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Jours tranquilles à Paris

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19 décembre 2017

Verre de Brouilly.... à l'Hippopotamus

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19 décembre 2017

Laetitia Casta

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19 décembre 2017

Une carte de Vœux princière et.... austère !

carte de voeux

La carte de vœux de Kate, William et leurs enfants est froide comme un jour de décembre

Pas une seule branche de sapin ou de houx, ni de camaïeu de vert ou de rouge… Kate, William, duchesse et duc de Cambridge, et leurs deux enfants, la princesse Charlotte et le prince George ont fait dans la sobriété pour leur photo de Noël en déclinant le bleu sous tous les tons, du verre d’eau à l’anthracite. Le résultat est relativement tristounet. Le cliché a été publié ce lundi sur le compte Twitter de Kensington Palace. Prise il y a quelques mois par Chris Jackson, cette photographie illustrera les cartes de vœux officielles de la famille. Le quatuor s’agrandira en 2018 : Kate devrait donner naissance à son troisième enfant en avril.

19 décembre 2017

Extrait d'un shooting - backstage

02-SMILE

19 décembre 2017

Tyler Shields, Provocateur

L’œuvre du photographe Tyler Shields, basé à Los Angeles, laisse une forte impression, qu’il s’agisse de ses photos de Rolls Royces en train d’exploser, d’alligators plantant leurs crocs dans des sacs Birkin ou de starlettes qui volent dans les airs en formant des arcs d’une beauté improbable.

Shields associe régulièrement le glamour hollywoodien à son amour pour l’acrobatie, créant ainsi une combustion magnifique de mouvement, de couleur et de sujet. Provocateur réunit en un seul luxueux volume ses œuvres les plus séduisantes à ce jour, dont une série de portraits dans le style retro glamour, des visions éthérées et des décadentes inspirées de Marie-Antoinette, et des scènes de forêt rustiques servant de toile de fond à des nymphes des temps modernes.

Sans se laisser affecter par les plumes dans lesquels il vole, Tyler pousse ses sujets – souvent la jeune élite hollywoodienne – et lui-même jusqu’à leurs limites, allant bien au-delà des zones de confort. Son audace, sa perspicacité et son talent pour faire se révéler ses sujets font des photos inoubliables et réellement provocatrices.

Tyler Shields, Provocateur

Publié par Glitterati Incorporated,

75 $

www.GlitteratiIncorporated.com

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19 décembre 2017

Nouveau Renzi, rival de Merkel ou clone de Blair : les multiples visages de Macron à l’étranger

c'est pas gagné

Par Raphaëlle Bacqué, Philippe Bernard, Londres, correspondant, Cécile Ducourtieux, Bruxelles, bureau européen, Gilles Paris, Washington, correspondant, Laure Stephan, Beyrouth, correspondance, Jérôme Gautheret, Rome, correspondant, Charlotte Bozonnet, Isabelle Mandraud, Moscou, correspondante, Thomas Wieder, Berlin, correspondant - Le Monde

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Alors que le président français s’implique fortement sur la scène internationale, son profil particulier, jeune et libéral, continue d’intriguer et de susciter des comparaisons.

Les voyageurs et expatriés en ont tous fait l’expérience : vient toujours un moment où votre interlocuteur, qu’il soit anglais, allemand, algérien ou américain, vous interroge : « Alors, Macron ? » Sa jeunesse séduit, sa femme intrigue, bien sûr, mais il suscite plus que de la simple curiosité : une envie de comparaison. Ainsi, le 6 décembre, la seule déambulation d’un chef d’Etat de 39 ans dans le centre d’Alger a paru presque subversive dans un pays dirigé par des octogénaires. « On ne le connaît pas, mais on est venu car il est jeune », expliquaient avec un sourire trois amies, d’une trentaine d’années, pressées contre les barrières de sécurité. Même en Europe, dont Angela Merkel est le visage dominant depuis dix ans, l’irruption d’un dirigeant de vingt-trois ans son cadet semble comme un signal supplémentaire de son possible affaiblissement. Il est jeune, donc. Bon communicant. Réformateur affiché. Suffisamment plastique pour rassurer, trop neuf aux responsabilités pour décevoir.

