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Jours tranquilles à Paris
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24 mai 2019

Festival de Cannes 2019 : dans « Sibyl », Virginie Efira s’abîme dans l’ivresse de la fiction

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Par Thomas Sotinel

Le troisième long-métrage de Justine Triet, en salles le 24 mai, raconte l’histoire d’une psychanalyste fascinée par une de ses patientes et qui en oublie ses obligations de thérapeute.

SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION – L’AVIS DU « MONDE » : À NE PAS MANQUER

Psychanalyste, mère de famille, dépendante à l’alcool sobre depuis des années, Sibyl a décidé – au moment où Justine Triet fait les présentations – de se remettre à écrire (elle fut jadis une romancière à succès). Aux membres de son cercle des Alcooliques anonymes, elle présente ces retrouvailles avec la fiction comme « une ivresse sans danger ». Pure illusion bien sûr. Elle vient de faire ses premiers pas sur un champ de mines, qui exploseront avec la grâce des feux d’artifice, au long du parcours qu’a tracé la réalisatrice.

Parce qu’elle est aussi interprétée par Virginie Efira, Sibyl apparaît d’abord comme une parente de l’héroïne du film précédent de Justine Triet, Victoria, l’avocate qui abattait les cloisons entre prétoires et foyers, entre libido et burlesque.

Mais si les deux films ont le désordre en partage, Sibyl obéit aux lois d’une gravité nouvelle chez la réalisatrice. Cette sibylle est aveuglée par les reflets de la réalité, voit les ombres comme des êtres et les êtres comme de la chair à fiction. Elle qui voulait imposer un ordre nouveau à sa vie démantèle son existence, une explosion dont l’onde de choc touche tous ceux qui l’entourent.

Un voyage dans le passé

Le film n’est pas très long – cent minutes – et pourtant Justine Triet trouve le temps de faire bondir son héroïne (car malgré sa propension à l’erreur, Sibyl reste toujours brave) dans le temps et dans l’espace, assemblant ces fragments en un édifice aussi complexe qu’un labyrinthe et pourtant presque familier – la représentation cinématographique d’un esprit féminin voué à la fiction.

Enoncé ainsi, le but de cette entreprise apparaît abstrait. Virginie Efira est là pour lui donner un visage, une chair, des larmes, une âme. On connaissait déjà sa capacité à se muer au gré du temps (Un amour impossible, de Catherine Corsini). Cette fois, Justine Triet lui demande non seulement de voyager dans son passé (pour faire revivre à son personnage un grand amour) mais surtout de mettre à nu les termes des contradictions qui la minent.

Elle sera tour à tour une excellente thérapeute et une praticienne sans éthique, une mère aimante et une déserteuse, une menteuse habile et une naïve qui porte en elle toutes les catastrophes. Et elle restera toujours la Sibyl qu’ont inventée la cinéaste et l’actrice.

Dans un premier temps le retour de la psychanalyste à l’écriture se heurte à l’angoisse du curseur qui clignote sur l’écran blanc. Jusqu’à ce qu’elle reçoive l’appel désespéré d’une jeune fille qui refuse d’entendre que le cabinet a fermé.

Transgression

Actrice débutante, Margot Vassilis (Adèle Exarchopoulos) est enceinte d’un comédien connu (Gaspard Ulliel), par l’entremise duquel elle a obtenu son premier grand rôle au cinéma. Dans le film qu’elle s’apprête à tourner, elle aura son amant pour partenaire, et pour réalisatrice la compagne de ce dernier (Sandra Hüller, qui fut la fille de Toni Erdmann). Margot demande à Sibyl si elle doit avorter. Hélas pour la jeune femme, son histoire est si fascinante que la thérapeute en oublie ses obligations. Elle fait traîner sa réponse pour faire durer le drame de Margot et enregistre leurs séances pour nourrir son roman à venir.

Cette transgression l’emmènera très loin, jusqu’à Stromboli (Italie) où se tourne le film, jusque dans les recoins de l’intimité du triangle amoureux qui se déchire sur les décors. Chacune de ces péripéties renvoie Sibyl à son passé, à l’alcoolisme, qui était aussi celui de sa mère, qui reste celui de sa sœur (Laure Calamy), à sa liaison avec Gabriel (Niels Schneider).

Ces personnages sont à la fois des extensions de la psyché de Sibyl et des êtres autonomes. Justine Triet les utilise aussi pour moduler l’humeur du film, pour éclairer la noirceur qui gagne son sujet, ou rappeler que d’autres versions de la réalité existent. En cinéaste (presque) imperturbable face aux frasques de son acteur et à l’irruption de la thérapeute de sa rivale, Sandra Hüller distille un humour glacé qui fait un peu retomber la température.

Dans un mouvement inverse, Laure Calamy, la petite sœur qui vit à la maison avec Sibyl, ses filles et Etienne (Paul Hamy), son compagnon, renvoie sans cesse son aînée à la réalité douloureuse d’une enfance et d’une jeunesse passée à l’ombre d’une mère qui s’est – peut-être – donné la mort. Ce qui n’empêche pas Laure Calamy de profiter à merveille de ses moments comiques à elle.

Sibyl, le film, connaît une première fin, une vingtaine de minutes avant que les lumières se rallument. Justine Triet aurait pu s’arrêter là, le film aurait été brillant. Elle aurait pu aussi occuper le temps qui lui restait à remettre en ordre la vie de son héroïne. Elle préfère mettre en scène la gueule de bois qu’a laissée l’ivresse de la fiction, et sa dissipation, cherchant comme Sibyl ce point ou l’imaginaire et la réalité se rejoignent enfin.

« Sibyl », film français de Justine Triet, avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel, Sandra Hüller, Laure Calamy (1 h 40). Sortie le 24 mai.

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Virginie Efira

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30 octobre 2013

On pourra visiter Planet Solar à Lorient

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En hivernage à Lorient, le plus grand navire solaire du monde pourra être visité tous les samedis, à partir du 2 novembre et jusqu’en mars.

Il a été tour à tour embarcation pour aventurier en mal de tour du monde, plate-forme technique à l’affût du Gulf Stream… Planet Solar , le plus grand navire solaire du monde, se reconvertit une fois de plus. En hivernage à la cité de la voile Éric Tabarly à Lorient depuis le 24 septembre, le catamaran aux lignes futuristes se fait pédagogique et ouvre ses portes tous les lundis et samedis après-midi. Objectif, faire découvrir aux visiteurs les possibilités offertes par l’énergie solaire. Du 2 novembre au 15 mars 2014, le samedi de 14 h à 18 h, des guides animateurs feront visiter le MS Tûranor Planet Solar - Tûranor signifiant « puissance du soleil » dans l’œuvre de JRR. Tolkien - sous toutes ses coutures. 100 tonnes, 35 mètres de long, 23 de large et 512 m² de panneaux solaires, soit 29 000 cellules photovoltaïques… Des panneaux explicatifs, installés dans la Cité de la Voile, compléteront la visite du géant de carbone. Les scolaires pourront eux aussi visiter le bateau et son exposition avec leurs enseignants, le lundi de 13 h 30 à 14 h 30.

Visites pour le public :

le samedi de 14 h à 18 h. Durée 25 minutes. Inclus dans la visite de la Cité de la Voile dans la limite des places disponibles.

Source Ouest France

8 mars 2019

Cité radieuse de Le Corbusier

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La Cité radieuse de Marseille de Le Corbusier, édifiée entre 1947 et 1952, est menacée de déclassement du patrimoine mondial de l'Unesco en raison d'un projet d'urbanisme.

À Marseille, le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI), en cours d’enquête publique, prévoit des bâtiments qui pourraient faire radier la Cité radieuse, l’un des sites les plus visités de la ville, du classement du patrimoine mondial de l’Unesco. Ce n’est pas seulement « la Maison du fada » qui est menacée mais bien toute l’œuvre du Corbusier, regroupant 17 sites (dont 10 en France, le reste en Suisse, Inde, Belgique, Argentine, Allemagne et Japon), labellisés d’un seul bloc par l’Unesco en 2016. C’est la densification urbaine prévue par le PLUI ainsi que la construction de trois nouvelles tours qui pose problème. « On nous annonce un millier de logements en plus dans le quartier, avec la construction de trois tours de 23 ou 32 mètres notamment. Ces tours posent problème car elles bouchent les cônes de vue sur le bâtiment qui faisaient partie du dossier de classement », explique Bernard Soumireu, porte-parole du conseil syndical de l’immeuble, déjà classé au titre des Monuments historiques en 1986. Ce dernier précise en effet que « l’Unesco a défini une zone tampon très restrictive autour de l’immeuble » qui doit permettre, d’où que l’on arrive, d’avoir une vue de l’intégralité du bâtiment.

Les 17 sites de Le Corbusier sont-ils donc condamnés à être déclassés ? Pour l’instant rien n’est sûr. « Ce n’est qu’un projet qui n’est pas encore arrêté », défend Laure-Agnès Caradec, vice-présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence qui suit le dossier. L’architecte des Bâtiments de France en charge du projet, quant à lui, ne s’y oppose pas totalement mais fixe des impératifs : « si la présence des tours est envisageable, la proportion devra être étudiée afin qu’elles ne se présentent pas avec une allure trop massive et ne fasse pas obstacle aux perspectives vers et depuis la Cité radieuse. ». La branche française du Conseil international des monuments et des sites (Icomos), qui conseille l’Unesco, suit le dossier avec attention, tout comme les habitants de Marseille qui s’inquiètent du sort d’un des bâtiments phares de leur ville. Car, faire partie des 1092 sites du patrimoine mondial de l’Unesco est un véritable privilège, lequel implique également certains devoirs : tous les cinq ans, les États doivent en effet fournir un rapport sur l’état du bien classé afin que l’Unesco puisse vérifier s’il possède toujours les valeurs pour lesquelles il a été inscrit.

11 juillet 2016

Exposition à la Cinémathèque : GUS VAN SANT

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Déambulation autour des films de Gus Van Sant, ses œuvres plastiques (photographiques, picturales, musicales inédites en France) et ses collaborations artistiques (William Burroughs, William Eggleston, Bruce Weber, David Bowie), l'exposition explore l'univers de ce réalisateur culte, emblème d'un cinéma anticonformiste, radical et osé.

Une exposition conçue par La Cinémathèque française, en coproduction avec le Museo Nazionale del Cinema à Turin, le Musée de l’Elysée et la Cinémathèque suisse à Lausanne

GUS VAN SANT / ICÔNES

Le cinéma de Gus Van Sant est la plaque sensible de ce temps de l'Histoire américaine postmoderne (post-Pop, post-Nouvel Hollywood, post-militantisme). Tête de proue du renouveau du cinéma outre-atlantique dit indépendant, que le public français découvre en 1989 avec la sortie en salles de Drugstore Cowboy, il est l'instigateur et le défenseur, en secret, en douceur, d'une liberté artistique qui irradie depuis les marges. Sans étendard et sans manifeste. Pris un à un, indépendamment, les films de Gus Van Sant suscitent l'étonnement. Leurs structures narratives complexes (en forme de mosaïques ou de collages), de même que leurs changements de tonalité, déroutent le spectateur : un cinéma dissonant où la mélancolie et l'humour ne sont jamais pensés en opposition. Pris ensemble comme un tout, ses seize longs métrages, de par leur extrême diversité, créent une profonde sidération. Comme si, film après film, Van Sant réinventait sans cesse tout son cinéma. On se demande alors si c'est le même metteur en scène qui a arrêté le temps du massacre d'Elephant (inspiré de Columbine) et accéléré la vie du militant gay Harvey Milk. Si c'est le même metteur en scène qui a filmé la jeunesse avec gravité (Elephant, Paranoid Park) et les Pères de la Beat Generation comme des enfants terribles. Fils assumé de ce mouvement poétique contestataire, Van Sant en a gardé le goût d'un anticonformisme esthétique, où se mêlent des revendications politiques, sexuelles et spirituelles. Ainsi, William Burroughs interprète-t-il dans Drugstore Cowboy un prêtre toxicomane, dont les répliques ont été écrites par ses soins. Ses écrits poétiques ont été aussi la source d'inspiration de deux courts métrages réalisés par Van Sant, dont The Discipline of DE en 1977. Quelques années plus tard, le cinéaste réitérera l'exercice avec Ballad of the Skeletons, film-collage dans la tradition de l'art vidéo, dans lequel Allen Ginsberg, l'autre héraut de ce mouvement, lit son poème éponyme, pamphlet sans fin contre les vanités de la société contemporaine.

