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Jours tranquilles à Paris
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3 février 2020

En Chine, des expatriés touchés par la dépression

depression chine

THE NANJINGER (NANKIN)

Isolement, frustrations, stress… En Chine, les expatriés sont souvent guettés par la dépression. Si le problème n’est pas nouveau, il s’aggrave à mesure qu’il devient plus difficile de se faire une place dans la société chinoise en mutation.

Les étrangers quittent la Chine. Le jadis enchanteur Empire du milieu a perdu quelque peu de son charme qui lui permettait d’attirer tant d’expatriés. Ceux-ci sont désormais plutôt enclins à rentrer chez eux ou à choisir une autre destination. Parmi les raisons de ce choix figurent les problèmes de dépression qui touchent certains expatriés.

En 2018, le nombre d’étrangers à Nankin frôlait les 19 000 personnes, selon les données du département en charge de la population entrante et sortante au Bureau de la sécurité publique de Nankin, mais aujourd’hui, il est plus proche de 16 000.

Dans l’intervalle, la Chine a beaucoup changé, encore une fois. La grande différence est qu’il est de nos jours beaucoup plus difficile de faire des affaires en Chine. Ce n’est d’ailleurs pas seulement vrai pour les expatriés, c’est un phénomène général.

La difficile adaptation culturelle

Il n’en reste pas moins que les étrangers en Chine se trouvent dans une situation un peu particulière. Nous sommes régulièrement pris en photos par les Chinois. On s’entend aussi souvent dire qu’on est trop vieux, trop gros ou que notre peau est trop foncée – et cela peut laisser des traces ! Comme le souligne l’auteure du blog Life Behind the Wall [Ma vie derrière le mur] qui habite à Hangzhou, “avoir à faire face à ce genre de choses chaque fois qu’on sort de chez soi ou qu’on se rend à l’épicerie a de quoi porter un rude coup à l’amour-propre, même chez quelqu’un de très fort moralement !”

Le stress et le manque de satisfactions professionnelles sont souvent évoqués parmi les facteurs principaux expliquant un départ anticipé de Chine.”

Ceux qui restent sont chaque jour aux prises avec des problèmes d’adaptation culturelle et beaucoup fonctionnent à capacité réduite. De ce fait, la dépression touche en Chine un beaucoup plus grand nombre de personnes que l’on ne pense souvent.

Comme l’explique un autre article de notre journal, “Expat Nightmares ; Cross-Cultural Adaptation “(“Le cauchemar des expatriés, l’adaptation transculturelle”), ce sont les épouses – ou époux, car ce ne sont pas toujours des femmes – des cadres nommés en Chine qui ont le plus de mal à s’adapter. Certains de ces “conjoints entraînés de force” avaient auparavant une vie professionnelle bien remplie qu’ils ont dû bien souvent quitter pour cette “occasion unique dans une vie” que la Chine est censée représenter.

Sans leur cercle d’amis et isolés dans un milieu apparemment très hostile, la dépression les guette. L’alcoolisme est monnaie courante et certains sombrent dans la drogue et les jeux d’argent, ces derniers étant d’un accès très facile.

Quand désillusions et frustrations s’accumulent

Pour les étrangers qui ont peu ou pas de contact avec d’autres expatriés, le manque d’amis constitue un véritable problème. La notion d’amitié en Chine est très différente de celle que l’on a en Occident. On sort beaucoup moins entre amis en Chine que dans les pays occidentaux. En général, on se contacte uniquement lorsqu’on a besoin de quelque chose ou pour se soutenir mutuellement. En ce qui me concerne, j’ai par exemple des amis chinois que je n’ai pas revus depuis plus de dix ans.

En outre, rares sont les étrangers en Chine qui, sachant qu’ils ne sont sur place que pour une durée limitée, cherchent à nouer des vrais liens d’amitié avec les habitants locaux.

Il est vrai aussi qu’en Chine les désillusions font le lit des états dépressifs. En dehors de la barrière de la langue, certains tracas de la vie quotidienne peuvent facilement paraître accablants. Ainsi, les difficultés pour accéder aux sites Internet et aux réseaux sociaux occidentaux, pour trouver des légumes ou pour se déplacer sont autant de sources de frustrations qui peuvent s’accumuler.

Cependant, il est beaucoup trop facile d’accuser uniquement la Chine.

Que ceux (celles) qui se sentent sous pression se souviennent qu’ils ne sont pas les seuls, et que le problème n’est pas nouveau… ! Dans le tout premier numéro de ce journal, en 2010, Cheryl Malloy, une coach professionnelle et personnelle, écrivait déjà :

C’est votre problème et vous devez faire avec. Le problème, ce n’est pas la Chine, ni votre travail, ni vos amis (ou le manque d’amis). Le problème, c’est le vôtre et vous seul pouvez le résoudre. Vous ne pouvez pas changer ce qui est extérieur à vous, et encore moins la Chine.”

Quelques adresses où les expats peuvent se faire aider

Si vous souffrez effectivement d’une forme de dépression, c’est aussi peut-être parce que vous ne sortez pas de votre carcan. Voici quelques nouvelles orientations faciles à adopter pour vous sentir mieux :

Trouvez un passe-temps. Apprenez à jouer d’un instrument chinois traditionnel ou à faire de la calligraphie. Discutez avec vos amis restés dans votre pays natal. Cela vous permettra de vous rappeler pourquoi vous avez choisi cette aventure qu’est la Chine. Mangez des hémérocalles (lys d’un jour). Cette fleur parfumée qui fleurit une fois par jour est connue pour traiter efficacement les tumeurs, les ulcères, les conjonctivites, l’insomnie et la dépression. Voyez les choses du bon côté. Suivez le conseil de Cheryl Malloy : “Décidez aujourd’hui de sortir de votre carcan, en considérant que votre vie mérite d’être davantage excitante et réussie, et vous y arriverez !”

Enfin, il convient de rappeler que les conjoint(e)s “entraîné(e)s de force” sont ceux qui ont le plus à gagner d’une nouvelle affectation. Ils ont en effet le temps d’explorer tout à loisir leur nouveau pays, de se faire des amis dans la population locale et d’adhérer à des clubs ou à des associations regorgeant de personnes dans le même sac qu’eux.

Si l’on peut juger parfois écrasant le développement rapide de la Chine, il a permis également de disposer d’une aide plus proche. Ainsi, Nankin manque certes de professionnels proposant des conseils de toutes sortes pour déstresser les expatriés, mais ce n’est pas le cas de Shanghai :

L’Association internationale de Shanghai pour la santé mentale (The Shanghai International Mental Health Association) offre ce type de prestations à destination de la communauté étrangère à Shanghai. Sur son site web, on trouve une liste de thérapeutes de toutes nationalités qui exercent à Shanghai, ainsi que leurs compétences.

Lifeline Shanghai offre un service d’assistance gratuit, confidentiel et anonyme de 10 heures à 22 heures, tous les jours. On peut les appeler au 400 821 1215, ou visiter leur site web pour les contacter via un chat en ligne.

Par ailleurs, les Alcooliques anonymes (Alcoholics Anonymous) se réunissent à l’Alano Club, au 200 Zhenning Lu à Puxi.

Plus près de chez nous se trouvent également le Club international de Nankin (Nanjing International Club) et l’Association du département des affaires étrangères de Nankin (Nanjing Foreign Affairs Service Association).

Frank Hossack

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Source

The Nanjinger

http://www.thenanjinger.com/

The Nanjinger est un magazine mensuel anglophone fondé en 2010 et distribué à Nankin, en Chine. Son site est mis à jour quotidiennement.

Le magazine comme le site s’adressent principalement aux expatriés.

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14 mai 2020

Macron-Philippe : la règle du jeu

alain duhamel

Par Alain Duhamel

Les relations souvent conflictuelles entre président et Premier ministre de la Ve, surtout si ce dernier a des ambitions présidentielles, conduisent à se demander si un régime aussi présidentiel ne fonctionnerait pas mieux sans Premier ministre…

En France, il n’y a pas de tandem politique heureux au sommet de l’Etat. C’est la malédiction de la dyarchie qui nous gouverne, quelle que soit la couleur politique, quelles que soient les circonstances : les tensions entre le président de la République et le Premier ministre sont inévitables. Dans les régimes parlementaires européens où le chef de l’Etat n’a qu’un rôle modeste et où le chef du gouvernement détient l’essentiel du pouvoir exécutif, les relations sont en général apaisées. Les difficultés viennent plutôt des rapports entre partenaires au sein des coalitions. Ici, avec notre régime néoprésidentiel, les tiraillements, les crispations, voire les orages entre l’Elysée et l’Hôtel de Matignon affleurent ou s’affichent éternellement. Le couple Macron-Philippe a beau être l’un des plus soudés, comme le furent ceux que formaient le général De Gaulle et Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing et Raymond Barre ou encore François Mitterrand et Pierre Mauroy, il n’échappe pas à la règle. Edouard Philippe est la loyauté même, Emmanuel Macron le consulte sans cesse, leurs rapports sont directs, cordiaux, bien moins protocolaires qu’à la génération précédente, cela n’empêche en rien les désaccords. Qu’ils s’agissent des gilets jaunes, des retraites ou du coronavirus, chaque crise provoque des divergences : Macron est plus fluctuant, Philippe est plus raide. Le Président aime le risque, le Premier ministre préfère la méthode. L’un choisit de s’exposer, l’autre préfère exposer. La hiérarchie est toujours respectée mais la décision n’en est pas moins partagée. Le Président est créatif, voire téméraire, le Premier ministre est réaliste, voire vétilleux. Les modalités de l’entrée en confinement n’avaient pas évité les couacs, le déconfinement relatif ne les évite pas plus. Le duumvirat n’est pas un chemin tranquille. Il ne l’a jamais été.

Le Général et Michel Debré, même si le second éprouvait une passion politique absolue pour le premier, se sont durement affrontés sur l’Algérie. Le Général et Georges Pompidou, quelle qu’ait été la force de leurs liens, ont franchement divergé en mai 1968. Le président Pompidou et Jacques Chaban-Delmas, deux gaullistes gaulliens, ont divorcé avec fracas. Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac, que tout distinguait, ont rompu violemment. Valéry Giscard d’Estaing et Raymond Barre, que tout rapprochait, ont mal vécu leurs dernières années communes. François Mitterrand et Pierre Mauroy, si proches, n’ont pas eu les mêmes réflexes lors de la grande crise monétaire de 1983. Avec Laurent Fabius, son dauphin de cœur, l’homme de Latche a plus d’une fois grincé. Avec Michel Rocard, il a formé le pire couple de gauche. Le tandem Chirac-Villepin a été ponctué d’éclats incessants. Nicolas Sarkozy a asservi François Fillon. François Hollande et le fidèle Jean-Marc Ayrault se sont opposés sur la réforme fiscale. Avec Manuel Valls, les crispations se sont peu à peu durcies. Sous la Ve République, entre le président et le Premier ministre, la règle du jeu est l’alliance conflictuelle.

