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Jours tranquilles à Paris
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4 juillet 2014

Mondial 2014 - La France battue par l'Allemagne 1-0

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Le quartier de l'Hôtel de Ville de Paris bouclé par les forces de l'ordre

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Des supporters français, rue de Rivoli - Paris

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Des supporters allemands au Brésil....

Coupe du monde : la France éliminée en quarts par l'Allemagne (0-1)

1982, 1986, 2014. La Mannschaft, cauchemar officiel des Bleus. La France a été éliminée en quarts de finale de la Coupe du monde, samedi 4 juillet à Rio de Janeiro (Brésil), au terme d'une rencontre qui peut laisser des regrets à Karim Benzema et ses coéquipiers.

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26 juin 2011

Exposition Stanley Kubrick à la cinémathèque (vu hier)

Attention : exposition jusqu'au 31 juillet...

En 46 ans de carrière, et seulement 13 films, Stanley Kubrick s'est imposé comme le démiurge du cinéma du futur. Au départ photographe, Stanley Kubrick a un sens inné des éclairages, de la composition visuelle du mouvement, il sait tout faire sur un plateau. Il va s'attaquer à tous les genres : film noir (l'ultime razzia), science-fiction (2001 : odyssée de l'espace), anticipation sociale (Orange mécanique), épouvante (Shining), reconstitution historique (Barry Lindon)... Grâce à un fonds d'archives exceptionnelles et des installations conjuguant les décors d'origine, le matériel technique utilisé, les notes et la documentation personnelle de l'artiste, ainsi que ses projets avortés, cette exposition permet de pénétrer l'imaginaire d'un précurseur.

18878881« Orange mécanique » 1971. Adapté du roman d'Anthony Burgess, le film, dont le titre en argot  signifie « étrangeté extrême », met en scène une société bureaucratique ou des rebelles, les Droogs, emmenés par Alex, se « saoulent » au Lait plus Velocet au Krova Milkbar avant de commettre leurs abominables forfaits.

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Vitrine "Spartacus" 1960

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Vitrine "Lolita" 1962

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La cinémathèque (Métro Bercy)

6240Filmographie :

Le baiser du tueur 1954

L'ultime razzia 1956

Les sentiers de la gloire 1957

Spartacus 1960

Lolita 1962

Docteur Folamour 1963

2001 : l’odyssée de l'espace 1968

Orange mécanique 1971

Barry Lyndon 1975

Shining 1980

Full Metal Jacket 1987

Eyes Wide Shut 1998

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24 juin 2011

La vie littéraire sous l'occupation

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Quel est le véritable rôle des intellectuels et des écrivains français, depuis la déclaration de la guerre jusqu'au lendemain de la libération ? De quels enjeux sont-ils les otages, de quels discours sont-ils les messagers ? Quelles formes donnent-ils à leurs débats politiques et moraux, à leurs errements et à leurs espoirs ?

Bien qu'occultés par les stratégies des hommes politiques et des militaires, leur rôle s'avère vraiment décisif pendant l'occupation : c'est qu'il s'agit aussi d'une guerre intellectuelle, d'un affrontement des cultures, dont les écrivains, les journalistes, les imprimeurs, les directeurs de revues et les éditeurs sont les premiers relais et les témoins engagés.

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« Au-delà de l'émotion de la surprise qu'elle ne manquera pas de provoquer, cette exposition a pour première caractéristique d'affirmer avec éclat la puissance de l'écrit et l'importance du livre en des temps recouverts par le bruit des canons et les clameurs des idéologies les plus criminelles.

Cette illustration magistrale des puissances de l'esprit de la force souterraine des idées à vos premières vertus de rappeler que la poésie et la littérature sont les adversaires redoutables de toute dictature….. »

Jack Lang

26 juin 2011

Les polaroids tests d'Helmut Newton

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Nouvel album en vente chez TASCHEN

 

Les polaroïds occupent une place à part dans le cœur de nombreux amoureux de la photographie qui se souviennent d’une époque où "le cliché instantané" signifiait une épreuve unique développée quelques minutes après avoir appuyé sur le déclencheur. Ce qui était autrefois un outil indispensable pour les photographes, leur permettant de tester leur composition avant d’imprimer la pellicule, a été rendu obsolète par la photographie numérique. Heureusement pour nous, le grand photographe Helmut Newton a conservé ses polaroïds, nous offrant l’occasion rare et privilégiée de voir la genèse d’un choix de ses plus belles images étalées sur plusieurs décennies et dont bon nombre ont été publiées par TASCHEN dans les albums SUMO, A Gun for Hire et Work. Rassemblées par sa veuve June Newton, ces images capturent la magie des séances de prises de vue d’Helmut Newton comme seuls les polaroïds peuvent le faire.

 

22 décembre 2019

Obsèques d'Anna Karina : Marion Cotillard, Léa Seydoux, Jane Birkin... Le 7e art réuni pour un dernier adieu

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Samedi 21 décembre, les personnalités étaient nombreuses à être présentes aux obsèques d'Anna Karina. La comédienne est décédée à l'âge de 79 ans.

Le dernier adieu à l'icône de la Nouvelle Vague. Samedi 21 décembre, les personnalités étaient nombreuses en la chapelle de l'Est, au cimetière du Père Lachaise. Figures du 7e Art, hommes politiques et membres du milieu artistique sont tous venus rendre un dernier hommage à Anna Karina, décédée le 14 décembre à l'âge de 79 ans. "Anna Karina sera inhumée à 12h15, dans la plus stricte intimité. Le public qui le souhaite pourra ensuite lui rendre un dernier adieu", prévenait son entourage il y a quelques jours. Réunis autour de Dennis Berry, son mari, il y avait notamment Léa Seydoux, Macha Méril, Jane Birkin, Clovis Cornillac, Charles Berling ou encore Philippe Katerine.

Il y avait aussi Marion Cotillard, qui avait rendu un hommage bouleversant à l'actrice mythique de la Nouvelle Vague. Sur Instagram, la comédienne avait partagé un cliché d'elle plus jeune au côté d'Anna Karina. "Anna je t'aime. J'ai été si chanceuse d'être baignée toute jeune par ton amour, ta joie, ta gentillesse, et ta bienveillance. Je te souhaite un merveilleux voyage", légendait-elle, très émue. Le ministre de la Culture, Franck Riester, était également présent tout comme Myriam Boyer, Audrey Pulvar, Bulle Ogier ou encore Irène Jacob. Née au Danemark en 1940, Anna Karina était encore mineure lorsqu'elle est arrivée à Paris et a rapidement été repérée par une agence de mannequin. Au cinéma, elle est notamment connue pour ses nombreux rôles dans les films de Jean-Luc Godard.

Dennis Berry : "Son corps n'a pas résisté"

Contrairement à ce qui avait été annoncé, Anna Karina n'est pas décédée d'un cancer. "On a dû l'emmener d'urgence en réanimation suite à une complication post-opératoire. Là tout a basculé...", expliquait son mari dans un communiqué transmis à l'AFP. Il poursuivait : "Après l'opération, elle devait sortir dès le lendemain. Le docteur se réjouissait de la rencontrer par hasard à mes côtés se promenant dans la cour de l'hôpital. Hélas, une rupture musculaire a obligé le professeur à la réopérer. Il était prévu qu'elle ait encore plein de belles années devant elle."Dennis Berry concluait, bouleversé par la mort d'Anna Karina : "Hélas, son corps n'a pas résisté. Cette mort n'est en aucun cas due à un cancer".

 

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23 décembre 2019

Plus-value, viralité, micro-influencers : la banane de Maurizio Cattelan décryptée

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Phénomène viral, Comedian, le nom de la banane à 120 000 euros de Maurizio Cattelan, s'inscrit dans l'histoire de l'art et dans la constitution de la valeur appliquée à ces produits spécifiques que sont les œuvres d'art. Loin d'une simple blague, c'est un jeu délétère et dangereux. Explications.

Bref rappel des faits pour quiconque aurait passé les derniers jours déconnectés : dimanche 8 décembre, une banane scotchée sur le mur blanc d'un stand de la foire Art Basel Miami se vend 120 000 dollars. Le New York Post reproduit l'œuvre en une, et titre Art world gone mad ("Le monde de l'art est devenu fou"). Quelques minutes plus tard, le dispositif fruit + scotch devient viral. Plusieurs comptes instagram en répertorient les détournements (dont le compte généré par la galerie elle-même, @catelanbanana). La presse spécialisée emboîte le pas aux réseaux sociaux, et se fend d'analyse de l'œuvre. La plupart prennent sa défense, essayent d'en exposer les tenants et les aboutissants en convoquant l'histoire de l'art et la carrière de l'artiste.

Derrière l'œuvre intitulée Comedian (le comédien), il y a l'artiste Maurizio Cattelan. Depuis 1991, il est représenté par la galerie Emmanuel Perrotin, basée à Paris, New York, Hong Kong, Séoul, Tokyo et Shanghai, la même qui le présente à la foire en question. Le prix a été fixé, rapporte Artnet, afin de parvenir à un équilibre entre un prix trop bas qui rendrait l'œuvre triviale, et un prix exorbitant qui la rendrait ridicule. De fait, elle se vend. Une seconde édition est réalisée et vendue au même prix, une troisième, devant le succès et la demande, chiffrée à 150 000 dollars. 

Les acheteurs sont connus. La première édition a été acquise par Billy et Beatrice Cox, un couple de collectionneurs américains. Dans une déclaration à Page Six, ils comparent l'œuvre aux boîtes de soupe Campbell d'Andy Warhol (Campbell's Soup Cans, 1962) et affirment leur intention de prêter voire faire don de la pièce à un musée. Jusque-là, rien d'extraordinaire. Puis arrive une petite phrase : "Lorsque nous avons vu le débat public suscité par Comedian à propos de l'art et de notre société, nous avons décidé de l'acquérir". Si l'acheteur de la seconde édition est inconnu, la troisième appartient quant à elle à Sarah Adelman, fondatrice de l'ex-concept store parisien Colette, qui la veille de l'inauguration de la foire ouvrait un magasin pop-up baptisé "Hello Miami", à Miami. La banane est la première œuvre dont elle fait l'acquisition.

Petite histoire accélérée du ready-made

D'un côté, la banane joue sur des ressorts connus de l'histoire de l'art. Le plus évident est sans doute l'histoire du ready-made, plutôt Duchamp que Warhol. Bien qu'il soit tentant de la rapprocher de la boîte de soupe Campbell parce que la banane provient elle aussi d'un étal de supermarché, Comedian n'est pas qu'un fruit. Une simple banane fixée au mur par un scotch selon un certain angle. De plus, son titre n'est pas "banane", mais Comedian. Comedian est un "ready-made aidé"- c'est-à-dire déjà toute faite et choisie pour sa neutralité esthétique -, tout comme Fountain de Marcel Duchamp, puisque l'artiste intervient même de manière minime : il scotche la banane selon un certain angle, ou lui imprime une rotation dans le cas de Foutain. Fountain, c'est le fameux urinoir de Marcel Duchamp. En 1917, il envoie sous pseudonyme à la Société des artistes indépendants de New York dont il est directeur un urinoir destiné à être exposé en tant que sculpture. Celui-ci est destiné à être présenté renversé à 180 degrés, signé et daté sur sa face avant : "R. Mutt, 1917".

Fountain n'est pas le premier ready-made de Duchamp, mais le premier à être médiatisé, les précédents étant restés dans l'atelier de l'artiste. Dans la presse, outrage et défense se répondent. L'œuvre est photographiée, qui serviront de modèles pour les répliques ultérieures, l'original ayant été détruit. A l'époque cependant, Duchamp ne les pense pas directement pour le marché. La plupart n'entrent qu'ultérieurement dans les musées par leurs reproductions autorisées par l'artiste et signées de sa main. Bien que lui-même actif en tant que marchand d'art (il vend des Brancusi, conseille la collectionneuse Katherine Dreier), la question du marché, et de son rôle dans la constitution de la valeur de l'œuvre, reste extérieure à ses propres œuvres, encore portées par l'idée de l'autonomie de l'art face au marché – le contexte historique le permettant alors.

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Le marché, la voix de l'histoire ?

Or Comedian n'est pas qu'une forme, c'est l'alliance d'une forme et d'un contexte, la foire. Des œuvres alimentaires périssables, les musées en regorgent déjà, de la salade de Giovanni Anselmo (Sans titre, (granit, laitue, fil de cuivre), 1968, que les conservateurs doivent remplacer par une nouvelle à sa péremption) aux oranges de Roelof Louw (Soul City (Pyramid of Oranges), 1967). Comedian, au contraire, s'inscrit dans une généalogie d'œuvres directement pensées pour prendre sens par le marché de l'art. Le marché, et les salles de vente, sont devenues la "voix de l'histoire", écrit le théoricien allemand Diedrich Diedrichsen dans son court essai De la plus-value dans l'art (Ed. Entremonde). Le dernier coup médiatique en date, la vente de Love is in the Bin de Bansky en 2018 s'autodétruisant lors de la vente aux enchères chez Sotheby's, semblait en marquer l'aboutissement.

Il faut en réalité encore préciser les choses. Banksy ne s'inscrivait pas dans l'histoire de l'art, mais sur l'irruption d'un dehors, la rue, à l'intérieur de la salle des ventes, se raccrochant encore à une certaine histoire romantique de la contre-culture. Au sein de l'histoire de l'art cependant, il y a des précédents à la constitution de la valeur de l'œuvre et du marché. A partir des années 1990, il devient évident que le monde de l'art est devenu indexé aux autres grandes industries culturelles, et que la position d'autonomie n'est plus tenable. Si l'art ne peut se soustraire au marché, il doit alors le subvertir de l'intérieur. Cette position est celle d'artistes comme Nancy Fraser ou Merlin Carpenter, pris en exemple par la critique allemande Isabelle Graw dans son exploration du marché de l'art High Price (2009).