UN CINÉASTE AUX MULTIPLES VISAGES

Avec sa filmographie riche et hétérogène, Gus Van Sant nous oblige à repenser ce qu'est un auteur de cinéma. Le metteur en scène américain aux multiples visages brouille les pistes et emmêle les fils rouges, dessinant au final un canevas aux motifs inédits. Jusqu'à tenter de s'évaporer et de s'absenter à lui-même, quand il prend le pari de tourner une copie plan par plan du mythique Psychose d'Alfred Hitchcock. Comme chez tout auteur, il y a certes des thèmes et des visages récurrents (Matt Damon en surdoué turbulent dans Will Hunting en 1997, en explorateur à la dérive dans Gerry en 2002, puis en employé d'une compagnie pétrolière à la recherche d'une éthique dans Promised Land en 2012). Mais surtout une capacité à repartir de zéro, à chaque étape, pour ré-élaborer un nouveau rêve de cinéma. À un moment donné de sa carrière, le rêve consiste à trouver un abri dans les Studios (Universal, Miramax, Columbia) pour imaginer des histoires, au sein d'une superstructure, où la hiérarchie et les règles protègent l'artisan obéissant qu'il est. À d'autres moments, au contraire, ce rêve sera la quête d'une liberté sans condition : des films expérimentaux (culminant avec Mala Noche) autoproduits avec la ferveur du débutant, et plus tard la Tétralogie de la mort (dans l'ordre : Gerry, Elephant, Last Days, Paranoid Park), séries d'expériences formelles radicales, qui redéfinissent avec grâce et acuité l'espace américain (le désert, le lycée, la forêt et le skate park n'ont jamais été aussi inquiétants, respectivement, depuis Raoul Walsh, David Lynch, Terrence Malick et Larry Clark).

Nourri de références venues d'ailleurs aussi, et particulièrement d'Europe (de Béla Tarr à Chantal Akerman, en passant par Bernardo Bertolucci), Gus Van Sant n'en reste pas moins un cinéaste en synchronicité perpétuelle avec l'état (réel ou inconscient) de son pays. L'Amérique violente des déclassés et des exclus, l'Amérique des scrapbooks et de l'envahissement des médias, l'Amérique de la terre brûlée et de l'écologie en danger. L'Amérique qui a inventé le folk et le psychédélique, une manière d'être au monde irrévérencieuse et on the road : la route métaphysique et matricielle de laquelle on vient (Idaho) ; et celle au contraire, labyrinthique, qui ne mène nulle part (Gerry). La route qui libère Will Hunting dans le dernier plan du film (assumer pour la première fois son choix de partir), et celle qu'emprunte Marion Crane (Anne Heche), dans la nuit, à la même vitesse que celle de son alter-ego Janet Leigh dans le film d'Hitchcock, dont Psycho de Van Sant est le double malade, vrillé, incontrôlable : ce sont les mêmes plans ou presque, la peur au ventre, la pluie battante et le policier inquisiteur avec ses grandes lunettes noires. Van Sant aime à s'aventurer sur des terrains neufs ou au contraire au centre d'empires d'ordinaire intouchables. L'intérêt est de jouer de la latitude qui lui plaît, en pur cinéaste, comme si le faire l'emportait toujours sur le voir. L'écriture cinématographique sur la réception.

Gus Van Sant aime interroger le cinéma, sans C majuscule et sans sacralisation, positionnant son discours à l'aune de sa pratique personnelle. Avec une passion à décrire les outils qui lui permettent de créer : les objectifs de caméra et les typologies de pellicules, la picturalité du grain (qui le ramène à sa passion première pour la peinture, dont l'exposition montrera une vingtaine de grandes toiles inédites en France, créées pour la plupart spécialement au sein de la Galerie Gagosian de Los Angeles en 2011), le travail de spatialisation du son, et l'exercice du mixage. Son processus de travail s'épanouit dans le cadre d'une équipe liée par la confiance, générant des dispositifs de mise en scène paradoxalement complexes et efficaces : en particulier sa complicité avec les chefs-opérateurs Christopher Doyle, et plus encore Harris Savides, qui fit la lumière magique de six de ses films. Van Sant ne cache pas son obsession pour l'abstraction, même quand ses films sont basés sur des faits réels (Milk), des faits divers (Prête à tout) ou des récits autobiographiques (Mala Noche, Drugstore Cowboy). Même ses films les plus politiquement engagés n'ont jamais pour mission de dénoncer. Ils sont pensés pour toucher, comme s'ils étaient, avant tout, d'essence tangible, tactile, sensorielle (Milk, monté avec l'énergie impérieuse d'un ciné-tract, où les archives deviennent les chambres d'écho des jouissances et des cris de ses héros). La dimension de manifeste, qui évolue dans son œuvre selon des modalités à chaque fois renouvelées, n'est jamais antinomique avec une émotion, qui habite ses personnages dans leurs gestes les plus familiers ou les plus incongrus : se caresser sous la douche avant de commettre une hécatombe (Elephant), danser avec des patins à glace sur une morte (Prête à tout), tomber d'un roc géant sans égratignure (Gerry), se déguiser en femme, une carabine à la main (Last Days), dessiner les limites de son corps à la craie sur l'asphalte (Restless).

Une gestuelle qu'étaye son travail photographique, central dans l'exposition, entrepris spontanément dans les années 80 avec, en particulier, ses séries de centaines de Polaroids. Tout se joue sur l'équilibre, au sein du cadre, entre ombres et lumières, avec une évidence désarmante. Gus Van Sant ne capture rien. Au contraire, il libère, met à égalité tous ces individus croisés au moment de préparer ses films (qu'ils soient acteurs, danseurs, auteurs, chanteurs), échantillon métonymique du peuple américain. Il n'a pas peur de la figuration, la plus directe et la plus crue. Il croit au contraire à l'apparition du corps, et assume là (comme avant lui Mapplethorpe ou Warhol, sur lequel d'ailleurs il eut le projet de faire un film) son désir homosexuel. Un désir qui, au-delà d'un formalisme théorique, part de ces signes de reconnaissance qui font la jeunesse, pour mieux les subvertir et les transformer : la grâce du regard et l'intensité unique de l'instant présent.

Dans le fond, c'est comme si chacun de ses films donnait à voir l'adolescent éternel qu'il était, lui permettait de revivre, en cinéma, des fragments de sa vie d'avant, ses rencontres originelles, sa fascination pour la peinture de Matisse (Will Hunting) ou la musique du Velvet Underground (Last Days). Il y a chez Van Sant un besoin d'images pour se raconter ou tout simplement pour être. Comme si chaque film était une réconciliation profonde avec lui-même et le rêveur qu'il est. Chez lui, le réel, fait de clairs-obscurs, d'ellipses et de décrochages poétiques, flirte irrémédiablement avec le fantastique et le funeste. Un au-delà païen. Chez Gus Van Sant, la mort déferle toujours. D'un côté, ceux qui partent ; de l'autre, ceux qui restent et résistent. Gus Van Sant est de ceux-là : un artiste qui renaît chaque fois et incarne la part la plus humaine du cinéma américain. Article de Matthieu Orléan

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14 novembre 2013

L'érotisme au cinéma

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La piscine

Synopsis

Jean-Paul (Alain Delon), agent publicitaire, et Marianne (Romy Schneider), qui vivent heureux depuis deux ans et demi, profitent de la vie dans une superbe villa avec piscine au-dessus de Saint-Tropez. C'est l'occasion de très belles scènes autour de la piscine.

Ils sont interrompus par un coup de fil de Harry annonçant sa venue. C'est un play-boy vieillissant, travaillant dans une maison de disques, le meilleur ami de Jean-Paul et un ancien amant de Marianne. Il est prétentieux, venu dans une voiture de sport ayant fait « Paris Saint-Tropez en 7 h 15 avant hier ». Il est venu avec sa fille Pénélope de 18 ans, femme-enfant dérangeante.

Marianne propose à Harry et Pénélope de rester quelques jours, ce qui ne plaît pas beaucoup à Jean-Paul. Ils font un tour en voiture, mais Jean-Paul regrette leur intimité détruite, ainsi que le côté prétentieux, riche et vieux beau de Harry.

Harry part à Saint-Tropez. Pendant ce temps-là, le couple d'amants est un peu gêné par la présence de Pénélope, trop sage et introvertie. Harry revient avec une bande de plus ou moins faux amis et vrais pique-assiette. Jean-Paul accepte mal cette fête qui leur est imposée. Après avoir vu Marianne danser tendrement avec Harry, il se rapproche de Pénélope qui se sent étrangère à la fête.

Le lendemain matin, tous les quatre se retrouvent seuls, plus ou moins vaseux et insatisfaits. Marianne s'inquiète de la relation naissante entre Jean-Paul et Pénélope. Elle part en voiture avec Harry, ce qui provoque une certaine jalousie de Jean-Paul. Pendant qu'ils sont seuls, Pénélope raconte à Jean-Paul que son père s'est invité tardivement dans sa vie, mais devient envahissant, la faisant passer pour sa maîtresse afin de paraître plus jeune. Elle en dit beaucoup de mal, notamment qu'il déclare avoir cédé Marianne à Jean-Paul, mais pouvoir la reprendre quand il le déciderait, et qu'il considère Jean-Paul comme un raté.

Harry va voir un ami avant son départ prochain. Marianne fait une scène à Jean-Paul, car elle pense qu'il est amoureux de Pénélope. Harry rentre tard en voiture à moitié ivre et heurte le portail. Jean-Paul, qui avait cessé de boire, se remet à boire avec Harry.

Harry reproche à Jean-Paul d'être un raté et de chercher à se venger en essayant de séduire sa fille. Il veut lui donner un coup de poing, mais tombe dans la piscine. Jean-Paul l'empêche de remonter, le rejette à l'eau et finalement lui maintient la tête sous l'eau et le noie.

Il sort le corps de l'eau, lui enlève ses vêtements et le rejette à l'eau. Il va jeter le linge mouillé de Harry.

Après des obsèques avec « presque personne », ils se retrouvent tous les trois dans la maison. Un inspecteur se présente. Il est surpris de voir que les vêtements prétendument laissés par Harry sont absolument propres et n'ont pas été portés, et qu'il s'est baigné avec une montre de grande valeur.

Pour les besoins de l'enquête on leur demande de rester sur place. Marianne écoute les soupçons de l'inspecteur. Lors d'une discussion, Jean-Paul pense que Marianne a retrouvé les vêtements mouillés d'Harry. Il lui avoue la vérité et lui indique que les vêtements mouillés d'Harry sont cachés sous un tas de bois à la cave. Elle s'y rend.

Elle conduit alors Pénélope à l'aéroport.

Jean-Paul met ses valises dans la voiture et souhaite que Marianne mette les siennes aussi. Mais elle choisit de prendre un train. Elle veut commander un taxi par téléphone. Jean-Paul interrompt l'appel téléphonique.

Le film se conclut par une étreinte entre Jean-Paul et Marianne qui se sont retrouvés. Source : Wikipedia

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9 septembre 2013

La Chapelle du Saint Esprit à Auray

Le duc de Bretagne, JEAN II, couronné à Rennes en 1286, apprécie Auray. Il y aurait fondé une chapelle du Saint-Sépulcre. Elle était située au sud-est du bâtiment actuel, s'ouvrant sur la rue des Fèves (autrefois en partie rue du Saint-Esprit) et reliée à l’église. Elle existait encore au XVIIIe siècle. Elle abritait un gisant du Christ, sculpture en tuffeau polychrome qui se trouve aujourd'hui dans l'église Saint Gildas. Les architectes ayant suivi la restauration de l’édifice, distinguent nettement deux phases de construction : la plus ancienne, à l'est, remontant au XIIIe siècle, correspondant au chœur et la plus récente à l'ouest du mur diaphragme datant du XIVe siècle : la nef. La chapelle du Saint-Esprit s’est agrandie au cours des siècles.

Un mémoire datant de 1748 mentionne des lettres du duc Jean de MONFORT du 6 avril 1372 par lesquelles il accorde à " Guillaume Le Mercier des biens pour qu'il les employât à la fondation d'un ordre religieux à l’endroit où il avait commencé à faire réédifier  une église en l’honneur  du Saint-Esprit ". En 1434, le duc de Bretagne JEAN V octroie le bénéfice d'une foire annuelle à l'église et au collège du Saint-Esprit " pour augmentation de ladite église " : pensait-il à un agrandissement ou êtait-ce une augmentation des revenus de l'église ? L'architecture gothique de cette nef à cinq travées et à chevet plat est rare en Bretagne. Par contre, le porche situé au sud-ouest de la chapelle est plus classique dans la région, Le cimetière se trouvait au sud, les bâtiments conventuels au nord.

Au XVIIIe siècle, le seul accès à l'église pour les visiteurs venant du nord  se faisait par la galerie (ancienne salle du chapitre
. Elle longe un jardin bien dessiné, divisé en  quatre parties carrées .Le grand corps  de logis se situe au nord . Un escalier à vis hors-œuvre  permet la distribution de ce logis. Le grand portail  (porte d’entrée) donne à l’angle de la rue Saint Michel et de la rue du Bois (aujourd'hui rue A. Jardin). Pour l’élévation, un état des lieux est dressé les 21 et 22 Juin 1747. Des chambres se trouvent à l'étage. Un jubé est mentionné au bout de la galerie. Dans le même texte, une partie du mobilier est décrite car il doit être restauré : deux autels à balustrade (en réalité »( y en avait 4), des confessionnaux, deux vitraux au sud, un vitrail en bas et deux vitraux au nord.  Dans la chapelle  du sépulcre, les figures (le gisant et les sculptures qui l'entourent)  doivent être blanchies. L’ordre du St Esprit s'était donné pour mission de soulage les pauvres et les orphelins (rappelons qu'au xve siècle c'était "une église  et un collège). Connaissant un vif succès, ('ordre installera  des commanderies  dans toute l’Europe. Cette d'Auray possédait de nombreux biens dans la région ce qui explique qu’elle fut sans cesse l’objet de convoitises

Une dernière messe est dite dans la chapelle en 1790. Dés 1794, elle est utilisée comme caserne militaire. En 1831, elle est finalement acquise par le Ministère de la Guerre qui fait entreprendre de grands travaux pour convertir l’édifice religieux en caserne militaire. Afin d’aménager bureaux et chambrées, le génie fait installer quatre niveaux de planchers, des cloisons.

