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Jours tranquilles à Paris

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30 décembre 2019

Caroline Vreeland

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30 décembre 2019

AFFAIRE MATZNEFF : UN CONFLIT DE DROITS

matz liberation

Par Laurent Joffrin

Coupable, Matzneff ? A coup sûr. Dans ses livres, sur les plateaux, il se vante de relations sexuelles avec des jeunes de moins de 15 ans, chose légalement prohibée pour un adulte. Le visionnage d’une conversation télévisée animée par Bernard Pivot ne laisse aucun doute sur la question. Il a fallu, dans la même émission, l’incontestable courage de Denise Bombardier, écrivaine québécoise au fait des lois de protection de l’enfance, pour qu’un minimum de logique fasse une intempestive irruption au milieu d’un badinage irresponsable. On dit, pour justifier la complice réaction des participants et celle d’une bonne partie du milieu littéraire : «c’était une autre époque», réflexion qui explique peu et n’excuse rien. A cette époque, justement, la loi proscrivait explicitement ces relations et donc Matzneff, quelles que soient la qualité de son style ou l’étendue de sa culture, était un délinquant. Loi archaïque ? Produit d’une pudibonderie hors d’âge aux relents pétainistes ? Pas exactement. Elle procédait d’une ordonnance prise à la Libération (en juillet 1945) pour protéger l’enfance et fut précisée par un texte de 1998, qui réaffirmait l’existence d’un âge de 15 ans pour la majorité sexuelle, au-dessous duquel on définit la relation intime comme une «atteinte sexuelle» (qui n’est pas annulée par le consentement du ou de la mineure), passible de sanction pénale.

La tolérance dont bénéficiait le dandy au crâne lisse dérivait ainsi de l’ignorance, alliée à cette frivolité germanopratine qui valorisait les postures libertaires, les rébellions mondaines (qui ne coûtent pas grand-chose) et la sacralisation des écrivains. Car si l’on peut admettre (cela se discute) que la littérature a tous les droits, il n’en va pas de même des écrivains, qui sont soumis aux lois communes et répondre de leurs actes, sinon de leurs écrits. Matzneff aggravait même son cas en contant ses frasques tout aussi choquantes auprès de gamins prostitués dans des bars asiatiques, ou encore en livrant des réflexions qu’on qualifierait aujourd’hui de machisme grossier, bien plus archaïque que les lois dont on se plaignait à l’époque. Rappel inoffensif, au demeurant, puisque les faits sont prescrits (on n’ajoutera pas «grâce à Dieu»).

Mais alors, dira-t-on, que penser des textes tout aussi révoltants publiés jusque dans les années 80 par Libération ? La même chose, à vrai dire. Le journal s’en est expliqué plusieurs fois, notamment par un long article de 2001 écrit par Sorj Chalandon. C’est un fait que Libération accueillait en son sein un certain nombre de militants qui revendiquaient leur goût pour les relations sexuelles avec des enfants et tenaient qu’il fallait dépénaliser ces comportements au nom de la libération sexuelle, celle des enfants et, surtout, celle des adultes. Chalandon décrivait ces errements sans faux-fuyants, tout en prononçant leur condamnation sans ambages. Libération, enfant de Mai 68, professait à l’époque une culture libertaire dirigée contre les préjugés et les interdits de l’ancienne société. Ces plaidoyers portaient souvent sur des causes justes, le féminisme, le refus des discriminations envers les étrangers ou les homosexuels, la liberté sexuelle des adultes consentants, etc. Mais ils promouvaient parfois des excès fort condamnables, comme l’apologie intermittente de la pédophilie, que le journal a mis un certain temps à bannir. Ce n’était pas seulement la traduction d’un air du temps, d’un esprit répandu à l’époque, qui tendait à dénoncer toute réminiscence de «l’ordre moral». On y lisait aussi les effets d’une théorie, pas toujours bien assimilée, qui découlait de cette «pensée 68» illustrée par Sartre, Foucault, Bourdieu ou Derrida. Pour faire court, il était entendu dans ces cercles intellectuels que toute loi, toute norme, pour ainsi dire toute habitude, renvoyait à l’exercice d’un pouvoir oppressif, omniprésent et diffus, qui dépassait en étendue et en influence celui de l’Etat ou d’une classe sociale, pour contrôler, orienter, contraindre les corps et les âmes au profit de la domination multiforme qui structurait la société capitaliste. Ainsi la proscription de la pédophilie dérivait de ce pouvoir (un peu mystérieux, à vrai dire) sur les comportements quotidiens, dont il fallait s’émanciper. En oubliant bizarrement la domination subreptice mais impérieuse que les adultes peuvent exercer sur les mineurs (de 15 ans). On proclamait le droit à la sexualité sans limites, mais on négligeait la souffrance psychologique, les dommages de long terme, que pouvait occasionner cette «libération», comme le montre éloquemment le témoignage de Vanessa Springora, amante de 14 ans et victime de Gabriel Matzneff.

