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Jours tranquilles à Paris

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5 novembre 2018

La lettre politique de Laurent Joffrin - Asia Bibi, martyr de la charia

Le 14 juin 2009, Asia Bibi, 47 ans, une ouvrière agricole du village de Ittan Wali, dans la province du Pendjab au Pakistan, travaille dans un champ à la collecte de baies falsa. Deux femmes lui demandent de l’eau pour étancher leur soif. Elle va chercher un gobelet dans un puits voisin, en boit une gorgée, puis tend le récipient à ses deux compagnes. L’une d’elles refuse d’en boire : Asia Bibi est chrétienne, elle a donc «souillé» l’eau d’un puits réservé aux musulmans. La jeune ouvrière répond que le prophète Mahomet ne serait sans doute pas d’accord avec elle. L’affaire en reste là, mais la jeune femme ne sait pas encore que cette réponse, pourtant bienveillante envers le prophète, va la jeter dans un enfer.

Un imam, Qari Salam, se rend au commissariat pour dénoncer «un blasphème» commis par Asia Bibi. Depuis 1986, le Pakistan a renforcé ses lois contre le blasphème anti-musulman. L’ouvrière est arrêtée, mise en prison puis traduite devant un tribunal qui la condamne à mort par pendaison. Elle fait appel, tandis que les intégristes manifestent en masse pour exiger son exécution. Ceux-ci ajoutent que quiconque se rangera à ses côtés sera assassiné : la sentence est confirmée. Asia Bibi se pourvoit en cassation. Cette fois, la Cour suprême, dans un sursaut de bon sens, prononce l’acquittement. Aussitôt des foules haineuses se répandent dans les villes du Pakistan pour dénoncer la décision. Après avoir un temps résisté, les autorités passent un compromis avec les fanatiques : Asia Bibi reste en prison et une demande de révision sera examinée, dont le but est évidemment de confirmer la condamnation à la pendaison.

Menacé de mort, sans protection policière, son avocat a décidé de quitter le pays. Tout aussi menacée, sa famille a demandé l’asile à l’étranger, sans résultat pour l’instant. Ces menaces n’ont rien de factice : en 2010, le gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, qui avait pris la défense d’Asia Bibi, a été assassiné, tout comme le ministre fédéral des minorités religieuses, le catholique Shahbaz Bhatti.

Asia Bibi attend maintenant la décision judiciaire, isolée dans une petite cellule, menacée par ses codétenus et même par certains gardiens. Devant cette flambée d’intolérance moyenâgeuse, les autorités pakistanaises résistent tant bien que mal, manifestement dépassées par les menaces répétées des fondamentalistes. Aucune exécution pour blasphème n’a encore été pratiquée au Pakistan, alors même que les condamnations sont nombreuses. C’est contre cette indulgence, à leurs yeux insupportable, que les fanatiques manifestent en masse, donnant à cette occasion une image désastreuse de la religion musulmane.

Le 1er juillet 1776, à Abbeville, le chevalier de la Barre, un jeune homme de 20 ans, fut exécuté pour blasphème, sur la base d’accusations tout aussi nébuleuses. Voltaire prit sa défense post-mortem et le chevalier fut réhabilité pendant la Révolution, au moment où la loi sur le blasphème était annulée. C’était il y a plus de deux siècles…

LAURENT JOFFRIN

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5 novembre 2018

Furoshiki

5 novembre 2018

Toilet Paper

toilet48

5 novembre 2018

Au Pakistan, le mari d’Asia Bibi, chrétienne acquittée de blasphème, demande l’asile pour sa famille

Le sort de la Pakistanaise, de ses proches et de ses soutiens reste très incertain. Innocentée par la Cour suprême de son pays, mercredi, elle est toujours incarcérée.

Le mari d’Asia Bibi, Ashiq Masih, réclame l’asile pour sa femme, ses trois filles et lui-même aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou au Canada, alors que le sort de la Pakistanaise demeure très incertain dans son pays.

Dénoncée par des voisines pour avoir bu l’eau d’un puits réservé en principe aux musulmans, cette chrétienne avait été condamnée à mort pour blasphème en 2010, avant d’être reconnue innocente de ce crime, mercredi. Elle reste, cependant, pour l’heure incarcérée.

« Je demande au président [américain] Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la première ministre britannique [Theresa May] de faire de son mieux pour nous aider », a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo vu par l’Agence France-Presse (AFP). Le mari d’Asia Bibi a également sollicité l’« aide » du premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Dans la vidéo, Ashiq Masih demande également l’asile pour Joseph Nadeem, qui a hébergé sa famille depuis la condamnation à mort de sa femme.

