La réponse incertaine de la Turquie et de la Grèce à une offre de médiation de l’OTAN
Par Jean-Pierre Stroobants, Bruxelles, bureau européen
Athènes se dit prêt à évoquer la délimitation des zones maritimes en mer Egée « sur la base du droit international ».
La Grèce et la Turquie vont démarrer des « discussions au niveau technique et militaire » au sein de l’OTAN pour tenter de réduire les tensions en Méditerranée orientale et éteindre le risque de confrontation. « Je suis en étroite relation avec tous les alliés concernés pour rechercher une solution, dans l’esprit de solidarité de l’OTAN », a expliqué, vendredi 4 septembre, Jens Stoltenberg, soucieux d’éviter une guerre ouverte, alors que l’armée grecque est en état d’alerte et que les deux pays ont déjà frôlé la confrontation, sur la mer et dans les airs.
L’appel à la « déconfliction » lancé par le secrétaire général de l’alliance atlantique et ses propos apaisants contrastaient encore, vendredi, avec ceux qui étaient tenus à Ankara et à Athènes. Le gouvernement grec estimait que la désescalade ne serait possible que lorsque les navires turcs auraient quitté la région, où ils étendent leurs recherches gazières dans des eaux revendiquées par la Grèce, autour de ses îles situées près des côtes turques.
Du côté turc, en revanche, on affirmait être prêt à une discussion « sans aucune précondition », mais on accusait en même temps les responsables grecs de « mentir » et de « se dérober ».
Possible implication de l’ONU
L’appel officiel du dirigeant de l’OTAN et les pressions exercées par plusieurs capitales seront-ils suivis d’effet ? Le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a indiqué, vendredi après-midi, que son pays était ouvert à un dialogue, mais seulement quand les « provocations » et « les menaces » turques auront cessé, a-t-il précisé. De quoi laisser dubitatifs les responsables de l’OTAN. Athènes se dit, en tout cas, prêt à évoquer la délimitation des zones maritimes en mer Egée « sur la base du droit international ».
Vendredi toujours, le ministre grec des affaires étrangères, Nikos Dendias, se rendait à New York pour évoquer la question avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et parler d’une éventuelle implication de l’ONU dans les discussions.
Du côté de l’Union européenne, le président du Conseil, Charles Michel, a lancé dans la journée l’idée d’une « conférence multilatérale sur la Méditerranée orientale », avec la participation de la Turquie. Le projet, « testé » auprès de plusieurs dirigeants, dont M. Stoltenberg, viserait à inclure « tous les pays impliqués dans les différentes discussions sur les frontières maritimes » en Méditerranée. La conférence évoquerait aussi les questions énergétique, sécuritaire et migratoire, « à condition que les tensions entre la Turquie et plusieurs pays européens soient apaisées », souligne toutefois une source diplomatique.
Menaces européennes de sanctions
Or, vendredi, le ministre turc des affaires étrangères, Mevlüt Çavusoglu, jugeait « hystérique » la position du président Emmanuel Macron sur la Méditerranée orientale – et sur la Libye –, tandis que Nicos Anastasiades, président de Chypre, évoquait dans un entretien avec l’Agence France-Presse son inquiétude face à « l’intention [turque] de prendre le contrôle de l’ensemble de la zone ».
L’Union européenne a, quant à elle, menacé Ankara de nouvelles sanctions si elle ne progresse par dans son dialogue avec Athènes. Selon le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, des mesures restrictives pourraient être décidées lors du prochain conseil européen, les 24 et 25 septembre.
Au sein de l’OTAN aussi, la prudence est de mise, même si les représentants d’Ankara y affichent modération et volonté de dialogue. Outre le risque de conflit entre deux pays membres en Méditerranée, c’est la question du déploiement de missiles S-400, achetés à la Russie et qui représentent une menace sécuritaire pour l’Alliance, qui continue d’inquiéter – alors même que le gouvernement turc présente toujours comme un impératif l’acquisition d’une deuxième volée de ces équipements. C’est, en tout cas, ce qu’a confirmé, jeudi, M. Çavusoglu dans une interview.
