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Jours tranquilles à Paris

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12 janvier 2020

Anne Hidalgo : «Je suis candidate à un nouveau mandat de maire de Paris»

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Anne Hidalgo annonce au Parisien - Aujourd’hui en France sa candidature à sa réélection. Son programme : une ville « 100 % vélo », pas d’arrêt des travaux, un référendum sur Airbnb… La bataille est lancée.

 Paris, mercredi 8 janvier 2020. « Je me présente dans le XIe arrondissement, en numéro 2 sur la liste de François Vauglin, le maire actuel », annonce Anne Hidalgo au Parisien.

Par Nicolas Maviel, Jannick Alimi, Christine Henry et Frédéric Michel

C'est boulevard Sébastopol, à quelques dizaines de mètres du QG de campagne de Rachida Dati (LR), qu'Anne Hidalgo nous a donné rendez-vous. Un peintre est encore à l'œuvre, le mobilier en bois recyclé sent encore le neuf, mais déjà une armée de petites mains est au travail devant des ordinateurs. La maire de la capitale n'a pas souhaité nous rencontrer dans son immense bureau de l'Hôtel de Ville, mais au cœur de ce qui va être le réacteur de sa campagne. Car oui, elle est bien évidemment candidate à sa propre succession. Le secret de Polichinelle est levé.

Sous la bannière de « Paris en commun »

Désormais tous les ténors de la politique parisienne sont sur la ligne de départ. Les LR ont confié la mission à Rachida Dati, LREM à Benjamin Griveaux, David Belliard et Cédric Villani (dissident LREM) cherchent à s'allier, Danielle Simonnet (LFI) sera de la bataille tout comme Pierre-Yves Bournazel (Agir), Gaspard Gantzer (Parisiennes-Parisiens) ou encore le trublion Marcel Campion et le RN avec Serge Federbusch.

Mais, si certains candidats arborent fièrement leur étiquette politique, Anne Hidalgo, elle, s'engage sous la bannière de « Paris en commun ». Il n'y aura pas de rose socialiste sur les affiches. La maire de Paris joue la carte du rassemblement. Les communistes et leur chef de file Ian Brossat ont rejoint les rangs avant même le début « officiel » de la campagne de la maire, tout comme le centriste Jean-François Martins et l'écologiste Christophe Najdovski.

Un second et dernier mandat

Ce dimanche, Anne Hidalgo va donc arpenter le pavé parisien avec l'étiquette de candidate. Elle pourra (enfin) confronter ses idées et son bilan avec les Parisiens et… ses rivaux.

Lundi, elle recevra sur la barge Fluctuart ses soutiens pour le lancement « officiel » de sa campagne qui doit la mener au soir du 22 mars à conserver son fauteuil pour un second… et dernier mandat. Elle le promet. Elle s'engage également à ne pas être candidate à la présidentielle de 2022.

SA CANDIDATURE. « Je ferai campagne sous les couleurs de Paris en commun »

Vous finissez votre mandat dans quelques semaines. Avez-vous l'intention d'en solliciter un second ?

Oui. Je suis candidate à un nouveau mandat de maire de Paris. C'est cette ville que j'aime, qui me passionne, à laquelle je consacre une grande partie de ma vie.

Vous estimez n'avoir pas achevé votre tâche ?

Je souhaite poursuivre l'action engagée en 2001 et amplifiée en 2014. Je veux continuer à apporter les transformations dont Paris a besoin. C'est désormais une course contre la montre. Nous avons dix ans pour agir face à l'urgence climatique.

Dans quel arrondissement allez-vous vous présenter ?

Je me présente dans le XIe arrondissement (NDLR : où se présente également David Belliard, le candidat EELV pour Paris), en numéro 2 sur la liste de François Vauglin, le maire actuel. C'est un arrondissement qui, pour moi, incarne très bien ce qu'est Paris. Le goût de la différence, de l'innovation, de la création, de la fête. Cet arrondissement a été particulièrement marqué par les attaques terroristes de 2015.

Ferez-vous campagne sous les couleurs du Parti socialiste ?