« Plus jeune que Kennedy, plus libéral que Blair, plus européen que Schröder », écrivait le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung entre les deux tours de la présidentielle. Dans l’éventail des dirigeants ayant marqué l’Occident, on cherche encore où le situer. « Est-il un nouveau Matteo Renzi ? », s’interrogent les Italiens, c’est-à-dire une chance pour l’Europe, comme l’appellent encore de leurs vœux les réformateurs de la Péninsule, ou l’enfant des élites mondialisés critiqué par la Ligue du Nord et le mouvement populiste 5 Etoiles ?

L’interrogation n’est pas moins forte au Royaume-Uni. « Le pays de la Révolution est redevenu un laboratoire social majeur », s’extasie Adam Plowright, auteur de la première biographie en anglais du président français, The French Exception : Emmanuel Macron – The Extraordinary Rise and Risk (« l’exception française : la percée et les risques extraordinaires d’Emmanuel Macron », Icon Books, non traduit). « La Grande-Bretagne, où les proeuropéens cherchent un sauveur, pourrait-elle produire son propre Macron ? », s’interroge le biographe britannique.

Les travaillistes doivent tirer « la leçon de la victoire d’Emmanuel Macron », confirme Chuka Umunna, figure de l’aile modérée du parti. Pour ce député de 39 ans, « un mouvement alliant recherche des vraies solutions aux problèmes des gens, solide leadership, et refus de céder aux nationalistes et aux racistes est le meilleur moyen de se débarrasser de notre gouvernement conservateur incompétent ». Lors d’un entretien, un député conservateur, figure de proue de la lutte contre le Brexit, confie au Monde son espoir d’une relève de génération chez les tories. Il nous faudrait des trentenaires « à la Macron », glisse-t-il en français. Simon Kuper, chroniqueur au Financial Times, a, lui, la méfiance des chats échaudés. Ce président si sûr de son charme, pense-t-il, a le même côté glaçant que Tony Blair, dont l’éternel sourire masquait un cynisme plus trivial. Cela s’est terminé avec la guerre en Irak, rappelle-t-il, que les Britanniques n’ont jamais pardonnée au séduisant chef du New Labour…

La Commission européenne sous le charme

Qui sait vraiment ce que cache ce charisme juvénile ? Un rival d’Angela Merkel, répondent les Allemands. La chancelière, avec sa solidité sans apprêt, a rencontré son contraire et peut-être son successeur dans le petit cercle des figures marquantes du Vieux Continent. « Aujourd’hui, il continue de fasciner dans les milieux intellectuels, universitaires et journalistiques, mais il commence aussi à pas mal agacer, dans la mesure où ses propositions sur l’Europe obligent l’Allemagne à sortir de son immobilité, analyse Claire Demesmay, responsable du programme franco-allemand à la DGAP, un think tank spécialisé dans l’étude des relations internationales à Berlin. En six mois, celui qui promettait de faire bouger la France est devenu celui qui oblige l’Allemagne à bouger et, vu d’Allemagne, c’est forcément plus dérangeant. » Dans les pourparlers qu’il s’apprête à engager avec les conservateurs de la CDU-CSU en vue de former un nouveau gouvernement en Allemagne, le Parti social-démocrate (SPD) a d’ailleurs décidé de profiter de la sympathie dont jouit M. Macron en Allemagne pour faire pression sur Angela Merkel et l’encourager à enfin répondre aux propositions du président français sur l’Europe. « L’Allemagne ne doit pas rester en retrait plus longtemps », a ainsi tweeté Martin Schulz, le président du SPD, le 6 décembre.

