en civil qui les empêchent de s’approcher des habitants, des écoles ou des camps. Les messageries sont interdites ou censurées, les appels internationaux surveillés, la population est paralysée par la terreur de la répression. Mais les documents officiels, les appels d’offres, les fiches de renseignements familiaux, les statistiques ou les rapports internes d’écoles apportent des preuves irréfutables d’un ethnocide. L’article 4 de la Constitution chinoise est pourtant sans ambiguïté : «Chaque ethnie a le droit d’utiliser et développer sa propre langue et sa propre écriture, de conserver ou réformer ses us et coutumes.» L’article 36 garantit la «liberté de religion».

Après avoir nié leur existence durant des mois, Pékin justifie désormais les internements par les besoins de «déradicalisation» et d’«éducation» d’un peuple prétendument arriéré, dont la culture est réduite aux danses folkloriques. Et n’hésite pas à recourir aux mises en scène. Sur une vidéo tournée par la BBC en juin dans un «camp modèle», où les pensionnaires viennent prétendument de leur plein gré, on voit un homme assis à un pupitre d’écolier, un crayon à la main, apprendre le chinois.

Selon Radio Free Asia, un site américain qui a une antenne en ouïghour, il s’agit d’Akber Ebeydulla, un chercheur qui parle couramment anglais et… mandarin. Selon la propagande, parents et enfants «étudient pour que leur vie familiale soit plus heureuse dans le futur» et «les enfants grandissent heureux sous la garde aimante du Parti et du gouvernement».

Dans la réalité, les élèves sont forcés de dénoncer «les pratiques extrémistes» de leur famille (faire la prière, ne pas manger durant le ramadan…) et sévèrement punis s’ils sont surpris à parler ouïghour, langue officielle du Xinjiang qui s’écrit en caractères arabes. On peut faire le parallèle avec le lavage de cerveaux mené sur les enfants inuits par les missionnaires du XXe siècle au Canada. Mais l’ampleur de la répression est sans commune mesure avec la situation nord-américaine.

Pris en charge comme orphelins par l’état

Pour pouvoir assurer des cours en mandarin, des enseignants sont recrutés dans toute la Chine. Rien que dans la préfecture de Kachgar, qui compte 5 millions d’habitants toutes ethnies confondues, 11 917 enseignants en mandarin, langue considérée comme «plus utile», ont été embauchés fin 2018, les critères principaux étant «aimer la patrie, soutenir l’orientation, les principes et les politiques du Parti».

Sur la photo d’un bâtiment scolaire, on peut lire de larges idéogrammes : «Etudie dur pour réaliser le rêve de la grande renaissance de la nation chinoise.» Il est impossible de savoir combien d’élèves sont accueillis dans les internats, désormais obligatoires dès le CM1. Selon Adrian Zenz, «plusieurs centaines de milliers d’enfants pourraient être concernés». L’organisation du système scolaire a été bouleversée en quelques mois. Ainsi, en avril 2018, ordre a été donné au comté de Yichang de transférer 2 000 élèves des zones rurales vers un pensionnat centralisé. Dans certains districts du sud du Xinjiang, le nombre d’enfants en crèche et à la maternelle a quadruplé, l’accroissement des effectifs étant douze fois plus important que la moyenne nationale. Pour accueillir ces enfants jour et nuit, de grands chantiers ont été lancés. En février 2017, alors que les images satellites montraient les camps d’internement pour adultes sortir de terre, le pouvoir ordonnait la construction de 4 387 écoles maternelles «bilingues» (comprendre non ouïghoures). L’objectif était alors d’accueillir 562 900 nouveaux élèves d’ici à 2020. Aujourd’hui, ils sont déjà 759 000. Cette brutale augmentation s’explique par la scolarité devenue obligatoire à partir de 3 ans (une exception en Chine), mais aussi par l’ampleur de l’internement des parents.

Ces enfants désignés comme «laissés pour compte» ou «en situation difficile», sont désormais pris en charge par l’Etat comme s’ils étaient orphelins. La Chine se targue d’avoir un système de valeurs morales supérieur à leurs parents et de leur proposer un avenir plus prometteur sous l’égide de la nation et du Parti communiste. «L’Ecole ensoleillée» de Hotan se félicite d’ailleurs que «beaucoup d’enfants» appellent leurs enseignantes «Maman». «L’objectif de Pékin est de contraindre les enfants à renier leur propre identité. Certains oublient même leur langue maternelle», déplore le poète et linguiste ouïghour Abduweli Ayup, réfugié en Norvège après avoir été détenu en 2013 pour avoir ouvert une école trilingue ouïghour-anglais-mandarin.

Cette séparation intergénérationnelle dépasse les frontières. De nombreux Ouïghours vivent à l’étranger. Beaucoup de parents ont dû fuir le pays sans pouvoir emmener leur progéniture, et les enfants exilés ont souvent des parents internés au Xinjiang. Certains mineurs, envoyés étudier à l’étranger en 2017, se retrouvent isolés.

«Si tu aimes ton mari, tu n’aimes pas le Parti»

Abduweli Ayup raconte qu’un de ses amis s’est cru assez protégé par son poste de cadre supérieur dans la fonction publique pour pouvoir partir l’été dernier en vacances en Turquie, «un pays à risque» aux yeux des autorités car musulman. La police a débarqué chez sa femme, l’a menacée de l’enfermer si elle ne coupait pas les ponts avec lui : «Si tu aimes ton mari, tu n’aimes pas le Parti.» Il a été contraint à divorcer par messagerie et n’a depuis plus aucune nouvelle de son épouse ni de ses filles de 9 et 14 ans. Harcelés jusqu’en France, en Belgique ou au Canada par les autorités chinoises, les Ouïghours craignent de témoigner publiquement des persécutions subies par leurs proches au Xinjiang.

L’an dernier, le journaliste américain Shohret Hoshur, qui écrit sur le Xinjiang, nous avait dressé la liste de ses 11 frères, sœur, conjoint, nièces et neveux emprisonnés, et celle des enfants laissés sans protection. Le docteur en optimisation mathématique Gene Bunin a créé une base de données baptisée «Xinjiang Victims Database». «Elle recueille des informations au sein de la diaspora sur les victimes de la répression actuelle du Xinjiang, précise ce chercheur russe, qui a vécu cinq ans dans la région. Elle peut servir de document analytique pour les journalistes ou les spécialistes. Mais elle a surtout pour objectif d’inciter les Ouïghours à parler, car beaucoup d’entre eux ont peur que leurs proches restés au Xinjiang en subissent les conséquences.»

Plus de 5 000 témoignages récoltés à travers «des vidéos, les réseaux sociaux ou des copies de documents officiels» sont disponibles sur la plateforme. Des exilés scrutent les vidéos de propagande diffusées par la Chine dans l’espoir d’y apercevoir les leurs. Dans un reportage de Vice News publié en juin, une Ouïghoure ayant fui à Istanbul reconnaît sa petite fille au milieu d’une dizaine d’enfants attablés et rieurs, dans ce qu’elle soupçonne être un orphelinat d’Etat. Cet endoctrinement de masse se double d’une colonisation à marche forcée. L’objectif affiché est d’arriver à une proportion de 70% de Hans en 2025, contre environ 45% aujourd’hui. Ils étaient 6% en 1949, quand les troupes maoïstes se sont emparées du territoire.

«Naissances de basse qualité»

L’Etat compte sur la baisse de la natalité générée par la séparation des couples pour accélérer la sinisation du Xinjiang. Par ailleurs, le régime d’exception qui permettait aux minorités du Xinjiang d’avoir des familles nombreuses a été supprimé en 2017 et des politiques de planning familial ont été instaurées pour éliminer ce que les fonctionnaires du Parti appellent «les naissances de basse qualité». Parallèlement, les mariages interethniques avec au moins un «Chinois de souche» sont encouragés, parfois rémunérés. Des clips diffusés en Chine mettent en scène des jeunes filles ouïghoures en costume traditionnel dans un décor bucolique, vantées comme les épouses idéales pour les nombreux Hans célibataires de l’Est. Cette politique d’assimilation d’un peuple entier est extrêmement coûteuse : Shohrat Zakir, chef adjoint du Parti communiste chinois (PCC) au Xinjiang, a révélé que le gouvernement central a transféré 210 milliards d’euros à la région entre 2012 et 2018. Elle permet au PCC de diluer la culture ouïghoure et d’éradiquer toute velléité d’indépendance des minorités. Mais elle lui laisse aussi les mains libres pour exploiter les immenses réserves de pétrole, gaz et minéraux du sous-sol du Xinjiang, placé stratégiquement à la frontière de huit pays et pièce maîtresse du projet pharaonique des Nouvelles Routes de la soie.

Laurence Defranoux , Valentin Cebron

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17 octobre 2010

Catherine Deneuve pose pour "Têtu"...

A partir du 10 novembre dans nos salles, Catherine Deneuve tiendra le rôle principal de "Potiche", le nouveau film de François Ozon. A cette occasion, le magazine Têtu a choisi de la faire poser en couverture avec Johan Akan...

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Le site du magazine en cliquant ICI

Catherine Deneuve fait la Une de la dernière édition du magazine « Têtu», où elle apparaît en compagnie d’un homme nu. L’occasion pour la star française toujours en pleine promotion de son dernier film «Potiche», de se laisser aller à quelques confidences, notamment sur son image. « Ça m’est égal. Ce qui compte, c’est ce que je vis et comment je le vis. Parfois, je brise très vite la glace pour éviter de perdre du temps, pour éviter que les gens soient impressionnés », confie Catherine Deneuve, avouant comprendre les gens ayant une double vie. «J’estime que dans le domaine de la vie privée, personne ne peut imposer quoi que ce soit. C’est l’espace de la plus grande liberté. On n’en profite en général pas assez. Je comprends très bien les gens qui choisissent une double vie pour ne pas avoir d’emmerdements ».

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21 février 2017

Carlo Mollino et Helmut Newton, Nights in white satin

Qu’est-ce qui unit l’intimité lascive des tirages réalisés dans les années 40 par Carlo Mollino, génie complexe et électron libre, et les amazones modernes dont Helmut Newton glorifie l’érotisme provocant des années 80 ? La femme, muse dans toute la splendeur de son corps nu, offerte à nos regards. À travers dix-huit tirages anciens, la galerie Sage Paris présente une rapide histoire du nu et de son évolution, des images confidentielles de l’Italie d’avant-guerre aux clichés froids et stylisés, inspirés par la photographie de mode des années 80.

Carlo Mollino est un des esprits artistiques les plus fascinants de son époque. Connu de son vivant pour ses designs et son architecture, autant que pour ses exploits sportifs, le public découvre à sa mort en 1973 des centaines de photographies qu’il a réalisées tout au long de sa carrière, et gardées précieusement cachées. Cette découverte enchante autant qu’elle étonne les amateurs, et révèle encore une autre facette de l’homme et de l’artiste.