Je ferai campagne sous les couleurs de « Paris en commun ». Ce mouvement, que nous avons constitué, réunit à la fois des femmes et des hommes issus du PS, du Parti communiste, d'écologistes, de Génération. s, des centristes, des humanistes, mais aussi des Parisiennes et des Parisiens qui souhaitent s'engager.

Quelle sera la place des femmes dans les listes de « Paris en commun » ?

Je vous rappelle d'abord que je suis une femme et tête de liste parisienne. Avec Rachida Dat i (LR) et Danielle Simonnet (France Insoumise), nous ne sommes pas si nombreuses… Des femmes seront têtes de liste dans les arrondissements de conquête pour nous, comme le Ve, le VIe, le XVe et le XVIIe.

Au deuxième tour, pourriez-vous vous allier, à gauche, à la France Insoumise et aux écologistes, voire au macroniste dissident Cédric Villani ?

Avant de parler du deuxième tour, je m'intéresse au premier. J'ai envie de convaincre les Parisiens du rassemblement qui existe et qui est déjà très fort.

Est-ce que vous pouvez prendre l'engagement devant les Parisiens de ne pas vous présenter à la présidentielle de 2022 et de vous consacrer à votre mandat de maire jusqu'en 2026 ?

Évidemment oui ! Je ne serai pas candidate à la présidentielle de 2022. Mon ambition, c'est Paris. Maire de Paris, c'est le plus beau des mandats.

Quelles relations entretenez-vous avec Emmanuel Macron ?

Nous nous voyons régulièrement. Nos relations sont bonnes, fluides et directes. Ce qu'elles doivent être entre le président de la République et la maire de la capitale.

L'ÉCOLOGIE. « Le centre de Paris sera piétonnisé »

Le socle de votre campagne est l'écologie. Une première mesure ?

Sur le vélo, nous irons encore plus loin en faisant de Paris une ville « 100 % vélo ». De nouvelles pistes, faites pour le confort et la sécurité des cyclistes, seront aménagées dans tout Paris en gagnant sur les places de stationnement. Et des liaisons nouvelles relieront la capitale aux villes du Grand Paris.

Où se gareront les voitures ?

Il y en a déjà beaucoup moins et il y en aura de moins en moins. Il faut rappeler que, pour un air plus pur, nous mettrons fin au diesel en 2024 et aux moteurs thermiques à l'horizon 2030. Les véhicules, électriques pour la plupart, pourront stationner dans les parkings souterrains ou ceux de nos bailleurs sociaux où de nombreuses places sont disponibles. Mais ce qui compte, c'est toute la place que nous rendrons aux Parisiennes et aux Parisiens, qui sont avant tout des piétons.

Et du côté de la verdure ?

La ville sera plus verte avec ses forêts urbaines sur le parvis de l'hôtel de ville, à la gare de Lyon et derrière l'Opéra. Nous transformerons les abords de la tour Eiffel entre la place du Trocadéro et l'Ecole militaire. Nous poursuivrons nos grands projets en réaménageant notamment la place de la Concorde et celle de l'Etoile sur le modèle de celles de la Nation et de la Bastille. Les Champs-Elysées seront arborés. Le centre de Paris sera piétonnisé, et la circulation sera limitée dans les quatre premiers arrondissements aux riverains, aux taxis, aux navettes électriques, aux véhicules d'urgence et de livraison pour les commerces et les artisans et aux personnes à mobilité réduite… Enfin, deux nouveaux grands parcs sortiront de terre. L'un à l'Est, dans le XIIe, dans le nouveau quartier Bercy-Charenton, qui reliera le bois de Vincennes au parc de Bercy. L'autre à l'Ouest, dans le XVe, en remplacement de l'héliport.

Vous n'envisagez pas, comme votre concurrent Gaspard Gantzer, de supprimer le périphérique ?

Nous avons engagé depuis longtemps une réflexion avec les maires des communes voisines pour transformer le boulevard périphérique. Sur ce dossier, il faut avancer ensemble, comme sur le réaménagement des portes de Paris. Je veux transformer ces portes en places. Je commencerai par la porte de la Chapelle où les habitants ont été durement éprouvés ces dernières années. Je veux en faire une entrée dans Paris digne de l'esplanade des Invalides.

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Donc c'est reparti pour les travaux si vous êtes réélue ?