Avec néanmoins deux versions, selon qu’émerge ou pas une ambition présidentielle chez le Premier ministre. Si oui, l’entente se disloque. Si non, les tensions se supportent. Entre Pompidou et le Général, la confiance s’est érodée lorsque le meilleur Premier ministre de la Ve a commencé à songer, tout l’y poussait, à l’Elysée. Même chose avec Chaban-Delmas qui piaffait, puis Chirac qui ruait. En revanche, pas d’objectif présidentiel chez Pierre Messmer, Raymond Barre (en 1981) ou Pierre Mauroy, donc des tensions ou des crispations beaucoup plus maîtrisables. Les cohabitations (Mitterrand-Chirac, Mitterrand-Balladur, Chirac-Jospin) ont, elles, par principe, opposé deux logiques présidentielles et ont donc été tumultueuses. Michel Rocard, Premier ministre de François Mitterrand sous son second septennat, n’était pas un rival direct puisque le Président n’allait pas se représenter en 1995 mais son ambition présidentielle assumée aigrissait ses rapports déjà difficiles avec un chef de l’Etat qui le soupçonnait de ne songer qu’à sa popularité personnelle. De même, si Chirac terminait lui aussi son second mandat et s’il avait plus d’amitié pour Villepin que Mitterrand pour Rocard, l’appétit présidentiel du Premier ministre rendit plus ambigus les rapports entre les deux hommes. Un chef de gouvernement qui regarde fixement en direction de l’Elysée est un Premier ministre à problèmes. Emmanuel Macron et Edouard Philippe n’en sont pas là. Même si l’extrême instabilité, l’extrême imprévisibilité de la période actuelle interdit d’exclure quelque hypothèse que ce soit, le Président et le Premier ministre ne se situent pas jusqu’ici en position de rivalité. Leurs dissentiments relèvent beaucoup plus, outre leurs profondes différences de tempérament, de la fatalité des tensions entre deux têtes pour un seul pouvoir. Ce qui incite à se demander, comme l’a fait Hollande, si un régime officiellement présidentiel, donc sans Premier ministre, n’est pas dans la logique de la Ve République, a fortiori depuis l’instauration du quinquennat.

31 janvier 2020

Paris Match

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Il y a du panache dans ce regard d’ébène. Lorsque Rachida Dati s’engage dans la bataille, en novembre, son camp n’y croit déjà plus. La raclée macroniste aux européennes est passée par là. Mais la tranchante maire du VIIe ne s’avoue jamais vaincue. L’institut Odoxa lui promet désormais 20 % des voix, trois points de moins que la maire sortante, mais nettement plus que Benjamin Griveaux, le fidèle d’Emmanuel Macron. Elle a contre elle un parfum tenace de dilettantisme et une enquête judiciaire du Parquet national financier. Mais, à son actif, une envergure nationale et une combativité admirée y compris par ses détracteurs. Elle en aura besoin pour relever le défi qui l’attend : mettre fin à près de vingt ans de défaites de la droite à Paris.

30 janvier 2020

Actuellement au Centre Pompidou

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Pourquoi il faut aller voir l'expo de Christian Boltanski au Centre Pompidou 

Au Centre Pompidou, la rétrospective “Faire son temps” consacrée au plasticien français parcourt cinquante années de création réunies dans une scénographie immersive invitant à effectuer sa propre traversée initiatique.

A l'instar de la pollution lumineuse qui masque les étoiles depuis les grands centres urbains, le bain perpétuel d'images oblitère le mystère éternel de l'existence humaine. Et pourtant, quelque chose palpite encore. Quelque chose de primordial. Des peurs enfouies, des émotions fragiles, des mythes ancestraux. Qui, pour peu que l'on ose regarder sous la surface, et au plus profond de soi, persistent comme au premier jour, révélant un substrat d'humanité ténu comme une lueur vacillante aperçue au creux de l'obscurité, ou encore comme le battement sourd d'une pulsation cardiaque.

Pour les retrouver, ces sensations enfouies sous la carapace de l'homme moderne bardé d'extensions technologiques, il suffit de peu. De franchir un seuil, à partir duquel serait conclu un pacte : nul ne pénètre ici s'il n'est disposé à se retrouver seul avec soi-même, à accueillir sa part d'ombre, et les spectres et fantômes qui la peuplent. D'ailleurs, la mise en garde est explicite.

Au-dessus de l'accueil de l'exposition de Christian Boltanski au Centre Pompidou, le début du parcours est épelé en ampoules rouges : "DEPART". Il y aura une "ARRIVEE" (ampoules bleues), mais avant cela, avant de revenir à la lumière ordinaire, il faudra s'être immergé dans le royaume des ombres, se soumettre au périple initiatique. Se souvenir, dériver, plonger, flotter, mourir un peu.

Fil d'Ariane

Faire son temps, le titre de l'exposition, réunit quarante œuvres du plasticien français déjà consacré par Beaubourg il y a trente-cinq ans. Le parcours est chronologique, ou s'ouvre du moins par ses toutes premières œuvres. L'une des rares peintures que l'on connaisse de l'artiste, La Chambre ovale (1967), rappelle son parcours d'autodidacte. A l'époque où il réalise cette toile, il a 23 ans et tourne définitivement le dos à la peinture. Déjà, on reconnaît certaines de ses obsessions.

Sur une étendue lunaire baignée d'une lueur rouge est assise une figure noire oblongue, seule, pensive. Plate comme une poupée de chiffon, elle ne peut marcher, enfermée dans l'antichambre de la mémoire. L'introspection peut commencer.

En vis-à-vis, quelqu'un dans la vidéoL'homme qui tousse (1969) éructe bruyamment. Le périple ne sera pas simple, mais pour l'instant, c'est un homme qui se fait le passeur, et le guide. La série de photographies en noir et blanc 27 Possibilités d'autoportraits (2007) le rappelle, il sera d'abord question d'emboîter le pas à l'artiste, de suivre sa propre quête initiatique, lui dont les battements de cœur semblent résonner tout au long du parcours comme un fil d'Ariane.

Il y a, en effet, dans la production de plus d'un demi-siècle de l'artiste, trois grandes périodes. La première commence par les bricolages et reconstitutions du tournant des années 1970, les Essais de reconstitution ou les Vitrines de référence qui touchent à sa propre enfance.

ChristianBoltanski-2.jpg“Animitas Blanc”, 2017, Christian Boltanski © DR/Adagp, Paris, 2019

Dans des vitrines grillagées, Christian Boltanski s'y livre à des tentatives de gripper la disparition de ses premiers souvenirs, en pâte à modeler (un train électrique, une bouilloire) ou en rassemblant de menus objets (brindilles, photos, gribouillages). De ce musée individuel, il augmente peu à peu l'ampleur. Parler de soi certes, mais pour parler des autres, et de tous. En cherchant le commun, l'artiste élague, précise, synthétise son vocabulaire.

Rapidement, on perd le fil chronologique, emporté par la scansion des motifs qui font de son parcours artistique non pas une ligne droite, mais un cycle. A se perdre, à tourner en rond, à errer parmi les voiles de gaze (Les Regards, 2011) et les théâtres d'ombres (Théâtres d’ombres, 1984-1997), la scénographie y invite. Plongé dans la pénombre, on suit la lumière ronde et douce qui provient des œuvres elles-mêmes.

En 1989, après la mort de ses parents, l'artiste entre dans une seconde phase de création, centrée autour de la généalogie. A celle-ci succédera une troisième, élargissant encore, par cercles concentriques, à l'invention de mythes et de paraboles. Sans surprise, Christian Boltanski ne cite pas ou peu d'artistes plasticiens parmi ses sources d'influence, préférant inscrire ses recherches sous l'égide des arts de la scène : la danse (Pina Bausch) et le théâtre (Tadeusz Kantor).

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La cohorte des disparus

Au Centre Pompidou, chacune des œuvres vaut moins par elle-même qu'elles n'appellent ensemble une ritournelle. Des photographies de l'artiste, de sa famille ou de celle de ses proches on passe aux noms et visages des mineurs qui travaillaient entre 1920 et 1940 au Grand-Hornu (Les Registres du Grand-Hornu, 1997) et aux cohortes des disparus, nazis et victimes de la Shoah réunis par la mort (Menschlich, 1994).

Visages, regards, lueurs d'ampoules, registres administratifs de vies vécues, boîtes de biscuits à souvenirs, mais aussi une montagne de vêtements empilés, ici d'un noir charbon (Le Terril Grand-Hornu, 2015), rappelant ceux de Personnes de la Monumenta au Grand Palais en 2010 ou de Take Me (I'm Yours)à la Monnaie de Paris en 2015.

Peu à peu, on s'oublie, et l'on se réhabitue à imaginer l'autoportrait sans le selfie, la mémoire sans le moteur de recherche, la mort sans le transhumanisme. Il est alors presque temps de se reconnecter au monde réel, tel qu'il va ici-bas, aujourd'hui, dehors. Mais pas avant de s'être accordé un ultime moment de grâce, par l'entremise du point d'orgue ménagé par les deux œuvres les plus récentes de l'artiste : les Animitas (2014 et 2017), tournées l’une dans le désert d’Atacama, au Chili, l’autre dans nord neigeux du Québec, où tintent doucement les clochettes d'âmes disparues.

Faire son temps jusqu'au 16 mars au Centre Pompidou, Paris

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Voir et lire mes précédents billets sur Christian Boltanski : http://jourstranquilles.canalblog.com/tag/christian%20boltanski

 

29 janvier 2020

helmutnewtonfoundation HELMUT NEWTON WORKS

newton

January 30, 2020 to May 3, 2020

Opening on January 29th at the GAM - Civic Gallery of Modern and Contemporary Art of

Turin.

Curated by Matthias Harder director of Helmut Newton Foundation, Berlin, who has selected 68 photographs designed to provide a comprehensive overview of the long career of this great photographer whose truly unique visual concepts have, from the very beginning, never ceased to amaze and make a sensation. The result is an exceptionally characteristic and accomplished body of work that has reached a public of millions through magazines and books.

"Spanning more than five decades, the work of Helmut Newton defies categorization. Newton transcended genres, bringing elegance, style, and voyeurism to fashion, beauty, and glamour photography for an oeuvre that remains as inimitable as it is unrivaled", stated Matthias Harder.

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helmutnewtonfoundation HELMUT NEWTON

30 janvier 2020 au 3 mai 2020

Ouverture le 29 janvier au GAM - Civic Gallery of Modern and Contemporary Art of

Turin.

Organisé par Matthias directeur de la Fondation Helmut Newton, Berlin, qui a sélectionné 68 photographies conçues pour fournir un aperçu complet de la longue carrière de ce grand photographe dont les concepts visuels vraiment uniques ont, dès le début, n'a jamais cessé d'étonner et de faire sensation. Le résultat est un travail exceptionnellement caractéristique et accompli qui a atteint un public de millions de personnes à travers des magazines et des livres.