Cette rivalité potentielle n’a pas échappé aux Britanniques. « Le règne d’Angela Merkel touche à sa fin, alors qu’Emmanuel Macron est en pleine ascension. Ses réformes favorables à l’économie de marché sont en cours et ses grands plans pour l’Union européenne [UE] plaisent aux dirigeants européens. S’il réussit, la France pourrait remplacer l’Allemagne comme puissance dominante, et un Français pourrait redevenir roi de l’Europe », résume une vidéo louangeuse du Telegraph, inattendue de la part d’un quotidien britannique ultraconservateur et europhobe.

Bruxelles ne pouvait donc pas résister à ce jeune président faisant jouer, le soir même de son élection, l’Hymne à la joie de Beethoven, symbole musical de l’Europe. La commission Juncker est tombée sous le charme d’un dirigeant qui, pour la première fois depuis des années, plaçait l’Europe et ses institutions au cœur de son programme de réformes. L’UE l’a accueilli avec d’autant plus d’enthousiasme qu’elle a désespérément besoin d’un leader pour incarner un projet communautaire menacé par les populistes.

« MAKE OUR PLANET GREAT AGAIN », LE TWEET DE MACRON DÉTOURNANT LE SLOGAN DU PRÉSIDENT AMÉRICAIN POUR RÉPONDRE À SA DÉCISION DE RETIRER LES ETATS-UNIS DE L’ACCORD SUR LE CLIMAT, S’ÉTAIT DÉJÀ TAILLÉ UN CERTAIN SUCCÈS AUPRÈS DES ANTI-TRUMP

Cela faisait bien longtemps qu’un dirigeant français n’avait suscité un tel intérêt. François Hollande avait été quasi ignoré à l’étranger. Hormis pendant l’épisode de sa séparation d’avec Valérie Trierweiler, il n’avait pas accroché la lumière. Les débuts de Nicolas Sarkozy, en 2007, avaient été regardés avec une curiosité bienveillante et son activisme avait suscité de l’intérêt. Mais son impopularité grandissante en France avait vite douché les jugements favorables hors des frontières.

Avec le leader d’En marche !, c’est autre chose… L’ambassade de France à Washington est formelle : à l’exception de la chaîne conservatrice Fox News, tous les grands networks américains ont déposé des demandes d’entretien, alors qu’aucune visite n’est prévue pour l’instant aux Etats-Unis. Emmanuel Macron s’est pourtant déjà exprimé (en anglais) sur CNN en septembre, puis dans les colonnes du magazine Time en novembre. Mais si, en Europe, on l’imagine en nouveau Renzi, en rival de Merkel ou en clone de Blair, il passe, dans certains milieux américains, pour l’antithèse de Donald Trump. « Make our planet great again », son tweet détournant le slogan du président américain pour répondre à sa décision de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le climat, s’était déjà taillé un certain succès auprès des anti-Trump.

Début décembre, une table ronde consacrée à la présidence française à la Brookings Institution, think tank plutôt proche des démocrates, a fait le plein. « Les Américains qui s’intéressent aux affaires du monde mettent en Emmanuel Macron ce qui leur tient à cœur. Les libéraux [au sens anglo-saxon] attachés au multilatéralisme qui constituent l’élite washingtonienne le considèrent comme l’opposé de Donald Trump. Les conservateurs sont attentifs à sa volonté de réformer une France jugée paralysée », détaille Célia Belin, actuellement rattachée à ce cercle de réflexion de Washington.