Avec Untitled (2003), Nancy Fraser se vend directement à un collectionneur. S'il achète l'œuvre, il couche avec l'artiste, manière de pointer combien ce sont désormais les collectionneurs qui dictent leurs termes aux institutions. Avec Make Your Own Life (2006), Merlin Carpenter exige de l'acheteur la somme de 4000 dollars en cash sans préciser la nature de l'œuvre qu'il aura en retour. En l'occurrence, un amas de sacs d'enseignes de luxe vide, l'artiste gardant pour lui les habits ainsi acquis. Celui-ci déclarant par ailleurs en 2018 dans son livre The Outside Can't Go Outside : "Depuis les années 1980, le readymade a pu être compris comme une réflexion sur le fétichisme des produits de luxe". Maurizio Cattelan émerge en tant qu'artiste au sein de ce contexte. Ses premières œuvres datent du début des années 1990. En 1995, il affublera son galeriste, Emmanuel Perrotin toujours, d'un costume de lapin-pénis dans lequel il devra recevoir ses clients (Errotin, le vrai lapin). A un autre galeriste, Massimo de Carlo, il fera prématurément le coup du scotch, l'immobilisant au mur de sa galerie une journée durant (A perfect day, 1999). Une seconde donnée se rajoute alors.

Le prix, "l'abstraction du travail vivant d'un artiste"

Le prix de la banane n'est pas si aléatoire. En un certain sens, il reflète toujours une donnée essentielle de la constitution de la valeur de toute marchandise : le travail. La théorie de la valeur chez Marx s'appuie en effet sur "le temps de travail socialement nécessaire à la fabrication d'une marchandise". La banane représenterait alors "l'abstraction du travail vivant d'un artiste" (Diedrich Diedrichsen). En achetant Comedian, on achèterait une durée : la carrière de l'artiste, de la formation aux œuvres ultérieures. Le travail d'éducation et de production certes, mais également le travail immatériel de l'économie tertiaire dont l'art représente la frange la plus avancée, à savoir le temps passé à nourrir, à travers les interviews, les talks et les apparitions publiques, la création de la valeur critique attachée au nom de l'artiste. Ce qui est en vente, c'est aussi, ultimement, le résultat d'une rareté créée par sa déclaration de cesser toute production artistique à partir de la rétrospective All au Guggenheim à New York en 2011-2012.

Au sein de l'économie post-fordiste, "communication égal travail", affirme le philosophe italien Paolo Virno. Il semblerait alors que Comedian ne fasse rien d'autre qu'incarner une occurrence de plus, certes la plus médiatisée peut-être à ce jour, de la fonction de "hiéroglyphe social" qu'assignait Marx à l'œuvre d'art, travail "d'abord abstrait en travail social à partir du travail individuel, puis de nouveau concrétisé dans le produit marchand spécifique" (Diedrichsen). Ce hiéroglyphe-banane représenterait alors le système marchand du capitalisme cognitif évoqué par le philosophe Toni Negri. Non plus seulement au niveau de la temporalité de l'histoire de l'art dans laquelle s'inscrit à son tour la temporalité du travail de l'artiste, mais du présent immédiat de la viralité.

La banane marque alors double une rupture, aussi bien avec la validation par le système institutionnel et muséal qu'avec celle du marché. Comedian est la première œuvre d'art, à cette échelle de visibilité du moins, qui trouve sa valeur critique et marchande entièrement hors du monde de l'art et de ses structures, même les plus honnies comme le marché de l'art. La voix de l'histoire, c'est la viralité. Le travail immatériel, c'est celui que nous fournissons tous en produisant et en repartageant du contenu sur les réseaux sociaux. Le temps de travail, c'est également celui que nous investissons en pensant nous divertir, en espérant récolter une validation personnelle, mais dont nous ne récoltons pas directement les gains financiers. Et les structures institutionnelles, ce sont les plateformes et les GAFA, qui solidifient leur emprise comme acteurs indépassables de la vie contemporaine, agrégeant les fonctions d'information, de constitution de la valeur, et de justification critique.

L'œuvre d'art à l'ère des influencers

Comedian se contente d'activer, de transiter par et de valider l'efficacité redoutable d'une viralité sans régulation. Il n'y a pas de critique, pas de friction. Maurizio Cattelan ne court-circuite pas un système établi en en poussant à bout la logique, il se fond entièrement dans leur mode de fonctionnement établi. Semble en être entièrement conscient, ayant réuni tous les paramètres qui en permettraient la viralité. L'œuvre est scotchée sur un mur blanc, parfaitement photographiable. La simplicité de sa forme la rend prête à être appropriée et détournée par tout un chacun. Les références pop-culturelles de la banane, sont accessibles à tous et non seulement au réseau du monde de l'art.

Rien n'est choquant dans le contenu, au contrairement, par exemple, d'un urinoir. Tout se prête au détournement viral, et à venir titiller la ressource clé de ce que les sociologues Luc Boltanski et Eve Chiapello désigneront, au seuil des années 2000 dans Le nouvel esprit du capitalisme, de "capitalisme artiste" : soit le transfert des valeurs de créativité (et non d'art) aux travailleurs de l'économie néolibérale. La banane transite alors par la généralisation du modèle inventé par les marques de l'influenceur, une personne individuelle s'adressant à sa communauté pour promouvoir un produit en lui conférant un emballage personnalisé.

Le produit n'est plus censé faire rêver parce que symbolisant un monde hors d'atteinte comme ce fut le cas à l'ère de la publicité des grandes agences, mais provoquer un sentiment d'identification personnalisé et proche de soi. Il génère de l'engagement avec une communauté par les détournements auxquels il se prête et donne lieu. "L'industrie culturelle est modelée sur l'industrie de la mode", écrivait Isabelle Graw dans High Price. Ce n'est plus même le cas désormais. Car tout se confond avec une viralité sans pilote, avec un flot de micro-réappropriations qui s'auto-engendre sans que personne ne puisse l'orienter ni l'arrêter.

Un jeu délétère sur les malentendus de l'art contemporain

Un autre facteur entre en jeu : l'entrée dangereuse de l'art dans le débat public alimenté, au milieu de notre décennie finissante, par les scandales à répétition portés par l'extrême droite et à ses groupuscules du web, qui peut-être avant tout le monde aura compris les ressorts de la viralité. La banane semble alors, par-delà les mèmes et les détournements plaisants, prolonger, et en quelque sorte justifier, le sort réservé, pour ne prendre qu'un exemple frappant parmi tant d'autres récents, au Tree de Paul McCarthy en 2014. Certes, cet arbre installé sur la place Vendôme fut attaqué par sa ressemblance avec un plug anal. Mais en jouant sur les canaux de la viralité activant l'indignation facile que suscite l'"art contemporain" comme catégorie scandaleuse mal comprise alimentant les animosités, ici via le prix.

En dédramatisant l'animosité de l'extrême droite populiste pour l'art contemporain par un contenu en apparence banalement amusant tout en exploitant ses ressorts mêmes, Maurizio Cattelan se livre à un jeu délétère. Comedian n'est pas une blague. C'est coup de génie mûrement réfléchi, froidement réaliste mais surtout, extrêmement dangereux. En avoir conscience, c'est alors veiller à ne pas reléguer son geste au rang de la provocation spontanée, mais mesurer au contraire combien l'œuvre, et sa circulation médiatique, s'inscrit consciemment une connaissance ultra-précise de l'histoire de l'art, de la structure économique et des rouages actuels de fabrication de la valeur.

22 décembre 2019

Laetitia Casta torride dans une robe rose très échancrée

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Des photos très sensuelles de Laetitia Casta dans une tenue signée Jacquemus ont été dévoilées par le styliste lui-même.

Véritable icône de mode, Lætitia Casta a été la muse de Jean-Paul Gaultier qui fut le premier couturier à la faire défiler. Au fil des années, de mannequin elle est aussi devenue comédienne en jouant dans les plus grands films du septième art.

Malgré sa carrière au cinéma, l'épouse de l'acteur Louis Garrel a continué de cultiver son amour pour la mode en restant proche de ce milieu. Récemment, elle a été approchée par le styliste français Simon Porte Jacquemus, plus connu sous le nom de "Jacquemus".

Des photos très sensuelles

Sur son compte officiel Instagram, Jacquemus a publié des clichés de Laetitia Casta vêtue de l'une de ses créations. Il s'agissait d'une longue robe nuisette rose avec une fine boutonnière tout au long du vêtement. Photographiée au milieu d'œuvres d'art, elle prend la pose assise sur une sculpture.

Très sensuelle avec un décolleté XXL sur la première photo, elle pose sur la seconde la jambe allongée sur le sol. Dans sa robe fendue sur le côté, elle dévoile l'une de ses superbes jambes portant un mi-bas en transparence noir accessoirisé d'une chaine de cheville en argent. À ses pieds elle porte une paire d'escarpins "salomé" à bout pointus.

Côté mise en beauté, elle affiche depuis quelque temps une coiffure très tendance. Il s'agit d'un carré long ondulé avec un balayage blond sur les longueurs. Des nuances qui subliment son teint porcelaine.

Une popularité sans faille

Avec trois publications à la suite, la comédienne comptabilise plus de 72 000 mentions "j'aime". Dans les commentaires, les 1,5 millions d'abonnés de Jacquemus ont complimenté la star en masse avec de nombreux émojis flammes et cœurs mais aussi de tendres messages :

"Laetitia est absolument magnifique !", "C'est une éternelle icône... Tu es un génie", "Ce regard de Dalida" ou encore "Laetitia égérie Jacquemus, c’est clair !" pouvait-on lire dans les commentaires.

Mais ce ne sont pas les seuls ! En légende, le styliste a lui aussi déclaré son amour "depuis toujours" à sa nouvelle muse.

Peu importe les années ou les générations, Laetitia Casta met tout le monde d'accord grâce à sa beauté légendaire !

1 janvier 2020

"Une île" : Arte lance sa nouvelle série fantastique avec Laetitia Casta le 9 janvier

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"Une île", mini-série primée au festival Séries Mania"Une île", mini-série primée au festival Séries Mania © Angela Rossi

La fiction revisite la figure mythologique de la sirène à travers des personnages féminins forts et mystérieux.

Qui est Théa ? Ou pour être plus précis, qu'est-ce-que Théa ? Cette question constitue le fil rouge de la nouvelle mini-série d'Arte, "Une île", dont la chaîne franco-allemande diffusera les trois premiers épisodes le jeudi 9 janvier à partir de 20h50. Les internautes auront la primeur de les découvrir en avant-première dès le 2 janvier sur la plateforme d'Arte. Cette fiction en six épisodes se déroule sur une île isolée, frappée par une pénurie de pêche et une série de morts suspectes. Ces événements coïncident étrangement avec l'arrivée d'une inconnue, Théa (Laetitia Casta), qui va bouleverser la vie de la jeune Chloé (Noée Abita, vue dans "Ava") et, par ricochet, celle de sa meilleure amie Sabine (Alba Gaïa Bellugi, qui a joué dans "3x Manon" et "Le bureau des légendes").

Créature venue des abysses, sirène qui n'aspire pas à devenir humaine, Théa va servir au fil des épisodes de guide à Chloé pour l'aider à prendre conscience de ses pouvoirs et de sa vraie nature. Enfant, la jeune fille avait été découverte dans une grotte sous-marine, avant d'être prise en charge par une famille d'accueil pour finalement être livrée à elle-même. Dans ce port de pêche pris en étau par la montagne d'un côté et par la mer de l'autre, Théa est traquée par le capitaine de gendarmerie Bruno Pagani (Sergi Lopez), aidé des gardes-côtes de l''île, Loïc (Manuel Severi) et Gabrielle (Marie-Pierre Nouveau).

"Eviter le côté pittoresque et carte postale"

Même si le tournage a eu lieu en Corse, le lieu précis de l'action n'est jamais précisé à l'écran, ce qui participe à accroître cette ambiance mystérieuse, un rôle que jouent également les séquences sous-marines. "J'ai filmé cet endroit comme un village de western, avec ses maisons étriquées, renfermées sur elles-mêmes et ses petites ruelles. Je voulais à tout prix éviter le côté pittoresque et carte postale", confie le réalisateur Julien Trousselier, à qui on doit la série primée "Crime Time", dans le dossier de presse de présentation.

"Une île" a décroché le titre de la meilleure série française au festival Séries Mania en 2019. Après "Nés en 68", c'est la deuxième fois seulement que Laetitia Casta joue dans une série télé. "Théa représente la nature qui se venge des blessures subies. C'est une guerrière dotée de pouvoirs. Elle arrive sur terre avec une mission, celle de sauver un monde magique et mystérieux. Elle s'en prend aux hommes qui polluent la mer en aspirant leur âme", explique la comédienne à propos de son personnage.

21 décembre 2019

A Hollywood, le sexe désormais sous la surveillance attentive des « coordinateurs d’intimité »

Par Clémentine Goldszal

Ils sont coordinateurs d’intimité. Leur mission : planifier et encadrer les scènes de sexe pendant les tournages, en s’assurant que la dignité des actrices est respectée. Nombreux sont ceux qui, dans une industrie traumatisée par l’affaire Weinstein, ne veulent plus s’en passer.