« S'étendant sur plus de cinq décennies, le travail d'Helmut Newton défie la catégorisation. Newton a transcendé les genres, apportant élégance, style et voyeurisme à la mode, la beauté et la photographie glamour pour une œuvre qui reste aussi inimitable qu'inégalée », a déclaré Matthias.

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28 janvier 2020

5G : l’Anses pointe un « manque important de données », ONG et scientifiques réclament un moratoire

5g

Par Stéphane Mandard

L’Agence de sécurité sanitaire remet un premier rapport sur les risques liés à la nouvelle technologie de téléphonie mobile, attendue en France en fin d’année.

La 5G arrive en France avec ses promesses de révolutionner les usages liés à la téléphonie mobile, de la voiture autonome à la chirurgie à distance. Les premières offres sont attendues à la fin de l’année. L’autorité de régulation des télécoms a lancé le 30 décembre 2019 la procédure d’attribution de fréquences dans la nouvelle bande 3,5 GHz. Son déploiement s’accompagne cependant de nombreuses interrogations sur ses effets sanitaires et environnementaux.

Pour y répondre, les ministères de la santé, de l’écologie et de l’économie ont saisi en juillet 2018 l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) afin d’évaluer les risques liés à l’exposition de la population aux champs électromagnétiques découlant de cette technologie qui permettra de transférer des données mobiles en plus grande quantité et à plus grande vitesse.

Dans un rapport préliminaire publié lundi 27 janvier, l’Anses conclut à « un manque important voire à une absence de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels liés aux fréquences autour de 3,5 GHz ». En d’autres termes, à ce stade, il lui est donc impossible d’évaluer les risques liés à la 5G. Aussi, elle demande aux opérateurs de fournir toutes les informations techniques afin de pouvoir caractériser les niveaux d’exposition.

« Aujourd’hui, on ne peut pas encore dire si les Français seront davantage exposés aux champs électromagnétiques. Le niveau d’exposition va beaucoup dépendre de l’usage qui sera fait de la 5G, commente Olivier Merckel, chef d’unité d’évaluation des risques liés aux agents physiques à l’Anses. Tant que le déploiement n’est pas fait, nous pouvons seulement faire des simulations à partir de différents scénarios d’exposition. »

C’est ce travail auquel va désormais s’atteler l’Anses, dont le rapport définitif n’est pas attendu avant le premier trimestre 2021. « Pour estimer l’exposition, nous avons besoin de savoir quel type d’antenne sera déployé, avec quelle puissance, dans quelle direction, détaille le chercheur. Selon les données des opérateurs, les niveaux seront limités dans l’espace par rapport au réseau actuel mais l’usager sera a priori plus exposé puisque soumis à plus de puissance et plus de débit à travers son smartphone. »

En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer a classé les radiofréquences comprises entre 30 kHz et 300 GHz comme cancérogène possible pour l’homme. « Aujourd’hui, il y a des incertitudes sur les effets à long terme d’une utilisation intensive du téléphone portable. Certaines études montrent des excès de risque pour les cancers ou les tumeurs du cerveau », note Olivier Merckel. Les effets sont-ils les mêmes à 3,5 GHz ? C’est l’une des questions auxquelles nous allons essayer de répondre. »

Demande de moratoire

Ce rapport devrait donner des arguments supplémentaires à ceux qui réclament un moratoire sur le déploiement de la 5G. Les associations Agir pour l’environnement et Priartem-Electrosensibles préparent un recours devant le Conseil d’Etat afin de faire annuler l’arrêté du 30 décembre 2019 relatif aux modalités d’attribution de fréquences dans la bande 3,5 GHz. Elles ont lancé une pétition, « Stop à la 5G », vendredi 24 janvier. « Une fois de plus, la France fait les choses à l’envers : on déploie d’abord la 5G et après on regarde s’il y aura des impacts, déplore François Lafforgue, l’avocat des associations. Au nom du principe de précaution, une évaluation environnementale et sanitaire aurait dû être lancée. »

Une hyperconsommation numérique et énergivore

Dans une analyse publiée le 22 janvier dans la revue Molecular and clinical oncology, le professeur d’oncologie Lennart Hardell et son collègue Rainer Nyberg réclament également un moratoire. Depuis un appel lancé en septembre 2017 avec plus de 260 chercheurs et médecins, ils exhortent l’Union européenne (UE) à geler le déploiement de cette technologie tant que des études indépendantes n’auront pas été menées sur les risques sanitaires. Deux ans et demi plus tard, les chercheurs estiment que « les réponses de l’UE ont jusqu’ici privilégié les profits de l’industrie au détriment de la santé humaine et de l’environnement ».

La présidente de Priartem-Electrosensibles de France, Sophie Pelletier, relaie une autre critique, sociétale : le déploiement de la 5G va entraîner une hyperconsommation numérique et énergivore, à rebours des objectifs de modération pour atténuer le changement climatique. « Alors que la sobriété énergétique est inscrite dans la loi, on sait déjà que ce déploiement augmentera la consommation électrique, de l’ordre de 10 TWH, soit l’équivalent d’une centrale comme Fessenheim », déplore-t-elle. Le think tank The Shift Project, qui travaille sur les impacts environnementaux du numérique, estime qu’avec la 5G, la consommation d’énergie des opérateurs mobiles sera multipliée par 2,5 à 3 dans les cinq ans à venir, soit une augmentation de 2 % de la consommation d’électricité du pays.

29 janvier 2020

Municipales 2020 : à Paris, “le Marais gay est en train de mourir”

gay marais elections municipales

Vu du Royaume-Uni

THE GUARDIAN (LONDRES)

Dans le quartier du Marais touché par la spéculation immobilière et le tourisme de masse, de plus en plus de petits commerces et de bars gays historiques sont forcés de mettre la clé sous la porte. En témoigne le départ de la célèbre librairie Les Mots à la bouche, s’attriste The Guardian.

Dans la vitrine de la plus célèbre librairie gay de l’Hexagone, au-dessus des livres d’art consacrés à Lucian Freud, des mémoires de Maria Callas et d’un ouvrage retraçant l’histoire du mouvement gay, une affiche en grosses lettres rouges proclame : “Patrimoine culturel en danger.” Sur la porte, une affichette implore : “Nous avons besoin de votre aide !”

Véritable institution parisienne depuis 40 ans, ‘Les Mots à la bouche’ est la première librairie LGBT de France et, dit-on, l’une des meilleures au monde – une adresse phare du Marais, le quartier gay de Paris. Mais, à l’heure où la spéculation immobilière bat son plein dans le centre de la capitale (à certaines périodes de l’année, on dénombrerait plus de locations Airbnb que d’habitants dans le Marais), la librairie se voit boutée hors du quartier par la hausse des loyers.

“Le Marais gay est en train de mourir”

Son départ est un coup dur pour la communauté gay de Paris, et les militants redoutent que le cœur de Paris ne soit en train de perdre son identité, à mesure que les boutiques de mode haut de gamme, ciblant les touristes fortunés, chassent les petits commerces, dont les bars gays.

Pour la vedette locale de cabaret, Yvette Leglaire, “le Marais gay est en train de mourir”. L’office du tourisme de Paris a beau vendre le quartier comme “un petit village authentique mais branché”, sa scène gay, qui date des années 1980, à l’époque où le quartier était encore ouvrier, miteux et bon marché, s’étiole peu à peu. Plusieurs bars gays historiques ont baissé le rideau ces dernières années, remplacés par des enseignes de mode comme Lacoste ou Chanel.

Le Marais juif, autour de la rue des Rosiers, n’est pas épargné, le montant des loyers commerciaux y ayant doublé entre 2012 et 2018. Certains craignent que, comme à Barcelone ou Venise, la spéculation immobilière et l’appât du gain né de l’afflux de touristes, ne dépossèdent le cœur de Paris de son originalité et de son attrait. Un habitant de vieille date déplore de voir l’invasion de boutiques de mode transformer peu à peu le Marais en “duty free géant en plein air”.

Sébastien Grisez, le gérant des ‘Mots à la bouche’, soupire :

La mairie de Paris vante l’histoire gay du Marais et a fait peindre les carrefours aux couleurs de l’arc-en-ciel, mais ça paraît absurde de ne plus avoir notre librairie ici.”

L’établissement, installé dans le Marais depuis 1983, est ouvert sept jours sur sept jusqu’à 23 heures et possède plus de 16 000 titres. Mais, comme bon nombre de bars gays historiques qui ont fermé sous la pression des loyers, il se voit obligé de trouver une nouvelle adresse à Paris, avant le mois de mars. Si l’on en croit la rumeur, c’est une boutique de chaussures Doc Martens qui prendrait sa place.

La fin d’une époque

Sébastien Grisez se souvient :

Il y a dix ans, il y avait bien plus de bars gays ici. Aujourd’hui, il n’en reste que quelques-uns. C’est vrai que la sociologie gay est en train de changer – les gens sont plus éparpillés. Comme on peut se rencontrer sur des applis, on ressent peut-être moins le besoin de se rencontrer dans les bars. Mais il n’empêche que les gens regrettent la disparition des lieux de rencontre du quartier.”

Alain Lesturgez travaille à la Fédération nationale des communes forestières et fréquente la librairie depuis vingt ans. Il explique : “Ce déménagement marque la fin d’une époque. C’est un endroit où le libraire prenait le temps de vous conseiller. Autrefois, ça grouillait de vie dans le Marais. Aujourd’hui, à cause des enseignes de luxe, le quartier ressemble à plein d’autres dans le monde.”

Le quartier perd son âme

À l’Open Bar, une adresse gay historique, Sébastien Fossa, militant des droits LGBT et patron des lieux, commente : “Le quartier perd son âme à vue d’œil. Au départ, c’était un quartier ouvrier. Petit à petit, l’arrivée des marques de luxe a cassé la dynamique qu’il y avait ici.”

Fayçal Khiatine, le patron du Cox, le bar gay voisin, renchérit : “Quand une librairie s’en va, c’est la vie quotidienne du quartier qui en pâtit.”

Christian Ducou, qui est né et qui a grandi dans le Marais ouvrier des années 1950 et 1960, avise par la fenêtre de sa cuisine une boutique Calvin Klein flambant neuve, sur deux étages. L’homme a connu l’époque où les enfants jouaient dans la rue et où la plupart des appartements avaient des salles d’eau communes sur le palier et pas de toilettes. “Le premier riche que j’ai vu, c’était le photographe Helmut Newton, quand il a emménagé ici”, se souvient-il.

Spéculation immobilière et tourisme de masse

Son épouse, Liliane, soupire :

Curieusement, ces boutiques de luxe sont souvent vides. C’est comme si elles avaient uniquement été ouvertes pour avoir une adresse dans le Marais. Le quartier n’a tout simplement pas l’air de convenir à ce type de boutiques. On a des petites rues étroites où les limousines ne peuvent pas se garer et ils mettent des boutiques hors de prix qu’on attendrait plutôt sur les boulevards, où les voitures avec chauffeur peuvent attendre dehors.”