La «pensée 68» reste une référence - plus lointaine - du journal, ne serait-ce qu’en raison de la qualité des penseurs déjà cités. Mais Libération se recommande désormais, de la logique des droits humains, appuis solides des démocraties, qui prescrivent l’égalité des dignités et s’étendent, par là même, aux enfants.

L’affaire Matzneff illustre un conflit de droits. Celui de l’adulte à une sexualité libre et celui de l’enfant à la protection vis-à-vis des prédateurs, seraient-ils des personnages parisiens. La loi a fixé une limite, plutôt sage. Elle vise non à exercer un pouvoir sur les corps pour le compte des «dominants», mais à civiliser les relations humaines.

Laurent Joffrin

30 décembre 2019

Tessa Kuragi

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30 décembre 2019

Pauline Moulettes (modèle)

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30 décembre 2019

Thierry Mugler

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Thierry Mugler, couturier, metteur en scène, photographe…, assume d’être pluridisciplinaire. Entretien avec le créateur emblématique des années 1980 et 1990, dont la présence se fait rare.

Depuis dix-sept ans qu'il a tiré sa révérence à la mode, Thierry Mugler s’est fait discret. Créateur emblématique des années 1980 et 1990, il a marqué l’histoire de cette industrie, avant de décider de s’arrêter, en 2002, pour se consacrer à ses deux autres passions, la photo et la mise en scène. L’homme est rare. Il revient dans la lumière. Thierry Mugler, qui a repris Manfred, son autre prénom - parce que son identité était devenue une marque -, vit à Berlin. Il fait la navette, cet hiver, avec le London Coliseum, où il chorégraphie McGregor + Mugler, et, bientôt, il s’installera à Munich pour le vernissage de l’exposition Couturissime, consacrée à son œuvre dans la mode, visible en attendant à Rotterdam, aux Pays-Bas (au Kunsthal, jusqu’au 8 mars 2020), où nous l’avons rencontré sous un ciel bas de peintres flamands. Il pénètre dans le salon de cet hôtel en bordure du canal, et sa stature body-buildée, sculptée comme une statue d’Héraclès, impressionne. Mais c’est son esprit qui occupe tout l’espace.

Les gestes sont déliés : artiste pluridisciplinaire, il est entré dans les arts par la danse, dès l’âge de 14 ans, au sein de l’Opéra national du Rhin. À 21 ans, il s’installe à Paris. Fasciné par le corps et l’excellence que l’on peut atteindre par la discipline et le style, il dessine des silhouettes et les vend à des marques de prêt-à-porter. « La mode a été une opportunité. Un moyen comme un autre. J’aime autant la photographie (Manfred Thierry Mugler, photographe ,à la Polka Galerie, à Paris, jusqu’au 11 janvier 2020) ou le spectacle. N’importe quel outil me convient. Je suis un metteur en scène, et mon envie de toujours était de faire de très grands shows. La mode, ça a marché tout de suite. » Dans les années 1980, Thierry Mugler a mené ses créations vers des hybridations de morphologies sculpturales pour créer une nouvelle féminité carrossée et sensuelle, à coups de robes architecturées et de corsets de femmes bolides : les amazones modernes étaient lancées.

Thierry-Maxime Loriot, commissaire de l’exposition Couturissime, le rappelle : «Thierry Mugler a développé un vocabulaire qui n’existe plus dans la mode actuelle. Il a construit un univers de fantasmes, de transhumanisme, de science-fiction, de bande dessinée, une hybridation entre les superhéroïnes, la robotique et l’esthétique animalière. Son exploration du body conscious, c’était le new-new look : les épaules larges, les tailles cintrées, les accessoires bijoux, c’est ce après quoi tout le monde court aujourd’hui.»

Madame Figaro.- Vous sortez un livre, Manfred Thierry Mugler, photographe, (Éditions de La Martinière) accompagné d’une exposition de vos photos de mode, prises dans des lieux et des architectures extrêmes : pourquoi ce goût du gigantisme ?