Elles ne sont ni cascadeuses ni maquilleuses. Pas plus productrices, réalisatrices ou régisseuses plateaux. Mais depuis quelque temps, sur les tournages hollywoodiens, elles sont de plus en plus nombreuses. Les équipes techniques se sont habituées à leur présence à leurs côtés, à les voir vérifier que tout se passe comme prévu dans le script. « Lorsqu’un réalisateur dit : “Et là, il lui attrape les nichons”, je suis là pour lui rappeler que nous sommes au travail, explique l’une d’entre elles, Alicia Rodis. Quand j’entends : “Il la baise”, j’encourage l’équipe à reformuler et à préciser, pour que les acteurs sachent exactement où ils vont. »

Cette grande blonde originaire de l’Ohio a travaillé sur les séries The Deuce, Crashing, Watchmen et, plus récemment, sur le téléfilm Deadwood. Son métier ? Coordinatrice d’intimité. Une profession très en vogue à Hollywood, majoritairement féminine, dans une industrie traumatisée par l’affaire Weinstein. Le secteur s’est mis à relire l’histoire du cinéma, à l’exemple de la fameuse scène de sodomie subie par Maria Schneider sur le tournage du Dernier Tango à Paris, de Bernardo Bertolucci. Ce qui avait pu passer pour le coup de génie d’un réalisateur excentrique se révélait être du harcèlement sexuel, autorisé par la promesse d’une scène d’anthologie.

Le cinéma des années 1970 n’est pas le seul coupable. En novembre, l’une des stars de Games of Thrones, Emilia Clarke (alias Daenerys Targaryen), évoquait, dans le podcast « Armchair Expert » des acteurs Dax Shepard et Monica Padman, les pressions qu’elle avait subies sur le tournage de la première saison de la série. « Je me suis retrouvée complètement nue devant tous ces gens sans savoir ce que j’étais supposée faire », confiait-elle. Par la suite, l’actrice a appris à dire non, au prix de disputes avec la production qui lui glissait qu’elle risquait de « décevoir [s]es fans ». « Je leur ai dit d’aller se faire foutre », concluait-elle, bravache.

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Malaise en coulisses

Même lorsque aucune menace n’est proférée, le tournage peut être un lieu de malaise. Gabrielle Carteris, comédienne connue pour son rôle d’Andrea Zuckerman dans la série Beverly Hills 90210, préside aujourd’hui le SAG-Aftra, le principal syndicat d’acteurs d’Hollywood, fort de 160 000 adhérents. Elle confirme avoir vécu ce genre de pression : « S’il est écrit “ils s’embrassent” dans le scénario et qu’en arrivant sur le plateau on s’aperçoit que la scène a été modifiée, il est très difficile de dire non devant toute l’équipe, explique-t-elle. Vous voulez être pro. En plus, on vous met la pression en vous disant : “Tout le monde le fait.” Or, être pro, c’est souvent faire le job sans poser de question. C’est donc formidable d’avoir quelqu’un sur place qui vous soutient et qui peut porter votre voix auprès du réalisateur si besoin. »

« QUAND L’AFFAIRE WEINSTEIN A ÉCLATÉ, TOUT LE MONDE S’EST RENDU COMPTE DE L’IMPORTANCE DE CRÉER UN CADRE SUR LES PLATEAUX. » CLAIRE WARDEN, COORDINATRICE D’INTIMITÉ

Le mouvement #metoo a contribué à favoriser l’émergence au cinéma de ces coordinateurs d’intimité, qui, depuis quelques années, exerçaient dans le monde du théâtre, où ils aidaient à chorégraphier les scènes dénudées pendant les répétitions. En juin 2017, quelques mois avant #metoo, un reportage du New York Times se penchait pour la première fois sur ce métier. On y découvrait le travail de Tonia Sina, cofondatrice, en 2016, de Intimacy Directors International (IDI), l’agence de coordinateurs d’intimité la plus en vue du moment.

Formée sur les planches, Tonia Sina a commencé à s’intéresser au sujet alors qu’elle rédigeait une thèse de pédagogie théâtrale (soutenue en 2006), intitulée « Rencontres intimes, mettre en scène l’intimité et la sensualité ». Après avoir exercé en tant que chorégraphe de scènes de combat, Tonia Sina a mis au point une méthode, « Intimacy for the stage », qui fait référence dans un métier encore complètement autorégulé.

L’Anglaise Claire Warden officie elle aussi sous la bannière IDI. Il y a deux ans, après avoir lu l’article du New York Times, elle a décidé de mettre à profit son expérience d’actrice et de chorégraphe de scènes d’action en devenant coordinatrice d’intimité. « Avant #metoo, sur les plateaux et en répétition, on me demandait souvent mon avis sur les scènes de sexe, mais il n’existait pas de protocole précis, raconte-t-elle. Et puis l’affaire Weinstein a éclaté, et tout le monde s’est rendu compte de l’importance de créer un cadre pour encourager des conversations claires. » Au cours de sa formation avec IDI, Claire Warden a assimilé des éléments de psychologie mais également acquis des connaissances techniques pour planifier et encadrer au mieux les scènes de sexe simulé.

Scénario décortiqué

Autour des cinq piliers de la méthode imaginée par Tania Sina (« consentement, contexte, communication, chorégraphie, conclusion »), les coordinateurs d’intimité entrent en contact, idéalement dès la préproduction, avec l’équipe de tournage. Avant toute chose, ils épluchent attentivement les contrats des comédiens, qui indiquent traditionnellement jusqu’où un acteur ou une actrice est prêt à aller. « Il y a en général un avenant au contrat, précise Claire Warden, qui spécifie si l’actrice consent, par exemple, à montrer ses seins mais pas ses tétons, ou à ce que sa poitrine soit filmée de côté mais pas de face… »

Les costumiers et accessoiristes sont sollicités pour fournir des sous-vêtements de couleur chair et des protections en silicone qui évitent le contact direct entre les parties génitales des acteurs. Le scénario est décortiqué afin que chaque scène, du baiser au tripotage en passant par les scènes de nu, soit pensée en amont. Engagés par la production à la demande des acteurs, et parfois du réalisateur, les coordinateurs sont payés au même tarif journalier que les cascadeurs et autres techniciens.

De son côté, le principal syndicat d’acteurs, SAG-Aftra, s’attelle à la rédaction d’un glossaire permettant aux comédiens de mieux comprendre leurs droits et les termes, souvent techniques, de leurs contrats. L’organisation propose également une relecture des avenants, et use de son influence pour que la présence d’un coordinateur d’intimité ne soit plus considérée comme un luxe.

En off, de nombreux décideurs de Los Angeles soupirent à l’évocation de cette nouvelle contrainte, dénonçant le politiquement correct et une entrave à la créativité. Mais officiellement, ils restent muets. Tout le monde suit le mouvement, même s’il se fait parfois à marche forcée. En octobre 2018, David Simon, l’un des showrunners les plus influents des dernières décennies, créateur de The Wire, Treme ou Show Me A Hero, a été l’un des premiers à s’exprimer sur le sujet, déclarant au magazine Rolling Stone qu’il ne travaillerait plus sans coordinateur d’intimité.

En pleine promotion de la seconde saison de sa série The Deuce, chronique ultraréaliste de l’industrie du cinéma pornographique à New York dans les années 1970, Simon vantait les mérites de la coordinatrice Alicia Rodis, dont il décrivait le rôle ainsi : « Son travail, c’est de faciliter le tournage des scènes de sexe simulé et d’intimité, de manière à protéger les émotions et la dignité des premiers concernés. »

Dans la foulée de ces déclarations, la chaîne du câble HBO, pionnière de l’inventivité télévisuelle depuis les années 1990 (et productrice de The Deuce), annonçait qu’elle ferait désormais appel à un coordinateur d’intimité sur tous ses tournages, et pour toutes les scènes allant du simple baiser à un acte sexuel simulé. Depuis, Netflix, FX, Amazon, Showtime, Hulu ou Disney+ et autres networks prolifiques lui ont emboîté le pas.

Le sexe sous haute surveillance

Impossible d’apparaître à la traîne sur un sujet aussi brûlant que le harcèlement sexuel des actrices face caméra. D’autant qu’Hollywood est pris dans une autre révolution, industrielle celle-ci : la guerre du streaming. Les géants se livrent une concurrence féroce, créant de plus en plus rapidement des milliers d’heures de contenus, ce qui implique des conditions de tournage plus tendues que celles des longs-métrages, et donc plus propices aux abus.

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ENTRE LES PRISES, LA « COORDINATRICE D’INTIMITÉ » TENDAIT À L’ACTRICE UN SPRAY RAFRAÎCHISSANT POUR LA BOUCHE ET DU LUBRIFIANT AROMATISÉ.

Emily Meade expliquait ainsi à Rolling Stone en 2018 que, sur un film, les acteurs étaient souvent prévenus de la teneur des scènes de sexe des semaines à l’avance, ce qui leur donne le temps de se préparer psychologiquement, émotionnellement et physiquement. Mais les séries, disait-elle, étant produites beaucoup plus rapidement, il arrivait que les acteurs ne soient informés des spécificités d’une scène de sexe que la veille du tournage.

Dans un autre reportage que Rolling Stone consacrait à The Deuce étaient détaillées les conditions de tournage idylliques d’une scène de fellation simulée, au cours de laquelle la coordinatrice avait « glissé des coussinets sous les genoux de l’actrice Emily Meade », qui jouait une prostituée devenue star du porno. Entre les prises, elle lui tendait un spray rafraîchissant pour la bouche et du lubrifiant aromatisé.

Le reportage tombait à pic, au moment même où James Franco, acteur vedette de la série et réalisateur de certains épisodes, se retrouvait au cœur d’une polémique potentiellement dévastatrice, en pleine campagne des Oscars pour son film The Disaster Artist : sur Twitter, plusieurs femmes l’accusaient de comportement « inapproprié » lors de tournages et dans le cadre des cours qu’il donnait à Studio 4, son école de cinéma créée en 2014 et précipitamment fermée en 2017.

Outre ces accusations, il se murmurait qu’Emily Meade aurait exigé de la chaîne HBO un cadre strict et menacé de révéler publiquement les dessous du tournage mouvementé de la première saison, où le manque d’encadrement des scènes de sexe, notamment dans les épisodes réalisés par James Franco, l’avait mise éminemment mal à l’aise. In extremis, HBO se serait donc racheté une conduite.

La question de l’intimité sur les tournages est donc loin d’être close. En octobre, au festival du British Film Institute, à Londres, une table ronde était organisée pour débattre de la question. Un réalisateur, une réalisatrice et deux coordinatrices y ont échangé sur le thème « Coordonner l’intimité : comment sécuriser les scènes de sexe ». Ita O’Brien, qui s’est fait un nom en travaillant avec les adolescents de la série Sex Education sur Netflix, y a notamment soulevé le problème de la transmission de maladies lors de baisers « avec la langue », et a recommandé que les équipes de production se renseignent en amont sur le cycle menstruel des actrices, « afin de programmer le tournage des scènes intimes dans les semaines où elles n’ont pas leurs règles ».

21 décembre 2019

Départ en vacances.... Gare de Lyon !

Reportage « Mais avancez ! Il reste de la place, prenez vos valises sur vos genoux » : bousculades et incompréhension à la gare de Lyon

Si ça continue les trains ressembleront à cela .. (photo ci-dessous)

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Par Nathan Cocquempot

A quelques jours de Noël, l’heure est au retour chez soi malgré la grève qui perdure. Avec ce premier week-end de départ en vacances, de nombreuses colères se sont élevées en gare de Lyon.

« Ouvrez la porte, je suis sûre qu’il y a une petite place pour moi. » Trop tard, le TER bondé s’en va au loin laissant sur le quai de nombreux voyageurs agacés. « Je dois aller récupérer ma fille à la crèche et je suis bloquée ici », s’alarme une dame au bord des larmes qui devait se rendre à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne). Pourtant les agents SNCF se voulaient rassurants dans le hall de la gare de Lyon. « On envoie tout le monde chez soi. »

Un autre train régional direction Melun est annoncé sur une voie. Les voyageurs se ruent en direction du quai, traînant cadeaux, valises, trottinettes. Bousculades et insultes apparaissent aux portes des wagons. « Mais avancez ! Il reste de la place, prenez vos valises sur vos genoux ! », hurle l’un d’entre eux en tapant sur la fenêtre. « C’est des sauvages ma parole ! Y a des gosses ! », lance une dame qui peine à descendre du même train. « Mais vous feriez pareil à leur place », dit un autre de passage. Ambiance tendue.

Mêmes scènes de pagaille du côté du RER D. Les agents tentent de réguler le trafic de voyageurs en ouvrant l’accès aux escaliers vers les rames peu de temps avant l’arrivée du train. La descente est rapide, dangereuse, égoïste. Une dame est extraite de la masse en état de choc. Les places assises sont chères payées. Un gamin sur sa trottinette est porté par son père pour accélérer le rythme. Les portes du RER viennent se coller aux mains des usagers pour un trajet qui ne sera pas de tout repos.

Au milieu du hall 1 en effervescence, les cadeaux déposés près des valises peinent à rappeler les fêtes qui approchent. Un bonnet rouge de père Noël se détache timidement des têtes mouvantes en quête de trains. Sous celui-ci, un agent SNCF distribue des sacs surprises aux enfants tout en renseignant les parents. « On essaye d’apporter un peu de Noël aux plus jeunes. » Une dame touche le pompon du bonnet. « J’espère que ça me portera chance pour mon train. »

« Je ne peux modifier mon aller sans annuler mon retour »

« Parti d’Agen ce matin, j’ai pris un Uber à 40 euros pour venir de Montparnasse jusqu’à la gare de Lyon pour avoir ma correspondance. Je suis arrivé en sueur avec tous mes sacs juste à temps pour voir mon train s’en aller au loin », rigole jaune Nicolas Ducarouge. En formation pour être professeur des écoles, le trentenaire semble prendre la grève du bon côté « Je vais forcément perdre des sous avec cette réforme, je soutiens donc le mouvement. »

Dans le hall 1, un homme s’énerve devant le portail électronique limitant l’accès aux quais des TGV. « Je vous explique que je veux simplement aider ma mère de 75 ans à monter dans un train », crie l’homme aux agents de sécurité. « Il faut faire appel à l’assistance voyageur, vous ne pouvez pas accéder au quai comme cela », lui explique ce dernier. Les portes électroniques ne s’ouvrent qu’au contact d’un billet valide. « Ils ne veulent pas laisser passer ceux qui n’en ont pas, je ne peux donc pas accompagner ma mère », s’agace le voyageur.