À l’approche des municipales qui auront lieu au printemps, les politiques se demandent comment sauver l’âme du cœur de Paris de la spéculation immobilière et du tourisme de masse – à supposer qu’il soit encore temps.

La fin du cocon

Pour David Belliard, candidat écologiste, le fait que ‘Les Mots à la bouche’ soit obligé de partir du Marais montre bien que la capitale française se dénature et “ne s’adresse plus aujourd’hui qu’aux touristes”.

Le maire socialiste du IVe arrondissement a promis d’aider la librairie à trouver une nouvelle adresse mais, alors que la date butoir de mars approche, on ne voit toujours rien venir.

Comédien de profession, Sébastien Raymond témoigne : “Cette librairie a toujours fait l’effet d’un cocon. On savait qu’on serait accepté ici. On se sentait à l’abri.”

Angelique Chrisafis

Source

The Guardian

LONDRES www.theguardian.com

L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui abrite certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Orienté au centre gauche, il se montre très critique vis-à-vis du gouvernement conservateur.

Contrairement aux autres quotidiens de référence britanniques, le journal a fait le choix d’un site en accès libre, qu’il partage avec son édition dominicale, The Observer. Les deux titres de presse sont passés au format tabloïd en 2018. Cette décision s’inscrivait dans une logique de réduction des coûts, alors que The Guardian perdait de l’argent sans cesse depuis vingt ans. Une stratégie payante : en mai 2019, la directrice de la rédaction, Katharine Viner, a annoncé que le journal était bénéficiaire, une première depuis 1998.

27 janvier 2020

Nécrologie - Michou, figure de la nuit parisienne, est mort

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Par Edouard Pflimlin

De son vrai nom Michel Georges Alfred Catty, il avait créé son cabaret à Montmartre en 1956. Avec son spectacle de travestis, son établissement est devenu, au fil des années, un haut lieu des nuits parisiennes.

C’était une des figures de Montmartre et des nuits parisiennes. Rendu célèbre par son cabaret, ses vestes, ses cravates et ses lunettes bleu pétrole, Michou est mort dimanche 26 janvier à l’âge de 88 ans « dans un hôpital à Paris », a annoncé son attaché de presse François Deblaye.

De son vrai nom Michel Georges Alfred Catty, Michou, contraction de « Mimi », comme l’appelait sa grand-mère, et de « Chouchou », comme le surnommaient affectueusement ses amis, est né le 18 juin 1931 à Amiens (Somme). Il arrive à Paris en 1949, alors qu’il n’a que 17 ans. Après différents petits boulots, de garçon de café à vendeur de journaux à la criée, il reprend en gérance le bar Chez Madame Untel, au 80, rue des Martyrs, à Montmartre.

Il ouvre le 13 juillet 1956 le Cabaret Michou. Puis, en 1961, il décide de lancer avec des amis un spectacle de travestis. « Avec trois copains, on voulait faire une soirée un peu fantaisiste, et j’ai eu l’idée de dire : “Et si on se déguisait ?” Et on a fait un petit spectacle de vingt minutes », raconte-t-il en juin 2016. Il se fait appeler « Miss Glassex. Les deux autres copains incarnaient les personnages de La Grande Eugène et Phosphatine », explique-t-il en 2014 dans un entretien à Artistik Rezo.

« Nous étions tous de joyeux lurons, Eugène, Lucien et moi, prêts à tout pour épater la galerie en nous amusant. »

Spectacle très original

Les interprètes chantent en play-back les chansons de Sylvie Vartan, Edith Piaf, France Gall, Brigitte Bardot et beaucoup d’autres. L’établissement se fait connaître grâce à un article dithyrambique (« Quand Paris se travestit ») publié dans Jours de France sous la plume du journaliste et chroniqueur radiophonique Edgar Schneider. Très vite, le Tout-Paris se précipite pour voir ce spectacle assurément très original.

Le cabaret devient aussi un lieu où défilent femmes et hommes politiques, comme le rappelle Camille Vigogne Le Coat dans un article de M Le magazine du Monde (janvier 2019) : « Chez Michou, scène politique ». « Et il en a aidé certains à se faire élire », précise l’auteure, comme Alain Juppé, qui a été élu dans le 18e arrondissement de Paris, celui de Montmartre.

Dans ce cabaret, il chante également ses compositions ou celles d’autres comme Plus joli qu’une fleur (1974), Fofolle en 1978, L’Homme à femmes, également en 1978, ou encore Signé Michou en 2005. Au cinéma, il chante devant un Lino Ventura médusé dans La Bonne Année, de Claude Lelouch (1973), mais refuse le rôle de Mercedes dans La Cage aux folles (1978). Pour ses 70 ans, il sort un disque, Michou, c’est qui ?, une « chanson biographie ».

Cet homme haut en couleur a choisi la sienne, le bleu, qui habille sa garde-robe, ses peluches fétiches et décore son appartement de 150 m² avec vue sur le Sacré-Cœur. Il affiche clairement son homosexualité et vivait depuis près de vingt ans avec Erwan Toularastel.

Le champagne

Au fil des années, le spectacle incorpore de nouvelles imitations. Dans le dernier, les douze « Michettes » comme on les appelle, imitent avec une grande justesse Nolwenn Leroy, Céline Dion, Vanessa Paradis, Patricia Kaas et Dalida.

Dans son autobiographie Michou, prince bleu de Montmartre (Le Cherche Midi, 2017), il revient sur sa vie. « Né le 18 juin 1931, indique-t-il, j’ai devancé l’appel du général de Gaulle, ce qui m’a longtemps valu le surnom de “Belle du 18 juin”. » Le secret de sa réussite ? « Mon savoir-faire appris sur le tas, ma persévérance et une once de talent. » Et sans doute aussi ce qu’il appelle sa « fontaine de jouvence », deux bouteilles et demie de champagne bues chaque jour, selon son propre aveu.

Il affirme aussi sa volonté que « cette maison [son cabaret] disparaisse avec [lui]. Cela peut paraître prétentieux mais le cabaret ne [lui] survivra pas ».

Avec la mort de Michou, c’est aussi un homme généreux qui disparaît. Comme le souligne Camille Vigogne Le Coat : « Tous les mois, l’octogénaire invite des dizaines de personnes âgées à déjeuner dans son cabaret. Un hommage à sa grand-mère, amiénoise analphabète, qui l’a élevé avec tendresse, et une façon de prendre soin d’une population parfois isolée. »

Dates

18 juin 1931 Naissance à Amiens

13 juillet 1956 Ouverture du Cabaret Michou

1961 Premier spectacle de travestis

2016 Fête pour le 60e anniversaire du Cabaret Michou

2017 Publie « Michou, prince bleu de Montmartre » (Le Cherche Midi)

2020 Mort à Paris à l’âge de 88 ans

26 janvier 2020

PARIS : Elections Municipales - Cédric Villani

ALERTE-Municipales-Paris: Emmanuel Macron demande à Cédric Villani de se rapprocher de Benjamin Griveaux (Elysée)

Emmanuel Macron, qui a reçu Cédric Villani (candidat dissident LREM à Paris) lui a demandé de « se rapprocher de Benjamin Griveaux » (candidat officiel LREM), fait savoir l’Elysée ce soir.

municipales paris

28 janvier 2020

Cité Radieuse à Marseille

marseille

L'unité d'habitation de Marseille — connue sous le nom de Cité radieuse, « Le Corbusier » ou plus familièrement « La Maison du fada » est une résidence édifiée entre 1947 et 1952 par l'architecte Charles-Édouard Jeanneret, né à La Chaux De Fonds (Suisse) le 6 octobre 1887, et connu sous le pseudonyme de Le Corbusier (1887-1965).

La Cité Radieuse se trouve au 280 boulevard Michelet à Marseille dans le quartier de Sainte-Anne, dans le 8e arrondissement. Bâtie sous forme de barre sur pilotis (en forme de piétements évasés à l'aspect brutaliste), elle tente de concrétiser une nouvelle forme de cité, un « village vertical » appelé « Unité d'habitation ».

La résidence compte 337 appartements de 23 types différents séparés par des « rues intérieures » (l'appartement « type » est en duplex) et un hôtel de 21 chambres.

En juin 2013 le gymnase sur le toit est reconverti en lieu d'exposition par le designer français Ora-ïto qui y installe une fondation artistique le MaMo (Marseille Modulor).

Le site est inscrit, avec seize autres œuvres architecturales de Le Corbusier, sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2016.

15 mars 2020

Christo et Jeanne-Claude au Centre Pompidou : autour de l'emballement du Pont-Neuf

christo

"The Pont-Neuf Wrapped (Project for Paris), 1985 [Le Pont-Neuf empaqueté (Projet pour Paris)], Collection de l’artiste"The Pont-Neuf Wrapped (Project for Paris), 1985 [Le Pont-Neuf empaqueté (Projet pour Paris)], Collection de l’artiste (© Christo 1985 Photo © Centre Pompidou, Philippe Migeat)

Alors que Christo va empaqueter l'Arc de Triomphe en septembre-octobre, le Centre Pompidou s'intéresse à la période parisienne (1958-1964) de l'artiste et de Jeanne-Claude, sa femme disparue en 2009, avec qui il a toujours travaillé. L'exposition retrace aussi l'histoire du projet d'emballement du Pont-Neuf entre 1975 et 1985. Avec des œuvres d'atelier, des peintures, des Boites, des objets empaquetés... Du 18 mars au 15 juin 2020.

22 janvier 2020

L'ÉDITO de David Doukhan - Macron n’est pas Chirac

« Go out ! Go outside now ! » Emmanuel Macron, Jérusalem, 2020. « What do you want ? Me to go back to my plane, to go back to France ? », Jacques Chirac, Jérusalem, 1996. Les deux phrases sont prononcées dans la vieille ville avec colère et à l’encontre des services de sécurité israéliens. Mais elles n’ont rien à voir. Jacques Chirac reprochait aux gardes du corps de l’État hébreu de malmener les Arabes qui voulaient s’approcher du président français pour lui serrer la main. Emmanuel Macron, lui, s’est emporté pour faire respecter les frontières de la France. L’Église Sainte-Anne où était entré le policier israélien est en effet l’un des quatre territoires français de la ville sainte. Deux présidents donc, deux colères, deux scènes similaires mais sur des fondements radicalement différents. Jacques Chirac, par son emportement, incarnait cette France qui se voulait l’amie du monde arabe. Emmanuel Macron, par le sien, fait respecter la souveraineté de notre pays. Et donc ses frontières. Emmanuel Macron en a la conviction, l’élection présidentielle de 2022 se jouera en grande partie sur les sujets régaliens. Son « moment Chirac » à Jérusalem est une première pierre posée sur le chemin qu’il a déjà commencé d’emprunter et qu’il espère voir aboutir à une réélection. Le Parisien

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23 janvier 2020

Récit - Emmanuel Macron en promenade spirituelle sur les lieux saints de Jérusalem-Est

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Par Cédric Pietralunga, Piotr Smolar, Jérusalem, envoyés spéciaux

La visite du président français a été marquée, mercredi, par un léger incident avec des agents de la sécurité israélienne qui le gênaient pour entrer dans l’église Sainte-Anne, territoire français dans la vieille ville.