Le sujet brûlant de la relation avec la Russie
« Nous avons besoin de deux batteries supplémentaires. Deux, trois, cinq, jusqu’à ce que nous les produisions nous-mêmes », a indiqué le ministre, en évoquant une possible menace syrienne. Les Etats-Unis, qui pourraient livrer leurs missiles Patriot, refusent les exigences turques en matière de transfert de technologie, et ils ont écarté la Turquie du programme de développement de l’avion de combat F-35 en 2019, à la suite de l’acquisition des S-400.
Selon une source turque, le président Recep Tayyip Erdogan pourrait cependant différer la date du déploiement jusqu’à l’issue de l’élection présidentielle américaine, en espérant trouver un compromis à ce moment.
Un autre sujet brûlant était en discussion vendredi entre les ambassadeurs auprès de l’OTAN : le sort de la relation avec Moscou après l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny. « Nous appelons la Russie à communiquer totalement sur son programme Novitchok auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques [OIAC] », a déclaré M. Stoltenberg, évoquant « une violation flagrante du droit international ».
Une délégation russe est présente à l’OTAN. Après l’affaire de la tentative d’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille, au Royaume-Uni en 2018, elle avait été ramenée de trente à vingt diplomates.
Enquête - A Hongkong, les riches et puissants louent le resserrement sécuritaire
Par Florence de Changy, Hongkong, correspondance - Le Monde
L’élite pro-Pékin estime avoir beaucoup perdu du fait de l’entêtement de la jeunesse. Deux populations cohabitent dans la plus grande incompréhension et une haine farouche
« Je n’ai rien à redire contre la loi de sécurité nationale, si ce n’est qu’elle est arrivée trop tard », affirme serein Bosco Ho, fondateur du cabinet d’architecture à son nom, Ho & Partners Architects, au sujet du texte imposé par Pékin, promulgué le 30 juin, et considéré par l’opposition démocratique comme un assaut fatal sur les libertés individuelles des Hongkongais. Le texte crée des crimes, comme la sédition, passibles dans certains cas non définis de la perpétuité, et importe sur ce territoire les outils de l’appareil répressif chinois. L’entreprise de M. Ho a, à son crédit, une longue liste de vastes et prestigieuses réalisations à travers le monde, la plus politique d’entre elles étant le « bureau de liaison », l’état-major du gouvernement central chinois à Hongkong.
L’entretien a lieu un dimanche soir dans le restaurant huppé du Jockey Club, où les familles les plus riches et les plus influentes de l’ancienne colonie britannique se sont habituées à croiser des riches plus récemment parvenus. Sous l’ère britannique, ce cercle exclusif fut un temps fermé aux femmes et aux Hongkongais. On y entend désormais des éclats de voix en mandarin, au milieu du cantonais parlé à Hongkong. « Les milieux d’affaires n’aspirent qu’à une chose : la stabilité. Tout va rentrer dans l’ordre », renchérit, confiant, l’architecte réputé.
« PÉKIN A FAIT PREUVE D’UNE PATIENCE INOUÏE. APRÈS UN AN DE CHAOS INCONTRÔLABLE ET DES SLOGANS DE PLUS EN PLUS IRRESPECTUEUX, IL FALLAIT BIEN QU’ILS INTERVIENNENT », REGINA IP, DÉPUTÉE.
Outre la primauté de la stabilité, l’autre mantra des Hongkongais pro-Pékin est le « bon droit chinois ». Tous rappellent que « Hongkong est partie intégrante de la Chine, que cela plaise ou non ». Le premier article de la Basic Law, la mini-Constitution en vigueur depuis le retour du territoire dans le giron chinois en 1997, est d’ailleurs là pour le rappeler. Quant au passage en force de la loi de sécurité nationale (LSN), il s’explique ainsi : « Non seulement quasiment tous les pays développés ont des lois semblables, mais cela fait vingt-trois ans que nous [Hongkong] étions tenus de faire adopter des lois garantissant la sécurité selon l’article 23 de la Basic Law. Pékin a fait preuve d’une patience inouïe. Après un an de chaos incontrôlable et des slogans de plus en plus irrespectueux, il fallait bien qu’ils interviennent », observe la députée Regina Ip.