Il fait aussi boucher les grandes baies en arc brisé pour y ouvrir des fenêtres... La chapelle est totalement défigurée. Elle ne retrouvera son aspect originel qu'après sa restauration en 1994. Dans le cœur de certains Alréens, la chapelle porte encore le nom de caserne Duguesclin, patronyme qu'elle s'est vue attribuer deux siècles durant, voyant défiler des militaires, des pompiers, des élèves et des associations.

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15 septembre 2018

SAVAGE X FENTY : RIHANNA FAIT DÉFILER DEUX FEMMES ENCEINTES POUR SON PREMIER DÉFILÉ LINGERIE

Après le lancement de sa ligne de lingerie pour toutes les morphologies, baptisée "Savage x Fenty", en mai dernier, Rihanna à présenté sa collection sous forme de performance artistique dans un entrepôt de Brooklyn, transformé en jardin fantastique. Imaginée par la réalisatrice néo-zélandaise, Parris Goeble, connue également sous le nom de PARRI$, la chorégraphie, redéfinissant les codes habituels du défilé, a duré plus d'une demi-heure mettant en scène les mannequins Gigi Hadid, Bella Hadid ou encore Winnie Harlow.

Véritable ode à la féminité, Rihanna a souhaité célébrer toutes les femmes : les pièces proposées (culottes, soutiens-gorge et porte-jarretelles en dentelle) vont du XS au XXXL. Piergiorgio del Moro, en charge du casting, a mis en scène toutes les morphologies et couleurs de peau en faisant défiler les mannequins Molly Constable, Aweng Chuol ou encore Duckie Thot.

Dans une industrie en pleine évolution, Rihanna a bouleversé les standards de beauté, jusqu'à faire défiler deux tops enceintes, dont l'égérie "Fenty x Puma", Slick Woods, en jarretelles nude. L’autre modèle était une danseuse du show de Rihanna. Malgré sa grossesse, la femme voulait tout de même danser pour la Fashion Week, comme pour faire passer un message...

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Un mannequin enceinte accouche juste après avoir défilé pour Rihanna

Slick Woods, un mannequin enceinte, a ressenti les premières contractions en coulisses de la présentation de la collection de lingerie de Rihanna à New York mercredi, où elle a défilé.

Mercredi 12 septembre Rihanna a présenté la première collection de sa marque de lingerie Savage x Fenty à New York. Des mannequins de toutes les morphologies ont défilé avec les pièces très sexy et peu couvrantes imaginées par la chanteuse, dont des femmes enceintes. Parmi elles, le modèle Slick Woods, égérie de Fenty Beauty, la marque de cosmétique de Rihanna, muse et amie de la Barbadienne. Après avoir défilé pour l'interprète d'«Umbrella», la jeune femme de 22 ans a ressenti des contractions dans les coulisses de l'événement qui se déroulait au New York Navy Yard, rapporte TMZ. Après avoir été aidée par des urgentistes sur place, elle a été conduite à l'hôpital le plus proche pour accoucher. Le bébé est un petit garçon qui devrait s'appeler Saphir. Le papa de l'enfant est l'artiste Adonis Bosso.

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https://www.savagex.fr/

https://www.highsnobiety.com/p/rihanna-garage-magazine-issue-15/

7 juin 2019

LE CRAZY HORSE PRESENTE - LA "BIONIC SHOWGIRL"

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Jusqu'au dimanche 16 juin 2019 seulement

LIEU : Crazy Horse (Paris 75008)

TARIF : De 78,3 à 170 euros

Jusqu'au 16 juin 2019, ne manquez pas la dernière aventure artistique inédite et surprenante du Crazy Horse, l’iconique cabaret parisien, au style incomparable et aux collaborations pointues (Christian Louboutin, Dita Von Teese, Chantal Thomass…).

Viktoria Modesta, artiste futuriste aux multiples facettes, sera la première Guest Star bionique dans l’histoire du célèbre cabaret parisien. Icône d’un genre nouveau, à la fois différente et stupéfiante, elle incarne sur cette scène mythique la femme du futur sublimée par la technologie le temps de 29 représentations exceptionnelles, à réserver dès maintenant.

La vie de Victoria est un véritable conte de fées moderne : après avoir passé ses plus jeunes années à se battre pour sa santé en Lettonie, avant la chute de l’URSS, elle quitte son pays natal pour Londres à l'âge de 12 ans et se lance dans le mannequinat dès l'adolescence. À 20 ans, après plusieurs opérations de la jambe, elle choisit de subir une amputation sous le genou pour améliorer sa mobilité et préserver sa santé future. Cette transformation libère sa créativité, lui permettant d’assouvir sa passion et de sculpter son image loin des stéréotypes.

Dans un monde en plein questionnement sur le rôle et l’image de la féminité, la rencontre des univers complémentaires du Crazy Horse et de Viktoria Modesta permet de mettre en scène, devant le public français et international, une autre vision de la femme, de la sensualité et de la beauté au XXI siècle.

Viktoria apparaîtra seule et accompagnée des Crazy Girls, les danseuses du Crazy Horse, dans plusieurs tableaux créés autour de son univers futuriste. Attendez-vous à de la nouveauté, de la création, de l’originalité dans un spectacle exclusif qui sortira de l’ordinaire.

« Avec le Crazy Horse, nous allons repousser les limites de la féminité de la manière la plus innovante et la plus surprenante qui soit. Accrochez-vous ! » Viktoria Modesta

Le futur est maintenant et il est décidément Crazy.

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Photo ci-dessus : Ellen von Unwerth avec Viktoria Modesta à la Première de"Bionic Showgirl"

28 juin 2019

Portrait - Boris Johnson, un gaffeur aux portes du pouvoir

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Par Philippe Bernard, Londres, correspondant

Malgré ses frasques et ses provocations, l’ancien maire de Londres est bien parti pour succéder, fin juillet, à Theresa May au poste de premier ministre du Royaume-Uni.

Quatre jours après l’ouverture des Jeux olympiques (JO) de Londres, en 2012, Boris Johnson, alors maire de la ville, avait trouvé un moyen de braquer les projecteurs sur sa personne. Casqué et harnaché, agitant deux drapeaux britanniques, il s’était élancé du haut d’une tyrolienne installée à Victoria Park, non loin du stade des JO.

Faute d’élan, il s’était arrêté à mi-course, demeurant suspendu pendant un moment au-dessus des promeneurs, avant d’être secouru. « Je suis resté en l’air un moment avec ce harnais qui comprimait mes parties basses, avait-il commenté. Mais j’ai adoré, je recommande. » Les images du maire guignol gesticulant sous les yeux d’une foule hilare sont restées dans la légende.

Pour Boris Johnson, faire rire et faire de la politique n’ont jamais constitué deux activités séparées. « Comment voudriez-vous que les gens élisent un neuneu qui reste coincé sur une tyrolienne ? », avait-il alors souligné pour faire taire des rumeurs sur son ambition de gouverner le pays.

« De la bonhomie à la fureur noire »

Sept ans plus tard, le « neuneu » est aux portes de Downing Street, plébiscité par des conservateurs qui, de guerre lasse, ont fini par s’en remettre à lui pour sortir le pays de l’impasse du Brexit.

Il a domestiqué sa tignasse blonde autrefois désordonnée, évite les jeux de mots, suit des éléments de langage et se montre étonnamment sérieux et totalement vague. Les députés tory, tétanisés par le succès électoral du Parti du Brexit (extrême droite) qui prospère sur un sentiment de trahison répandu parmi les partisans de la sortie de l’Union européenne (UE), ont fait taire leurs réticences pour l’adouber. Tout porte à croire que la majorité des adhérents du parti conservateur, appelés à le départager de son challenger, Jeremy Hunt, le choisiront comme l’ultime recours pour sauver les tories et leur nouvelle religion : le Brexit.

« Quelle révélation pourrait encore faire dérailler sa marche vers Downing Street, alors qu’il s’est maintes fois rendu coupable de mensonge, de tricherie, de déloyauté, de paresse, d’indiscrétion, d’incompétence, de mépris cynique pour les autres, sans jamais en subir les conséquences ? », se demandait la journaliste Sonia Purnell, une ancienne subordonnée de Boris Johnson pendant ses années de journaliste au Telegraph, juste avant qu’une scène de ménage avec sa compagne, Carrie Symonds, révélée par des voisins, vendredi 21 juin, ne vienne jeter le trouble dans le pays sur la réalité du « nouveau Boris ».

« Il peut passer de la bonhomie à la fureur noire en quelques secondes, pour peu que l’on remette en cause le sentiment que tout lui est dû ou que l’on blesse son amour-propre », a ajouté Sonia Purnell dans le Times au lendemain de la rixe.

Réunir un royaume coupé en deux

Si Boris Johnson n’était qu’un personnage de roman, il pourrait personnifier la quintessence d’une certaine catégorie d’Anglais : bien né et sûr de son fait, dilettante jusqu’au cynisme, spirituel jusqu’à la clownerie. Son assurance n’a d’égale que sa capacité à gaffer et à se ridiculiser. D’où les consignes de ses communicants : éviter au maximum les débats et les interviews en direct. « Fini de rire, Boris », semble être la consigne.

De fait, l’heure n’est pas aux galéjades. Lui qui se prétend l’héritier des plus remarquables premiers ministres britanniques – Benjamin Disraeli (1804-1881) et Winston Churchill (1874-1965) – se prépare à succéder à Theresa May, fin juillet. Lui qui se fait fort de réunir un royaume coupé en deux sur l’Europe est un « candidat Marmite », du nom de cette pâte à tartiner salée terriblement anglaise dont le slogan est « Vous l’aimez ou vous la détestez ». Les trois quarts des électeurs conservateurs se situent dans la première catégorie, les trois quarts des travaillistes dans la seconde.

« Boris », alias « BoJo », est une marque à lui tout seul, connue pour son excentricité et ses positions pour le moins élastiques. Pourtant, derrière les pitreries pointent deux constantes dans sa pensée : la détestation de l’UE et l’ultralibéralisme.

Il aurait pu suivre les traces de son père, Stanley, un des premiers hauts fonctionnaires britanniques envoyés par Londres à Bruxelles en 1973, juste après l’adhésion à la Communauté économique européenne (CEE), ancêtre de l’UE. Si l’on cherche une explication psychologique dans la hargne du fils d’eurocrate contre l’UE, on peut la trouver dans ses mauvais souvenirs d’une enfance bruxelloise où ses parents se déchirent, et où sa mère, une artiste, tombe en dépression. Toujours est-il que lorsque, après ses études à Eton et à Oxford, il retourne à Bruxelles en 1989, à l’âge de 24 ans, envoyé comme correspondant par le quotidien conservateur Daily Telegraph pour couvrir la CEE, il connaît le terrain.

« Le beurre et l’argent du beurre »

Très vite, le jeune journaliste prend le contre-pied des comptes rendus insipides de ses confrères sur la vie des institutions européennes. Mêlant son goût de la provocation et sa relation distante avec la vérité, il enchante ses lecteurs en dénonçant avec drôlerie des turpitudes de la CEE souvent inventées. Bruxelles, écrit-il, veut normaliser les cercueils et les préservatifs, interdire aux enfants de moins de huit ans de gonfler des ballons et empêcher de recycler des sachets de thé.

Il cultive son image d’Anglais snob avec sa voiture de sport rouge cabossée, ses vêtements troués et sa manière d’écorcher volontairement son français parfait.

Pareil aplomb a de quoi désarmer les autorités de Bruxelles. Mais à Londres, il devient la coqueluche des conservateurs de Margaret Thatcher. Boris Johnson a contribué à faire de l’euroscepticisme « une cause attrayante (…) pour la droite », alors qu’il était jusque-là associé à la gauche, analyse Sonia Purnell. « Tout ce que j’écrivais depuis Bruxelles produisait un effet explosif étonnant sur le parti, a confié l’intéressé à la BBC en 2005. Je crois que cela m’a donné cet étrange sentiment de pouvoir. »

De retour à Londres en 1994, il s’installe à Islington, quartier bobo du nord de la ville, et devient une figure populaire dans tout le pays grâce à ses apparitions télévisées dans une émission de divertissement.

Après plusieurs échecs, il finit par obtenir de son parti une circonscription « sûre » de l’Oxfordshire, où il se fait élire député en 2001. Sommé de quitter la rédaction en chef de l’hebdomadaire conservateur The Spectator pour éviter les conflits d’intérêts, il rétorque : « Je veux le beurre et l’argent du beurre. » La formule lui servira plus tard de ligne de conduite pour le Brexit : il veut les avantages de l’UE sans les contraintes de l’adhésion, au risque d’exaspérer les Vingt-Sept.

