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Jours tranquilles à Paris

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4 janvier 2020

Miley Cyrus ses nombreuses apparitions nue

Miley Cyrus n’a pas froid aux yeux, en tout cas en ce qui concerne la nudité. Au fil des années la chanteuse a prouvé qu’elle n’avait pas de problème à afficher son corps au gré de ses envies!

Miley Cyrus n’a pas peur de s’exhiber. Depuis 2013 et la distance qu’elle a souhaité mettre avec son personnage d’Hannah Montana dans la série Disney du même nom, la chanteuse, d’aujourd’hui 27 ans, n’hésite plus à se dénuder, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les magazines ou sur scène.

Et elle l’assume! Récemment, l’artiste américaine a évoqué sa nudité présente sur Internet dans un long message posté à l’occasion de sa rupture avec Liam Hemsworth, en août dernier, alors qu’elle faisait face à des accusations de tromperie: «Il y a probablement plus de nudes de moi sur internet que n’comporte qu’elle autre femme dans l’histoire.»

Adepte du buzz, la jeune chanteuse aime jouer la carte de la provocation dans ses publications sur les réseaux sociaux, dans ses couvertures de magazine ou sur scène. Une réalité parfaitement assumée. Dans une interview accordée au magazine Interview, l’interprète de «Slide Away», évoquait  sa nudité et sur l’effet que cela pouvait avoir, notamment sur ses proches: «Mon père est cool. Il préférerait sûrement que je ne me ballade pas les seins à l’air tout le temps mais il préfère que je sois une bonne personne qui se ballade avec les seins à l’air qu’une sal**** avec un t-shirt».

Et cette période dénudée de la chanteuse n’est pas une simple phase adolescente puisque la star continue de publier des photos en tenue légère. En avril 2019, pour Pacques, l’interprète de «The Climb» a posté une série de clichés en story Instagram dont l’une d’entre elle montre la chanteuse topless, la langue tirée avec des émoticônes lapins à la place des tétons. Une photo qui date de l’époque où elle s’était coupée les cheveux courts et teints en blond.

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Dernièrement Miley Cyrus a fait scandale en publiant une photo d’elle sur son compte Instagram où l’on peut voir ses tétons à travers son débardeur blanc.

Miley Cyrus nue pour des magazines

Si Miley Cyrus apparaît nue sur les réseaux sociaux, la jeune artiste n’hésite pas non plus à se faire photographier en tenue légère par des professionnels. En 2013, la chanteuse de 21 ans à l’époque apparaissait sur une série de photos trashs prise par Terry Richardson pour Candy Magazine.

En 2017, la jeune chanteuse a été le modèle du célèbre photographe David LaChapelle pour son livre «Lost + Found». La star apparaissait sur ces clichés, complètement nue. Sur une première photo, Miley est, tel un papillon, doté d’ailes multicolores, ses parties intimes cachées par de simples paillettes. Sur une autre, elle est dans une cellule de prison nue, agenouillée, elle implore le ciel, la lumière.

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Miley Cyrus un concert entièrement nue?

Miley Cyrus n’a pas froid aux yeux. Adepte d’actions inattendues et provoquantes, la jeune chanteuse aurait eu pour projet de réaliser un concert entièrement nue lors de sa tournée «Milky Milky Milk Tour» en 2015. C’est Wayne Coyne, le leader des Flaming Lips et ami de Miley Cyrus qui l’avait annoncé sur son compte Instagram: «Miley Cyrus veut organiser un concert où elle, le groupe (nous) et le public seront complètement nus et où du lait (enfin, un liquide blanc qui ressemble à du lait) sera projeté partout.»

Finalement, la star n’aura pas donné ce fameux concert mais tout porte à croire qu’elle y avait pensé pour cette tournée qui faisait la promotion de son album «Miley Cyrus And Her Dead Petz», composé entièrement avec le leader du groupe. Peut-être pour sa prochaine tournée?

Ce dernier avait même précisé que le concert devait être filmé, risquant de faire parler de lui à l’instar du clip de la chanson «Wrecking Ball» où Miley Cyrus apparaît entièrement nue sur une énorme boulle destructrice.

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4 janvier 2020

La une de Libération

libésamedi

4 janvier 2020

Fanny Müller

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4 janvier 2020

Portrait - Claude Chirac, au nom du père

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Par Vanessa Schneider, Solenn de Royer

A 57 ans, et trois mois après la mort de son père, auquel elle a consacré sa vie, la fille de Jacques Chirac reste fidèle au poste. Tout en veillant sur sa mère, cette femme de devoir s’attache à préserver la mémoire d’un clan politique.

Lorsque Claude Chirac s’est avancée de quelques pas, dans les allées du cimetière du Montparnasse, personne n’a bougé. Elle est désormais seule devant la tombe de son père, silhouette noire et fragile. Il fait un froid sec, ce lundi 30 septembre, et le ciel a viré au blanc. La fille de Jacques Chirac, 57 ans, vient d’assister à la messe d’adieu à Saint-Sulpice, sous le regard du monde politique et des Français. Mais là, au pied du caveau de famille où repose déjà sa sœur, Laurence, elle peut enfin être la fille qui enterre et pleure simplement son père. « Elle avait encore quelque chose à lui dire, se souvient la chanteuse Line Renaud. Aucun de nous ne s’est approché, pour la laisser seule avec lui. »

