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Jours tranquilles à Paris

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21 décembre 2017

Le Pouce de César au coeur de sa rétrospective à Beaubourg

Le centre Georges-Pompidou rend un hommage au sculpteur César, disparu en décembre 1998 à 77 ans. L'oeuvre la plus symbolique de ce sculpteur, le Pouce, y est déclinée en de multiples exemplaires. Elle ne doit pas cacher le reste de son oeuvre, à commencer par les compressions et la mousse polyuréthane. Par ses choix de matériaux, César a toujours provoqué le scandale mais aussi montré la voie.

Contrairement à celui de son homonyme l'empereur romain, le pouce de César est toujours levé vers le ciel. Comme le signe de l'assentiment, d'un implacable optimisme, comme celui d'une immense vanité aussi. Dresser, partout, comme un totem, une infime partie de son propre corps démesurément agrandie. Savoir que partout, quand un passant croisera ce pouce, il entendra ce nom résonner dans sa tête : César.

César, le même que celui que l'on distribue fin février/début mars sous forme de compression dorée aux meilleurs acteurs et réalisateurs de l'année. Un pouce, dressé comme un symbole phallique, c'est une provocation. Et comme toute provocation, il fait parler. Il a surgi en 1965, d'une taille d'un mètre 85... énorme pour un pouce, modeste comparé à celui de 12 mètres installé dans le quartier de la Défense. Bientôt vingt ans après la disparition de l'artiste, le Pouce et ses empreintes digitales sont aujourd'hui célèbres dans le monde entier. Des débuts en autodidacte

La rétrospective consacrée à César par le Centre Georges-Pompidou jusqu'au 26 mars 2018 illustre le parcours de celui qui a commencé en autodidacte par travailler des matériaux de récupération tout simplement parce que la pierre coûtait trop cher. C'est le temps de la soudure, des morceaux de métal ramassés dans les décharges. Le temps aussi de la formation. Une visite à Pompéi le marque. La vision des corps figés lui donne l'idée du moulage. Une idée qui aboutira au fameux Pouce mais pas seulement. César proposera aussi deux doigts en forme de V, un poing fermé, un sein géant réproduisant celui d'une danseuse du Crazy Horse Saloon. Mais son chef d'oeuvre restera le Pouce. 130 oeuvres

L'exposition du Centre Georges-Pompidou rassemble 130 oeuvres de César. Une sorte de justice puisqu'il était le seul artiste important du mouvement du "Nouveau Réalisme" à ne pas avoir fait l'objet d'une telle rétrospective. Elle se compose de plusieurs sections chronologiques. Ses premières silhouettes humaines et animales en fers soudés, inspirées par Giacometti. Puis, les premières compressions, suivies des moulages et agrandissements de parties de corps humains, les expansions en mousse durcie, les "enveloppages" (César enfermait des objets divers dans du plexiglas, elle restaient visibles mais inatteignables), et enfin les dernières oeuvre de l'artiste marseillais : les compressions des années 70 avec notamment les automobiles.

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21 décembre 2017

Happy Birthday to you ! Emmanuel Macron 40 ans aujourd'hui

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Emmanuel Macron, né le 21 décembre 1977 à Amiens, est un homme d'État français. Il est président de la République française depuis le 14 mai 2017.

21 décembre 2017

Pour l'hiver...

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20 décembre 2017

Une invitation à Martine d’Astier… Découvrir (ou redécouvrir ?) Lartigue

« Agnès b s’est souvenue d’une discussion que nous avions eue il y a une vingtaine d’années au sujet de Lartigue. Aujourd’hui, elle souhaite accueillir une exposition qui proposerait une nouvelle lecture de l’œuvre de ce photographe qu’elle aime tant ».

C’est l’occasion d’une exposition inédite pour plus d’un tiers des images présentées à la galerie du Jour, Paris, du 9 novembre au 7 janvier 2018—un choix de 130 photographies les plus intimes permettant de répondre à certaines questions fréquentes, de rendre hommage à Lartigue et ses modèles, et d’évoquer le processus de création de cette œuvre précoce et singulière à tous points de vue.

