Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jours tranquilles à Paris

Publicité
1 janvier 2020

Dans ses vœux aux Français, Macron affirme que « la réforme des retraites sera menée à son terme »

macrontv

« Je ne céderai rien au pessimisme ou à l’immobilisme », a martelé le président de la République pour sa troisième allocution de nouvelle année.

Par Cédric Pietralunga 

Emmanuel Macron aime décidément les contre-pieds. Alors que les observateurs s’attendaient à un mea culpa du chef de l’Etat à l’occasion de ses vœux de fin d’année, ou au moins à un geste vis-à-vis des Français mobilisés depuis près d’un mois contre sa réforme des retraites, c’est au contraire un discours offensif de plus de dix-huit minutes que le président de la République a tenu, mardi 31 décembre, assurant qu’il n’était pas question pour lui de renoncer à « transformer » le pays.

« Je prends ce soir devant vous l’engagement de consacrer toute mon énergie à transformer notre pays pour le rendre plus fort, plus juste, plus humain », a déclaré le chef de l’Etat, tout de bleu nuit vêtu. Deux ans et demi de mandat, « d’habitude, c’est le moment (…) où on renonce à agir avec vigueur, pour ne surtout mécontenter personne à l’approche des futures échéances électorales (…). Nous n’avons pas le droit de céder à cette fatalité », a expliqué M. Macron, estimant que « c’est l’inverse qui doit se produire ».

« Je ne céderai rien au pessimisme »

S’il reconnaît que ces changements « bousculent souvent », peuvent « parfois heurter » ou « susciter des craintes et des oppositions », il ne saurait être question pour lui de procrastiner et encore moins de renoncer. « Les inquiétudes ne sauraient pousser à l’inaction. Car il y a trop à faire », estime le chef de l’Etat. « Ce serait abandonner ceux que le système a déjà abandonnés, ce serait trahir nos enfants, leurs enfants après eux, qui auraient alors à payer le prix de nos renoncements, a-t-il déclaré depuis le rez-de-chaussée de l’Elysée. Je ne céderai rien au pessimisme ou à l’immobilisme. »

Alors que certains s’attendaient à un geste du chef de l’Etat sur les retraites, au vingt-septième jour de la grève entamée le 5 décembre contre la réforme, Emmanuel Macron a au contraire enfoncé le clou. Le projet « sera mené à son terme », s’est-il engagé, « parce qu’il s’agit d’un projet de justice et de progrès social ». « Il s’agit de garantir l’équilibre du système par répartition qui est le nôtre depuis le Conseil national de la résistance, et donc sa solidité à travers le temps », a ajouté le locataire de l’Elysée. Une référence à l’équilibre financier du nouveau système, considéré comme un préalable par le premier ministre, Edouard Philippe, mais décrié par l’ensemble des organisations syndicales.

Bien sûr, le chef de l’Etat a reconnu que cette réforme pouvait susciter des « peurs » et des « angoisses ». Mais « apaiser ne veut pas dire renoncer », a-t-il aussitôt ajouté. Tout juste M. Macron a-t-il mis un peu plus de pression sur le gouvernement, conscient que le mouvement de mobilisation à la SNCF et à la RATP, qui donne des premiers signes d’affaiblissement, exaspère une partie des Français. « J’attends du gouvernement d’Edouard Philippe qu’il trouve la voie d’un compromis rapide », a-t-il expliqué. Mais « dans le respect des principes » de la réforme.

Pas question, donc, de dénaturer le projet en renonçant à l’âge pivot, comme le demandent la CFDT mais aussi un certain nombre d’élus de la majorité, ou en remplaçant les régimes spéciaux par de nouveaux régimes « spécifiques », comme l’accuse l’opposition. Un nouveau round de concertations avec les syndicats est prévu à Matignon à partir du 7 janvier, mais le temps presse : le projet de loi sur la réforme des retraites doit être présenté le 22 janvier en conseil des ministres, pour un examen au Parlement prévu fin février.

Objectif écologique

Pour le reste, le chef de l’Etat s’est attaché durant son allocution à défendre son action, assurant que « nous avons commencé à percevoir, dans le concret de nos vies, les premiers résultats de l’effort de transformation engagé depuis deux ans et demi ». « Plus de 500 000 emplois (…) créés », « des créations d’entreprises toujours plus nombreuses, des investissements internationaux (…) supérieurs à ceux qu’enregistrent nos voisins », « des usines qui rouvrent », a notamment énuméré M. Macron. « La France n’avait pas connu un tel élan depuis des années », s’est-il réjoui.

