Gainsbourg
Du 9 novembre au 1er décembre
La Galerie de la Clé
23, rue Michel-le-Compte – 3e
La Galerie de la Clé exposera les moments de création et d'intimité du génie Gainsbarre, capturés par le photographe Pierre Terrasson. L'occasion de rencontrer l'artiste et de se faire dédicasser son nouvel ouvrage, Gainsbourg Gainsbarre, qui réunit l'ensemble de ses incroyables clichés.
JR et la RATP
Partenaire de la MEP, la RATP accompagne l’exposition JR en présentant un projet inédit dans 11 stations et gares de son réseau. Conçu pour être évolutif, ce parcours est présenté jusqu’au 10 février 2019.
Le dispositif monumental de 26 « regards » d’anonymes, exposés dès le 6 novembre, est visible dans les stations Bir-Hakeim, Châtelet, Gare de Lyon, Hôtel de Ville, La Chapelle, Luxembourg, Madeleine, Nanterre-Université, Pyramides, Saint-Denis Porte de Paris et Saint-Michel.
En choisissant d’installer ses « regards » imposants dans un lieu de passage comme les transports en commun, JR souhaite interpeller les voyageurs sur l’identité de ceux qui les observent et l’interaction qu’ils peuvent avoir avec eux. Intitulée « Voyager avec d’autres », l’œuvre se comprend comme une invitation à réfléchir et repenser la nature des rencontres que nous faisons quotidiennement avec l’Autre, dans le métro ou le RER, chargés de nos rêves, de nos attentes, mais aussi parfois des craintes que nous portons en nous.
Pour prolonger cette rencontre, l’artiste a prévu de faire évoluer plusieurs fois son œuvre au fil des semaines : JR redescendra alors dans les espaces de la RATP pour capter les réactions et mettre en abîme l’histoire qui se jouera entre les voyageurs et ceux qui les regardent. Comme un jeu de miroir, ces premiers deviendront à leur tour les modèles à observer.
TROIS QUESTIONS À JR
En quoi est-ce particulier pour vous d’exposer votre œuvre dans un espace comme le métro ?
C’est un retour aux sources. J’ai commencé à prendre des photos avec un appareil photo trouvé dans le métro, puis j’ai suivi des artistes qui travaillaient dans ce monde souterrain. Revenir dans le métro, exposer sur les quais, c’est l’occasion de présenter mon travail à des gens qui n’ont rien demandé, qui ne se sont pas déplacés dans une galerie ou un musée, mais qui se rendent simplement au travail ou vont voir des amis. C’est conforme à ma vision de l’art qui doit aller à la rencontre des gens.
Avez-vous pensé différemment cette œuvre destinée au métro ?
J’essaye de penser différemment toutes les œuvres en fonction du contexte et du lieu. Le métro est un des rares espaces de brassage où toutes les catégories sociales se retrouvent, où les enfants et les personnes âgées se côtoient, où les banlieusards et les Parisiens se croisent. J’ai voulu interpeller les voyageurs avec un regard, et en même temps les rendre acteurs de mon projet en les représentant dans mes images.
Que représente pour vous, qui avez vécu en banlieue parisienne, cette collaboration avec la RATP ?
Quand on a vécu en banlieue, le train et le métro sont les seuls moyens de transports. Il y a des stations qui évoquent des souvenirs, des trajets que vous avez effectués des centaines de fois, et qui vous font penser que vous êtes ici un peu chez vous. Je ne travaille pas avec les entreprises privées ou les marques. Mais je suis heureux de collaborer avec des entreprises qui ont pour mission de servir le public, et davantage encore quand il s’agit de mon public.
SERVICE DE PRESSE GROUPE RATP
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En France, vivre avec moins de 800 euros par mois
Par Isabelle Rey-Lefebvre - Le Monde
Le déclassement social angoisse un nombre grandissant de Français. Un quart des ménages craint de devenir pauvre dans les cinq ans, une inquiétude qui se diffuse dans les classes moyennes.
