Les animaux ont-ils encore leur place au cirque ?
Par Rosita Boisseau - Le Monde
De nombreuses villes françaises et plusieurs pays interdisent les spectacles mettant en scène des bêtes, sauvages ou non.
Un double mouvement affole actuellement les boussoles du cirque. Du côté des artistes contemporains, la réapparition dans les spectacles d’animaux domestiques, en particulier des chevaux, peu présents depuis le début des années 1980, ouvre une nouvelle ère à plumes et à poils. Sur le front des enseignes traditionnelles, la présence des bêtes sauvages, vedettes de la piste, suscite les foudres des associations animalistes, qui font pression sur les pouvoirs publics pour les interdire.
Cette tempête soulève des discussions fiévreuses. La liste des pays, actuellement au nombre de 27, qui interdisent sur leur territoire les troupes avec animaux sauvages, s’allonge. « Ce mouvement risque de donner un coup supplémentaire aux cirques traditionnels, qui vont avoir du mal à s’en remettre, en particulier les petites compagnies, analyse Marc Jeancourt, directeur du Pôle national cirque d’Ile-de-France. Mais je crains aussi que, parallèlement, les arts de la piste soient malheureusement absorbés par l’esthétique grand show du Cirque du Soleil. » « Au-delà de la question des animaux, il y a un autre objectif, moins visible, commente Guy Périlhou, de l’association Cirque d’audace : celui de freiner l’installation des chapiteaux, de plus en plus difficile dans l’espace public, alors que le tout-sécuritaire menace. Cela met en péril tous les cirques. »
Pour l’heure, un collectif rassemblant 200 enseignes de cirque traditionnel s’est constitué. « On a l’habitude de ces associations pro-animaux et la loi est de notre côté, précise Gilbert Edelstein, patron de Pinder et président du Syndicat national du cirque. Nous avons un public. On reçoit chaque jour des appels téléphoniques pour savoir si nous avons bien des animaux sauvages. » Comme tous les ans, pour les fêtes, parallèlement au Cirque d’hiver Bouglione, Pinder a pris ses quartiers sur la pelouse de Reuilly, à Paris, aux côtés d’Arlette Gruss et de Phénix.
« Nous avons choisi de ne plus présenter d’animaux depuis 2002, mais il y a de la place pour tout le monde, affirme Alain Pacherie, directeur de Phénix. A nous trois, Pinder, Gruss et moi, nous vendons les samedis et dimanches 30 000 billets par jour. S’il y a des troupes avec animaux, c’est qu’il y a des spectateurs pour les voir. C’est la loi de l’offre et de la demande. Il faut arrêter d’être simpliste. Il n’y a pas d’un côté les gens vertueux qui aiment les animaux, et de l’autre les méchants dompteurs de cirque. »
« Le cheval n’est plus un agrès ou un accessoire »
Chez les contemporains, Barol d’Evel tourne Bestias avec deux chevaux et des oiseaux ; Romanès propose un numéro de trapèze avec Rani, le chat de la famille, dans Les nomades tracent les chemins du ciel ; la compagnie de cirque équestre Pagnozoo a fait appel à la metteuse en scène Anne-Laure Liégeois pour sa nouvelle production, J’accrocherai sur mon front un as de cœur. Quant à Rasposo, il joue La Dévorée, sur le thème de Penthésilée, avec trois lévriers afghans. « Ce sont des instants de vie que nous mettons en scène avec des animaux, chèvres ou chiens, qui partagent notre quotidien, explique Marie Molliens, de Rasposo. Il faut arrêter de penser que, comme au XIXe siècle, les animaux sont maltraités dans les troupes traditionnelles comme contemporaines. Il y a des lois très strictes, des contrôles sanitaires réguliers. »
Le retour, modeste, des animaux domestiques dans le cirque contemporain suscite nombre de commentaires. Mais la présence de fauves passe encore moins. Lorsqu’en 2013 Marie Molliens se met en scène avec un de ces félins dans Morsure, elle se heurte à une opposition du milieu. « La polémique a été intense, se souvient Marc Jeancourt. Il faut se rappeler que l’absence de bêtes sauvages dressées a été le marqueur esthétique et éthique du nouveau cirque au début des années 1980. C’était la distinction majeure et un vrai point de repère. Transgresser cette interdiction était juste impossible. » Pour tourner en Europe, Marie Molliens a dû remplacer le tigre par un… acrobate. « Il est temps aussi que le cirque contemporain se libère de ses propres conventions », glisse-t-elle.
Si les lions et les tigres n’ont fait leur apparition sur la piste qu’au XIXe siècle, les chevaux sont en revanche à l’origine du cirque moderne, fondé au XVIIIe par l’écuyer Philip Astley. Aux côtés aujourd’hui des historiques – le traditionnel Alexis Gruss et les contemporains Zingaro, Pagnozoo et Théâtre du Centaure –, on compte une trentaine de compagnies équestres, dont beaucoup sont apparues depuis cinq ans. « Cela va de pair avec le besoin de nature que l’on peut observer un peu partout, pointe Guy Périlhou. Les artistes veulent explorer la part du sauvage en eux et se tournent vers les chevaux. »
« Il y a aussi, parallèlement à ce retour à la terre, un désir de renouer avec l’histoire et le patrimoine de l’art équestre et du cirque, ajoute Julien Rosemberg, codirecteur, avec Célia Deliau, du Pôle national du cirque et arts de la rue d’Amiens. Le cheval n’est plus un agrès ou un accessoire, il est considéré comme une personne. » Pour soutenir cette lame de fond, le Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne met actuellement au point un certificat Cirque équestre, qui permettra à certaines compagnies, comme Pagnozoo, de former des artistes dans cette discipline.