“Depuis que je suis petit, j’ai une espèce de maladie : toutes les choses qui m’émerveillent s’en vont sans que ma mémoire les garde suffisamment”, constate Lartigue dans son journal de l’année 1965. Émerveillement et mémoire qui flanche, passion pour la vie et blessure secrète devant l’impermanence des choses, il n’en faut pas plus à Lartigue pour glaner et collectionner pendant 80 ans ces milliers d’instants fugitifs dont il saura nous montrer la beauté.

Retenir le temps qui passe en conservant ces moments si fragiles, prêts à disparaitre, c’est avant tout une narration, le roman rêvé de sa vie. Aucune spéculation ou intention sur l’effet à produire, cet enfant prodige photographie comme il respire. « Je prends à tort et à travers de stupides photographies et mon paradis sans ombre me semble invulnérable …parce qu’en moi, autre chose fait le reste. »

L’exposition permet d’approcher la démarche de Lartigue au plus près en illustrant ses thèmes les plus chers : L’enfance ; Bibi (sa première épouse), Dani (son fils unique), le mannequin Renée Perle (une de ses muses), Florette (sa compagne pendant près de cinquante ans), Picasso (chez qui Lartigue passe une journée à Cannes, le photographiant une centaine de fois), et ‘Moi’ (des autoportraits et images de son ombre).

Seront également présentées plusieurs pages d’albums ainsi qu’une projection 3D d’images choisies parmi les 4 500 plaques stéréoscopiques réalisées par Lartigue entre 1902 et 1928, préfiguration d’un long métrage en préparation, L’enfant des profondeurs; un diaporama comprenant 100 pages d’albums (1902 à 1986) ; et le film Le bandit et la fée Améliot, tourné en famille au Château de Rouzat pendant l’été 1914.

Exposition présentée du 10 novembre 2017 au 6 janvier 2018

Galerie du Jour – agnès b.

44, rue Quincampoix

75004 Paris

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CHRONOLOGIE

1894  Jacques Lartigue naît à Courbevoie, le 13 juin. Sa famille, fortunée, forme un milieu harmonieux, à l’esprit curieux et inventif. Son frère aîné, Maurice, surnommé Zissou, futur compagnon de ses jeux, est né en 1890.

1900  Effectue ses premiers essais en photographie avec l’aide de son père. Il commence à noter ses réflexions, ses impressions quotidiennes sur de petits morceaux de papier qui peu à peu constitueront son journal, poursuivi jusqu’à sa mort.

1904  Grâce à des appareils de plus en plus perfectionnés, il saisit d’étonnants instantanés, réalise des images en relief et découvre la possibilité de faire des surimpressions de « fantômes ».

1905  Henri Lartigue achète le château de Rouzat dans le Puy-de-Dôme qui deviendra le théâtre de toutes les inventions, performances et jeux des frères Lartigue, de leurs cousins et amis.

1910  Il commence à photographier les belles élégantes qui, à heures régulières, défilent pour faire admirer leurs nouvelles toilettes le long des avenues du Bois-de-Boulogne à Paris et au Champ de courses à Auteuil.

1911  Agacé par tous ceux qui prétendent qu’il fait toujours mauvais, Jacques Lartigue décide de noter le temps qu’il fait chaque jour sur un petit agenda. Il vend pour la première fois un cliché d’acrobatie aérienne au journal «La Vie au grand air». Il réalise un premier film à l’aide d’une caméra offerte par son père.

1914-1918  Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Jacques Lartigue est ajourné pour raison de santélors du conseil de révision. Il suit quelques cours à l’Académie Jullian pour étudier la peinture qui restera son activité principale. En 1916, il met sa voiture de course au service des médecins militaires de Paris. Le 1er novembre de cette même année, il effectue son baptême de l’air à bord du « zinc» de son ami et pilote Jean Dary.