La veille, avec son mari, Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire général de l’Élysée, elle est venue aux Invalides dire merci aux Parisiens venus se recueillir devant le cercueil du président. Elle remercie encore, une semaine plus tard, dans la salle des fêtes du palais, où Emmanuel Macron a convié tous les anciens collaborateurs de Jacques Chirac. Devant ces visages familiers, Claude Chirac ne retient pas ses larmes. Avant de s’éclipser, l’ancien conseiller diplomatique, Jean-David Levitte, qui sait le dévouement de la fille pour son père, lui glisse : « Vous allez pouvoir vivre maintenant. » Elle secoue la tête : « Non, pas encore… »

Il y a tant à faire. Vider le petit bureau du passage Landrieu, dans le 7e arrondissement de Paris, où une dernière collaboratrice gérait les affaires de l’ancien président. Répondre aux maires qui la sollicitent pour des inaugurations de rues Jacques-Chirac. Lire les registres de condoléances et les milliers de lettres qui continuent d’affluer. « Ça me rendrait malade de ne pas répondre, ne pas être à la hauteur », dit celle qui a toujours entendu son père déclamer que « toute lettre mérite réponse ».

Rencontrée un petit matin de décembre dans un café de la rue de Tournon, où Bernadette vit seule désormais, Claude Chirac se dit « bouleversée » par ces témoignages d’affection. « Un réconfort dans un moment de fragilité », confie celle qui continue de veiller sur sa mère, très affaiblie, aux côtés de trois aides-soignantes, Fidéline, Nadine et Lucia, que l’ancien président avait fini par considérer comme ses filles. Ces dernières années, à mesure que l’un et l’autre déclinaient, Claude a consacré tout son temps à ses parents, passant ses journées au rez-de-chaussée de l’hôtel particulier prêté par le milliardaire François Pinault, un intime des Chirac, à deux pas du jardin du Luxembourg. Ses voisins la voyaient entrer et sortir de la pharmacie, et faire le tour du Quartier latin en promenant Sumette, le chien de son père.

« CLAUDE NE PORTE PAS UNE MANTILLE NOIRE, NI SA CROIX. CHIRAC, C’EST TOUTE SA VIE MAIS ELLE N’A PAS SACRIFIÉ LA SIENNE. » CHRISTINE BRANCHU, EX-SECRÉTAIRE GÉNÉRALE DU GROUPE RPR À L’ASSEMBLÉE NATIONALE ET INTIME DE LA FAMILLE

« Elle est d’un dévouement exceptionnel », répètent tous ceux qui l’aiment, de Line Renaud à Muriel Robin, en passant par Michèle Laroque et son compagnon, François Baroin. Thierry Rey, le père de son fils, Martin, avec lequel elle est restée très liée, n’hésite pas à la qualifier de « sainte ». L’ancien champion du monde de judo utilise aussi le terme de « sacerdoce » : « Elle a été le rempart de son père, son pilier, son garde du corps, elle lui a consacré sa vie. » L’ex-bras droit de Jacques Chirac, Frédéric Salat-Baroux, qu’elle a rencontré à l’Élysée et épousé en 2011, nuance : « La référence religieuse n’est pas adaptée à Claude mais c’est quelque chose de l’ordre du don total, c’est vrai. Ce qu’elle a fait pour son père, pour ses parents, je n’ai jamais vu ça. Il y a chez elle une force, un désintéressement, un oubli complet de soi. »

Sacrificielle ? Elle n’aime pas le mot. Elle préfère dire : « Je suis une femme de devoir. » Mais elle n’en tire « aucune gloire ». « Il n’y a pas à pleurnicher, j’ai fait mes choix et je ne sais pas faire les choses à moitié », ajoute-t-elle. « Claude ne porte pas une mantille noire, ni sa croix. Chirac, c’est toute sa vie mais elle n’a pas sacrifié la sienne », veut croire l’ex-secrétaire générale du groupe RPR à l’Assemblée nationale, Christine Branchu, une intime de la famille.

Claude Chirac n’avait pourtant pas prévu ça, cette vie au service de son père, du président de la République, de la France. Adolescente, elle se fait mettre à la porte de son école catholique, rêve de devenir vétérinaire. Après un passage à Assas et une année à Sciences Po, qu’elle n’a pas aimé, elle ne sait pas quoi faire. Elle est alors cette jeune fille des années 1980 qui fait la fête au château de Bity, l’été, en Corrèze, et dans les boîtes de nuit parisiennes avec d’autres « fils de ». Ses amis s’appellent Vincent Lindon, Stéphanie de Monaco, Paul Belmondo ou Anthony Delon. Elle écoute Madonna et Prince dans son Walkman, se coupe les cheveux au carré, glisse des créoles à ses oreilles. Ses parents l’ont à l’œil. Jean-Claude Laumond, le chauffeur du maire de Paris, est mandaté par Chirac pour la chaperonner : « Je ne veux pas d’emmerdes avec Claude. »

Père absent, mère « old school »

De son enfance, elle s’attache à garder le souvenir d’une période joyeuse, normale et simple. Pourtant, d’emblée, rien n’a été normal et simple. Et la joie n’a pas duré. Elle a 4 ans quand son père entre en politique, 11 ans lorsqu’il est nommé premier ministre, le début d’un parcours dans les palais de la République. Elle loge à Matignon, va à l’école en voiture avec chauffeur. À partir de 1977, la famille s’installe à l’Hôtel de ville de Paris. Une vie de privilèges, sans jamais en abuser, jure-t-elle. « Mes parents nous ont toujours dit que nous étions là de passage. »