Vertige délicieux de l’improvisation. Sourire aux lèvres, sans se presser, Emmanuel Macron s’est promené dans la vieille ville de Jérusalem-Est, mercredi 22 janvier. Là où chaque pierre est un contentieux, là où chaque mur dit un conflit, là où le rire pénètre si peu car chacun vit à l’ombre d’un dieu, le président français a décidé de rendre hommage aux trois monothéismes. A sa façon : par sa seule volonté, en bousculant le protocole, en jouant de l’effet de surprise et d’image. L’église du Saint-Sépulcre, puis l’esplanade des Mosquées, et enfin le mur des Lamentations. Autant de sites non prévus au programme. « En ce petit lieu, tant de grands jaillissements ! », a noté le chef de l’Etat. Le message était la promenade en soi, itinérance spirituelle dont chaque étape était une carte postale pour l’histoire. Les mêmes étapes que celles parcourues par Jacques Chirac, en octobre 1996.

Emmanuel Macron aurait pu laisser les lieux parler, se contenter de quelques questions à ses guides successifs. Chrétiens, musulmans et Juifs, ceux-ci lui ont ouvert, chacun à leur tour, le livre de leur histoire. Mais le président a aussi apprécié le bain de foule, les mains tendues, les interpellations, s’arrêtant parfois devant les micros. « Président ! », « Gilets jaunes ! », « Justice pour Sarah Halimi ! » ou « Allez l’OM ! », criaient quelques croyants juifs francophones, au pied du Mur, là où tant de prières murmurées ou muettes sont adressées, un jour ordinaire.

« J’ai voulu marcher librement », a expliqué le président, qui a salué de nombreux commerçants et visiteurs avant de découvrir le Saint-Sépulcre dans le quartier chrétien, accompagné de représentants religieux. Les touristes, éberlués de le croiser, étaient aussi agacés de ne pouvoir accéder au lieu. La police israélienne, elle, maîtresse de cette vieille ville conquise en 1967, a paré au plus pressé, dans ces ruelles si sensibles où aucun débordement n’est toléré.

Mardi soir, dans l’avion, Emmanuel Macron a confirmé à son entourage qu’il souhaitait arpenter la vieille ville. C’est à la mi-journée mercredi, au moment où il se rendait à son rendez-vous avec Benny Gantz, le chef de Bleu et Blanc (opposition), que les détails logistiques furent fixés, précise un conseiller. Une gageure. Les Israéliens n’aiment guère les visites de dignitaires étrangers sur l’esplanade des Mosquées. Quant à la coordination avec le Waqf, la fondation pieuse jordanienne qui gère le troisième lieu saint de l’islam, elle réclame généralement des contacts nourris. Mais que valent les habitudes, lorsqu’on peut les bousculer d’un pas léger ? La police israélienne explique au Monde que la promenade était « planifiée à l’avance », sans détailler. Leurs officiers ont dû s’adapter en permanence, avec une certaine retenue.

En milieu d’après-midi, la seule certitude qu’avaient les suiveurs du président était que l’agenda implosait. Arrivé à pied devant Sainte-Anne, l’un des quatre domaines nationaux français en Terre sainte, Emmanuel Macron, pourtant de tempérament pondéré, s’est mis en colère. Des agents de la sécurité israélienne tentaient de pénétrer en même temps que lui dans le domaine, au mépris de la souveraineté française. Décalque complet, que ne pouvait ignorer le président français, de la colère mémorable de Jacques Chirac, en 1996. A l’époque, les policiers israéliens, qui le serraient de trop près, l’avaient empêché de saluer des commerçants arabes.

« C’est la France ici »

« Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi. Sortez ! », a crié Emmanuel Macron en anglais, pointant du doigt un agent israélien. Quelques heures plus tôt, celui-ci avait déjà tenté d’entrer et avait été refoulé. « S’il vous plaît, respectez les règles établies depuis des siècles, elles ne changeront pas avec moi, je peux vous le dire (…). C’est la France ici, et tout le monde connaît la règle », a ajouté le chef de l’Etat, agacé, tout en remerciant un responsable israélien en civil pour leur « travail merveilleux », précédemment, à partir du Saint-Sépulcre.

A sa sortie du domaine, détendu, M. Macron mène l’essaim autour de lui vers l’entrée réservée aux musulmans sur l’esplanade de Haram el-Cherif, le « noble sanctuaire » qui abrite la mosquée Al-Aqsa et le dôme du Rocher. Egalement nommé mont du Temple par les juifs, ce lieu est le plus sensible qui soit au Proche-Orient. Bras dessus, bras dessous avec deux représentants du Waqf, Emmanuel Macron prend le temps de balayer du regard l’esplanade humide, tandis que la voix mélodieuse du muezzin s’élève. « Je ne veux pas déranger l’office », dit le président en anglais, lorsqu’on lui propose de pénétrer dans le dôme. Il le fait néanmoins, le temps d’un bref passage.

Le temps file vite, le plaisir s’étire. Avant de descendre par la passerelle vers le mur des Lamentations, M. Macron organise un stupéfiant conciliabule avec son chef du protocole et Emmanuel Bonne, son conseiller diplomatique. Il y a un problème. Où caser Mahmoud Abbas dans l’agenda bouleversé ? Le président de l’Autorité palestinienne devait recevoir son homologue français à 17 heures, à Ramallah. Il est 18 heures. « On va trouver, on y arrive toujours », lance M. Macron, épanoui dans ce chaos. Mercredi matin, alors ? Abbas n’est pas un lève-tôt. Finalement, un rendez-vous est fixé à 22 h 30.

Au cours de cette longue promenade dans la vieille ville, le député de la 8e circonscription des Français de l’étranger, Meyer Habib, a serré le président de près, aux côtés de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, imperturbable même bousculé. Ami personnel de Benyamin Nétanyahou, dont il est le premier avocat en France, M. Habib se maintint en première ligne, essoufflé, ravi ou énervé, haranguant les policiers israéliens qui prétendaient encadrer la marche de M. Macron. Face aux caméras, M. Habib cherchait à se placer juste dans le dos du chef de l’Etat. A l’arrivée devant le mur des Lamentations, il jurait : « ça fait deux heures qu’on est chez les musulmans, on peut rester cinq minutes au Kotel ! »

Cette arithmétique n’intéressait pas Emmanuel Macron. Entraîné par son propre mouvement, se recueillant un bref instant en kippa devant le Mur, il continuait son itinérance vers le site archéologique situé sur le flanc gauche de l’esplanade. Un lieu controversé, chéri par la droite messianique israélienne. Les conseillers du président tentaient de se rassurer, en se disant qu’aucun officiel israélien n’accompagnait M. Macron sous terre pour voir les excavations.

Gestes à l’attention de toutes les communautés

Le dirigeant français avait accompli des gestes à l’attention de toutes les communautés, n’en froissant aucune. Une annonce était destinée aux chrétiens d’Orient : la création d’un fonds voué à aider les écoles tenues par les différentes congrégations, où 400 000 enfants suivent un enseignement en français. « Quand la France aide ces écoles, elle aide aussi à la réconciliation de toutes ces communautés qui parfois pourraient se diviser », a-t-il dit, sur ce sujet prisé par ses opposants de droite.

La puissance des images, au cours de cette journée, fut telle qu’elle écrasa le reste, les rencontres politiques. Sur ce plan, la marge de manœuvre française semblait bien plus restreinte que dans la vieille ville. Pour cette première visite officielle en Israël, le président Macron avait des obligations. Il a rencontré le président israélien, Réouven Rivlin, son hôte à l’occasion du 5e Forum mondial sur l’Holocauste. La lutte contre l’antisémitisme fut au cœur de leur prise de parole publique. Le chef de l’Etat vit aussi Benyamin Nétanyahou. Le premier ministre en exercice a évoqué la montée en puissance régionale, inquiétante à ses yeux, de l’Iran et de la Turquie, carte à l’appui. M. Macron a réitéré son approche complète sur l’Iran, qui passe par un sauvetage de l’accord sur le nucléaire tout en élargissant la discussion à la sécurité régionale.

Dans un contexte hautement inflammable au Moyen Orient, où le conflit israélo-palestinien est relégué loin dans les priorités, la conversation avec « Bibi » a figé les désaccords, sans surprise. Le premier ministre, inculpé pour « corruption », s’avance vers une troisième élection en un an, en rêvant d’échapper aux poursuites judiciaires. L’heure n’est pas aux gestes d’ouverture. A moins qu’on ne compte la promenade du président français parmi ceux-ci.

21 janvier 2020

Une commande de deux milliards d’euros pour les Chantiers de l’Atlantique

chantier

Les Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, recevront commande de deux paquebots pour l’armateur MSC, pour un marché de deux milliards d’euros. Coca-Cola et le groupe pharmaceutique AstraZeneca vont aussi investir en France, a annoncé, dimanche, l’Élysée.

L’armateur italo-suisse MSC a passé une commande de deux milliards d’euros aux Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, pour deux nouveaux paquebots, livrables en 2025 et 2027 et propulsés au GNL (gaz naturel liquéfié), a annoncé, dimanche, l’Elysée.

Cette commande ferme s’accompagne de la signature de deux protocoles d’accord avec les chantiers navals en cours de rachat par l’italien Fincantieri, portant potentiellement sur 4 milliards d’euros d’investissements supplémentaires, a précisé l’Exécutif, en amont du sommet « Choose France » auquel le président Emmanuel Macron a convié des dirigeants d’entreprise venus du monde entier, lundi, à Versailles.

2 400 emplois pendant trois ans

Selon l’Elysée, la construction à Saint-Nazaire des deux nouveaux paquebots de 6 700 passagers chacun va générer « 14 millions d’heures de travail, correspondant à 2 400 emplois pendant trois ans et demi ». L’accord prévoit également le développement d’une nouvelle classe de paquebots au GNL ainsi que celui d’un nouveau prototype de bateaux propulsés pour partie à la voile, intégrant de fait les « meilleures innovations en matière environnementale », le secteur de la croisière étant régulièrement accusé de polluer massivement.

L’exécutif fait remarquer que ces commandes et protocoles d’accord s’inscrivent « dans le sillage de 15 bateaux déjà construits par les Chantiers pour MSC au cours des 20 dernières années » et évoque « 13 navires MSC » qui sortiront de Saint-Nazaire dans la décennie à venir.

Un rachat soumis à la Commission européenne

En novembre dernier, la livraison à Saint-Nazaire du « MSC Grandiosa » avait été précédée par la découpe de la première tôle du « MSC Europa » de la série World Class. Ce navire, qui doit être livré en 2022, sera le premier paquebot propulsé au GNL construit en France.