1919-1921  Il épouse la fille du compositeur André Messager, Madeleine, rencontrée en 1917 et surnommée “Bibi”. Voyage de noces à Chamonix. Avec Bibi, il effectue au volant de l’Hispano-Suiza récemment acquise par son père, de nombreux voyages à travers la France. A cette époque, il réalise ses plus belles plaques autochromes dans le parc du Château de la Garoupe près d’Antibes. Le 23 août 1921, naissance de leur fils Dani.

1922  Première exposition de peintures à Paris, dans la galerie Georges Petit où Claude Monet est exposé. Il fait la rencontre de Kees Van Dongen, de Maurice Chevalier et d’Abel Gance. Le couple noue une amitié suivie avec le couple Sacha Guitry et Yvonne Printemps, amitié qui durera jusqu’en 1928.

1923  Son père, ayant eu des revers de fortune, vend le château de Rouzat. Jacques trouve un emploi mais, trop attaché à sa liberté, il démissionne au bout de trois jours.

1930  Jacques Lartigue rencontre Renée Perle, mannequin, qui sera sa compagne et son modèle pendant deux ans.

1931  Le divorce de Jacques Lartigue et de Madeleine Messager est prononcé.

1934  Il épouse Marcelle Paolucci, surnommée Coco.

1935-1939  La peinture est pour lui une nécessité pour gagner sa vie. Il commence d’ailleurs à se faire une certaine réputation dans le domaine. Comme Van Dongen et Picabia, il se lance dans la décoration de salles de gala, expose avec succès des portraits de ses amis illustres.

1939-1945  Le 3 septembre, la France entre en guerre contre l’Allemagne. Il rejoint la Côte d’Azur où se sont réfugiées de nombreuses personnalités du cinéma et du théâtre. Séparé de sa femme Coco, il se promet de rester célibataire mais rencontre Florette Orméa qui deviendra en 1945 sa troisième et dernière femme.

1951-1953  La guerre achevée, le couple désargenté vit difficilement, mais continue à être reçu chez leurs amis plus fortunés, comme Carven ou André Dubonnet. C’est chez ce dernier qu’il rencontre, en 1953, le jeune sénateur John F. Kennedy. Mort de ses deux parents.

1954  Jacques Lartigue est nommé vice-président de l’association de photographes, «Gens d’Images »,créée cette année-là. Certains de ses clichés paraissent dans les premiers numéros de Point de vue et Images du monde.

1955  Ses portraits photographiques de Pablo Picasso et Jean Cocteau à Vallauris font le tour du monde. Il participe à une exposition de « Gens d’Images » à la galerie d’Orsay à Paris avec Brassaï, Doisneau, Willy Ronis et Man Ray. Rencontre l’éditeur Robert Delpire qui soutiendra son œuvre fidèlement.

1957  Voyage à Cuba. Il est contraint de laisser ses toiles sur place en raison de la guérilla entreprise par Fidel Castro. Le couple poursuit son voyage vers le Mexique et la Nouvelle-Orléans.

1960  Acquisition et installation d’une petite maison parmi les fleurs à Opio, près de Grasse.

1962  Lors d’une halte à New York, il rencontre, par l’intermédiaire de Charles Rado de l’agence Rapho, le jeune directeur du Département des photographies du Museum of Modern Art de New York, John Sarkowski, qui s’enthousiasme pour son œuvre et programme aussitôt une exposition dans son musée.

1963  Exposition au Museum of Modern Art de New York: «The Photographs of Jacques Henri Lartigue». En novembre, parution d’un article de dix pages consacré à son œuvre, dans le même numéro de Life où apparaît le reportage sur l’assassinat à Dallas du président des Etats-Unis, John F. Kennedy. C’est à partir de cette date qu’il ajoute le prénom de son père au sien et se fait désormais appeler Jacques Henri Lartigue.

1966  Nouveau voyage à New York où il rencontre le photographe Richard Avedon et son assistant Hiro. La publication de L’Album de famille et son édition internationale font connaître l’œuvre de Jacques Henri Lartigue dans le monde entier.

1970  Publication de « Diary of a Century », ouvrage de Lartigue conçu par Richard Avedon, qui paraîtra en français en 1973 sous le titre « Instants de ma vie ».

