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27 octobre 2018

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27 octobre 2018

Le spectacle total de Marc Lavoine

Par Sylvain Siclier

En tournée jusqu’au 19 décembre, le chanteur fait la part belle à la poésie et aux arts graphiques.

Six ans séparent la précédente tournée de Marc Lavoine de celle qui a débuté à Amiens, le 5 octobre. Liée à la parution, en mai, d’un nouvel album, Je reviens à toi (Barclay/Universal Music), elle est prévue jusqu’au 19 décembre. « Une pause dans la chanson, un pas de côté », comme l’indique le chanteur, quelques jours après ses deux concerts, les 18 et 19 octobre, à La Seine musicale, sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), avant de repartir pour Nantes, Orléans, Lyon… Mais bien loin de signifier une période d’oisiveté : acteur pour le cinéma, la télévision, le théâtre, il s’attelle aussi à l’écriture d’un roman, à celle d’un conte musical – Les Souliers rouges, qui devrait être mis en scène et chorégraphié par Blanca Li en 2020 –, à la peinture, à la photographie. « De plus en plus, je recentre ma vie sur l’atelier. J’aime les outils, nettoyer les pinceaux après avoir travaillé, l’odeur des Polaroid. »

Marc Lavoine en reprend le fil. « Ce qui me motive, ce sont les sujets. Au théâtre, pour la première fois, j’ai joué Le Poisson belge, de Léonore Confino, sur un thème qui m’intéresse beaucoup, l’enfance. J’ai fait des films, dont L’Emprise, de Claude-Michel Rome, sur la violence faite eux femmes, l’histoire d’Alexandra Lange, acquittée du meurtre de son mari, et Ne m’abandonne pas, de Xavier Durringer, à propos du père d’un jeune Français qui se radicalise. » Le roman, c’est aussi une première. Inspiré par son père, militant communiste, L’homme qui ment (Fayard), publié début 2015, « couvre une période qui va de la guerre d’Algérie à l’accession de Mitterrand au pouvoir. Cela évoque le milieu dans lequel j’ai été élevé, la classe ouvrière, les travailleurs, les artistes de cette époque qui ont participé à la vie collective. »

Bientôt, il y aura un film sur L’homme qui ment, sa première réalisation. « Un petit budget, pas une reconstitution en costumes, parce qu’avec peu d’argent, il faut avoir plus d’idées, des contraintes créatives, on fait le film qu’on a envie de faire. » Et puis, un autre livre, Quand arrivent les chevaux, « sur ma mère, les trois dernières semaines de sa vie, une farce, une comédie surréaliste. » Il ajoute : « J’ai un chemin à faire par rapport à mes parents, ils m’ont donné de l’amour, des valeurs qui ont déterminé ma vie. Et puis, par eux, les films, les spectacles, la littérature, la poésie, le goût de la culture… Quand il y a de la culture, il y a du rêve, il y a du beau. »

La poésie, justement, est bien présente dans le spectacle de Marc Lavoine. Dans un texte parlé, conçu à partir de phrases de Neruda, Rimbaud, Prévert, Eluard, Aragon… avant la chanson Je reviens à toi. Après une évocation des attentats du 13 novembre 2015, en citant Chanson d’automne, de Verlaine – « Les sanglots longs/Des violons de l’automne… ». Avec Le Pont Mirabeau, d’Apollinaire, texte pour lequel Lavoine a composé une musique. Ce Pont Mirabeau est l’un des succès du chanteur, sélectionnés pour ce spectacle comme d’autres, tels Rue des Acacias, Je me sens si seul, Le parking des anges, Qu’est-ce que tes belle, que vient chanter en duo, à La Seine musicale, Catherine Ringer, Elle a les yeux revolver – qui révéla Marc Lavoine en 1985 –, J’ai tout oublié, Toi mon amour.

« Un spectacle, c’est une dramaturgie »

Et puis, il y a les chansons les plus récentes, dont Comment allez-vous ?, qui ouvre le spectacle, Je reviens à toi, Comme je t’aime, 45 tours… toutes composées par Fabrice Aboulker, dans une collaboration qui remonte à près de quarante ans. A nouveau, les mots de Lavoine, leur sens, leur intimité, leur rythme, leur mélodie bénéficient d’une écriture musicale, élégante, attentive. Ce que rend fort bien la petite formation des concerts, avec Alain Lanty et Romain Berrodier aux claviers, David Faisques, dit « Darko », à la guitare, Edouard Marie à la basse et Mathieu Pigné à la batterie.

Voir Marc Lavoine sur scène, c’est aussi voir une gestuelle, des mouvements, une tenue de micro qui relient le chanteur à toute une tradition. « Lorsque j’étais ouvreur à l’Olympia [à la fin des années 1970], je les ai tous vus, Aznavour, Bécaud… Je viens de là. Quand je chante, je suis aussi un acteur. Pour moi, un spectacle, c’est une dramaturgie, il faut créer une dimension et une intimité, être précis dans le geste, le placement. » Le propre des spectacles réussis, comme l’est celui-là, c’est que cela semble naturel au public.