C’est ce type de paquebot que livreront donc en 2025 et 2027 les Chantiers de l’Atlantique, dont le rachat par l’italien Fincantieri fait l’objet d’une enquête approfondie ouverte par la Commission européenne. L’exécutif européen a jusqu’au 17 mars prochain pour prendre une décision concernant ce rachat, qui pourrait nuire à la concurrence dans la construction navale.

20 janvier 2020

Les forêts d’Australie pourront-elles se regénérer après les immenses incendies ?

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Cette capacité des forêts australiennes est connue de longue date, mais l’intensité et la fréquence grandissante des incendies fait craindre pour la biodiversité.

Par Charlotte Chabas  

Australie, une saison des feux dévastatrice

Une trentaine de morts, des territoires dévastés, la faune et la flore durablement affectées… Quelle est la situation en Australie ? Comment l’expliquer ? Comment réagissent les autorités ? Posez vos questions à nos journalistes et à des experts, et retrouvez nos grands récits, nos vidéos et nos décryptages.

Entre les troncs calcinés qui s’enchevêtrent, sur une terre devenue noir de jais, quelques toupets vert anis surgissent soudain, droits vers le ciel. Il n’aura fallu que quelques dizaines de jours et quelques millimètres de pluie pour que Kulnura, petite bourgade à moins de 100 kilomètres au nord de Sydney, voit le retour des Xanthorrhoea, ces plantes endémiques australiennes longtemps utilisées comme colle par les aborigènes. Leur photographie, immortalisée par un riverain, a apporté une touche d’espoir dans un pays qui subit depuis septembre les pires incendies de son histoire moderne avec plus de huit millions d’hectares brûlés en quatre mois.

Le pouvoir de régénération des forêts australiennes est pourtant connu de longue date, tant le feu fait partie des cycles saisonniers de la gigantesque île australe. La majeure partie de son territoire, notamment sa côte Est, est couverte par les eucalyptus, ces arbres qui se sont adaptés pour survivre, et même prospérer, en cas de feux. Tout est fait pour : les feuilles qui, en tombant, forment un épais tapis inflammable, les bandes sous son écorce qui facilitent le chemin du feu jusqu’à la couronne de l’arbre, l’huile combustible contenue dans son tronc, et la canopée clairsemée qui permet de laisser passer le vent pour transmettre le feu d’un arbre à l’autre et projeter des braises le plus loin possible. « L’eucalyptus provoque même de la vapeur qui fait de lui un pyrophyte actif, qui favorise les départs de feu », souligne Rod Fensham, biologiste à l’université du Queensland.

Pourquoi un tel attrait pour les flammes qui le carbonisent ? Les eucalyptus disposent à leur racine d’organes souterrains qui assurent la survie du végétal. Surtout, ses graines prospèrent sur les sols riches en cendres, contrairement aux autres essences. Le feu permet ainsi au célèbre arbre à reflets bleus d’assurer sa suprématie sur le règne végétal.

« Plus il y a de feux, plus il y aura d’eucalyptus », résume David Phalen, professeur du département vétérinaire de l’université de Sydney et spécialiste de la biodiversité australienne. Une équation qui avait valu au Portugal, après les terribles incendies de 2017, de proposer une loi pour « interdire jusqu’en 2030 toute nouvelle plantation d’eucalyptus, qui occupent aujourd’hui plus d’un quart des surfaces boisées du pays, et sont particulièrement invasifs et dotés d’un feuillage sec très inflammable ».

Car, outre incarner le cauchemar des pompiers, l’eucalyptus menace la biodiversité des forêts. « A force d’incendies, surtout s’ils sont de plus en plus fréquents, on risque de se retrouver avec seulement quelques variétés suffisamment résistantes pour avoir le temps de repousser », confirme Rodney Keenan, spécialiste des forêts à l’université de Melbourne.

Ces inquiétudes pour le patrimoine végétal de l’Australie sont d’autant plus importantes que les incendies qui font rage cette année dans le pays sont d’une violence inédite. « Plus l’environnement est sévèrement brûlé, plus cela prendra du temps à la végétation de se régénérer, confirme Rod Fensham. En général, les feux de brousse laissent des parcelles épargnées à partir desquelles la repousse se fait. Mais cette fois, on voit des zones complètement détruites sur des centaines de kilomètres carrés. Ça va forcément ralentir le processus. »

37 extinctions en trente ans

Le risque ? Que des espèces invasives plus rapides à la repousse fleurissent en lieu et place des boronias, eremophilas soyeux, astralagus ou des très rares orchidées solaires à pointes sombres. Selon les biologistes, l’Australie abrite quelque 24 000 plantes endémiques et 250 000 espèces de champignons.

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Déjà, certaines variétés importées par l’homme ont mis à mal l’équilibre ancestral des forêts australiennes. En 2011, une équipe de chercheurs du Centre de protection des forêts tropicales du nord du Queensland avait ainsi travaillé sur la lantana camara, cette plante introduite par les colons au XIXe siècle pour ses si jolies grappes fleuris allant du jaune citron au grenat le plus profond. Sauf que cette vivace originaire d’Amérique du Sud, très craintive au gel, a trouvé en Australie un terrain de jeu inestimable. Présente dans plus des trois quarts du territoire australien, la lanta camara « contribue à augmenter la fréquence et l’intensité des feux dans les forêts australiennes », soulignait l’étude, pointant notamment sa formation en buissons boisés très secs qui favorise le feu, et sa grande vivacité à repousser sur les sols carbonisés. Une célérité qui vaut au végétal d’être classé parmi les cent espèces les plus nuisibles par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Selon le gouvernement australien, 37 variétés endémiques ont disparu en trente ans.

Les forêts humides menacées

« Mais le pire est surtout à craindre du côté des forêts tropicales », prévient Rod Fensham, de l’université du Queensland. Début janvier, son séjour dans le parc national de Forty Mile Scrub a confirmé ses inquiétudes. La partie humide de la forêt, d’ordinaire résistante aux pires incendies, a entièrement brûlé. « Le feu a atteint une flore qu’on a longtemps cru inatteignable par les flammes, avec son feuillage très dense qui forme une canopée épaisse, préserve les sols de l’évaporation et empêche le vent de s’engouffrer », reprend le biologiste. Quel âge avaient ces arbres ? « Ils étaient là depuis toujours », se désole le spécialiste, qui parle de « patrimoine irremplaçable ».

La sécheresse qui touche cette année l’île a été d’une telle intensité qu’elle a atteint même les plus anciennes forêts humides datant du Gondwana, ce supercontinent qui s’est fracturé voilà 30 millions d’années pour créer l’Australie. Si l’étendue des dégâts n’est pas encore connue — plusieurs centaines de feux sont encore actifs dans la Nouvelle-Galles du Sud malgré des pluies ces derniers jours — un travail de recensement est déjà en cours par satellite. « Ce qui est sûr, c’est que des digues de forêts humides ont cédé dans de nombreuses régions, et tout l’écosystème qui l’accompagne », prévient David Phalen, de l’université de Sydney.

Dans la presse australienne, le professeur David Lindenmayer, qui travaille à Canberra, se disait ainsi particulièrement préoccupé pour la région montagneuse du nord-est de l’Etat de Victoria. Là, « l’intervalle de retour du feu devrait être d’environ cent ans ». Pourtant, la région a été touchée par d’intenses feux en 1939, 1983, et 2009. « Le nombre de feux et leur fréquence nous montrent que le régime des incendies est en train de changer », affirme le spécialiste de la biodiversité, qui y voit « les conséquences directes du réchauffement climatique ».

Comment assurer à l’avenir la protection de cette flore unique au monde ? Pour les biologistes, des opérations d’ensemençage, menées à grande échelle, pourraient permettre de réduire le risque d’extinctions en série. Surtout, il faudra mieux entretenir ces forêts, et peut-être « créer des zones de protection autour des forêts humides, préservées de toute culture ou habitations résidentielles, où l’on mènera des feux tactiques », souligne Rod Fensham. Une mesure impopulaire parmi la population, notamment parce qu’elle crée d’importantes fumées étouffantes. « Si on veut protéger l’environnement, il va falloir que l’homme accepte de modifier ses habitudes, et cesser de s’implanter n’importe où comme bon lui semble. »

9 janvier 2020

Le show Ghosn depuis le Liban

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Pour sa première prise de parole depuis sa fuite du Japon, l’ancien patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a clamé mercredi « sa » vérité lors d’une conférence de presse à Beyrouth suivie dans le monde entier.

Je n’ai pas échappé à la justice, j’ai échappé à l’injustice. Pour justifier de sa fuite rocambolesque, c’est un Carlos Ghosn revigoré et pugnace qui s’est lancé hier, à Beyrouth, dans un réquisitoire implacable contre ses ex collaborateurs de Nissan et le procureur de Tokyo qui l’avait fait cueillir à la descente de son jet privé, le 19 novembre 2018.

Le show Ghosn commence. Sa meilleure défense, l’attaque. Pas de révélation sur son exfiltration. Costume sombre, œil vif, le naturel revient au galop. Démonstratif, le voici qui dénonce la collusion de « dirigeants sans scrupule » avec une justice nippone qui viole ses propres lois et même, dit-il, avec le gouvernement. Un complot politique, donc ? Le but était de m’abattre et, à travers moi, l’Alliance, plaide l’ex P-DG. Piégé par son directeur général, Taiko Saikawa, et quelques acolytes, virés depuis, il n’avait rien vu venir. « Les Américains non plus à Pearl Harbor… ». Ghosn incarcéré, débranché de l’Alliance, le coup était fatal pour la consolidation Renault/Nissan vomi par les Japonais.

« L’indécente » rémunération

Le feu couvait depuis que, ministre de l’Économie de Hollande, Emmanuel Macron avait voulu réduire en 2016 « l’indécente » rémunération du P-DG : autour de quatre millions, rien qu’à Paris. Shocking à Tokyo aussi où ses sept millions obtenus de Nissan scandalisaient le Premier ministre, Shinzo Abe.

 

Ghosn ne dit mot mais raconte les droits de vote double de l’État imposé chez Renault : ils ont radicalisé les Japonais. Nissan détient 15 % sans droits de vote chez Renault, contrairement aux Français chez Nissan. « C’était forcément injuste » pour des partenaires qui craignaient que Paris ne leur impose une fusion forcée. Renault maître de Nissan et Mitsubishi, jamais, aurait tonné Shinzo Abe !

Sévère, Carlos Ghosn accuse : ma chute a précipité le déclin de l’Alliance dont j’avais fait, en 2018, un numéro un mondial. Depuis, Renault a perdu cinq milliards de capitalisation. Nissan, plus de dix milliards. Une dérive amorcée sous son règne alors que se joue le rapport de pouvoir au sein de l’Alliance où la croissance, les profits, l’innovation sont en berne.