Ses photographies les plus célèbres sont celles produites au cours des années 1960, les Polaroids aux couleurs fanées qui représentent des jeunes femmes, vêtues ou non, portant accessoires, perruques et costumes, lançant un air lascif à l’appareil. Ces jeunes femmes ont été dites être des étudiantes, petites amies, danseuses, prostituées, beautés de la vie nocturne turinoise séduites et photographiées se dénudant, dans les décors familiers à Mollino. En effet, paravents, miroirs, lits, rideaux, chaises et mobiliers divers, sont ceux de la villa Zaira et ceux de sa dernière résidence dans la via Napione à Turin, véritable écrin à la manière des pyramides égyptiennes qu’il façonne pour l’accueillir dans l’au-delà, et dont on retrouve le mobilier et les éléments décoratifs dans certaines photographies. Ces Polaroid à l’ambiance baroque et surannée d’un boudoir ou d’un gynécée moderne, sont très étudiées. La composition, la lumière, sont savamment travaillées, de même que les images elles-mêmes sont adoucies, pour correspondre plus à l’idéal féminin de Mollino. Les teintes sont sourdes mais restent douces, les poses érotiques sont contrebalancées par des airs parfois presque angéliques. Sculpturales dans des décors minimalistes, les modèles sont sublimées, et l’ironique opulence de ces mises en scènes rompt avec le caractère licencieux des photographies, rendant parfaitement compte de l’esthétique très précise de l’artiste, faite d’oppositions et de contrastes, entre ombre et lumière, épure et baroque, ésotérisme et sensualité.

Helmut Newton est quant à lui un photographe majeur dont le style a bousculé et renouvelé l’image de mode avec une impétuosité inédite. Portraits, nus, photographies de mode, voilà comment résumer en trois mots son travail. Ces trois thèmes, ces trois directions, sont inextricablement liées, et la photographie de mode se mêle à la fois de nu féminin et de portrait érotique. Pour Newton, d’ailleurs, l’essence même du travail du photographe de mode est de ne pas faire de photographie de mode. Le commercial disparaît derrière un autre propos. « Je crois toujours que la photographie de mode parfaite est une photographie qui ne ressemble pas à une photographie de mode. C’est une photographie qui ressemble à une image tirée d’un film, qui ressemble à un portrait, peut-être une photo souvenir, ou encore un cliché de paparazzi, tout sauf une photographie de mode. » Pourtant, si la bonne photographie de mode ressemble à s’y méprendre à la photographie d’art, Newton se refusera à considérer son œuvre comme artistique. « La photographie de certaines personnes est de l’art. Pas la mienne. Si mes travaux peuvent être exposés dans des galeries ou des musées, c’est bien. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle je les fais. » Son travail est celui d’un mercenaire moderne, un tueur à gages (« I’m a gun for hire ») qui met toute sa connaissance et son art au service de son commerce, au service du commerce des autres. Les autres, ce sont les plus grands magazines, Vogue français, italien, américain, australien, anglais et allemand, Elle, Playboy, Marie-Claire, Queen, Nova, Oui, ou encore Vanity Fair. À travers ces magazines, qui ont largement diffusé ses clichés, il déploie sa vision, son style, son idée de la Femme.

Carlo Mollino et Helmut Newton, Nights in white satin

Jusqu'au 8 avril 2017

Sage Paris

1 Bis Avenue Lowendal

75007 Paris

France

http://www.sageparis.com/

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21 février 2017

Le carnaval de Venise démasqué pour des raisons de sécurité

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Sur fond de menaces terroristes qui secouent l’Europe depuis 2015, les autorités italiennes ont pris la décision de renforcer la sécurité pendant le Carnaval de Venise en imposant la levée des masques à tous ceux qui souhaitent rentrer sur la Place Saint-Marc.

Afin de limiter au maximum la menace terroriste lors de l'illustre Carnaval de Venise les autorités locales ont pris la décision de renforcer les dispositifs de sécurité.

De ce fait, les Vénitiens et les hôtes de la ville voient davantage de policiers sur le terrain, en civil et en uniforme durant la semaine de festivités.

​Seulement deux entrées permettent d'accéder à la place Saint-Marc et il est demandé aux festivaliers de tomber les masques. Les sacs sont également scrupuleusement contrôlés et doivent passer par la case détecteur de métaux. Les canaux de Venise sont également placés sous la surveillance des policiers qui effectuent des patrouilles par des canots consacrés. Aucun accident n'a été signalé pour l'instant.

​Le Carnaval de Venise se déroule dans la cité des Doges du 11 au 28 février 2017. Après le coup d'envoi les samedi et dimanche 11 et 12 février 2017, les festivités les plus importantes débutent à partir du 18 février 2017. Au programme, une infinie variété de costumes et de nombreux spectacles, des jeux, des mascarades et des courses.

Cette année, à cause de la menace terroriste accrue par les attaques perpétrées dans les villes européennes, la présence policière et les contrôles sont renforcés durant toute la durée des festivités.

19 février 2017

Berlinale 2017 : un palmarès aussi déroutant qu’un scénario de Paul Verhoeven

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Par Isabelle Regnier - Le Monde

Le jury présidé par le cinéaste batave a attribué l’Ours d’or à « Our Body and Soul », de la Hongroise Ildikó Enyedi, récit d’une histoire d’amour née dans un abattoir.

Toujours là où on ne l’attend pas, Paul Verhoeven. Alors qu’Aki Kaurismaki s’est maintenu, tout au long du festival, en position de favori pour l’Ours d’Or, le jury de la 67eBerlinale – présidé par le cinéaste batave – l’a finalement attribué à Our Body and Soul, de la Hongroise Ildikó Enyedi.

Ce film, qui conte l’histoire d’amour entre deux personnages ternes et solitaires – le gérant d’un abattoir et la nouvelle contrôleuse de qualité des viandes qu’on vient de lui mettre dans les pattes –, fonctionne sur un postulat original : c’est en découvrant qu’ils font tous deux chaque soir le même rêve, où ils se retrouvent dans la peau d’un cerf et d’une biche veillant tendrement l’un sur l’autre dans une forêt enneigée, qu’ils tombent amoureux.

Les choses se gâtent une fois l’idée posée, quand se précise la névrose du personnage féminin, agrégat de phobies diverses, qui par amour va tenter de s’ouvrir au monde, au contact physique, au jeu, à la musique, et finalement au sexe.

Coup de théâtre final

Entre les scènes de cantines, les soirées gin-rami et les face à face avec la psy d’entreprise, le chemin pour y arriver est si laborieux qu’il engloutit l’une après l’autre toutes les pistes ouvertes par le film, ne laissant au spectateur comme os à ronger qu’une scène d’amour excitante comme le spectacle de la glace qui fond au printemps.

La soirée de clôture du festival avait pourtant bien commencé. Et l’on peut se demander si ce coup de théâtre final n’a pas été concocté par Verhoeven comme une des farces acerbes – dont ses scénarios font leur miel – pour casser le bon goût d’une cérémonie trop bien huilée.

Où les meilleurs films se voyaient récompensés pour leurs meilleures qualités (meilleur réalisateur pour De l’Autre côté de l’espoir, d’Aki Kaurismaki, meilleure actrice pour Kim Min-hee, dans Une Femme seule sur la plage de Hong Sang-soo, Grand Prix du jury pour Félicité d’Alain Gomis…).

Où ceux moins passionnants mais qui avaient fédéré de larges suffrages, se partageaient le reste – prix de la meilleure contribution artistique pour le montage d’Ana, mon amourde Calin Peter Netzer, cinéaste roumain qui avait remporté en 2013 l’Ours d’or pour Mère et fils, Meilleur scénario pour Una Mujer fantastica, de Sebastian Lelio, Prix Alfred Bauer pour Pokpot d’Agnieszka Holland, meilleur acteur pour Georg Friedrich, dans Bright Nights de Thomas Arslan – alors qu’était ignoré le ventre mou de films plus ou moins anecdotiques, qui constituait le gros de la compétition.

Un trés gracieux « On the Beach at Night Alone »

Outre les très beaux films d’Aki Kaurismaki et d’Alain Gomis – ils vont prochainement sortir dans les salles françaises –, le passionnant The Lost City of Z de James Gray – présenté hors compétition –, une série de documentaires sur le racisme aux Etats-Unis (en particulier I’m not your negro de Raoul Peck, prix du public pour un documentaire dans la section du Panorama, et Strong Island de Yance Ford), et la restauration du formidable soap opéra de Rainer Werner Fassbinder, Huit heures ne font pas un jour, cette Berlinale aura été marquée par le très gracieux On the Beach at Night Alone de l’inépuisable Hong Sang-soo.

Le prix d’interprétation donné à Kim Min-hee (remarquée récemment dans Mademoiselle de Park Chan-wok, et Yourself and yours, le précédent film de Hong Sang-soo) était sans doute le plus bel hommage que le jury pouvait rendre à ce film, tant le visage lumineux de l’actrice le magnétise, tant le subtil nuancier de jeu qu’elle déploie innerve jusqu’à la rendre vibrante la texture de l’image.

Alone on the beach at nightcommence en Allemagne. En vacances chez une amie divorcée, Young-hee, la jeune actrice qu’interprète Kim Min-hee, se remet d’une rupture avec un homme marié, cinéaste de son état.

De retour en Corée, elle passe une soirée bien arrosée, au soju comme il se doit chez Hong Sang-soo, avec de vieilles connaissances qui la trouvent changée, « plus mûre », « plus femme », puis elle s’endort seule sur la plage et rejoint son amant, dans ce qui ressemble à un rêve.

Oublier ou se souvenir, rêver ou rejouer l’histoire dans sa tête à s’en faire mal, se fermer aux émotions ou s’ouvrir au désir… Au fil d’un puzzle de scènes de vie prosaïques où affleure une mélancolie inédite chez lui, le cinéaste, soutenu par le Quintette pour cordes en do majeur de Schubert, explore la multiplicité des voies du deuil amoureux. Et c’est très beau.

https://twitter.com/berlinale?lang=fr

 

4 septembre 2019

Enquête - Le Sénat dissimule dans ses caves un buste d’Hitler et un drapeau nazi depuis soixante-quinze ans

Par Olivier Faye

Une enquête du « Monde » a poussé son administration à lever en partie le voile sur ce déroutant secret.

« L’homme, écrivait André Malraux, est ce qu’il cache : un misérable petit tas de secrets. » Dans ce cas, le Sénat est un modèle du genre, un cachottier hors pair. Pour le comprendre, il faut pousser les portes du palais du Luxembourg, s’intéresser à son passé enfoui.

Qui a déjà soulevé ses tentures pourpres pour voir ce qu’elles dissimulent ? Qui inspecte les coulisses de cette bâtisse du XVIIe siècle ? Qui sait qu’un buste d’Adolf Hitler de 35 centimètres de haut est caché au sous-sol, sans être répertorié ? Qu’un drapeau nazi de deux mètres sur trois y est conservé depuis la seconde guerre mondiale ? Que le personnel du Sénat aurait travaillé jusqu’à récemment sur des bureaux ornés de l’aigle du IIIe Reich ? Une poignée d’initiés, pas plus. Quelques gardiens d’un secret transmis de génération en génération depuis soixante-quinze ans. Des hommes et des femmes qui consentent parfois à soulever la couverture cachant le buste en question, rien que pour voir le frisson s’afficher dans le regard de l’ami, du collègue, du visiteur privilégié.