Il n'y aura pas de moratoire (rires). Paris est une ville dont les canalisations ont parfois 150 ans : le travail de modernisation est permanent. Je sais que cela a été difficile et j'en remercie les Parisiens. Nous hériterons des Jeux olympiques et paralympiques, de trois piscines sur la Seine au cœur de Paris. Imaginez. Ce sera une autre ville.

Vous voulez changer de modèle ?

La question est : comment veut-on vivre à Paris dans cinq ans, dans dix ans ? L'alimentation doit être plus saine dans nos assiettes. Les cantines seront 100 % bio comme nous l'avons déjà fait pour les crèches. Et pour poursuivre nos actions en faveur de l'agriculture urbaine - 100 hectares sont cultivés actuellement —, deux grands potagers seront aménagés dans les bois de Vincennes et de Boulogne.

LOGEMENT. « Maintenir l'encadrement des loyers, c'est un impératif »

Le logement est une préoccupation centrale. Quelle sera votre action ?

Clairement, la première des difficultés pour les Parisiens est de se loger, même si beaucoup a été fait depuis 2001. Nous étions alors à 13 % de logements sociaux. À la fin de mon mandat, nous serons à 22,6 %. Concrètement, ce sont 550 000 personnes, de la classe moyenne et des catégories populaires, qui peuvent continuer à vivre à Paris grâce à l'action de la municipalité.

Ça n'empêche pas la capitale de perdre 11000 habitants par an…

Nous allons porter à 25 % en 2025 la part du logement social et intermédiaire à Paris. Cela permettra de maintenir les familles et les catégories populaires à Paris à travers la production de logements. Et dans le secteur privé, je maintiendrai l'encadrement des loyers. C'est un impératif.

Comment allez-vous procéder pour mieux loger les Parisiens ?

Il faut de la construction de logements neufs et de la transformation de bureaux. Mais il faut aller beaucoup plus loin. Il faut intervenir très fortement contre les abus des plates-formes de location saisonnière du type Airbnb. Je ne parle pas du Airbnb qui permet d'arrondir ses fins de mois, celui de l'économie du partage. Je parle des 60 000 logements qui ont été retirés du marché locatif, bouleversant le visage de certains quartiers. Sur cette question, j'organiserai, avant l'été 2020, un référendum pour que les Parisiens puissent décider des règles du jeu.

On parle de la durée maximale de location ?

Oui, par exemple pour la baisser à 30 jours (NDLR : contre 90 jours actuellement).

Pourquoi un référendum puisque, au final, vous n'avez pas le pouvoir de décider le nombre de nuitées maximales ?

Pour permettre aux Parisiennes et aux Parisiens de s'exprimer. Leur voix fera bouger les choses. Airbnb ne pose pas les mêmes problèmes à Paris et dans une commune qui voit des touristes venir grâce à ce système.

D'autres mesures ?

On n'a pas encore tout tenté pour mettre fin à la logique de pure spéculation qui agite encore trop souvent ce marché. Je réunirai les banques, les assurances, les foncières et les grandes entreprises pour les embarquer dans la production de logement intermédiaire pour les classes moyennes. Mon idée est de leur dire : vous devez nous aider à créer du logement à des prix abordables, au moins 20 % en dessous du marché, avec deux ou trois chambres pour que les gens puissent y vivre en famille avec leurs enfants. On peut récupérer des bureaux vides, des garages ou des immeubles inoccupés.

LA SÉCURITÉ. « Il y aura 5000 agents de police municipale »

Où en êtes-vous de la police municipale ?

Je prends le pari qu'au lendemain de l'élection municipale, elle verra le jour. Il n'y aura plus aucun obstacle à consacrer le mot « Police municipale ». Aujourd'hui, nous avons 3400 agents, il y en avait 700 en 2014. Nous passerons à 5000 agents pour le second mandat. Cela correspond aux besoins d'une ville comme Paris. Cette police fera respecter les règles du jeu de la vie quotidienne. Elle sera équipée d'armes pour se protéger et intervenir, comme toutes les polices municipales. Mais pas d'armes létales. On ne va pas se substituer à la police nationale.

Comment ses agents seront-ils préparés à leurs missions ?