1974  Le Président de la République française, Valéry Giscard d’Estaing, à peine nommé, demande à Jacques Henri Lartigue de réaliser la photographie officielle de son septennat.

1975  L’exposition « Lartigue 8×80», préparée par Robert Delpire et présentée au musée des Arts décoratifs de Paris, constitue la première rétrospective française de son œuvre. Parution du premier tome de ses mémoires.

1976  Exposition au Seibu Art Museum de Tokyo.

1979  Jacques Henri Lartigue signe l’acte de donation à l’Etat français de l’ensemble de son œuvre photographique (négatifs et albums originaux).

1980  Une exposition réalisée par « L’Association des Amis de Jacques Henri Lartigue » dans le cadre de l’Année du patrimoine accueille la donation dans les Galeries nationales du Grand Palais à Paris. Intitulée «Bonjour Monsieur Lartigue», elle reçoit 35.000 visiteurs en un mois et, depuis, a circulé dans le monde entier.

1981  Ouverture d’une salle d’exposition permanente au Grand Palais.

1984  Les expositions se multiplient : «Pages d’albums », au Grand Palais, Londres, à la galerie Olympus de Londres, «Le Passé Composé, les 6×13 de Jacques Henri Lartigue» au musée Réattu d’Arles, à l’occasion des Rencontres internationales de la photographie où Lartigue est fêté par ses pairs puis au Museum of Modern Art deux ans plus tard.

1986  Au Grand Palais, une exposition est consacrée aux vues stéréoscopiques sous le titre « Le Troisième œil de Jacques Henri Lartigue ». 12 septembre : mort de Jacques Henri Lartigue à Nice, à l’âge de 92 ans.

20 décembre 2017

Immigration...

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20 décembre 2017

Baby Foot

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20 décembre 2017

Extrait d'un shooting - nu allongé sur canapé

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20 décembre 2017

Colette : « C’est bien de s’arrêter quand tout va bien »

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Par Elvire von Bardeleben - Le Monde

Le concept-store de la rue Saint-Honoré, à Paris, épicentre de la branchitude, ferme définitivement ses portes le 20 décembre.

« En ce moment, des gens viennent en pèlerinage, parfois de loin, comme ce Mexicain qui m’a alpaguée l’autre matin… » Ce n’est pas le pape qui parle, mais Sarah Andelman, qui a fondé Colette avec sa mère, Colette Roussaux, en 1997. C’est un fait, la fermeture du concept-store parisien, programmée pour le 20 décembre, est non seulement un petit séisme dans la géopolitique de la mode et du luxe parisiens, mais aussi un crève-cœur pour ses dévots – et ils sont nombreux.

« ON A EU DES OFFRES DE REPRISES AU DÉBUT, PUIS CELA S’EST SU QU’ON NE VOULAIT PAS VENDRE. » SARAH ANDELMAN, COFONDATRICE DE COLETTE
Il faut dire que personne ne s’y attendait. En mars, la mère et la fille ont célébré en grande pompe les 20 ans de la boutique qui mélange fringues et culture, maquillage et restauration. Après avoir accordé un nombre incalculable d’interviews alors que ni l’une ni l’autre n’ont jamais été très loquaces, elles ont organisé une grande fête aux Arts Déco de Paris. « Ça ne se savait pas, mais c’était notre événement de fermeture. On voulait garder l’annonce pour le plus tard possible », raconte Sarah Andelman.

Mais pourquoi diable fermer maintenant, alors que le business est florissant ? « 20 ans, c’est un bel âge. Maman [69 ans] souhaite se retirer et je ne veux pas continuer sans elle. Et puis c’est bien de s’arrêter quand tout va bien. »

En ce sens, le duo est fidèle à sa ligne de conduite : elles ont toujours affirmé que la boutique ne pouvait pas exister sans elles et ne pouvait être dupliquée. Ce parti pris a beaucoup participé à la création du mythe Colette à une époque où le commerce tend à se désincarner. « On travaille d’une façon que les gens n’imaginent pas, on s’y consacre à 10 000 %, affirme Sarah Andelman. Maman décolle les étiquettes de prix, époussette les mannequins. On se renouvelle sans arrêt, on est toujours aux aguets de la nouveauté. On n’a pas envie de voir le magasin évoluer, et peut-être se dégrader. »

Vendre Colette leur aurait rapporté un paquet d’argent (leur chiffre d’affaires s’élevait ainsi à 28 millions d’euros en 2016), mais elles n’ont jamais envisagé cette option. « On a eu des offres de reprises au début, puis cela s’est su qu’on ne voulait pas vendre », explique Sarah Andelman.