La politique, elle la regarde de loin. Comme son père, qui ne passe ni week-end ni vacances avec ses filles. Bernadette prend en charge leur éducation. Une mère old school mais beaucoup moins rigide qu’il n’y paraît, selon sa fille. « Elle a toujours été une femme “en dehors de la boîte”, une personnalité hors normes qui a épousé Jacques Chirac contre l’avis de ses parents et a repris des études d’archéologie contre celui de son mari, premier ministre ! » Claude s’amuse encore des voyages de nuit entre Paris et la ­Corrèze, le long de la nationale 20, dans la « voiture pourrie » de ­Bernadette. Cette dernière déposait ses filles chez des amis le temps de faire ses bonnes œuvres dans les maisons de retraite de la région. « Elle était ouverte, j’invitais mes amis en vacances, elle adorait rire avec eux. »

Jacques Chirac, lui, n’est pas seulement le bel homme qui enjambait les portiques du métro, clope au bec, c’est aussi un père absent. Un « repère », note-t-elle dans une formulation involontairement lacanienne. Exigeant, strict, et qui se charge de rappeler les valeurs, parfois vertement. Claude se souvient encore de sa colère quand il l’avait surprise avec sa sœur quittant une chambre d’hôtel des flacons de gel douche plein les poches : « Ce n’est pas convenable ! », tonnait alors Chirac lorsqu’il était très fâché. Plus tard, il y eut une monumentale gifle paternelle qui lui déchira l’oreille, après la découverte d’un garçon dans son lit, à Bity.

claude chirac

« LA FAMILLE AURAIT PU EXPLOSER, [LA MALADIE DE LAURENCE] NOUS A AU CONTRAIRE SOUDÉS À VIE, ARRIMÉS LES UNS AUX AUTRES. CEUX QUI ONT CHERCHÉ À NOUS OPPOSER AVEC MA MÈRE N’ONT RIEN COMPRIS : NOUS SOMMES TRÈS UNIES, NOUS AVONS VÉCU UNE ÉPREUVE DE VIE QUI EST UN CIMENT. » CLAUDE CHIRAC

Entre-temps, tout a basculé. Quand Claude a 10 ans, la famille découvre la maladie de sa sœur aînée, 15 ans. L’anorexie destructrice de Laurence, sa souffrance, ses tentatives de suicide – un chemin de croix pour cette jeune femme brillante – est une brûlure pour la famille dont le cœur s’est fragmenté. « Il y a eu un avant et un après, confie Claude. Tout change brutalement et définitivement. L’attention se déplace sur la personne fragilisée. J’ai dû grandir beaucoup plus vite que je ne l’aurais fait autrement. Mes parents ont compté sur moi très tôt. Malgré mon jeune âge, il fallait faire face. Ils ne m’ont protégée de rien. Ils attendaient de moi que je ne crée pas d’ennuis. »

Laurence poursuit ses études de médecine tant bien que mal, obtient son doctorat en 1987. Elle vit ensuite retirée du monde, dans son appartement parisien. Ses parents resteront longtemps silencieux sur cette tragédie, Jacques Chirac ne l’invoquant vraiment qu’en 2007 : « le drame de ma vie ». Avec pudeur, Claude évoque une « douleur muette ». « De petite sœur, je suis devenue grande sœur, dit-elle, les rôles se sont inversés. Mais l’affection et la complicité, qui s’étaient nouées dans l’enfance, sont restées intactes, jusqu’à la fin. » À propos de ce calvaire, elle ajoute : « La famille aurait pu exploser, ça nous a au contraire soudés à vie, arrimés les uns aux autres. Ceux qui ont cherché à nous opposer avec ma mère n’ont rien compris : nous sommes très unies, nous avons vécu une épreuve de vie qui est un ciment. »

Un prof nommé Sarkozy

Claude Chirac apparaît pour la première fois sur la scène publique en août 1987 : Jacques Chirac, premier ministre, fait savoir que sa fille l’a convaincu d’empêcher l’annulation d’un concert de la sulfureuse Madonna à Sceaux. Chirac est alors associé à une droite libérale et autoritaire, une image qu’il veut corriger. Claude commence à s’occuper de son look. Après une première expérience peu concluante chez le publicitaire Jean-Michel Goudard – un ami de papa –, en 1988, son père lui propose de rejoindre sa cellule communication, à la Mairie de Paris. « Il se sentait très coupable d’avoir été un père absent. Il n’aurait pas supporté que Claude dérive. Il voulait l’avoir sous la main », décrypte un proche de la famille.

Claude ne sait pas encore qu’elle s’embarque pour vingt-cinq ans de vie politique, avec ses victoires (les présidentielles de 1995 et de 2002), ses coups durs (l’échec de 1988, la dissolution de 1997, les tourmentes judiciaires) et ses trahisons. En 1989, elle arrive officiellement à l’Hôtel de ville. Elle est timide, observe, prend des notes. Dans l’entourage du maire de Paris, elle trouve un professeur hors pair : Nicolas Sarkozy, qu’elle a côtoyé plus jeune. « Il m’a initiée, à la dure, à l’univers politique qui m’était totalement étranger. Il me faisait venir une demi-heure avant tout le monde, à 7 h 30. Son omelette au fromage devait être sur son bureau, avant la réunion. Il m’expliquait tout. Je mesure la chance que j’ai eue. »

Certains, à l’Hôtel de ville, ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de la fille dans le giron du père. Pierre Charon, qui est censé s’occuper de la communication du maire de Paris, s’agace vite de « voir défaire le soir par la fille le travail de la journée ». Plusieurs fois il vient s’en plaindre à son patron, Maurice Ulrich, qui lui répond : « Claude, ce n’est pas négociable. » Lorsqu’il se risque à en parler directement à Chirac, ce dernier prend un air désolé : « Vous ne savez pas lui parler. » « Pour ceux qui voulaient la dégommer, c’était perdu d’avance ! », sourit Renaud Muselier, qui a fait très tôt équipe avec Claude au service de Chirac.