Partir sur les traces de cette relique est une aventure à la Indiana Jones, où de paisibles sénateurs remplacent les serpents et les chausse-trappes. Pour dénouer les fils de l’histoire, on se dit d’abord qu’il faut appeler les questeurs du palais. De par leur position, ils sont censés tout savoir de l’administration et du patrimoine de l’auguste assemblée. Un buste du Führer se cacherait-il sous leurs pieds ?, demande-t-on. « Vous me l’apprenez, répond Vincent Capo-Canellas, sénateur (UDI) de Seine-Saint-Denis et aujourd’hui un des trois questeurs du Sénat. On doit bientôt faire une visite du bunker avec mes collègues. Cet endroit était resté un peu dans son jus, c’est peut-être l’explication. » Il faut préciser, à ce moment du récit, pourquoi notre interlocuteur évoque l’existence d’un « bunker ».

hitler au senat

Ancien QG de la Luftwaffe

Soignons le vocabulaire, d’abord. Au Sénat, on parle d’un « abri de défense passive » pour qualifier ce bloc de béton aménagé en 1937 sous le jardin du Petit Luxembourg, le siège de la présidence. A l’époque, l’idée était de protéger les élus d’éventuels bombardements. Au début de notre enquête, une fausse piste nous a guidés là-bas. Nous croyions y trouver le fameux buste. Raté.

Elargissons le spectre. Après tout, le sénateur Capo-Canellas, 52 ans, ne siège dans la maison « que » depuis 2011 ; il est peut-être encore un peu vert pour connaître tous les secrets de famille de l’institution. Allons plutôt toquer à la porte d’un ancien questeur. Gérard Miquel, par exemple, socialiste de 73 ans, qui a foulé la moquette du palais de 1992 à 2017. « C’est peut-être quelque chose que je n’ai pas vu, souffle-t-il au téléphone, scié par la nouvelle. Conserver un buste d’Hitler, ça ne me serait pas venu à l’esprit. Si j’avais découvert ça, j’aurais dit ce que j’en pensais… »

Son ancien collègue Jean-Marc Pastor, 69 ans, socialiste et ex-questeur, lui aussi tombe des nues du haut de ses dix-neuf années de présence dans les murs. « Je ne l’ai jamais vu et je n’en ai jamais entendu parler, jure-t-il. Je ne pense pas que ce soit le genre de chose dont on se glorifie spécialement. Je suis surpris que, depuis le temps, on n’ait pas eu la présence d’esprit de le faire disparaître. »

Pour situer ce « depuis le temps », il faut remonter au 25 août 1944, jour de la libération du palais du Luxembourg (et de Paris) par les troupes du général Leclerc et de la Résistance. Enfin, on suppose, parce qu’il est difficile d’imaginer qu’un sénateur ait ramené un buste d’Hitler dans son bureau après cette date. Il est plus raisonnable de se plonger dans l’état du palais à la suite des quatre années d’occupation nazie.

La Luftwaffe, l’armée de l’air allemande, et son numéro deux, Hugo Sperrle, avaient pris leurs aises au palais du Luxembourg, au point de planter un potager dans le jardin. Sperrle, un véritable colosse, fit même installer dans sa résidence du Petit Luxembourg des meubles dimensionnés à son échelle. En partant, ils laissent un paysage dévasté : mobilier renversé, fauteuils éventrés, cloisons abattues, bottes de paille amoncelées au milieu de la chapelle… Ils ont même fait des pyramides avec les chaises Louis XV en bois doré ! Et encore, l’architecte du palais les a empêchés de défigurer les lieux en construisant un four à pain. L’âpreté des combats, qui ont duré près d’une semaine, n’est pas pour rien dans les dégâts constatés. Les démineurs mettront près de deux mois à sécuriser le palais, où quantité de munitions et d’explosifs ont été stockés par l’occupant. De nombreux prisonniers sont faits côté allemand.

« Il n’y a pas 36 bustes d’Hitler à Paris »

A la Libération, le studio Chevojon, spécialisé dans la photographie de sites industriels, est chargé de documenter l’état du sinistre. Sur les images, on discerne bien quelques photographies d’Hitler accrochées aux murs, çà et là ; mais pas de buste.

Abri de défense du Sénat, situé sous le jardin. Construit en 1937 et occupé par les allemands pendant la guerre. A gauche, second niveau, salle des machines permettant la ventilation, l’éclairage ainsi que la régulation de la température ambiante dans l’abri. Système cyclomoteur permettant de faire tourner les machines de ventilation en cas de panne électrique ou moteur. A droite, au premier niveau de l’abri de défense du Sénat, se trouvait l’infirmerie où subsiste une boîte avec une inscription en allemand (stock d’appareils respiratoires en circuit fermé à oxygène sous pression). | MARTYNA PAWLAK POUR « LE MONDE »

Le 4 février 1949, Emmanuel Robichon, directeur du service du personnel intérieur et du matériel, adresse un rapport aux questeurs et au secrétaire général de la questure où il fait l’inventaire précis du « nettoyage » du palais. Il était impossible d’effectuer ce travail plus tôt étant donné que le Sénat a été réquisitionné, dès novembre 1944, pour accueillir l’Assemblée consultative provisoire dirigée par Félix Gouin ; l’heure n’était pas aux comptes d’apothicaire, mais à la relance du pays.

Pourtant, les meubles issus du Sénat circulaient à travers la capitale de palais en appartements, quand ils n’étaient pas tout simplement volés. Difficile, dans ces conditions, d’y retrouver ses petits. Mais le vaillant Robichon n’a pas ménagé sa peine. « J’ai été tellement surmené et déprimé que ma santé en a été gravement altérée », écrit-il. Cela valait le coup. Pas peu fier, il est en mesure d’affirmer : « Il n’est pas un seul meuble dont je ne puisse donner, après quelques recherches, ou la destination ou l’emplacement. » Très bien, mais il n’est fait mention nulle part dans les 18 pages de son rapport de ce buste d’Hitler… « C’était tellement le chaos, je ne pense pas qu’il y ait eu un inventaire précis des casques », tente d’expliquer aujourd’hui une source au sein du Sénat.

Les historiens en perdent leur latin, eux aussi. Jean-Pierre Azéma, spécialiste de la seconde guerre mondiale, est pourtant venu visiter le Sénat ces derniers mois, y compris le bunker, en compagnie d’« une tripotée d’historiens », comme il dit. Rencontrer un buste d’Hitler, « ça ne nous aurait pas émus », assure-t-il, ils en ont vu d’autres. Mais rien. Sa consœur Cécile Desprairies, qui a écrit plusieurs ouvrages sur l’histoire de la collaboration et de Paris sous l’Occupation, n’en sait pas plus. « C’est étonnant qu’il n’ait pas été détruit. Il ne doit pas y avoir 36 bustes d’Hitler à Paris, c’est peut-être même le seul… », relève-t-elle.

Nous décidons d’appeler Damien Déchelette, architecte en chef du Sénat. Si ce pilier de l’institution ne connaît rien de cette histoire, c’est à désespérer. Miracle ! Notre homme appartient à la poignée d’initiés tenus dans le secret de l’existence de ce buste. Il assure, pour autant, tout ignorer de son itinéraire. « Le buste devait être dans un bureau de l’occupant, suppose-t-il. Il est toujours resté en réserve, il n’en est jamais sorti. Personne ne s’en est occupé, je ne vois pas ce qu’on peut en faire. » D’ailleurs, il nous interroge, suspicieux : « Comment avez-vous appris son existence ? » Avec cet état d’esprit, il y a de quoi cacher un secret pendant soixante-quinze ans…

Nos coups de téléphone réveillent (un peu) le Sénat, secoué dans la torpeur du mois d’août. « L’histoire a l’air de poser problème, il y a des mails qui circulent… », susurre une petite main. Le cabinet de Gérard Larcher, le président du Sénat, veut d’abord nous convaincre que nous chassons la « fake news ». La dérobade ne dure pas longtemps. Il est décidé de lancer des recherches et d’en partager, jure-t-on, tous les résultats avec Le Monde, histoire de bien faire les choses.

drapeau au senat

Origine inconnue

« C’est une découverte pour beaucoup de gens, tout le monde tombe de haut, assure-t-on alors au service communication du palais. Et puis, il n’y a pas forcément que ça comme objet. Ils veulent faire un tour complet pour purger cette histoire avec vous. » Pas que ça comme objet ? On arriverait avec l’histoire d’un buste, et on repartirait les bras chargés de reliques nazies ? Une source avait bien évoqué devant nous une rumeur tenace qui court au Sénat concernant l’existence d’un « trésor nazi »… Ce serait donc ça ?

Abri de défense du Sénat, situé sous le jardin. Construit en 1937 et occupé par les Allemands pendant la guerre. A gauche, premier niveau, portes intermédiaires et à droite,  escalier menant au premier niveau souterrain après les deux premières portes. L’escalier est tournant afin de limiter la propagation des flammes en cas d’incendie. | MARTYNA PAWLAK POUR « LE MONDE »

Les archivistes turbinent. A leur rythme. Quelques relances sont nécessaires pour obtenir une réponse. Le 28 août, un document de cinq pages à en-tête du Sénat nous est envoyé par la direction de la communication, sous le titre : « Documents et objets laissés au Sénat par l’occupant allemand à l’issue de la deuxième guerre mondiale. » « Les archives comportent notamment des dossiers de correspondance avec les autorités allemandes en français et en allemand, voire bilingues, ainsi que des plans des abris et du palais établis par l’occupant », est-il d’abord écrit.

Certes, mais est-ce bien tout ? Plusieurs ouvrages en allemand, frappés des tampons « Luftflotte West » ou « Luftkreiskommando », sont également conservés, précise le document. Sans oublier un appareil respiratoire allemand et une lampe à gaz retrouvés dans l’« abri de défense passive ». Mais encore ? « Dans les réserves sont par ailleurs conservés quelques pièces de mobilier ainsi qu’un buste laissé par l’occupant allemand et dont on ignore l’origine », est-il enfin révélé.

Tout ça pour ça ! On ne saura donc pas d’où vient ce buste, ni pourquoi il a été jugé bon de le garder caché dans les soutes jusqu’en 2019 ? Le Sénat nous apporte un supplément d’information en révélant qu’« un drapeau nazi de la même époque est conservé aux archives ». Orné d’une croix gammée et d’une croix de fer, il affiche les couleurs traditionnelles du IIIe Reich, rouge, noir et blanc.

