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Jours tranquilles à Paris
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1 avril 2013

"Photo de mer" à Vannes

Site : www.photodemer.fr

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Exposition sur le port de Vannes (La Rabine)

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Michaël Bougouin

Né en 1971 à Redon, Mickaël Bougouin est diplômé d’IRIS, école de photojournalisme à Paris. Il a d’abord couvert l’actualité pour le quotidien Ouest France avant d’entrer chez les Pompiers de Paris puis au ministère de l’Intérieur. Indépendant depuis 2005, il se consacre à la photographie sociale et signe des documentaires au long cours notamment sur les comportements amoureux à travers le Monde.

En 2008, il remporte la bourse professionnelle de ce festival pour réaliser un reportage en Iran sur les bords de la mer Caspienne. Il livre un témoignage saisissant sur la dissidence du peuple iranien. Membre de la galerie Polka à Paris depuis 2009, il poursuit cette série notamment au Liban et en Roumanie, avec Sabine Bougouin journaliste qui l’accompagne sur le terrain.    Ils s’attachent à révéler en quoi les bords de mer subliment le quotidien au point de générer des espaces exceptionnels de liberté pour les populations en souffrance.

Iran : plages sous haute surveillance. Dissidence sur fond d'éclats de rire

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Mickaël Bougouin s’interroge sur cette force mystérieuse qu’exerce la mer sur le genre humain pour transformer un mirage de liberté en pur moment de bonheur. En août 2008, il parcourt 300 kilomètres sur les côtes de la mer Caspienne en Iran, un reportage aujourd’hui rendu impossible avec le durcissement de la surveillance des Gardiens de la Révolution et les innombrables violations des droits de l’Homme.

Depuis la Révolution islamique de 1979, le régime des mollahs interdit le port du maillot de bain en public et réglemente la baignade aux seuls espaces aménagés sur les plages publiques. Au centre de la plage dans l’espace mixte, la confusion est totale. Les familles et les amoureux ne viennent pas seulement y chercher quelques bouffées d’iode euphorisantes, mais bien un moyen de transcender le réel et de s’évader.

Les Iraniens font de la plage un espace de confrontation. Ils ont inventé une forme de dissidence unique au monde. Leurs armes ? L’esprit rebelle et la joie de vivre. Ainsi, sur fond d’éclats de rire, les Iraniens bravent les interdits et se baignent ensemble tous habillés avant qu’un coup de sifflet tonitruant des forces de police ne les rappelle à l’ordre ! Le spectacle est saisissant. L’agitation, la foule, la décontraction, la simplicité contrastent avec le soleil, les foulards et l’omniprésente surveillance. Cette joyeuse cacophonie rend l’atmosphère singulière, magique et troublante.

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Pascal Aimar, Denis Bourges, Mat Jacob, Meyer, Patrick Tournebœuf, Flore-Aël Surun, Alain Willaume

Saintes Maries de la Mer – Ile aux Moines, Ile de Groix

À l’occasion du dixième anniversaire du festival Photo de Mer, une commande a été passée par la ville de Vannes au collectif Tendance Floue sur le thème de « la mer et le sacré ». En 2012 sept photographes se sont ainsi rendus aux Saintes Maries de la Mer, se plongeant au cœur des célébrations chrétiennes et gitanes dévolues à Sainte Sara, Sainte Salomé et Sainte Jacobée, ainsi qu' à l’Ile aux Moines et à l’île de Groix, accompagnant les pardons dédiés aux disparus en mer.

Ce sont leurs témoignages subjectifs qu’ils vous livrent aujourd’hui, faits de bruits et de lumière, d’intimité et de mystère, de foules inspirées, d’hyperréalisme ou de mondes imaginaires. Sept regards portés de façon sensible, immergés ou à une distance volontaire, sur les mille facettes de ces cérémonies religieuses, en écho avec la mer.

Spectateurs de la fiction qui se déroule sous leurs yeux, les photographes retranscrivent ces célébrations sous forme de narrations. Les visages anonymes deviennent les personnages d’une histoire ancienne, les participants d’un rituel qui parfois les dépasse. Le photographe observe ces scènes théâtralisées, transcendées par le rapport au sacré, tout en soulignant parfois, à travers un détail, l’inscription dans une réalité très contemporaine.

L’ensemble forme un récit contrasté, une recherche photographique sur les liens, profanes ou religieux, mais toujours emprunts de sacrés, qui unissent les hommes à la mer.

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Matthieu Paley (photographe)

Nauru, d'un extrême à l'autre

Nauru, petite île d'à peine 21 Km2, située au milieu du Pacifique, est la plus petite république du monde. Son sol très riche en phosphate est exploité depuis le début du XXe siècle. L'emballement du cours du phosphate puis l'indépendance, en fait brièvement, au début des années 70, le pays le plus riche de la planète, en PIB par habitant. Brutalement livrés aux excès d'un consumérisme effréné, les Nauruans ont modifié considérablement leurs habitudes ancestrales. Diabète et taux d'obésité les plus élevés du monde sont parmi les effets pervers de ces années fastes.

Fin des années 90: les ressources en phosphate diminue. À la recherche de solutions financières, Nauru se déclare paradis fiscal ce qui facilite, entre autres, le blanchiment de l'argent de la mafia russe.                  Le gouvernement va également jusqu'à ouvrir un centre de rétention pour réfugiés Afghans et Irakiens, monnayé avec les Australiens. En 2004, l'état fait banqueroute et perd tous ses biens... Le gouvernement de Nauru prend alors des mesures nécessaires afin de réactiver l'exploitation du phosphate. On estime qu'il reste environ 20 à 30 ans de réserves disponibles. Les Nauruans, peuple îlien isolé, continuent de chercher des solutions à leurs problèmes, tout en conservant autant que possible leur joie de vivre...

Du Pacifique au Toit du Monde, il n’y a qu’un pas! En 2011 et 2012 Matthieu retourne dans les montagnes d’Afghanistan et du Pakistan, pour continuer à travailler sur un sujet qu’il a commencé en 1999 : la communauté isolée de Kirghizes du haut Pamir Afghan. Cette fois-ci, il est sous contrat pour National Geographic. Un article et un livre, aux Editions de la Martinière, intitulé “Oubliés sur le Toit du monde”, sont le résultat de ces années d’obsession pour cet endroit d’une beauté et d’une rudesse incroyable dont-il vous dévoile ici quelques images.

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Matthieu Paley

Après trois ans d’études photo à New York, Matthieu Paley s’installe en 1999 dans les vallées de l’extrême Nord Pakistan qu’il sillonne pendant quatre années et  se prend de passion pour ces régions montagneuses lointaines.

De reportages en reportages, il découvre Nauru, la plus petite république du monde ; une île perdue au milieu du Pacifique.      Au cours des dix dernières années, Matthieu Paley a été envoyé en reportage par des magazines tels que National Geographic (US), Geo (Germany) ou Time. Il vient de publier son dernier livre sur le haut Pamir Afghan, « Oubliés sur le Toit du Monde », aux éditions de la Martinière.

Matthieu Paley a été récompensé à plusieurs reprises pour ses images, explorant souvent  les thèmes de l'éloignement et de l'isolement dans des zones géopolitiquement sensibles. Après avoir vécu plus de douze ans en Asie, Matthieu Paley s'est récemment établi en Turquie, un pays qu’il considère comme base pour poursuivre dans son travail. Son travail a été exposé dans des galeries à Hong Kong, Paris et Istanbul et ses présentations multimédia ont été projetées lors de nombreux festivals.

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Festival Photo de Mer

Vannes 1er avril > 1er mai 2013

Ouverture des expositions du 1er avril au 1er mai 2013

7 jours sur 7 (jours fériés inclus) de 10h à 19h.

Nocturne rives du port et jardin des remparts.

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5 août 2018

L'ancien résistant Arsène Tchakarian est mort à l'âge de 101 ans. Il était le dernier survivant du "groupe Manouchian".

Arsène Tchakarian est né en Turquie en plein génocide arménien. Pendant la seconde guerre mondiale, il a fait partie du "groupe Manouchian", l'un des mouvements les plus actifs de la Résistance. Ce groupe avait été la cible d'une célèbre campagne d'affichage du gouvernement de Vichy et 22 de ses membres ont été fusillés en février 1944.

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L’Affiche rouge, tract de propagande placardé en France à plus de 15 000 exemplaires par le régime de Vichy sous l’Occupation, contre les résistants du FTP-MOI, dont faisaient partie les membres du groupe Manouchian exécutés au Mont-Valérien.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affiche_rouge

L’Affiche rouge est une affiche de propagande placardée en France à plus de 15 000 exemplaires par le régime de Vichy et l'occupant allemand, dans le contexte de la condamnation à mort de 23 membres des Francs-Tireurs et Partisans – Main-d'Œuvre Immigrée (FTP-MOI), résistants de la région parisienne, suivie de leur exécution, le 21 février 1944.

Nécrologie : L’ancien résistant Arsène Tchakarian, le dernier survivant du groupe Manouchian, est mort

Par Dominique Buffier - Le Monde

Arsène Tchakarian est mort samedi à l’âge de 101 ans, a annoncé sa famille. Il faisait partie d’un groupe de résistants dont 22 membres avaient été exécutés par les nazis en février 1944.

Avec la mort d’Arsène Tchakarian le samedi 4 août à l’âge de 101 ans, disparaît le dernier survivant du groupe Missak Manouchian, dont 22 membres furent exécutés par les nazis le 21 février 1944 au Mont-Valérien. Après le décès d’Henri Karayan, le 2 novembre 2011, à Paris, à l’âge de 90 ans, celui d’Arsène Tchakarian renvoie la mémoire et la relation précise de cet épisode, à la fois magnifié et propice à certaines polémiques, à la seule responsabilité des historiens.

Il y a peu, Arsène Tchakarian, alerte nonagénaire, recevait encore au rez-de-chaussée de son pavillon de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) donnant sur un petit jardin. Là, au milieu de livres et de documents, il rappelait avec fougue l’action du groupe Manouchian dans la Résistance. Jusqu’à la fin de sa très longue vie, il n’aura cessé d’apporter à ce sujet son témoignage personnel, intervenant dans les établissements scolaires – où il a tenu des centaines de réunions depuis le milieu des années 1960 –, les institutions civiles et militaires, les émissions de télévision et de radio et bien sûr les commémorations annuelles.