Nous allons créer une école de formation pour cette police. Mais le plus important à mes yeux, c'est que notre police sera paritaire, avec autant de femmes que d'hommes. Ces femmes dans la rue seront l'incarnation de la sécurité et de la tranquillité publique que nous voulons, pour lutter contre le harcèlement de rue, qui empêche encore beaucoup de femmes de vivre, de s'habiller ou de sortir comme elles le souhaitent en toute liberté. Dans l'école que nous allons créer, la formation permettra aux agents de lutter contre toutes les formes de discrimination : antisémitisme, racisme, sexisme, homophobie et transphobie. Cette police portera les valeurs de Paris.

LES FINANCES. « Il n'y aura pas d'augmentation d'impôts »

Vous annoncez plein de nouvelles mesures, mais avec quel argent financer tout ça ?

Le budget sera détaillé en février lorsque je présenterai mon programme aux Parisiennes et aux Parisiens. Mais nous savons agir sous la contrainte financière. La Ville de Paris a un budget de 8 milliards d'euros et j'ai déjà dû faire face à des baisses de dotations extrêmement importantes, qui se sont élevées à quelque 4 milliards d'euros sur la mandature.

Vous allez devoir trouver de nouveaux financements…

Je présenterai un budget dans lequel il n'y aura pas d'augmentation d'impôts. Un budget dans lequel on ira chercher de nouveaux financements, comme avec les entreprises qui vont investir dans le logement, ou via des obligations vertes, un fond vert pour moderniser Paris. De nouveaux indicateurs, conçus avec l'OCDE et Positive Planet, seront aussi mis en place pour mesurer la dette écologique et prendre en compte ce que nous faisons en matière d'inclusion. Avec la crise climatique et le monde qui se désagrège, il nous faut tout repenser : la notion même de progrès, la prise en main par les habitants du destin de leur ville, notre responsabilité dans le modèle de société que nous voulons léguer à nos enfants. Ce sont ces idées que je porterai dans la campagne, pour bâtir un Paris en commun.

L'INNOVATION. Paris ou « la ville du quart d'heure »

Vous souhaitez recentrer la vie des Parisiens autour de leur quartier. De quoi s'agit-il exactement ?

La ville du quart d'heure, c'est tout ce qu'il y a, à un quart d'heure à pied, autour de chez soi. C'est la ville où l'on se connaît, où l'on se rencontre, où l'on vit ensemble et où l'on prend soin de son environnement et du bien commun. Dans cette ville, l'école est la capitale du quartier. Toute la vie d'un quartier, tout son rythme part de la vie des écoles. L'école sera le point d'ancrage de notre projet. Les cours d'école (maternelles, primaires et collèges) seront transformées et ouvertes aux habitants le week-end et pendant les vacances. Un lieu où vous pourrez vous reposer, lire si vous n'avez pas de parcs à proximité, faire jouer les enfants.

Y a-t-il d'autres domaines qui entrent dans cette « ville du quart d'heure » ?

La culture va aussi s'organiser autour des écoles. Les conservatoires, les bibliothèques, les centres d'animation, les maisons de pratiques amateurs vont être reliés à l'école, qui sera la capitale du quartier. De même, dans la ville du quart d'heure, on va faire en sorte que dans chaque quartier il y ait un gymnase qui devienne un « Social Sports Club ». Un lieu où l'on vient après le travail, après l'école, pour faire du sport mais aussi du soutien scolaire pour les enfants, à l'image de ce que fait la championne olympique Sarah Ourahmoune avec la boxe dans la Halle Carpentier. Elle accueille les mamans et il y a du soutien scolaire pour les enfants. C'est une initiative privée et nous l'avons accompagnée, comme nous l'avons fait avec Magali Munoz et son club de foot dans le XIVe. Elle aussi accueille parents et enfants.

LA PROPRETÉ. Un budget d'« un milliard d'euros par an »

Paris sera-t-il propre ?

Dans cette ville du quart d'heure, qui doit être beaucoup plus propre, je consacrerai un milliard d'euros par an pour la propreté, l'entretien et les petits travaux de nos rues, de nos trottoirs, de nos places, de nos jardins, de nos pieds d'arbre. Aujourd'hui, nous avons 500 millions pour la propreté. Là, nous passerons à 1 milliard pour répondre aux attentes des Parisiens, qui auront leur mot à dire sur ces sujets.