Emmanuel Macron s’est aussi engagé à mettre davantage l’accent sur l’écologie pour la deuxième partie de son mandat. « 2020 sera aussi l’année où un nouveau modèle écologique doit être consacré », a-t-il expliqué. Pour cela, le chef de l’Etat dit attendre « beaucoup » de la convention citoyenne pour le climat, constituée de 150 citoyens français tirés au sort pour réfléchir aux mesures à prendre en matière de lutte contre le réchauffement climatique, et qui doivent rendre leurs préconisations à la fin du mois de janvier.

L’ancien ministre de l’économie, critiqué par la droite et l’extrême droite pour son supposé laxisme dans la lutte contre le communautarisme, a enfin promis de prendre de « nouvelles décisions » contre « les forces qui minent l’unité nationale ». « Je vois trop de divisions au nom des origines, de la religion, des intérêts », a-t-il justifié, expliquant que « nous avons à l’égard de la France plus de devoirs que de droits ». Pour autant, le chef de l’Etat n’a pas donné de détails sur ce qu’il comptait faire.

Ce discours offensif suffira-t-il à convaincre les Français ? Seule certitude : les allocutions présidentielles de fin d’année augurent rarement de la situation sociale à venir du pays. Lors de ses premiers vœux, le 31 décembre 2017, Emmanuel Macron avait dit vouloir faire de 2018 une année de « cohésion de la nation ». « Les débats sont nécessaires, les désaccords sont légitimes, mais les divisions irréconciliables minent notre pays. Je veux plus de concorde pour la France en 2018 », avait expliqué le chef de l’Etat. Dix mois plus tard commençait le mouvement des « gilets jaunes », l’une des crises sociales les plus intenses connues par la France depuis Mai-68.

macron voeux34

Publicité
1 janvier 2020

Street Art

street art

street24

street25

street56

1 janvier 2020

"Une île" : Arte lance sa nouvelle série fantastique avec Laetitia Casta le 9 janvier

casta une ile

"Une île", mini-série primée au festival Séries Mania"Une île", mini-série primée au festival Séries Mania © Angela Rossi

La fiction revisite la figure mythologique de la sirène à travers des personnages féminins forts et mystérieux.

Qui est Théa ? Ou pour être plus précis, qu'est-ce-que Théa ? Cette question constitue le fil rouge de la nouvelle mini-série d'Arte, "Une île", dont la chaîne franco-allemande diffusera les trois premiers épisodes le jeudi 9 janvier à partir de 20h50. Les internautes auront la primeur de les découvrir en avant-première dès le 2 janvier sur la plateforme d'Arte. Cette fiction en six épisodes se déroule sur une île isolée, frappée par une pénurie de pêche et une série de morts suspectes. Ces événements coïncident étrangement avec l'arrivée d'une inconnue, Théa (Laetitia Casta), qui va bouleverser la vie de la jeune Chloé (Noée Abita, vue dans "Ava") et, par ricochet, celle de sa meilleure amie Sabine (Alba Gaïa Bellugi, qui a joué dans "3x Manon" et "Le bureau des légendes").

Créature venue des abysses, sirène qui n'aspire pas à devenir humaine, Théa va servir au fil des épisodes de guide à Chloé pour l'aider à prendre conscience de ses pouvoirs et de sa vraie nature. Enfant, la jeune fille avait été découverte dans une grotte sous-marine, avant d'être prise en charge par une famille d'accueil pour finalement être livrée à elle-même. Dans ce port de pêche pris en étau par la montagne d'un côté et par la mer de l'autre, Théa est traquée par le capitaine de gendarmerie Bruno Pagani (Sergi Lopez), aidé des gardes-côtes de l''île, Loïc (Manuel Severi) et Gabrielle (Marie-Pierre Nouveau).

"Eviter le côté pittoresque et carte postale"

Même si le tournage a eu lieu en Corse, le lieu précis de l'action n'est jamais précisé à l'écran, ce qui participe à accroître cette ambiance mystérieuse, un rôle que jouent également les séquences sous-marines. "J'ai filmé cet endroit comme un village de western, avec ses maisons étriquées, renfermées sur elles-mêmes et ses petites ruelles. Je voulais à tout prix éviter le côté pittoresque et carte postale", confie le réalisateur Julien Trousselier, à qui on doit la série primée "Crime Time", dans le dossier de presse de présentation.