Pour ce qui est du « mobilier », apprend-on après une nouvelle relance, il s’agirait de chaises, notamment. Impossible d’en savoir plus : la formule est restée volontairement vague. Ce n’est pas vraiment ce qu’on appelle « purger » une histoire en toute transparence… « De temps en temps, on peut se rendre compte qu’il y a une estampille [nazie], ce n’est pas du mobilier qui est en circulation », justifie-t-on à la direction de la communication.

Abri de défense du Sénat, situé sous le jardin. Construit en 1937 et occupé par les Allemands pendant la guerre. Premier niveau, une des quatre pièces destinées à un responsable, mobilier d'époque. | MARTYNA PAWLAK POUR « LE MONDE » (30/08/2019)

Retournons voir les historiens pour glaner quelques éléments de contexte. La Libération de Paris, par moments, ressemblait au Far West. « Les drapeaux nazis étaient pris comme trophées, rappelle Cécile Desprairies. Les lieux étaient pillés, saccagés, les libérateurs emportaient un petit morceau de l’occupant, ça a été la foire d’empoigne. Ça circulait ensuite au marché noir, et ça circule toujours. Il n’y a pas eu de politique de destruction ou de police de contrôle. Les vainqueurs font ce qu’ils veulent. » Un sénateur, un administrateur, un huissier, aurait donc pu vouloir garder ces objets, à l’insu de tout le monde, comme des trophées gagnés sur l’occupant. « Est-ce que quelqu’un n’aurait pas voulu s’en faire un cabinet de curiosité ? », se demande un employé du Sénat. On imagine en tout cas mal le résistant Gaston Monnerville, président du Sénat entre 1947 et 1968, accepter une telle incartade s’il en avait eu connaissance.

« C’est insensé ! »

D’aucuns pourraient prétexter l’intérêt historique qu’il y a à conserver de tels objets. Certes, mais alors pourquoi les cacher et ne pas faire œuvre de pédagogie en les montrant au grand public dans le cadre d’une exposition ? D’autres pourraient avancer, aussi, des considérations artistiques. Très bien, mais on ne sait même pas si ce buste en métal est l’œuvre, par exemple, d’Arno Breker, le sculpteur phare du IIIe Reich, un homme reconnu, malgré ses compromissions, comme un des maîtres de son art au XXe siècle.

La relative transparence du Sénat s’est arrêtée en haut des marches de son sous-sol. Pas question de laisser un journaliste y pénétrer. Tout juste avons-nous été autorisés à visiter le bunker – d’ordinaire fermé au public – qui présente, dans notre affaire, un intérêt limité. On y trouve seulement la lampe à gaz et l’appareil respiratoire évoqués dans la note citée plus haut, ainsi que quelques inscriptions en allemand sur les murs. Nous n’avons pas vu voir de nos yeux ni le buste, ni le drapeau, ni le « mobilier ». Impossible de savoir si la liste qui nous a été fournie est exhaustive.

La direction de la communication – toujours elle – a simplement fait prendre quelques photos par ses services, qui illustrent cet article. Une source nous assure que le palais se serait par ailleurs débarrassé lors d’une vente, il y a de ça une dizaine d’années, de bureaux estampillés IIIe Reich. « Il y avait des bureaux d’écoliers avec un aigle allemand en dessous, un aigle conséquent. Ils servaient pour le personnel », raconte notre interlocuteur. Dans la circonstance, tous les fantasmes sont encore permis sur notre « trésor nazi ». A-t-il jamais existé ? L’a-t-on fait disparaître ?

Le cabinet de Gérard Larcher sonnait dans le vide lorsque nous avons sollicité une réaction du président du Sénat concernant cette affaire. Nous avons essayé de joindre son prédécesseur socialiste, Jean-Pierre Bel, mais il était, de son propre aveu, « en mer, dans des conditions très sportives ». Il nous a donc renvoyés vers son ami Jean-Marc Todeschini, autre ancien questeur et ex-ministre de François Hollande, qui nous a assuré n’être au courant de rien. « Il n’y a pas un culte d’Hitler au Sénat, ça s’est sûr », s’est-il contenté de répondre.

L’affaire, en tout cas, choque la plupart des sénateurs ou anciens sénateurs sollicités. Ils semblent sincères dans leur émoi. « On ne garde pas un buste d’Hitler au Sénat, c’est insensé ! », s’agace ainsi Roger Karoutchi, pilier de la droite sénatoriale. Peut-on avoir caché si longtemps ces objets aux yeux des élus de la République ? Il en est qui cumulent parfois les mandats pendant un quart de siècle ; cela laisse, en théorie, le temps de découvrir l’institution jusque dans ses recoins. Mais la maison compte aussi plus d’un millier de salariés, et certains y passent l’ensemble de leur carrière.

« Ils ne sont que de passage, les sénateurs… », souligne dans un sourire un cadre du Sénat. La faute incombe-t-elle alors à une infime partie de l’administration, plus qu’aux élus ? « C’est choquant, s’émeut un ancien administrateur, qui a travaillé au Sénat pendant de nombreuses années. Soit on détruit cet objet le 26 août 1944, au lendemain de la Libération, soit on le garde, mais dans un sens historique, aux Invalides ou dans un musée de la déportation. Le cacher et, semble-t-il, le protéger, je ne comprends pas… C’est sans doute une négligence, des petites guéguerres internes. » Un autre misérable petit tas, pour reprendre l’expression d’André Malraux. De ceux qui font les hommes.

16 février 2017

Ils en ont « rat-le-bol »

Les rats sont toujours là et les commerçants n’en peuvent plus. Une nouvelle opération de dératisation a été lancée, square Saint-Jacques.

Par   Éric Le mitouard

Reza s’est installé au Petit Bistrot depuis sept mois, rue Saint-Martin (IV  e), vue imprenable sur la tour Saint-Jacques. Et il n’en revient pas. « C’est réellement choquant de voir autant de rats venir jusqu’à la terrasse de notre café, le soir et au petit matin. » Rien n’y fait. Depuis le mois de décembre dernier, la Ville de Paris a lancé un protocole d’intervention avec fermeture de square, pose de boîtes sécurisées contenant des appâts anticoagulants et rebouchage des terriers. L’opération devait durer quinze jours à trois semaines. Et lundi, deux mois plus tard, le square Saint-Jacques et le jardin des Rosiers notamment n’étaient toujours pas rouverts.

Une seconde opération a même été lancée avec la mise en place d’une impressionnante palissade en bambou tout autour du square. « C’est fermé, oui. Mais les rats passent en dessous », dénonce Reza qui montre les passages, sous la grande grille fermée. Pour lui, comme pour les autres commerçants de la rue Saint-Martin, la soupe populaire qui est organisée aux abords du square est mise en cause. « C’est affreux de voir les rats passant entre les jambes des gens qui viennent ici se nourrir », estime Anna. « Le matin, on voit des gobelets et des barquettes partout. Les restes de nourriture font la joie des rats qui montent sur les poubelles. Il suffirait peut-être d’organiser cette distribution de repas un peu plus loin, au moins sur l’autre trottoir. »

Un problème pour les touristes

Patrick, douze années au Café In, est découragé. « On a essayé les pétitions il y a quelques années pour que ce soit mieux nettoyé. Mais cela ne change rien. Nous n’avons aucune réponse. C’est le problème de la propreté dans le quartier. »

A la mairie du IV  e, on affirme que « le nettoyage des trottoirs est assuré et que l’envahissement par les rats est jugulé petit à petit. » Les poubelles ont été retirées à certains endroits. Et les palissades en bambou ont été placées. « Nous allons installer, au jardin de la rue des Rosiers, des poubelles enfermées dans des coques en bois, pour éviter qu’elles ne soient attaquées par les rats. Au square Saint-Jacques, nous devons étudier la question avec les monuments historiques. »

En attendant, le square reste fermé. « Du coup tout s’arrête, estime Gilles, à la Civette depuis deux ans. Les touristes ne peuvent pas venir visiter la tour. On voit les cars de touristes passer et repartir. Les gens ne peuvent plus venir lire sur les bancs… » Comme si les rats avaient pris possession du quartier.

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Reportage photographique : Jacques Snap

 

15 février 2017

Nice : Helmut Newton pour le nouveau Musée de la Photographie

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C'est le nouveau Musée de la Photographie Charles Nègre de Nice au 1, Place Pierre Gautier, qui sera inauguré jeudi 16 février à 12h30 avec en prime une exposition du célèbre photographe Helmut Newton. Ce musée remplace le Théâtre de la photographie et de l’image installé auparavant, boulevard Dubouchage, et qui a fermé ses portes fin 2015 pour laisser place à la troupe et à l'école que lance le comédien Francis Huster. Désormais installé dans le vieux Nice, le musée présentera des expositions temporaires monographiques des plus grands noms de la photographie ou des expositions thématiques sur les tendances de la photographie de l'origine à l’image numérique. A sa charge aussi de rassembler une collection photographique sur Nice et sa région et de devenir ainsi la "mémoire photographique" du territoire.

Pour l'inauguration, et bien dans la ligne que le musée s'est fixée, est proposée une exposition consacrée à l'œuvre d'Helmut Newton, baptisée "Icônes" et ouverte au public du 17 février au 28 mai 2017. Né en 1920 à Berlin, de père juif allemand et de mère américaine, Helmut Newton, est arrivé en France au début des années soixante, et s'est fait connaître pour ses photos de mode et ses nus féminins. Ses travaux apparaissent dans de nombreux magazines, en particulier dans Vogue. Son style, parfois d'une subjectivité sensuelle, est marqué par l'érotisme, par des scènes stylisées et, souvent, par une violence sous-jacente.

Conçue spécialement pour le Musée de la Photographie, l'exposition réalisée en collaboration avec la Fondation Helmut Newton à Berlin montre pour la première fois à Nice un ensemble d’images devenues iconiques. Le musée sera inauguré par Christian Estrosi, Président de la Région PACA et de la Métropole, Philippe Pradal, Maire de Nice, Marie-France Bouhours, Directeur Artistique du Musée de la Photographie et Matthias Harder, Conservateur de la Fondation Helmut Newton.

1 septembre 2019

Reportage - A Londres, des milliers de manifestants ont défilé contre un « abus de démocratie »

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Par Cécile Ducourtieux, Londres, correspondante

Ils ont dénoncé, samedi, la suspension du Parlement britannique par Boris Johnson, avec le sentiment de vivre un moment crucial pour l’avenir de leur pays.

« Cette fois, c’est différent, c’est notre démocratie qui est en jeu. » Pourquoi sont-ils descendus dans la rue par milliers, et ont-ils convergé une fois de plus devant Downing Street, ce samedi 31 août à midi ? Beaucoup de manifestants londoniens répondent la même chose : au-delà du Brexit et de la peur du « no deal », c’est la décision de Boris Johnson de suspendre le Parlement britannique pour cinq longues semaines, à une période cruciale dans l’histoire du pays, qui ne passe vraiment pas.