Des chips contre Bruxelles

De ses années bruxelloises, « Bojo » a conservé la méthode de dénigrement de l’UE admirablement analysée par Fintan O’Toole, chroniqueur de l’Irish Times, dans son livre Heroic Failure. Brexit and the Politics of Pain (« Echec héroïque. Le Brexit et la politique de la douleur », Head of Zeus, 2018, non traduit).

Considérant la spécificité des goûts alimentaires – en particulier les aliments industriels consommés dans les classes populaires – comme le symbole ultime de « l’anglicité » et du libre choix, il a présenté les réglementations européennes comme une machine de guerre antianglaise. Reprise par les tabloïds, sa dénonciation d’un texte européen – imaginaire – visant à interdire les « chips britanniques saveur cocktail de crevettes », le nec plus ultra à l’époque chez les Anglais défavorisés, a mis dans le mille, enrôlant le petit peuple dans sa croisade ultralibérale.

« J’ai passé mes meilleurs moments [à Bruxelles] dans un état de semi-incohérence, composant des hymnes écumants de haine contre la dernière euro-infamie », confesse-t-il en 2002.

Son leitmotiv : l’Europe, dominée par les vaincus de la seconde guerre mondiale, cherche à humilier la vieille démocratie britannique. Ces références incessantes à la guerre de 1939-1945 tournent d’ailleurs à l’obsession : pour servir sa rhétorique pro-Brexit, il compare l’UE au IIIe Reich d’Hitler, et François Hollande à un kapo. Pour lui, l’Europe est une pieuvre étouffant la fière Angleterre impériale. Il favorise l’alliance de deux nationalismes par-delà les intérêts de classe : celui de la grande bourgeoisie anglaise en deuil de l’empire et celui des pauvres du nord du pays, convaincus que le Brexit leur redonnera du travail. Le 23 juin 2016, jour du vote du Brexit ? C’est « le jour de l’indépendance britannique », trompette-t-il avant de déserter, laissant le fardeau à Theresa May.

Au seuil de Downing Street, ce démagogue ultralibéral se pose en Donald Trump britannique au petit pied. Après avoir dénigré le milliardaire président, il avoue d’ailleurs son « admiration croissante » à son égard. « Il y a de la méthode dans sa folie, confie-t-il lors d’un dîner privé en juin 2018. Imaginez Trump gérant le Brexit. Il y aurait toutes sortes de crises, de chaos. Mais au moins, on arriverait à quelque chose. »

Diplomate peu diplomate

Pour se faire élire, en 2008, à la mairie de Londres, l’une des villes les plus cosmopolites de la planète, « BoJo » a joué la carte de l’ouverture au monde et du libéralisme sociétal : défense du mariage gay et du vélo. Mais sous ses deux mandats, cette ville en manque cruel de logements abordables s’est couverte de gratte-ciel, dont les appartements de luxe achetés par des investisseurs russes ou arabes sont souvent vides.

Né à New York, longtemps citoyen américain, Boris Johnson se fait fort de rappeler que son arrière-grand-père était un Turc musulman à chaque fois qu’il est pris en flagrant délit de xénophobie. En 2008, il décrit les « négrillons agitant des drapeaux » avec des « sourires de pastèques » sur le passage de la reine Elizabeth. Et lorsque, en 2016, Barack Obama met en garde contre le Brexit, il dénonce « l’aversion héréditaire à l’égard de l’empire britannique d’un président à moitié Kényan ».

Ses années à la tête du Foreign Office (2016-2018) ont été largement vues comme lamentables. Chargé de consolider les relations internationales après le Brexit, il stupéfie par son dilettantisme, sa condescendance et ses gaffes. Comme ce jour où, dans un sanctuaire bouddhiste birman, il murmure un poème de Kipling datant de la colonisation. Avec ses « amis » européens, ce n’est guère mieux : il traite les Italiens de « vendeurs de prosecco ». « Les Français, pourquoi cherchent-ils à nous baiser ? », l’entend-on interroger, à propos du Brexit, dans un documentaire de la BBC.

Le désarroi des conservateurs est tel qu’ils le considèrent tout de même comme le seul d’entre eux dont le bagou peut surpasser celui de Nigel Farage, le leader du Parti du Brexit. Après Theresa May, maladroite mais digne, cet animal politique constitue le dernier espoir de la droite britannique.

Chacun connaît son narcissisme et ses mensonges, mais il rassure les électeurs europhobes en promettant que le Brexit aura eu lieu avant le 31 octobre – sans expliquer, et pour cause, comment il pourrait y parvenir. Mais avec son insatiable besoin d’être aimé et son aplomb phénoménal, tout est possible, même un mouvement de girouette si sa demande de renégociation se heurte à un « niet » des Vingt-Sept. Un brexiter pour stopper le Brexit ? Boris Johnson sait qu’il a rendez-vous avec l’histoire, et c’est le rêve de sa vie.

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10 avril 2013

Une station Serge Gainsbourg sur le prolongement de la ligne de métro 11

gainsbourg_par_lui_m__me_34008843_north_628xAvoir une station de métro à son nom, une consécration ? Le chanteur Serge Gainsbourg devrait bientôt avoir ce privilège. La station dans le prolongement de la ligne parisienne 11, après le terminus actuel (Mairie des Lilas), portera le nom du chanteur français. Ce projet a été soutenu par la mairie de la ville des Lilas. « Nous avons eu l’idée avant Paris, qui a inauguré en 2010 le jardin Serge-Gainsbourg, un petit parc situé sur la porte des Lilas », précise la mairie des Lilas au journal Le Parisien. Le choix des Lilas n'est pas un hasard. En 1958, Serge Gainsbourg chantait l'une de ses premières chansons, Le poinçonneur des Lilas. Un métier qui a aujourd'hui disparu des couloirs du métro. Mais la chanson, elle est restée.

14 septembre 2020

Boris Johnson justifie son revirement sur l’accord du Brexit pour faire face aux « menaces » de l’UE

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Un Brexit sans accord aura des « conséquences très significatives pour l’économie britannique », pas pour l’UE, a répondu le ministre des finances allemand, Olaf Scholz.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a défendu samedi 12 septembre son intention de revenir en partie sur l’accord du Brexit face à la « menace » que l’Union européenne (UE) instaure un « blocus alimentaire » en Irlande du Nord. « Si nous n’acceptons pas les conditions de l’UE, l’UE utilisera une interprétation extrême du protocole de l’Irlande du Nord pour y imposer une frontière commerciale complète » entre la province et le reste du royaume, a justifié le premier ministre dans un texte publié par le Daily Telegraph.

Selon lui, Bruxelles pourrait non seulement imposer des droits de douane sur les produits arrivant dans la province britannique depuis le reste du pays, mais aussi instaurer « un blocus » et empêcher « le transport de denrées alimentaires vers l’Irlande du Nord ».

« Je dois dire que nous n’avions jamais sérieusement cru que l’UE serait capable d’utiliser un traité, négocié en toute bonne foi, pour instaurer un blocus sur une partie du Royaume-Uni ou qu’elle menacerait réellement de détruire notre intégrité économique et territoriale », accuse le leader conservateur.

« Ridicule »

Alors que les tractations pour éviter un « no deal » au 1er janvier sont dans l’impasse, Londres a imputé aux Vingt-Sept l’origine de la dispute, qui a envenimé cette semaine une nouvelle session de négociations et donne des inquiétudes quant à celles qui sont prévues la semaine prochaine à Bruxelles. La discorde a éclaté lorsque le gouvernement britannique a présenté au Parlement, mercredi 9 septembre, un projet de loi qui contredit en partie l’accord déjà signé encadrant la sortie du Royaume-Uni de l’UE – une manœuvre violant le droit international, a reconnu Boris Johnson, mais auquel il dit avoir été contraint.

« C’est ridicule. M. Johnson insiste pour avoir le beurre et l’argent du beurre », a jugé samedi, à la BBC, le député européen espagnol Luis Garicano, soulignant que les dispositions concernant l’Irlande du Nord étaient présentes dans l’accord que le premier ministre avait signé en janvier. Selon un rapport publié samedi matin par le Financial Times, plusieurs fonctionnaires britanniques auraient mis en garde Boris Johnson en janvier sur le fait que l’accord du Brexit, qu’il s’apprêtait à signer, comportait ce type de risques.

Le texte signé prévoyait que la province britannique reste pendant quatre ans soumise à certaines dispositions européennes, concernant notamment le commerce. Mais avec le controversé projet de loi examiné lundi par les députés britanniques, Londres pourra y prendre unilatéralement des décisions commerciales, contrairement à ce qui avait été initialement convenu. La situation s’est alors envenimée, l’UE affirmant qu’elle allait poursuivre le Royaume-Uni s’il ne retirait pas ses modifications d’ici à fin septembre. Vendredi soir, les dirigeants du Parlement européen ont menacé d’opposer leur veto à tout pacte commercial si Londres ne tenait pas ses promesses.

Confiance brisée

Un Brexit sans accord aura des « conséquences très significatives pour l’économie britannique », pas pour l’UE, a averti samedi le ministre des finances allemand, Olaf Scholz, à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens à Berlin. Selon le commissaire européen Paolo Gentiloni, c’est à Londres de « rétablir la confiance » avec l’UE.

C’est au nom de cette confiance brisée que plusieurs députés conservateurs rebelles ont menacé vendredi, lors d’une chaotique réunion virtuelle, de ne pas voter le projet de loi, craignant que le revirement de Boris Johnson n’entame la crédibilité du Royaume-Uni sur la scène internationale.

« Nous ne pouvons pas laisser le pouvoir théorique de diviser notre pays entre les mains d’une organisation internationale », leur a répondu samedi Boris Johnson dans sa tribune, affirmant à leur intention qu’il était « vital » d’adopter le projet de loi pour « mettre fin à cette possibilité ». Déterminé à aller vite, le gouvernement de Boris Johnson entend entamer dès lundi le processus d’examen de son projet de loi à la Chambre des communes, où il dispose d’une majorité de 80 sièges.

La question de la province britannique d’Irlande du Nord a longtemps constitué l’un des points d’achoppement des négociations sur le Brexit, Londres craignant le retour à une frontière physique sur l’île d’Irlande, ensanglantée par trois décennies de « Troubles » jusqu’à la signature des accords de paix du Vendredi saint, en 1998.

« Nous ne sommes pas d’accord », écrivent dans le Sunday Times à paraître dimanche 13 septembre les anciens premiers ministres, Tony Blair et John Major, qui conduisaient la Grande-Bretagne lors des discussions de paix des années 90. « L’action du gouvernement ne protège pas l’accord du Vendredi saint, il le met en péril », déclarent-ils dans un texte à quatre mains, qualifiant de « non-sens » les explications de Boris Johnson. « Le monde regarde le Royaume-Uni avec stupéfaction (…) pendant que les actions de ce gouvernement lui font honte et embarrassent notre nation », ajoutent-ils.

29 juillet 2019

Xi Jinping, le nouveau timonier

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Par Frédéric Lemaître, Pékin, correspondant, Brice Pedroletti, Hongkong et Taïwan, envoyé spécial

Xi Jinping, un destin chinois (1/6). Arrivé au pouvoir fin 2012, le numéro un chinois n’a fait qu’étendre son empire depuis. Régnant sans partage sur le pays, ce fils de dignitaire n’a aujourd’hui plus grand-chose à envier à Mao.

Depuis l’arrivée de Mao Zedong au pouvoir en Chine, en 1949, aucun dirigeant étranger n’avait eu droit à un tel honneur. Une réception officielle, non pas au Palais du peuple, symbole par excellence du pouvoir communiste, mais, de l’autre côté de l’avenue de la Paix-Céleste, au sein même de la Cité interdite. Une façon de flatter Donald Trump, qui, en ce mois de novembre 2017, effectue sa première visite d’Etat à Pékin. Mais aussi de signifier au monde entier que Xi Jinping est le digne héritier des empereurs ayant régné sur le pays pendant deux millénaires. Certes, l’Egypte est « un peu plus ancienne », concède-t-il à son invité. Mais la Chine est « l’unique civilisation ininterrompue qui se poursuit encore aujourd’hui », avec ses « trois mille ans d’histoire écrite », ajoute Xi Jinping, avec toute la solennité qui sied à l’endroit.

De fait, en cet automne 2017, le secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), également président de la République depuis début 2013, savoure son triomphe et pose avec Donald Trump devant le hall de l’Harmonie-Suprême. Deux semaines plus tôt, les délégués du XIXe congrès du PCC, le conclave du parti qui se tient tous les cinq ans, ont approuvé l’inscription de la « pensée » de Xi dans la charte du parti.

Il faut dire qu’il sait tout de Pékin et des pièges du pouvoir : fils d’un leader communiste écarté des hautes sphères dirigeantes du jour au lendemain en 1962, puis réhabilité dix-huit ans plus tard, il a passé une partie de son enfance derrière les murailles de Zhongnanhai, le complexe résidentiel du PCC dans le secteur ouest de la Cité interdite, avant d’en être chassé. Il tient désormais sa revanche : en termes de pouvoir, il n’a plus rien à envier à Mao. Grâce aux nouvelles technologies mises à son service, cet homme de 66 ans est une sorte de Grand Timonier 2.0, omniprésent dans la vie de ses sujets, intraitable dès que l’on s’intéresse d’un peu trop près à sa personne ou à celle de son épouse.