« Besoin d’un pays modérateur »

En Russie, où l’on cultive avec soin la nostalgie de De Gaulle ou de Chirac pour avoir su dire « non » aux Etats-Unis, aucun président français n’a pu réellement s’accorder avec Vladimir Poutine. Emmanuel Macron n’a cependant pas encore entamé son crédit. « Poutine est prêt à l’accepter comme interlocuteur numéro un ; c’est du moins l’objectif qu’il a affiché lors de leur rencontre à Versailles, observe le politologue Andreï Kolesnikov, car Macron est au même niveau : il a montré sa force, mais cela ne veut pas dire que leur coopération sera couronnée de succès. La relation est en train de se créer et, à ce stade, cela peut durer encore longtemps. » Le rôle du président français au sein de l’Europe, sa volonté de bousculer quelques dogmes – « le plan Perestroïka de Macron pour l’Union européenne », a écrit le quotidien Nezavissimaïa Gazeta – sont suivis avec autant d’intérêt que de scepticisme. « Macron veut surtout être populaire, suspecte le vice-président de la Douma, Piotr Tolstoï. Il cherche à être en phase avec son opinion publique qui ne comprend rien à la Russie. »

Depuis leur première rencontre, le 29 mai à Versailles, au cours de laquelle le Français avait fort bien accueilli son aîné Vladimir Poutine tout en lui assénant quelques vérités, notamment sur les médias russes pro-pouvoir, les deux dirigeants, il est vrai, n’ont guère été en contact. Leur dernier échange téléphonique remonte au 2 novembre. « A la demande de la partie française », Vladimir Poutine avait alors informé son homologue des résultats de sa visite en Iran. Les relations franco-russes sont aujourd’hui très dépendantes de la situation au Proche-Orient, en particulier en Syrie. Or, c’est justement sur ce dossier que le dialogue avec François Hollande s’était dégradé.

« IL SERA DIT UN JOUR QUE [LE PRÉSIDENT FRANÇAIS] A JOUÉ UN RÔLE HISTORIQUE »

SAAD HARIRI, PREMIER MINISTRE LIBANAIS

La médiation du président français au Liban a été observée avec attention. Le 4 novembre, Riyad avait forcé le premier ministre libanais, Saad Hariri, à démissionner, croyant ainsi contrer le Hezbollah, allié de Téhéran, et endiguer l’influence iranienne au pays du Cèdre. Beyrouth avait plongé dans la peur d’un nouveau conflit. En conviant Hariri à Paris, le 18 novembre, Macron a obligé les Etats-Unis à réagir tout en apaisant la tension.

« Il sera dit un jour que [le président français] a joué un rôle historique », a affirmé Saad Hariri à Paris Match. « La France fait son retour dans la région par la porte libanaise », considère Michel de Chadarevian, un proche du président libanais Michel Aoun. Avant la présidentielle, les prises de position d’Emmanuel Macron sur la région, spécialement sur la Syrie, étaient tâtonnantes. Désormais, on observe avec soin ses déclarations sur Bachar Al-Assad, qui compte alliés et ennemis au Liban. « La politique américaine au Proche-Orient est erratique. On a besoin d’un pays modérateur, comme la France, qui reste en même temps ferme sur certains principes », estime Ayman Mehanna, défenseur de la liberté d’expression. Il avait conseillé ponctuellement l’équipe Macron durant la campagne.

En Afrique, où les relations avec la France sont si ambivalentes depuis cinquante ans, Emmanuel Macron s’est plutôt bien sorti de ses voyages au Burkina Faso et en Algérie. La France a accepté de donner à ce pays une copie des archives coloniales et annoncé son intention de restituer les crânes de résistants algériens conservés au Musée de l’homme, à Paris, une décision très attendue en Algérie, sans rien céder sur sa politique restrictive des visas. « J’ai été apostrophé ce matin par trop de jeunes qui me demandaient des visas. Mais le visa, ce n’est pas un projet de vie », a affirmé Emmanuel Macron, en faisant mine d’ignorer le chômage, le système éducatif défaillant, l’atmosphère de fin de règne qui entravent l’ambition de la jeunesse dans ce pays. Comme si la philosophie très macronienne du « quand on veut, on peut » n’avait pas de frontière.