Helen Swaffield porte à bout de bras une pancarte avec un slogan tout simple « I love Parliament » crayonné au feutre rouge. La dame, une cinquantaine d’années, est avocate de profession. « Je suis remainer [partisane du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne], mais je respecte le vote du référendum de 2016. Par contre, je ne respecte pas la prorogation [la décision de suspension de Westminster]. C’est un acte désespéré de notre premier ministre, il nous a fait des déclarations fausses pour couvrir ses réelles intentions. »

La Londonienne estime que Boris Johnson « agit en dictateur élu. Ce qu’il a décidé la semaine dernière, c’est sans précédent. Je suis attachée aux manifestations pacifiques, mais si cela ne marche vraiment pas, alors, oui, peut-être, il faudra bloquer les ponts et les routes. » Le mouvement « Momentum », proche du leader travailliste Jeremy Corbyn, a appelé l’avant-veille les Britanniques à la « désobéissance civique ». Samedi, quelques dizaines de ses militants ont bloqué brièvement le pont de Westminster. La police, discrète, a laissé faire. D’autres ont fait un sit-in à Trafalgar Square. En fin d’après-midi, la police confirmait cependant trois interpellations.

« Citoyens ordinaires »

Aleks, 56 ans, sans pancarte ni aucun sticker sur son tee-shirt orange, nous interrompt gentiment en désignant le panneau d’Helen : « Vous voyez, elle a été faite en carton d’emballage. Nous sommes des gens ordinaires. » Pas des militants. Aleks est lui aussi remainer, mais « c’est la première fois que je manifeste », nous assure-t-il. « Personne n’a voté pour Boris Johnson [propulsé à Downing Street après avoir été élu par les seuls tories à la tête du parti conservateur, le chef du parti qui commande une majorité au Parlement devenant, selon les institutions britanniques, premier ministre], mais la démocratie est en jeu, et ce qu’il a fait est un abus de démocratie. »

Une estrade a été montée, un peu plus loin sur Whitehall, la rue menant directement à Westminster, noire de monde. Laura Parker, une des coordinatrices de Momentum, y invite des « citoyens ordinaires », remainers, brexiters, à hurler leur colère au micro.

Dans la foule, trop loin pour entendre, Amy, 31 ans, brandit un « just No » sur sa pancarte. Elle est venue avec son compagnon et son petit garçon. La jeune femme ne pense pas que « les députés font forcément bien leur travail, mais ils doivent pouvoir faire entendre leur voix ». Elle essayera de revenir manifester la semaine prochaine. Une nouvelle mobilisation est prévue, devant Westminster, le 3 septembre, pour la rentrée parlementaire, après la trêve estivale. Les députés risquent de ne pas pouvoir siéger plus d’une toute petite semaine.

« Un moment crucial de notre histoire »

Clare, la trentaine, elle aussi « reviendra dans la rue la semaine prochaine, même si cela ne sert à rien », ajoute la jeune femme. Tom, la vingtaine, scande des « No one voted for Boris [personne n’a voté pour Boris] ! » avec son amie et le reste de la foule. « C’est la première fois que je participe à ces manifestations. Je suis OK pour que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, mais là, ce qui se joue est différent, nous sommes à un moment crucial de notre histoire. »

Maggie et son mari Nick sont originaires de l’Essex, au nord-est de Londres. Ce sont des remainers convaincus, eux aussi défilent pour leur démocratie parlementaire. « Je devais manifester pour pouvoir regarder mes enfants dans les yeux », dit Maggie. Nick, professeur de français, compte sur John Bercow, le président de la Chambre des communes, pour aider les députés à faire entendre leur voix dans le faible laps de temps qu’il leur reste avant le 31 octobre, et malgré la suspension décidée par l’occupant de Downing Street. « Je crois qu’il le peut. » M. Bercow a traité d’« outrage constitutionnel » la suspension du Parlement décidée par M. Johnson.

31 août 2019

« Un film féministe réalisé par un homme »

ùonica b

Cinéma L’actrice Monica Bellucci présente « Irréversible, Inversion intégrale » samedi à Venise En 2002, Monica Bellucci avait bouleversé le public du Festival de Cannes dans Irréversible de Gaspar Noé. Le réalisateur a remonté son film, dont l’histoire était racontée à rebours, de manière chronologique. Cette mouture, intitulée Irréversible, Inversion intégrale, sera projetée en séance spéciale ce samedi à la Mostra de Venise, qui se tient jusqu’au 7 septembre. Quel était l’intérêt de remonter le film ? Cela permet de le considérer d’un autre point de vue. Peut-être aussi de mieux comprendre la violence finale de la « vengeance ». C’est une œuvre très dure, sans concessions mais aussi très belle et poétique. Qu’est-ce qui a changé depuis 2002 ? Le sous-titre de la première version est : « Le temps détruit tout ». Celui de ce nouveau montage est : « Le temps révèle tout ». C’est très juste. Nous avons tous changé pendant ces dixsept ans, et la société a évolué. De gros progrès ont été faits pour les femmes grâce à celles qui ont osé parler. Pensez-vous que la nouvelle version du film fera polémique, comme en 2002 ? Il n’y a aucune raison. Les mentalités ont évolué, j’espère. Gaspar Noé a eu le courage de faire un film qui ne montre pas les hommes sous leur meilleur jour. Je trouve important qu’un homme, un réalisateur, ose faire cela frontalement. Irréversible est un film féministe réalisé par un homme. Gaspar Noé y montre qu’un viol n’est pas une affaire de désir et de sexe, mais de domination et de pouvoir. La scène de viol était-elle difficile à tourner ? Je n’en garde aucun souvenir traumatisant. Nous l’avions tellement répétée que je ne me suis sentie à aucun moment menacée. Gaspar avait su me protéger. C’est un réalisateur très attentif et un homme délicat. Cette séquence était bien plus violente à regarder pour le spectateur qu’à filmer pour moi. Comment avez-vous réagi en revoyant Irréversible ? Je n’avais pas d’enfant quand je l’ai tourné en 2002. Je vois le film différemment maintenant que j’ai une fille de 15 ans. Je le trouve positif parce qu’il ne me semble pas conçu pour faire peur aux femmes, mais pour faire parler du rôle de la femme et faire en sorte que ce genre d’acte épouvantable n’arrive plus jamais. Il est temps que les femmes n’aient plus peur.  Propos recueillis par Caroline V

27 septembre 2010

VOGUE Paris en vente aujourd'hui. C'est un "collector"...

Vogue Paris a été créé en 1920 et revendique un statut de "référence absolue dans la presse de mode en France comme à l’étranger", selon Condé. Ce numéro "collector" est  comme à son habitude illustré de photos signées par de grand noms comme Steven Klein, Mario Sorrenti ou encore Hedi Slimane.

En kiosque le 27 septembre 2010 au prix de 5,90 euros

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12 février 2017

David Hockney secoue la Tate

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Par Philippe Dagen

Le musée londonien consacre une ample rétrospective à l’artiste anglais, dont la célébrité occulte parfois la virtuosité et les audaces.

David Hockney est ­l’artiste britannique le plus connu dans le monde. Francis Bacon et Lucian Freud disparus, il a ­hérité de cette majesté. Que la Tate Britain lui offre une ré­trospective pour son quatre-vingtième anniversaire – il est né en 1937 à Bradford, Yorkshire – est donc dans l’ordre des choses, particulièrement dans un pays qui, à l’inverse de la France, défend énergiquement ses artistes nationaux.

Le travail est bien fait : près de deux cents peintures, dessins ou images numériques, répartis dans l’ordre chronolo­gique en treize salles. Seule la première fait exception à la chronologie, elle réunit des travaux de toutes ses périodes qui ont pour point commun sa prédilection pour les jeux de rôle et de citations.

Elle affirme aussi ce qui se vérifie par la suite : par quelque disposition inexplicable, le quatrième enfant d’une ­famille ouvrière du nord de l’Angleterre est d’une dextérité visuelle et manuelle exceptionnelle. Aussi à l’aise pour dessiner un portrait à la Ingres sur papier que pour faire apparaître des paysages à la Bonnard sur un iPad, il est l’un des plus vertigineux virtuoses de son temps. Avec ce que cette aisance suppose de réussites et de déceptions.

Mais de ceci, on ne s’aperçoit qu’à mi-parcours, à la fin des années 1970. Les deux premières ­ décennies sont remarquables. Les œuvres y sont portées par des nécessités irrésistibles qui entraînent Hockney à refuser toute précaution et à oser les provocations les moins admissibles. Ce que le succès désormais consensuel tend à faire oublier, l’exposition le rappelle avec une résolution à la hauteur de celle de l’artiste : Hockney a commencé par des outrages.

Ces nécessités se déduisent d’une simple phrase. Hockney est, en 1960, un très jeune artiste homosexuel. « Très jeune artiste » signifie qu’il doit se dégager de l’autorité de la génération précédente et dégager un espace de liberté dans lequel créer et non imiter. « Homosexuel » signifie qu’il doit prendre des risques dans un pays où, à cette date, l’homosexualité est considérée comme un délit. C’est par ce point que la rétrospective ­proprement dite commence.

Apologie de la fellation

Comment peindre et déclarer son homosexualité à Londres, en 1960 ? Pas par des allusions ­ savantes, mais en projetant sur la toile des graffitis et inscriptions obscènes que l’on croirait relevés sur les murs de quelque quartier de mauvaise réputation.

En ba­digeonnant la surface de taches et éclaboussures blanches, dont l’interprétation est peu douteuse. En désignant ses partenaires par un code : les initiales remplacées par leur numéro dans l’ordre alphabétique. D’autres chiffres s’expliquent autrement, 69 par exemple. Mais il y a aussi « shame » (« honte ») qui se déchiffre, tracé sur ce qui serait, sinon, une composition abstraite vaguement expressionniste ou tachiste à la mode de l’époque.

Car le très jeune artiste doit se défaire de cette mode venue de New York et de Paris. Il est donc ­logique qu’il compromette l’action paintingdans le mouvement même par lequel il rejette l’ordre moral de la société britannique – ce n’était pas mieux en France à la même époque. Les deux refus se confondent.

Dès 1961, dépassant la parodie pseudo-gestuelle et matiériste, Hockney introduit sur la toile ce que l’abstraction interdit : des figures humaines, des objets ordinaires, la trivialité du quotidien, la crudité des désirs. Il voit des pénis partout, jusque dans les tubes de dentifrice, ce qui lui suggère la toile Cleaning Teeth, qui n’est pas une leçon d’hygiène buccale mais l’apologie de la fellation.

Aujourd’hui, des visiteuses distinguées re­gardent l’œuvre avec respect. En 1962, elles auraient probablement demandé sa destruction. Viennent ensuite les garçons sous la douche, les bains de soleil nus autour des piscines et sur les plages de Californie, qu’il découvre avec enthousiasme en 1964 – tant d’enthousiasme qu’il a passé ­l’essentiel de sa vie à l’ouest des Etats-Unis et y vit toujours.