Pour habiller ses chansons, Marc Lavoine a fait appel à Peggy M pour la conception graphique et à Dimitri Vassiliu pour les lumières. Des formes géométriques, des silhouettes, des paysages, jardins, rivières, des lettrages, des sortes de collages surréalistes sont projetés sur un système d’écran. Avec de la part de Marc Lavoine un œil averti, celui du peintre, du photographe, des envies précises. « Par exemple, pour moi le chagrin, c’est un bleu de David Hockney. » Il parle aussi de Picabia, de reproductions de la Vénus de Milo qui apparaissent durant Ma Papou, l’une des trois chansons publiées dans une édition augmentée de l’album qui sera commercialisée vendredi 26 octobre.

L’amour, les sentiments, les rapports humains, sont des thèmes qui reviennent souvent chez Marc Lavoine. Sans appuyer, avec retenue, pudeur. « Je ne suis pas pour le directement asséné. » Comme lorsque, par touches, on trouvera chez lui un regard sur le social, les troubles du monde, ce sera en se tenant à distance de la revendication. En n’étant pas un « chanteur du moment », dont le propos serait dicté par l’émotion, l’actualité, « mais, respectant l’âme poétique, en étant inscrit sur le long terme ».

Tournée de Marc Lavoine, jusqu’au 19 décembre, salles, dates et tarifs sur le site Marclavoine.fr. Nouvelle édition, avec trois inédits, de l’album « Je reviens à toi » (Barclay/Universal Music).

26 octobre 2018

Ana Shtilman (photographe)

La photographe Ana Shtilman a soumis sa dernière histoire nue sur l’expérimentation de différentes lumières et la recherche d’une forme parfaite. Elle a été inspirée par l'art classique, mais souhaitait également apporter plus d'humanité sous forme d'art, car les sculptures ne ressemblent généralement qu'à des œuvres d'art.

Modèle – Kristina

https://www.instagram.com/yana.shtilman/

https://www.instagram.com/_ivy_poison/

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26 octobre 2018

La Glacière d'Etel

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 Monsieur le Maire d'Etel (photo ci-dessus)

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Glacière d'Etel - réhabilitation from Jacques Snap on Vimeo.

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26 octobre 2018

Vu dans le métro

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26 octobre 2018

Le Tour de France 2019

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26 octobre 2018

« La thèse du ruissellement, selon laquelle plus l’offre culturelle sera riche, plus elle sera partagée par tous est illusoire »

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Par Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde »

Les milliards investis dans les équipement de l’Etat ou l’offre numérique croissante n’y font rien : ce sont surtout les milieux aisés et cultivés qui en profitent, déplore dans sa chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».

Olivier Donnat est sociologue au ministère de la culture. Il est un loup dans la bergerie, l’ennemi de l’intérieur, le gars qui casse le moral, fait tomber les illusions. Et les deux études qu’il vient de publier, sur le livre et la musique, ne vont pas arranger sa réputation. Le problème est que ce qu’il écrit depuis trente ans est exact. Ce qu’il a prophétisé s’est vérifié. Ce qu’il annonce est inquiétant.

En spécialiste des pratiques culturelles, il a montré que les milliards investis par l’Etat pour construire musées, opéras, théâtres, salles de spectacle ou bibliothèques, n’ont servi qu’à un Français sur deux – aisé, diplômé, Parisien, issu d’un milieu cultivé. Ceux qui restent à la porte, souvent aux revenus modestes, s’en fichent ou pensent que cette culture axée sur les traditionnels « beaux-arts » est déconnectée de leurs envies.

« L’EXCELLENCE CONDUIT À PRIVILÉGIER DES CRÉATIONS EXIGEANTES AUXQUELLES LES PERSONNES LES PLUS ÉLOIGNÉES DE LA CULTURE NE SONT PAS PRÉPARÉES »

Ce constat, on le lit dans l’enquête sur les pratiques culturelles des Français que le ministère publie tous les dix ans. Olivier Donnat a piloté celles de 1989, 1997 et 2008. La prochaine est pour 2019, qui se fera sans lui – il part à la retraite dans deux mois.

Le fossé se creuse

Elle devrait être tout autant déprimante. Car ce qu’a montré notre sociologue, c’est que le fossé se creuse. La construction frénétique de musées ou de théâtres en trente ans a provoqué une forte augmentation de la fréquentation, mais ce sont les aficionados qui y vont plusieurs fois, tandis que les ouvriers et les jeunes de banlieue y vont moins.