"Une île" a décroché le titre de la meilleure série française au festival Séries Mania en 2019. Après "Nés en 68", c'est la deuxième fois seulement que Laetitia Casta joue dans une série télé. "Théa représente la nature qui se venge des blessures subies. C'est une guerrière dotée de pouvoirs. Elle arrive sur terre avec une mission, celle de sauver un monde magique et mystérieux. Elle s'en prend aux hommes qui polluent la mer en aspirant leur âme", explique la comédienne à propos de son personnage.

1 janvier 2020

Jane Birkin

birkin35

birkin36

birkin37

birkin38

31 décembre 2019

Bonne Année 2020

bonne annee

Heidi Romanova photographiée par Jacques Snap

Publicité
31 décembre 2019

RONDE et BELLE

ronde20

ronde21

31 décembre 2019

Tribune - Christine Angot : « Gabriel Matzneff, vous et les autres »

Par Christine Angot, Ecrivaine

Dans « Le Consentement » (Grasset), Vanessa Spingora décrit l’emprise pédocriminelle que lui a fait subir Gabriel Matzneff. La réaction indignée de ce dernier est, pour Angot, qui s’adresse à lui dans une tribune au « Monde », le signe qu’il n’a pas fait le deuil de sa relation avec celle qu’il a « humiliée ».

[Avant même sa sortie, le 2 janvier, le livre de Vanessa ­Springora « Le Consentement » (Grasset, 216 p., 18 euros) a provoqué une déflagration dans le milieu littéraire et bien au-delà. Dans son ouvrage, elle relate la relation traumatisante qu’elle a eue, à 14 ans, avec l’écrivain Gabriel Matzneff, alors âgé de 50 ans. Celui qui publia en 1974 « Les Moins de seize ans » n’a jamais caché son attirance pour des mineurs, comme en témoignent certains de ses livres, tout particulièrement son journal intime. Des livres qui lui ­valurent d’être invité notamment sur le plateau d’« Apostrophes » en 1990. Lors de cette émission, seule l’auteure québécoise Denise Bombardier dénonça ­ le caractère pédophile de ces écrits et la complaisance du milieu littéraire, au cœur ­désormais de la polémique.]

Tribune. Gabriel Matzneff,

En réaction au livre de Vanessa Springora, « Le Consentement » [Grasset, 216 pages, 18 euros], vous écrivez dans L’Obs : « Apprendre que le livre que Vanessa a décidé d’écrire de mon vivant n’est nullement le récit de nos lumineuses et brûlantes amours, mais un ouvrage hostile, méchant, dénigrant, destiné à me nuire, un triste mixte de réquisitoire de procureur et de diagnostic concocté dans le cabinet d’un psychanalyste, provoque en moi une tristesse qui me suffoque. »

« Apprendre que le livre que Vanessa… » Vous l’appelez Vanessa ? Vous pensez pouvoir vous autoriser à l’appeler par son prénom, alors qu’elle vient de publier ce livre ? Vous prétendez encore à cette intimité ? Vous pensez avoir ce genre de droits ? Elle est toujours, pour vous, la petite fille que vous avez rencontrée dans un dîner où elle accompagnait sa mère, attachée de presse dans l’édition ? A l’époque, vous étiez important dans ce milieu. Vous comptiez. Vous vendiez des livres. Vous aviez des fans. J’en ai fait partie quelque temps. J’avais une vingtaine d’années. Je vous lisais. Je n’avais pas encore été dans le cabinet d’un psychanalyste. Je commençais à avoir des insomnies, des difficultés dans ma sexualité, mais je n’étais pas encore prête à me dire, à admettre, que mon père s’était autorisé à commettre un inceste sur moi parce qu’il ne m’avait jamais aimée, qu’il n’avait aimé que lui-même, son bon plaisir, sa propre autorité, au mépris total de mon avenir, de ma vie amoureuse future, de ma vie sexuelle, notamment.

« VOUS APPELEZ “LUMINEUSES ET BRÛLANTES” VOS AMOURS AVEC LES MOINS DE 16 ANS. C’EST VRAI, L’HUMILIATION PEUT ALLER AVEC DES FLAMBÉES DE PASSION. LA PERVERSION N’EST FAITE QUE DE ÇA »

Je ne le voyais plus à l’époque où je vous lisais. J’avais réussi à couper, à dire à ma mère. Mais je continuais à me raconter qu’il m’avait aimée, comme vous disiez aimer les jeunes filles dont vous parliez dans vos livres. Je voulais continuer de croire à un amour de sa part, certes hors norme, mais un amour, sinon c’était insupportable. Je n’étais pas prête à ce moment-là à prendre la mesure de la haine, notamment sociale, qui avait été à l’œuvre.