Or il ne peut s’engager dans une telle peinture narrative que parce qu’à partir de 1962, il réintègre dans son art toutes sortes de modes de représentation du monde : l’art égyptien et les coupes des géologues, la caricature et le trompe-l’œil, les marionnettes de Guignol et le néo-impressionnisme de Seurat.

Il nomme « versatility » ce jeu avec les incompatibilités stylistiques supposées, le mélan­ge des temps et des genres, la ­juxtaposition légèrement satirique d’Henry Moore et d’un totem indien. Arizona (1964) et Rocky Mountains and Tired Indians(1965) en sont les chefs-d’œuvre. Alors que tant d’artistes et de cri­tiques, à New York particulièrement, croient encore à la modernité de l’abstraction, au minimalisme et à l’avant-garde, Hockney invente le post-modernisme bien avant que le mot naisse.

Tout est permis

Plus exactement : il en reprend le principe à son maître, qui est aussi son obsession, Picasso. Celui-ci a montré dès la fin des années 1910 qu’un peintre peut être simultanément cubiste, ingriste et autre chose encore. Hockney, qui lui a dédié de nombreuses œuvres, dont plusieurs où il s’imagine dans son atelier et assis sur sa chaise, comprend ce principe et ses conséquences très tôt. Tout est permis. L’histoire de l’art n’est pas à sens unique et chacun peut y ­circuler comme il le désire, à condition d’en être techniquement capable, comme le fut Picasso et comme l’est Hockney.

Picasso a signé vers 1920 des portraits naturalistes et élégants. Entre 1968 et 1977, Hockney exécute ceux de ses parents, de l’écrivain Christopher Isherwood et du peintre Don Bachardy, de l’historien d’art Henry Geldzahler. Ils sont nets et attentivement réalistes dans une lumière douce et des couleurs harmonisées. Des citations s’y glissent : Piero della Francesca, Vermeer, Degas. Dans ses dessins, la gamme des allusions et détournements s’élargit. Elle inclut Ingres, van Gogh, Cézanne, Hopper, la Nouvelle Objectivité, Warhol, Steinberg. La salle de ces œuvres sur papier a, dans le parcours, fonction de seuil temporel.

Au début des années 1980 commence une deuxième phase. La nécessité personnelle a perdu de son intensité : Hockney ne fait plus scandale, mais l’unanimité. Il s’engage dans des expérimentations sur les techniques de la représentation. Avec les Polaroid, il renouvelle la figuration fragmentée et décalée du cubisme. Sa dextérité est éblouissante, mais, à l’exception d’un portrait de sa mère dans un cimetière, elle devient à elle-même sa propre fin.

Cette tendance s’accentue ensuite. Les peintures des paysages californiens des années 1980 et 1990, dont ceux, si souvent reproduits, du Grand Canyon, et celles du Yorkshire des années 2000, ont toutes sortes de mérites. Elles sont séduisantes, chamarrées, bien composées, rehaussées de fantaisies stylistiques plaisantes – et pas plus.

Les questions que posent les images numériques des dernières années sont bien plus intéressantes. Ce sont celles de l’unicité ou de la multiplicité des images et de leur valeur marchande et sentimentale, de leur immatérialité numérique mobile et de leur matérialité immobile de tirages destinés à être encadrés sous verre, du statut du dessin et de la peinture autographes au temps des tablettes et des smartphones.

La rétrospective aurait gagné à leur consacrer plus de place, au lieu de les enfermer dans la dernière salle, où Cézanne fait une réapparition ­plutôt inattendue et comique. Elle aurait ainsi montré qu’Hockney est capable de créer à nouveau ­incertitude et embarras.

« David Hockney ». Tate Britain, Millbank, Londres. Jusqu’au 29 mai.

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31 août 2019

VANNES - La Cohue lorgne le château de L’Hermine

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« Aujourd’hui, on a un musée de la Cohue qui a eu une fréquentation record durant cet été d’ailleurs, avec 100 000 visiteurs dans le passage, mais qui manque de visibilité, de lisibilité… notamment. » Le maire, David Robo reconnaît que ses services travaillent donc depuis plusieurs mois sur un projet de transfert de l’activité du musée de La Cohue.

D’autant qu’il y a un vrai problème d’accessibilité du lieu aux personnes à mobilité réduite, notamment pour accéder au premier étage qui accueille aujourd’hui l’exposition exceptionnelle des œuvres de Geneviève Asse, réunies dans la salle haute du musée. Une étude a permis de chiffrer à cinq millions les travaux de mise aux normes nécessaires parmi lesquelles l’installation d’un ascenseur.

L’idée serait donc de profiter d’un bâtiment emblématique de la ville, aujourd’hui sous-occupé : le château de l’Hermine. « Sur ce dernier lieu, rien que pour le maintenir dans les normes de sécurité, il faut investir trois millions. Le compte est donc fait rapidement » explique David Robo. Soit la Ville investit cinq millions d’euros à la Cohue et trois millions d’euros à L’Hermine, mais pour des équipements qui ne seraient pas optimums, soit elle concentre son effort financier sur le château de l’Hermine pour en faire un équipement muséal de qualité et redonner, par la même occasion, une nouvelle vie à ce qui fut la résidence principale des ducs de Bretagne entre la fin du XIVeᵉ siècle et le XVeᵉ siècle. C’est cette dernière option qui l’emporte. « Je préfère mettre 10 millions au château de l’Hermine », concède David Robo.

Une passerelle au-dessus des jardins

À terme donc, château Gaillard qui accueille depuis 2000 le musée d’histoire et d’archéologie de la ville, verrait ses collections migrer dans l’une des ailes du musée de la Cohue. La société polymathique du Morbihan y continuerait en revanche ses activités. Puis, dans l’autre aile de la Cohue, s’installeraient les expositions des artistes qui, aujourd’hui, occupent le château de l’Hermine. Le passage central, quant à lui, maintiendrait ses activités muséales. Au final donc, les trois lieux – le musée de la Cohue, Château-Gaillard et le château de l’Hermine – concernés, conserveraient des activités.

Dès lors, l’ensemble des expositions, réserves… de la Cohue s’implanterait dans le château de l’Hermine. Par ailleurs, une passerelle serait créée pour relier la rue Alexandre-Le Pontois, de l’autre côté des jardins, au château de l’Hermine et ainsi assurer un accès supplémentaire en remontant du port. Même si du côté de la municipalité, on reste prudent en évoquant des hypothèses de travail et un projet, on voit bien que la réflexion est plus que bien engagée. Patrick CROGUENNEC.

30 août 2019

A Hongkong, le militant prodémocratie Joshua Wong « arrêté », selon son parti

mouvement des parapluies

Son parti politique indique qu’il a été « poussé de force dans un fourgon, dans la rue, en plein jour ». Figure du « mouvement des parapluies », il avait été libéré de prison en juin après cinq semaines de détention.

Le militant prodémocratie Joshua Wong a été arrêté vendredi 30 août, a fait savoir son parti politique, à la veille d’une manifestation prévue à Hongkong et interdite par la police.

« Notre secrétaire général @joshuawongcf vient d’être arrêté ce matin vers 7 h 30 », a tweeté le parti Demosisto. « Il a été poussé de force dans un fourgon, dans la rue, en plein jour. Nos avocats suivent le cas désormais. »

Joshua Wong, 22 ans, l’une des figures du « mouvement des parapluies » qui avait paralysé Hongkong en 2014, avait été libéré de prison en juin dernier après cinq semaines de détention pour outrage au tribunal.

Cette arrestation n’a pas été officiellement confirmée par les autorités, la police n’ayant pas répondu aux sollicitations de l’Agence France-Presse.

Hongkong est secoué depuis près de trois mois par une mobilisation populaire sans précédent depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Ce mouvement a été marqué par de nombreuses actions organisées par la mouvance prodémocratie, en particulier des manifestations monstres, dont certaines ont dégénéré en affrontements violents entre radicaux et forces de l’ordre.

Manifestation interdite samedi

Plus de 850 personnes ont été arrêtées en lien avec ces manifestations, et notamment le militant indépendantiste Andy Chan, qui a été interpellé jeudi soir. Le fondateur du Parti national (HKNP), minuscule formation indépendantiste interdite par les autorités en 2018, a été interpellé alors qu’il était sur le point d’embarquer dans un vol à destination du Japon, rapporte le site Hong Kong Free Press en citant un porte-parole de la police. Ce dernier a précisé au site que M. Chan était soupçonné de participation à une émeute et d’avoir agressé un policier.

Samedi, les manifestants entendent marquer le cinquième anniversaire du refus par Pékin d’organiser des élections au suffrage universel dans la ville, une décision qui avait déclenché le « mouvement des parapluies », dont Joshua Wong, alors âgé de 17 ans, fut la figure la plus en vue.

Lors de ce mouvement, des foules avaient bloqué le cœur financier et politique de Hongkong pendant 79 jours pour exiger des réformes démocratiques. Mais Pékin n’avait fait aucune concession. Joshua Wong, qui avait été condamné à une peine de prison pour son rôle dans ce mouvement, avait été libéré mi-juin, en annonçant d’emblée qu’il allait rejoindre les rangs de la nouvelle mobilisation qui avait débuté à Hongkong.

Invoquant des raisons de sécurité la police a refusé d’autoriser la manifestation de samedi, une mesure qui fait craindre des affrontements entre police et protestataires qui vont vraisemblablement braver l’interdiction.

30 août 2019

La violence à l'encontre des journalistes s'intensifie à Hong Kong

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Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités de Hong Kong de protéger les journalistes couvrant des manifestations contre la violence de la police et des foules.

Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités de Hong Kong à mettre fin aux violences contre la presse alors que quatre journalistes étaient agressés dans la région de North Point, dimanche 11 août . Au cours des deux derniers mois, les journalistes qui couvraient les manifestations anti-extradition étaient de plus en plus victimes d'intimidations et de violences physiques de la part de la police, ainsi que de foules pro-pékinoises (voir les événements dans l'ordre chronologique ci-dessous).

"La violence à l'encontre des journalistes est désormais systématique et vise clairement à les dissuader de couvrir les manifestations", a déclaré Cédric Alviani, responsable du bureau de Reporters sans frontières (RSF) pour l'Asie de l'Est, exhortant les autorités de Hong Kong à "mettre fin à la violence contre la presse". et lancer une enquête indépendante sur les actes de brutalité passés.

Le Club des correspondants à l'étranger de Hong Kong (FCCHK) a écrit hier à Stephen Lo Wai Chung, commissaire de police de Hong Kong, une lettre dans laquelle il exprimait son inquiétude face aux récents actes de violence .

Depuis le début de juin, Hong Kong a assisté à des manifestations massives contre un projet de loi autorisant les autorités à extrader des résidents ou des visiteurs, y compris des journalistes et leurs sources, vers la Chine. Il y a deux semaines, RSF a écrit à Carrie Lam, directrice générale de Hong Kong, détaillant cinq propositions visant à rétablir la pleine liberté de la presse.