Ses souvenirs par écrit

Il a aussi réuni par écrit ses souvenirs dans plusieurs livres : d’abord Les Francs-Tireurs de l’Affiche rouge (Ed. sociales, 1986), puis Les Fusillés du Mont-Valérien (Ed. Comité national du souvenir des fusillés du Mont-Valérien, 1991) et enfin, avec Hélène Kosséian, Les Commandos de l’Affiche rouge (Ed. du Rocher, 2012). De manière significative, ce dernier ouvrage a pour sous-titre La Vérité historique sur la première section de l’Armée secrète. Son dixième chapitre revient en effet sur la polémique suscitée en 1985 par la sortie du documentaire Des terroristes à la retraite, de Mosco Boucault.

Arsène Tchakarian rejette la thèse de ce documentaire selon laquelle le groupe Manouchian aurait été « lâché », voire « sacrifié » par la direction clandestine du Parti communiste. Il assure être définitivement parvenu à la certitude d’une trahison dans ses rangs, comme le suggérait la lettre adressée avant son exécution par Missak Manouchian à sa compagne Mélinée, dans laquelle le chef du groupe dit pardonner à tous sauf « à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus ».

Pour Arsène Tchakarian, l’auteur de cette trahison ayant mené aux arrestations de novembre 1943 est Boris Holban, mort en 2004 à l’âge de 96 ans, qui avait créé en mars 1942 et dirigé le groupe parisien des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans de la main-d’œuvre immigrée). Cette thèse du « traître », qui était aussi défendue par Henri Karayan, est cependant loin de faire l’unanimité, de même que l’accusation précisément portée contre Boris Holban. Des historiens de renom spécialistes de cette période, comme Denis Peschanski ou Claude Pennetier, n’y adhèrent pas. Pour Denis Peschanski, le travail de filature réalisé par la police de Vichy suffit à expliquer les arrestations.

Apatride jusqu’en 1958

Arsène Tchakarian est né le 21 décembre 1916 en Turquie, à Sabandja, ville à 80 kilomètres au sud d’Istanbul, dans la région de Bursa. A l’exemple de nombreuses familles arméniennes sur le territoire turc, les bouleversements de la première guerre mondiale et les suites du génocide de 1915 conduisent les Tchakarian sur les routes de l’exil, et tout d’abord en Bulgarie.

En 1928, la famille Tchakarian acquiert le « passeport Nansen ». Ce document d’identité créé à l’initiative de Fridtjof Nansen, premier haut-commissaire pour les réfugiés de la Société des nations, est destiné aux apatrides, principalement russes et arméniens. Un statut d’apatride qu’Arsène Tchakarian conservera jusqu’en… 1958, date à laquelle il obtiendra la nationalité française.

La France, le jeune Arsène la découvre à l’âge de 14 ans à la fin de l’année 1930 en débarquant à Marseille. Après un séjour à Decazeville, dans l’Aveyron, où son père a trouvé du travail dans les mines, il rejoint Paris et devient tailleur. Passionné par l’actualité politique, il participe en 1936 aux manifestations du Front populaire et adhère à la CGT, où il rencontre pour la première fois Missak Manouchian, intellectuel, poète et militant communiste en même temps qu’ouvrier.

Distribution de tracts antihitlériens

En 1937, alors que les menaces de conflit en Europe ne cessent de grossir, Arsène Tchakarian a tout juste 21 ans. Il est appelé au service militaire dans le 182e régiment d’artillerie lourde de Vincennes. Il participe en 1939 et 1940 aux combats des Ardennes et de la Meuse. A l’issue de la défaite de la France, il est démobilisé à Nîmes le 5 août 1940. Dès novembre 1940, il se lance, à Paris, avec Missak Manouchian dans la distribution de tracts antihitlériens. Les deux jeunes gens, comme d’autres militants ou sympathisants communistes, anticipent ainsi l’entrée en résistance du Parti, qui ne s’effectuera qu’après la rupture du pacte germano-soviétique, en juin 1941. Leur activité politique se radicalisera progressivement jusqu’à l’organisation d’actions violentes.

En 1943, Manouchian et ses camarades, dont Arsène Tchakarian, font partie des FTP-MOI de Paris, qui organisent des actions armées contre l’occupant. Le 17 mars, ils se livrent à leur première opération en attaquant à Levallois-Perret une vingtaine de Feldgendarmes, des policiers militaires allemands.

En mai 1943, Manouchian est nommé responsable provisoire de la première section parisienne de l’Armée secrète, dénomination désignant une structure de coordination de différentes composantes de la Résistance. En juin 1943, après l’attaque d’un autocar de la Kriegsmarine près de l’église d’Auteuil, Arsène Tchakarian est nommé chef de la première section des « triangles commandos ». Une formation qui aurait, selon les communiqués de l’Armée secrète, réalisé près de cent quinze actions réussies entre juin et septembre.

Lorsqu’il commentait cette période, Arsène Tchakarian disait :

« Nous n’étions pas des héros. Il ne faut pas croire que nous n’avions pas peur. Nous avons résisté parce que nous en avions la possibilité : pas de famille, pas de travail. Et parce que nous aimions la France. Elle nous avait adoptés. »

Mais, à la mi-novembre 1943, la sécurité allemande et la police de Vichy réalisent une série de coups de filet, arrêtant d’abord Manouchian et seize autres membres de son groupe (qui en comptait « près de quatre-vingts », confiait Arsène Tchakarian au Monde en 1984), puis complétant leur tableau de chasse avec d’autres arrestations. Jugés par un tribunal militaire où étaient conviés les journaux de la collaboration, tous seront condamnés à mort, puis fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. La seule femme parmi les condamnés, Olga Bancic, sera décapitée en Allemagne le 10 mai 1944.

« Echapper aux griffes de la police nazie »

C’est en hommage à ces exécutions que Louis Aragon devait écrire, en 1955, le poème Strophes pour se souvenir. Texte qui sera mis en musique et chanté, en 1959, par Léo Ferré sous le nom de L’Affiche rouge, référence à la couleur de l’affiche de propagande placardée par les nazis au moment des exécutions et traitant les membres du groupe d’« armée du crime ».

Ayant, comme Henri Karayan, échappé à la rafle, Arsène Tchakarian est recherché activement en décembre 1943 par les policiers du commissaire David de la Brigade spéciale n° 2. Il se cache à Paris, au deuxième étage du 3, rue Frédéric-Sauton, dans le Quartier latin. « La protection de Léon Navar, commissaire de Montrouge, et celle de la police résistante de la Préfecture de Paris m’ont permis d’échapper aux griffes de la police nazie », affirmait-il au soir de sa vie. En mai 1944, grâce à son expérience militaire et à son action de résistant, il est envoyé à Bordeaux afin de fournir des informations en vue de préparer le bombardement du camp d’aviation de Mérignac par les Alliés.

Rappelé à Paris début juin 1944, il est envoyé alors à Montargis dans le maquis de Lorris sous le commandement du capitaine Bourgeois. Nommé lieutenant, il commande une vingtaine de résistants et après de durs combats entre dans Montargis où il occupe la Kommandantur installée à l’Hôtel des Postes.

Après la Libération, il sera nommé sous-lieutenant le 13 juillet 1948, puis obtiendra la Croix de combattant de la guerre 1939-1940 et la Médaille d’argent du ministère de la défense. En 2005, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur. Lors de la cérémonie de remise des insignes d’officier de la Légion d’honneur à Arsène Tchakarian, le 8 mars 2012, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, déclarait :

« A travers vous, aujourd’hui, la République rend hommage à un groupe d’hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour la France, à ce groupe Manouchian que l’occupant appelait “l’armée du crime” et dont l’arrestation fait connaître à tous les Français leur rôle dans l’Armée de libération. »

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30 août 2013

Syrie - Intervention de John Kerry

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S'exprimant à la télévision, John Kerry promet qu'une intervention américaine en Syrie n'aurait rien à voir avec l'Irak, l’Afghanistan ou encore la Libye. "Il n'y aura pas de soldats sur le terrain", a-t-il dit.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, vient donc de plaider pour une action militaire "ciblée" en Syrie, estimant que l'utilisation présumée d'armes chimiques par le régime syrien était un "crime contre l'humanité" qui ne devait pas rester impuni. "Toute action que pourraient entreprendre les Etats-Unis sera soigneusement calibrée" dans le temps, a-t-il dit.

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Les présidents français et américain François Hollande et Barack Obama qui se sont entretenus au téléphone cet après-midi "partagent la même certitude sur la nature chimique de l'attaque (du 21 août à Damas) et la responsabilité indubitable du régime" de Bachar Al-Assad.

"François Hollande a rappelé la grande détermination de la France à réagir et à ne pas laisser ces crimes impunis et a senti la même détermination du côté d'Obama", indique l'entourage du chef de l'Etat français à l'AFP.

10 juin 2016

Barre d'Étel. Josiane raccroche la VHF !

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Josiane Péné est arrivée au sémaphore à l'âge de 21 ans. Elle est la voix du sémaphore d'Étel. Son prénom est connu de tous les marins qui ont eu à franchir la redoutée barre d'Étel. Depuis 46 ans, elle les guide vers le large ou le port, à travers les bancs de sable capricieux. Lundi, Josiane Péné raccrochera la VHF. À 67 ans, c'est son tour de prendre le large. ?