Maîtresse de l’agenda présidentiel

Avec la désertion des balladuriens – Nicolas Sarkozy en tête – en 1994, le clan se resserre. La fille n’organise plus seulement les déplacements et les meetings, elle gère la communication. C’est à cette époque qu’elle rencontre son second mentor, Jacques Pilhan, qui, après avoir été le stratège de Mitterrand, décide de passer au service de Chirac. Sarkozy lui a appris la politique, Pilhan la forme aux mouvements de l’opinion. Et la convertit à la règle malthusienne de la communication : raréfier la parole. « Il m’a tout appris de mon métier et plus encore », dit-elle.

Avec la presse, Claude Chirac se montre intraitable, ne communique qu’avec une poignée de journalistes jugés sûrs, maintient la horde des autres à distance. Après la victoire de 1995, dont elle est « l’un des principaux artisans », estime l’ancien conseiller de son père, Frédéric de Saint-Sernin, son rôle s’étoffe encore.

Mais de son propre aveu, elle reste le « bras droit armé » de Pilhan à l’intérieur de l’Élysée. À sa mort en 1998, Claude devient un élément central du dispositif élyséen, avec ses fidèles Agathe ­Sanson et Laurent Glépin, qu’elle continue à voir régulièrement. Sa place suscite jalousie et convoitises. Conseillère et fille, il est aisé de l’imaginer marionnettiste en chef d’un président indécis. N’est-elle pas la seule à se permettre de poser un doigt sur sa bouche pour faire signe au chef de l’État de se taire ? Elle est celle qui veille à ce que rien ne filtre des murs du château, notamment après le 2 septembre 2005 et l’AVC de Jacques Chirac. « Il va bien », dit-elle déjà à tous ceux qui s’inquiètent. Une phrase qu’elle répétera peu avant sa mort. Le protéger, toujours.

« JE N’AI JAMAIS ESSAYÉ DE PROFITER DE MA POSITION FAMILIALE POUR TIRER MON FIL, JACQUES NE L’AURAIT PAS SUPPORTÉ ET CELA N’AURAIT JAMAIS TENU. J’AI ÉTÉ CONSTRUITE DANS LA DISSOCIATION ENTRE VIE PRIVÉE ET PROFESSIONNELLE. » CLAUDE CHIRAC

Elle a la main sur l’agenda, peut y rayer des rendez-vous, relit les discours. Surtout, elle participe, au même titre que les plus proches conseillers, ­Dominique de Villepin, Maurice Ulrich, Jérôme Monod ou Christine Albanel, aux réunions stratégiques. Les déçus lui attribuent d’avoir été écartés d’un remaniement, les opposants politiques l’accusent de mauvaise influence.

En 2000, elle décroche sa marionnette aux « Guignols de l’info » qui la caricaturent en maîtresse d’école autoritaire, traitant le président comme un gosse. Rien de plus faux, s’offusque-t-elle. « Je n’ai jamais essayé de profiter de ma position familiale pour tirer mon fil, Jacques ne l’aurait pas supporté et cela n’aurait jamais tenu. J’ai été construite dans la dissociation entre vies privée et professionnelle. En réunion, il me considérait comme une collaboratrice parmi les autres. Moi, je ne voyais pas mon père, mais le président, le patron. En revanche, je revendique complètement avoir eu des débats contradictoires avec lui. J’ai toujours dit ce que je pensais. »

« Rigueur » et « exigence »

« Être sa fille lui donnait une liberté de ton, mais le revers de la médaille c’est que certains surinterprétaient son rôle. Chirac lui parlait parfois sans ménagement, c’était une façon de montrer qu’elle ne bénéficiait pas de passe-droits », résume Laurent Glépin. Pour Dominique de Villepin, qui fut secrétaire général de l’Élysée pendant le premier septennat, Claude s’est d’abord imposée par sa « rigueur » et son « exigence » : « Elle travaillait encore plus, elle ne voulait rien devoir au fait d’être la fille du président. » La machine à fantasmes est alimentée par une froideur affichée. Claude Chirac ne donne pas sa confiance facilement. Elle a appris jeune les faux-semblants et les amitiés intéressées. En 1976, alors que son père claque la porte de Matignon, elle déchante : « Le lundi j’avais plein d’amis, le mardi, presque plus. Ça m’a appris à savoir sur qui je peux compter ou pas. »

« J’AI ÉTÉ NAÏF, J’AI CRU QUE J’ALLAIS L’ÉLOIGNER DE TOUT ÇA ET L’EMMENER SUR MON CHEVAL BLANC, MAIS C’ÉTAIT PERDU D’AVANCE ! JE N’AVAIS AUCUNE CHANCE. L’HOMME DE SA VIE, C’ÉTAIT SON PÈRE. » THIERRY REY, LE PÈRE DE SON FILS

Secrète, doutant d’elle-même, elle fuit la lumière et les mondanités, exclut de parler d’elle. Sauf pour la « bonne cause », celle de son père. En 2000, au moment où sa cote de popularité est en berne, elle autorise Paris Match à photographier Chirac et son petit-fils, Martin, en vacances à Brégançon, sous le titre « L’art d’être grand-père ». La presse à sensation la traque, les biographes tentent de percer « l’énigme » de cette vigie blonde, autoritaire et parfois cassante, présente partout et nulle part. Plus on la sollicite, plus elle se dérobe, plus elle se fait discrète, plus on imagine son influence immense.