A Hongkong, cinq hommes, éditeurs et libraires, l’ont appris à leurs dépens : ils se sont retrouvés, en 2015, au cœur d’une vaste opération des services chinois. Un seul d’entre eux, Lam Wing-kee, a recouvré la liberté depuis. Sa librairie, située dans un quartier de Hongkong très fréquenté par les touristes chinois, était spécialisée dans les brûlots politiques sur la Chine, nourris de ces fuites et rumeurs en provenance de Pékin dont ce territoire, en principe autonome, est le réceptacle. Les Chinois de passage se procuraient ces ouvrages en toute discrétion. Lam en expédiait aussi par la poste vers la Chine continentale.

L’opération dont le libraire et ses collègues furent la cible en 2015 est aujourd’hui partiellement connue. Arrêté à la frontière entre Hongkong et Shenzhen, Lam a été détenu huit mois, soumis à des interrogatoires, contraint à des confessions télévisées. Son crime : avoir vendu des livres illégalement en Chine. Ses interrogateurs souhaitaient identifier ses clients, mais aussi les auteurs soigneusement dissimulés sous des pseudonymes. Un autre « suspect », l’éditeur hongkongais propriétaire de la librairie, Gui Minhai, a, lui, disparu du jour au lendemain de sa résidence de Pattaya, en Thaïlande. Il est toujours en détention en Chine. Trois autres de ses associés et collègues, séquestrés au même moment, continuent, pour leur part, d’être soumis à diverses formes de chantage.

Reprise en main du pays

Trois ans après les faits, Lam Wing-kee se dit convaincu que l’opération visait à éviter la publication, par l’éditeur Gui Minhai, d’un ouvrage sur Xi Jinping : « Il aurait eu le projet de mettre en annexe de ce livre une note autocritique, dans laquelle celui-ci avouait avoir eu une liaison extraconjugale alors qu’il était gouverneur du Fujian », précise-t-il au Monde. Ce genre de notes autocritiques, les jiantaoshu, n’ont rien d’exceptionnel au sein du PCC. Xi Jinping les a lui-même remises au goût du jour dans les premières années de son mandat ; les confessions de cadres « dévoyés » se sont alors multipliées dans les journaux du parti.

« Si ce genre de choses était révélé, alors qu’il venait d’arriver au pouvoir, que ça soit vrai ou faux, l’impact aurait été énorme sur sa position, d’abord dans son foyer, auprès de sa femme et de sa fille, et au sein du PCC, estime Lam Wing-kee. Les luttes de pouvoir sont féroces en Chine. Son rêve de se faire président à vie, de devenir un nouvel empereur, aurait été compromis. » Le libraire a compris en les écoutant que les enquêteurs chargés de l’interroger appartenaient à un « groupe dédié central ». Autrement dit, qu’ils avaient tous les pouvoirs.

« LE CONTRÔLE DE SA BIOGRAPHIE EST D’AUTANT PLUS IMPORTANT, AUX YEUX DE XI JINPING, QUE C’EST UN LIVRE QUI A FAIT CHUTER SON PÈRE ET SES AMIS EN 1962 »

ALEX PAYETTE, ENSEIGNANT À L’INSTITUT D’ÉTUDES POLITIQUES DE L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA

D’après un autre éditeur requérant l’anonymat, le livre brodait autour des efforts présumés de la célèbre cantatrice Peng Liyuan, épouse de Xi Jinping depuis 1987, pour se débarrasser d’une animatrice de télévision locale qui, disait-on à l’époque, était la maîtresse attitrée de son mari. « Mais plus personne à Hongkong n’oserait même envisager aujourd’hui de publier un tel ouvrage, ajoute le même éditeur. Cela implique de faire perdre la face à Xi Jinping. Et c’est très risqué. »

Et pour cause… « Le contrôle de sa biographie est d’autant plus important, aux yeux de Xi Jinping, que c’est un livre qui a fait chuter son père et ses amis en 1962 », remarque Alex Payette, enseignant à l’Institut d’études politiques de l’université d’Ottawa et spécialiste du pouvoir en Chine. En 1962, c’est en effet après avoir été accusé d’avoir soutenu la publication d’un livre qui déplut à Mao que Xi Zhongxun, jusqu’alors très proche du Grand Timonier, fut limogé et envoyé à la « base », dans une usine.

Chez l’actuel président chinois, cette obsession du « contrôle » ne concerne pas que l’écrit. Un participant au dîner organisé en janvier 2018 au Palais du peuple de Pékin en l’honneur d’Emmanuel Macron n’en revient toujours pas : la petite vidéo des deux présidents qu’il avait prise à cette occasion a disparu de son portable français. En revanche, celles des autres invités y sont restées. Les logiciels de reconnaissance faciale chinois seraient donc capables de s’immiscer partout.

Selon le politologue norvégien Stein Ringen, les hautes technologies sont en train de faire de la Chine une « dictature parfaite ». M. Ringen a d’ailleurs imaginé un néologisme pour la désigner : la « contrôlocratie ». De fait, en six ans à la tête de la deuxième puissance économique mondiale, Xi Jinping a mis sous cloche une société civile particulièrement turbulente lors de sa prise de pouvoir, reprenant en main des réseaux sociaux qui semblaient indomptables.

Le syndrome du « mauvais empereur »

S’il n’aime pas qu’on le filme à son insu ou qu’on écrive sur lui, Xi Jinping cultive volontiers l’image d’un penseur prolixe. Ainsi, le 30 mai, le journal télévisé de 19 heures de CCTV 1, la chaîne d’Etat, s’est ouvert, comme tous les soirs, par une information sur le président : le deuxième volume de son best-seller consacré à la « gouvernance de la Chine » est disponible dans cinq langues de minorités reconnues – le mongol, le tibétain, l’ouïgour, le kazakh et le coréen. Dans la foulée, un reportage montrait des lecteurs ouïgours plongés dans le livre dans une librairie. Non sans un certain cynisme, puisque cette minorité est la cible, sous Xi Jinping, d’un programme d’internement massif en camps de rééducation.

Il s’en est fallu de peu que les lecteurs français bénéficient du même privilège : avant le voyage de Xi Jinping en France, fin mars, les autorités chinoises ont tenté d’obtenir de Paris que les écrits du président figurent en bonne place dans les librairies françaises. Les Français ont dû leur expliquer qu’ils n’ont aucun pouvoir sur les choix des libraires…

Les deux livres de Xi Jinping sont une sélection de ses discours depuis 2012. Ils montrent à la fois son assurance et son ambition. Celle-ci a éclaté au grand jour dès le XIXe congrès du Parti communiste chinois d’octobre 2017, qui grave sa « pensée » (plus précisément « la pensée de Xi Jinping du socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère ») dans la charte du parti, au côté de son nom. Depuis Mao, nul dirigeant n’avait eu droit à un tel honneur de son vivant. Aux côtés de Xi et de son premier ministre, Li Keqiang, les cinq nouveaux membres du Comité permanent, l’organe suprême du PCC, se rendent, après la clôture du congrès, à Shanghaï, pour prêter serment sur le lieu de naissance du parti, en 1921.

Les chercheurs et diplomates spécialistes de la Chine ont constaté qu’aucun successeur de Xi n’a été nommé au Comité permanent durant le Congrès, rompant avec le mécanisme de transition institutionnel imposé par Deng Xiaoping. Ce n’est qu’à la session parlementaire annuelle de mars 2018 que la manœuvre prend tout son sens : un « coup d’Etat constitutionnel » a conduit à l’imposition par Xi Jinping et ses partisans de multiples amendements à la Constitution, dont la fin de la limite des deux mandats pour le président. Xi annonce lui-même le résultat du scrutin qui lui donne des pouvoirs sans limite.

Malgré la censure, le malaise est palpable dans le pays. A l’étranger, le politologue américain Francis Fukuyama dénonce, par exemple, le syndrome du « mauvais empereur » guettant le régime dès lors qu’il s’affranchit des règles qui garantissaient, tous les dix ans depuis 1978, une succession ordonnée au sommet. Celles-ci, écrit-il dans une tribune, « rendaient son système politique autoritaire si différent de presque virtuellement toutes les autres dictatures ».

La pensée de Xi en application

Si Xi Jinping est sans doute contesté au sein de certaines instances du Parti, il n’est pas réellement affaibli. Ses adversaires potentiels ? Marginalisés. Comme le premier ministre Li Keqiang, sur lequel il daigne rarement jeter un regard en public. Le véritable numéro deux est Wang Qishan, un autre « prince rouge » (c’est-à-dire un fils de dignitaire), adoubé vice-président en mars 2018 – lui aussi sans limite de mandat. Ancien chef de la lutte anticorruption, Wang a une passion pour l’histoire et a sans doute eu un rôle majeur, au côté de l’idéologue Wang Huning, dans la formulation de la voie unique et salvatrice que prêche le numéro un chinois : sans le PCC, point de salut.

Le sinologue britannique Kerry Brown fait de Xi Jinping et de ses deux « apôtres » des communistes « born again » (« nés de nouveau »), convaincus de la mission sacrée d’un PCC « abîmé par les souffrances et les malencontreuses expériences du passé, mais près enfin de livrer le grand résultat attendu », c’est-à-dire le rêve chinois du retour du pays au premier rang.

« LE SENTIMENT DE PORTER UN HÉRITAGE SOUS-TEND LA PENSÉE DE XI. DANS SES DISCOURS ET DÉCLARATIONS PUBLIQUES, IL SE RÉFÈRE CONSTAMMENT AU PASSÉ »

AGNÈS ANDRÉSY, AUTEURE DE « XI JINPING. LA CHINE ROUGE NOUVELLE GÉNÉRATION » (L’HARMATTAN, 2013)

Ces dernières années, c’est Wang Qishan qui a mené la bataille contre la corruption. De la fin 2012 à 2017, 1,3 million « de tigres et de mouches » – des hauts gradés, mais aussi des cadres ordinaires – ont été emprisonnés. Parmi les « grands fauves », les trophées se comptent par centaines, dont quatre des plus importants responsables politiques sous le mandat du président précédent, Hu Jintao, tous condamnés à la perpétuité. L’épuration a largement épargné les « princes rouges » – à l’exception de Bo Xilai, le rival malheureux de Xi Jinping, condamné à la prison à vie pour corruption en 2013.

Le numéro un chinois les tient cependant à distance, car il dirige en s’entourant de nombreux fidèles et de collègues croisés au cours de sa longue carrière hors de Pékin. « En province, il y a exactement 606 personnes qui comptent, précise Alex Payette. Au moins 10 % sont dans la poche de Xi. Ça a l’air peu, mais c’est énorme, car ils ont les postes les plus importants. Sans eux, impossible pour le pouvoir de faire appliquer ses réformes. » Un même homme, Chen Xi, dirige l’école du parti et le département de l’organisation qui promeut les cadres. Toutes les nominations importantes passent par lui. Faut-il le préciser ? C’est un intime de Xi. Un ami de plus de quarante ans. Ils étudiaient ensemble à l’université pékinoise Tsinghua.

De manière significative, le premier chapitre du livre de Xi sur la « gouvernance de la Chine » porte sur « le socialisme à la chinoise ». « Le rêve chinois » vient en deuxième position. « L’Etat de droit » ne figure qu’à la cinquième place. Pour Stein Ringen, « Xi Jinping n’est rien d’autre qu’idéologique dans son discours et son action ». Et le « rêve chinois de renaissance » présente, pour le politologue norvégien, « l’embryon d’une idéologie ultra-dangereuse », parce qu’elle « repose sur une rhétorique du pouvoir et de la grandeur nationale et qu’en fin de compte il s’agit d’une idéologie dans laquelle la personne cesse d’exister en tant qu’être autonome et est englobée dans la nation ».

Pour être sûr que les Chinois la maîtrisent bien, la « pensée de Xi Jinping » fait, depuis janvier, l’objet d’une application pour smartphones, intitulée « Etudier Xi, rendre le pays plus fort ». « Un mouchard électronique s’assure que les professeurs et les chercheurs passent au moins deux heures par jour à lire des articles sur la pensée de Xi et à regarder des vidéos de propagande. Par ailleurs, Xi leur a assigné comme mission de contribuer au développement d’un modèle de modernité sociale, économique, politique et environnementale pouvant être exporté à l’étranger », explique la sinologue française Chloé Froissart.

La leçon américaine

« Gouverner, c’est mettre vos sujets hors d’état de vous nuire, mais même d’y penser », disait Machiavel. Xi Jinping s’y emploie. Grâce au savoir-faire des ingénieurs d’Alibaba, le géant du commerce en ligne chinois, qui ont développé cette application, les Chinois peuvent tester leurs connaissances, seuls ou en groupe et même, pour les meilleurs ou les plus assidus, gagner des lots. Les 89 millions de membres du PCC ont l’obligation de la télécharger.

Le « Machiavel de Zhongnanhai » ne néglige aucun public. Dans le Jiangxi, cette province du Sud-Est d’où est partie la Longue Marche de Mao en 1934, la « culture rouge » est inculquée aux enfants dès la crèche par le biais de chansons composées à leur intention. Un programme pilote destiné à être étendu au reste du pays.