« Bonjour Josiane ! Ici, Rêve de vie. On approche de la perche rouge. On va vers Belle-Ile ». ? « Bonjour Rêve de Vie. Je vous fais passer par l'est. Pour l'instant tout droit... Maintenant un peu à gauche... Encore un peu... Encore un tout petit peu... Continuez comme ça... Voilà ! Vous êtes sortis ». ? « Rêve de vie au sémaphore : serez-vous au téléphone lundi, qu'on vous salue pour votre dernier jour ? ». ? « Je serai là, de 9 h à 12 h ». ? « Très bien, on va essayer de ne pas vous rater ! ». Lundi à 12 h, ça n'est pas seulement une page professionnelle que Josiane Péné, sémaphoriste de la barre d'Étel va tourner. Certes, depuis 46 ans, de son poste d'observation du sémaphore d'Etel, surplombant l'embouchure de la rivière, côté Plouhinec, elle scrute les bancs de sable capricieux, qui rendent la navigation périlleuse. Certes, depuis le décès de son mari en 1980, elle officie seule, aux entrées et sorties de l'estuaire. Certes, elle a guidé un nombre incalculable de navires, sauvé un certain nombre de vies et tissé des liens avec les marins, qu'ils soient pêcheurs, au début de sa carrière, ou plaisanciers, comme aujourd'hui. Mais depuis 46 ans, le sémaphore était aussi sa maison. Les dix premières années, son mari guidait les navires et elle le remplaçait. C'est là que son mari est décédé. Là que sa fille Andréanne est née. Là qu'elle l'a élevée, entre deux vacations de radio. Pas de nostalgie Dans la partie privée, contiguë à la vigie, les cartons sont faits. Josiane quitte sa maison et son travail. « Sans aucune nostalgie », affirme-t-elle d'une voix ferme. « À 67 ans, j'aspire à la tranquillité d'esprit. Sémaphoriste à Etel, c'est un métier hors du commun. Je suis contente d'arrêter. Je vais pouvoir profiter de ma famille, regarder de ma terrasse les palmiers du jardin de ma fille et surtout, ne pas écouter la VHF ». Si Josiane n'avait pas été sémaphoriste, sans doute se serait-elle lancée dans une carrière d'artiste peintre. Les nuances bleu vert des flots, claires ou foncées, annoncent un banc de sable ou un passage dans la barre. Une ondulation ? Une traînée blanche ? Attention haut fond. « Il faut apprendre à regarder la mer », explique-t-elle. « Un travail de tous les jours. À la couleur de l'eau, en regardant les mouvements de houle arriver à la côte, je sais comment le sable va entrer ». Oeil versus radar Josiane travaille « à l'ancienne ». Son sens de l'observation et ses jumelles sont ses meilleurs amis. Le radar est tenu à l'écart, réservé aux jours de brouillard. Sur le balcon de la vigie sont installés des piquets en fer, verticaux, qui délimitent l'espace liquide devant elle. Ils sont autant de repères visuels qu'elle bouge au gré du déplacement des bancs de sable. « L'oeil humain est meilleur que le radar. La passe, c'est la largeur de ma main. Un bateau, c'est un doigt. Je n'ai pas le droit à l'erreur. Quand je dis à un bateau, " vous pouvez passer ", je dois être sûre d'avoir de l'eau ». Le plus dur, ce ne sont pas les coups de chien, quand le passage est fermé plusieurs jours, mais les plaisanciers qui ne respectent pas les consignes. La boule noire hissée sur le toit du sémaphore : interdiction de naviguer pour les bateaux de moins de 8 m. La grande flèche rouge ? l'emblème de la barre ? en position horizontale : interdiction à toute navigation. « Celui qui sort, même quand la barre est en croix, ne m'appelle pas », grommelle Josiane. « S'il a de la chance, il ne se retourne pas ». Avec elle au guidage, jamais personne n'a été perdu sur la barre, glisse-t-elle. « Pourtant, on a fait des choses à attraper des cheveux blancs ». Rouleaux énormes Comme cette fois où la SNSM est intervenue pour secourir un véliplanchiste sorti alors que la barre était fermée. Les rouleaux énormes, le canot SNSM qui se fraye un passage entre les lames. « L'équipage suit ce que je lui dis. Je vois s'il y a des séries de 3, 6 ou 9 vagues. Il faut mettre le bateau là où il y aura du temps entre les vagues. Ce jour-là, on a pris de gros risques. Le véliplanchiste a été retrouvé mort ». Lundi, la vacation de pleine mer en fin de journée sera assurée par Jean-Pascal, Ramon ou Bernard, un des trois employés du port d'Etel géré par la Compagnie des ports du Morbihan. Ils se relayeront désormais au poste de guidage. Celle qui a souvent été la star des médias, guidera désormais la croissance des palmiers de son jardin, à Plouhinec. Sur le canal 13, pour passer la barre d'Etel, on n'entendra plus de voix féminine. Source : Le Télégramme

11 septembre 2013

"Anna" au théâtre du Rond Point

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Anna au Théâtre du Rond-Point

du mercredi 11 septembre 2013
au dimanche 6 octobre 2013

"Sous le soleil exactement" chantait Anna Karina dans cette comédie musicale aux paroles et musique signées Gainsbourg. Cécile de France reprend le rôle d'Anna au Rond-Point dans une mise en scène d'Emmanuel Daumas.

 

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24 août 2013

Le Maquis de St Marcel

Première bataille des forces françaises après le Débarquement, les combats du maquis de Saint-Marcel dans le Morbihan restent méconnus. Ils ont pourtant contribué à contrarier en Bretagne, l'une des régions françaises les plus militarisées pendant la Seconde guerre mondiale, l'envoi en renfort des divisions allemandes sur le front de la Normandie. Actif, spontané, le maquis vit affluer au nez de l'ennemi 3.000 jeunes Bretons armes à la main. La folle journée du 18 juin 44, au milieu des landes de Lanvaux, se solda par de lourdes pertes pour les soldats du Reich.

L'ouvrage (44 pages), étayé par les témoignages de résistants et celui du dernier Special Air Service engagé, retrace la constitution des réseaux de résistance dans l'Est du Morbihan, l'organisation et le déroulement heure par heure de la bataille. Il aborde la sévérité des traques et des représailles durant l'été 44 jusqu'à la Libération de la Bretagne par la 66e division US du général Patton. Le mouvement n'en resta pas là car de nombreux maquisards prirent part au sein des FFI à l'encerclement de la poche de Lorient jusqu'à la reddition du 9 mai 45.

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http://www.resistance-bretonne.com/

1 janvier 2019

L'installation de Claude Lévêque à l'Opéra Garnier fait polémique (A juste titre !)

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L'installation de Claude Lévêque en haut de l'escalier du Palais Garnier © Lionel BONAVENTURE / AFP

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox

L’installation signée Claude Lévêque consistant en deux pneus dorés géants venant orner l'escalier intérieur de l'Opéra de Paris à l'occasion de ses 350 ans, et dévoilée dimanche 30 décembre, fait grincer certaines dents. Le plasticien se défend pour sa part d’avoir voulu provoquer.

L'année 2019 marque un double anniversaire, les 350 ans de l'Opéra de Paris, dont la scène historique se situe au palais Garnier, et les 30 ans de l'Opéra Bastille, que Lévêque a également couronné d'un diadème lumineux pour l'occasion. L'Opéra national de Paris (ONP) avait donné carte blanche à l'artiste français de 65 ans qui a conçu cet ensemble d'installations baptisées "Saturnales".

Deux pneus de tracteurs à la feuille d’or

À Garnier, les œuvres de Lévêque doivent rester un an à l'intérieur de ce temple français de l'art lyrique, monument emblématique et touristique de Paris, dont des néons inclinés diffusent une lumière bleutée dans la Rotonde, qui se reflète dans les miroirs. "C'est comme un carrousel, une invitation à la danse, à la valse", selon Claude Lévêque à l'AFP.

Mais ce sont surtout deux grands pneus, de la taille de deux roues de tracteur, sculptés et couverts à la feuille d'or, et dressés sur les deux rampes du grand escalier central, qui ont attiré les regards et les critiques sur les réseaux sociaux.

"Ces deux immondices dorées sont donc prévues pour rester toute l'année 2019 à Garnier ? Joyeux anniversaire l'Opéra de Paris...", a tweeté un internaute. "Lamentable, grotesque, scandaleux ! Ou comment saccager un lieu magnifique et emblématique sous le prétexte d'art contemporain !!!", s'indigne un autre. "Le palais Garnier est sponsorisé par Michelin ?", "C'est le salon de l'auto ou quoi", ironisent d'autres sur Twitter. Certains surfent aussi sur l'actualité : "deux pneus de tracteur dorés à l'Opéra Garnier? C'est pour sensibiliser la bourgeoisie de Paris au mouvement #GiletsJaunes".

Un autre internaute trouve toutefois que "ça s'intègre assez bien", estimant que "c'est provocant mais temporaire". "Ces pneus ne sont nullement là pour provoquer", assure à l'AFP l'artiste qui y voit plutôt un dialogue constructif avec une architecture intérieure "très structurée, chargée, mécanique, organique", relevant la symbolique du mouvement.

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Claude Lévêque devant son installation du Palais Garnier (2018) © LIONEL BONAVENTURE / AFP

Des précédents

L'artiste, qui confie avoir eu "beaucoup de plaisir" à concevoir ce projet, l'a imaginé dans une dialectique de lumière et d'obscurité, de contrastes et dialogues entre arts contemporain et ancien.

Les commentaires ne sont pas sans rappeler les polémiques qui avaient accompagné l'érection d'œuvres d'art contemporain devant des monuments emblématiques de la capitale françaises ces dernières années.

En 2014, le "Tree" du plasticien Paul MacCarthy - un sextoy gonflable de 24 mètres de haut érigé place Vendôme - avait provoqué un torrent de réactions indignées. En 2015, le "vagin de la reine" du Britannique Anish Kapoor avait été vandalisé dans le parc du château de Versailles. Plus récemment, la sculpture "Bouquet of tulips" de l'Américain Jeff Koons, qui devait s'ériger sur le parvis du Palais de Tokyo et du Musée d'art moderne, a finalement été destinée à un autre emplacement face à la contestation de Parisiens opposés à cette installation.

À Garnier, outre les pneus et l'installation dans la Rotonde, Claude Lévêque a ajouté tout autour du bassin dit "de la Pythie", sous le grand escalier central, des lustres portant des grappes de lampes couleur fuchsia.

À l'Opéra Bastille, construit il y a 30 ans sous François Mitterrand, un diadème géant formé de 16 mâts lumineux illumine depuis une dizaine de jours le quartier la nuit, un hommage aux jambes tendues des danseurs et danseuses du Lac des Cygnes, selon Lévêque.

L'artiste n'en est pas à sa première collaboration avec l'Opéra : en 2010 il avait été le scénographe du ballet Siddharta du chorégraphe Angelin Preljocaj. L'an dernier, il avait tourné un court-métrage teinté de mystère, le Lac perdu, sur le lac souterrain et les coins méconnus de l'Opéra Garnier.

L'Opéra de Paris célèbre en 2019 ses 350 ans avec le slogan "moderne depuis 1669", date de sa fondation par Louis XIV, sous le nom de L'Académie royale de musique.

20 août 2013

FEMEN

88490739_oInna Shevchenko s'exprime dans le HuffingtonPost suite aux récentes déclarations d'Amina Tyler.
"En qualifiant les actions FEMEN de contre-productives, elle (Amina) trahi les milliers de femmes qui se sont déshabillées à travers le monde pour la soutenir". Après l'arrestation d'Amina, trois FEMEN, deux françaises et une allemande, avaient manifesté seins nus devant le Palais de justice et avaient été détenues pendant un mois.
"La campagne mondiale Free Amina a vu les première manifestations seins-nus en pays musulman. Des femmes se sont élevées contre l'islamisme dans le monde entier, des femmes ont fait face à des représentants islamistes comme Larayedh. Grâce à cette campagne, Amina est libre. Plein de femmes continuent à croupir en prison. Cette campagne, ce combat, voilà ce qu'Amina a trahi".
20 août 2013

Angela Merkel se rend à Dachau (aujourd'hui)

Pour la première fois, un chef de gouvernement allemand va se rendre à Dachau. Angela Merkel, en campagne pour les législatives, va visiter en fin de journée le camp de concentration de cette petite ville bavaroise.