Pendant toute la période élyséenne, Claude ne vit guère que pour son père et pour la politique. Avec une infinie tendresse, Thierry Rey, qui a partagé sa vie pendant trois ans, raconte combien il s’est fourvoyé en s’imaginant pouvoir l’avoir tout à lui : « J’ai été naïf, j’ai cru que j’allais l’éloigner de tout ça et l’emmener sur mon cheval blanc, mais c’était perdu d’avance ! Je n’avais aucune chance. L’homme de sa vie, c’était son père. » Il se souvient des appels incessants du président jusque tard dans la nuit, qu’elle faisait parfois semblant d’ignorer pour tenter de préserver sa vie familiale. Le couple se sépare en 1996, quand Martin a 3 mois. « Je n’ai fait que travailler ces années-là », admet Claude.

Le rêve d’une autre vie

Alors bien sûr, elle a songé à arrêter. Longtemps, elle a rêvé d’une autre vie, à Los Angeles, où elle passa un mois chez Line Renaud lorsqu’elle avait 21 ans. En Californie, où le ciel tourne si rarement au gris, elle s’est immédiatement sentie chez elle. « J’ai dû avoir une vie antérieure là-bas, une vie très heureuse », sourit-elle aujourd’hui. Mais elle n’est jamais partie. En 1998, après le décès de Pilhan, elle évoque avec Chirac son désir d’ailleurs. « Je n’avais plus personne avec qui parler, donc j’ai parlé avec mon père directement. Ce n’était pas un homme qui aimait les états d’âme. On s’est assis quelques minutes. On venait d’entrer en cohabitation. Il m’a dit : « Ce n’est pas quand la tempête se lève qu’on quitte le navire. » »

Ça n’a jamais été le bon moment pour l’Amérique : la traîtrise d’Édouard Balladur en 1994, la victoire à l’arraché de 1995, la dissolution ratée deux ans après, l’affaire de la cassette Méry, confession posthume d’un financier occulte du RPR, la campagne de 2002 sur fond d’enquêtes judiciaires sur les emplois fictifs de la Mairie de Paris, le face-à-face avec le Front national, l’AVC du président en 2005, et puis la maladie. Pendant toutes ces années, elle passe également beaucoup de temps auprès de son fils, Martin, aujourd’hui 23 ans, qui a fini par trouver sa voie à Londres.

Après l’Élysée, Claude Chirac a bien tenté une échappée dans le privé, embauchée en 2007 par les Pinault. Un beau poste de directrice de la communication du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR) [actuel Kering]. Malgré sa parfaite entente avec François-Henri, elle ne s’y est jamais sentie à l’aise. Frédéric de Saint-Sernin, qui émargeait au sein du même groupe, se souvient qu’elle avait été estampillée gauchiste par les membres du comité exécutif. « Besancenot a-t-il quelque chose à ajouter ? », ironisaient les dirigeants des filiales en s’adressant à la fille Chirac. « Il y avait des réunions houleuses où on disait ce qu’on pensait quand on nous annonçait des licenciements. Claude, son truc, c’est le service public, pas une holding financière. Elle détonnait complètement », note Saint-Sernin, aujourd’hui reconverti dans l’humanitaire. Elle quitte le groupe trois ans plus tard, en 2010.

Au service de ses parents

Claude retrouve alors sa place auprès de son père, comme si elle n’était jamais partie. Rue de Lille, dans les bureaux de l’ancien président, c’est elle qui ouvre ou ferme les portes, donne accès à son père ou le refuse. Recruté par elle pour aider Chirac à écrire ses Mémoires (parues en 2009 et 2011), l’écrivain et éditeur Jean-Luc Barré se voit imposer des séances de relecture, auxquelles Chirac n’est pas convié, et la présence d’un tiers lors de ses entretiens avec le président. « Nos tête-à-tête avec Chirac étaient mal perçus par Claude, j’empiétais sur son territoire, raconte-t-il. Pour elle, celle qui connaît le mieux, aime le mieux Chirac, c’est elle. Tous les autres sont de trop, je me suis senti de trop. »

Au fil des ans, l’état de santé de son père, puis celui de sa mère, se dégradant, Claude Chirac se met entièrement au service de ses parents, ne s’accordant pas de vacances et peu de pauses. Quand elle s’échappe, c’est souvent pour aider quelqu’un d’autre. Lorsque Line Renaud, sa « deuxième maman », s’est cassé la jambe, elle accourt à son chevet dans la maison de Rueil, où elle retrouve ses « sœurs », Muriel Robin et Michèle Laroque.