Pilier du camp pro-Pékin, Mme Ip est bien placée pour parler de l’article 23, ayant dû démissionner de son poste de ministre de la sécurité en juillet 2003 après des manifestations monstres en opposition à la tentative de faire alors entrer en application des lois de sécurité. Depuis, aucun chef de l’exécutif n’a osé remettre le sujet sur la table. « Ce qu’il y a de merveilleux quand c’est la Chine qui impose, c’est que personne n’a le temps d’en discuter ! », ajoute-t-elle. Pour l’establishment, si Hongkong avait respecté ses engagements, Pékin n’aurait pas eu à intervenir.
Optimisme insolent de la Bourse
Force est de constater que la loi a eu un certain effet, au moins provisoirement. « Le chaos de 2019 mettait tout le monde mal à l’aise. Les gens savent que la loi de sécurité nationale va restaurer le calme », affirme Bernard Chan, à la tête d’un grand groupe d’assurance et qui siège, à titre non officiel, au Conseil exécutif (Exco), le gouvernement de Hongkong. Depuis l’imposition du texte, la Bourse de Hongkong affiche effectivement un optimisme insolent et le secteur financier continue ses affaires comme si de rien n’était. La place financière vise d’ailleurs à retrouver le premier rang mondial des introductions en Bourse qu’elle occupait en 2019.
« Les entreprises en tout genre, mais surtout le commerce de détail, la restauration et l’hôtellerie ont énormément souffert des manifestations. Ce fut un chaos terrible et inacceptable. Depuis la LSN, le désordre a disparu presque instantanément. C’est donc une bonne nouvelle pour le business », déclare Felix Chung, président du parti libéral (pro-establishment) et député représentant les métiers du textile au Parlement. Il souligne que si les milieux d’affaires s’étaient ouvertement opposés, en 2019, à la loi d’extradition qui fut à l’origine des manifestations, cette fois, ils ne se sentent pas concernés par les quatre crimes (sédition, sécession, terrorisme et collusion) couverts par la LSN. « La loi d’extradition couvrait la corruption, or par le passé, faire des affaires avec la Chine impliquait forcément de faire des cadeaux à des gens haut placés. Aucun secteur n’était épargné. Les milieux d’affaires se sentaient visés. Mais avec la LSN, pas du tout », explique-t-il.
Malgré cette ambiguïté, tous en veulent au camp prodémocratie de ne pas avoir su s’arrêter, une fois retiré le projet de loi qu’ils redoutaient ; au système éducatif de Hongkong trop libéral à leurs yeux, d’être responsable de la façon de penser « erronée » de la jeunesse ; aux médias occidentaux, d’être terriblement biaisés, et, bien sûr aux Etats-Unis, d’avoir aggravé la crise en s’y immisçant ouvertement.
« SI LE CAMP PRODÉMOCRATIE AVAIT FAIT PREUVE D’UN MINIMUM DE SENS POLITIQUE, ILS AURAIENT SU S’ARRÊTER UNE FOIS QU’ILS AVAIENT OBTENU CE QU’ILS DEMANDAIENT », V-NEE YEH, EX-MEMBRE DU CONSEIL EXÉCUTIF
L’establishment reproche notamment au camp prodémocratie d’avoir persisté avec ses « cinq demandes » – dont l’élection du chef de l’exécutif au suffrage universel direct, l’amnistie des manifestants et une enquête indépendante sur les violences policières – même après que le projet de loi qui avait déclenché la mobilisation a été retiré. « La politique est l’art du possible, du probable et du compromis, se désole V-Nee Yeh, fondateur de plusieurs fonds d’investissements et ancien membre du Conseil exécutif (Exco). Si le camp prodémocratie avait fait preuve d’un minimum de sens politique, ils auraient su s’arrêter une fois qu’ils avaient obtenu ce qu’ils demandaient. »
Il évoque notamment la proposition avancée par Pékin en 2014 de présélectionner une poignée de candidats de son goût dont un serait ensuite élu par le peuple de Hongkong à la tête de l’exécutif local. « Même imparfait, cela aurait été une avancée constitutionnelle énorme. Quel gaspillage… », ajoute l’investisseur qui se dit « extrêmement frustré et en colère que l’on en soit arrivé là » et condamne « l’irresponsabilité des deux camps ».