LES JO. « Les budgets sont discutés de façon serrée »

Les Jeux olympiques vont-ils laisser un héritage à Paris ?

Oui, bien sûr. Les JO, c'est demain une ville plus accessible pour les personnes en situation de handicap. Des lignes entières de métro seront accessibles. On travaille beaucoup avec l'Association des paralysés de France. Je soutiens leurs propositions. Il ne faut pas relâcher la pression.

Justement le budget des JO ne risque-t-il pas d'exploser ?

Certainement pas. Les budgets sont discutés de façon très très serrée, j'y veille personnellement. Côté infrastructures, nous sommes dans les temps, comme pour le village olympique ou sur l'Arena porte de la Chapelle.

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12 janvier 2020

Laetitia Casta dans la magazine ELLE

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12 janvier 2020

La mouche...

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12 janvier 2020

Le cidre, nouvelle coqueluche des bars et restaurants

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Par Léo Bourdin

Longtemps boisson cantonnée aux crêperies, ce breuvage pétillant se modernise et investit les adresses tendance. Et pour la première fois, un salon international lui sera consacré à Caen, en février.

Ce midi, la tireuse coule à flots ­derrière le comptoir de Clamato, rue de Charonne, dans le 11e arrondissement de Paris. Moyennant 7,50 euros, les serveurs ne versent pas de la bière mais 20 cl d’un breuvage aux reflets dorés : la Transparente 2016, une cuvée spéciale réalisée par Jacques Perritaz, un célèbre cidriculteur suisse. Le précieux nectar, fruit d’un assemblage de quatre variétés de pommes, explose en bouche et dévoile un savant équilibre de saveurs, entre le sucré et l’acide. Associé aux notes iodées des assiettes servies dans ce bistrot spécialisé en produits de la mer, annexe de Septime, le restaurant de Bertrand Grébaut, l’accord est aussi idéal qu’inattendu.

Il est loin le temps où l’on considérait le cidre comme un breuvage folklorique. Parce qu’elle est à la fois légère et désaltérante – et qu’elle offre désormais une large palette de profils aromatiques, cette boisson issue de la fermentation de jus de pomme quitte peu à peu l’univers des crêperies pour s’imposer comme un objet d’intérêt gastronomique à part entière.

« Des supermarchés aux épiceries fines, en passant par les brasseries et les restaurants étoilés, le cidre et ses modes de consommation vivent une profonde mutation », analyse Thomas Dureau, qui importe et distribue les bouteilles haute couture de la Cidrerie du Vulcain de Jacques Perritaz. Parmi ses clients, des restaurants étoilés comme Table, Yam’Tcha, Arpège ou encore Epicure, mais aussi des établissements plutôt réputés pour leur carte des vins comme Les Caves du Panthéon.

Cuvées rares

Tous sont à la recherche du même Graal : des cidres aux nez complexes et aux arômes bien nets, adaptés aux exigences de la table et réalisés par des cidriculteurs qui travaillent la pomme comme les vignerons travaillent le raisin. « Aujourd’hui, les sommeliers sont davantage sensibles à la façon dont les producteurs conduisent leurs vergers et élaborent leurs cidres, poursuit Thomas Dureau, qui représente aussi des vignerons estampillés « nature » par le biais de la société Vins et Volailles. Comme avec le vin, c’est toute une somme de détails mis bout à bout qui, à l’arrivée, conditionnent ce que l’on va trouver en bouteille : la qualité des fruits, la maîtrise des assemblages variétaux, le suivi de la fermentation ou encore l’attention portée à l’hygiène du chai lors de la cidrification. »

Les restaurants sont de plus en plus nombreux à mettre le cidre en avant avec les mêmes égards que le vin, la bière ou les eaux-de-vie. « Depuis quelques années, on voit apparaître des cidres millésimés ou issus de sélections parcellaires. Dans certains cas, l’expérience de dégustation se rapproche beaucoup de celle du champagne », affirme Grégoire Cerf-Mayer, sommelier et spécialiste des cidres pour les crêperies Breizh Café.