Pourtant, du côté du guichet d’échange de billets, situé entre les halls 1 et 2, Hugues relate un autre discours « Je n’ai pas pu échanger mon billet aujourd’hui mais un agent m’a dit que je pouvais monter dans un train sans billet. » On se demande comment il va pouvoir franchir les portails.

« Ils n’informent pas les gens. C’est honteux »

Dans la queue pour échanger son trajet, les galères de billets s’accumulent « On m’envoie un message pour m’inciter à changer le plus tôt possible mon train mais ici on m’annonce qu’il est trop tôt pour le modifier », explique un voyageur qui doit partir le jour de Noël. « J’ai pris un aller-retour avec une carte week-end et mon aller est supprimé. Mais je ne peux pas le modifier sans annuler mon retour… C’est compliqué », explique Maryline attendue en Haute-Savoie.

Les têtes se tournent, un homme s’énerve sur un agent SNCF. « Ma compagne a passé 5 heures au téléphone et personne n’a décroché. » Ce dernier doit se rendre à Béziers le 25 décembre pour fêter Noël. Son train est annulé, pas moyen de l’échanger sur Internet. « Je me suis rendu à Montparnasse, on m’a renvoyé gare de Lyon. Cela fait deux heures que j’essaye de trouver une solution et on me dit qu’il n’y aura pas de train pour Béziers le 25. Ils n’informent pas les gens. C’est honteux », s’énerve-t-il. La magie de Noël n’a pas encore pénétré la gare de Lyon.

16 juillet 2017

Aujourd'hui 75ème anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv

Rafle du Vél'd'Hiv (16-17 juillet 1942)

Cette opération entraîna l'arrestation de 13 152 Juifs, dont la plupart (4 115 enfants, 2 916 femmes, 1 129 hommes) furent entassés dans l'enceinte du Vélodrome d'Hiver avant leur déportation. Elle fut menée dans le cadre de la politique nazie d'extermination des Juifs de toute l'Europe occupée décidée lors de la conférence de Wannsee, en janvier 1942.

Le programme génocidaire nazi prévoyait dans un premier temps la déportation de 30 000 Juifs de la zone occupée et 10 000 de la zone libre. Le gouvernement français dirigé par Pierre Laval limite les arrestations aux Juifs étrangers ou considérés comme « apatrides ». Adolf Eichmann négocie avec la police française – Jean Leguay (délégué de la police de Vichy en zone occupée) et René Bousquet (secrétaire général de la police française) – qui accepte de collaborer et d'organiser seule la rafle.

Pour la première fois en France, des femmes et des enfants sont raflés. Si cette rafle vise principalement les Juifs étrangers, la très grande majorité de leurs enfants sont de nationalité française, car nés en France.

Les Juifs arrêtés sont transportés par autobus au Vél' d'hiv' ; les célibataires et les couples sans enfant sont conduits au camp d'internement de Drancy ; de là, ils sont déportés vers le camp d'Auschwitz, où la plupart d'entre eux sont exterminés.

Les familles sont dirigées dans les camps de transit de Beaune-la-Rolande ou de Pithiviers, où elles sont séparées de force dans des conditions abominables avant d'être à leur tour déportées vers Auschwitz. Aucun des enfants n'est revenu ; moins d’une dizaine de mères ont survécu.

Une journée nationale commémorative (le dimanche suivant le 16 juillet) rappelant le drame a été instituée par le président François Mitterrand en 1993. Son successeur, Jacques Chirac, opère le 16 juillet 1995 un véritable tournant mémoriel, en reconnaissant, pour la première fois au nom de la République, la complicité de l’appareil de l’État français dans la persécution des Juifs.

La loi du 10 juillet 2000 a permis d’officialiser cette journée du souvenir en « instaurant une journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux « Justes » de France ».

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14 juillet 2017

Un iceberg de la taille de la Corrèze se détache de l’Antarctique

Par Simon Roger

Le détachement du bloc de glace ne va pas contribuer à la montée des eaux mais pourrait fragiliser la plateforme Larsen C et le glacier voisin.

L’un des plus gros blocs de glace jamais observés dérive dans les eaux glacées qui bordent l’Antarctique. D’une surface estimée à 5 800 km2, l’équivalent du département de la Corrèze, ce gigantesque iceberg s’est détaché de la plateforme Larsen C « entre lundi et mercredi », a annoncé mercredi 12 juillet l’équipe des universités écossaises de Swansea et d’Aberystwyth (réunies au sein du projet Midas) scrutant la zone à partir des données satellitaires transmises par la NASA, l’agence spatiale américaine, et l’agence spatiale européenne ESA.

La plaque à l’ouest du continent blanc, qui doit son nom à l’explorateur norvégien Carl Anton Larsen, est une vaste plateforme glaciaire de près de 350 mètres d’épaisseur qui flotte à la surface de la mer. Privée de 12 % de sa superficie avec le décrochage de cet iceberg massif, la barrière de Larsen C est désormais « potentiellement moins stable » soulignent les chercheurs. Une plateforme baptisée Larsen A s’était désintégrée à la suite d’un phénomène similaire en 1995, avant qu’une autre barrière de glace, Larsen B, ne disparaisse de la même façon en 2002.

Parmi les zones les plus sensibles au dérèglement climatique

L’intérêt scientifique de ce troisième épisode est notamment qu’« il est bien mieux documenté que les deux précédents », convient Mathieu Casado, chercheur CNRS au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement. La crevasse qui fissure le pan de glace sur plus de 200 kilomètres a été repérée dès la fin de 2010. Les scientifiques n’ont pas cessé depuis d’en suivre l’avancée qui s’opère à un rythme irrégulier : entre le 25 et le 31 mai, la crevasse s’est allongée de 17 km, un record depuis janvier.

La présence de failles profondes et la formation d’icebergs sont des processus naturels que le réchauffement atmosphérique et océanique contribue à amplifier, estiment les spécialistes des latitudes polaires. L’Antarctique occidental s’est réchauffé de 2,4 °C depuis 1958, révélaient des travaux américains publiés en décembre 2012 par la revue Nature Geoscience, classant cette région du grand inlandsis parmi les zones les plus sensibles au dérèglement climatique. Le réchauffement s’y produirait environ trois fois plus vite que la moyenne relevée sur l’ensemble du globe au cours de la même période.

Pour autant, le futur de Larsen C n’est pas scellé. « Dans les mois et les années à venir, la plateforme pourrait soit se reconstituer peu à peu, soit souffrir d’autres départs d’icebergs pouvant en toute fin conduire à son effondrement », détaille Adrian Luckman, professeur à l’université de Swansea. L’évolution de l’iceberg est elle aussi « difficile à prédire, poursuit le responsable du projet Midas. Il pourrait rester entier, mais devrait plus probablement se rompre en plusieurs fragments ». Dans cette deuxième hypothèse, des morceaux pourraient dériver vers le nord et menacer les navires croisant dans le détroit de Drake, le passage entre l’extrême sud de l’Amérique latine et l’Antarctique.

« Pas d’incidence sur la montée des eaux »

Les chercheurs s’interrogent aussi sur l’impact éventuel de cet événement sur la montée des eaux. Dans une étude publiée au printemps 2016 par la revue Nature, les Américains Robert DeConto et David Pollard proposent un modèle dans lequel la fonte de la calotte antarctique (dûe à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre) pourrait contribuer à plus de 1 mètre d’élévation du niveau des mers d’ici à 2100 et plus de 15 m d’ici à 2500. « Le bloc de glace détaché de Larsen C n’aura pas d’incidence sur la montée des eaux, juge Mathieu Casado, mais il va mettre à nu le glacier tout proche, qui risque de s’éroder plus vite. »

Il va modifier, par ailleurs, la chaîne alimentaire de cette région de la péninsule antarctique, « par la libération d’algues microscopiques englacées qui supportent un système entier, y compris le krill et les mammifères marins », réagit la section biologie du Comité scientifique des recherches antarctique (SCAR en anglais) dans un communiqué diffusé le 12 juillet. « S’il bloque l’accès à certaines baies, l’iceberg peut provoquer une mortalité massive chez les prédateurs et les oiseaux marins, complète Yan Ropert-Coudert, responsable du SCAR Biologie. Il peut perturber aussi les conditions de glace de mer. »

Le vêlage de cet iceberg géant offre donc une opportunité unique pour l’étude des écosystèmes de l’océan austral. « Or les chercheurs n’ont accès au site que plusieurs mois, voire plusieurs années, plus tard [en raison du traité international qui régit le territoire antarctique], constate l’expert français. Il devient impératif de réduire ces délais. »

 

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Antarctique: L’iceberg géant qui s’est détaché est «un événement rare», mais «pas exceptionnel»

SCIENCES Un gigantesque iceberg s’est détaché dans l’ouest de l’Antarctique, engendrant des conséquences encore peu prévisibles. Interview avec des chercheurs sur ce phénomène…

Un gigantesque iceberg d’une superficie de 5.800 kilomètres carrés, soit environ celle du département de la Corrèze, s’est détaché mercredi d’une plateforme de glace appelée Larsen C dans l’ouest de l’Antarctique.

Ce bloc possède une taille hors-norme, soit 200 kilomètres de long, une épaisseur d’environ 190 mètres et une profondeur sous la mer qui pourrait atteindre 210 mètres. Quelles conséquences sont à prévoir? Eléments de réponses avec Jean Tournadre, chercheur en télédétection pour l’océanographie au Laboratoire spatial et interfaces Air-Mer à l’Ifremer et le climatologue Hervé Le Treut, professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, directeur de l'Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL)...

En 2010, le National Ice Center (NIC) surveillait 37 icebergs géants en Antarctique et 52 en 2016. Y-a-t-il une accélération de la formation de ces énormes icebergs ?

Jean Tournadre: Nous n’avons pas assez de recul pour le dire. Entre 1998 et 2002, il y a eu trois icebergs géants A38, B15 et C19 qui étaient plus grands que l'iceberg que l'on observe aujourd’hui. Ce genre d’événement est rare mais pas exceptionnel. Pour ce qui est du nombre d’icebergs suivis par le NIC, il est en moyenne d’une cinquantaine sur les trente dernières années. Nous étions dans une phase où les très gros icebergs du début de la décennie 2000 ont fini de se décomposer. Mais ce qui compte le plus n’est pas le nombre d’icebergs, mais le volume de glace qu’ils transportent.

Hervé Le Treut: Tout d'abord, nous avons encore peu de recul dans la connaissance de l'Antarctique, son étude remontant à quelques décennies. Donc il n'est pas facile de répondre à ce type de question. Cependant, en analysant la succession des événements, il peut y avoir une mutiplication de ces phénomènes mais pour plusieurs raisons.

Quelles sont ces raisons ? Et quelle est la part de responsabilité de l’homme dans cette situation ?

H. Le T.: Ces événements sont difficiles à expliquer sans parler du réchauffement climatique global de la planète. Et il y a un niveau très élévé de la probabilité de l'activité humaine dans cette tendance au réchauffement global, notamment depuis 40 ans avec les gaz à effets de serre. Après, il y a une valeur globale et des phénomènes variables. Il ne faut pas s'arrêter à une lecture événementielle et isolée de la formation de cet iceberg, aujourd'hui. Il faut le voir dans la durée. Et souligner que des phénomènes plus puissants, au diagnostic évident, se déroulent en Arctique avec la fonte de la banquise.

L’énorme bloc qui vient de se séparer faisait partie d’une plateforme de glace nommée Larsen C qui retient des glaciers capables de faire gagner 10 cm aux mers du monde s’ils finissent dans l’océan. La disparition de Larsen C est-elle probable?

J. T.: C’est effectivement un risque, puisque c’est ce qui s’est passé pour Larsen A et B. Mais on ne sait pas prévoir la probabilité de disparition de la plateforme Larsen C: une reconstitution de cette plateforme est possible, mais fort improbable, et surtout cela prendrait un temps très long. Par ailleurs, si les glaciers de la péninsule antarctique sont déstabilisés par la fracture de la plateforme Larsen C, ils pourraient effectivement contribuer à la hausse du niveau marin.

Avec cet énorme iceberg, il y a un risque pour la navigation d’après l’Agence spatiale européenne. Est-ce un risque réel ou fantasmé puisque les bateaux utilisent systématiquement des radars ?

J. T.: L’iceberg en lui-même va certainement mettre plusieurs années avant de sortir éventuellement de la mer de Weddell. Le risque pour la navigation dans cette zone où il y a très peu de navires est extrêmement limité. Par contre, les icebergs en eux-mêmes peuvent bien sûr être être un risque. Ce n’est pas pour rien que toutes les grandes courses qui passent par les mers australes font appel à des services de détection d’icebergs...

H. Le T.: J'évoque un autre risque, celui de l'ouverture de nouvelles voies navigables dans ces zones fragiles. C'est un risque car une marée noire dans cette zone aurait des effets encore plus déastreux que dans des mers plus chaudes.

Y a-t-il un risque de montée des eaux accrue avec la formation de cet énorme iceberg ?

J. T.: Aucun, une plateforme de type Larsen flotte sur la mer. Un morceau qui se détache ne peut pas contribuer à la hausse du niveau des mers.

H. Le T.: Prenez l'image d'un glaçon dans un verre d'eau. Il flotte. Par contre, la séparation de cet iceberg de Larsen C fragilise le reste qui est derrière. Cette plateforme empêche l'arrivée des glaces du continent qui coulent et contribuent, elles, à la hausse du niveau de la mer. C'est un risque car le flux s'accélère.