La chancelière, en piste pour un troisième mandat, est attendue à 18h45 (heure de Paris) dans ce camp proche de Munich où elle doit tenir un bref discours, déposer une gerbe et visiter ce qui reste des installations.

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Les fours crématoires à Dachau

15 août 2013

Femen : Amina ne compte pas se taire

Sur son compte Twitter français, le mouvement féministe des Femen a publié jeudi une nouvelle photo d'Amina pour protester contre "la fausse démocratie des islamistes tunisiens". La jeune femme, libérée début août, est dans l'attente d'un procès.

Elle ne veut pas s'arrêter là. Remise en liberté début août dans l'attente d'un procès, Amina Sbouï - militante tunisienne des Femen - compte bien continuer à se battre pour défendre ses idées. Jeudi, le compte Twitter du groupe français des Femen a mis en ligne une nouvelle photo, seins nus, de la jeune femme de 18 ans. Amina proteste contre "la fausse démocratie des islamistes tunisiens", précise le mouvement féministe.

Amina reste inculpée pour avoir peint le mot "Femen" sur le muret d'un cimetière de Kairouan (150 km au sud de Tunis) dans le but de dénoncer un rassemblement d'un mouvement salafiste interdit par les autorités. La profanation est passible de deux ans de prison ferme en Tunisie. La justice a néanmoins abandonné ces dernières semaines des poursuites à l'encontre de la jeune femme, pour outrage à des gardiennes de prison et atteinte à la pudeur.

La lycéenne avait déjà fait scandale en mars dernier pour avoir publié sur Internet des photos seins nus, sous le pseudonyme d'Amina Tyler.

Le placement en détention d'Amina avait déclenché un vaste mouvement de solidarité en Tunisie comme à l'étranger. Trois militantes Femen européennes - dont deux françaises - avaient été incarcérées en Tunisie pendant plusieurs semaines en juin pour avoir mené une action seins nus à Tunis, la première dans le monde arabe, pour soutenir la jeune femme. Elles avaient finalement été expulsées du pays après avoir été condamnées à de la prison avec sursis. Source : A-Ch. D. - leJDD.fr

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10 août 2013

Miley Cyrus : En mode princesse pour Harper’s Bazaar - Photos : Terry Richardson

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En robe de princesse nude, lunettes de star sur le nez et adossée à une luxueuse voiture ou en robe rouge vaporeuse sur fond de coucher de soleil, en passant par l’ensemble jupe rouge-perfecto en cuir noir, la robe velours noire en haut et fleurie en bas (dans un décor très bucolique) ou encore la robe transparente, la jeune femme de 20 ans est plus rayonnante que jamais.

En plus de ce shooting, la jeune femme en a aussi profité pour évoquer son évolution look au fil des années. La chanteuse et actrice a ainsi avoué qu’elle adorait la mode et qu’il lui arrivait de s’endormir en regardant des blogs de mode sur les dernières tendances.

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Modèle : Miley Cyrus

Photographe : Terry Richardson

28 juillet 2013

"Nymphomaniac" - à Noël sur nos écrans

A l’heure où l’ensemble de la production cinématographique mondiale évite le plus souvent les scènes de sexe afin de ne pas s’attirer les foudres des comités de censure et ne pas heurter le public, Lars von Trierprend l’exact contre-pied. Son prochain film Nymphomaniac s’annonce comme un monument de sexe et de séquences toutes plus chaudes les unes que les autres.

Les quelques images et vidéo révélées jusqu’ici, dont une avec Charlotte Gainsbourg, l’ont démontré, le dernier cliché vient le confirmer: Nymphomaniac sera hot ou ne sera pas. Et tant pis pour les bien pensants. Sur la photo, on voit deux des acteurs du film, Shia LaBeouf et Stacy Martin, en pleine action et dans une situation qui ne laisse pas de place au doute ni à l’interprétation. La jeune actrice qui fait ses débuts ici au cinéma après une carrière de mannequin s’offre complètement nue à un Shia LaBeouf extatique.

Stacy Martin jouerait le personnage principal du film dans ses années de jeunesse, Charlotte Gainsbourg reprenant le rôle lorsqu’elle a la quarantaine. L’histoire raconte le récit de Jo, une femme qui se dit nymphomaniaque et qui raconte à un homme rencontré dans la rue ses souvenirs érotiques de chevauchées fantastiques. Un «drame pornographique» comme l’a décrit Lars von Trier et qui sera présenté en deux versions, une censurée pour une diffusion en salles, et une plus hard, selon la véritable vision que le réalisateur danois avait de son film. On retrouve au casting Charlotte Gainsbourg, Uma Thurman, Nicole Kidman, Jamie Bell ou encore Willem Dafoe et Christian Slater. La sortie est prévue pour le 25 décembre prochain. L’hiver sera chaud!

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Stacy Martin

 

 

27 mars 2016

Ketchup et garde à vue : Deborah de Robertis se dénude à nouveau à Paris

Après avoir exposé sa nudité devant L’Origine du monde et L’Olympia au musée d’Orsay, l’artiste luxembourgeoise Deborah de Robertis a remis le couvert en ce dimanche de Pâques, s’enduisant la poitrine de ketchup dans le cadre de la rétrospective Bettina Rheims, à la Maison Européenne de la Photographie (MEP) à Paris. Une « performance » qui lui a valu une nouvelle fois 24 heures de garde à vue pour exhibition sexuelle.

Dimanche après-midi, l’artiste luxembourgeoise a livré un nouvel épisode de sa conception de l’art vivant. Après avoir posé nue devant L’Origine du monde de Gustave Courbet le 29 mai 2014, puis devant L’Olympia d’Édouard Manet le 16 janvier dernier, la Luxembourgeoise a cette fois choisi de se mettre en scène devant une photo de Bettina Rheims,  en l’occurrence un cliché montrant une Monica Bellucci lascive dans une robe de cuir rouge, renversant du ketchup sur une assiette de spaghetti.

«J’ai choisi cette photo car il m’a semblé qu’elle reproduisait tous les codes publicitaires actuels de manière littérale. Dans ma performance, je réinterprète cette photo en mettant l’institution au service de ma nudité», explique Deborah De Robertis au site brain-magazine.fr.

Postée devant la photo, la Luxembourgeoise ouvre sa robe rouge en skaï et s’enduit langoureusement le corps de ketchup, les seins couverts de simples cache-tétons, dévoilant son string à quatre pattes sur le sol, dans des positions évocatrices, « devant un public complice convié pour l’occasion », raconte le magazine Brain. L’objectif de ce happening ? « Exploser les codes des institutions culturelles », explique Deborah de Robertis au magazine Brain. «Bettina Rheims travaille sur le modèle féminin en tant que photographe, moi je travaille sur la perception de ce modèle mais en tant que performeuse. J’ai voulu montrer une certaine violence liée à l’exposition du corps nu féminin dans l’espace public. Pour connaître cette tension, il faut prendre la position symbolique du modèle nu. Il faut donc être du côté de celle qui s’expose et non de celle qui expose.»

« Je refuse d’attendre comme une pute sur le trottoir »

Deborah de Robertis a rapidement fait l’objet d’une intervention – musclée – des vigiles de la Maison européenne de la photographie (MEP), avant d’être embarquée par des policiers. Cité par Brain, son avocat, Tewfik Bouzenoune, invoque « la liberté d’expression artistique » : « Matériellement, il n’y a pas d’exhibition sexuelle. Son sexe n’est pas visible. » Et d’ajouter : « En plus, les faits se sont déroulés dans un musée qui signalait que les photos exposées étaient de nature sexuellement explicite. » Après 24 heures de garde à vue, l’affaire se règlera au tribunal le 24 mai prochain.

Son « show » devant L’Olympia de Manet lui avait valu 48 heures de garde à vue et un rappel à la loi.

Deborah de Robertis entend poursuivre ses happenings,  pour contester «le système hiérarchique du monde de l’art. Je refuse d’attendre comme une pute sur le trottoir qu’un directeur de musée veuille bien reconnaître mon travail. De fait, ce n’est pas anodin que les artistes femmes soient aussi peu présentes dans le monde de l’art que dans le monde politique.»

En septembre 2015, une exposition de Deborah de Robertis avait été annulée de façon unilatérale par la direction du Casino de Luxembourg, qui avait justifié sa décision par des problèmes d’entente.

Le Quotidien / S.A.

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8 décembre 2018

Calendrier Pirelli

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Le danseur ukrainien Sergei Polunin, le président de Pirelli Marco Tronchetti Provera, l'actrice française Laetitia Casta, le photographe écossais Albert Watson, l'actrice américaine Julia Garner, le top model danois Astrid Eika et le danseur américain Calvin Royal III à la présentation du calendrier Pirelli 2019, à Milan le 5 décembre 2018. - Miguel Medina – AFP

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La belle Laetitia Casta (ci-dessus)

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6 décembre 2018

Un négationniste en «gilet jaune» en une de Paris Match : «consternant» pour la Licra

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5 décembre 2018

A Vannes, le succès du street art réveille les décombres

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Ouvert en septembre dernier, Dédale est un lieu éphémère, à mi-chemin entre une exposition street art et un café populaire, qui ne désemplit pas depuis deux mois. Immersion au cœur de cet ancien bâtiment administratif, reconverti en spot branché.

A quelques battements d’ailes du golfe du Morbihan, Vannes se veut sage et discrète. Maison à pans de bois, spécialités bretonnes à tous les coins de rue et chevelures écumes qui battent le pavé. Une ville d’histoire plus que d’art. Mais depuis son ouverture en septembre dernier, un lieu artistique éphémère dédié au street art casse les codes de la petite cité bourgeoise. Installé face au port dans un ancien centre administratif de la DDE, Dédale propose une immersion dans un labyrinthe de pièces calfeutrées, repeintes du sol au plafond, où l’on passe sans transition d’un univers à un autre. Au risque de s’y perdre.