La pauvreté et le mot « pauvre » ont fait irruption dans le débat public, balayant les précautions oratoires comme « populations défavorisées », « précarité », « vulnérabilité » ou « exclusion sociale », comme si elle concernait désormais beaucoup plus de monde, notamment les classes moyennes.
Selon Louis Maurin, fondateur de l’Observatoire des inégalités et co-auteur du rapport sur la pauvreté en France – paru en octobre –, « depuis 2000, elle ne recule plus comme nous nous y étions habitués depuis les années 1960, et c’est une rupture historique dans notre histoire sociale. Il ne s’agit pas d’un appauvrissement massif des plus pauvres mais d’une augmentation du nombre de personnes qui décrochent du niveau de vie des classes moyennes ».
La pauvreté angoisse un nombre grandissant de Français : selon le baromètre annuel d’opinion du ministère des solidarités et de la santé, un quart des ménages (interrogés en 2015) craint de devenir pauvre dans les cinq ans, et cette inquiétude se diffuse dans les classes moyennes.
Cinq millions de personnes, soit 628 000 de plus qu’en 2006, vivent aujourd’hui avec moins de 855 euros par mois et par unité de consommation (chiffres 2016), soit la moitié du revenu médian, un critère que Louis Maurin préfère à celui choisi par l’Union européenne, de 60 % de ce revenu médian soit 1 026 euros par mois : « Il cerne mieux la situation de privation et n’amalgame pas des situations trop différentes », estime M. Maurin.
Premiers postes sacrifiés : les loisirs et la santé
Selon l’Observatoire des inégalités et l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale – dont le rapport a également été publié courant octobre –, la pauvreté n’épargne pas les seniors et les ruraux mais elle concerne désormais aussi des citadins, des jeunes, des mères de famille et des personnes prises de court par un accident de la vie.
« Jamais je n’aurais pensé en arriver à cette situation et à pousser la porte de cette épicerie solidaire de la Croix-Rouge », confie Mme G., jeune mère de trois adolescents, dont le mari était encore récemment au chômage et elle-même est en arrêt maladie. Ici, une trentaine de familles sont inscrites et nul ne peut déceler à leur apparence ni à leur expression la détresse qu’elles vivent et les privations qu’elles s’infligent, les premiers postes sacrifiés étant les loisirs et la santé.
Ces ménages n’ont pratiquement pas de marge de manœuvre financière. Depuis 2008 et la crise, ils sont pris en étau entre des salaires et des revenus qui stagnent quand ils ne baissent pas – aujourd’hui 10 % des ménages les plus modestes n’ont jamais rattrapé leur niveau de vie d’avant crise – et la croissance des dépenses contraintes, aussi appelées « dépenses affectées » par les économistes : loyer et charges, abonnements indispensables (téléphone, électricité, gaz), cantine scolaire, assurances…
Leur part dans les revenus des ménages est, selon l’Insee, passée de 12 %, dans les années 1960, à 30 %, en 2017. Le seul poste « logement » engloutit 42 % du revenu des 10 % les plus modestes, contre 17,4 % en moyenne pour l’ensemble des Français.
Dureté envers ceux qui ne peuvent plus payer
Steve, la cinquantaine, qui gagnait 1 800 euros par mois avant que la maladie interrompe momentanément sa carrière, doit, pour son studio de 35 mètres carrés, honorer 800 euros de loyer mensuel, soit 45 % de son salaire, et sans le secours de l’aide au logement puisqu’il est trop riche pour y être éligible.
Lorsque les ennuis, la maladie, le chômage, arrivent, les prestataires de services redoublent de dureté envers ceux qui ne peuvent plus payer, et les banquiers les premiers, avec la double punition d’alourdir les frais de découvert et d’incident de paiement, ce qui, évidemment, aggrave la situation.