Selon l' indice mondial RSF de la liberté de la presse de RSF , la région administrative spéciale de Hong Kong, en Chine, est passée de la 18e en 2002 à la 73e cette année . La Chine elle-même est classée 177ème sur 180.

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Les attaques contre les journalistes au cours des deux derniers mois

11 août 2019: cinq journalistes des médias en ligne HK01 , de la radio télévision de Hong Kong (RTHK) et du quotidien Ming Pao, dont un d'un média non identifié, ont été agressés physiquement par un groupe de personnalités pro-pékinoises dans la région de North Point, alors que un journaliste des médias en ligne Stand News a été agressé et menacé verbalement.

5 août 2019: Dans la région de Sham Shui Po, un étudiant-journaliste s'évanouit après avoir été frappé par une cartouche de gaz lacrymogène tirée par la police. Dans la région de Wong Tai Sin, un journaliste de Sing Tao Daily a reçu des gaz lacrymogènes au visage. Un groupe de gangsters a attaqué un photographe de HK01 dans la région de Tsuen Wan.

30 juillet 2019 : La police frappe un photojournaliste du Apple Daily devant le commissariat de Kwai Chung, tout en menaçant continuellement un journaliste de RTHK. De nombreux journalistes ont également été aspergés de poivre et l'un d'eux a été hospitalisé.

28 juillet 2019 : la police tire à plusieurs reprises des gaz lacrymogènes sur la direction de journalistes dans les régions de Sai Ying Pun et de Sheung Wan.

21 juillet 2019 : Quatre journalistes travaillant pour Apple Daily, Stand News et la chaîne d'information Now News font partie des 45 personnes grièvement blessées dans une attaque à grande échelle perpétrée à la station de métro Yuen Long par un groupe mafieux vêtu de blanc. Le journaliste de Stand News a ensuite été hospitalisé.

14 juillet 2019 : un journaliste de Commercial Radio Hong Kong est aspergé au poivre au visage, puis bloqué et repoussé par la police dans la région de Shatin.

7 juillet 2019 : dans la région de Mongkok, la police a agressé verbalement et physiquement trois journalistes de Apple Daily, HK01 et de Metro Radio.

1er juillet 2019 : une radio indépendante, Citizens 'Radio, est attaquée et son équipement est endommagé devant le personnel par des inconnus portant des armes.

30 juin 2019 : plusieurs journalistes de South China Morning Post (Stand, Morning News Post) et de Next Magazine sont insultés et frappés à coups de pied lors d'un rassemblement de soutien à la police dans la région de l'Amirauté.

12 juin 2019 : Plus de 12 agressions contre des journalistes ont été enregistrées dans la région de l'Amirauté, dont 10 cas de policiers tirant des gaz lacrymogènes à bout portant.

5 février 2017

La petite amie de Vincent Cassel, Tina Kuna­key, pose seins nus dans Lui

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Tina Kuna­key a un corps parfait et vient une nouvelle fois de le prou­ver, avec un cliché ultra sexy. La jolie jeune femme de 19 ans qui fait battre le cœur de Vincent Cassel a posé seins nus pour le maga­zine Lui.

Ce n’est pas nouveau, Lui s’offre les plus belles femmes de la planète. Et l’édi­tion française, relan­cée par Frédé­ric Beig­bei­der, n’est pas en reste. On ne compte plus les couver­tures peopolo-sexy du mensuel : il y a quelques mois, il s’of­frait l’an­cienne Miss Météo Pauline Lefèvre, après avoir accueilli en son sein (sans mauvais jeu de mots) Laeti­cia Hally­day sortant d’une piscine, Audrey Fleu­rot dévoi­lant son corps sous un manteau en four­rure ou encore la chan­teuse Elodie Frégé terri­ble­ment sexy. Mais comme il n’y a pas que la poitrine d’une femme qu’il faut savoir mettre en valeur, Læti­tia Casta avait posé entiè­re­ment nue de profil, se conte­nant de montrer ses fesses à l’objec­tif.

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas la couver­ture du maga­zine (pour­tant très réus­sie avec le mannequin Kamila Hansen pour modèle) qui nous inté­resse, mais bien ses pages inté­rieures. Si vous feuille­tez le nouveau numéro en kiosque, vous aurez le plai­sir d’y décou­vrir Tina Kuna­key, la ravis­sante girl­friend de Vincent Cassel. Sur cette photo en noir et blanc signée Michel Sedan, on découvre cette belle jeune femme de 19 ans simple­ment vêtue d’un panta­lon à paillettes, d’un perfecto et d’un collier fin en diamants. Et parce qu’il s’agit du maga­zine Lui, la veste en cuir de Tina est ouverte et dévoile son sein. On peut la regar­der sous toutes les coutures, on ne lui trouve pour l’ins­tant aucun défaut.

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5 février 2017

Trump décapitant la statue de la Liberté, la Une du «Spiegel» qui fait polémique

L'influent hebdomadaire allemand Der Spiegel a mis en Une de son numéro de samedi un dessin du président américain Donald Trump en terroriste décapitant la Statue de la Liberté, provoquant certaines critiques des deux côtés de l'Atlantique.

En couverture du magazine de gauche, le dessin de l'artiste américano-cubain Edel Rodriguez montre Donald Trump tenant d'une main la tête de «La Liberté éclairant le monde» et de l'autre un couteau ensanglanté. En bas en droite est seulement écrit «America first» («L'Amérique d'abord»), le mantra du nouveau président américain.

«Sur notre couverture, le président américain décapite le symbole qui souhaite la bienvenue aux migrants et aux réfugiés aux Etats-Unis depuis 1886, et avec lui la démocratie et la liberté», a expliqué le rédacteur en chef du Spiegel Klaus Brinkbäumer à l'agence de presse allemande dpa.

Dessin très partagé sur les réseaux sociaux

Le tabloïd Bild y voyait une comparaison directe avec le Britannique Mohammed Emwazi, connu sous le pseudonyme de «Jihadi John», vu sur plusieurs vidéos de décapitation d'otages du groupe Etat islamique. Sollicité par ce quotidien, le vice-président du Parlement européen Alexander Lambsdorff, membre du Parti libéral allemand FDP, a jugé cette Une «de mauvais goût». Cela «joue d'une manière abominable avec la vie des victimes du terrorisme», a-t-il ajouté. Pour Die Welt, journal conservateur appartenant au groupe Axel Springer, comme Bild, le Spiegel «dévalorise le journalisme».

En revanche, ce dessin, fortement partagé sur les réseaux sociaux avec des avis divers, a été brandi samedi après-midi par des manifestants rassemblés devant la Porte de Brandebourg à Berlin, à côté de l'ambassade américaine, pour protester contre le décret anti-immigration de Donald Trump.

Aux Etats-Unis, le Washington Post a qualifié la Une du Spiegel de «stupéfiante», tandis que le site internet de la chaîne conservatrice Fox News évoquait une couverture «bizarre».

En novembre, après son élection surprise à la Maison Blanche, le Spiegel avait déjà mis en Une Donald Trump, cette fois-ci sous la forme d'une comète rageuse s'abattant sur la Terre.

Vendredi, l'hebdomadaire américain The New Yorker a dévoilé en couverture de son dernier numéro un dessin de la torche de Miss Liberty venant d'être éteinte.

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27 août 2019

L’assassinat de Pasolini

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Œuvre de Ernest Pignon Ernest

Un visage émacié s’affiche sur l’écran ; Walter Siti croit reconnaître l’écrivain et cinéaste Pier Paolo Pasolini. L’étudiant italien, qui lui a consacré une thèse, est venu se détendre dans un sauna parisien, prisé des homosexuels. Les vapeurs du bain embuent le téléviseur. Il se frotte les yeux : oui, ce 2 novembre 1975, les infos parlent bien de Pasolini, tué au petit matin près de Rome. « Comme tout le monde, j’ai cru qu’il s’agissait du résultat de ses vagabondages sexuels », se souvient Siti.

Dans l’Italie très catholique des années 1970, ça ne fait guère de doute : le réalisateur, assassiné le Jour des morts, a payé pour ses péchés. Très rapidement, un prostitué de 17 ans, Giuseppe Pelosi, alias « Pino la grenouille », confesse le crime. Une prestation sexuelle qui aurait mal tourné, d’après lui. Très mal : c’est tout juste si l’on parvient à identifier le cadavre, broyé par des pneus de voiture. Le procès est expéditif, la sentence maximale pour un mineur : neuf ans et sept mois de prison.

« Je suis un affreux matou qui mourra écrasé par une nuit noire dans une ruelle obscure », prophétisait celui dont le corps sera retrouvé à l’aube, sur un terrain boueux d’Ostie, à 30 kilomètres de la capitale. Cette funeste prédiction, Pasolini l’avait réservée à une virulente adversaire, la journaliste Oriana Fallaci. Maintenant qu’il est mort, celle-ci ne croit guère à la piste Pelosi. Pour elle, de bien plus féroces créatures grenouillent derrière le batracien. Quelques jours après le meurtre, elle publie un scoop dans L’Europeo : Pino disposait de plusieurs complices, témoigne un anonyme. Loin d’écouter la reporter, on la condamne à quatre mois avec sursis pour refus de livrer ses sources.

Avec le temps, la thèse d’un crime politique finira, malgré tout, par s’affermir. En 2005, Pelosi se rétracte, dans une interview à la RAI. « On l’a exécuté. Ils étaient cinq. Ils lui criaient : “Sale pédé, sale communiste” et ils le tabassaient dur. Moi, ils m’avaient immobilisé. Je ne l’ai même pas touché. J’ai même essayé de le défendre… », jure-t-il, assurant ne pas avoir parlé plus tôt par peur de représailles. Las : jusqu’à sa mort, en 2017, « Pino la grenouille » pataugera d’une version à l’autre. « C’était un homme fragile, il a joué un rôle d’appât, promettant à Pasolini de lui rendre des bobines qu’on lui avait dérobées : le coupable idéal, en somme », tranche Walter Siti. Depuis l’assassinat, l’ex-thésard est devenu l’un des principaux spécialistes de Pasolini, dont il a dirigé l’édition des œuvres complètes. Il a gagné un peu d’embonpoint. Et beaucoup d’aplomb : « Désormais, j’en suis certain, affirme-t-il. La mort de Pasolini est liée à celle d’Enrico Mattei. »

Quel rapport entre l’auteur des Ecrits corsaires et Mattei, patron de l’ENI, la compagnie nationale d’hydrocarbures, surnommé « le Pirate de l’or noir » ? Pétrole. C’est à ce roman que travaillait Pasolini quand on l’a tué. « J’ai commencé un livre qui m’occupera peut-être pour le reste de ma vie, dit-il en janvier 1975 à La Stampa. Je ne veux pas en parler et, pourtant, sachez qu’il s’agit d’une sorte de “somme” de toutes mes expériences. » Dans son esprit, Pétrole devait faire près de 2 000 pages. Seul un quart nous en est parvenu, à la faveur d’une édition posthume, en 1992. René de Ceccatty, son traducteur, a décelé dans ce brouillon les prémices d’un « chef-d’œuvre » : « Je l’ai traduit en un été, happé par son souffle dostoïevskien, ses récits enchâssés à la Satyricon, ses jeux de masques, sa sexualité démente et désespérée, s’enflamme l’écrivain parisien, rencontré en Ombrie. Mais ce n’est qu’en traduisant la deuxième édition, enrichie de notes, en 2005, que j’en ai saisi toute la portée politique. »

Un roman à clés

Car Pétrole est un roman à clés, criblé de références cryptées. Derrière le personnage d’Ernesto Bonocore se cache nul autre qu’Enrico Mattei. Cela fait longtemps que Pasolini tourne autour du vibrionnant industriel, dont l’avion s’est écrasé en Lombardie, en 1962, dans un halo de mystère. L’un de ses producteurs, Cino Del Duca, a fondé le quotidien personnel de Mattei, Il Giorno. Et deux de ses meilleurs amis ont travaillé pour l’ENI : le poète Attilio Bertolucci a dirigé la revue de la compagnie ; son fils, Bernardo Bertolucci, a réalisé un documentaire de commande, La Via del petrolio (1967). Tous deux lui font part du climat pesant en interne depuis le crash de l’avion.