Vous appelez « lumineuses et brûlantes » vos amours avec les moins de 16 ans. C’est vrai, l’humiliation peut aller avec des flambées de passion. La perversion n’est faite que de ça. En fait, la jeune fille, vous ne faites que l’humilier, la dégrader, profiter de la difficulté qu’a une adolescente à se séparer de sa mère, à s’en distinguer, de la rivalité possible, de toute cette toile de sentiments qui se déchire au passage de l’enfant à la femme adulte, avant de se retisser autrement.

Vous la décrétez femme

Vous la catapultez au firmament des objets sensuels, elle sort de l’école, mais non, pas du tout, vous la décrétez femme, bien plus désirable que sa mère, ah mais oui, c’est toi que je préfère, tes seins fermes, tes fesses, etc. Ce que vous aimez avec elle, en réalité, être son maître, son professeur, jouer à l’esclave que vous n’êtes pas, puisque c’était elle. Qu’elle ne sache rien, pouvoir tout lui apprendre, tout lui montrer. Voir le choc que faisait la réalité physique sur elle.

Plus tard, j’ai commencé à écrire. Un jour, j’avais 25 ans, j’étais à Paris pour quelques jours. Je vous vois traverser le boulevard Saint-Michel, mon cœur se met à battre, je cours derrière vous, je vous aborde. Je dis « J’aime vos livres », ou un truc dans ce style. Je ne les aimais déjà plus, mais ça ne se fait pas de dire à quelqu’un « j’ai aimé vos livres ». Ce que j’aimais, c’était écrire, l’écriture, le traitement du réel par l’écrit. Voilà ce que j’aimais. J’ai confondu avec vous. J’ai été impressionnée, c’était la première fois que je voyais un écrivain en vrai dans la rue. Quelqu’un qui essayait d’écrire le réel. Génial. Sauf que vous n’écriviez pas le réel en fait. Vous êtes, comme on dit, un bon écrivain, mais limité, puisque vous ne compreniez pas ce qui se passait dans la tête de la jeune fille. Obnubilé que vous étiez par votre propre image, combien de pages dans vos livres sur vos yeux clairs et votre minceur.

« VOUS NE COMPRENEZ PAS SON HOSTILITÉ. ET ENCORE MOINS QU’EN ANALYSE ELLE AIT PU DÉCOUVRIR PEU À PEU VOTRE VRAI VISAGE. VOUS TROUVEZ ÇA TRISTE. C’EST GAI AU CONTRAIRE »

Vanessa Springora a écrit un livre. Vous vous rendez compte que vous preniez vos désirs pour des réalités. Vous ne voulez pas l’admettre. Elle était là sans être là. Elle était dans votre lit sans y être. Elle ne savait pas où elle était. Elle avait 14 ans. Elle venait tout juste d’avoir ses règles. Est-ce qu’elle avait fait le deuil de ne plus être une petite fille ? Vous vous êtes posé la question ? Vous vous êtes pris pour le prince charmant, mais vous l’avez réveillée de la mauvaise manière. Vous la voyez dans ce dîner où elle accompagne sa mère, attachée de presse dans l’édition. Vous n’êtes pas n’importe qui. Vous décidez de la hisser plus haut que sa mère, de la sortir de l’ombre de cette femme, d’inverser les générations, de la faire vivre dans un interdit. Sauf pour vous. Dans le cabinet de l’amant. Vous ne comprenez pas que ce soit invivable ?

« Vanessa a décidé d’écrire de mon vivant… » Vous pensez à votre vivant, à votre respectabilité. Vous déplorez « un ouvrage hostile, méchant, dénigrant, destiné à (vous) nuire ». Ç’aurait été un tel pied de nez si elle avait fait un truc à votre gloire. Vous ne comprenez pas son hostilité. Et encore moins qu’en analyse elle ait pu découvrir peu à peu votre vrai visage. Vous trouvez ça triste. C’est gai au contraire.

Vous pensiez qu’il n’y avait qu’une version la vôtre ? La perversion. La version du père comme disait un psychanalyste dans un autre cabinet. Elle vous a servi la soupe à 14 ans, maintenant c’est fini. Maintenant elle dit ce qu’elle veut.