Parfois, ses amies s’inquiètent un peu de cette vie de devoirs. Un jour qu’elle la voit en coup de vent, près du domicile de ses parents, Michèle Laroque n’y tient plus : « Claude, tu ne peux pas essayer de vivre un peu pour toi ? » « Elle donne plus qu’elle ne reçoit. Elle ne se plaint jamais », constate, elle aussi, Muriel Robin. Une vraie Chirac, qui ne montre aucune émotion, ne s’épanche pas et balaie les nuages par des traits d’humour. « Allez, je retourne à ma clinique », avait-elle l’habitude de lancer à ses amies, en quittant la chambre de Line. « Son karma est particulier, elle n’a pas été très bien servie », euphémise Muriel Robin.

Un chapelet de malheurs

Une vie hantée par la maladie et les morts. Elle a un peu plus de 20 ans quand sa meilleure amie, Christine, celle qui partageait les goûters et les vacances, celle que Bernadette accueillait pour mettre un peu de gaieté dans cette maison déjà devenue trop triste, meurt dans un accident de voiture, en Australie, où elle effectuait un stage trouvé par Chirac. Il y eut ensuite le décès de son premier mari, épousé le 30 octobre 1992, Philippe Habert, politologue brillant et solaire, ambitieux et exalté, retrouvé mort dans son appartement quelques mois seulement après les noces, dans des circonstances jamais vraiment élucidées. Claude se retrouve veuve à 30 ans.

Il y eut encore la disparition du mentor, Jacques Pilhan, à 54 ans seulement, une épreuve de plus. Le décès de Laurence enfin, en 2016, après de longues années déchirantes, qui précipita ses parents dans la maladie et le silence, jusqu’à la mort de Jacques Chirac, le 26 septembre.

Attentive aux « signes », Claude « espère » croire en la vie après la mort et continue à parler avec ceux qui ont compté. Et à propos de ce chapelet de malheurs, elle note : « Ça m’a changée, aidée à hiérarchiser des problèmes. Avant que je considère que quelque chose est grave, il faut du temps. Pour mon entourage ce n’est pas forcément facile. Ça m’a donné à la fois une image de dureté et une perméabilité à la souffrance. Ça m’a aussi appris que la vie, ce n’est pas gagné, et qu’il faut profiter du présent. Les instants de bonheur sont fugaces, il ne faut pas les rater. »

« CLAUDE ACCORDE OU NON SA CONFIANCE. QUAND ON LA TRAHIT, C’EST DUR DE REMONTER LA PENTE. » HUGUES RENSON, L’UN DES DERNIERS COLLABORATEURS DE CHIRAC

On ne s’apitoie pas chez les Chirac. Lorsque, enfant, son père lui annonce au téléphone la mort de son chien adoré, il ajoute : « Si tu as envie de pleurer, pleure, mais fais en sorte que personne ne te voie. » Quand, à la fin des années 1990, Michèle Laroque la rencontre chez Line Renaud, la comédienne est saisie par la tristesse contenue qui semble habiter la fille du chef de l’État. « Claude a besoin de légèreté, d’un petit mode d’emploi pour vivre, elle doit apprendre à s’aimer », confie la comédienne. Même avec ses proches, Claude n’évoque jamais ses difficultés. « Elle ne sait pas parler d’elle, constate Agathe Sanson. Dans sa famille ça ne se faisait pas. Elle ne dit jamais « je ». Il y a des pans entiers de sa vie que je ne connais pas. »

Une amie fidèle mais intransigeante

François Baroin, qui l’a connue à 17 ans par son père, ancien condisciple de Jacques Chirac à Sciences Po, loue une « amie merveilleuse, hyper affective, drôle et attentive ». Pourtant, lui aussi a eu droit à ce qu’il appelle pudiquement une « petite fâcherie ». Claude ne lui a pas parlé pendant plusieurs mois après qu’il a accepté de figurer dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Amie fidèle, elle est intransigeante avec ceux qui lui font défaut. « Claude accorde ou non sa confiance, dit Hugues Renson, l’un des derniers collaborateurs de Chirac. Quand on la trahit, c’est dur de remonter la pente. »

CELUI QUI CONCENTRE LA COLÈRE DE CLAUDE, C’EST NICOLAS SARKOZY. PARCE QU’IL FUT L’INTIME, LE MENTOR, LE CONFIDENT, SA TRAHISON EN 1994 POUR DEVENIR LE PORTE-PAROLE D’ÉDOUARD BALLADUR N’EST TOUJOURS PAS DIGÉRÉE.

En 1998, d’aucuns se souviennent qu’elle biffa les noms de certains invités à célébrer à l’Élysée la victoire des Bleus en finale de Coupe du monde de football : les apostats, les traîtres, les sarkozystes ne figureront pas sur la photo aux côtés des champions. Même Jean-Louis Debré, l’ami de toujours, celui qui poussait inlassablement la porte de la rue de Tournon pour aller s’asseoir auprès d’un ancien président devenu mutique, fut ostracisé du jour au lendemain pour avoir osé dire publiquement que Jacques Chirac n’allait pas si bien.