14 juillet 2017

Royal de Luxe de retour à Nantes : on en sait plus

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La rumeur d'un retour de Royal de Luxe dans les rues de Nantes avait été lancée suite au discours de bonne année de la maire, Johanna Rolland. Cette fois, c'est confirmé : la troupe de théâtre devrait bien revenir dans la Cité des Ducs mais... sans les géants. Et ça aura lieu place de la Petite-Hollande, du 29 juillet au 20 août.

La compagnie Royal de Luxe, menée par l'extravagant Jean-Luc Courcoult a préparé, en Belgique, à Malines, un nouveau spectacle, intitulé "Miniatures". La troupe, qui nous avait plutôt donné l'habitude de se produire autour de géants devrait changer son fusil d'épaule et nous faire voir la vie en tout petit. Après les premières représentations à Malines au mois de mars, Royal de Luxe devrait bel et bien revenir dans les rues et les quartiers de Nantes, pour nous faire découvrir ce tout nouveau spectacle. Save the date : du 29 juillet au 20 août, la troupe devrait donner une vingtaine de représentations, pour notre plus grand plaisir.

Adieu les géants, bonjour les miniatures

Selon nos confrères de Ouest France, l'intrigue de "Miniatures" raconte l'histoire d'un pilote de ligne qui, au beau milieu d'un vol, s'endort dans le cockpit de son avion. Là, il se prend à rêver. Et de tout là-haut, il observe les catastrophes subies par la planète... en miniature ! L'envie de Jean-Luc Courcoult est de s'autoriser à rêver alors même que l'on vit une époque propice à la terreur et au désarroi. Une fois encore, la troupe du Royal de Luxe nous promet de jolis moments, dans les rues de la ville, pleins de poésie et d'imagination. Rappelons qu'en 2014, le dernier spectacle "Le mur de Planck", qui mettait en scène une grand-mère et une fillette, avait rassemblé près de 500 000 spectateurs en 4 jours seulement. On parie fort sur un nouveau succès en 2017 !

22 décembre 2019

Portrait « J’étais cet objet qui voulait bien l’être » : Jane Birkin, de 1969 à #metoo

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Par Judith Perrignon

Cinquante ans avant #metoo, une jeune Anglaise sexy chantait « 69 année érotique », en duo avec Serge Gainsbourg. La libération sexuelle avait trouvé un hymne et une égérie. Aujourd’hui, à 73 ans, l’artiste dresse un bilan doux-amer de ces années.

Rappel rapide des faits par l’intéressée. Elle débarque à Paris juste après Mai 1968 pour tourner le film Slogan avec Serge Gainsbourg. Leur rencontre devient liaison. Il l’emmène dans sa chambre chez ses parents, avenue Bugeaud, à Paris, lui fait écouter la chanson Je t’aime… moi non plus, enregistrée avec Bardot, amante de quelques mois dont les photos tapissent les murs. Il lui explique que Bardot est mariée, refuse que cette chanson sorte, pour finalement lui proposer de la reprendre. Birkin dit oui.

Ils enregistrent dans un studio à Londres. « Je vais je vais et je viens/entre tes reins/je vais et je viens entre tes reins et je me retiens. » Elle chante et répond une octave au-dessus de la plus belle femme au monde. « Non ! maintenant viens ! » Elle gémit aussi. C’est un siècle après le Sonnet du trou du cul, d’Arthur Rimbaud, mais suffisant pour que le responsable du label Phonogram leur dise : « Je veux bien aller en prison pour un 33-tours, mais pas pour un 45-tours ! »

Gainsbourg écrit 69 année érotique dans la nuit, puis d’autres chansons dans la foulée. Dix titres pour un album sous cellophane, interdit aux moins de 18 ans, avec uniquement le visage de Jane Birkin sur la pochette. « C’est Serge qui a voulu que je sois seule. Il voulait que j’aie du succès en France. » C’est plus que le succès. Elle devient le corps androgyne, les grands yeux clairs, les lèvres en cœur, autant dire l’incarnation de la libération sexuelle qui semble tout entière contenue dans cet album dont les radios du monde entier ne savent alors pas quoi faire.

C’était il y a longtemps. L’année érotique a 50 ans. Fêter ça avec Jane Birkin, qui en a 73, c’est se faire cueillir par un sourire et un soupir sympathique. « Je ne peux pas parler de mon époque. Les autres filles étaient bien plus libres que moi. Ça n’existait pas d’être plus impressionnée que moi par un homme. J’étais ravie d’être l’objet de désir de Serge, la personne qui l’inspirait. Ravie de faire des photos à poil. D’être dans Playboy, alors que je n’étais pas du tout leur type. J’étais cet objet qui voulait bien l’être. C’est vrai, je ne sais pas ce que ça donnerait aujourd’hui. » Qu’est-ce qu’aujourd’hui ? Sinon le constat que l’émancipation féminine est allée beaucoup moins vite que la libération sexuelle. Qu’il y a des agresseurs en smoking sur les tapis rouges de Cannes, comme à toutes les marches de la société. Alors, « #metoo ! » ont lâché en cascade sur les réseaux sociaux les jeunes femmes du monde occidental pour raconter, dénoncer et partager expériences et mauvais souvenirs.

« L’AUTRE JOUR, J’AI DIT À UNE COPINE : “DOMMAGE QU’ON N’AILLE PLUS À ROME, QUAND ON ÉTAIT JEUNES, ÇA NOUS REMONTAIT LE MORAL DE SE FAIRE SIFFLER DANS LA RUE”. »

Une nouvelle vague féministe a pris corps, héritière du mouvement d’émancipation des années 1960, mères et filles d’accord sur l’essentiel, mais les filles reprochant à leurs mères d’avoir encore trop intériorisé l’attente des hommes et les normes dont les femmes sont les victimes. En France, il y eut un bémol, un appel à la liberté d’importuner publié dans Le Monde par certaines doyennes, femmes des hautes sphères, dont Catherine Deneuve et Catherine Millet, qui prévenaient que la victimisation des femmes ne les grandissait jamais et pouvait mener vers une forme de puritanisme, mais glissaient vers le statu quo, en sauvant au passage la réputation de quelques-uns de leurs amis. C’était la génération Birkin, mais sans elle.

Qui se souvient de la main baladeuse à Paris – « ça, c’était lourdingue, j’ai l’impression que cela a beaucoup disparu » –, mais aussi qu’elle ne détestait pas se faire siffler dans la rue. « Ça ne se faisait pas à Londres. Pour moi, ça faisait italien et c’était gai. L’autre jour, j’ai dit à une copine : “Dommage qu’on n’aille plus à Rome, quand on était jeunes, ça nous remontait le moral de se faire siffler dans la rue”. » Birkin n’a rien signé. Rien dit.

Au croisement du désir, du scandale et des poussées libératrices, il y a pourtant Birkin. Phare des sixties. Ou plutôt frêle embarcation. C’était une petite Anglaise venue du pays de l’avortement légal, des Stones, des minijupes à cinq pounds, qui trouvait la France ringarde, avec ses faiseuses d’anges jugées aux assises, sa peine de mort et ces gens qui s’offusquaient de voir sa culotte verte quand elle se baissait dans la rue. C’était surtout un maladif manque d’assurance. Elle voulait qu’on l’aime, se nicha dans le cœur et sous l’aile de Gainsbourg déjà en vogue. Et s’offrit tout entière au scandale qu’il orchestrait.

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Le pape, la BBC et sa mère

Il s’était amusé avec France Gall, poupée naïve suçant des sucettes à l’anis ; vint Bardot, l’inaccessible qui chante mais retourne à son mariage. Avec Birkin, corps androgyne en cette époque qui brûle les soutiens-gorge, tout s’amplifie, il ouvre les vannes, il fait de la chanson Je t’aime… moi non plus un film, la voilà serveuse au cheveu court qui tape dans l’œil d’un jeune et beau routier homosexuel, le cinéma de Gainsbourg montre sexe, masturbation et sodomie plus crûment que dans ses chansons, le film frôle le classement X, mais reçoit la bénédiction de François Truffaut.

Elle pose encore pour Lui, « le magazine de l’homme moderne », dans une mise en scène de Gainsbourg, reprenant quelques scènes du film. Elle se souvient d’elle nue, en jarretelles, cambrée et menottée au radiateur. Qu’ils choquèrent le pape, la BBC et un peu aussi sa mère, « mais elle savait que c’était pour Serge et elle adorait Serge ».

Ces images ont plus de quarante ans, on voit bien, en les regardant aujourd’hui, où naît le conflit, ce qu’elles contiennent de libératoire et d’inconvenant, mais aussi de soumission à un imaginaire masculin. C’était au futur de décider s’il pencherait vers la liberté, le plaisir et le dégoût des conventions ou s’il engendrerait des Harvey Weinstein… C’était pour elle des instants. Des jeux. Elle l’aimait. Ils s’aimaient.

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Dans ces années-là, la poétesse et essayiste Annie Le Brun ramait non sans panache contre le rassemblement des femmes sous une couronne d’épines, elle prenait le contre-pied des ténors du féminisme, Antoinette Fouque, Julia Kristeva ou Élisabeth Badinter, et proclamait que le désir, sa violence, son énergie, les sauverait des structures familiales et traditionnelles que la société prépare pour elles. « Ô mes filles ô mes reines, depuis toujours maquillées à vous-même, n’est-il pas temps que vous vous aventuriez là ou ni vous ni les autres ne vous attendent… » L’a-t-elle faite, ou tout au moins tenté, cette révolution-là, Birkin ?

Elle a publié, en 2018, le premier tome du journal qu’elle tient depuis l’âge de 11 ans. Munkey Diaries (éd. Fayard). Pensées au fil du temps d’une jeune fille traumatisée par la cruauté du pensionnat, en manque de chaleur, de confiance et d’amour, qui fusionnera avec Gainsbourg. Est sorti en librairie, cet automne, le second tome de ce journal, Post-scriptum, addition de ses jours et de ses nuits entre 1982 et 2013. Toujours le manque d’assurance. L’angoisse. La navigation à vue. La quête d’une validation dans le regard masculin. « Dans mon cas, les hommes étaient impressionnants et il y avait de quoi les admirer ! Mais, en relisant l’histoire, je crois que j’ai mélangé à peu près tout. »

Fusionnelle, redevable, objet encore

Faut-il vraiment la dérouler homme par homme, cette histoire ? Mariée à 17 ans avec John Barry, 35 ans, compositeur anglais internationalement reconnu pour ses génériques de James Bond, dont elle divorce peu de temps après la naissance de leur fille, Kate. « Le premier homme que j’ai connu, un grand séducteur, déjà marié deux fois. Le compositeur le plus connu d’Angleterre, qui s’est trouvé marié à cette hystérique de 18 ans qui passait son temps à attendre son retour. » Puis Gainsbourg, qu’elle n’épouse pas : elle annule le mariage au dernier moment, quand elle comprend que la loi exige une prise de sang. Qu’importe l’état civil. Leur liaison irradiante, publique, de douze ans, s’installe parmi les mythes du xxe siècle, ceux du poète et de sa muse, du pygmalion et de sa créature, elle est le corps de son œuvre, il écrit les textes de sa vie. Ils ont une fille, Charlotte. Birkin s’en va, épuisée par « Gainsbarre », mais liée pour toujours à Gainsbourg, qui lui écrit des chansons d’amour même après leur rupture.

Vient le réalisateur Jacques Doillon, qui la rhabille à l’écran, lui propose une vie plus discrète. Ils ont une fille, Lou. « Il m’a aidée en me tenant la main, en me tenant le cœur. Je voulais tout bien faire pour lui, et la voilà, sa petite fille », écrit-elle dans son journal après son accouchement, au mois de septembre 1982. Fusionnelle, redevable, presque objet encore. Puis, très vite, angoissée, jalouse, car il tourne beaucoup, vit entourée d’actrices, plus jeunes, forcément plus belles, « Je ne suis pas dans tes yeux, et tu n’y es pour rien », écrit-elle. On a envie de l’engueuler, de la secouer en la lisant. « Mais j’avais raison ! » Oui, il la trompe. Il a une autre vie. Pourquoi s’accuser encore alors que le plancher s’effondre sous ses pieds. « Je me situe comme une personne bourrée de fautes. Je me juge sévèrement. J’étais pas avec des crétins non plus ! »

Après la rupture, elle part se réparer en thalasso à Quiberon. Elle couche ceci dans son journal : « J’ai l’impression que toutes les femmes ici ont 45 ans et sont, pour la même raison que moi, désespérées dans des bains bouillonnants, en faisant des efforts enfantins, droite, gauche, dans la douche piscine. Sur chaque visage je vois une peine, une honte dans les yeux baissés, sinon pourquoi on est là ? Toutes probablement mères de famille, toutes… » L’icône, l’incandescente, s’est dissoute dans le bouillon si triste et si commun de l’insécurité féminine.

« LOU TROUVAIT RÉDUCTEUR QUE JE NE ME DÉCRIVE QUE COMME UNE SOURCE D’INSPIRATION POUR SERGE. POUR ELLE, JE MÉRITAIS MIEUX. »

Sa fille Lou Doillon a lu ce journal. « Elle a trouvé mon point de vue très éloigné du sien. Elle était chagrine de mesurer à quel point je m’étais sous-estimée. Elle était triste pour moi, alors que, moi, je ne le suis pas. Gentiment, elle trouvait réducteur que je ne me décrive que comme une source d’inspiration pour Serge. Pour elle, je méritais mieux. Pourquoi ce manque de confiance en soi, je ne sais pas. On espère juste ne pas le transmettre à ses enfants. » Et si c’était comme ça qu’il fallait dérouler le fil de l’histoire désormais, mesurer l’émancipation, l’éclosion ? De mère à fille. De femme à femme. « « Femme », c’est un mot que j’ai du mal à employer pour mes filles. Et même pour moi. » Une femme sait souvent mieux sa valeur qu’une fille.