Les enfants peuvent faire semblant

Dans mon tout premier manuscrit, qui n’a pas été publié, à la toute fin il y avait une vague allusion à l’inceste, que j’ai vécu entre 13 et 16 ans. Je l’avais fait lire à mon père. Je m’attendais à une réprimande. Pas du tout. Il m’encourageait à aller plus loin, à raconter, mais un peu à la manière de Robbe-Grillet, qu’on ne sache pas si c’était vrai ou faux.

L’amour pour les enfants est souvent mêlé de haine. C’est tellement énervant ces êtres qui ne voient pas les choses comme nous. Qui vivent dans un autre monde. Qui rêvent. On a tellement envie parfois de leur mettre la réalité sous le nez, ou sa queue gonflée. C’est tellement marrant de voir la gueule qu’ils font quand ils découvrent que la vie ne va pas être comme prévu.

Le plus drôle, mais ça vous ne l’avez pas vu, c’est qu’ils dissimulent leur déception. Sinon ils ne tiennent pas. Ils ne savent pas exprimer leur angoisse. Ils ne peuvent pas. A la rigueur, une crise de sanglots, pour une bêtise. Ils veulent bien se raconter que c’est délicieux et brûlant pour vous faire plaisir. C’est ce qu’ils veulent vous faire plaisir. Vous en profitez ! Vous trouvez que c’est gentil ?

Je vais vous apprendre quelque chose : ce qui sauve les enfants, dans ces situations, c’est qu’ils peuvent faire semblant. Sinon ils étoufferaient avec votre queue dans la bouche ou dans l’anus. Votre odeur d’adulte. Le bruit de vos ablutions dans la salle de bain. Ils font semblant. Ils se dédoublent. Ils disent qu’ils sont contents de vous voir. C’est vrai, mais pas seulement. Ce qu’ils veulent recueillir : votre approbation, être adoubé. Ils ont besoin de ça pour grandir. Vous représentez : le savoir, le pouvoir, l’autorité. Tout ce que nos sociétés respectent. Le pouvoir de la culture, celui de l’argent, l’autorité symbolique. On veut être adoubé. Vous en profitez. Abus de pouvoir, classique.

Ça ne dure pas. Surtout si la personne va régulièrement dans le cabinet d’un psychanalyste. Vous trouvez ça triste. Peu à peu, les pouvoirs qui se sont exercés contre elle s’évaporent. Elle a cru que vous l’adoubiez alors que vous la mettiez au ban. Son consentement était une fiction, un leurre pour se protéger, en attendant des jours meilleurs.

« VOUS, VOUS NE VOUS GÊNEZ PAS. VOUS VOUS ÉPANCHEZ. UNE TRISTESSE VOUS SUFFOQUE. BEN OUI, ON NE PEUT PAS JOUIR TOUT LE TEMPS. ÇA S’ARRÊTE À UN MOMENT »

Et vous, candide, « aussi naïf que peut l’être un pervers », comme aurait dit Nabokov, vous y avez cru. Ivre, non pas du vin perdu, mais de vous-même, de vivre une situation incestueuse sans avoir eu d’enfants. Vous réussissiez un bon coup. Maintenant, c’est fini. Le charme a dû se rompre dans le cabinet du psychanalyste. Et ça, ça provoque en vous « une tristesse qui [vous] suffoque ». « Ça provoque en moi une tristesse qui me suffoque ». Vanessa, beaucoup d’autres, moi-même, c’est exactement ce qu’on a ressenti, une tristesse qui suffoque, quand on avait la queue d’un père ou d’un homme qui aurait pu l’être dans la bouche. Pendant que nos copines vivaient leur adolescence. On se disait : j’ai pas de chance. Je le fais quand même, je fais tout bien comme il a dit. On pensait : ça ne va pas durer, en attendant fais semblant. Ne lui montre pas que tu es triste.

Vous, vous ne vous gênez pas. Vous vous épanchez. Une tristesse vous suffoque. Ben oui, on ne peut pas jouir tout le temps. Ça s’arrête à un moment.

Au printemps 2018, le gouvernement réfléchissait à une loi qui aurait dit qu’un mineur de moins de 15 ans ne pouvait pas donner son consentement à un acte sexuel avec un majeur. Mais ils ont abandonné l’idée. C’était pourtant tellement logique. On ne peut pas à la fois faire semblant, et donner son consentement.