« Si Asia Bibi quitte le pays, chaque membre de sa famille, chaque personne associée à elle, sera tué », a affirmé Wilson Chowdhry, le président de l’association des chrétiens pakistanais du Royaume-Uni, qui aide Asia Bibi et sa famille depuis des années.

Acquittée mais incarcérée

Préalable à son départ du Pakistan, la libération de la chrétienne, qui semblait acquise après son acquittement, mercredi, par la Cour suprême, paraît toutefois incertaine.

Le gouvernement a signé dans la nuit de vendredi à samedi un accord controversé avec des manifestants islamistes qui ont paralysé le pays trois jours durant. Il s’est notamment engagé à lancer une procédure visant à interdire à Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d’acquittement initiée par un religieux.

Asia Bibi, bien que libérée par la justice, reste donc incarcérée à Multan. Samedi, Ashiq Masih avait demandé au gouvernement de « renforcer la sécurité » de son épouse « en prison ». L’avocat de la chrétienne, Saif-ul-Mulook, a, de son côté, annoncé à l’AFP son départ du Pakistan, où la question du blasphème est extrêmement épineuse.

5 novembre 2018

NADAR

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5 novembre 2018

Publicité - DIOR - Charlize Théron

dior

Charlize Theron divine dans la dernière pub DIor

Le 29 octobre 2018, Charlize Theron dévoilait le nouveau clip publicitaire de Dior pour son désormais célèbre parfum, J'adore. Une vidéo très attendu des fans de l'actrice.

Devenir l'égérie d'une grande maison de couture, c'est le jackpot pour les stars, et parfois pur nous également. Et pour cause, depuis 12 ans, Dior nous offre des pub absolument divines avec Charlize Theron en tête d'affiche. La dernière en date -toujours pour le parfum J'adore- a été diffusée par la sublime actrice le 29 octobre dernier.

De l'or pour Charlize

Comme le veut la tradition, l'actrice a été "enrobée" d'or. Le premier plan la montre en effet dans une piscine au liquide doré, visiblement nue. Même si rien ne dépasse, les images laissent suffisamment de place à l'imagination... Et imaginer Charlize plus dénudée, ça vaut le coup. Ensuite, on la découvre en robe scintillante, avec un décolleté vertigineux. Encore une fois, idéal pour satisfaire son imaginaire.

Que fait Charlize ?

Côté actu, il y a des projets ciné mais aussi quelques potins personnels. Déjà, l'ex de Sean Penn est en plein tournage pour raconter l'histoire d'un célèbre producteur télé américain, accusé de harcèlement sexuel. Un film pour lequel Charlize Theron a une fois de plus effectué une impressionnante transformation physique. Pour ce qui est vie privé, Charlize ne serait plus libre... D'après les derniers ragots, elle entretiendrait une relation secrète avec Brad Pitt. Décidément, après Jennifer Aniston et Angelina Jolie, Brad aime vraiment les plus belles femmes du monde.

5 novembre 2018

Menottes

menottes1

5 novembre 2018

C’est curieux, chez les patrons, ce besoin de faire des phrases…

Par Nicolas Santolaria

Pour sa dernière chronique sur la vie au travail (mais pas sa dernière chronique), Nicolas Santolaria épingle les métaphores du ­langage managérial. Souvent ­obscures, elles se retournent parfois contre leurs auteurs.

Quand on occupe un poste à responsabilités et que l’on possède une ­vision, il n’est pas toujours évident d’en faire infuser l’essence pénétrante dans le cerveau de ses collaborateurs. De cette difficulté découle l’usage intempestif de métaphores dans la vie ­professionnelle, procédé rhétorique qui permet, par analogie, d’ensemencer les esprits.

Aujourd’hui, si l’entreprise est si souvent associée à une ruche, ce n’est pas parce que nous sommes tous devenus des abeilles, mais plutôt parce que l’organisation sociale de ces insectes industrieux permet de traduire les enjeux complexes de l’intelligence collaborative. Au-delà des bureaux et des chaises, l’entreprise est aussi une réalité non matérielle qui prend forme dans les processus cognitifs de chacun au moyen du langage.

Je me diffuse donc je suis un sachet de thé…

A ce propos, je suis tombé récemment sur la vidéo d’une conférence de Maud Bailly, Chief Digital ­Officer chez Accorhotels, intitulée « Voyage en intelligences ». Pour évoquer le concept assez impénétrable de matricialité (en gros, d’après ce que j’ai compris, la nécessité de disparaître en tant qu’individu pour se fondre dans la mouvante matrice entrepreneuriale), Maud Bailly a choisi d’éclairer son propos au moyen d’une image forte : « Comme tout le monde doit se ­digitaliser, comme tout le monde doit se disrupter, je n’existe que dans ma propension à me diffuser et à être approprié. Donc, je suis un sachet de thé. »

A l’instar de nombreuses métaphores, celle-ci prendra un sens tout autre si on la file un peu plus loin. Le sachet de thé, n’est-ce pas ce truc mollasson que l’on finit par balancer sans état d’âme dans la poubelle après en avoir extrait la substance active ?