Birkin est la fille de Judy Campbell, comédienne, chanteuse, muse du célèbre dramaturge anglais Noël Coward, qui, en se mariant avec Peter Birkin, colonel de la Navy, dut mettre un terme à sa carrière. « J’ai retrouvé une lettre qu’il lui écrivit : “Je te laisserai libre de faire ton métier.” Mon œil ! sourit Birkin, qui fut très proche de son père. Il faisait en sorte que nous habitions à la campagne, loin de tout théâtre. » La muse est donc l’enfant d’une muse contrariée. C’est sûrement l’une des raisons pour laquelle la mère approuva le mariage de sa fille avec le séducteur John Barry, tandis que le père ne cachait pas sa peine de la voir s’engager dans cette impasse.

« Elle avait été plus indépendante que moi. Elle avait eu des hommes avant mon père, pas moi. Mais elle estimait que j’étais moins costaude qu’elle. Elle ne voulait pas que je sois prise légèrement, elle ne voulait pas que je sois blessée. » Sa fille, au moins, voguait vers le show-business, qu’elle avait dû déserter. D’ailleurs, après Barry, Judy Campbell s’enticha de Gainsbourg. « Elle adorait Serge. Elle enviait ma liberté. Je faisais une carrière comme elle aurait aimé avoir, et que j’ai eu facilement, sans rien foutre, juste en étant jolie. J’ai jamais fait une école qui me donne une base, comme elle. Avant même de suspendre sa carrière, elle s’était censurée. Pour ne pas choquer la famille de mon père, elle avait refusé une pièce de Joe Horton, ou elle devait dire “fuck”. Des années plus tard, je faisais Je t’aime… moi non plus. »

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On la retrouve dans les archives de l’INA. Année 1972. L’ORTF visite la maison de Gainsbourg, rue de Verneuil, alors qu’elle s’est installée là avec sa fille Kate et que Charlotte est née. « C’est une maison de famille ? », demande le journaliste comme si enfin tout ce petit monde allait rentrer dans le rang. « Non, répond-elle, il y a cette salle qui est complètement lui, puis il y a la chambre des enfants, c’est gai, il y a les jouets… — Qui devait être la salle de billard, j’ai fait des concessions, l’interrompt Gainsbourg en souriant dans le rôle du vieux loup solitaire. — Oh ! pas trop, dit-elle. — C’est vrai, reconnaît-il. — Jane, qu’est-ce qui vous représente ici ? demande le journaliste. — Oh ! c’est son univers à lui, ici, moi, j’ai une maison à Londres. Moi, j’aime beaucoup vivre dans l’atmosphère de quelqu’un d’autre. »

Dans cet extrait, un immense sourire éclaire le visage de Jane Birkin lorsqu’elle évoque la chambre des enfants. D’aucuns verront s’éteindre le scandale et la révolution sexuelle là où surgit dans son corps le rôle si conventionnel de la maternité. Mais Birkin a été les deux en même temps. Il y eut des nuits de fête et d’alcool Chez Régine ou chez Castel, qui se terminaient à la table du petit-déjeuner avant l’école. Il y eut, pour ses filles, maman et son double de magazine. Elle raconte aujourd’hui la maternité comme un apaisement. « Animalement, j’adorais ça. Animalement, j’étais self-sufficient. Ça m’a donné confiance. Je savais ce que je faisais, j’avais trouvé un terrain d’aisance et de joie. Les enfants, quand ils sont petits, c’est dépourvu de jugement. Alors, pour moi qui ai peur de déplaire, peur de perdre, peur de dire et d’oser, c’est formidable. On a l’air doué quand on joue avec les enfants. On sait quoi faire quand ils se blessent. »

Elle ne parle d’ailleurs pas de sexe avec autant d’assurance et de conviction dans son journal. Le plaisir féminin était-il au programme de cette révolution-là ? « J’ai été avec des types formidables là-dessus qui pensaient beaucoup aux filles. Qui te demandaient : “Est-ce que c’était bien pour toi ?” “Oui, oui”, je disais. J’étais très embarrassée, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer. »

Puis, on a vu grandir ses filles sous les sunlights. Kate Barry, Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon, qui, forcément, se cherchent et, très vite, se prennent au jeu et au tourbillon du cinéma, de la chanson, de la photo, de la mode. Sans oublier les fièvres, les remous, les doutes, les crises qui frappent ici comme ailleurs, jusqu’à l’insoutenable, la mort de Kate, en décembre 2013. Elle cesse alors de tenir son journal.

« Ma mère aurait été envieuse de Charlotte qui vit à statut égal avec Yvan. Elle a une totale liberté professionnelle. » Elle revisite ses choix en regardant faire ses filles : « À mon premier mari, je n’ai jamais réclamé l’argent qu’il devait pour élever sa fille quand nous avons divorcé. Il aurait fallu, pour 30 livres par semaine, courir après cet homme très riche qui vivait en Amérique. Je ne l’ai pas fait. J’ai cru que c’était ma fierté qui refusait d’aller mendier. Et j’étais pleine de reconnaissance d’avoir été prise mère et enfant par Serge. Mais j’aurais dû penser à l’enfant. Je l’ai compris quand j’ai vu comment ma fille Lou et le père de son fils se sont débrouillés si normalement. Les mères d’aujourd’hui pèsent ça beaucoup mieux que moi alors. »

Elle n’est pas une femme de regrets. Ou à trouver son temps plus culotté que celui d’aujourd’hui. Elle dit d’elle, gazelle court vêtue qui traversa les films populaires des années 1970 : « Je me suis bien amusée et je crois même que j’étais bien dans les films de Claude Zidi. Par contre, il y avait d’autres comédies comme Catherine et compagnie ou bien Comment réussir quand on est con et pleurnichard, il aurait mieux valu Arletty ou Shirley MacLaine. J’étais nulle, il aurait fallu un argot venant du cœur. »

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Elle minimise aussi le mythique Blow-Up sur son curriculum vitae – « je n’étais qu’une figurante à poil ». C’est pourtant, avec Je t’aime moi non plus, une image d’elle qu’on lui ressort partout dans le monde, qu’elle soit interviewée sur une chaîne italienne ou russe. Elle sait bien que le début avale tout le reste. « Serge me disait : “Ça te permet de continuer.” » Elle n’est pas sûre d’avoir laissé voir beaucoup d’elle, au fond, dans tout ça.

Mais ça ne l’inquiète pas. Elle est dans les plis de sa vie. Le regard est moins léger, abîmé par les chagrins et les deuils. Mais jamais amer. Et toujours aussi peu assuré. Elle entend le #metoo. « Et peut-être que les filles ne se mettront plus dans la situation de monter prendre un verre avec le producteur. Et il n’aura pas le droit de prendre ça mal. »

Elle sait bien que les jeunes filles questionnent jusqu’aux genres féminin et masculin, si marqués, si figés dans la trace qu’elle a laissée, « ma petite-fille Alice [la fille de Charlotte Gainsbourg et Yvan Attal], qui vit en Amérique, est très susceptible là-dessus ! » Ça l’amuse même que sur les bateaux-mouches d’Angleterre, où elle ne va plus beaucoup, on ne dise plus « Ladies and Gentlemen », mais « Hi guys ! » (« bonjour tout le monde ! »).

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C’est ainsi. Le temps a passé. Les robes, les tee-shirts moulants pour seins plats et les jeans pattes d’eph’ de la jeune Birkin sont un classique des grandes marques de la bourgeoise. Ses filles en sont les mannequins, des images sexuées à leur tour. « Je trouve ça très gai. Elles ont trouvé leurs originalités très différentes, Lou en fantaisie créatrice, Charlotte en égérie d’une élégance perso… » Tandis que, à la sortie des théâtres où elle chante encore et toujours Gainsbourg, ceux qui réclament un autographe lui sortent très souvent une photo d’elle à poil dans un vieux numéro de Lui, ils l’ont trouvée sur Internet et imprimée au format A4. « Je signe sur les fesses et les seins autant que je peux. »

15 juillet 2017

BRUSK à la Galerie Laurent Strouk

Galerie Laurent Strouk

2 avenue Matignon

75008 Paris

France

+33 (0) 40 46 89 06

www.laurentstrouk.com

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BRUSK

Le monde tel que Brusk le représente se délite. Bâtiments, trains, personnages, animaux, scènes de rue…, tout se décompose, comme l'expriment coulures et déchirures. Cette manière virtuose de dessiner est sa marque de fabrique. Les éléments s'échappent, se tordent, explosent : un choc visuel dans l'univers luxueux et feutré de la galerie Laurent Strouk, avenue Matignon. Le Lyonnais, quadra, ne renie pas ses convictions militantes pour séduire. Il va même plus loin en consacrant une salle entière aux naufragés en Méditerranée réfugiés. Une partie du fruit de la vente de ces œuvres sera d'ailleurs reversée à une association qui leur vient en aide.

http://www.laurentstrouk.com/fr/artistes/brusk-fr/?gclid=Cj0KEQjwkZfLBRCzg-69tJy84N8BEiQAffAwqkqij94MqcpKREyvM01BHDq0RBc1PUl9p9-50nuHeM4aAn6v8P8HAQ#oeuvres

https://www.facebook.com/bruskdmv/

http://www.blog.stripart.com/art-urbain/brusk/

http://www.telerama.fr/sortir/brusk-un-street-artiste-au-pied-du-mur,127286.php

https://www.sortiraparis.com/arts-culture/exposition/articles/140893-le-street-artiste-brusk-s-expose-a-paris

https://www.brusk.fr/

12 juillet 2017

AURAY - Urgences. L'accueil d'été à l'hôpital du Pratel rouvre ce jeudi

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Article de Guillaume Hubert - Source : Le Télégramme

Pour répondre aux besoins estivaux, les urgences de l'hôpital du Pratel ouvrent du 13 juillet au 18 août. Un service essentiel pour décharger les urgences de Vannes, selon Thomas Maréchal, directeur du site.

« Un service de proximité souvent décisif l'été ». Thomas Maréchal, directeur du centre hospitalier Bretagne Atlantique, développe : « si quelqu'un fait une crise cardiaque sur un territoire excentré, comme la presqu'île de Quiberon, gagner une demi-heure de transport par rapport aux urgences de Vannes, ça peut tout changer ». D'où l'importance d'un service d'urgences à Auray, sans lequel celles de Vannes seraient engorgées l'été. « Nous avons déjà eu un mois de juin particulièrement soutenu au centre hospitalier de Vannes, avec 250 patients par jour durant la Semaine du golfe, contre 170 en hiver », justifie le directeur.

Près de 40 patients par jour

À l'hôpital du Pratel, presque 40 patients ont été traités chaque jour l'été dernier. « Sauf après le 15 août, où on a constaté une fréquentation plus faible. C'est notamment pour ça que nous fermons le 18 août cette année », explique Thomas Maréchal. Le service ouvre cette année deux jours plus tard et ferme trois jours plus tôt. Il assure que ces cinq jours d'accueil estival en moins par rapport à 2016 ne sont pas dus à des coupes budgétaires, mais à « une adaptation plus juste par rapport aux besoins de la population ».

Dix postes dont deux médecins

Les patients seront pris en charge de 9 h à 20 h, sauf pour les urgences les plus graves, transférées sur Vannes. Le personnel provient d'effectifs détachés du site vannetais.

Un recrutement de plusieurs contractuels a eu lieu au printemps. Principalement sur des postes d'infirmières, d'aides-soignants et de personnel d'entretien. Cette ouverture estivale est aussi un moyen de tester de futurs salariés permanents, pour le directeur de l'hôpital : « nous recrutons également dans le cadre de mutations. Chaque année, nous prenons en CDI à Vannes des contractuels qui ont prouvé leur qualité durant l'été à Auray ». Une sorte de phase test.

Le Smur et la Maison Médicale en renfort

Deux urgentistes sont présents chaque jour de 9 h à 20 h. En dehors des horaires d'ouverture, le Service mobile d'urgence et de réanimation (Smur) du Pratel reste mobilisé et accessible via le 15, comme toute l'année.

Pour les soins courants, la maison médicale du 45 avenue Wilson sera ouverte en semaine de 20 h à minuit, le samedi de 12 h à minuit et le dimanche de 8 h à 22 h.

« La proximité permet des transferts. Le rôle premier des urgences, c'est l'intervention rapide et la bobologie, pas les maux de tête. La maison médicale est là pour ça ». Chacun son rôle !

18 juin 2011

Exposition Georges Pompidou aux Archives Nationales

À l’occasion du centenaire de la naissance de l’ancien président de la République, les Archives nationales consacrent une exposition à la vie politique et personnelle de Georges Pompidou (1911 - 1974), dont elles conservent les archives.

pompidou_portrait_officielInspiré des mémoires inachevés de Georges Pompidou, Pour rétablir une vérité (Flammarion, 1982), le parcours de l’exposition s’organise autour de quatre temps forts :

    La formation d’une élite littéraire (1911-1944),

    L’engagement auprès du général de Gaulle (1944-1967),

    La crise de Mai 68 (1968-1969)

    La Présidence (1969-1974)

Dépassant l’image d’Epinal de « l’agrégé sachant écrire », les Archives nationales cherchent, notamment grâce au concours du professeur Alain Pompidou et de Monsieur Édouard Balladur, ancien Premier ministre, à mettre en regard les cinq années de la Présidence de Georges Pompidou avec des dimensions plus personnelles de sa vie, qui plongent leurs racines dans les univers lycéen et normalien, comme en témoigne son amitié avec Léopold Sedar Senghor.

Des photographies, affiches et nombreuses sources iconographiques conservées aux Archives nationales viennent incarner le personnage au fil du temps et de l’exposition. Les documents manuscrits lèvent un coin du voile sur des aspects peu connus de sa vie : les sujets de khâgne illustrent sous un jour nouveau et avec précision sa formation politico-intellectuelle, les documents militaires permettent de découvrir « son » 18 Juin, les relevés du conseil des ministres du 27 mars 1974 montrent de l’intérieur la conduite personnelle de Georges Pompidou lors de ses derniers instants politiques...