Christine Angot est écrivaine. Elle est en particulier l’auteure de L’Inceste (Stock, 1999), ouvrage dans lequel elle décrit les relations incestueuses que son père lui impose durant son adolescence . Elle abordera à nouveau ce sujet dans Une semaine de vacances (Flammarion, 2012) et Un amour impossible (Flammarion, 2015, prix Décembre).

31 décembre 2019

Gérard Rancinan - photographe

rancinan20

rancinan21

rancinan22

31 décembre 2019

Réforme des retraites : les vœux très attendus d’Emmanuel Macron

Au 26e jour d’un conflit sur les retraites enlisé, l’exercice s’annonce périlleux pour le président de la République.

Mardi 31 décembre à 20 heures, Emmanuel Macron doit présenter ses vœux aux Français dans un message enregistré à la télévision. En plein conflit social autour de la réforme des retraites, l’exercice s’annonce périlleux pour le président de la République.

L’année dernière, déjà, le chef de l’Etat faisait face à la colère des « gilets jaunes ». Au 26e jour de grève, les discussions s’enlisent – le mouvement social est déjà plus long que celui de 1995 – et les grévistes comme l’opposition attendent une initiative du chef de l’exécutif.

Alors qu’aucune négociation n’est prévue d’ici au 7 janvier, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a accusé dans Le Journal du dimanche (JDD) le gouvernement d’organiser « le bordel » et de jouer « le pourrissement ». « Ils se sont dit “on va leur coller les ultimatums pendant les fêtes de Noël”. Emmanuel Macron se veut l’homme du nouveau monde, mais il imite [l’ex-première ministre britannique] Margaret Thatcher », cingle le syndicaliste.

Toujours dans Le JDD, le secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, a reproché à la CGT de pratiquer un syndicalisme « de blocage », voire « d’intimidation », et dénoncé « une pression qui s’exerce de façon anormale sur une partie des cheminots » pour qu’ils participent au mouvement.

Débloquer la situation ou maintenir le bras de fer ?

Dans ce contexte, la parole du président de la République, resté quasi muet sur le conflit, laissant son premier ministre, Edouard Philippe, en première ligne pour défendre le projet de loi, est très attendue. Emmanuel Macron s’est contenté depuis la Côte d’Ivoire d’un appel, en vain, à la trêve pour Noël et a fait savoir qu’il renonçait à sa pension de président.

Le chef de l’Etat profitera-t-il de son allocution pour débloquer la situation ou optera-t-il pour le bras de fer, au risque de radicaliser les opposants ? « Il y a une détermination, une colère qui est profonde et qui sera là au mois de janvier », a prévenu Fabien Villedieu, délégué SUD-Rail.

La députée européenne La France insoumise Manon Aubry a espéré lundi sur LCI « un acte d’humilité » du locataire de l’Elysée lors de ses vœux. « Peut-être que Emmanuel Macron va prendre conscience de l’ampleur de la mobilisation, de la colère. Je rappelle que la majorité des Français sont opposés à cette réforme des retraites », a-t-elle déclaré.

Le président de la République est attendu sur un possible aménagement de l’âge pivot, que l’exécutif prévoit d’instaurer dès 2022 et d’assortir d’un bonus-malus : une « ligne rouge » pour la CFDT, qui en demande le retrait. Emmanuel Macron peut aussi être tenté de mieux expliquer un système à points qui déroute les Français.

Mettre en avant à nouveau la suppression des régimes spéciaux risque de ne pas suffire, alors qu’une majorité de Français juge positivement le mouvement social et que le gouvernement a accordé des dérogations à certaines professions (policiers, pilotes, danseurs de l’Opéra de Paris, etc.). La gauche lui demande de retirer sa réforme. La droite, par la voix du président du groupe des députés LR à l’Assemblée, Damien Abad, réclame « des clarifications » et insiste sur la prise en compte de la pénibilité, possible levier des négociations.

31 décembre 2019

Crazy Horse de Paris

crazy77

crazy78

crazy79

crazy80

crazy81

crazy82

crazy83

crazy84

crazy85

crazy99

crazy38

Le Crazy Horse, anciennement appelé Crazy Horse Saloon, est un cabaret parisien du quartier des Champs-Élysées situé 12 avenue George-V, créé en 1951 par Alain Bernardin. Le nom « Crazy Horse » est celui, traduit en anglais et ainsi passé à la postérité, du chef sioux Thašunka Witko, la décoration du cabaret à son ouverture étant censée être de style western, avec sa salle pastichant un saloon des années 1870.

Publicité