LA MÉTAPHORE DU SAC-POUBELLE ÉVOQUE L’AMONCELLEMENT D’ÉMOTIONS NÉGATIVES QUI RÉSULTE DU NON-DIT AU TRAVAIL. A FORCE D’AFFECTS RÉPRIMÉS, LE SAC-POUBELLE FINIT PAR VOUS ENGLOUTIR.

Dans le film In the Air, George Clooney, incarnant un individu sans état d’âme spécialisé dans la réduction d’effectifs, utilise quant à lui la métaphore du « sac à dos vide » : pour réussir à tout prix, explique-t-il, il faut s’alléger au maximum, laisser sur le bord de la route le poids du passé et des liens affectifs qui ralentissent la marche.

Rebondissant de plan social en plan social, George ­Clooney agite ici sa triste analogie comme un étendard, sans voir que ce détachement apparent n’est qu’un artefact de liberté. Preuve qu’une image forte n’est pas forcément une image juste.

Merci pour tout

Mobilisée par le coach en ­entreprise Michel Poulaert, la métaphore du sac-poubelle évoque, cette fois-ci avec plus d’à-propos, l’amoncellement d’émotions négatives qui résulte du non-dit au travail. A force d’affects réprimés, le sac-poubelle finit par vous engloutir. Comme sous l’effet d’une ­saignée moyenâgeuse, il faut alors ­percer l’abcès métaphorique pour qu’en sortent les humeurs noires.

J’utiliserais en ce qui me ­concerne la métaphore de la « couche-culotte » pour évoquer mon proche ­destin professionnel. A l’image de cette chronique qui s’arrête cette semaine après plusieurs années d’exploration ­enthousiaste de la vie de bureau, il faut savoir se défaire du confort molletonné d’une habitude avant que ­celle-ci ne se transforme en facilité irritante. Au revoir et merci pour tout, open space fantasmatique.

5 novembre 2018

Toujours aux Folies Bergère...le show de Jean Paul Gaultier

folies

5 novembre 2018

Colère...

colrere

Carrefour et Leclerc vont temporairement vendre les carburants à prix coûtants

Sur fond de polémique au sujet de la hausse de la fiscalité sur l’essence et le diesel, les deux distributeurs vont à titre exceptionnel distribuer des carburants à prix coûtants pour une période limitée.

Deux importants groupes de la grande distribution ont décidé de prêter une oreille attentive à la colère des automobilistes contre la hausse des prix de l’essence et du diesel. Les distributeurs Carrefour et Leclerc ont annoncé, lundi 5 novembre, qu’ils allaient à titre exceptionnel distribuer des carburants à prix coûtants pour une période limitée.

La contestation contre l’augmentation des prix des carburants, forte notamment d’une pétition signée par plus de 700 000 personnes, s’est récemment cristallisée autour d’un appel au blocage des routes le 17 novembre. « Dans un contexte de tension forte sur le pouvoir d’achat des ménages, les hypermarchés du groupe Carrefour se mobilisent pour le porte-monnaie des Français », précise le distributeur dans un communiqué. Le groupe distribuera les carburants à prix coûtants jusqu’au 17 novembre dans les stations-service intégrées à ses hypermarchés.

Une « grogne légitime »

Michel-Edouard Leclerc, dirigeant du groupement de distributeurs Leclerc, a quant à lui annoncé la vente de carburants à prix coûtants jusqu’à la fin du mois. « Il faut savoir choisir son camp : celui qui tire la croissance, c’est le consommateur », a-t-il dit sur Franceinfo. « Cette grogne est légitime, on l’entend et il faut y répondre », a-t-il ajouté.

carburants

« Tous nos salariés, nos directeurs nous le disent : il y a un ras-le-bol », a encore dit Michel-Edouard Leclerc. « Ça fait déjà une quinzaine de jours que tous les centres Leclerc s’étaient mis à prix coûtant. Et je vous annonce (…) on a tous décidé de maintenir cette opération prix coûtant sur tous les carburants jusqu’à la fin novembre. »

Dans des interviews publiées lundi, Emmanuel Macron a dit assumer l’augmentation de la fiscalité tout en se disant favorable à des solutions « innovantes » à l’égard des personnes devant se déplacer pour aller travailler.

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