Manfred Thierry Mugler.- J’ai une vision du grand. Mettre l’être humain, si exceptionnel soit-il, dans une grande construction met en perspective le surpassement, une notion qui me fascine. Mais il n’y a pas que l’architecture urbaine, il y a également celle de la nature : les dunes, les rochers, la mer, les espaces sculptés par le vent. J’aime m’élever, avoir un point de vue d’en haut, comme un aigle.

Les gens ont perdule plaisir de s’amuser, de se préparer, de se présenter

Thierry Mugler

Percevez-vous votre influence dans la mode actuelle ?

Encore, oui. Néanmoins l’influence de mon travail était particulièrement tangible au début des années 2000. J’ai inventé une coupe body conscious, et j’ai dû créer les outils pour fabriquer les pièces adéquates. Nous avions monté une usine spécialement dédiée à leurs conceptions. C’était un challenge technique de faire du très beau et du très élaboré. Mon influence dans la mode, ça été ça. Dans les années 1980, personne ne faisait des fourreaux de sirène, personne n’avait le culot de dessiner une couture qui suivait la ligne des fesses et des seins.

Quel regard portez-vous sur la mode, sur ce qu’elle est devenue ?

Il lui manque une liberté d’esprit, sans filtre ni volonté consensuelle, un point de vue frais et sain sur les choses que l’on voit, que l’on ressent. Il lui manque aussile sens du travail. Aujourd’hui, certains sont très au point, niveau showing up et branding, mais il n’y a pas grand-chose derrière. Pour savoir où l’on veut arriver, il faut se battre. Pour réussir dans un métier, et notamment dans la mode, il ne suffit pas d’avoir du talent. Il faut monter au front.

Pourquoi cette vénération des femmes ?

Parce que les femmes ! Parce que certaines femmes. Parce que celles qui montaient les marches de mon podium, je les voyais d’abord passer les portes du studio, et on en prenait plein la figure. Je suis un observateur, un instinctif presque animal. Ces femmes m’inspiraient : libres, courageuses, intrépides, belles. Jerry Hall, par exemple, est extraordinaire. Elle ne s’est jamais préoccupée qu’il soit à la mode de «faire la gueule», de s’habiller grunge, de ce qui était glamour ou pas. D’autres étaient de vraies baroudeuses - comme Katoucha -, chacune avec son incroyable impact. Chez certaines, un détail était imparfait, cependant l’ensemble était animé d’une telle force qu’elles en étaient sublimes. La taille d’une cheville ou d’un fessier n’a aucune importance, on s’en fout ! Ce qui compte, c’est l’harmonie de la personne.

Quelle différence observez-vous entre la femmedes années 1980 et celle d’aujourd’hui ?

Je suppose qu’il y a eu une réaction à la génération des mères pimpantes. À l’heure actuelle, on a perdu en audace, on ne fait plus vraiment attention à la façon dont on paraît. La beauté, c’est un passeport. Les gens ont perdu le plaisir de s’amuser, de se préparer, de se présenter. Tous ces rituels de la séduction s’amenuisent, et c’est dommage. De nos jours, l’individualité n’est plus de bon aloi.

J’ai une bonne étoile, la quête de perfection peut être périlleuse

Thierry Mugler

La presse n’a pas toujours été tendre avec vous. Vous déroutiez.

Oh, c’est encore le cas. 80 %des gens ne comprennent pas ce que je fais. J’ai présenté beaucoup de défilés avec une quantité considérable d’éléments et, aujourd’hui, quelqu’un pourrait en reprendre un seul et le décliner sur une collection entière. Me cantonnerà une seule idée, je n’ai jamais pu le faire.

Vous aimez tous les corps.Vous avez métamorphosé le vôtre, mais également celui des autres…

Pour les femmes, je suis toujours parti de la réalité. La beauté existe sous toutes ses formes, à tout âge, partout dans le monde. Je me suis attaché à souligner certaines lignes, à en gommer d’autres, à jouer sur les proportions qui permettent à chacune de se sentir plus forte et conquérante. La vie est une mise en scène de soi permanente, et j’ai créé des armures de beauté comme un «outil» de représentation, de respect de soi et des autres. Quant à moi, après des années à malmener mon corps, j’ai décidé d’opérer une transformation indispensable et de retrouver un véritable équilibre global. Il est plus difficile qu’on ne le croit de se tenir vraiment droit, vraiment aligné, étiré vers le haut, bien sur ses jambes tendues et bien placé sur ses plantes de pieds. J’ai donc travaillé mon corps de manière intensive, muscle par muscle, geste après geste, pour trouver cet équilibre nécessaire. Littéralement, du body sculpting, que je complète par des étirements intensifs journaliers,en accord avec la respiration - une sorte de méditation -, ainsi qu’une hygiène et un équilibre alimentaire adaptés à ces pratiques sportives. Une vraie philosophie de vie.