En 1965, une enquête de L’Espresso décrit le pouvoir croissant d’un certain Eugenio Cefis au sein de l’ENI. Elle achève de convaincre Pasolini : Pétrole racontera ce changement d’ère, et Cefis, frioulan comme lui, en sera le Méphisto. Son nom, Aldo Troya, dit tout du mépris qu’il lui inspire – « troia » signifie « pute » en italien. Un personnage « au sourire coupable », « capable de tout », lit-on dans Pétrole. « Il ne grimpait pas, il s’étendait. »

Cefis a connu Mattei durant la Résistance. Peu avant sa mort, il quitte l’ENI – à la suite, dira-t-il, d’une brouille avec son vieil ami. Il y revient en 1963, en tant que vice-président. En 1967, le voilà président ; la même année, l’enquête sur le crash conclut à un accident. « Cefis a donné beaucoup d’argent au paysan qui assurait avoir vu l’avion de Mattei exploser en vol avant de se rétracter », précise Vincenzo Calia. Au terme de l’instruction que ce magistrat a rouverte de 1994 à 2003, les pistes convergent vers le même suspect : Cefis, aussi atlantiste que Mattei était tiers-mondiste. Tel pourrait être, selon Calia, le commanditaire du sabotage. Trente ans plus tôt, dans Pétrole, Pasolini arrivait à un résultat identique : Troya est « sur le point d’être nommé président de l’ENI, ce qui implique la suppression de son prédécesseur ».

Cefis représente ce qu’abhorre Pasolini : le capitalisme globalisé, dont l’or noir symbolise bien, en cette période de chocs pétroliers, la viscosité. En 1972, devant l’Académie militaire de Modène, Cefis prône la création d’un pouvoir néocapitaliste, appuyé sur l’armée. Pasolini entend insérer in extenso ce discours, intitulé Ma patrie s’appelle multinationale, au cœur de Pétrole. Il y reproduit également, mot pour mot, des extraits de Voici Cefis. L’Autre Face de l’honorable président. Dès sa publication sous pseudonyme, en 1972, ce violent pamphlet est retiré des librairies – y compris des archives nationales. Une censure qui fera tache d’huile ? Selon certaines sources, une soixantaine de feuillets de Pétrole auraient disparu du domicile de Pasolini après sa mort. En 2010, le sénateur Marcello Dell’Utri, proche de Silvio Berlusconi et de la Mafia, prétend détenir ce chapitre manquant, où seraient décrites les manœuvres ayant conduit au meurtre de Mattei. « Dell’Utri ne l’a jamais divulgué. L’a-t-il jamais possédé ? En délicatesse avec la justice, il s’en est servi pour faire chanter ses amis politiques », analyse Walter Siti.

En août 1975, le Corriere della sera est racheté par le groupe Rizzoli. « Une opération financée, en douce, par Cefis », indique Giovanni Giovannetti, coauteur de Pédé, et c’est tout. “Pétrole” et les dessous cachés du meurtre de Pasolini (Mimésis). Le cinéaste frioulan a beau donner des coups de fil un peu partout, de la Sicile à Moscou, pour préparer Pétrole, il ignore que le journal où il signe ses articles les plus âcres est passé aux mains de son pire ennemi. Dans l’un d’eux, il accuse le parti alors au pouvoir, la Démocratie chrétienne, de se compromettre avec la Mafia, la CIA et les compagnies pétrolières. Une charge confirmée en 1981 avec la mise au jour de la P2, une loge puissante créée par… Eugenio Cefis. L’entrepreneur, exilé en Suisse de 1977 jusqu’à sa mort, en 2004, sortira indemne du scandale.

Les efforts de l’avocat Stefano Maccioni, qui fait rouvrir l’enquête sur le meurtre de Pasolini en 2008, sont restés vains : affaire classée en 2015, faute de preuves. « Les éléments sont pourtant accablants, s’insurge-il, dans son cabinet romain. Quelques heures après l’homicide, la police exhibait déjà une photo de Pelosi. On a relevé sur les habits de Pasolini l’ADN de cinq individus. Une voiture immatriculée à Catane a été vue, à Ostie, la nuit du meurtre. Or, c’est de Catane qu’a décollé l’avion de Mattei… Les deux assassinats ont été ordonnés par les mêmes milieux. »

A l’enterrement de Pasolini, l’écrivain Alberto Moravia est poursuivi par l’image de son ami fuyant « quelque chose qui n’a pas de visage, et qui l’a tué ». On y verra une métaphore de l’Italie, dont Pasolini combattait la désincarnation. Ou de Cefis, cet homme si discret, surnommé « le Fantôme ».

31 janvier 2017

Prix Lumières : «Elle» plébiscité par les journalistes étrangers en poste en France

De bon augure en vue des César pour lesquels il a reçu onze nominations ? Elle de Paul Verhoeven a été plébiscité lundi par les journalistes de la presse étrangère en poste en France qui ont voté pour décerner les Prix Lumières. Le long-métrage, déjà récompensé aux Golden Globes (meilleur film étranger et meilleur actrice dans un drame) est reparti du théâtre de la Madeleine où se déroulait la cérémonie, avec les trophées des meilleurs film, réalisateur et actrice pour Isabelle Huppert.

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30 janvier 2017

Free the nipple ?

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Rihanna

La linge­rie, c’est beau mais pour certaines stars, ça semble un peu surfait. Ces célé­bri­tés aiment s’af­fi­cher seins nus… et de préfé­rence dans des vête­ments où l’on voit tout.

Leur corps est incon­tes­ta­ble­ment leur atout majeur, et ces stars savent en faire bon usage. Deman­dez à Kendall Jenner par exemple, la demi-sœur de Kim Karda­shian, deve­nue mannequin en vogue. La jeune femme de 21 ans, qui a déjà défilé pour les plus grands coutu­riers, était montée pour la première fois sur le catwalk avec la poitrine à l’air. « Je ne sais pas pourquoi, je n’étais pas nerveuse pour ça, j’étais juste super exci­tée par le fait que ma poitrine soit visible. C’est bizarre, mais j’aime que mes seins soient visibles, c’est un de mes trucs j’ima­gine », expliquait-elle dans une inter­view accor­dée au maga­zine W.

Et c’est quelque chose qu’elle ne limite pas à ses appa­ri­tions sur le podiums. On ne compte plus ses sorties dans la rue où elle affiche son téton piercé sous un top trans­pa­rent ou juste dissi­mu­lés derrière des nippies. Ce week-end, en pleine fashion week haute couture pari­sienne, la belle brune sortait dans un top entiè­re­ment trans­pa­rent, les bouts de ses seins seule­ment masqués par deux étoiles. Le lende­main, c’était sa meilleure amie, Bella Hadid, qui choi­sis­sait cette tenue, sans rien mettre sur sa poitrine cette fois-ci. Son bomber servait à dissi­mu­ler le mini­mum. Hier, c’était au tour de Nata­sha Andrews, la ravis­sante compagne de Pierre Niney, de poser dans un petit top noir trans­pa­rent… et sans soutien-gorge avant le début du défilé Hommes de Dior.

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Bella Hadid

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Kate Moss

 

29 janvier 2017

« La couronne, on y croit »

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Miss France 2016 décrochera-t-elle le titre convoité de Miss Univers cette nuit en direct de Manille aux Philippines ? En attendant le verdict à l’issue de la cérémonie retransmise cette nuit à 1 heure du matin sur Paris Première, Iris Mittenaere fait déjà partie des favorites du concours de beauté international remporté une seule fois par une Française, Christiane Martel, en 1953.

Parmi les 86 candidates, l’étudiante dentiste de 24 ans, originaire de Lille, a déjà fait sensation en défilant, lors des présélections, dans une tenue de meneuse de revue prêtée par le Moulin-Rouge  (notre photo). « Nous sommes très optimistes. A chaque fois, elle fait partie du top 5, s’enthousiasme Sylvie Tellier, directrice générale de l’organisation Miss France jointe hier soir à son arrivée aux Philippines. Iris a fait son maximum : elle s’est préparée pendant six mois et plus encore ces douze derniers jours. C’est une travailleuse. Nous n’avons jamais été aussi près de décrocher cette couronne ! On y croit. »

Un chewing-gum sur sa chaise

En outre, Sylvie Tellier a prévenu sa protégée : « Cela fait douze ans que nous travaillons à faire évoluer l’image de la France auprès de Miss Univers. Nos Miss sont des jeunes femmes naturelles, souriantes, motivées. On sait que les autres pays jouent beaucoup sur les opérations de chirurgie esthétique. Iris, elle, n’en a pas besoin ! » Cependant, les critères de ce concours international ne sont pas les mêmes qu’à Miss France : « Ce n’est pas toujours très rationnel et nous n’avons pas, en France, la même mobilisation qu’en Chine ou en Indonésie (  NDLR : le public participe au vote). »

La directrice compte par ailleurs sur le mental de la Miss venue du Nord pour faire face aux mesquineries des autres participantes. « A Miss Univers, c’est la guerre ! affirme Sylvie Tellier. Les filles se toisent et le fait qu’Iris soit parmi les favorites suscite des jalousies. Hier, on lui a collé un chewing-gum sur sa chaise ! »

En tout cas, si la Française remporte le concours, elle s’installera à New York. « Elle deviendra salariée de l’organisation Miss Univers, aura un appartement sur la V  e Avenue, fera le tour du monde et pourra profiter de sa notoriété pour faire passer des messages car elle est très engagée au niveau humanitaire, poursuit Sylvie Tellier. Ce sera également l’opportunité de décrocher des contrats publicitaires, voire d’être repérée par un producteur pour faire du cinéma. Elle a presque fini son cursus pour devenir dentiste et pourra encore repousser l’ouverture de son cabinet. Elle est prête à intégrer la vie active et à changer de pays. Il faut la soutenir *. »

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