Cette exposition donne à réfléchir au destin de celui qui, à la suite du « grand dessein national » du général de Gaulle, a tracé les contours d’une « certaine idée de la modernité » dans la France des années soixante et soixante-dix.

Voir mon billet du 15 juin

14 juillet 2017

Street Art à la Cité Universitaire - ATTENTION derniers jours !

Jusqu'au 16/07/2017 // Gratuit

Un parc magnifique, un laboratoire d'architecture du XXe siècle à ciel ouvert, la Cité internationale universitaire est un lieu de balade privilégié en été. Avec le projet « Rehab 2 », elle sera sûrement l'un des spots de street art les plus chauds de l'année ! La Maison des Arts et Métiers est investie par une centaine d'artistes urbains ...

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DSCN6026Photos : Jacques Snap

STREET ART. Savourez 12 000 m 2 de graffiti. Un dispositif hors-norme du collectif Bitume street art qui a eu carte blanche pour s’exprimer sur les sept étages de la maison des Arts et Métier de la Cité U avant sa rénovation. Vous avez jusqu’à dimanche pour émerveiller vos pupilles des fresques de l’opération Rehab 2.

Jo di Bona, JM Robert, CharlElie Couture (oui, oui, le chanteur !) et Kessadi vous enverront des bombes que vous tâcherez de ne pas oublier. Plus de cent artistes y sont impliqués !

Une guinguette sert de décor aux plus assoiffés. Et pour encore plus de fun, cinq équipes s’affronteront en « battle » d’aérosols demain de 18 h 30 à 22 heures. Attention aux projections ! A.L.

Quoi : Rehab 2. Où : Cité U, 17, place Jourdan (XIV e). Quand : jusqu’à dimanche de 10 heures à 22 heures. Combien : participation libre. Se renseigner : http://rehab2.fr

 

19 décembre 2019

Etats-Unis : Trump mis en accusation par une Chambre des représentants profondément divisée

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant

Les articles d’« impeachment » ont été adoptés mercredi sur des lignes presque strictement partisanes. Le président doit désormais être jugé par le Sénat.

Nancy Pelosi, la speaker (présidente) de la Chambre des représentants venait tout juste d’annoncer le résultat du premier vote sur les deux articles de mise en accusation de Donald Trump, mercredi 18 décembre. Quelques applaudissements timides, sur les bancs démocrates, se sont aussitôt attiré un regard et un geste sans réplique de l’élue de Californie, toujours armée du maillet de présidente. Les applaudissements se sont immédiatement tus. L’heure n’était pas à une célébration de victoire.

L’épilogue de la séance historique au cours de laquelle Donald Trump est devenu le troisième président de l’histoire des Etats-Unis mis en accusation, pour abus de pouvoir et obstruction au Congrès, était attendu. Presque aucune voix n’a manqué. Le premier article a été adopté par 230 voix contre 197, et le second par 229 voix contre 198. Il en fallait au minimum 216 pour les valider.

Les deux blocs qui se sont manifestés dans l’urne s’étaient déjà affrontés tout au long d’une journée d’explications de vote aussi âpre que tendue.

Les uns après les autres, les démocrates ont fait part de leur « tristesse », assurant avoir dû se résoudre à la dernière extrémité constitutionnelle qu’est la procédure d’« impeachment ». « Le président ne nous a pas laissé le choix, a indiqué Nancy Pelosi en tout début de séance, si nous n’agissions pas maintenant, nous manquerions à notre devoir. » Les uns après les autres, ils ont répété que le dossier ukrainien était à leurs yeux accablant, tout comme la tactique d’obstruction choisie par la Maison Blanche qui a refusé de coopérer avec la Chambre des représentants, empêchant des témoins de répondre à des assignations à comparaître et refusant de livrer le moindre document.

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« Personne n’est au-dessus de la loi »

L’affaire ukrainienne est partie du signalement d’un lanceur d’alerte après un échange téléphonique jugé alarmant entre Donald Trump et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 25 juillet.

Au cours de cette conversation, le président des Etats-Unis avait demandé « une faveur » : l’ouverture d’enquêtes visant ses adversaires politiques, dont l’ancien vice-président démocrate Joe Biden, candidat à l’investiture présidentielle pour 2020 et dont le fils Hunter avait siégé au conseil d’administration d’une compagnie gazière ukrainienne. L’enquête de la Chambre a mis en évidence un « donnant-donnant » signifié à Kiev par un canal diplomatique officieux piloté par l’avocat personnel du président, Rudy Giuliani.

Les dizaines d’orateurs démocrates qui se sont succédé ont assuré mercredi qu’aux Etats-Unis « personne n’est au-dessus de la loi », et qu’en votant en faveur de la mise en accusation du président, ils entendaient respecter leur serment de respecter et de protéger la Constitution des Etats-Unis, appelant à la rescousse les Pères fondateurs les plus éloquents, d’Alexander Hamilton à James Madison.

Inlassablement, ils ont invité leurs collègues républicains à placer cette Constitution au-dessus de l’allégeance à leur parti et au président, tout d’abord pour protéger la prochaine élection présidentielle de toute forme d’interférences. « Ce qui est en jeu ici, c’est l’idée même de l’Amérique, l’idée que nous sommes une nation de lois, pas d’hommes », a estimé Adam Schiff, le président de la commission du renseignement, qui a mené l’essentiel des auditions.

Une minute de silence

Le geste autoritaire à ses troupes de Nancy Pelosi, après le premier vote, avait pour objectif de ne pas alimenter le portrait dressé par les élus républicains d’un camp démocrate aveuglé par sa « haine » du président.

Niant en bloc les accusations relatives à l’Ukraine, conformément à la tactique de Donald Trump, ces derniers ne se sont pas privés de rappeler les citations les plus radicales de certains élus démocrates pour instruire ce procès. Le numéro deux du « Grand Old Party » (GOP) à la Chambre, Steve Scalise (Louisiane) est allé un pas plus loin en assurant que les démocrates « haïssent » également les électeurs républicains.

L’un des principaux arguments développés par les conservateurs a été d’accuser leurs adversaires de vouloir défaire au Congrès le résultat obtenu démocratiquement dans les urnes en 2016. Théâtral, le représentant de l’Ohio Bill Johnson a même imposé une minute de silence au nom des « 63 millions » d’électeurs bafoués selon lui par la procédure lancée à la Chambre. Le responsable du Parti démocrate au sein de cette assemblée, Steny Hoyer (Maryland) l’a invité plus tard à respecter tout autant les « 65 millions » d’électeurs qui s’étaient alors portés sur la démocrate Hillary Clinton, qui avait largement remporté le vote populaire, mais perdu au sein du collège des grands électeurs.

Les élus républicains ont également réquisitionné les Pères fondateurs, qui se sont retrouvés tiraillés entre les deux camps. Ils ont assuré que par cette procédure dénuée selon eux de motifs sérieux et convaincants, les démocrates allaient banaliser l’« impeachment » et en faire une menace permanente pour les futurs présidents.

« Lorsque Jésus a été faussement accusé de trahison, Ponce Pilate a donné à Jésus l’occasion de faire face à ses accusateurs, a assuré avec emphase, Barry Loudermilk (Géorgie). Au cours de ce simulacre de procès, Ponce Pilate a accordé plus de droits à Jésus que les démocrates n’en ont accordé à ce président dans ce processus. » Dans une référence à Pearl Harbor, en 1941, Mike Kelly (Pennsylvanie) a qualifié la procédure d’« infamie » comparable à l’attaque japonaise qui avait précipité l’entrée en guerre des Etats-Unis.

« Nancy Pelosi la dingue »

Alors que la joute s’éternisait au Congrès, Donald Trump avait quitté la Maison Blanche en milieu d’après midi sans un mot pour les journalistes massés comme de coutume à proximité de l’hélicoptère Marine One, immobilisé sur la pelouse sud de la demeure présidentielle.

Le président avait donné rendez-vous à ses supporteurs dans le Michigan, un Etat crucial pour sa réélection. Il vantait devant eux, comme de coutume, un bilan qu’il présente comme sans précédent dans l’histoire du pays, lorsque l’écho des votes de la Chambre des représentants lui est parvenu. « Les démocrates de Nancy Pelosi la dingue portent une marque de honte éternelle », a-t-il assuré, avant de s’attaquer avec virulence à d’autres adversaires, dont le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, élu de l’Etat de New York. « Il avait l’habitude de me lécher le cul, il était prêt à tout faire pour moi », a-t-il assuré. « Cherchez combien d’argent je lui ai donné en tout » pour ses campagnes, a-t-il ajouté : « Et au fait, Chuck, il va falloir rendre tout ça ! »

Au cours du même meeting, le locataire de la Maison Blanche s’en est pris à une légende démocrate du Congrès, John Dingell, élu du Michigan, mort en février, et dont la veuve, Debbie, qui a pris sa succession, avait annoncé qu’elle voterait en faveur de sa mise en accusation. Donald Trump a déploré un manque de reconnaissance après qu’il avait octroyé selon lui des funérailles « A + » à un disparu dont il a laissé entendre en outre qu’il s’était peut-être retrouvé en enfer.

Debbie Dingell a réagi avec indignation sur son compte Twitter. « Je me prépare à passer mes premières fêtes sans l’homme que j’ai aimé (…) et vos paroles blessantes ont juste rendu mon deuil beaucoup plus difficile », a-t-elle écrit.

15 juin 2011

Save the date : vernissage

 ALBERT WATSON/acte2galerie/EXPOSED-15 SEPT / 27 NOV 2011.

Renaud Bergonzo & Alexandre Percy ont le plaisir de vous inviter au vernissage de l'exposition "EXPOSED" en présence de

Albert_Watson

Une sélection de photographies inédites réalisées pour l'exposition.

Vernissage Jeudi 15 Septembre de 18h à 21h30.

Veuillez trouver le dossier de presse de l'exposition en pièce jointe

ainsi que le programme d'exposition 2011/2012 de la galerie.

Nous restons à votre disposition pour toute question,

Meilleurs salutations,

L'équipe de acte2galerie

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26 juin 2014

Françoise Huguier : PINCE-MOI, JE RÊVE - vu hier soir à la MEP

Cette exposition est la description d’un monde rêvé par Françoise Huguier. Sans romantisme publicitaire, sans lyrisme, mais comme une collection d’images glanées, réalisées avec élégance, sans avoir l’air d’y toucher. Au plus près des gens, dans leur intimité, avec une insolence qu’elle revendique.

La traversée de l’Afrique à +40°C, la Sibérie polaire à -40°C, la lutte dans la jungle fever des défilés de mode, les nonnes en Colombie dans l’intimité de leurs cellules, l’Asie du Sud-Est des années 1950 et sa jeunesse d’aujourd’hui… l’exposition n’est pas exhaustive, mais revisite les points forts de l’œuvre photographique de Françoise Huguier.

Ainsi, le visiteur découvrira le monde de cette grande photographe qui est aussi une grande voyageuse :

La Sibérie polaire, réinterprétée avec un nouveau choix d’images, au plus près du cinéma d’Andreï Tarkovski.

Une sélection de photographies vintage en noir et blanc, tirées par Jules Steinmetz : le carnet de voyage de Françoise Huguier, de Dakar à Djibouti, Sur les traces de l’Afrique fantôme, inspiré du livre de Michel Leiris, L’Afrique fantôme, et la série Secrètes, dans les chambres de femmes au Burkina et au Mali.

L’aventure-mode, liée au journal Libération, qui illustre l’attirance de Françoise Huguier pour le savoir faire des ateliers et son challenge de réussir, dans des conditions très difficiles et un temps très court (un défilé dure 15 minutes) à faire des images décalées. Ce monde extrêmement fermé, auquel elle n’était pas prédestinée, fut pour elle un ancrage et une révélation.

Une petite chapelle, recréee dans l’exposition, pour présenter la série Les Nonnes, inspirée de l’esthétique des images pieuses du missel de la grand-mère de l’artiste et par le film Thérèse, d’Alain Cavalier.

Saint-Petersbourg et ses appartements communautaires : des nus et la série des Robes Noires inspirée de Natacha, l’égérie de l’artiste.

Les K-Pop et les Hijab en Asie du Sud-Est : série de portraits sur la jeunesse des classes moyennes à Bangkok, Singapour, Kuala Lumpur et Bandung. Ce travail au long cours réalisé en couleur révèle l’influence de la culture populaire de la Corée du Sud. Quant aux hijab, c’est une réinterprétation de l’Islam comme phénomène de mode, qu’on pourrait appeler « l’Islam pop ». Ces deux séries illustrent l’évolution consumériste de ces sociétés postmodernes, où l’apparence prend le pas sur l’idéologie.

J’avais 8 ans, ou l’enfer de la jungle, qui revient sur l’histoire de la fin de la colonisation en Indochine par l’intermédiaire de l’enfance de la photographe au Cambodge, avec des photos bien sûr, mais aussi des lettres de l’époque et les vêtements que portaient les enfants au moment de l’attaque et de l’enlèvement par les Viet-Minh en 1950. Ça elle ne l’a pas rêvé !

Enfin, une série de trente photos inédites, jardin intime de l’artiste, complète l’exposition, dont les objets, souvenirs symboliques, sont aussi partie prenante.

Deux expositions sont à découvrir, en parallèle de l’exposition à la MEP :

Françoise Huguier, Mode et voyage – Collection de la Maison Européenne de la Photographie, Vieille église Saint-Vincent de Mérignac, du 21 juin au 31 août 2014

Françoise Huguier, Etranges Beautés, Galerie Polka, Paris, du 07 juin au 02 août 2014

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Jack Vanarsky

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Marlène Mocquet

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De haut en bas : Jiang Shanying et Lydie Arickx

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Jérôme Mesnager. Voir mes billets des 15/12/2012, 30/12/2011 et 25/06/2011.