19 décembre 2017

Bella Hadid

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19 décembre 2017

Serge Gainsbourg et Alain Bashung

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19 décembre 2017

Extrait d'un shooting - la salopette (gif animé)

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19 décembre 2017

Enquête - Stationnement : la fin des amendes amères

Par Olivier Razemon - Le Monde

A partir du 1er  janvier, la contravention sera remplacée par un « forfait post-stationnement  ». Les municipalités concernées espèrent dégager de nouvelles sources de financement.

« Cette réforme doit permettre aux élus de faire fonctionner la cité. » Louis Nègre, maire (LR) de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et président du Groupement des autorités responsables de transport (GART), est catégorique. Selon lui, le dispositif qui modifiera, le 1er janvier 2018, les modalités du stationnement sur voirie dans les 800 communes où il est payant, constitue bien plus qu’une simple révision technique.

Jusqu’à présent, les automobilistes qui ­négligent les horodateurs ou qui excèdent leur temps de stationnement sont passibles d’une amende de 17 euros. Le tarif est le même, que l’heure de stationnement soit facturée 4 euros, comme dans le centre de Paris, ou 60 centimes comme à Montargis (Loiret). A partir du 1er janvier, cette amende disparaîtra, pour laisser la place à un « forfait post-stationnement » (FPS), dont le montant est fixé par chaque municipalité. A Paris, il passera d’un coup à 50 euros !

Le stationnement payant connaît donc à la fois une décentralisation, ou municipalisation, puisque ce sont les collectivités qui en sont désormais responsables et qui en encaisseront directement l’essentiel des montants, et une dépénalisation, avec la suppression de l’amende. La fin de la bonne vieille contredanse.

Une réforme « complexe »

On ajoutera que, conçue sous Jacques ­Chirac, envisagée puis abandonnée sous Nicolas Sarkozy, votée sous François Hollande et appliquée sous Emmanuel Macron, cette réforme, qui introduit plusieurs acronymes abscons dans le langage courant, a nécessité la création d’une mission interministérielle dirigée par un préfet ad hoc. Et que tous ses acteurs s’accordent à dire qu’elle est « complexe », à commencer par le préfet en question, Stéphane Rouvé.

DANS LES RUES COMMERÇANTES, LES VOITURES VENTOUSES BLOQUENT INUTILEMENT LES PLACES DISPONIBLES

Le FPS sera fixé, selon les villes, à des niveaux parfois élevés, jusqu’à 60 euros à Lyon. « C’est du racket », bougonnera peut-être l’automobiliste récalcitrant qui rechignait, jusqu’ici, à glisser sa carte bancaire dans l’horodateur. Ce à quoi les élus répondent, à l’unisson, et quelle que soit leur couleur politique, que, « pour l’automobiliste qui se conforme à la loi et paie son stationnement à l’horodateur, cette réforme ne change rien ».

Pour le GART, association des élus chargés des déplacements, le nouveau dispositif doit moins servir à « remplir les caisses » qu’à dissuader les automobilistes d’occuper longuement la même place. L’enjeu est criant dans les rues commerçantes, où les voitures ventouses bloquent inutilement les places disponibles. « Si les villes font payer le stationnement sur voirie, c’est pour permettre une rotation des véhicules et amener davantage de clients aux commerces », résume M. Nègre, qui déplore la désertification qui touche de plus en plus les centres des villes moyennes.

« Repenser le stationnement dans son ensemble »

Ses homologues confirment. « L’attractivité d’un centre-ville dépend fortement de la rotation des véhicules », explique Jean-Jacques Bernard, vice-président (PS) de la métropole de Rennes. A Quimper, le maire (LR), Ludovic Jolivet, se fixe pour objectif, dans le centre-ville, de « sept voitures par place à la journée ».

La réforme constitue dès lors une « occasion unique de repenser le stationnement dans son ensemble ». « Puisque les véhicules se succéderont à un rythme plus rapide, il sera possible de convertir quelques places de parking en espaces destinés aux piétons, aux cyclistes et aux transports publics », résume-t-on au GART. Les recettes résultant des FPS, qui viendront garnir les budgets des municipalités, seront d’ailleurs orientées vers la « mobilité durable », en d’autres termes les bus, tramways et autres pistes cyclables.