La Tour Paris 13 exportée en Bretagne

Au rez-de-chaussée du bâtiment, une trentaine d’artistes majoritairement français plus quelques internationaux s’est approprié les anciens bureaux. On déambule entre les volutes 3D en papier recyclé de Matthieu Dagorn, on pénètre dans une salle éclairée à la lumière noire qui révèle la gestuelle effusive de Soem héritée de la calligraphie urbaine. Plus loin, le langage cinétique et monochrome de l’Outsider nous percute. A l’étage supérieur, les formes méandreuses et abstraites de Legz courent sur les murs, mangent le plafond d’un couloir étroit et oppressant façon Shining. « Je voulais que les artistes s’emparent du lieu en créant des œuvres in situ sur le thème de l’immersion, qu’elles procurent des sensations au public », rapporte Laurent Sanchez, à l’initiative du projet.

Dédale Café, Vannes.

Cet entrepreneur dans l’aéronautique est un passionné de graffiti. Vannetais depuis près de vingt-ans, il a crée l’association L’Art prend la rue ! qui chapeaute plusieurs projets d’art urbain dans la ville. Alors quand l’édile lui a proposé de transformer ce bâtiment voué à la destruction en « Tour Paris 13 », il n’a pas hésité longtemps. Mieux, il a fait des ajustements pour « éviter des files d’attente interminables ». Les visites, toujours complètes, sont gratuites et uniquement sur réservation. Ce repaire est à la fois un lieu d’exposition, un bar populaire et un terrain vague au troisième étage où les amateurs peuvent s’essayer à la création.

Bisounours et gorilles

Dédale n’échappe pas aux marronniers de l’art urbain : bisounours, tigres, gorilles, abeilles qui font des fuck à Montsanto et autres chatoyants fonds marins. Laurent Sanchez assume. « Le projet représente la diversité du street art. Il ne faut pas être dogmatique. » Certes. Mais on reste un peu perplexe face à ce mélange des genres entre œuvre immersive et peinture décorative.

La Fleuj à Dédale, Vannes.

En revanche, la programmation permet de belles découvertes en faisant la part belle aux artistes locaux, méconnus sur la scène parisienne. Elle s’est faite grâce « au bouche-à-oreille, sur les conseils des premiers artistes invités tels que Brez, Dino ou Bims qui ont à leur tour suggérer d’autres noms ». Dédale a le mérite de ne pas seulement miser sur les têtes d’affiche. On retient par exemple Greky dont l’abstraction découle du graffiti, La Fleuj et son univers érotico-porno fait de créatures mutantes au doigté explorateur. Une approche de la sexualité crue qui fait du bien face au street art tarte à la crème qui sévit de nos jours.

En prendre plein la vue

Depuis son lancement, l’exposition connaît un succès sans appel. La réussite du projet tient beaucoup au fait que ce lieu alternatif vient combler une attente de l’aveu de nombre de visiteurs grisés « d’en prendre plein la vue ».

« Vannes est une ville de vieux, tranche une mère de famille. La plupart des habitants ont les moyens d’aller chercher la culture ailleurs, à Paris ou à l’étranger. Nous, on a besoin que l’art vienne à nous, que ça bouge. »

Les Vannetais se sont pleinement approprié cette friche urbaine, symbole de renouveau, ainsi que le Dédale Café, pris d’assaut à longueur de journée. Avec sa terrasse donnant sur le port et son mobilier venant de chez Emmaüs, ce bar branché est devenu le spot incontournable de la ville. De quoi faire grincer des dents les cafetiers voisins qui voient d’un mauvais œil cette éphémère concurrence. Ils vont devoir s’y habituer. Le bâtiment ne sera pas détruit avant 2020 et l’association L’Art prend la rue prévoit une nouvelle cuvée d’artistes pour investir le deuxième étage, pour le moment fermé au public.

A VOIR : 8, rue du Commerce, 56000 Vannes. Entrée gratuite sur réservation. Fermé le lundi.

Horaires : 14h-19h (18h le dimanche).

Le Dédale Café est ouvert 7/7, de 14h à 21h.

3 juillet 2013

FEMEN : Elles manifestent devant l'Elysée avant le départ de François Hollande en Tunisie

Trois militantes du groupe féministe Femen ont tenté à la mi-journée de ce mercredi de manifester seins nus devant l'entrée de l'Elysée à Paris en solidarité avec leur camarade tunisienne Amina Sbouï avant d'être rapidement arrêtées par la police. A la veille du départ de François Hollande pour Tunis les trois jeunes femmes étaient uniquement vêtues de mini-shorts noirs et de talons hauts ont couru sur le trottoir en direction de l'entrée, aux cris de «Free Amina !». Photos : Fred Dufour/AFP

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"A la veille du voyage du Président François Hollande en Tunisie, les sextremistes FEMEN sont arrivées devant l'Elysée avec des soutien-gorge et des muselières en fil barbelés. Pauline et Marguerite, deux des trois FEMEN qui étaient prisonnières en Tunisie, ont exigé du Président la libération immédiate d'Amina et le renversement de l'islamiste Larayed. Le gouvernement tunisien est un groupe terroriste et chaque prisonnier politique tunisien est un otage. L'argent reçu des pays démocratiques est utilisé par les islamistes qui entament une véritable guerre contre la civilisation, étandant les dogmes de la Charia, jetant des pierres et de l'acide au visage de la Liberté !
Nous demandons à l'Europe d'arrêter de parainer des islamistes. Le gouvernement français ne peut pas négocier avec des terroristes, ils devraient être démentelés, comme c'est en train d'être le cas aujourd'hui en Turquie et en Egypte, grace au soulèvement de la population. 
Libérez Amina sur le champ !"

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2 décembre 2018

Le redoutable bureau d’enquêtes spéciales aux trousses de Carlos Ghosn

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Par Philippe Mesmer, Tokyo, correspondance - Le Monde

Ce service du ministère japonais de la justice lutte contre la délinquance en col blanc. A son actif, des scandales retentissants dont l’arrestation du patron de Renault-Nissan.

C’est le héros malgré lui de l’affaire Carlos Ghosn. Le bureau d’enquêtes spéciales du parquet de Tokyo est à l’origine de l’arrestation, le 19 novembre à sa descente d’avion, et sous l’œil des caméras opportunément présentes de la chaîne de télévision Asahi, du président déchu de Nissan et Mitsubishi.

Un dirigeant piqué au vif, qui a répliqué en choisissant un certain Motonari Otsuru pour assurer sa défense. L’avocat est un ancien responsable du fameux bureau d’enquêtes spéciales. Il a notamment mené les opérations ayant provoqué la chute, au mitan des années 2000, de Takafumi Horie, flamboyant et ambitieux patron du portail Internet Livedoor, accusé d’infractions aux règles des marchés financiers.

« QUAND LE HUITIÈME ÉTAGE BOUGE, UN FRISSON PARCOURT NAGATACHO », DIT-ON DANS LE QUARTIER.

« Quand le huitième étage bouge, un frisson parcourt Nagatacho », dit-on dans les rues de ce quartier où bat le cœur de la politique japonaise. Le bureau d’enquêtes spéciales est installé au niveau huit du ministère de la justice et, depuis cette position hautement stratégique, le service lutte contre la délinquance en col blanc : corruption, évasion fiscale, atteintes aux règles commerciales ou à celles sur les monopoles privés. Fort de près de cent cinquante personnes, dont une quarantaine de procureurs sélectionnés parmi les meilleurs, qui fouillent les poubelles politico-financières du pays depuis sa création, en 1947.

A l’origine, ce département avait été établi pour enquêter sur les détournements de matériel et d’actifs par l’armée impériale japonaise. Il travaillait alors au service de l’occupant américain. Les biens récupérés, dont des diamants, servaient à payer les dédommagements aux pays ayant subi l’occupation nippone.

Des dirigeants de partis politiques ou d’entreprises visés

Son champ d’action s’est par la suite élargi et son histoire est jalonnée d’une impressionnante série de scandales retentissants, dont les mésaventures de Carlos Ghosn ne sont que le dernier épisode. Début 2018, il s’est aussi penché sur les soupçons d’entente illégale autour du mégachantier du train à sustentation magnétique (Maglev).

Au milieu des années 1970, il a révélé ce qui allait devenir le scandale Lockheed. Dans

ce dossier, l’industriel américain Lockheed Aircraft Corporation avait été accusé d’avoir versé des millions de dollars à des représentants du gouvernement japonais par l’intermédiaire d’une maison de commerce nippone, Marubeni Corporation, pour faciliter la vente d’avions à la compagnie aérienne All Nippon Airways (ANA). Ces révélations avaient valu son poste au premier ministre, Kakuei Tanaka, condamné ensuite à quatre ans de prison.

A la fin des années 1980, le bureau a mis en évidence l’affaire Recruit, sur des faits de corruption et de délit d’initiés à l’origine de la démission du premier ministre Noboru Takeshita. Le scandale impliquait nombre de dirigeants de partis politiques ou d’entreprises, comme le patron du groupe de presse Yomiuri ou celui du géant de la téléphonie NTT.

La part d’ombre et l’influence des Etats-Unis

La liste des accusés parmi les personnalités politiques est longue. S’y ajoutent notamment l’ancien ministre et député Muneo Suzuki qui a fini derrière les barreaux pour une histoire de financement politique en 2002.

Quelques années plus tard, ce fut au tour d’Ichiro Ozawa d’être contraint de renoncer à son ambition de devenir chef du gouvernement pour des raisons similaires.

Pour inquiétant qu’il soit, ce service a également sa part d’ombre. Héritier d’une structure ayant travaillé pour l’administration américaine d’occupation, il est parfois soupçonné d’être toujours sous l’influence des Etats-Unis. Dans l’affaire Ichiro Ozawa, certains se sont étonnés que les attaques fusent à quelques mois d’importantes élections.

En 2011, l’un des procureurs de la branche d’Osaka du bureau d’enquêtes spéciales avait présenté ses excuses à Atsuko Muraki, une haute fonctionnaire du ministère du travail injustement mise en cause qui avait dû passer près de cinq mois en détention. Elle a tiré de cette expérience un livre au titre ravageur : La maladie des organisations japonaises (Nihongata soshiki no yamai wo kangaeru, Kadokawa, 2018). En illustrant son propos avec le fonctionnement du parquet.

7 juin 2016

Kate Moss et sa fille en couverture du VOGUE Italien

S'il y a bien une photo qui fait le buzz en ce début de semaine c'est celle-ci : Lila Grace, 13 ans, pose pour le dernier numéro de Vogue Italie avec sa mère, Kate Moss. Au-delà de leur incroyable ressemblance, c'est la beauté lumineuse de l'adolescente qui marque les esprits.