Des initiatives dans les prochaines semaines

Les Japonais ont dépensé 200 millions de dollars pour m’abattre. Qu’ont-ils gagné au change ? Et comment ont-ils pu rater l’immanquable fusion avec Fiat Chrysler, s’époumone Ghosn.

Quid des malversations qui lui sont reprochées à Tokyo ? Combatif, il promet de tout justifier. Je suis innocent de toutes les accusations portées contre moi ! Les maisons de Rio et de Beyrouth ? Utilisées avec l’accord du conseil de Nissan. Les fêtes à Versailles ? La rémunération de sa sœur Claudine ? Il n’y a pas d’abus de confiance… Froid, dictatorial, âpre au gain, autrefois adulé au Japon, il récuse les accusations de la presse et clame « sa » vérité.

Justice, réparations, désillusion. On n’en a sûrement pas fini avec le show du citoyen Ghosn. La preuve ? Je prendrai des initiatives dans les prochaines semaines pour « faire valoir mes droits », annonce-t-il sans sourciller et en Mondovision.

Le parquet libanais a convoqué jeudi Carlos Ghosn, après une demande d’arrestation d’Interpol.

9 janvier 2020

Tony Frank & Andrew Birkin : Jane B.

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Pour nous, les Français, Jane Birkin c’est “Jane” ! Serge Gainsbourg, c’est “Gainsbourg”. Et Jane B. est comme un membre de la famille ; nous la fréquentons depuis la fin des années 60, autant dire qu’elle fait partie de notre inconscient collectif !

Nous connaissons sa vie, son style, ses amours, ses succès, ses chagrins, ses engagements, son sourire et cet accent…

Il y a quelques années, Jane Birkin était venue à la Galerie lors d’un précédent vernissage, elle semblait assez fragile au milieu de la foule présente, je voulais la protéger des sollicitations et autres selfies… Inutile ! Le public était si heureux de sa présence et si bienveillant… Ce fut un très beau moment, très doux, inoubliable…Tous ces mots tendres, ces sourires et ce respect, naturel et délicat.

L’effet Jane Birkin : familiarité, amour et respect !

Par la suite d’un heureux hasard, j’ai réalisé que notre photographe Tony Frank était présent chez Régine près de Deauville en 1969, lors d’un déjeuner avec Serge et Jane, et que Andrew, le grand frère de Jane était là lui aussi avec son appareil photo. J’ai trouvé amusant de comparer les deux séries, et de confronter leurs points de vue sur cette journée. Puis en regardant les autres images d’Andrew, j’ai souhaité mettre en parallèle les œuvres de ces deux photographes, témoins à leur façon de moments uniques de ce couple inoubliable.

Tony, complice des meilleures années de Gainsbourg, et Andrew, partenaire de la vie de Jane, qui nous permettent d’accéder, par leur générosité, à des moments de vie de ces deux artistes qui ont tant marqués nos esprits.

Julia Gragnon

TONY FRANK & ANDREW BIRKIN : JANE B.

Du 13/12/2019 au 01/03/2020

GALERIE DE L’INSTANT

46, rue de Poitou

Paris 75003

www.lagaleriedelinstant.com

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7 janvier 2020

Ghosn with the wind

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Il est devenu le Fantomas du CAC 40, le Polanski de l’automobile, le Chéri-Bibi du grand capital. Carlos Ghosn, abrasif PDG du plus grand groupe automobile du monde, cost-killer sans phrases, redresseur de multinationales à la hussarde, a été exfiltré du Japon avec l’aide de barbouzes, comme un malfrat de haut vol, pour se réfugier au Liban qui ne peut l’extrader en raison de sa qualité de fils du pays. On dit qu’il s’est caché dans un étui de musique pour sortir de sa maison surveillée par les pandores nippons : pour ne pas se retrouver au violon, il aurait pris la place d’une contrebasse. D’autres parlent d’une grosse valise, qui lui aurait permis de se faire la malle…

Lui crie au complot et dénonce une justice japonaise «partiale» qui piétine les droits de la défense. Il s’apprête à plaider sa cause en mondiovision, avec les conseils d’une armée d’avocats et d’une légion de communicants, dont Image 7, boîte française spécialisée dans les prévenus starisés, tels Dominique Strauss-Kahn ou Roman Polanski. Pour un peu, il se comparerait à Dreyfus ou à une sorte de Mandela des milliardaires, clamant qu’au pays du Soleil-Levant il a refusé de se coucher, ce qui serait pousser loin le bouchon.

C’est un fait qu’un certain nombre de sommités de l’industrie automobile japonaise l’avaient pris dans leur collimateur, le soupçonnant de vouloir placer Nissan, le fleuron nippon à la prospérité rétablie, sous la coupe de Renault. C’est un fait, aussi, que la justice japonaise, inquisitoire en diable, use de procédés musclés pour confondre les accusés, et imposait à Ghosn une résidence surveillée sans terme annoncé, assortie de modalités humiliantes.

Pourtant un doute étreint l’observateur de bonne foi, qu’il peut exprimer, même si ce doute, comme il est convenu, doit profiter à l’accusé. Au-delà des enrobages rhétoriques, il est clair que l’ancien PDG de Renault-Nissan a pris la fuite pour se soustraire à la justice d’un pays démocratique, serait-elle plus raide qu’ailleurs. Ce qui tend à justifier a posteriori les précautions prises contre lui, qui étaient à la fois dures, mais aussi, la suite le prouve, insuffisantes. Drôle d’exemple donné par un responsable mondialement connu.

Et surtout, le raisonnement de Ghosn repose sur l’inanité supposée des charges réunies contre lui. Ses avocats se faisaient fort, disaient-ils, de démontrer l’inexistence des preuves invoquées par le parquet financier japonais. En jouant les filles de l’air, Ghosn affaiblit d’un coup cette thèse. Le citoyen normal se demande si, au fond, in fine, au bout du compte, il n’a pas pris la fuite parce qu’il était coupable. Question hypothétique, mais question tout de même.

Une morale, si l’on peut dire, se dégage de cette affaire. Pourquoi diable ces PDG de grand style ne se contentent-ils pas du salaire mirifique que leur verse leur entreprise, qui devrait tout de même suffire à satisfaire les exigences de leur train de vie ? Pourquoi faut-il qu’ils y ajoutent, tel l’oncle Picsou, insatiable et irascible, une ribambelle d’avantages divers, des appartements de fonction multiples et vides la plupart du temps, aux prêts personnels juridiquement fragiles, le tout à coup de montages financiers byzantins qui aiguisent la curiosité des limiers de la finance ? Toujours plus ! Greed is good ! Nous sortons là du domaine du droit pour entrer dans celui de l’éthique. Réflexion sans doute désuète en ces temps bénis de d’hypercapitalisme mondialisé, volatile et multiforme…

LAURENT JOFFRIN

5 janvier 2020

La justice demande le réaffichage d’une campagne de pub anti-IVG dans les gares

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La régie Mediatransports, interpellée par la maire de Paris, avait décidé de retirer les visuels jeudi estimant qu’il s’agissait de « messages militants ».

C’est une décision de justice qui passe mal à la mairie de Paris. Un tribunal a demandé que soit réaffichée dans les gares franciliennes une campagne controversée de l’association Alliance Vita qui milite notamment contre l’avortement.

Cette dernière a fait part, samedi 4 janvier, de la décision du tribunal saisi en référé, qui enjoint « à la régie Mediatransports de replacer les deux affiches [de soutien à la paternité et à la maternité] qu’elle avait retirées jeudi 2 janvier sans préavis, et sans même alerter l’association ».

« Très grand étonnement face à cette décision de référé ordonnant la poursuite de la campagne anti-PMA et anti-IVG. J’encourage #Mediatransports à user de toutes les voies de droit possibles pour qu’il soit mis définitivement fin à cette campagne », a réagi la maire de Paris Anne Hidalgo sur Twitter, tandis que Mediatransports a annoncé son intention de faire appel. Filiale du groupe publicitaire Publicis, Mediatransports est une régie spécialisée dans l’affichage dans les gares ferroviaires, stations de métros et arrêts de bus.

« Des messages militants excédant le principe de neutralité »

Association qui milite notamment contre le droit à l’avortement et la procréation médicalement assistée, Alliance Vita a mené une campagne autour de plusieurs visuels avec un slogan, « la société progressera », y ajoutant, selon les cas, « à condition de respecter la paternité » ou « la maternité » ainsi que « la différence ».

Mediatransports, interpellée par la maire de Paris notamment, avait décidé de retirer les visuels jeudi, « avec l’accord de la SNCF Gares & Connexions », avait-elle précisé. « Deux visuels relatifs à la protection de la maternité et à la protection de la paternité peuvent être entendus comme des messages militants excédant le principe de neutralité qui s’impose dans les transports publics », avait expliqué la régie.

Alliance Vita a par ailleurs annoncé avoir demandé à un autre réseau d’affichage, Exterion Media, de « réinstaller immédiatement » dans les rues de Paris « la totalité des trois visuels de la campagne », retirés vendredi dernier, « faute de quoi l’association lancera une seconde action en référé ».

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4 janvier 2020

Dans l'ouest, les huîtres aussi sont victimes de la gastro

Dans le Morbihan et la baie du Mont-Saint-Michel, les coquillages “sont interdits de pêche, de ramassage, d’expédition et de commercialisation, jusqu’à nouvel ordre”.

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En Bretagne sud, les huîtres sont victimes du virus de la gastro-entérite (image d'illustration).

SANTÉ - Plusieurs bassins de production de coquillages sont à l’arrêt dans le Morbihan et la Baie du Mont-Saint-Michel après la contamination d’huîtres au virus de la gastro-entérite. Une situation qui intervient alors que les ostréiculteurs dénoncent une pollution issue de rejets côtiers, a-t-on appris ce samedi 4 janvier de sources concordantes.

En raison de la détection du “norovirus”, cause la plus courante de gastro-entérite, tous les coquillages en provenance de la zone de la baie du Mont-Saint-Michel et la zone conchylicole d’Hirel, en Ille-et-Vilaine, “sont interdits de pêche, de ramassage, d’expédition et de commercialisation, jusqu’à nouvel ordre”, a indiqué dans un communiqué la préfecture d’Ille-et-Vilaine, après un arrêté pris le 3 janvier. Des rappels de produits ont également été réalisés.

6 mai 2015

Exposition LE CORBUSIER au Centre Pompidou

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Voir mes précédents billets sur la" cité radieuse" :

Expo Le Corbusier au Centre Pompidou 20/04/2015

La Cité radieuse - Bientôt une...27/02/2015

La Cité radieuse de Le Corbusier...19/11/2014

La Cité radieuse de Le Corbusier à... 14/11/2014

Pour y accéder (après avoir noté les différentes dates) voir l'historique en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/index.html 

11 mai 2015

Save the date : la fête du Golfe - Auray

Du 13 au 15 mai, Auray se met à l'heure de la fête du Golfe. Cinq flotilles vont naviguer dans le port de Saint-Goustan : les voiliers de travail (flotille 6), la plaisance classique de moins de 8 mètres (flotilles 7 et 7 bis), le motonautisme classique (flotille 8) et pour finir, l'invité d'honneur de cette huitième édition : la flotte croate (flotille 10). Tout ceci complété par un vaste choix d'animations culturelles, de concerts et de soirées festives où les visiteurs pourront se mêler aux équipages. Le détail du programme à consulter en page Manifestations événementiels.