« Plus cher, moins travailleur et plus exigeant »
« Proposer de “brûler tous ensemble”, c’est bien le slogan le plus irresponsable de tout ce qu’on a entendu depuis le début de cette crise. Cela montre que ces jeunes ne se sont jamais battus pour faire de Hongkong ce qu’elle est aujourd’hui », estime Esther Lam, (nom modifié) femme d’affaires accomplie, issue d’une grande famille chinoise qui a dû fuir la révolution communiste en abandonnant toute sa fortune. « Ces jeunes ont clairement une fausse idée de la vie. Les médias occidentaux en ont fait des héros de valeurs universelles, en oubliant de dire que leur action a été désastreuse tant pour la ville que pour eux », s’agace-t-elle.
« Quand mon entreprise a ouvert à Canton, les salaires étaient sept fois inférieurs aux salaires de Hongkong. Aujourd’hui, un salaire chinois correspond à environ 60 % d’un salaire de Hongkong. Le miracle économique chinois a sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté en quelques décennies, et Hongkong lui doit l’essentiel de sa richesse. Les jeunes ne le comprennent-ils pas ? », interroge Bosco Ho.
Plusieurs responsables de banques internationales admettent aussi, sous le couvert de l’anonymat, qu’ils préfèrent souvent embaucher un jeune de Chine continentale qu’un jeune Hongkongais car, à qualifications égales, le Hongkongais est « non seulement plus cher, mais aussi moins travailleur et plus exigeant ». Certains regrettent que la jeunesse locale se soit braquée sur des revendications politiques au lieu de prendre acte de toutes les libertés qu’ils avaient déjà tout en profitant des opportunités colossales que leur offrait la proximité immédiate de la « grande baie », zone du sud de la Chine où les industries de pointe sont rassemblées avec l’ambition d’en faire une Sillicon Valley chinoise.
Du point de vue des élites hongkongaises, les jeunes détestent et rejettent le modèle imposé par le Parti communiste chinois parce que l’université les a programmés à penser ainsi, et non parce que le système communiste est autoritaire et liberticide. L’establishment en veut en particulier aux aînés les plus charismatiques du mouvement de protestation, notamment le professeur de droit Benny Tai ou le patron de presse prodémocratie Jimmy Lai, d’avoir « fourvoyé la jeunesse dans cette impasse ».
Sentiment latent d’inquiétude
Beaucoup dans ce camp estiment que, plus que la LSN, ce sont les menaces de sanctions américaines qui font planer un doute sur l’avenir du territoire. Car l’économie de Hongkong se détériorait déjà au printemps 2019 sur fond de tensions commerciales entre Pékin et Washington. Depuis, les manifestations et la pandémie ont aggravé le tableau. « Nous sommes dans une situation totalement inédite, cela crée une certaine anxiété. Car si la LSN a apporté de la certitude, les menaces américaines, elles, créent un nouveau type d’incertitudes », estime Bernard Chan. « Quand le président de la première puissance mondiale annonce que “les marchés de Hongkong vont aller en enfer” [déclaration de Donald Trump le 14 août] bien sûr que cela nous inquiète ! », confirme Felix Chung. « Ce n’est absolument pas la fin de Hongkong, mais elle va devenir plus chinoise, plus vite ; et c’est bien de la faute des Etats-Unis ! », estime Regina Ip.
Quand les langues se délient un peu, c’est parfois pour admettre que la loi est « très [trop] vague », que l’on serait « mieux sans ». Tous admettent que, si la LSN a momentanément étouffé les symptômes du malaise hongkongais, le coup de force de Pékin n’a résolu aucun des problèmes de fond qui ont entretenu la révolte : inégalités énormes, logements inabordables, abus policiers et musellement de plus en plus strict de toute critique du gouvernement…
Même du côté prochinois, un sentiment latent d’inquiétude est palpable à l’idée qu’à l’Etat de droit succède l’arbitraire policier qui a cours en Chine continentale. Là-bas, une fois la dissidence écrasée, c’est dans les jeux de pouvoir, de factions et de réseau, auxquels ces milieux influents sont exposés, que les outils répressifs sont employés. De fait, peu de gens acceptent de parler ouvertement. « Dans les déjeuners officiels, chacun sert la soupe car personne n’ose lancer le moindre débat. La loi de sécurité nationale a été un énorme choc, même pour le camp pro-Pékin », assure un grand banquier étranger.