Le mannequin Kate Moss a une nouvelle fois suscité le buzz en posant pour la couverture d'un magazine ! Mais cette fois, elle n'est pas toute seule, mais accompagnée de sa fille, Lila Grace, âgée de 13 ans. Photographiées pour le dernier numéro du Vogue italien par Mario Sorrenti, les deux femmes sont shootées dans un décor très sobre, en noir et blanc pour une série baptisée "It's all about family". Dépourvu de tout artifice, le cliché n'en est que plus beau : la fille du top révèle au monde entier son magnifique visage, grands yeux de chat et traits fins... Comme ceux de maman !

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30 mai 2007

Germaine Tillion : 100 ans aujourd'hui

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Née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire), Germaine Tillion étudie l’ethnologie auprès de Marcel Mauss et Louis Massignon puis entre comme chercheur au Musée de l’Homme. A partir de 1934, elle réalise plusieurs missions dans les Aurès (Algérie). Durant l’occupation, elle s’engage dans le réseau de résistance du Musée de l’Homme.

Dénoncée, elle est arrêtée gare de Lyon le 13 août 1942. Le 21 octobre 1943, Germaine Tillion est déportée à Ravensbrück où elle retrouvera sa mère. C’est là que, pour survivre et distraire ses compagnes, elle écrit en cachette cette opérette-revue : Le Verfügbar aux Enfers, vision distanciée, ironique et humoristique de la situation des femmes déportées. L’oeuvre n’a jamais été jouée.

Libérée par la Croix-Rouge le 23 avril 1945, Germaine Tillion reprend son travail d’ethnologue et publie un premier ouvrage consacré à la déportation : Ravensbrück. En 1951, elle participe à la commission d’enquête sur le système concentrationnaire soviétique.

Opposée à la guerre d’Algérie, elle crée sur place les centres sociaux et défend les intérêts de la population algérienne.

Aujourd’hui âgée de 100 ans, Germaine Tillion apparaît comme une figure incontournable d’une ethnologie moderne non-colonialiste et de la défense des droits de l’homme.

A travers Le Verfügbar aux Enfers, elle se révèle un écrivain à part entière, apportant une réponse lumineuse à une situation tragique.

n.b. : J'ai eu l'occasion de rencontrer Germaine Tillon en Bretagne, lorsque j'étais jeune.

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Au théâtre du Châtelet

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En marge de l'opérette une expostion sur Germaine Tillon :

Exposition

Construite autour de deux axes :“l’ethnographie pour vocation” et “Germaine Tillion et l’histoire”, elle retrace le parcours de cette femme d’exception qui après avoir lutté contre la barbarie nazie, a dénoncé avec énergie la torture en Algérie et créé des centres sociaux dédiés à l’éducation populaire.

Théâtre du Châtelet
Foyer Nijinski et dans les espaces publics
du 24 mai au 5 juin 2007, tous les jours de 13h à 18h et durant les représentations
Accès libre.

5 septembre 2013

Les FEMEN au Festival de Venise

Il fallait s'y attendre. Les Femen présentes à Venise ont enlevé leur T-shirt le temps d'une séance photo mémorable après la conférence de presse du documentaire "Ukraine is not a brothel". Elles avaient le torse bardé de slogans du genre: "Naked war" ("La guerre nue"), "Women are still here" ("Les femmes sont toujours là") et on en passe. La Mostra se souviendra de leur passage...

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Victor Svyatski aurait engagé les filles dans le mouvement "parce qu'elles étaient jolies".

393033Un documentaire de la réalisatrice australienne Kitty Green présenté ce mercredi soir à la Mostra de Venise révèle qu'un homme, décrit comme autoritaire, a longtemps tenu les rênes du groupement féministe ukrainien. Dans "l'Ukraine n'est pas un bordel", la réalisatrice australienne Kitty Green, 28 ans, révèle les coulisses du mouvement Femen et le rôle méconnu joué par un homme derrière les féministes aux seins nus. Paradoxe de ce mouvement, en guerre "contre le patriarcat et la mainmise des hommes sur les femmes", c'est ce quadragénaire, Victor Svyatski, qui a fondé le groupe en 2008 à Kiev.

Un tyran

Victor apparaît dans le documentaire comme un homme très égocentrique, à la recherche du pouvoir. La réalisatrice, qui a partagé le quotidien des Femen, affirme au quotidien The Independent "qu'il pouvait se montrer horrible avec les filles, leur crier dessus et les traiter de sales p... " et qu'il avait engagé de jolies filles "parce qu'elles vendent plus de journaux, qu'elles font les premières pages". D'après le quotidien britannique, l'homme justifie dans le film son rôle prépondérant dans le mouvement: "Ces filles sont faibles, elles n'ont pas de force de caractère. La preuve: elles montrent de la soumission, un manque de courage et de ponctualité et d’autres défauts qui les empêchent d’être des vraies activistes politiques. Ce sont des qualités qu’il faut vraiment leur enseigner." Des propos qui ne manquent pas de contradiction avec les valeurs défendues par les Femen.

Nouveau revers pour le mouvement ?

Le mouvement féministe, qui a toujours prétendu avoir été créé par des femmes, a reconnu la présence de Viktor en son sein. Inna Chevtchenko, l'une des leaders des Femen présente à Venise à l'occasion de la présentation du film, a expliqué ce paradoxe: "Victor nous a donné la possibilité de comprendre ce que fait le système patriarcal: les femmes sont esclaves du sexe, la violence est exercée contre elles dans les foyers, il nous a fait comprendre aussi combien les hommes peuvent être des salauds". Elle a expliqué dans une interview à l'AFP que Victor avait quitté le mouvement qui s'est lui-même divisé et que nombre d'entre elles avaient choisi de se soustraire à "l'emprise" de cet homme. Le film s'achève d'ailleurs sur ces dissensions. Après la question du financement trouble du mouvement, le départ de la Tunisienne Amina qualifiant l'association d'"islamophobe", les critiques d'autres mouvements féministes sur la réelle valeur de leur démarche, les Femen traversent depuis plusieurs mois une crise de crédibilité. Les Femen ont saisi l'occasion du festival de Venise pour montrer qu'elles étaient toujours là malgré les menaces. Elles ont expliqué que plusieurs d'entre elles avaient dû s'enfuir d'Ukraine après avoir été "violemment attaquées par les politiques et services secrets". "Nous continuerons notre action en Ukraine" de l'étranger, a promis Inna Chevtchenko, basée en France où se trouve désormais leur QG, en expliquant que les Femen étaient implantées aujourd'hui dans dix pays. Source : La Libre .be

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Lire également l'article de Libération

L'éminence grise des Femen est un homme.

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2 septembre 2013

Un "Bombard" à Etel !

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Le « drame d'Étel »

Afin de tester un nouveau type de canot de sauvetage, Alain Bombard, en compagnie de six volontaires, tente le 3 octobre 1958 de franchir à bord de son embarcation la « barre d'Étel », grande lame à l'embouchure de la ria formée par la conjonction de la marée descendante, d'un banc de sable et de la houle par fort vent du large. Le canot se retourne alors, suivi peu après du Vice Amiral Schwerer , bateau de sauvetage. Le bilan est de neuf morts dont quatre occupants du canot de Bombard et cinq marins sauveteurs.

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Au loin sur cette photo : la "Barre d'Etel"


A voir : Musée des Thoniers à Etel

18 octobre 2020

Lux Æterna: Béatrice Dalle et Charlotte Gainsbourg livrent les secrets du film de Gaspar Noé

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Œuvre magistrale tournée en trois jours et trois nuits, le nouveau long-métrage de Gaspar Noé est un choc esthétique. Béatrice Dalle et Charlotte Gainsbourg ont évoqué avec Numéro les dessous de ce film stupéfiant.

Propos recueillis par Olivier Joyard .

En cinquante minutes bien denses, Gaspar Noé réussit, avec Lux Æterna, l’un de ses meilleurs films, nouant de manière irrémédiable son amour ténébreux du cinéma et sa passion pour les actrices. Béatrice Dalle joue la réalisatrice d’un film dont Charlotte Gainsbourg est la star. Très vite, tout s’enflamme. Il est question de sorcières et d’hommages à de grands cinéastes – Godard, Dreyer, Buñuel... – entre faux documentaire drôlissime et véritable expérience esthétique.

Numéro : Dès les premières secondes de Lux Æterna, on a l’impression que vous habitez depuis toujours le cinéma de Gaspar Noé, alors qu’en réalité vous n’aviez jamais travaillé avec lui.

Charlotte Gainsbourg : Depuis longtemps, j’en avais très envie. Il fait un cinéma que j’aime beaucoup, je voulais connaître cette expérience. Ce n’était pas du tout douloureux de passer à l’acte, car il met ses actrices très à l’aise. Même si une ou deux semaines avant le premier clap, j’ai appelé Gaspar pour lui dire : “Il n’y a pas de scénario, je ne sais pas ce qu’on va faire !” J’ai eu un petit moment de panique, mais au fond j’en avais le désir. On y allait à l’aveugle et ça me convenait très bien de n’être au courant de rien. Nos contacts avant le tournage de Lux Æterna ont eu lieu par téléphone, car j’étais à New York et lui à Paris. J’ai appris à connaître Gaspar car je l’avais simplement croisé à des événements Saint Laurent. Puis je suis arrivée sur le tournage. C’était très rapide, trois jours, et il avait obtenu carte blanche de la part d’Anthony Vaccarello. Je me suis prêtée au jeu, pour m’amuser avec lui.

Béatrice Dalle : C’était mon rêve de travailler avec Gaspar, alors je n’ai pas hésité une seconde. En février, le projet était lancé, en mai, le film débarquait au Festival de Cannes. Je ne connaissais pas vraiment le bonhomme. Dans le cinéma français, j’avais bossé, entre autres, avec Olivier Assayas, Christophe Honoré, Claire Denis, mais pas avec lui. Je suis copine avec Virginie Despentes qui est l’une de ses amies, ainsi qu’Asia Argento, mais je l’avais juste rencontré un mois avant le tournage pour une interview, et j’étais tombée sous le charme. La suite n’a fait que confirmer cette impression.

Gaspar Noé vous a-t-il mises à rude épreuve ?

C. G. : Nous avons commencé par la scène du bûcher, qui clôt le film. Donc, ça partait fort ! En même temps, je ne trouve pas Gaspar torturé, ce qu’il veut, c’est mettre les gens à l’aise, il est très proche des acteurs et des actrices. Est-ce que cela fait de lui un réalisateur normal ? Un metteur en scène normal, je ne sais pas ce que ça veut dire. Ce qui ne correspond pas à la normalité, c’est précisément ce qui intéresse Gaspar. Mais cela se joue dans son désir esthétique, pas vraiment dans sa manière de faire les choses.