Interdictions prononcées
Mais le mouvement animaliste se durcit. Les animaux domestiques commencent à entrer dans la ligne de mire des associations. La compagnie contemporaine Baro d’Evel et ses deux chevaux, son corbeau et ses perruches n’ont pas pu se produire ni à Madrid ni à Rome, après des interdictions prononcées en novembre 2016 et décembre 2017. Le festival de Prague, qui les accueillera à l’été 2018, a demandé aux deux metteurs en scène d’écrire un texte sur leur travail pour désamorcer les tensions.
« Que la société s’interroge à propos du bien-être animal est sain, mais interdire les animaux sur scène ne tient pas compte de l’évolution de la profession et de l’avancée des pratiques, affirme Camille Decourtye, de Baro D’Evel. Dans nos spectacles, les chevaux et les oiseaux sont libres : ils entrent et sortent seuls de scène. Il y a une part d’improvisation, car nous n’utilisons pas de méthodes qui viseraient à les mécaniser. Nous cherchons plutôt à inventer avec eux un langage commun. Un animal qui travaille n’est pas forcément victime d’une aliénation. »
Si les capitales européennes s’enfièvrent, Paris reste calme. Depuis six mois, l’adjointe au maire chargée de la biodiversité, Pénélope Komites, planche sur une mission « Animaux en ville », relative à la place de l’animal pour les particuliers comme pour les cirques. Les conclusions seront rendues au printemps 2018. Sans attendre, le Conseil de Paris a voté le 13 décembre un « vœu » souhaitant que « la capitale s’engage pour une ville sans animaux sauvages dans les cirques, à une échéance à préciser avec l’Etat et les circassiens ». Cet engagement a été pris après l’incident qui a coûté la vie à une tigresse échappée d’un cirque parisien, le 24 novembre. Sa mort avait suscité un torrent de protestations. La mairie souhaiterait une concertation rapide avec les artistes de cirque et l’Etat, décisionnaire sur le sujet. En attendant, Pinder, Gruss, Bouglione et les autres accueillent les spectateurs pour les fêtes.
Les nomades tracent les chemins du ciel, du cirque Romanès. Square Parodi, Paris 16e. Jusqu’au 7 avril 2018. De 10 à 20 euros. Tél. : 01 40 09 24 20.
J’accrocherai sur mon front un as de cœur, de la compagnie Pagnozoo. Espace cirque, Antony (Hauts-de-Seine). Jusqu’au 23 décembre. De 10 à 20 euros. Tél. : 01 41 87 20 84.
Bestias, de la compagnie Baro d’Evel. Espace cirque, Antony (Hauts-de-Seine). Du 19 janvier au 4 février 2018.
Nikola Tamindzic sort sa dernière collection de photographies de mode NSFW
Nikola Tamindzic est un talentueux photographe de mode originaire de Serbie. Actuellement basé à New York en tant que photographe de mode et d’art depuis 2004.
Débutant chez Gawker, il a percé dans le métier en continuant à travailler pour Vogue, NYLON et Harper’s Bazaar. Pour son dernier projet, il a sorti une collection de photographies de mode NSFW tant glamour que provocantes.
DES PHOTOS DE NUES PROVOCANTES
Nikola Tamindzic n’a pas que la photographie à son arc. C’est également un éditorialiste et portraitiste réputé. D’ailleurs fort de ses portraits plus que séduisants et sa vision des choses décalée, il a été sacré photographe de l’année par The Village Voice.
Il cherche à capturer dans ses photos et portraits les types de contradictions de la vie en générale. Suivant la trace de ses prédécesseurs, comme Helmut Newton, Guy Bourdin et Terry Richardson, Nikola Tamindzic continue à capturer l’étrangeté et le dessous des rideaux de certains mondes.
Les photos sont pour certains choquantes voir même proche de la pornographie. Mais pour les amateurs d’art, les photos expriment d’autres idées. Elles sont parfois drôles quand vous voyez une femme à moitié nue qui s’accroche à un poteau par exemple.
Les portraits sont très gaies, les figurantes sont souvent très enjouée avec de grands sourires. Les poses sont artistiques, les filles sont courbées ou dans des positions lassantes qui évoques le désir. Ce qui est sûr c’est que les photos incitent à la réflexion.
DES PHOTOS QUI S’EXPRIMENT ET QUI MILITENT
Dans son dernier projet « Flying New York », Nikola Tamindzic a demandé la participation de plusieurs personnes. Toutes professions confondues. Il y a eu des mannequins, des acteurs, des écrivains, des militants politiques et tous ceux intéressés par le sujet.
Le sujet portant notamment sur l’incohérence entre l’amour que les New Yorkais disent porter à leur ville et ce qu’ils en font réellement.
La collection n’est donc pas que des photos de nues, il y a des portraits de femmes militantes surtout. Les photos sont néanmoins subtiles et poussent loin notre imagination.


