Au sous-sol du restaurant de la rue des Petits-Carreaux, dans le 2e arrondissement de Paris, un lieu entièrement consacré à la dégustation de cidre a ouvert il y a un an et demi. Dans cette cave, qui compte plus de 70 références, on goûte à des cuvées rares dans d’imposants verres ballon, dont la forme et la profondeur permettent d’apprécier les différents arômes : les surprenants poirés d’Eric Bordelet, pionnier du cidre de terroir dans le Maine (Sarthe et Mayenne), l’ASekt de chez Helmut et Hedwig Dolde, un brut allemand élaboré selon la méthode champenoise, ou encore le Txalaparta du domaine Bordatto, un cidre du Pays basque au nez et à l’aspect très vineux. Derrière le comptoir, Robin Le Texier décline les différentes références d’alcools de pomme, comme le calvados et le pommeau, en une sélection de cocktails.

Fini les étiquettes ringardes

Mais la mue du cidre se joue aussi en dehors des caves des grands restaurants. Il suffit de jeter un œil au rayon alcool des supermarchés pour s’apercevoir que la donne a changé. Exit la bonne vieille bouteille de cidre à l’étiquette rustique, place aux bouteilles en verre transparentes qui donnent à voir la couleur du produit. Place aussi aux logos stylisés et aux bouteilles de poche, format 33 cl, que l’on décapsule comme des sodas et qui reprennent les codes de la bière artisanale – elle-même très en vogue. Parmi ces nouvelles « start-up du cidre » qui investissent la grande distribution, Sassy, Appie ou Fils de Pømme misent sur le marketing pour redorer l’image d’une boisson aux atours parfois encore un peu désuets.

« LE CIDRE PARVIENT À TOUCHER UN PUBLIC PLUS LARGE, PLUS JEUNE ET SURTOUT PLUS URBAIN. ON VIT UNE PETITE RÉVOLUTION. » JEAN-BAPTISTE AULOMBARD, GÉRANT DE CIDRERIE

Devenu plus moderne, et donc plus fréquentable, le cidre s’exporte mieux à l’extérieur de ses terres d’origine et foyers historiques de consommation : la Normandie et la Bretagne. « Parce qu’il est de plus en plus souvent labellisé bio, en AOC, et mis en avant comme une boisson locale, issue d’une production à taille humaine, le cidre parvient à toucher un public plus large, plus jeune et surtout plus urbain. On vit une petite révolution, car la marge de progression est incroyable », résume Jean-Baptiste Aulombard, nouveau gérant de la cidrerie Hérout, une maison installée dans le Cotentin depuis 1946, mais reprise récemment par quatre jeunes entrepreneurs.

Pour refondre l’identité visuelle de la marque, un peu poussiéreuse, ceux-ci ont fait appel à une agence de communication. « Ce positionnement stratégique nous a permis de donner un nouveau souffle à la cidrerie », explique celui qui valorise un total de 10 hectares de vergers bio pour donner naissance à quatre cuvées haut de gamme.

FURZE CHAN

En février, pour la première fois en France, un Salon international des cidres aura lieu à Caen, dans le Calvados. Pendant trois jours, CidrExpo a pour ambition de faire se rencontrer plus de 100 cidriculteurs, venus de dix pays, avec les sommeliers, exportateurs ou simples amateurs autour de tables rondes, conférences et ateliers de démonstrations.

« L’objectif est de créer de nouvelles rencontres entre les producteurs et de favoriser les échanges techniques, précise Jean-François Bougeant, caviste de La Mer à Boire à Etretat (Seine-Maritime) et président de l’association à l’origine du salon. Le cidre est aujourd’hui riche de plein de nuances : les producteurs sont de plus en plus concernés, plus spécialisés. On assiste à l’implantation de nouveaux terroirs et à l’émergence d’une vision plus “nature” du cidre. C’est un formidable terrain de jeu. » Aujourd’hui plus que jamais, le monde du cidre est en pleine ébullition.

CidrExpo, du 13 au 15 février, Parc des expositions de Caen (14).

Clamato 80, rue de Charonne, Paris 11e. Tél. : 01-43-72-74-53. clamato-charonne.fr

La Cave à cidres du Breizh Café 14 bis, Rue des Petits-Carreaux, Paris 2e. Tél. : 01-42-33-97-78. breizhcafe.com

Les cidres de la Maison Hérout 36, route de Cantepie, Auvers (50). Tél. : 02-33-71-07-89. maisonherout.com

Les Caves du Panthéon 174, Rue Saint-Jacques, Paris 5e. Tél. : 01-46-33-90-35.