B. D. : Il n’y avait pas de dialogues écrits, mais, le film était quand même déjà très construit dans la tête de Gaspar. Il a pu nous aider, nous diriger, il n’était pas du tout loin de nous. C’est un mec très présent, très attentionné, il ne lâche pas les fauves dans la nature. Il nous aime vraiment. Après, avec les grands metteurs en scène, il y a toujours une forme de cruauté. J’ai déjà tourné avec de très petits enfants qui n’étaient pas épargnés par le réalisateur. Les grands, s’ils veulent une scène, ils morflent. Et pour ce film, par exemple, je me souviens qu’à un moment, quand Charlotte était sur la croix avec les deux autres filles, elle était en souffrance. Gaspar était à côté de moi et Charlotte me demande : “Aide-moi, je vais mal, là.” C’est compliqué de ne pas porter secours à quelqu’un qui te demande de l’aide, même si c’est du cinéma. Dans la vie, avec du vrai danger, je l’aurais fait tout de suite. Gaspar m’a demandé de ne pas y aller, ça a été difficile.

C. G. : Gaspar n’a pas employé la même méthode que Carl Theodor Dreyer dans Dies Irae, qui laissait son actrice seule attachée sur une croix pendant des dizaines de minutes pour ressentir son émotion. Même si Dreyer a été une inspiration pour Lux Æterna – il est cité dans le film. Gaspar m’a d’ailleurs montré plein de scènes et d’images de ses films. Dans cette scène de bûcher, il y avait pas mal de figuration à gérer, ça a duré un certain temps. Mais moi, j’aime bien ce côté souffrance. C’était marrant que la réalité bascule et prenne le pas sur le tournage. Au bout d’un moment, cela devient cauchemardesque, chaotique, la réalisatrice jouée par Béatrice se retrouve débordée.

Béatrice, comment supportez-vous l’autorité des réalisatrices ou des réalisateurs ?

B. D. : J’ai côtoyé des metteurs en scène très autoritaires, très durs. J’ai même parfois été humiliée et j’ai envie de dire que je m’en fous. La fin justifie les moyens. C’est comme ça que je vois le cinéma. Si la scène est mortelle, tu peux me demander n’importe quoi, je me roulerai dans la fange, je n’en ai rien à foutre. En même temps, comme j’ai beaucoup de caractère, personne n’a jamais abusé de son autorité avec moi. En revanche, j’en ai été témoin pour d’autres personnes. Mais à chaque fois, les acteurs étaient beaucoup mieux après. Cela donne du sens à une création. C’est comme en littérature, on a le droit de tout dire. T’es pas en Syrie, t’es sur un plateau de cinéma. Tu peux avoir froid, tu peux avoir faim pendant deux heures. Il ne faut pas écouter les acteurs qui se plaignent. Ceux qui ne veulent pas signer d’autographes me soûlent aussi. Merde, si tu n’aimes pas les gens de la rue, reste dans ta chambre à jouer tout seul, reste dans ta salle de bains à chanter devant ta glace. Respectons les gens qui vont au cinéma, dans les théâtres et les concerts. Et arrêtons de pleurer. Les Américains, c’est encore pire. Je me souviens que j’avais tourné dans le film d’Abel Ferrara, The Blackout, avec Dennis Hopper que j’aimais vachement. Dans une scène, il devait me violer. Habitué aux actrices américaines, il me touchait à peine. Je lui ai dit qu’il fallait qu’on sente la souffrance, qu’il n’allait ni me violer ni m’étrangler, mais qu’on devait sentir quelque chose, voir les veines sur mon cou et mon visage... Moi, si je suis moche dans une scène, je m’en fous, je ne suis pas top model, je suis actrice. Regarde Salò... de Pasolini, où des acteurs connus font des trucs incroyables. Est-ce qu’aujourd’hui des acteurs seraient capables de tourner des scènes comme ça ? De toute façon, je pense qu’un tel film n’existerait pas.

Lux Æterna débute par cette conversation entre vous deux, filmée en split screen [“écran divisé”], à la fois très théâtrale et hyper spontanée. Comment l’avez-vous abordée ?

B. D. : La seule indication de Gaspar Noé, comme il sait que je suis dingue de Pasolini, c’était de nous faire deviner un de ses films sans prononcer son nom. Moi, ça me va très bien. Il y a des réalisateurs, comme Michael Haneke par exemple, pour lesquels on ne doit pas toucher au texte, même un accent circonflexe. Là, il n’y avait pas de texte ! Si on me donne cette liberté, je la prends à mort.

C. G. : Pendant cette conversation, nous sommes totalement naturelles. Gaspar voulait mettre nos deux personnalités en parallèle et voir ce qui allait se passer. Béatrice devait davantage mener la danse. Il n’y avait rien de spécial à préparer. Finalement, la scène dure plus de dix minutes. C’était marrant de se laisser aller, d’entendre Béatrice donner son point de vue sur les sorcières.

B. D. : Avant de la rencontrer, j’admirais le travail de Charlotte. Son naturel introverti, face à moi, ça a bien marché. Comme en plus je joue la réalisatrice d’un film, c’était parfait. La dynamique était là. J’ai eu l’impression d’être Gaspar Noé prenant soin de ses acteurs et de ses actrices, dirigeant tout le monde.

C. G. : Comme Béatrice est plutôt extravertie et bavarde, on en déduit que nous sommes à l’opposé, mais en fait nous ne le sommes pas tant que ça. Dans le film, on s’amuse juste du décalage apparent. Ce que j’en ai tiré, c’est une vraie amitié entre elle et moi.

Le film, en grande partie improvisé, vous offre des rôles assez étoffés sur un temps très court – tout juste cinquante minutes. Pour Béatrice, celui d’une réalisatrice en plein doute. Pour Charlotte, celui d’une actrice et d’une mère qui s’inquiète pour son enfant.

C. G. : Vous parlez de la scène où mon personnage se retrouve dans une fausse morgue parce que nous sommes dans un studio de cinéma. Elle reçoit un coup de fil de sa nounou, qui l’angoisse. Sur le moment, Gaspar avait des pistes en tête, mais je ne savais pas exactement sur quoi il allait me faire réagir. Il s’est juste mis d’accord avec son assistante, qui allait jouer la nounou de ma fille au téléphone, pour m’embarquer vers une situation étonnante. Je me doutais qu’il allait se passer quelque chose d’un peu extrême...

B. D. : Jouer une réalisatrice, cela m’a beaucoup plu. Dans la plupart des films qui montrent des plateaux de cinéma, on voit des hommes tenir cette fonction. Ici, c’est une femme. Virginie Despentes est ma meilleure amie, donc je ne peux que soutenir ce message. Le féminisme avance, malgré la récupération. Avec Virginie et la chanteuse Casey, nous avons lancé le spectacle Viril, basé sur des textes féministes et antiracistes, juste avant le confinement. Nous allons recommencer une tournée en janvier 2021. C’est un spectacle qui fait réagir. Certains hommes âgés quittent la salle, d’autres plus jeunes aiment beaucoup. Et toutes les femmes restent !

Hommage à la puissance cathartique et destructrice du cinéma, Lux Æterna est truffé de références à des cinéastes admirés par Gaspar Noé, comme Dreyer, Godard et Buñuel. Avez-vous parlé de ces références ?

B. D. : Gaspar est le mec le plus pointu en cinéma que je connaisse, alors que j’ai tourné avec Jim Jarmusch, Abel Ferrara, Claire Denis... Je connais pas mal de choses, mais lui, il en connaît encore plus. J’ai tout de suite été sous le charme de mon patron. Oui, pour moi, les metteurs en scène sont toujours des patrons, car je suis comme une soldate pour eux.

C. G. : Les films sur les tournages sont délicats et casse-gueule. Et pourtant, La Nuit américaine de Truffaut, j’adore. Mais c’est casse-gueule parce qu’on ne veut pas de private jokes qui laissent le spectateur en dehors. Gaspar attendait que je joue mon propre personnage de Charlotte, mais il m’a aussi filmée comme une actrice agacée par les techniciens qui lui courent après, s’amusant de ce côté caricatural de la comédienne. Il ne voulait pas que ce soit comique, mais légèrement exagéré.

Le film est construit en référence à la figure de la sorcière, importante ces dernières années dans les mouvements féministes – comme en témoigne le livre à succès de Mona Chollet intitulé Sorcières. Ce sont des femmes libres et puissantes, que les hommes veulent éliminer.

C. G. : J’ai entendu parler du point de vue féministe sur les sorcières après avoir tourné le film. J’ai vu dans quoi les femmes avaient été embarquées malgré elles à travers l’histoire. Je trouve le film ironique par rapport à cette figure et à ce que le cinéma en a fait. Ici, tout est tourné en dérision, on se pose des questions sur nos métiers et sur les sujets qu’on défend.

B. D. : Mon deuxième film après 37°2 le matin, c’était La Sorcière de Marco Bellocchio. On parle de sorcières, mais on pourrait tout autant évoquer Marie Madeleine, la prostituée du Christ, que l’on n’a pas lapidée en vertu de cette idée : “Que celui qui n’a pas fauté lui jette la première pierre.” C’était la première femme libre, qui allait avec les hommes qu’elle désirait. Elle a quand même réussi à séduire le Christ [rires]. La sorcière est une figure passionnante, surtout dans un type de cinéma où on a envie de dépasser la vie réelle. Montrer le quotidien, il y en a un qui fait ça très bien : Ken Loach. Mais tout le monde n’est pas Ken Loach. Le cinéma social, je n’en suis pas spécialement friande. J’ai envie d’opérettes sanglantes, de rêves, de messages, de références à la mythologie...

Béatrice, ce cinéma puissant et mythologique, vous l’avez traversé, notamment dans Trouble Every Day de Claire Denis en 2001.

B. D. : C’est mon film culte. J’en ai fait plein, mais je suis très fière de celui-là, avec Claire Denis. Maintenant je peux ajouter le film de Gaspar.

Charlotte, avez-vous encore beaucoup le trac après trente ans passés sur les plateaux ?

