La charpente de Notre-Dame de Paris sera en bois© Sputnik . Dominique Boutin
Huit mois après l’incendie de Notre-Dame, un beau cadeau se prépare pour les partisans de la reconstruction à l’identique: la nouvelle charpente serait en bois. Avant la confirmation officielle, on apprend que l'Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame y est favorable.
Dans les discussions acharnées autour de la reconstruction de la charpente de Notre-Dame en bois ou avec utilisation de matériaux modernes, l’information a filtré que le chêne semble l’emporter sur le béton et le métal.
Le toit de la partie arrière de la cathédrale est toujours protégé d’une bâche blanche, un suaire sur le corps meurtri de Notre-Dame. Une des questions principales qui se posait dans le cadre de la restauration était sur le choix des matériaux: on citait les exemples probants de Chartres pour le choix de l’acier ou de Reims pour la reconstruction réussie en béton. Néanmoins, les discussions ne tarissaient pas au sein des instances concernées.
Rénovation de Notre-Dame: le général en charge dément avoir demandé 14.000 euros par mois
Face au délai de cinq ans fixé par Emmanuel Macron pour la reconstruction de Notre-Dame, le bois semble être le matériau le plus approprié. L’avantage de son utilisation (ce qui équivaut à «une reconstruction à l'identique») c'est qu'il n'y a aucune étude à entreprendre: les architectes disposent de relevés millimétriques de la charpente effectués en 2015, ainsi que d’une maquette numérisée.
Malgré l’avis de Francis Maude, directeur du cabinet d'architectes Donald Insall Associates, basé à Londres, sur la difficulté de trouver les artisans qualifiés pour s’attaquer au chantier d’envergure, 10 corps de métiers œuvrent déjà sur le chantier de restauration et il est prévu de trouver le millier de chênes nécessaires sur le territoire français.
On prévoit un travail relativement rapide, en se basant sur les travaux effectués lors de la construction de la cathédrale de Bourges au XIIIe, dont la charpente a été montée en seulement 19 mois par une équipe de 15 à 20 charpentiers.
Pour Notre-Dame au XXIe, il reste à attendre le feu vert du Président de la République.
Évasion. Carlos Ghosn : au Japon, “le procès du siècle n’aura pas lieu”
THE WALL STREET JOURNAL
Junichiro Hironaka, l’avocat principal de Carlos Ghosn, passe devant l’écran sur lequel est diffusé une conférence de presse de son client, en avril 2019. - REUTERS/Issei Kato
Le Franco-Libano-Brésilien, ancien patron de l’alliance automobile Renault-Nissan, a rallié le Liban malgré son assignation à résidence à Tokyo. Au Japon, l’événement est accueilli par certains comme un mal pour un bien, note le Wall Street Journal.
L’évasion est “osée”, euphémise le Wall Street Journal. Entre lundi 30 et mardi 31 décembre, Carlos Ghosn s’est soustrait au régime d’assignation à résidence auquel il était soumis, au Japon. Direction le Liban, pays dont il est citoyen. “La justice japonaise avait joué sur l’élément de surprise, en novembre 2018, lorsqu’elle avait cueilli l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan à sa descente d’avion, à Tokyo, rappelle le quotidien américain. Mais mardi, c’est M. Ghosn qui a surpris son monde. Les Japonais ont commencé une période de six jours de congé en apprenant que le prévenu le plus célèbre du pays avait quitté la ville.”
Si les circonstances de la fuite demeurent floues, une chose est sûre : “Carlos Ghosn a rendu quasiment impossible la tenue de ce qui était considéré comme le procès du siècle.” Comme le précise l’ancien procureur Yoji Ochai auprès du Wall Street Journal, “le système judiciaire nippon ne permet généralement pas les procès en l’absence du prévenu, sauf dans de rares cas qui ne s’appliquent pas à Ghosn”.
Soupçonné de malversations financières et d’avoir minimisé ses revenus dans les rapports annuels de Nissan, un constructeur automobile japonais, l’homme d’affaires ne sera donc certainement pas jugé au printemps 2020, comme cela avait été évoqué, “le Japon n’ayant pas d’accord d’extradition avec le Liban”.
Une épine retirée du pied
Pour justifier son acte, Carlos Ghosn a soutenu dans un communiqué avoir fui un système où prévaut la présomption de culpabilité : “Je n’ai pas fui la justice, je me suis libéré de l’injustice et de la persécution politique”, a-t-il déclaré. Tout aussi surpris que le reste du monde, l’avocat japonais du Franco-Libano-Brésilien a pour sa part affirmé comprendre les craintes de son client quant à l’impossibilité de connaître un procès juste, contrairement à ce qu’assurent les autorités judiciaires.
Et la situation est ironique, pointe le journal financier :
Paradoxalement, les juges du tribunal de Tokyo étaient manifestement prêts à entendre la version de Ghosn, puisqu’ils ont par deux fois prononcé sa remise en liberté provisoire sous caution [et sous résidence surveillée] – une décision vivement contestée à chaque fois par le parquet, qui craignait une fuite du prévenu et la destruction de preuves.”