DALÍ DÉDALE - Les Carrières de Lumières
Jusqu'au 3 janvier 2021
Route de Maillane, 13520 Les Baux-de-Provence
A l’âge de 16 ans, Salvador Dalí confiait à son carnet : « Je serai un génie et le monde m’admirera ». Le peintre catalan semble avoir eu raison de ne pas sous-estimer son talent : plus de 30 ans après sa mort, ses œuvres surréalistes continuent de résonner en chacun de nous et de nous émerveiller aux Carrières de Lumières.
Affaire Navalny : Donald Trump attend des preuves.
Invité en conférence de presse à commenter l’empoisonnement de l’opposant russe, le président américain a souligné qu’il ne savait pas “exactement ce qu’il s’était passé”. Il s’agissait de sa première déclaration publique sur l’affaire, note Axios. “C’est intéressant que tout le monde parle toujours de la Russie. Mais en ce moment, la Chine est probablement une nation dont vous devriez parler beaucoup plus que la Russie parce que ce que fait la Chine est bien pire”, a-t-il conseillé aux journalistes. CNN constate que Donald Trump s’est, une nouvelle fois, “abstenu de condamner la Russie, même si des dirigeants du monde ainsi que des membres de son administration l’ont fait”. Le locataire de la Maison Blanche a tout de même dénoncé une situation “tragique” et prévenu qu’il “serait très en colère” si le rôle du Kremlin était avéré.
Brésil - À 90 ans, le cacique Raoni a guéri du Covid-19
O GLOBO (RIO DE JANEIRO)
Internationalement reconnu pour son combat contre la déforestation en Amazonie, le leader indigène brésilien avait été interné le 28 août en raison de problèmes pulmonaires provoqués par le nouveau coronavirus.
Le cacique Raoni Metuktire, leader du peuple Kayapó, a été autorisé vendredi 4 septembre à sortir de l’hôpital de la ville de Sinop (Mato Grosso), dans le centre du Brésil, où il était interné depuis une semaine
Comme le rappelle le site du groupe Globo G1, Raoni, dont l’âge est estimé à 90 ans, avait été contaminé par le nouveau coronavirus et “souffrait de problèmes pulmonaires”. Il a quitté l’hôpital dans la matinée et d’après son petit-fils, Patxon Metuktire, il ne rentrera pas dans son village de Metuktire, situé dans le territoire indigène de Capoto-Jarina, avant le mardi 8 septembre.
Raoni avait été interné vendredi 28 août après avoir été testé positif au Covid-19. Le cacique a été traité “avec un anticoagulant, un corticoïde et des antibiotiques, selon le protocole de l’hôpital”, précise G1.
Déjà hospitalisé en juillet
En juillet, Raoni, qui a perdu son épouse Bekwyjkà Metuktire, le 23 juin dernier, avait déjà été admis dans un hôpital du Mato Grosso en raison de complications gastro-intestinales.
Les peuples indigènes ont été durement touchés par la pandémie : selon la Coordination des peuples indigènes du Brésil (APIB), environ 30 000 indigènes ont été infectés et 785 sont morts du Covid-19.
Internationalement reconnu pour son combat en faveur des peuples indigènes et contre la déforestation en Amazonie, “le cacique avait été reçu en novembre 2012, au palais de l’Élysée par le président français, François Hollande”, rappelle G1.
En 2019, le président brésilien Jair Bolsonaro l’avait accusé d’être manipulé par les gouvernements étrangers pour “faire avancer leurs intérêts en Amazonie”. Une déclaration faite après une rencontre entre Raoni et le président français, Emmanuel Macron, pour évoquer la protection de l’Amazonie.
Source
O Globo
RIO DE JANEIRO http://oglobo.globo.com/