Surnommé « Oncle Xi » par la propagande, il cultive sans retenue une image paternelle et débonnaire de dirigeant proche des enfants – et donc du peuple. CGTN, la chaîne chinoise diffusée à l’étranger, a même posté sur YouTube – pourtant interdit en Chine – une vidéo en anglais intitulée « Xi Jinping, ami des enfants ». On le voit visiter des écoles ou des hôpitaux pour les plus jeunes. Certains ont ensuite l’insigne honneur de pouvoir nouer, autour du cou présidentiel, le célèbre foulard rouge des jeunes communistes – un rituel qui rappelle l’époque Mao.

L’aristocrate rouge, qui a fait de la lutte contre la pauvreté l’une de ses priorités domestiques, est régulièrement montré dans les villages reculés, où, assis à même le kang, le lit chauffé par-dessous, il écoute de vieilles paysannes ridées témoigner de leur vie de labeur.

Il va jusqu’à fréquenter, certes au compte-gouttes, les restaurants populaires : comme en ce mois de décembre 2013, où il est filmé par les médias officiels dans une gargote servant des petits pains farcis à Pékin. En réalité, ses conseillers en communication se sont inspirés de la sortie dans un boui-boui pékinois du vice-président américain Joe Biden et de son ambassadeur Gary Locke, en 2011 : les internautes avaient porté aux nues la simplicité des dirigeants américains. Pour mieux critiquer l’inaccessibilité des leurs. Xi a retenu la leçon.

A l’étranger, il prend un réel plaisir à côtoyer les têtes couronnées, que ce soit la reine d’Angleterre ou le prince Albert de Monaco. Le couple qu’il forme avec son épouse est discrètement glamour. C’est la première fois qu’une première dame chinoise n’a rien à envier, en matière de tenues vestimentaires, à ses homologues occidentales. Fidèle au recentrage sur la culture chinoise dont son mari est le chantre, Peng Liyuan s’habille chez des designers chinois. Ce soft power fait des merveilles : le couple « donne de la face aux Chinois à l’étranger », entend-on souvent. Comprendre : il les rend fiers.

Quant à leur fille unique, Mingze, diplômée de Harvard, elle est aussi invisible qu’influente. Ne dit-on pas qu’elle est l’inspiratrice, voire la rédactrice, de l’éditorial du Quotidien du peuple, paru le 11 mai, au lendemain de l’échec des négociations commerciales avec les Etats-Unis ? Le titre : « Aucun défi ne saurait empêcher la Chine d’avancer ».

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Porteur d’un héritage

A défaut de s’entendre avec Donald Trump, Xi Jinping courtise le reste de la planète, invitant le monde entier en Chine. En 2018, 53 leaders africains avaient fait le déplacement à Pékin pour le septième sommet du Forum Chine-Afrique. Le 15 mai, un spectacle féerique était donné au « nid d’oiseau », le stade olympique de Pékin, en l’honneur de dizaines de milliers de participants, venus cette fois de toute l’Asie, à une conférence « sur le dialogue des civilisations asiatiques ».

Mais le grand œuvre international de Xi Jinping reste bien sûr les « nouvelles routes de la soie ». Un projet lancé en septembre 2013, lors d’un voyage au Kazakhstan, destiné à renforcer les liens entre l’Asie et l’Europe. Dès 2015, changement de cap. On ne parle plus de « programme » ni de « stratégie ». Un seul mot, plus « inclusif », doit être employé : « initiative ». Pour lui, l’opération est devenue mondiale et englobe l’Afrique et l’Amérique latine, pas vraiment situées sur la route entre Xi’an et Venise. Quand Donald Trump ne jure que par son « America first », Xi Jinping, au contraire, défend le multilatéralisme et la « coopération gagnant-gagnant » par ces « routes de la soie » qui relient désormais des pays aussi différents que la Suisse, l’Ethiopie, le Panama ou la Malaisie.

Pourtant, c’est d’une miette de territoire chinois que provient aujourd’hui la contestation : Hongkong, la région administrative spéciale rétrocédée à la Chine en 1997, est en ébullition. Outrage suprême, lundi 1er juillet, des manifestants ont forcé l’entrée du Parlement local et recouvert le perchoir d’un drapeau de l’ex-colonisateur britannique. La raison ? Une loi d’extradition vers la Chine qui permettrait à Pékin de juger des Hongkongais selon ses propres lois, comme les éditeurs et libraires précédemment évoqués.

« L’histoire ne se répète pas, elle rime », disait l’écrivain américain Mark Twain. C’est dans le Guangdong, la province chinoise qui fait face à Hongkong, que le père de Xi Jinping a renoué avec sa carrière de mandarin communiste après son retour en grâce sous Deng Xiaoping. Il fut chargé, au début des années 1980, d’ouvrir à l’Occident la zone économique spéciale de Shenzhen pour contrebalancer le pouvoir d’attraction de la colonie britannique.

Le président chinois « a une conscience aiguë de son appartenance à une “pure famille communiste”, contrairement à ses prédécesseurs », écrit Agnès Andrésy, dans le livre que cette fine connaisseuse des « princes rouges » lui a consacré en 2013 (Xi Jinping. La Chine rouge nouvelle génération, L’Harmattan). « Le sentiment de porter un héritage sous-tend sa pensée. Dans ses discours et déclarations publiques, il se réfère constamment au passé. » Un passé tourmenté, dont il a fait une force.

23 mars 2014

TWITTER interdit en Turquie.....

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Le président turc Abdullah Gül, réputé plus modéré que le Premier ministre Erdogan, a fait cette déclaration dimanche alors que le blocage du réseau social a suscité des critiques en Turquie et sur le plan international.

Le président turc Abdullah Gül a déclaré dimanche que le blocage de Twitter, qui a suscité des critiques en Turquie et sur le plan international, serait prochainement levé.

«Il n’est pas légalement possible de fermer Internet et de tels sites» comme Twitter, a dit M. Gül aux journalistes à Ankara, avant son départ pour les Pays-Bas où se tient à partir de lundi une conférence internationale sur la sécurité nucléaire. «Je pense que le problème sera réglé bientôt», a-t-il assuré.

«C’est évidemment une situation déplaisante pour un pays développé comme la Turquie qui est un acteur régional de poids, et en négociations avec l’Union européenne. Pour cette raison, ce problème sera surmonté rapidement», a-t-il ajouté.

Le président a également confirmé que le site de microblogging Twitter avait engagé un avocat en Turquie pour négocier avec les autorités. «Twitter n’avait pas de représentants en Turquie. Il devrait y avoir de bons circuits de communication avec de pareils .... géants. Ils ont à présent un avocat qui travaille pour eux ici», a-t-il encore déclaré.

M. Abdullah Gül, qui est un utilisateur régulier des réseaux sociaux, a dénoncé vendredi sur son compte Twitter le blocage la veille de ce réseau social par le gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, éclaboussé par un scandale de corruption.

Le président turc est le plus haut responsable à s’être insurgé contre cette mesure. La menace, jeudi soir, de M. Erdogan d'«éradiquer Twitter» lui a attiré l’ire de la communauté internationale.

Réputé plus modéré, M. Gül a multiplié les prises de distance publiques avec les positions intransigeantes de M. Erdogan, l’un de ses compagnons de route politique.

Le gouvernement Erdogan a indiqué avoir décidé ce blocage après que le réseau social basé aux Etats-Unis eut refusé de se conformer à des «centaines de décisions de justice» depuis janvier dernier, sur le retrait des enregistrements de conversations téléphoniques piratées.

La décision d’Ankara a été très largement perçue comme une tentative du gouvernement de faire taire les accusations de corruption mettant en cause le Premier ministre et son proche entourage, avant les élections municipales du 30 mars, aux allures de référendum pour ou contre le chef du gouvernement, au pouvoir depuis 2003. source AFP

turquie___erdogan_censure_twitter__twitter_riposte__8904_north_640x440Photo ci-dessus : Erdogan

30 novembre 2013

Ukraine to E.U.

Entre Moscou et Bruxelles, le président ukrainien a donc choisi Moscou : il a refusé de signer l'accord d'association avec l'UE. La contestation s'amplifie et prend même, selon le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta, la tournure d'une révolution estudiantine.

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Les policiers ukrainiens ont délogé les manifestants qui souhaitaient camper place de l'indépendance. A coups de matraque, la police anti-émeute a dispersé les pro-européens venus protester contre la politique de l'actuel président Viktor Ianoukovitch.

En Ukraine, la police anti-émeute a dispersé tôt ce samedi dans le centre de Kiev des centaines de manifestants pro-européens qui s'étaient rassemblés la veille au soir place de l'Indépendance. Selon des témoins, la police est intervenue contre les manifestants qui protestaient contre la décision du président Viktor Ianoukovitch de ne pas signer l'accord d'association et de libre échange qui était en négociation depuis des mois avec l'Union européenne.

Grenades assourdissantes et matraques

Les policiers ont tiré tout d'abord des grenades assourdissantes puis ils sont intervenus à coups de matraques pour les chasser des lieux, poursuivant certains manifestants dans les rues. En 2004, neuf ans plus tôt, cette même place de l'Indépendance avait connu de grandes manifestations de la "révolution orange" contre la fraude électorale.

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Caméraman blessé

La veille au soir, au moins quatre personnes ont été passées à tabac par des policiers, dont un caméraman et un photographe de Reuters qui a été frappé à la tête, a eu le visage en sang. Ces dix mille manifestants pro-européens rassemblés vendredi sur la place de l'Indépendance accusaient le président Ianoukovitch d'avoir "détruit leur rêve" d'un rapprochement avec l'Union européenne. Texte de Ouafia Kheniche

 

26 novembre 2013

Les communistes exigent de retirer la malle Louis Vuitton de la place Rouge

Par La Voix de la Russie - Les communistes russes sont indignés par le pavillon de la marque Louis Vuitton assemblé sur la place Rouge. Un dirigeant du Parti communiste a déclaré que la place Rouge était un « lieu sacré de l'Etat russe » qu'il ne fallait pas « profaner et banaliser ». Le pavillon en forme de malle de la maison Louis Vuitton a été installé sur la place Rouge à la mi-novembre. Il a 9 mètres de haut et 30 mètres de long. L'exposition « L'âme des voyages » y sera ouverte à partir du 2 décembre dont les visiteurs pourront voir 25 coffres historiques et 12 installations vidéos d'artistes contemporains.

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4 mars 2014

Ukraine : "Quand Poutine parle, il faut le prendre au sérieux"

Au moment où le président russe sort de son silence pour justifier une éventuelle intervention en Ukraine, francetv info a interrogé François Heisbourg, expert en géostratégie, qui estime que les faits et gestes de Vladimir Poutine rappellent ceux des tsars.

Propos recueillis par Hervé Brusini

La crise ukrainienne, un remake de la Guerre froide ? Lundi 3 mars, Barack Obama a accusé la Russie d'être "du mauvais côté de l'histoire". Quelques heures plus tard, Vladimir Poutine a répliqué, expliquant que "la Russie se réserve le droit de recourir" à une action militaire "en dernier recours".

Pourtant, s'il considère que la crise présente un risque réel d'escalade à tout moment, François Heisbourg, expert en géostratégie, insiste : "Tout rapprochement avec ce que fut l'ère soviétique est une erreur si l'on veut comprendre le conflit actuel", explique ce conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, dont le siège est situé à Paris. Ce spécialiste, qui vit entre Londres, Genève et Paris, pense que les faits et gestes de Vladimir Poutine rappellent plutôt l'attitude des tsars de Russie. Explications.

Francetv info : Pourquoi estimez-vous que la crise actuelle n'a rien à voir avec la Guerre froide ?

François Heisbourg : Nous ne sommes plus à l'époque de l'Union soviétique. Certes, la Russie est l'un des Etats héritiers de l'URSS. Mais cette dernière était un concept idéologique avant d'être un territoire et une puissance. La lutte entre le communisme et son contraire était une lutte globale qui rassemblait tous les aspects de la vie économique, politique, sociale. Cela n'a pas grand-chose à voir avec les luttes de puissance actuelles.

Aujourd'hui, nous sommes face à la Russie d'un Poutine qui cherche à avancer ses intérêts, à développer ses ambitions. De leurs côtés, les Etats voisins sont impuissants. Quant aux Occidentaux, ils n'ont pas envie de voir se multiplier les zones de conflit et d'instabilité. Il faut toujours rappeler que l'Ukraine possède une frontière commune avec l'Union européenne et l'Alliance atlantique (Otan).

Pendant vingt ans, les choses se sont assez bien passées. L'Ukraine a joué son rôle d'Etat tampon entre la Russie et les pays occidentaux. Mais voilà, Poutine a voulu faire monter les enchères en affirmant que l'Ukraine devait être "avec" la Russie et cette dernière lui a répondu qu'elle n'était pas d'accord. Autrement dit, Poutine a réussi à transformer l'Ukraine – qui stratégiquement était une solution favorable aux intérêts de sécurité russe – en un très gros problème pour la Russie. Dans cette affaire, Poutine n'opère pas en position de force. Pour moi, il est en état de faiblesse. Il a perdu l'énorme pari qui consistait à faire entrer l'Ukraine dans le pacte euro-asiatique [ou Union eurasiatique, qui rassemblerait la plupart des ex-républiques soviétiques]. L'idée était alors de donner corps à une refondation de l'empire russe. A présent, Poutine essaie de se refaire. Ce n'est pas le leader confiant qui avancerait ses pions l'un après l'autre. Celui auquel on a affaire tente de rétablir ses positions. En ce sens, Poutine relève beaucoup plus de l'histoire des tsars que de la Guerre froide.