Le gouvernement a, en septembre, obtenu un engagement des banques de plafonner les seuls frais d’incidents de paiement à 200 euros par an. Mais les frais de découvert, eux, galopent : « J’ai un découvert de 3 000 euros dont je n’arrive pas à me débarrasser et qui me coûte 83 euros par mois (près de 1 000 euros par an), raconte Mme G. Son banquier lui a proposé de porter le découvert à 4 000 euros : « J’ai dit oui mais ça m’enfonce encore plus. »
L’autre sanction très sévère est de priver le client de tout moyen de paiement, carte bancaire et chèque, alors que divers services, comme celui des forfaits de transports en région parisienne, ne peuvent être réglés en liquide.
Déclassement brutal
Deux autres services devenus vitaux pour chaque membre de la famille sont le téléphone portable et l’accès à Internet dont 10 millions de Français sont aujourd’hui privés. « Faute d’avoir payé l’abonnement, l’Internet a été coupé et pour les devoirs des enfants, on va à la bibliothèque municipale », déplore Mme G.. Ces services sont aussi indispensables pour les démarches administratives, ô combien nombreuses et compliquées pour obtenir allocations et aides fussent-elles de quelques dizaines d’euros par mois. Sans le soutien des services sociaux, des associations et de leurs bénévoles, ils n’y arriveraient pas.
L’augmentation programmée du prix de l’essence va encore entamer le budget ultra-serré des ménages qui ne peuvent pas se passer de voiture, comme c’est le cas de Mme T., professeure de mathématiques qui, à la suite d’un divorce, a perdu emploi et logement, et qui souffre d’une sclérose en plaques : « J’ai failli céder ma voiture, qui coûte cher en assurance, contrôle technique et essence mais, dans mon état, c’est le seul moyen de me déplacer, même sur de petites distances, et retrouver du travail ».
Steve, réceptionniste la nuit, a, lui, besoin de son scooter pour, la nuit, faire ses trajets entre son domicile dans les Yvelines et les hôtels parisiens
Pour ces familles brutalement déclassées, le plus difficile à supporter c’est l’isolement, l’absence de rapports sociaux. « On accepte plus les invitations car on ne peut pas les rendre », témoigne Mme T. Tout coûte, même les sorties les plus raisonnables : « Je préfère rester chez moi plutôt que d’être frustrée de rien pouvoir m’offrir dehors, même pas un café… », dit-elle. « Les sorties sont, évidemment, très limitées. Je vois une fois par an ma meilleure amie, qui réside à l’autre bout de la région parisienne : je m’y rends en voiture, l’œil rivé sur l’aiguille du réservoir d’essence », ajoute-t-elle.
On peut en sortir
Une très grande pudeur retient, en outre, de chercher de l’aide auprès de la famille proche ou des amis : « Dans ma famille, on ne se plaint pas, on ne parle pas et je fais semblant que tout va bien », explique Mme G., qui cache ses difficultés à ses parents et à sa sœur.
Enquêtes et rapports attestent cependant que la pauvreté n’est pas une fatalité, qu’on peut en sortir. Pour Louis Maurin, « non seulement la France est le pays d’Europe où il y a le moins de pauvreté grâce au système de protection sociale, mais c’est aussi là où elle est la moins durable ». Ce qui nuance le diagnostic d’Emmanuel Macron dans la vidéo dite du « pognon de dingue », postée le 12 juin par la communication de l’Elysée et devenue célèbre, où le chef de l’Etat exposait, sans filtre, sa vision de la pauvreté et de la politique sociale : « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux : les gens, ils sont quand même pauvres. On n’en sort pas. Les gens qui naissent pauvres, ils restent pauvres ; ceux qui tombent pauvres, ils restent pauvres. »
Pourtant, avec 6,8 % de personnes disposant de moins de la moitié du revenu médian, la France fait certes un peu moins bien que les Pays-Bas (6,6 %) et la Finlande (4,9 %), mais mieux que le Royaume-Uni (9,9 %) et l’Allemagne (9,7 %).