Une étape touristique

Depuis plusieurs mois, à l’étage où sont habituellement disposés les vêtements, les expositions monomarques se sont succédé pour faciliter la gestion du stock avant la fermeture. Le gratin du cool y est passé : Balenciaga, Sacai, Thom Browne, l’attaché de presse Lucien Pagès, Chanel et Saint Laurent. Ce dernier reprendra les lieux et, a priori, la centaine de salariés de Colette y sera reclassée. « On a une longue histoire avec eux. Et puis il faut une marque puissante pour reprendre un espace aussi grand [800 mètres carrés] », estime Sarah Andelman.

L’arrivée de Saint Laurent risque surtout de parachever l’embourgeoisement de la rue Saint-Honoré. Il y a vingt ans, à l’emplacement de Balenciaga, s’élevait une station-service, Theory était une boulangerie, Chantal Thomass une pharmacie. Louis Vuitton, qui a installé son mégastore à l’angle de la rue Saint-Honoré et de la place Vendôme en octobre, et Chanel, qui ouvrira prochainement un magasin de même ampleur à l’angle avec la rue Cambon, accélèrent encore le processus enclenché par Colette.

A une différence près : Colette était un lieu de passage qui proposait certes des sapes hors de prix, mais aussi des objets peu coûteux (gadgets, livres, disques, bonbons, etc.). Et il était d’ailleurs devenu une étape touristique mentionnée dans les guides, au même titre que le chocolat chaud d’Angelina ou les bateaux-mouches.

Force de frappe et capacité fédératrice

La disparition de ce concept-store accueillant mais considéré comme le summum du branché va aussi poser un sérieux problème à toutes les marques qui collaboraient avec Colette en toutes circonstances. Une signature de livre ? Colette ! Une collab ? Colette ! Un vernissage ? Colette ! Un anniversaire ? Colette !

Car même s’il existe d’autres lieux dans la même veine dans la capitale, aucun n’a sa force de frappe ni sa capacité fédératrice. « Il y a plein d’endroits où lancer son projet à Paris, des galeries, des librairies, des magasins, des hôtels, des restaurants, tempère Sarah Andelman. Il faudra juste se creuser les méninges. »

Ou alors frapper à sa porte, puisque la businesswoman de 42 ans va devenir consultante, continuer de travailler avec les artistes et les marques, développer des collaborations et des projets spéciaux, trouver des idées, des plates-formes physiques ou digitales. Elle bénéficiera de l’aide de sa mère, « de manière non officielle ». Soit, finalement, le même labeur qu’avant. Le lieu de culte en moins.

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20 décembre 2017

Moulin Rouge

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20 décembre 2017

Je n'aime pas Noël, et alors?

Noël, sa course aux cadeaux et ses repas de famille interminables. Si certains attendent cette période toute l'année, d'autres la redoutent. Mais plutôt que de déprimer, ils ont décidé de profiter des Fêtes pour penser à eux et célébrer Noël à leur manière.

"Les vitrines illuminées, la razzia dans les magasins et les délibérations sans fin sur le menu du dîner du Réveillon, cela ne m'a jamais plu. Depuis l'enfance, j'ai toujours associé Noël à quelque chose d'un peu déprimant. Les réjouissances obligatoires, les bons sentiments et la joie forcée ce n'est vraiment pas pour moi." A 30 ans, Estelle est clairement réfractaire aux Fêtes, quasiment allergique à Noël.