Pourquoi serait-on plus proche de l'histoire des tsars que de celle de l'Union soviétique ?

Cela tient d'abord à la nature du conflit qui nous occupe : ce n'est pas un conflit mondial, mais une confrontation entre les voisins de la Russie et les pays qui ont un intérêt à ce que ces voisins-là ne constituent pas les bases d'un nouvel empire. Et puis, le Poutine d'aujourd'hui n'est pas dans la logique immuable de bloc contre bloc. Il a conscience des réalités fortes de son pays comme du contexte international. A la différence de l'ex-URSS, la Russie a développé une vraie classe moyenne qui a commencé à acquérir un niveau de vie proche du nôtre. Déjà, la stagnation économique de l'année passée a produit des effets négatifs. Si le pays s'enfonce maintenant dans une crise sévère, cela aura de graves conséquences pour Poutine. Pour les oligarques aussi. Ils aiment envoyer leurs enfants dans les grandes écoles occidentales ou séjourner dans leurs villas sur la Riviera. Or, les Américains comme les institutions européennes ont appris à mettre en place des sanctions économiques qui font mal, sur le plan des transactions bancaires en particulier. Tous ont appris cela grâce à la crise du nucléaire iranien. Bien sûr, cela prend du temps, mais c'est redoutablement efficace.

Toujours en référence à l'URSS et plus largement à l'histoire russe, n'a-t-on pas sous-estimé l'importance de l'Ukraine pour Moscou ?

Peut-être, ces sentiments existent. Mais nous sommes en 2014. Cela reviendrait un peu à dire que la France a un attachement viscéral pour la rive gauche du Rhin et que donc cela lui donne carte blanche pour occuper Cologne ! Ce ne serait pas très raisonnable. Il faut quand même tenir compte non seulement de l'avis des gens concernés, mais aussi des traités et des accords qui ont été conclus. Or les gens de Kiev se sont exprimés. Et puis, la Russie comme le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis se sont engagés il y a vingt ans à ne pas remettre en cause l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Dans ce même accord, l'Ukraine renonçait aux armes nucléaires soviétiques qui étaient basées chez elle. Tout cela est très important. Pensez à ce que serait la situation si l'Ukraine avait gardé ces armes....

Mais une grande partie de la flotte russe est basée à Sébastopol, et cela depuis bien longtemps...

Absolument. Et il n'y avait aucun problème. Le bail qui permet cette présence court jusqu'en 2042. Il est renouvelable tous les cinq ans. Il n'y avait pas péril en la demeure du point de vue des intérêts navals russes. Certes, on peut comprendre un attachement sentimental. Mais vous savez, c'était dur aussi quand la flotte française a dû quitter Mers El-Kébir [après l'indépendance de l'Algérie, en 1962, la marine française a dû évacuer cette base navale qu'elle utilisait depuis plus d'un siècle].

Il n'empêche, Poutine reste un interlocuteur incontournable dans les dossiers syrien, iranien...

En tout état de cause, la Russie est un grand pays. Par définition, on doit la respecter, et effectivement les voies de la démocratie doivent rester ouvertes à son endroit. Ainsi, je n'ai pas trouvé très intelligent que le Canada rappelle son ambassadeur de Moscou. C'est justement dans ce genre de situations qu'on a besoin de diplomates. Mais en attendant, comme la Russie, nous avons, nous aussi, des intérêts à défendre, de même que l'Europe. Dans cet ordre d'idée, l'Ukraine, pays frontalier, doit rester stable.

Comment voyez-vous la suite des événements ?

Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. Poutine est quelqu'un de relativement simple. Quand il parle, comme il vient de le faire, il faut le prendre au sérieux. Il ne faut pas partir du principe qu'il galèje. Quand il dit qu'il est prêt à intervenir en Ukraine ou en Crimée (ce qu'il a fait), je le prends très au sérieux. Poutine est tout sauf un fanfaron. C'est un type structuré et on le voit dans la façon dont il joue ses coups, y compris quand il les annonce. Et puis surtout, quand vous avez des soldats qui sont face à face, comme c'est en ce moment le cas sur l'aéroport près de Sébastopol par exemple, il peut arriver n'importe quoi, et très rapidement. Si quelqu'un tire, on change d'univers. Ce n'est pas une image, c'est la stricte et dangereuse réalité.

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10 mars 2019

Loto du patrimoine : la liste des 18 monuments emblématiques de la prochaine édition dévoilée

Les 18 premiers monuments historiques sélectionnés pour recevoir une aide à la restauration dans le cadre du prochain loto du patrimoine et qui figureront sur les tickets à gratter sont révélés dimanche 10 mars par Stéphane Bern, responsable du patrimoine choisi par le président Emmanuel Macron. Parmi eux, treize sont en métropole et cinq en Outre-Mer.

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Ces monuments en métropole sont : l'abbaye Sainte-Marie de Longues-sur-Mer dans le Calvados, le Beffroi de Béthune dans le Pas-de-Calais, la maison de Rosa Bonheur à Thomery en Seine-et-Marne, le moulin de Bar-sur-Seine dans l'Aube, la Glacière municipale d'Étel dans le Morbihan, le moulin de la Fontaine à Thoré-la-Rochette dans le Loir-et-Cher, le château de Maulnes à Cruzy-le-Châtel dans l'Yonne, les ruines des Herbiers en Vendée, l'amphithéâtre de Saintes en Charente-Maritime, le Viaduc des Fades aux Ancizes-Comps dans le Puy-de-Dôme, l'abbaye Notre-Dame de Sénanque à Gordes dans le Vaucluse, le fort de Brescou à Agde dans l'Hérault et la bibliothèque Fesch à Ajaccio en Corse-du-Sud.

En Outre-Mer, sont sélectionnés : l'église Saint-André de Morne-à-l'Eau en Guadeloupe, la façade de la cathédrale à Saint-Pierre en Martinique, le relais du Barcaret à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, le temple du Gol à Saint-Louis à La Réunion et le phare de l'Île aux Marins à Saint-Pierre-et-Miquelon.

269 monuments accompagnés en 2018

Une centaine d'autres monuments seront sélectionnés au cours du printemps, un par département et collectivité d'Outre-Mer, ils pourront aussi bénéficier de l'aide à la restauration du patrimoine français, collectée dans ce loto. En 2018, le loto du patrimoine avait permis de récolter 22 millions d'euros et d'aider 269 monuments en péril.

Le tirage du Super Loto aura lieu le 14 juillet 2019 et en septembre 2019, en plus des tickets à gratter au prix de 15 euros, des tickets moins chers seront mis en vente au prix de 3 euros.

26 janvier 2014

Inna Schevchenko est Femen avec ses tripes

C’est l’une des leaders des Femen, mouvement féministe né en Ukraine qui compte des milliers de membres. Visage angélique, volonté d’acier, elle dénonce la société patriarcale avec toujours plus de provocation.

Portrait

Elle se cache derrière un mini-short, une couronne de fleurs et des slogans tagués sur sa poitrine. Mais qui est Inna Schevchenko ? Leader des Femen, ce mouvement féministe d’un genre nouveau, cette Barbie ukrainienne de 23 ans ne cesse de faire parler d’elle. On la découvre maniant la tronçonneuse pour abattre une croix à Kiev en soutien aux Pussy Riot, groupe punk féministe emprisonné en Russie. Elle se rend au parlement espagnol pour dénoncer une loi limitant le droit à l’avortement. Toujours seins nus. La marque de fabrique des Femen.« Elles utilisent leurs corps pour être entendues ,commente Geneviève Fraisse, philosophe et historienne de la pensée féministe.À la télévision, une simple banderole n’est pas forcément lue. »

Des bains d’eau glacée

Inna n’a pas toujours été favorable à ce mode d’action.« Elle était furieusement contre » , rapporte la journaliste et féministe Caroline Fourest (1) .Trop pudique. Jusqu’à la libération. Le 24 août 2010, jour de l’indépendance de l’Ukraine. Elle surmonte sa peur de dévoiler sa poitrine et la transforme en arme.« C’est un vrai pouvoir, affirme Inna.C’est féministe ! Cela veut dire : ne pas laisser

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la société voir le corps des femmes comme quelque chose de sexuel ou de honteux mais comme une force et une fierté. » Inna vient d’une famille« ni pauvre ni aisée » . Petite, son père qu’elle admire lui faisait prendre des bains d’eau glacée pour l’endurcir. Trop jeune pour se souvenir de la fin de l’URSS, elle est marquée par le Révolution orange en 2004. Déçue par les politiques. Brillante étudiante, elle commence sa vie professionnelle au service de presse de la mairie de Kiev. Là, elle découvre le mouvement Femen, en 2009. Apprécie leurs prestations « habillées », proches du théâtre de rue, qui dénoncent le harcèlement sexuel.« J’ai été victime de la société patriarcale, comme beaucoup de femmes. Je voulais juste être libre. Femen me permet de l’être. » Elle se découvre une âme de chef. Un talent pour motiver les troupes. La jeune femme est charismatique. Ses grands yeux verts et sa détermination en séduisent plus d’une.« Les Femen prolongent la dénonciation radicale du patriarcat qu’a menée le Mouvement de Libération des Femmes (MLF) dans les années 1970 » , précise Christine Bard, professeure d’ histoire contemporaine à l’université d’ Angers. Inna est une guerrière. Ses jambes sont couvertes de bleus. Elle ne craint pas les coups. Depuis qu’elle a quitté l’Ukraine, où elle risque la prison, elle s’est réfugiée en France. Elle y vit de bric et de broc.« Nous avons récolté quelques fonds grâce à des dons et la vente d’objets via notre site web. » Et a monté le bureau international Femen.« Venir en France était un choix stratégique. Je ne sais pas combien de temps j’y resterai, cela dépend des combats à mener » , rapporte Inna. Son discours est rodé. Elle balaye les critiques. Se revendique « sextremiste ».« Leurs actions sont très provocatrices : les slogans, les lieux de leurs interventions font polémique, y compris parmi les féministes, pointe Christine Bard.L’opinion publique n’approuvait pas non plus les suffragettes anglaises et leurs méthodes radicales, avant 1914. Aujourd’hui, leurs actions sont reconnues comme légitimes. » Article de Clémence OLIVIER.

(1) Inna , Grasset, 448 pages, 20,50 €. Je suis laïque et démocrate, mais je suis aussi chrétien. Eriger en Marianne une personne qui bafoue, qui profane et qui blasphème, je trouve ça choquant. Elle peut avoir une cause noble mais elle ne la sert pas en l’insultant.Lorànt Deutsch

Mes précédents billets sur les FEMEN en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/tag/Femen

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Inna Schevchenko

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MAJ du 3 février 2014

La journaliste Caroline Fourest a tiré un film et un livre de sa rencontre avec les Femen. Les Inrocks ont lu le livre Inna, et n'ont pas aimé : "Roman à l’eau de rose ? Récit initiatique ? Essai militant ? Inna balade son lecteur entre plongée analytique dans le sextrémisme des Femen et l’émoi de l’auteur à la vue de 'la courbe des reins' d’Inna. Aux antipodes de la bio classique, Inna traite moins de son sujet que de son auteur, qui prend “la Shevchenko” comme prétexte pour mieux parler d’elle-même."

15 septembre 2018

La lettre politique de Laurent Joffrin - Au fond du trou

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Sondage angoissant, à tous égards, sur les intentions de vote aux européennes. Bien entendu, il n’augure pas du résultat final à neuf mois du scrutin et bien avant que la campagne ait démarré. Mais il donne une idée de l’air du temps politique. Premier enseignement, le Rassemblement national, en dépit de ses ennuis judiciaires, des tribulations de Marine Le Pen, du discrédit personnel qui pèse sur elle depuis le débat calamiteux de la présidentielle, se retrouve au coude à coude avec LREM en tête du classement, à 21%. Cette résilience illustre évidemment la force du courant xénophobe et antimusulman en France, d’autant qu’on peut y ajouter le score de Nicolas Dupont-Aignan – 6%, dont le discours est tout aussi raide que celui du RN.

On remarquera aussi, à travers un test éclairant, que le lepénisme sans Le Pen progresse au sein de la droite classique. La moitié des élus LR au Parlement européen n’a pas voté l’application à la Hongrie de l’article 7 du traité européen. Une esquive qui revient à ratifier les innombrables atteintes aux libertés publiques perpétrées par le gouvernement Orban, justement sanctionnées par la grande majorité des députés européens. La droite n’est pas seulement identitaire: elle commence à pencher vers les démocraties «illibérales», c’est-à-dire autoritaires, non démocratiques, potentiellement fascisantes. C’est le penchant naturel du nationalisme, qui fait passer les «droits de la nation» avant les droits humains. Les Républicains de Wauquiez, naguère force dominante, plafonnent à 14%, tiraillés ent re centre et extrême droite, eux aussi identitaires mais en mal de respectabilité européenne.