Pour y accéder (après avoir noté les différentes dates) voir l'historique en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/index.html

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Zao Wou Ki. Voir mes billets des 28/09/2013 et 09/04/2013.

Pour y accéder (après avoir noté les différentes dates) voir l'historique en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/index.html

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Charles Matton

13 juin 2011

Devant la Fontaine Stravinski (Paris)

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La fontaine Stravinski, ou fontaine des Automates, réalisée en 1983 est l'œuvre conjointe de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. Elle est créée dans le cadre du pourcentage du budget de la construction du Centre Georges-Pompidou. C'est une commande publique entre la ville de Paris, le ministère de la culture et le Centre Pompidou. L'œuvre est la propriété de la ville de Paris qui se charge de son entretien.

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Fontaine Stravinski

17 décembre 2019

Cinéma : Anna Karina disparaît

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À travers Anna Karina, qui fut sa muse toute une partie des années 60, Jean-Luc Godard voyait toujours autre chose. Et nous, qui l’aimions tant ? Nous, on est triste. Anna Karina est partie ce matin. Par Olivier Séguret

Il faudrait qu’Anna Karina meure avec moins de discrétion qu’elle a vécu. Même si ce n’est pas très glorieux de notre part à tous, nous pouvons saisir l’occasion du deuil pour faire l’effort de la célébrer avec l’attention, l’affection qu’elle mérite, sans espoir de réparer notre indélicatesse ni de l’absoudre. Car si tout un chacun connaît (au moins vaguement) et aime (au moins spontanément) Anna Karina, notre monde n’a pas été fichu de lui accorder la place qui lui revenait, sous le prétexte facile qu’elle ne la réclamait pas...

La discrétion d’Anna Karina, c’est vrai, était naturelle, ce qui pour une actrice signale d’emblée une anormalité. D’autant que cette discrétion n’était pas d’ordre timide, ou évanescent, ou hautain. C’était une discrétion farouche, sauvage et brute. Et cela remontait à loin.

Vivre sa vie

Si l’adolescence est le marqueur primitif de nos vies, celle d’Anna Karina fut l’histoire d’une rupture qu’elle décide très tôt. Il faut s’imaginer la jeune Hanne Karin Blarke Bayer en détresse et en colère, là-haut, à Copenhague, à la fin des années cinquante. Elle n’a pas connu son père, marin au long cours parti avant ses douze mois, et elle dira de sa mère qu’elle ne démontrait pas une grande envie de s’occuper d’elle. Dès l’âge de 14 ans, et à plusieurs reprises, elle va fuguer d’un domicile qui n’a de familial que le nom. Un peu de cabaret, quelques photos, un petit rôle dans un court-métrage : la gamine se débrouille pas mal, apprenant en même temps l’art et la rue. Les embrouilles fréquentes avec sa mère conduisent à la dispute de trop : un jour, Hanne Karin claque pour de bon la porte de sa maison, de sa famille, de son pays. Adieu Danemark, la gamine rêve de France et tend le pouce au bord de la route. Direction : Paris. Lorsqu’elle y débarque, elle a tout juste 17 ans.

Elle ne va pas errer longtemps. Comme dans un film trop facile, elle fait vibrer les radars d’une chercheuse de talents tandis qu’elle sirotait à la terrasse des Deux Magots. La gamine plaît, et d’ailleurs elle ne fait pas du tout gamine. Anna Karina tourne des pubs, fait des photos de mode et joue presque aussitôt les mannequins pour Cardin et Chanel. C’est d’ailleurs Mademoiselle Coco elle-même qui lui conseille de se trouver prestement un pseudo que l’on puisse retenir, et lui suggère le très dostoïevskien Anna Karina. La rencontre suivante ne sera pas moins décisive. Et davantage encore mythologique.

Une image, presque parfaite ?

Jean-Luc Godard, à cet instant, approche de la trentaine. Il est au seuil de son premier long métrage, À bout de souffle, dont il mijote le casting. Il découvre Anna Karina dans un publicité Palmolive où elle apparaît recouverte de bulles mousseuses et tombe instantanément sous le charme. Mais lequel exactement ? Le charme d’une muse possible ? D’une actrice évidente qui s’ignore encore ? D’une épouse ? D’une image presque trop parfaite de ce qu’il cherche dans la vie comme dans le cinéma ? En tout cas il veut cette image. Il l’aime déjà.

Godard invite Anna Karina à passer le casting d’À bout de souffle, dans lequel il lui propose un petit rôle. Lorsqu’elle comprend que ce rôle inclut une scène de nu, elle refuse avec fermeté. Godard s’étonne : pourtant, dans cette publicité... « Mais vous êtes fou ! Je porte un maillot de bain dans cette pub, et il est recouvert par les bulles de savon. C’est vous qui m’avez imaginée nue ! ». L’anecdote, rapportée par l’actrice, est follement prémonitoire. Godard, à travers Anna Karina, voit toujours autre chose. Pendant les sept ans et sept films qui vont suivre,  elle ne va cesser de l’inspirer.

Le petit rôle qu’il avait prévu lui confier dans À bout se souffle sera supprimé du scénario, manière assez claire de dire que c’était elle ou rien. Mais Godard écrit aussitôt ce qui sera le premier grand rôle d’Anna Karina dans son film suivant, Le Petit soldat. Il donne à son personnage le nom de Veronica Dreyer, en hommage au cinéaste danois qu’il admire. Encore mineure à une époque où la majorité était à 21 ans, la jeune femme doit quémander à sa mère une autorisation signée pour pouvoir tourner.

Godard : les années Karina

La période qui s’ouvre pour Karina continue à être celle qui alimente aujourd’hui encore sa mythologie. Bien sûr, elle tournera d’autres films pendant et surtout après sa période Nouvelle vague, et certains excellents. Mais c’est dans les années 1960-1966 que se cristallise l’iconographie impérissable d’un certain horizon cinéphile dont elle reste la perle merveilleuse et incontestée. Godard et Karina, quels que furent les hauts et bas de leur brève passion, se sont apportés l’un à l’autre bien plus que ce que s’apportent des couples durant des vies entières : Godard lui a donné ses plus beaux rôles et rendu sa filmographie exceptionnelle, tandis que la période Karina forme dans l’œuvre de Godard un recueil de films d’une cohésion stylistique, vitale, amoureuse, politique et féministe, absolument remarquable.

Le mariage civil entre le demi-helvète et la jeune Danoise a eu lieu le 3 mars 1961, à la mairie de Begnins, canton de Vaud, Suisse romande. Anna, toujours mineure, a dû être émancipée une fois encore via certificat maternel. Quelques jours plus tard, une cérémonie parisienne confirmera les noces à l'église protestante de l’avenue Marceau.

Toute une vie pour un madison

Les six films qui suivent le Petit soldat seront un miroir à la fois limpide et brisé de la tumultueuse relation qui se joue entre l’actrice et le cinéaste : Une femme est une femme, Vivre sa vie, Bande à part, Alphaville, Pierrot le fou et Made in USA. Un peu à l’image de ce qui se passe au même moment en Italie entre Michelangelo Antonioni et Monica Vitti, cette volée de films reste comme un épisode fabuleux dans la carrière de l’un comme de l’autre. Consécration immatérielle mais rarissime : au moins deux scènes tenues par Anna Karina sont entrées dans le patrimoine populaire, pas seulement français : son totémique « Qu’est-ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire ! » dans Pierrot le fou et le madison qu’elle danse dans un café en compagnie de Sami Frey et Pierre Brasseur dans Bande à part.

Vague nouvelle

Au cours de ces mêmes sixties, Anna Karina n’est pas la seule égérie de Godard, elle est largement celle de toute la Nouvelle vague. Sans jamais vouloir faire de classement, elle a toujours revendiqué son attachement à Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot dont Jacques Rivette a eu le génie de lui confier l’interprétation, citant régulièrement et avec raison ce film, cas historique du cinéma français auquel elle participe là encore, parmi ses plus beaux rôles. Chris Marker dans Joli Mai, Jean Aurel avec De l’Amour, Visconti pour l’Étranger, ne manqueront pas l’occasion de tenter eux aussi de la capturer.

Entretemps, l’amour a été consommé et consumé. Godard et Karina divorcent après de nombreux conflits, infidélités, ruptures, mais aussi après la tragédie de l’enfant qu’ils ont perdu juste avant sa naissance, fausse couche tardive dont Karina a failli périr et qui la laissera très affectée. Comme Godard. Et qui la laissera aussi stérile. Comme Godard, est-on tenté de dire là encore, puisqu’il n’a pas eu lui non plus d’autre enfant.

Mais après…

La vie a continué et Anna Karina, sans jamais abandonner le métier d’actrice, a construit une trajectoire qui rejoignait sa forme naturelle de discrétion. Malgré les grands rôles et les grands noms, de Fassbinder (Roulette chinoise) à Ruiz (L'Île au trésor) et Benoît Jacquot (L'Assassin musicien), malgré les retrouvailles avec Rivette (Haut Bas Fragile) et ses propres mises en scènes (Vivre ensemble, Victoria), en dépit aussi de ses nombreuses collaborations avec son compagnon dévoué, le réalisateur Denis Berry, le cinéma ne semblera plus en mesure de lui fournir les braises nécessaires pour maintenir sa si particulière chaleur, cette lumière à la fois hypermoderne et originelle (Godard parlait de sa ressemblance avec Lilian Gish) qui irradiait ses films Nouvelle vague. Ce que l’on pouvait comprendre d’Anna Karina la dernière fois qu’on l’a entendu se confier, au festival de Bergame 2015 qui lui rendait hommage, c’est qu’elle ne regrettait rien mais n’avait plus d’illusion. Elle continuera de servir le cinéma, sans faillir et avec grandeur, mais le cinéma ne la réconfortera plus.

Ne dis rien

Heureusement, il y eut aussi la musique et la chanson, carrière parallèle qu’elle mènera là encore avec sa nature de gamine chanteuse dès l’enfance, puis d’actrice chantonnant... Elle devient chanteuse pour de bon avec Gainsbourg et le téléfilm Ana, dont il compose les thèmes, parmi lesquels ce qui sera le plus gros tube et la signature de Karina, « Sous le soleil exactement ». Parce que les enjeux en sont peut-être plus légers, Anna Karina semblera toujours plus à l’aise avec son statut de chanteuse qu’avec celui d’actrice... En 2000, Philippe Katerine lui a écrit un album dont le titre est un beau précipité de sa vie : Une histoire d’amour...

17 décembre 2019

Négociez !

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L’appel à la manifestation lancé par les syndicats – avec le concours actif d’Edouard Philippe – a été entendu. Pas autant que ne l’espéraient ces syndicats, mais dans des proportions tout à fait conséquentes, notamment à Paris, où les chiffres sont en légère hausse. Il y a eu moins de manifestants que le 5 décembre au total, mais nettement plus que le 10. Le Premier ministre avait réussi, en sortant de son chapeau un «âge pivot» tout à fait incongru, à susciter la colère de Laurent Berger. La CFDT s’est ainsi jointe au mouvement. Son apport est-il minime – il est vrai que Laurent Berger ne s’est pas attardé dans le cortège ? Ou bien ses militants ont-ils remplacé, pour ainsi dire, ceux qui avaient décidé de rester chez eux ? On ne sait. Au total, nous avons assisté à une grosse manifestation d’attente : une réussite, somme toute, pour les protestataires, qui peuvent s’estimer fondés à poursuivre le mouvement.

La sagesse voudrait que, lors des négociations qui auront lieu ce mercredi, le gouvernement ne joue pas les fiers-à-bras. Il fait face à un mouvement stable mais toujours fort et déterminé, à des grévistes toujours remontés et, surtout, à une opinion toujours aussi inquiète. Il est donc temps de négocier sérieusement. Avec la CFDT, bien sûr, qui ne demande que cela. D’une manière ou d’une autre, il faut retirer de la discussion cette funeste idée d’âge couperet qui plaît tant à la droite, sachant que l’âge réel de départ à la retraite, en tout état de cause, recule chaque année de quelques mois sous l’effet des réformes antérieures. Pourquoi rajouter à ces sacrifices programmés une amère potion supplémentaire ?

Mais il faut aussi arrondir les angles avec les cheminots et les agents de la RATP qui voient leur contrat soudain modifié en cours de route. Et encore, last but not least, rassurer les enseignants par des gestes concrets qui leur garantissent une pension intacte, comme on le leur promet sur tous les tons. Faute de ces nécessaires concessions, le gouvernement portera la responsabilité d’un Noël très perturbé. Il peut jouer l’humiliation des syndicats : il devra alors assumer pleinement, en vertu d’un médiocre calcul politique, la dégradation dangereuse des relations sociales en France.

LAURENT JOFFRIN

15 décembre 2019

Icône de la Nouvelle Vague, l’actrice Anna Karina est morte

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Célèbre notamment pour son rôle dans « Pierrot le fou » de Jean-Luc Godard, en 1965, l’actrice d’origine danoise est morte à Paris, samedi 14 décembre, à l’âge de 79 ans.

L’actrice Anna Karina, principalement connue pour ses rôles dans les films de Jean-Luc Godard, est morte, samedi 14 décembre à Paris, des suites d’un cancer, a annoncé dimanche son agent à l’Agence France-Presse.

D’origine danoise, l’actrice au visage pâle dévoré par de grands yeux bleu-gris avait tourné sept films avec Godard, alors son compagnon, dans les années 60. Elle a également eu une carrière de chanteuse, notamment aux côtés de Serge Gainsbourg.

Icône de la Nouvelle Vague, Anna Karina avait eu les honneurs du festival de Cannes en 2018, faisant l’affiche de la 71e édition, avec un cliché d’elle pris en 1965, durant le tournage de Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard.

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