Vous êtes un équilibriste de la photographie. Aviez-vous conscience du danger lors de vos prises de vue sans trucage ?

Je ne suis pas masochiste, mais exigeant. Comme je cherche une qualité exceptionnelle, il faut se dépasser, foncer, pour composer les ingrédients d’une très belle photographie. Ce qui me motive, c’est le voyage et la découverte, pas le danger. J’ai une bonne étoile, la quête de perfection peut être périlleuse.

Une bonne étoile, et le feu sacré…

Je l’ai toujours eu. Et il m’a aussi beaucoup étouffé. J’ai été très malheureux, par moments, très solitaire. Mais j’avançais. Je suis mû par la joie de la nouveauté. Ce qui ne m’amuse pas, je ne le fais pas.

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30 décembre 2019

Laetitia Casta

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29 décembre 2019

Julie Christie

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29 décembre 2019

La tombe d'Alain Barrière à La Trinité sur Mer - Vu aujourd'hui

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Alain Bellec, dit Alain Barrière, est un auteur-compositeur-interprète français né le 18 novembre 1935 à La Trinité-sur-Mer (Morbihan) et mort le 18 décembre 2019 à Carnac (Morbihan).

Il a connu plusieurs succès dans les années 1960 et les années 1970 dont Elle était si jolie, Ma vie et Tu t'en vas.

29 décembre 2019

Helmut Newton

newton barLe Newton Bar à Berlin

newton fondationFondation Helmut Newton à Berlin

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29 décembre 2019

Bretagne - D’où vient cette marée de billes en plastique ?

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Que sont ces petites billes en plastique qui déferlent sur nos plages ? À quoi servent-elles ? D’où viennent-elles ? Un rapport de l’association SOS Mal de Seine nous apporte une partie des réponses

Un rapport. En 2009, l’association SOS Mal de Seine, dont l’objectif est d’informer sur l’état de la pollution des milieux aquatiques, a réalisé un rapport dans le cadre du Grenelle de la mer et des déchets en milieu aquatique. Ce rapport portait notamment sur les granulés plastiques industriels comme ceux qui ont été rejetés par la mer, D’après le rapport, la présence de cette matière plastique de synthèse est scientifiquement observée depuis les années 70 sur toutes les plages du Monde.

Origine et utilisation.. Ces granulés plastiques industriels sont des petites billes, dont la taille est inférieure à 10 mm. Ils peuvent être de toutes les couleurs, mais la plus rencontrée s’avère le blanc translucide. Ces billes sont destinées à être fondues puis transformées en objets : sac plastique, jouets pour enfants, meubles de jardin, bouteilles de shampoing…

Les causes de l’échouage. Selon toute vraisemblance, la marée de billes constatée actuellement sur nos plages a été provoquée par le container d’un cargo qui serait tombé à l’eau avant de déverser ses petites boules. À terre, les fuites peuvent être provoquées par des incidents de manutention, de chargement, de transport… Les granulés plastiques rejoignent ensuite les canalisations, puis les rivières, les mers ou océans.

Billes mortelles pour les oiseaux. « 95 % de ces oiseaux marins retrouvés morts dans la Manche et la Mer du Nord ont du plastique dans l’estomac, peut-on lire dans le rapport de SOS Mal de Seine. Les scientifiques retrouvent des granulés industriels dans certaines dissections. Ces plastiques ingurgités ont naturellement des conséquences négatives pour la reproduction et la survie de l’oiseau… ». Confondant ces billes avec des œufs pour se nourrir, les poissons sont aussi contaminés en avalant ces granulés.

Que faire ? L’association SOS Mal de Seine, préconise « d’exercer des surveillances sur les sites de production industrielle ». « Il convient, ajoute-t-elle, d’améliorer les conditions de confinement pendant la fabrication, la transformation et le transport multimodal (…). L’Union Européenne doit réglementer la production, le conditionnement, le transport et l’usage de ces granulés plastiques industriels… ». À noter que la Thaïlande va interdire l’importation, la production et la vente de produits cosmétiques contenant des microbilles de plastique, à compter du 1er janvier 2020.

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