"Les semaines qui précèdent, chacun est pris dans l'urgence des préparatifs, les derniers cadeaux à acheter, une forme de consumérisme un peu vaine. De quoi finir par me faire redouter cette fête et son cortège de traditions immuables et répétitives", souligne-t-elle. 

"Une réunion de famille teintée d'hypocrisie et de non-dits"

Une aversion partagée par Nicolas, 26 ans. "Quand je dis que je n'aime pas cette période, je sens que les gens sont déstabilisés. Ils me prennent pour un ermite ou quelqu'un de très seul. Cela cristallise en tout cas l'incompréhension. En réalité, je déteste toutes les contraintes attachées à Noël. Il faut absolument faire des cadeaux, dîner en famille et supporter de lointains cousins que l'on ne voit qu'à cette occasion. Tout ça pour quoi?", s'interroge Nicolas. 

Pendant des années, Geneviève, 52 ans, s'est imposée d'organiser le dîner de Noël, réunissant toute sa famille. Jusqu'à ce qu'elle finisse par ressentir, de la même manière, ce sentiment d'absurdité. "J'ai longtemps tout fait pour faire plaisir à mes proches, me pliant en quatre pour cuisiner, décorer la table et trouver des cadeaux personnalisés à chacun. Il y a deux ans, j'en suis ressortie lessivée mais surtout un peu amère, se souvient Geneviève. J'avais le sentiment de faire beaucoup mais de ne recevoir aucune reconnaissance. J'ai fini par développer un véritable écoeurement pour cette réunion de famille teintée d'hypocrisie et de non-dits."  "Ne pas se laisser dicter sa conduite pour faire plaisir aux autres"

"J'ai donc décidé de simplifier notre rituel familial, reprend Geneviève. Chaque invité amène quelque chose à manger, nous faisons un grand buffet et, pour éviter les discussions potentiellement problématiques et les remarques acerbes, nous jouons tous ensemble à des jeux de société. Au départ, mes enfants ont trouvé cette nouvelle organisation égoïste de ma part mais j'ai tenu bon. Finalement, tout le monde semble soulagé de sortir un peu des sentiers battus et de ne plus se mettre la pression", affirme Geneviève.

Fête familiale par excellence, Noël cristallise également pour certains des souvenirs qui ne sont pas forcément très gais. De quoi décider d'en prendre définitivement le contre-pied: "Les Fêtes ont toujours été un peu mornes chez moi, confie Sonia, 38 ans. Longtemps, je me suis tout de même imposée d'aller chez mes parents, essentiellement pour leur faire plaisir. Il y a cinq ans, après une énième discussion tendue avec ma mère, j'ai décidé que c'était terminé, que je ne me laisserai plus dicter ma conduite pour faire plaisir aux autres."

"Faire la fête, à sa façon"

Une affirmation de soi qui n'a pas été bien acceptée par les proches de Sonia. "Mes parents l'ont mal pris. Ils ont été vexés, comme si je ne les trouvais pas 'dignes' de fêter Noël avec moi. Tant pis. Ce geste de rébellion m'a conforté dans l'idée qu'il ne fallait pas s'imposer des choses qui ne nous rendent pas heureux", avance Sonia. 

"Désormais, je fête Noël à ma façon, reprend la jeune femme. Avec mon compagnon, nous profitons de ce moment pour nous faire plaisir. Nous faisons un très bon dîner, sans dinde et sans bûche mais avec des fruits de mer et dufoie gras. Nous discutons tranquillement, sans tension larvée ni aigreur. Le Réveillon parfait, en somme."

Se recentrer sur soi, rester fidèle à ses envies sans tenir compte des desiderata de sa famille est aussi le credo de Nicolas. "Définitivement, j'aime être seul à cette période. Chaque année, je me demande ce que je pourrais faire d'un peu différent pour me faire du bien: je suis déjà parti en week-end à l'étranger, j'ai déjà été à l'opéra voir un ballet, énumère-t-il. Je me demande bien ce que je vais pouvoir trouver d'encore plus satisfaisant cette année...", conclut-il malicieusement. 

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