La macronie ramenée à 21,5% paie l’irritation suscitée par la personnalité du président et la multiplication des faux pas pendant l’été, autant que l’assombrissement brusque des perspectives économiques. Mais ce n’est pas la gauche qui en bénéficie: tout compris, elle plafonne à moins de 27%, divisée de surcroît en cinq morceaux épars: 12,5% pour la France insoumise, 5% pour les écologistes, 4,5% pour le PS, 4% pour Génération.s de Benoît Hamon, et 1,5% pour le PCF.

Elle se retrouve ainsi devant un dilemme: s’agréger autour de Jean-Luc Mélenchon, qui a passé son costume de rassembleur, ou bien jouer la résurrection d’une force de gauche réformiste. La deuxième hypothèse, que les commentateurs affectent de juger invraisemblable, serait logique. Il existe un électorat entre Macron et Mélenchon, constatation électorale triviale. Il existe surtout un espace d’idées et de projets entre dégagisme et libéralisme de centre droit. Petit à petit, le patrimoine politique de la gauche de gouvernement se reconstitue. Elle gouverne au Portugal et en Espagne, elle persiste au Royaume-Uni, elle se développe aux Etats-Unis à la gauche du Parti démocrate. Plusieurs livres témoignent d’un renouveau, tel celui de Yascha Mounk, en passe de remporter un succès mondial. L’écologie, qui suppose la régulation collective de l’économie de marché, est naturellement socialisante. Bref les morceaux du puzzle réformiste peuvent encore se rassembler. Au fond du trou, il y a encore un peu de lumière. Encore faut-il un projet fédérateur et une représentation politique crédible. Pour l’instant, en France, cette représentation est éparse, pour ne pas dire en miettes. Mais les militants, les électeurs, les élus savent au fond d’eux-mêmes que dans la situation présente, ils devront choisir entre dégagisme, libéralisme et nationalisme. Perspective déprimante: on attend un catalyseur. LAURENT JOFFRIN

22 avril 2013

Elections Municipales de Paris

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60 % DES PARISIENS SATISFAITS DU BILAN DE BERTRAND DELANOË

Trois Parisiens sur cinq se disent satisfaits de Bertrand Delanoë, selon un sondage BVA pour 20 Minutes paru ce matin. Parmi les mesures les plus appréciées : 88 % approuvent Vélib’, 64 % Paris Plages et 63 % le réaménagement des quais de Seine rive droite. 56 % se disent d’accord avec la mise en place de la réforme sur les rythmes scolaires dès septembre 2013.

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11 mai 2019

SIBYL

adeleSibyl est une romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d'écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Alors qu'elle cherche l'inspiration, Margot, une jeune actrice en détresse, la supplie de la recevoir. En plein tournage, elle est enceinte de l'acteur principal… qui est en couple avec la réalisatrice du film. Tandis qu'elle lui expose son dilemme passionnel, Sibyl, fascinée, l’enregistre secrètement. La parole de sa patiente nourrit son roman et la replonge dans le tourbillon de son passé. Quand Margot implore Sibyl de la rejoindre à Stromboli pour la fin du tournage, tout s'accélère à une allure vertigineuse…

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11 octobre 2016

PLOUHARNEL : Tourisme - un été globalement satisfaisant

L’office de tourisme a interrogé les professionnels du secteur des vacances afin de dresser un bilan de la saison, qui court d’avril à septembre.

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Madeleine Juberay, directrice de l’office de tourisme de Plouharnel, analyse le retour de satisfaction des professionnels du tourisme sur les deux grandes périodes de la saison estivale : avril, mai, juin, et juillet, août, septembre. Les hôteliers, restaurateurs, campings, professionnels du loisir, de l’hébergement, et commerçants se sont exprimés sur leur niveau de satisfaction pour ces six derniers mois.« Pour la période avril, mai et juin, les professionnels sont plutôt satisfaits. L’appréciation monte pour juillet, août et septembre pour atteindre son plafond habituel en août, avec un mois de septembre relativement satisfaisant », confie Madeleine Juberay. Pour l’ensemble de la période d’avril à septembre,« c’est une saison satisfaisante, mais pas exceptionnelle, toutefois la Bretagne et le Morbihan ont été globalement épargnés par rapport à certaines régions » .

Comportement « météo dépendant »

Le mois de juillet et le mois d’août confirment l’activité la plus intense. Le mois qui enregistre le plus de déçus est le mois de mai, dû essentiellement au mauvais positionnement des ponts du calendrier. La première quinzaine de juillet reste un peu décevante, à cause d’une météo très capricieuse. Quant au mois de septembre, la météo clémente a eu une influence évidente sur la fréquentation.« On peut même parler de comportement météo-dépendant », souligne la directrice de l’office. Les taux de remplissage chez les professionnels de l’hébergement sont en moyenne de 70 % pour juillet, et de 80 à 100 % en août. Parmi les succès cette année, incontestablement, la piste cyclable, dite « voie verte » en est un.« Cette voie, qui part en direction de Quiberon, est la plus fréquentée de Bretagne. » Les renseignements sur les itinéraires cyclistes sont en effet la première des demandes des vacanciers qui viennent à l’office.

Les premiers visiteurs, les Bretons

La clientèle principale est un public familial, mais aussi senior et excursionniste, à la recherche de calme. Le vacancier y est majoritairement français, avec un ratio de 86 %, contre 14 % de vacanciers étrangers.« Les premiers des visiteurs en Bretagne sont les Bretons » , viennent ensuite les Parisiens, puis les Pays de La Loire, la Normandie et RhôneAlpes.« Cette dernière est un vivier très important pour nous. » L’autre succès est l’aire réservée aux camping-cars, proche du camping des Sables-Blancs.« Le taux d’occupation de cette aire est quasiment à cent pour cent constamment, y compris au mois de septembre » . Quant à la tendance des vacances dites « classiques », camping, mobile-home et hôtel, le raccourcissement des séjours est réel, trois nuitées en moyenne.« Aujourd’hui, les outils numériques, tels que les sites internet, doivent être extrêmement soignés et performants, car ils sont désormais décisifs dans le choix des destinations touristiques. » Source Ouest France

20 janvier 2014

Save the date : Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulème du 30 janvier au 2 février 2014

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Les auteurs et l’Académie des anciens Grands Prix devront choisir parmi une liste de 25 noms…

L’an dernier, la désignation de Willem avait fait quelque peu scandale. Non pas que l’auteur de BD néerlandais n’ait pas le talent requis pour figuer au palmarès des Grands Prix du festival d’Angoulême, mais son élection avait été chaotique.

Cherchant encore et toujours à moderniser le mode d’élection de ses Grands Prix, le festival d’Angoulême a dévoilé les noms des 25 candidats.

Les étrangers invités

Comme l’an dernier, on ne sait pas exactement comment cette liste a été établie. Outre les favoris comme Larcenet, Christophe Blain et Joann Sfar, plusieurs auteurs étrangers sont nommés, comme les Américains Charles Burns, Bill Watterson ou Daniel Clowes, les Japonais Katsuhiro Otomo et Jiro Taniguchi ou encore le scénariste anglais Alan Moore.

Les auteurs de BD, inscrits par l’entremise de leurs maisons d’édition auprès du festival, pourront voter en ligne. Les auteurs étrangers édités en France pourront ainsi également voter. Cette méthode devrait éviter les aléas de l’an passé où n’importe qui se prétendant auteur (à commencer par l’auteur de cet article) avait pu voter.

L’académie perd son monopole

L’Académie des anciens Grands Prix, autrefois entièrement souveraine pour désigner leur nouveau membre, voit son rôle réduit. Les voix des Sages compteront autant que l’ensemble de celles des auteurs inscrits.

Si le festival s’en tient à une organisation annoncée en décembre, il devrait y avoir trois finalistes désignés lors d’un premier tour, puis un deuxième tour pour élire le lauréat.

Le nom du Grand Prix 2014 sera annoncé le 2 février en clôture du festival d’Angoulême.

La liste complète des auteurs nommés.

Binet - Christophe Blain - Charles Burns - Pierre Christin - Daniel Clowes - Richard Corben -Bernard Cosey - Étienne Davodeau - Nicolas de Crécy – Edika - Emmanuel Guibert – Hermann - Alejandro Jodorowsky - Manu Larcenet - Milo Manara - Lorenzo Mattotti - Alan Moore - Katsuhiro Otomo - Quino - Marjane Satrapi - Joann Sfar - Jiro Taniguchi - Jean Van Hamme - Chris Ware - Bill Watterson

http://www.bdangouleme.com/

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Milo Manara: «Ma production est trop érotique pour obtenir le Grand prix»

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Revoir les Etoiles de Milo Manara

8 mai 2014

Save the date : Monumenta 2014 : Ilya et Emilia Kabakov

Monumenta 2014 : Ilya et Emilia Kabakov

L'Etrange Cité

10 Mai 2014 - 22 Juin 2014

Grand Palais, Nef

Pour la sixième édition de Monumenta, Ilya et Emilia Kabakov, artistes d’origine russe, proposent au public de se perdre dans le dédale d’une ville utopique, L'Etrange Cité. Cette manifestation est organisée par la Rmn-GP avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication (Direction générale de la création artistique) en association avec le Multimedia Art Museum de Moscou.

Monumenta 2014 bénéficie du soutien de Novatek, la Fondation d’entreprise Total, JCDecaux, Bug Juice, Banque Neuflize OBC, Boston Consulting Group, LVMH / Moët Hennessy. Louis Vuitton, Warner Music Group et la Blavatnik Family Foundation

Avec le concours de la Galerie Thaddaeus Ropac (Paris-Salzbourg) et de la Galerie Lia Rumma (Milan-Naples).

Horaires

10 Mai 2014 - 22 Juin 2014

Lundi, mercredi et dimanche 10h - 19h

Jeudi, vendredi et samedi 10h - 00h

Fermeture hebdomadaire le mardi

Pour la nuit européenne des musées : entrée gratuite le samedi 17 mai de 20h à minuit

TARIFS

Plein : 6€

Réduit : 3€

- See more at : http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/monumenta-2014-ilya-et-emilia-kabakov

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4 mai 2014

Prune Nourry au CENT QUATRE - exposition : Terracotta Daughters (2013)

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http://www.prunenourry.com/fr

" Terracotta daughters ", les 116 filles de Prune Nourry

Dans la continuation de son projet Holy Daughters en Inde, Prune Nourry s’intéresse aujourd’hui sur la sélection du sexe en Chine. Elle infiltre la culture locale et s’inspire des fameux Soldats de Terracotta, si symboliques, pour créer une armée de 116 Terracotta Daughters, grandeur nature.

La plasticienne dénonce avec cette œuvre troublante les avortements sélectifs

La Chine compte désormais 116 habitants de plus, mais ils n’apparaissent pas dans les statistiques officielles : 116 filles exactement. Elles sont l’œuvre de l’artiste Prune Nourry, et le monde les découvrira peut-être dans un millénaire ou deux, comme l’empereur Qin et son armée des 8 000 soldats en terre cuite enfouis il y a 2 200 ans. Prune Nourry s’est inspirée de ces guerriers pour imaginer une œuvre qui parle d’un phénomène particulièrement aigu en Inde et en Chine : la sélection des enfants. Dans ces deux pays qui représentent 30 % de la population mondiale, les couples choisissent souvent d’avorter si la femme est enceinte d’une fille. Car encore plus qu’ailleurs les filles, considérées comme une charge, sont moins désirables que les garçons. Le démographe Christophe Guilmoto estime que plus de 163 millions de filles manquent en Asie à cause de ces infanticides.

« Je me suis demandé comment montrer de manière artistique ce problème de la disparition des filles, explique Prune Nourry. Je suis allée sur place rencontrer des démographes, des ONG, des groupes de femmes. Il fallait que mon projet parle de manière universelle. » Elle imagine donc une armée de jeunes adolescentes en terre cuite, à l’image des 8 000 soldats de l’empereur Qin, réalisées à partir de huit modèles de soldats. L’artiste part du chiffre 8 auquel les Chinois attribuent des qualités de porte-bonheur. Pour son projet, elle demande l’aide d’une association, Les Enfants de Madaifu, qui sélectionne huit orphelines nées à la campagne, car le problème de l’infanticide des filles y est le plus important. Elle a photographié ces petites filles au court de ses visites dans leur villages respectifs en aout 2012, et utilisa leur portrait comme modèles de ses sculptures.

Avec en tête l’idée d’une communauté, Prune travaille main dans la main avec l'asscoiation, afin de supporter l’éducation de ces 8 petites filles durant un minimum de 3 ans grâce à la vente des 8 sculptures originales.

De plus, chacune des petites filles sera invitée à l’exposition de Shanghai afin de rencontrer les Terracotta Daughters. Les petites filles ont aussi chacune reçu une épreuve d’artiste des mini Terracotta Daughter de 30 cm. Ainsi, chaque collectionneur ayant acquis l’une des 8 sculptures originales supporte le projet mais aussi les 3 ans d’éducation des petites filles représentées dans les œuvres.

Les TerraCotta daughters sont exposées à Paris exposées au Cent Quatre et à la Galerie Magda Danysz

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