Dans le pays, “les réactions ont été sobres”, note le Wall Street Journal. “Certains estiment qu’il est préférable pour le Japon de ne pas laver le linge sale du constructeur Nissan au moment où la capitale Tokyo accueillera les Jeux olympiques d’été.” Pour d’autres en revanche, l’événement “constitue le pire raté de l’histoire de la justice japonaise”. D’après l’avocat Chuko Hayakawa, ancien député du parti du Premier ministre Shinzo Abe, “cela montre que Carlos Ghosn n’a aucun respect pour la justice japonaise, les tribunaux et même ses propres avocats”.
Carole Bellaïche – Photographier Isabelle Huppert
Ce livre est formidable. Il est le fruit d’une amitié rare entre une photographe et une actrice. Carole Bellaïche la raconte ainsi.
Je suis en train de fouiller dans mes boîtes depuis l’année 1993 pour retrouver les images d’Isa, comme je l’appelle depuis bien longtemps, et je me dis souvent que j’ai beaucoup de chance d’être tombée sur elle, puisque au bout de ces vingt-cinq années de travail ensemble, plus ou moins éparpillées, nous avons encore l’occasion de continuer notre « projet », ces photos qu’on appelle « pour nous », toutes ces images qui vont raconter une histoire, et qui sont dans ce livre. L’histoire d’une obsession, obsession pour moi de collectionner les images, et obsession pour elle de rentrer dans un cadre peut-être ?
Ce livre sur et avec Isabelle Huppert est une évidence pour moi depuis notre première rencontre. J’aurais envie de dire qu’avec elle, j’ai trouvé le modèle idéal: complice, joueuse et extrêmement présente. Une grande actrice, d’une rare singularité, qui ne se lasse jamais de ces moments de prises de vue, avec qui tout est possible, et qui par une étrange faculté change sans changer vraiment. Son visage qui m’est si familier maintenant, me surprend toujours, me séduit, me comble dans cette recherche permanente et obsessionnelle de l’idéal, et de la beauté.
Je vis cette histoire comme une passion, où à chaque séance photo, chaque moment et chaque voyage, je la retrouve, ni tout à fait elle-même, ni tout à fait une autre. J’ai toujours ce désir de la photographier, et de faire de nouvelles images d’elle comme une gageure, la réinventer d’un côté, et la montrer telle qu’elle est de l’autre. Nous avons d’ailleurs toujours recherché cette ambiguïté-là, inventer des images de toute sorte est notre grand jeu, là est notre complicité.
La première fois que je l’ai approchée, c’était grâce aux Cahiers du cinéma, avec lesquels je travaillais depuis peu. Ils m’ont emmenée à Lausanne, où elle répétait Orlando. Les Cahiers réalisaient un entretien avec elle. La toute première photo que je s donc d’Isabelle Huppert, actrice, est la photo sur scène d’un très bel homme, dans la lumière géométrique d’une précision absolue de Bob Wilson – elle était Orlando. Un homme au départ, qui devient par magie femme, un personnage troublant qui enjambe le réel et le temps. Comme elle en quelque sorte. Le lendemain nous nous sommes saluées, au moment de l’entretien avec le journaliste, et nous avons fait quelques photos dans le grand jardin de l’hôtel. Ce fut tout.
C’est l’année d’après que nous nous sommes vraiment connues quand elle pré- parait son numéro « spécial rédactrice en chef ». Cela faisait deux ans que je travaillais aux Cahiers du cinéma, une période riche de rencontres passionnantes. Je devais faire une photo d’elle avec Claude Chabrol dans un hôtel à Paris.
J’ai vite compris, par la complicité qu’elle me témoignait ce jour-là, que cette rencontre allait être particulière. Je ne me suis pas trompée.
Ce fut évidemment un coup de foudre pour moi, surtout quand elle m’appela, un beau matin, pour me demander de la photographier en Marlène Dietrich car Louis Malle voulait faire un lm sur Marlène; le projet a nalement été abandonné, mais nous avions nos photos. C’est alors que notre longue histoire a commencé.
Depuis toutes ces années, je n’ai cessé de photographier Isabelle Huppert. Chaque série est un moment différent, elle se transforme, elle est une autre, elle nous échappe, mystérieuse et quotidienne. Cette rencontre m’a révélé peu à peu le rapport d’Isabelle à la photo, une histoire aussi forte qu’avec le cinéma ou le théâtre, mais quotidienne et instantanée. Isabelle adore la photo, l’objectif de l’appareil, son miroir. Elle aime les photographes, je dirais même qu’elle les utilise à sa façon. Je me dis souvent, possessive comme je suis, qu’elle les aime trop.
Ce livre raconte notre relation photographe-modèle, mais aussi l’ascension d’une star. Très reconnue quand je l’ai rencontrée, elle est devenue une icône. Elle est avant tout, depuis toujours, une immense actrice déroutante par son intelligence et son jeu. Elle sait, je pense, qu’elle détient une sorte de vérité. Quand on la croise dans la rue, on ne la reconnaît pas, ou à peine.
J’ai toujours essayé de comprendre le mystère de la star, de l’idole, c’est une recherche qui me passionne. Qui est Isabelle Huppert? Un mythe, une femme modèle, une muse pour beaucoup, et une héroïne de notre temps.
J’ai maintenant envie de rendre publiques ces images, pour la plupart jamais dévoilées.
Carole Bellaïche 2019
https://la-chambre-claire.fr/
Exposition jusqu'au 17 Janvier 2020
Galerie 12
14 rue des jardins Saint Paul 75004






