Mais celui qui concentre la colère de Claude, c’est Nicolas Sarkozy. Parce qu’il fut l’intime, le mentor, le confident, sa trahison en 1994 pour devenir le porte-parole d’Édouard Balladur n’est toujours pas digérée. « Un sujet pour l’éternité ! », sourit François Baroin. « C’est une lionne, résume son mari, Frédéric Salat-Baroux. C’est elle qui garde, chasse et protège. On lui a reproché des logiques claniques. On n’a pas compris que cela obéissait à d’autres ressorts : Claude va au bout des choses pour les gens qui comptent. »

L’âme d’un « soldat »

Bientôt, il va lui falloir ouvrir une nouvelle page de sa vie. Au lendemain des obsèques, Christine Albanel a reçu de nombreux appels de gens désireux de savoir si Claude comptait se lancer en politique. « Ce fut une telle émotion tout d’un coup qu’il y a eu le rêve d’une transmission », explique l’ancienne collaboratrice de Jacques Chirac, qui ne l’imagine pas s’exposer elle-même à la violence de la politique.

L’intéressée, pourtant, ne l’exclut pas. « C’est une question qui ne s’est jamais posée, je n’ai donc jamais pu y réfléchir. Je ne dis ni oui ni non », même si le « nouveau monde » d’Emmanuel Macron, si loin de la politique qu’elle a connue, ne l’inspire guère. Et puis, elle se sent davantage l’âme d’un « soldat » que d’un numéro un. « Il faut savoir qui on est dans la vie, ça évite de perdre du temps. » De ces années au service de son père, du pays, elle ne regrette rien : « J’ai eu une chance incroyable de vivre tout ce que j’ai vécu. » La suite ne « l’inquiète pas ». Ceux qui l’aiment lui conseilleraient de « penser enfin un peu à elle ».

3 janvier 2020

Bientôt nouvelle exposition à la Concorde Art Gallery

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3 janvier 2020

Hannah Montana : L'évolution look de Miley Cyrus, dix ans après le film

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En 2009, Miley Cyrus prenait d'assaut le grand écran avec "Hannah Montana", adaptation ciné de sa série à succès diffusée pendant quatre saisons sur Disney Channel. Dix ans après, la star a bien changé, son style aussi !

Parmi les programmes jeunesse qui ont marqué le petit écran, il y a notamment eu Hannah Montana, diffusée dans les années 2000 sur Disney Channel et dans l'émission KD2A sur France 2. Face au succès, une adaptation est réalisée en 2009 au cinéma avec son héroïne principale : Miley Cyrus. Nouveau carton avec 155 millions de dollars de recettes au box-office. Dix ans après, la star a bien changé...

En 2009, Miley Cyrus est alors âgée de 17 ans et représente parfaitement l'adolescente américaine bien sous tous rapports. Fille du chanteur country Billy Ray Cyrus, elle apparaît avec un look très sage, tendance streetwear en jean, baskets et gilet bariolé. Même lorsqu'elle fait des tapis rouges, elle opte pour des robes élégantes mais sobres, un peu de make up et très peu de fantaisie. Un style simple qu'elle gardera jusqu'en 2010, période à laquelle elle commence à se métamorphoser, l'entrée dans l'âge adulte n'étant pas étranger à l'affaire.

Miley se met au sport, commence à mincir, fait quelques changements côté coupes de cheveux et le maquillage se fait aussi plus prononcé sur son visage. C'est l'époque du tube Can't Be Tamed et son clip jugé plus osé que par le passé, ainsi que de l'adaptation ciné de LOL. L'adolescente commence sa mue en jeune femme qui s'affirme. S'ensuit la période 2011-2012, pendant laquelle elle multiplie les projets comme Mon oncle Charlie à la télé, mais où sa notoriété est en baisse. On la retrouve par exemple sur un tapis rouge pour la fondation Elton John avec un style mémérisant, signe qu'elle ne sait plus trop où elle en est...

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 Ci-dessus le photographe Terry Richardson

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C'est finalement à partir de 2013 que Miley Cyrus fera un come-back tonitruant. En effet, la jeune femme décide de casser son image et débarque avec le single We Can't Stop, puis le hit planétaire Wrecking Ball porté par un clip signé Terry Richardson, vu plus d'un milliard de fois sur YouTube et dans lequel elle apparaît en tenue d'Eve sur une boule de démolition. C'est à cette période qu'elle se rase les cheveux sur le côté, les raccourcit et les plaque sur le haut tout en faisant des mèches. Elle enchaîne avec le Bangerz Tour qui lui donne l'occasion d'enfiler des tenues de scène ne nécessitant que très peu de tissu... Cette période dirty Miley durera jusqu'au début de l'année 2015.

Ces dernières années, l'ex-femme de Liam Hemsworth s'est assagie et a retrouvé sa longue chevelure blonde ainsi que des habits un peu plus couvrants. S'il lui arrive encore de la jouer provoc' sur scène ou sur red carpet, Miley Cyrus a majoritairement pris le chemin vers un look de presque trentenaire cool mais stylée. Ni trop ni pas assez !

3 janvier 2020

Laetitia Casta

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3 janvier 2020

Analyse - En donnant l’ordre de tuer Ghassem Soleimani, Donald Trump choisit l’escalade face à l’Iran

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant

Le Pentagone a indiqué que le bombardement qui a coûté la vie au chef des forces Al-Qods des gardiens de la révolution iraniens a été conduit « sur ordre du président ».

En juin, Donald Trump avait dit avoir renoncé à la dernière minute à des frappes de représailles contre l’Iran après la destruction d’un drone américain. Jeudi 2 janvier, la main du président des Etats-Unis n’a cette fois-ci pas tremblé. Dans un communiqué publié peu avant 22 heures (4 heures du matin vendredi heure de Paris), le Pentagone a annoncé que le bombardement qui a coûté la vie au chef des forces Al-Qods, les forces spéciales des gardiens de la révolution iraniens, Ghassem Soleimani, avait été conduit « sur ordre du président ».