C’est dur à entendre, car l’Etat culturel s’est construit sur l’illusoire thèse du ruissellement : plus l’offre culturelle sera riche, plus elle sera partagée par tous. Aussi le ministère et les créateurs ont longtemps nié cette étude. « Il y a eu des tensions, se souvient Olivier Donnat. J’ai été vu comme un rabat-joie, on me disait que j’avais tort. »

Aujourd’hui, cette dure réalité est acceptée puisque les cinq derniers ministres de la culture ont fait du combat pour la diversité des publics leur priorité. Mais Olivier Donnat a montré que dans les faits, rien n’a bougé. D’abord parce que ça se joue ailleurs, dans la cellule familiale, à l’école aussi – deux foyers d’inégalités. Mais un obstacle se trouve aussi au sein même du ministère de la culture, armé pour soutenir son offre prestigieuse, très peu pour capter un public modeste.

Contradiction

Olivier Donnat pointe aussi une contradiction. « Nos grands lieux culturels visent logiquement l’excellence. Sauf que l’excellence conduit à privilégier des créations exigeantes auxquelles les personnes les plus éloignées de la culture ne sont pas préparées. Parler à ces personnes est très compliqué. La Philharmonie de Paris y parvient en décloisonnant les genres musicaux. »

Prenons le contre-pied. La France se doit d’avoir les meilleurs musées, opéras ou théâtres, tant mieux pour ceux qui aiment, et tant pis pour les autres. On ne va pas fermer ces lieux qui contribuent au prestige de la nation et dopent le tourisme. Et puis sans ces équipements, la situation serait sans doute pire. Enfin, pourquoi vouloir qu’une pièce novatrice, un film expérimental et un art contemporain pointu plaisent à tous ?

Sauf que cette offre est financée avec de l’argent public et qu’au moment où les fractures sociales n’ont jamais été aussi fortes, une telle posture est jugée élitiste et a du mal à passer. Ajoutons qu’il existait, dans les années 1960 à 1980, un riche tissu culturel local (MJC, associations) qui, en trente ans, a été broyé sans que l’Etat bouge le petit doigt au motif qu’il n’est pas de son ressort, alors qu’en fait il le méprise. Ce réseau avait pourtant l’avantage d’offrir aux jeunes un premier contact avec la culture.

POUR OLIVIER DONNAT, L’AVENIR S’ANNONCE NOIR POUR LE THÉÂTRE CLASSIQUE OU CONTEMPORAIN, LES FILMS FRANÇAIS D’AUTEURS OU LA LECTURE DE ROMANS

En pot de départ, Olivier Donnat nous confie que le pire est à venir. Car les plus gros consommateurs de notre culture d’Etat sont les baby-boomers – ils ont du temps, de l’argent, lisent beaucoup, vont intensément au spectacle. Sauf qu’ils ont 60 ans et plus. « Dans dix ou vingt ans, ils ne seront plus là, et nos études montrent qu’ils ne seront pas remplacés », dit Olivier Donnat, qui annonce un avenir noir pour le théâtre classique ou contemporain, les films français d’auteurs ou la lecture de romans.

Le numérique, dont les jeunes sont familiers, peut-il favoriser la démocratisation culturelle ? Eh bien non, répond Olivier Donnat avec ses ultimes études sur « l’évolution de la diversité consommée » dans le livre et la musique (à télécharger sur le site du ministère de la culture ou sur cairn.info).

« Le numérique produit les mêmes effets »

L’offre en livres et en musiques a pourtant considérablement augmenté en vingt-cinq ans. Mais les ventes baissent. Et puis, qui en profite ? « Le numérique, porté par les algorithmes et les réseaux sociaux, ouvre le goût de ceux qui ont une appétence à la culture, mais ferme le goût des autres, qui, par exemple, ne regardent que des films blockbusters », explique Olivier Donnat, qui en conclut : « Le numérique produit les mêmes effets que les équipements proposés par l’Etat : ce sont les milieux aisés et cultivés qui en profitent. »

Olivier Donnat prolonge la déprime en décryptant les ventes de livres et de musiques. Tout en haut, les heureux élus sont moins nombreux et à la qualité incertaine – best-sellers pour les livres, compilations pour les CD. Tout en bas, et c’est récent, le sociologue constate une hausse phénoménale de livres et musiques pointus, vendus à moins de cent exemplaires ou à moins de dix exemplaires.

Et au milieu, il y a quoi ? Des paquets d’œuvres souvent de qualité, dont les ventes sont également en baisse, noyées dans la surproduction. Ces œuvres du « milieu » font penser aux films « du milieu », ainsi nommés quand ils étaient fragilisés, coincés entre les blockbusters et les films marginaux. Les œuvres du milieu, qui définissent une « qualité française », forment justement le cœur de cible du ministère de la culture. Elles seront demain les plus menacées. Déprimant, on vous dit.

25 octobre 2018

Moi Magazine

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25 octobre 2018

Affaire Khashoggi

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