Le taux de persistance dans l’état de pauvreté est aussi encourageant : une enquête de l’Insee établissait, en 2015, que seuls 2,4 % de la population avait connu une situation de pauvreté durant deux années au cours des trois années précédant l’enquête. Norvège, Finlande et Danemark sont au-dessous, mais pas le Royaume-Uni (3,9 %) ni l’Allemagne (5,5 %). Ainsi, en France, d’une année sur l’autre, un tiers des personnes pauvres ne le sont plus, et c’est bien le cas des familles rencontrées qui, toutes, voient leur situation s’améliorer, notamment par une reprise, même partielle, d’activité.
Pakistan : Asia Bibi a été libérée et emmenée dans un endroit « sûr »
Une semaine après avoir été acquittée, la chrétienne est sortie de la prison où elle était retenue depuis huit ans pour blasphème. Mais elle ne peut pas quitter le territoire.
La chrétienne Asia Bibi, acquittée il y a une semaine après huit ans passés dans les couloirs de la mort pour blasphème, mais qui était restée incarcérée depuis lors, a été libérée, a annoncé, mercredi 7 novembre, son avocat Saif Ul-Mulook à l’Agence France-presse (AFP).
« Elle a été libérée. On m’a dit qu’elle était dans un avion mais personne ne sait où elle va atterrir », a écrit Me Ul-Mulook dans un message à l’AFP. L’ordre de libération est parvenu mercredi à la prison de Multan (centre du pays), où elle était détenue, selon une cadre pénitentiaire.
« #AsiaBibi a quitté la prison et a été transférée dans un endroit sûr ! Je remercie les autorités pakistanaises », a tweeté le président du Parlement européen, Antonio Tajani, ajoutant l’attendre « dès que possible avec son mari et sa famille » à Bruxelles.
D’après un responsable de l’aviation civile à Multan, un petit avion y a atterri dans la soirée avec « quelques étrangers et quelques Pakistanais » à son bord, sans plus de précision.
Dénoncée par des voisines pour avoir bu l’eau d’un puits réservé en principe aux musulmans, cette chrétienne avait été condamnée à mort pour blasphème en 2010, avant d’être reconnue innocente de ce crime, mercredi 31 octobre.
Demande d’asile
Mais suite aux manifestations des islamistes, le gouvernement a signé, dans la nuit de vendredi à samedi, un accord controversé. Il s’est notamment engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d’acquittement initiée par un religieux.
Dimanche, le mari d’Asia Bibi avait demandé l’asile pour sa femme, ses trois filles et lui-même aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou au Canada.
Mercredi, une autre vidéo de M. Masih a été mise en ligne par l’association italienne catholique Aiuto Alla Chiesa Che Soffre (Aide à l’Eglise qui souffre), dans laquelle il appelle Rome à l’aide pour les faire sortir du Pakistan, où les conditions de vie deviennent selon lui très difficiles.
« Nos vies sont en danger. Nous n’avons même plus de quoi manger parce que nous ne pouvons plus sortir faire des courses. » Après ce message, le ministre italien de l’intérieur Matteo Salvini a annoncé qu’il ferait « tout ce qu’il est humainement possible pour garantir un avenir à cette femme ».
La France « étudie » de son côté sous quelle forme elle pourrait aider ou accueillir la chrétienne « avec [ses] partenaires européens et internationaux », a déclaré sa secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, s’est dite, lundi, « prête à l’accueillir » avec sa famille dans la capitale.
L’avocat de la chrétienne, Saif Ul-Mulook, a quant à lui quitté le pays pour les Pays-Bas, « contre sa volonté » selon lui, les Nations unies et l’Union européenne craignant pour sa sécurité face aux menaces d’islamistes radicaux.
Comment va le Bataclan ?
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— Paris Match (@ParisMatch) 8 novembre 2018