Il faut en outre se rendre à l’évidence : aujourd’hui, les politiques de stationnement payant ne fonctionnent pas. Le système bute sur un faible taux de paiement spontané à l’horodateur, une verbalisation limitée et un taux de recouvrement de l’amende imparfait. Qualifiant le stationnement urbain de « chaînon manquant dans les politiques de mobilité », la Cour des comptes avait dénoncé, en février, des maux que les municipalités connaissent bien depuis longtemps.

Des parkings souterrains sous-utilisés

En France, seuls 30 % à 40 % des automobilistes paient leur stationnement, avaient rappelé les magistrats de la rue Cambon. A Paris, hors stationnement résidentiel, ils ne sont que 10 % et le fraudeur n’a « qu’une probabilité sur quinze d’être verbalisé », observe Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris, chargé des transports, des déplacements, de la voirie et de l’espace public. A Rennes, le taux de paiement spontané atteint 35 %, à Saint-Etienne, 60 %, et à Grenoble – un record – 70 %.

IL EST DE NOTORIÉTÉ PUBLIQUE QU’ON TROUVE TOUJOURS UNE PLACE DANS UN PARKING SOUTERRAIN D’UNE VILLE PETITE OU MOYENNE

Parallèlement, les parkings souterrains demeurent sous-utilisés. Les opérateurs, publics et privés, rechignent à donner des chiffres, mais dans les villes petites et moyennes, il est de notoriété publique qu’on trouve toujours une place dans un parking souterrain, à l’exception, peut-être, du troisième samedi de décembre, de 15 heures à 18 heures. Même à Paris, Maxime Autran, directeur général adjoint de Streeteo, filiale d’Indigo, ex-Vinci Park, admet que le taux d’occupation « est en forte baisse depuis quelques années ». Pour une raison simple : « On peut se garer sans payer dans la rue », la fraude étant rarement verbalisée.

En ce mois de décembre, les villes se préparent. Il faut adapter ou changer les horodateurs, modifier les serveurs, installer des logiciels, former le personnel, lancer une campagne de communication. A Quimper, six agents sont dépêchés dans la rue pour aider les usagers et les changements sont annoncés à la population « sur les panneaux lumineux, par la presse, les réseaux sociaux, etc. », explique M. Jolivet.

Recours à des services privés

Une majorité de métropoles, Lyon, Toulouse, Nantes ou Rennes, ainsi que de très nombreuses villes moyennes, resteront directement chargées du contrôle du stationnement, par l’intermédiaire d’une régie municipale. Chez Villes de France, association regroupant les maires des villes moyennes, on explique ce choix par la volonté d’« agir avec discernement ». Autrement dit, les élus préfèrent conserver la possibilité de libérer de son FPS un usager qui prouverait sa bonne foi.

Toutefois, devant l’ampleur de la tâche, d’autres collectivités préfèrent recourir à des services privés, en passant par une délégation de service public (DSP) ou un marché public. « Les deux formules se distinguent par le mode de rémunération, fixe dans le cas d’un marché et indexées sur l’exploitation du service pour une DSP, et la durée, moins longue pour un marché public », explique Thierry Delvaux, directeur de Sareco, société de conseil en stationnement.

Les principaux délégataires ou titulaires des marchés s’appellent Effia, SAGS, Indigo ou Urbis Park, filiale de Veolia. Les deux derniers se partagent le marché à Paris et opèrent à Bordeaux ou à Nice pour Indigo, à Strasbourg, Nancy ou Biarritz pour Urbis Park. Pour contrôler le stationnement dans la capitale, ces deux entreprises recevront respectivement un peu moins de 6 millions et de 4 millions d’euros par an. Elles ont recruté 260 agents, 152 pour la première, 108 pour la seconde.