La Mer à Boire 1, Place du Général-de-Gaulle, Étretat (76). Tél. : 09-50-94-88-12.

12 janvier 2020

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12 janvier 2020

VISAGE

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Photo de Lynn Johnson @ljohnphoto. Ce visage humain, suspendu entre son donneur et son receveur, est un rappel de la connexion profonde entre le visage et l'identité. Au-delà du drame du moment, ce visage vivra comme Katie Stubblefield, et elle et sa famille vont passer leur vie à faire face aux miracles de la médecine d'aujourd'hui et à l'héritage de la dépression adolescente et de la tentative de suicide, que Katie s'est engagée à combattre Dans sa nouvelle vie. #teensuicideprevention Au cours de la dernière décennie, les photographes Nat Geo ont pris 21,613,329 images dans la quête pour documenter le monde et tout ce qui est dedans. Cette image a été choisie comme l'une des 15 images qui ont le plus résonné avec nous.

12 janvier 2020

Combien de fois par mois faut-il éjaculer pour rester en bonne santé ? Des chercheurs ont la réponse

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Éjaculer fréquemment aurait des vertus insoupçonnées. Messieurs, on sait désormais combien de fois vous devez "jaillir" chaque mois pour rester en bonne santé !

En France, le cancer de la prostate touche chaque année près de 50.000 personnes, et en tue un peu moins de 10.000. Pour éviter de développer la maladie, les médecins recommandent une alimentation saine, régulière et équilibrée, du sport et des dépistages réguliers. Mais des chercheurs des universités de Harvard et de Boston (États-Unis) semblent avoir trouvé un autre moyen de réduire le risque : éjaculer !

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont observéles habitudes sexuelles de 32.000 hommes sur une période de dix-huit ans. Leurs conclusions, publiées dans la revue European Urology en 2016, indiquent que ceux ayant le plus fort taux d'éjaculation étaient aussi ceux qui s'exposaient le moins à un cancer de la prostate.

Nous avons constaté que les hommes qui signalent des résultats plus élevés en terme de fréquence de l'éjaculation à l'âge adulte sont moins susceptibles d'être diagnostiqués par la suite avec un cancer de la prostate, est-il expliqué dans le rapport. Cette grande étude prospective fournit la preuve la plus forte à ce jour que d'un rôle bénéfique de l'éjaculation dans la prévention du cancer de la prostate.

Et le nombre magique est...

Les chercheurs ont même réussi à établir le nombre idéal d'éjaculations par moispour réduire les risques : 21. Apparemment, 21 éjaculations par mois réduiraient le risque de cancer de la prostate de 33 %, car elles permettraient d'évacuer les toxines hors du corps. Mais si vous voulez vous assurer de rester en bonne santé, les chercheurs précisent qu'une bonne alimentation reste le seul et unique point clé...

12 janvier 2020

Extrait d'un shooting. Photo : Jacques Snap

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11 janvier 2020

Milo Moiré

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11 janvier 2020

Réforme des retraites : le gouvernement retire provisoirement l'âge pivot de l'avant-projet de loi

Les modalités de financement de cette réforme des retraites seront fixées en avril à l'issue de la conférence de financement à laquelle participeront les syndicats. Si cette conférence se solde par un échec, c'est le gouvernement qui décidera par ordonnance.

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le Premier ministre Edouard Phillipe, le 11 janvier 2020.le Premier ministre Edouard Phillipe, le 11 janvier 2020. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Edouard Philippe fait un pas vers certains syndicats. Dans une lettre envoyée aux organisations syndicales, que France Télévisions a pu consulter, samedi 11 janvier, le Premier ministre annonce que le gouvernement retire provisoirement l'âge pivot de l'avant-projet de loi sur les retraites. Les modalités de financement de cette réforme des retraites seront fixées en avril à l'issue de la conférence de financement où participeront les syndicats. Si cette conférence se solde par un échec, c'est le gouvernement qui décidera, par ordonnance.

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