C. G. : Un film, c’est impressionnant. Je ne fais pas ça facilement, même si j’ai l’habitude des points de vue extrêmes sur le cinéma. La manière qu’a Lars von Trier de prendre une caméra, par exemple, c’est particulier. J’ai tourné Antichrist, Nymphomaniac et Melancholia avec lui. Il m’amène vers des sujets et des personnages très inhabituels. Avec Gaspar j’ai découvert un monde à part, fondé sur l’improvisation. Cela dit, Lars exige toujours une nouvelle version d’une scène après qu’elle a été jouée telle qu’elle était écrite. Dans le cinéma actuel, on ne vous demande pas souvent d’improviser. Avec Gaspar, je me sentais presque paresseuse, comme si je me présentais à une séance photo. J’ai adoré l’expérience. J’aurais voulu que ça dure plus que trois jours. J’aimerais recommencer.

La période de confinement a-t-elle changé vos désirs de cinéma ?

C. G. : Plusieurs projets ont été mis en stand-by, mais nous tournons le film d’Yvan Attal en ce moment, en appliquant des règles de sécurité. Ce qui m’a le plus embêtée, c’est que j’avais un projet musical qui devait se faire à Los Angeles. Or, il n’est plus possible de voyager. Pour ce qui est des concerts, c’est un

coup dur pour les musiciens et les chanteurs, mais quand ça rouvrira vraiment, ça repartira pour le live. Sur ce point, je ne suis pas inquiète. Là où je suis plus inquiète, c’est pour le cinéma. L’attirance pour les salles en a pris un coup, pourtant, un film comme Lux Æterna ne peut se voir qu’au cinéma. Il perdrait beaucoup sur petit écran.

B. D. : Les images sont tellement incroyables qu’il faut absolument se déplacer dans les salles. C’est comme dans Enter the Void, un autre film de Gaspar Noé : on dirait une montée d’acide. On se demande si on a pris des psychotropes pour le tourner. Eh ben non, les gars ! Par contre, on arrivait tous les jours en fin de journée, mais on ne tournait jamais avant 3 ou 4 heures du matin. Du coup, on patientait, on s’emmerdait un peu par moments. Mais Gaspar voulait cette situation. Il disait : “On ne tourne pas mes films à 9 heures du matin,  tout frais.” La fatigue, l’énervement lié au fait d’être là et l’envie de faire autre chose te placent dans une situation particulière, propice à ce que fait Gaspar. Quant à l’avenir du cinéma, moi, je ne m’inquiète jamais pour rien, tu sais. Dans ma vie, il y a eu des choses tellement dures que je remercie Dieu d’être là chaque matin. Je me plaindrai quand je serai morte.

“Lux Æterna”, de Gaspar Noé, en salle.

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19 septembre 2020

Rimbaud et Verlaine, trop sauvages pour le Panthéon

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Par Denis Saint-Amand, chercheur qualifié du FNRS, université de Namur — Libération

La volonté de panthéoniser ces deux poètes témoigne d’une représentation approximative de leurs œuvres. Ce sont précisément leur refus des conventions et des convenances qui les ont fait entrer dans l’histoire littéraire.

Tribune. Depuis quelques semaines, une pétition circule pour faire entrer les poètes Arthur Rimbaud et Paul Verlaine au Panthéon. Initiée par d’anciens ministres de la Culture, soutenue par la ministre actuelle et par plusieurs acteurs des milieux culturel et universitaire, elle procède sans doute en partie d’une bonne intention, mais témoigne surtout d’une représentation très approximative des deux écrivains et de leurs œuvres respectives. Pour le dire clairement, ce projet de panthéonisation n’est pas une bonne idée. Intitulée «Ce qu’on dit aux poètes à propos du Panthéon», la pétition souligne que les deux écrivains «ont enrichi par leur génie notre patrimoine», sont «deux symboles de la diversité» qui «durent endurer "l’homophobie" implacable de leur époque». Elle justifie ce projet en invoquant «quatre raisons principales» : «littéraire», «politique», «morale» et «judiciaire».

Le titre de l’appel fait écho à celui du poème Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs adressé à Théodore de Banville par Rimbaud (qui signe du pseudonyme «Alcide Bava»), le 14 juillet 1871. Il s’agit d’un texte fantaisiste et provocateur, ironisant sur les clichés véhiculés par une poésie bucolique que le jeune homme tenait pour mièvre. En décalquant le titre de ce poème, les auteurs de la pétition donnent, sans en prendre conscience, une dimension parodique à leur démarche. Le fait est que cette maladresse se révèle malgré elle plutôt heureuse puisqu’elle correspond bien à la façon dont Rimbaud et Verlaine, bohèmes et réfractaires, se représentaient l’institution littéraire, ses codes et ses mécanismes de consécration.

Pour rappel, Rimbaud abandonne l’écriture en 1875, à 20 ans, après avoir décidé que le milieu littéraire ne correspondait pas à ce qu’il avait espéré (et en comprenant qu’il ne bénéficiait plus des soutiens nécessaires pour s’y faire une place). Quand, dans les années 1880, des poètes de la jeune génération se mettent à sa recherche pour lui dire qu’il compte à leurs yeux et pour tenter de dégoter un inédit ou l’autre, il leur indique qu’il considère son œuvre poétique comme une erreur de jeunesse et exige qu’on cesse de le déranger à ce sujet. Verlaine, qui préférait la sociabilité des cafés et des hôpitaux, est allé jusqu’à se moquer de la panthéonisation. Ses Mémoires d’un veuf comprennent une notule intitulée «Panthéonades», dans laquelle il déplore le sort réservé à Victor Hugo : «Ils l’ont fourré dans cette cave où il n’y a pas de vin !»

Les œuvres respectives des deux auteurs sont sans doute plus vues que lues, et le texte de la pétition en témoigne en les évacuant. Faut-il vraiment passer par l’emploi des deux premiers vers de Chanson d’automne par Radio Londres, quarante-huit ans après la mort du poète, pour évoquer la portée politique des poèmes de Verlaine ? Celle-ci se mesure plutôt dans les Vaincus, ce texte de 1869 amendé en 1872 pour dire l’écrasement de la Commune et l’espoir d’une revanche. Dans la pétition, l’engagement politique de Rimbaud est pour sa part réduit au slogan Changer la vie : le cliché date des surréalistes (Breton oubliait que, dans la prosopopée énoncée par la «Vierge folle» d’Une saison en enfer, la formulation était «Il a peut-être des secrets pour changer la vie ? Non, il ne fait qu’en chercher» - chimère déçue), et il passe au bleu le fait que c’est toute l’œuvre du poète qui est portée par la révolte des exclus, l’énergie communarde et le mépris des petits rois : il suffit de relire l’Orgie parisienne ou Paris se repeuple, les Mains de Jeanne-Marie, les pièces zutiques ou Ouvriers pour comprendre que, à notre époque, Arthur Rimbaud aurait porté un gilet jaune.

L’engagement rimbaldien est celui de la jeunesse et des dépossédés : il serait infâme qu’il fasse l’objet d’une récupération officielle alors que l’Etat français a, au cours des derniers mois, déployé une violence inouïe pour tenter d’écraser un mouvement social qui a parfois revendiqué un héritage communard, et continue d’ignorer aujourd’hui les dénonciations de cette violence. Le problème se pose d’autant plus que la pétition mobilise un motif judiciaire en indiquant que l’emprisonnement de Verlaine à Mons procéda de son orientation sexuelle et de son passé communard bien plus que de la blessure par balle infligée à Rimbaud, le 10 juillet 1873 à Bruxelles. Ceci est tout à fait exact, mais il paraît étrange qu’un tel argument occupe une telle place : d’abord parce qu’il n’est pas certain que la réparation symbolique d’une erreur judiciaire passe par le déplacement du cadavre d’un individu floué en un lieu qu’il raillait de son vivant ; ensuite parce que cette forme de compensation apparaît bien insidieuse au sein d’un Etat dont les représentants se sont distingués, ces derniers temps, par leur obstination à nier toute forme de violences policières malgré les énucléations, amputations et décès qu’elles ont causés, par leur propension à mépriser la «foule haineuse» et «ceux qui ne sont rien», par leur tendance à invisibiliser les violences sexuelles et de genre commises au sein d’institutions étatiques, et par leur entêtement à pérorer contre l’«ensauvagement» de la République - or, s’il y a une épithète qui correspond aux deux poètes, c’est bien celle de sauvages : ce sont précisément leur liberté, leur refus des conventions et des convenances et leur insolence qui les ont fait entrer dans l’histoire littéraire.

La France honorerait davantage ses poètes en laissant leurs dépouilles reposer là où elles sont (fût-ce au côté de Paterne Berrichon dont la proximité ne doit pas perturber outre mesure le sommeil de Rimbaud) plutôt que de les exhumer à grands frais dans une opération à laquelle ils n’ont rien à gagner et qui ne sert que les intérêts de l’Etat. Si on souhaitait rendre hommage à Rimbaud et à Verlaine, on pourrait commencer par relire sérieusement leurs œuvres pour mesurer leur lassitude à l’égard du monde petit-bourgeois, leur puissance satirique, leur intérêt pour les formes de solidarité et les révoltes logiques, leur capacité, aussi, à esquisser des mondes possibles. Et si le ministère de la Culture éprouve le besoin de marquer le coup, d’utiliser le nom des poètes pour une juste cause, de labelliser une innovation ou que sais-je, il serait inspiré de créer, par exemple, un fonds Rimbaud et Verlaine qui soutiendrait les acteurs du monde culturel touchés par la situation que nous vivons - et peut-être, en particulier, aux intermittents, ces auteurs de décors et toiles de saltimbanques, régleurs de rythmes naïfs et projecteurs d’illuminations, qui demeurent les éternels laissés-pour-compte.

18 septembre 2020

Plouharnel - Le Bégo, un patrimoine mis en lumière grâce à Liberty Breizh Memory Group

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Les bénévoles de l’association LBMG, Liberty Breizh Memory Group, seront mobilisés pour les Journées du patrimoine ce week-end.

L’association LBMG, Liberty Breizh Memory Group, s’inscrit de manière durable dans la préservation du site du Bégo, à Plouharnel, lieu emblématique chargé d’histoire du territoire. Ses membres sont pleinement investis dans le cadre des Journées du patrimoine. Ce week-end, ils ouvriront les portes, gratuitement, du bunker qu’ils s’attellent à remettre en état d’origine depuis 2011 et dans lequel ils exposent des pièces de leurs collections privées. Un mini-camp alliés de la Seconde Guerre mondiale sera également reconstitué.

Pratique

Samedi et dimanche, visite libre du bunker de 10 h à 18 h 30. Visites du Mur de l’Atlantique : départ à10 h 30 et à14 h 30.

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