« L’armée américaine a pris des mesures défensives décisives pour protéger le personnel américain à l’étranger en tuant Ghassem Soleimani », a indiqué le texte pendant que Donald Trump se contentait de la publication sur son compte Twitter d’un drapeau des Etats-Unis. Le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a dénoncé « une escalade extrêmement dangereuse et imprudente ».

« Les règles du jeu ont donc changé »

Plus tôt dans la journée, le secrétaire américain à la défense, Mark Esper, avait commenté l’escalade des tensions en Irak qui s’était traduite par le bref siège de l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad par des milices irakiennes pro-iraniennes, mardi et mercredi, en réponse à de premières frappes américaines. « Nous voyons cela depuis deux ou trois mois maintenant », avait-il déclaré à propos des attaques à la roquette qui avaient visé des positions américaines.

« Donc, si cela se produit, alors nous agirons, et soit dit en passant, si nous recevons des informations concernant des attaques ou un certain type d’indication, nous prendrons également des mesures préventives, pour protéger les forces américaines, pour protéger des vies américaines », avait assuré le secrétaire à la défense. « Les règles du jeu ont donc changé et nous sommes prêts à faire le nécessaire pour défendre notre personnel, nos intérêts et nos partenaires dans la région », avait ajouté Mark Esper.

Le communiqué de jeudi affirme que « le général Soleimani élaborait activement des plans pour attaquer les diplomates et militaires américains en Irak et dans toute la région » et qu’il était responsable « de la mort de centaines de membres des forces armées américaines et de la coalition et de milliers de blessés », après l’invasion américaine de 2003.

En dépit de quatre décennies de tensions, parfois très fortes, les Etats-Unis ne s’en étaient jamais pris frontalement, avant jeudi, à un responsable militaire iranien de l’envergure de Ghassem Soleimani. L’autorité de ce dernier dépassait de beaucoup son grade de général deux étoiles. Il symbolisait depuis plus d’une décennie l’axe iranien mis patiemment en place dans la région à la faveur des troubles du Moyen-Orient, de l’effondrement de l’Etat baasiste irakien à la guerre civile syrienne qui ont à chaque fois donné les coudées franches au régime iranien, au grand dam des puissances arabes du Golfe alliées de Washington.

Une revendication à double tranchant

La revendication américaine des frappes qui ont tué Ghassem Soleimani, dont la mort a été bruyamment saluée par les sénateurs « faucons » Lindsey Graham (Caroline du Sud), Marco Rubio (Floride) et Tom Cotton (Arkansas), est d’ailleurs à double tranchant. Intervenant moins d’un an après la désignation du corps entier des gardiens de la révolution comme entité terroriste, elle peut apparaître comme un succès incontestable pour l’armée américaine, soucieuse d’instaurer une dissuasion à court et moyen termes dans cette poudrière incertaine.

En éliminant le chef des forces Al-Qods, Washington entend signaler à Téhéran qu’il ne fixe aucune limite à sa politique de « pression maximale » qui vise officiellement à contraindre l’Iran à se soumettre aux conditions américaines pour ce qui relève de ses ambitions nucléaire et balistique ou de son influence régionale. « Au gouvernement iranien : si vous en voulez plus, vous en aurez plus », a ainsi menacé Lindsey Graham, qui a ajouté que « si l’agression iranienne se poursuit et que je travaillais dans une raffinerie iranienne de pétrole, je songerais à une reconversion ».

Mais le bombardement de jeudi et une éventuelle riposte iranienne peuvent également présenter, moins d’un an avant l’élection présidentielle américaine de novembre 2020, un risque pour Donald Trump. Parce qu’il rend illusoires dans l’immédiat des concessions iraniennes, il peut obliger le président à rompre avec son double engagement de sortir les Etats-Unis de « guerres sans fin » et de se désengager de la région. Depuis que la nouvelle montée des tensions entre Téhéran et Washington consécutive à la suppression en avril des dernières dérogations qui permettaient à l’Iran de vendre une partie de son pétrole, les Etats-Unis ont d’ailleurs au contraire renforcé leur dispositif militaire sur place.

Ce risque a d’ailleurs été pointé jeudi par le favori de la course à l’investiture démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden, sans doute le plus aguerri en matière de politique étrangère. Tout en notant que les Etats-Unis ne porteraient pas le deuil du général iranien, Joe Biden a noté que si l’objectif de Donald Trump « est de dissuader les futures attaques de l’Iran » contre des intérêts iraniens, « cette action aura presque certainement l’effet inverse ». « Le président Trump vient de jeter un bâton de dynamite dans un baril de poudre, et il doit au peuple américain une explication de la stratégie et du plan pour garder en sécurité nos troupes et le personnel de l’ambassade (…). Je crains que cette administration n’ait démontré à aucun moment la discipline ou la vision à long terme nécessaires » face à une telle situation, a ajouté l’ancien vice-président.

3 janvier 2020

Extrait d'un shooting. Photo : Jacques Snap

shoot eros

3 janvier 2020

Sensuelle PAMELA POPO - Serge Gainsbourg

sensuelle 1

…Après quoi, les lolos

À l'air, Pamela Popo

Se met à soupirer oh oh

Oh oh oh Oh Pamela Popo

Enfin on tamise les projos…

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