Activité débordante

Parkeon, leader français de la fabrication de parcmètres puis d’horodateurs, connaît une activité débordante. La société, dont le principal centre de production se situe à Besançon, a construit 4 600 horodateurs en 2017, deux fois plus que d’habitude, et a doté les villes de 7 000 « kits de mise en conformité » du matériel existant. Depuis la fin de l’été, il a fallu recruter soixante personnes supplémentaires, d’autant plus rapidement que « de nombreuses villes ont attendu la fin de l’année pour délibérer », regrette Jean-François Esnault, directeur « Smartcity », pour la France, de Parkeon.

IEM, UN FABRICANT D’« HORODATEURS INTELLIGENTS », PROPOSE AUX VILLES UNE « GESTION ACTIVE DES PLACES »

La même effervescence a saisi les locaux d’IEM, un fabricant d’« horodateurs intelligents » implanté dans le canton de Genève, en Suisse. « Pour l’occasion, nous avons recruté du personnel et augmenté la superficie de nos locaux », souligne Philippe Menoud, directeur général. L’entreprise ne se contente pas de vendre des horodateurs, mais propose aux villes une « gestion active des places » et des applications informant les automobilistes des emplacements disponibles et des autres moyens de transport.

Reste une question, qui n’est pas illégitime. Les villes y gagneront-elles financièrement ? Les collectivités reconnaissent qu’elles espèrent renflouer leurs caisses. A Paris, le stationnement subit aujourd’hui « un manque à gagner de 300 millions d’euros, soit le budget des crèches de la ville », souligne M. Najdovski.

Savants calculs

Pour estimer l’éventuelle rentabilité de l’opération, les municipalités se livrent à de savants calculs. « Dans tous les pays où la réforme a été mise en place, le taux de paiement spontané a bondi à 70 %-80 % », observe-t-on au GART, qui a publié un livret intitulé La Gestion du stationnement sur voirie en Europe.

Les villes devront soustraire des recettes nouvelles les sommes nécessaires à la mise en conformité de leur matériel et le budget dévolu au contrôle, exercé par la police municipale ou versé aux entreprises délégataires. Chaque horodateur « coûte 6 000 euros, auxquels il faut ajouter les frais de personnel », rappelle M. Nègre.

Les frais de régénération des machines « peuvent varier d’un facteur de 1 à 50 », précise M. Esnault, chez Parkeon. Certaines villes font appel à des salariés supplémentaires dotés d’assistants personnels, voire, comme Paris, s’équipent de véhicules électriques chargés de détecter les mauvais payeurs et baptisés « LAPI » (lecture automatique des plaques d’immatriculation).

« Pot commun »

D’autres municipalités, bien plus modestes, se contentent d’apposer des autocollants sur les horodateurs et d’émettre de nouveaux tickets. A Blois, 46 000 habitants, où le remplacement de quarante-quatre horodateurs coûte 180 000 euros, la ville espère amortir cet investissement en un an.

AUJOURD’HUI, LE MONTANT DES AMENDES RECOUVRÉES AUPRÈS DES AUTOMOBILISTES ATTEINT 1,3 MILLIARD D’EUROS

Enfin, les collectivités, qui percevront donc les FPS, doivent prendre en compte la baisse des recettes liée à la dépénalisation. Aujourd’hui, l’ensemble des amendes recouvrées auprès des automobilistes, au total 1,3 milliard d’euros, est placé par l’Etat dans un « pot commun », dont 500 millions sont répartis entre les collectivités. A ter­me, ce montant sera amputé des recettes liées au stationnement payant sur voirie, soit environ 200 millions d’euros, d’après les calculs du GART.

Les 300 millions restants, qui proviennent notamment des amendes sanctionnant le stationnement gênant à 35 euros ou très gênant à 135 euros, continueront à être redistribués aux collectivités. Compte tenu de tous ces éléments, bien malin qui peut prévoir l’effet réel de la décentralisation du stationnement sur les finances des municipalités. Les résultats se liront sans doute plus rapidement sur la voirie.

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