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27 avril 2015

La rivière d’Auray prête pour la Semaine du Golfe

Voiliers de travail, petits bateaux de régate et de balade… La rivière d’Auray accueillera différentes flottilles lors de la Semaine du Golfe. À Auray même, elle prendra une ampleur particulière.

Plus de 300 bateaux

Née en 2001, la Semaine du Golfe aborde sa 8e édition. La manifestation, qui se tient tous les deux ans, aura lieu du 11 au 17 mai. Elle réunira 1 200 bateaux. Auray y prendra part du mercredi 13 au vendredi 15 : environ 300 embarcations, soit 1 200 marins, sont attendues à Saint-Goustan en trois vagues.

Marées favorables

Au début, 14 communes participaient à la Semaine du Golfe. Maintenant, leur nombre s’élève à dix-sept. « Chaque commune offre ce qu’elle a de plus beau », se réjouit Aimé Kerguéris, président de l’association La semaine du Golfe. Sur le pont donc, des maires motivés, soutenus par les associations locales. « On bénéficie d’un événement formidable », souligne Jean Dumoulin, maire d’Auray. Coup de pouce cette année : des marées hautes « très favorables », coefficients et horaires.

Des flottilles et une première

Grâce à ces marées, les voiliers de travail, emblématiques des fêtes maritimes, pourront venir à Auray. « Une première. » Ils arriveront à l’heure du déjeuner mercredi 13 à Saint-Goustan, en même temps que les bateaux de la catégorie Motonautisme classique. Le lendemain, ils laisseront la place aux Petits classiques de régate (arrivée vers 16 h). Puis, vendredi 15, les voiliers de Petite plaisance classique « Balade » et la flottille croate leur succéderont : ils seront dans le port en milieu d’après-midi. La Croatie est l’invitée d’honneur de cette édition.

Toute la ville

De nombreuses animations rythmeront ces trois jours. « Toute la ville va bouger : le port, la rue du Château, la place de la République e t la place Notre-Dame », décrit Patrick Gouégoux, conseiller municipal délégué au patrimoine et au tourisme. Commerçants, office de tourisme… Les différents acteurs se sont mobilisés pour impulser cette dynamique. Dix-huit associations alréennes se sont investies. « Sans elles, on ne pourrait mener cette opération. »

Concerts

Les trois soirées à Saint-Goustan seront ponctuées de concerts : mercredi 13, après une battle musicale de la Kevrenn Alré à 19 h, le groupe Jour de fête (cabaret swing) et Poppy seeds (musique irlandaise) animeront le port de 20 h à 23 h 30. Jeudi 14, place aux Gabiers d’artimon (chants de marins) et à Cotton’s belly (blues rock). Vendredi 15, ce sera le tour de Wild family (classiques pop rock) et Soadan (world). Musique aussi en ville, jeudi 14 : les chants de marins de Mascaret vibreront à midi et 19 h autour de l’hôtel de ville.

Parc Castlebar, un spectacle familial, L’affaire Sardine , sera proposé mercredi 13 et jeudi 14, à 22 h 15. Au menu également, tous les jours, de 10 h à 18 h, en centre-ville : un marché du terroir et repas champêtre, un stand de l’Afpa sur les métiers de la mer, modélisme sur bassin d’eau près de la mairie, des dégustations aux halles, de l’accrovoile place Notre-Dame, etc. À Saint-Goustan, outre un charpentier de marine, des démonstrations de matelotage seront visibles sur L’indomptable. Un concours de godille se déroulera sur les trois jours, quai Franklin.

Budget

Lors de la dernière édition, le budget alréen pour la Semaine du Golfe s’élevait à 7 000 € pour la Ville. « Il est multiplié par trois et demi », précise Patrick Gouégoux. Mais cela ne coûtera pas plus cher au contribuable : la Vi lle a trouvé des partenaires, entreprises et restaurants locaux, qui bénéficient d’une visibilité dans la plaquette publiée par la municipalité à cette occasion. Article de Virginie JAMIN.Source Ouest France.

SAVE THE DATE : Du mercredi 13 au vendredi 15 mai, à Saint-Goustan et en centre-ville. Gratuit. Sites : auray.fr et semainedugolfe.com

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26 avril 2015

Aujourd'hui : Journée du souvenir des victimes de la déportation

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Camp de concentration de Natzwiller-Struthof

Voir mes précédents billets sur "camp de concentration" :

80 survivants à Buchenwald pour les 70...    12/04/2015

Exposition en ligne sur la Shoah        27/01/2015

IN MEMOREM : Auschwitz: un cri de...     27/01/2015

Une porte avec l'inscription...            04/11/2014

Camp de concentration du Struthof (en...     23/01/2014

Camp de concentration de...  17/11/2013

Libération du camp d'Auschwitz - 27...        27/01/2013

Révélations sur les camps de la mort 29/10/2012

Auschwitz : in memorem       14/06/2012

Dernier dimanche d'avril Journée...   29/04/2012

"Arbeit macht frei" - Camp de...        31/03/2012

Les Juifs ne considèrent plus...          21/01/2012

20 janvier 1942 : Mise au point de la...         20/01/2012

1942 : des rafles à la déportation       02/01/2012

Le panneau «Arbeit macht frei» ne sera...     03/06/2011

Journée nationale de la Déportation...           24/04/2011

Libération du camp d'Auschwitz      27/01/2011

Sur ARTE ce soir...    26/01/2011

23 novembre 1944 : libération du camp du... 23/11/2010

"Filmer les camps" - derniers...  26/08/2010

Le Struthof     23/07/2010

"Le Verfügbar aux enfers" de...   14/05/2010

Mémorial de la Déportation - Paris île...25/04/2010

Journée nationale de la Déportation...  25/04/2010

Après les camps, la vie...        21/04/2010

Rescapée - Ce soir à la télévision       15/04/2010

Germaine Tillion         10/04/2010

"Filmer les camps" - Rappel... 03/04/2010

"Filmer les camps"      19/03/2010

EXPOSITION : FILMER LES CAMPS     11/03/2010

Ce soir à la télévision : à propos de...  09/03/2010

"La Rafle". Un film sur une... 04/03/2010

ARTE demain soir : Hommage à Germaine... 19/04/2009

Germaine Tillion : 100 ans aujourd'hui  30/05/2007

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François Hollande au camp de Natzwiller-Struthof le 26 avril

Le dimanche 26 avril, le Président de la République François Hollande se rend au camp du Struthof pour une commémoration à la mémoire des victimes de la déportation.

Le camp de Natzwiller-Struthof est le seul camp de concentration sur le territoire français. Ouvert en 1941 par les Nazis, après l’annexion à l’Allemagne de l’Alsace-Moselle le 27 novembre 1940, 22.000 personnes y ont laissé leur vie et près de 52.000 personnes de l’Europe entière y furent internées dans le camp même ou l'un de ses satellites. Le camp du Struthof est aussi connu pour des expériences pseudo-scientifiques qui y furent pratiquées sur des détenus dans une salle de dissection.

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21 avril 2015

Syrie : Bachar al-Assad inflexible face à David Pujadas

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JT - Le président syrien Bachar al-Assad a réaffirmé sa légitimité dans une interview accordée au JT de France 2 et diffusée lundi. Il affirme notamment que les renseignements français ont pris contact avec des responsables du régime de Damas, sans préciser la nature de leur demande.

Face à David Pujadas, reçu à Damas pour un entretien exclusif, le président syrien Bachar al-Assad a maintenu sa position sur la guerre civile qui ravage son pays, avec plus de 220.000 morts et des millions de réfugiés depuis mars 2011. L'homme fort de Damas affirme conserver le soutien du peuple contre "les terroristes", entre lesquels il ne fait pas de distinctions.

► Sur la responsabilité de Bachar al-Assad dans le chaos syrien

"Comment un gouvernement ou un président qui a agi de manière brutale envers ses citoyens, comment aurait-il pu résister depuis quatre ans ?". Balayant d'un revers de main une quelconque gouvernance par la terreur, le président syrien affirme sans faillir que "tout gouvernement doit appuyer la liberté". Pour Bachar al-Assad, la déstabilisation de son pays est liée à "l’infiltration de terroristes en Syrie avec l'appui d'états occidentaux".

► Sur l'usage d'armes non conventionnelles par le régime de Damas

"Nous n'avons jamais entendu parler au sein de notre armée d'armes aveugles", a d'emblée réagi le président syrien. Malgré les soupçons et les témoignages faisant état de récentes attaques au chlore, notamment, Bachar al-Assad a estimé qu'il n'y avait "aucune preuve". "Nous n'avons pas besoin du chlore", a-t-il poursuivi.

L'ONG Human Right Watch affirme pourtant que plusieurs attaques de ce type ont eu lieu en mars dernier dans la région d'Idleb (nord-ouest de la Syrie). Elles auraient fait six morts à Sermine et 206 personnes auraient été affectées. Par ailleurs, des informations rapportent des cas de largages de barils d'explosifs par des hélicoptères, dont seule l’armée régulière syrienne dispose. "Nous n'avons que des armes conventionnelles", répond Bachar al-Assad.

► Sur d'éventuels contacts entre Damas et les services de renseignements français

"Il y a des contacts mais il n'y a pas de coopération", a déclaré le président syrien, précisant que ceux-ci avaient été pris à l'initiative de Paris. Des responsables français "sont venus en Syrie mais nous ne sommes pas allés en France. Ils sont peut-être venus pour échanger des informations mais quand vous voulez avoir ce type de collaboration, il faut de la bonne volonté des deux côtés", affirme le président syrien. Interrogé sur l'existence de ces contacts bilatéraux, le ministère français des Affaires étrangères et la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, service de renseignement français) se sont refusés lundi à tout commentaire. Si Bachar al-Assad s'est par ailleurs dit "toujours intéressé par le dialogue", il a en revanche estimé que le dialogue ne pouvait avoir lieu "avec un pays qui soutient les terroristes dans notre pays".

► Sur l'enquête sur la mort du journaliste de France 2 Gilles Jacquier

Le président syrien a clairement désigné les coupables. Pour lui, Gilles Jacquier a été tué par un tir de mortier dans un quartier sous contrôle des autorités de Damas, il a donc été touché par un tir d’insurgés, balayant les soupçons pesant sur son régime. Concernant l'enquête, en revanche, il n'a pas donné plus d'informations. "Nous n'avons rien à prouver. Nous avons nos propres procédures légales", a-t-il fait valoir. Le grand reporter a été tué en janvier 2012 à Homs alors qu'il réalisait un reportage sur le conflit.

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