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Jours tranquilles à Paris

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9 juin 2020

Emmanuel Macron compte célébrer à Londres l’appel du 18 juin

Prendre de la hauteur au-dessus des partis et des intérêts particuliers pour « réinventer » le modèle français, attaqué par la crise du coronavirus. Telle est la mise en scène gaullienne que veut mettre en place Emmanuel Macron, quelques jours avant de s’exprimer sur la nouvelle orientation politique qu’il veut donner à la suite de son quinquennat. Son intervention est attendue après le second tour des élections municipales, le 28 juin, et avant les cérémonies du 14-Juillet.

Selon nos informations, le président de la République compte bien saisir l’opportunité du 80e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 pour se rendre à Londres sur les pas du général de Gaulle.

« Le projet est bien en option pour le 18 juin, confirme un conseiller à l’Élysée. Le déplacement est en discussion avec Downing Street (les équipes du Premier ministre Boris Johnson). On essaie de déterminer quel pourrait être le meilleur format. Étant donné le contexte sanitaire de l’épidémie de Covid-19 au Royaume-Uni, la question est de savoir si la cérémonie peut se tenir en public ou uniquement dans les locaux de l’ambassade de France. »

Sur les pas du Général

Car le gouvernement britannique a renforcé dernièrement les mesures sanitaires pour faire face à l’épidémie de Covid-19 : à partir de cette semaine, tous les visiteurs arrivant de l’étranger sont astreints à une quarantaine de 14 jours (lire page 11). « Le déplacement, s’il est confirmé, s’effectuera de toute façon dans une délégation extrêmement réduite », précise-t-on à l’Élysée. il serait l’occasion de concrétiser le projet, déjà évoqué, d’une remise de la Légion d'honneur à la ville de Londres. Une rencontre avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, lui aussi fortement critiqué dans son pays sur sa gestion de la crise du Covid-19, est aussi à l’étude.

Le 17 mai dernier, déjà...

Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron se réfère à son illustre prédécesseur au palais de l’Élysée. Il avait déjà rendu hommage à Charles de Gaulle, le 17 mai dernier, en se rendant dans l’Aisne pour une cérémonie de commémoration des 80 ans de la bataille de Montcornet dans laquelle s’illustra le colonel de Gaulle, par une contre-offensive de sa quatrième division blindée. Il y avait salué « l’esprit français qui jamais ne se résout à la défaite. De Gaulle nous dit que la France est forte quand elle sait son destin, quand elle se tient unie. Colonel, général, chef de la France libre, président de la République, Charles de Gaulle incarne l’esprit français ».

Cette « année de Gaulle » se conclura, le 9 novembre, par le 50e anniversaire de la mort du fondateur de la Ve République.

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8 juin 2020

Milo Moiré

milo medite

milo portrait

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8 juin 2020

Jean-Yves Le Drian à l’heure de la succession

le drian

Son maintien au gouvernement, les rumeurs sur Matignon, son poids en Bretagne... L’avenir politique de Jean-Yves Le Drian s’écrit en pointillés pendant que son dauphin poursuit sa stratégie d’autonomie.

Comme Brett Sinclair et Daniel Wilde dans la série « Amicalement vôtre », Jean-Yves Le Drian et Loïg Chesnais-Girard forment un duo aux styles bien opposés.

Petit-fils de docker et fils d’ouvriers lorientais, Jean-Yves - Danny - Le Drian porte en lui ce côté tête brûlée et hors-cadre de Wilde, prêt à jouer des poings au moindre coup de Trafalgar. Qui a déjà subi les foudres et les coups de gueule du menhir en sait quelque chose. Sa récente menace de démission du gouvernement, racontée par Le Canard Enchaîné, pour sauver les 300 emplois des Fonderies de Bretagne à Caudan (56) en est l’illustration. Même si, au final, ce coup à la Hulot a fait un peu pschitt suite aux déclarations du patron de Renault Jean-Dominique Sénard, qui n’a pas caché sa volonté de vendre l’usine.

Passage de témoin en 2017

Enfant de Trébeurden (22) ayant grandi à Liffré (35), après la séparation de ses parents, Loïg - Brett - Chesnais-Girard garde pour sa part le style poli et sage du banquier du Crédit Lyonnais qu’il était au début des années 2000. Une image qu’il s’efforce de « populariser », alors qu’il brigue la succession de Le Drian dans les urnes, en mars 2021, après avoir hérité de son fauteuil en 2017, au gré des virages politiques de son mentor. Profitant en 2019 de l’élection aux Européennes de son vice-président brestois Pierre Karleskind, le patron de l’exécutif régional s’est immédiatement autosaisi de son portefeuille à la mer. Et depuis, il multiplie les déplacements sur la pointe bretonne, ne manquant jamais d’envoyer une carte postale vidéo sur les réseaux sociaux le montrant au bord de la mer ou sur un chalutier. Son omniprésence sur le combat de l’ouverture des plages pour le déconfinement confirme cette stratégie. Occasion trop belle pour ce Breton de l’Est d’arroser son CV de quelques embruns.

Le cas pratique des écolos

Dans la manière de gérer un exécutif, Le Drian et Chesnais-Girard sont là encore bien différents. Par sa stature d’homme d’État et son parcours ministériel, le premier en imposait lorsqu’il était aux commandes de la Région. Pas besoin pour lui de gérer les contradictions d’une majorité : il avait étouffé les remuants écologistes avant même l’élection (2010 et 2015).

Ex-maire d’une petite ville, Chesnais-Girard, lui, est plus proche d’un François Hollande, homme de la synthèse avec lequel il lui arrive d’échanger. Au point même parfois de lui ressembler physiquement. Un côté « ancien monde » qu’il s’est toutefois appliqué à corriger en septembre dernier en rangeant de sages lunettes et optant pour une monture transparente façon Philippe Starck.

Comme chez Le Drian en son temps, les écologistes sont sans doute la plus grosse menace de défaite pour Chesnais-Girard. Mais osera-t-il le même bras d’honneur que son aîné ? Rien n’est moins sûr pour un homme qui ménage souvent la chèvre et le chou. Le psychodrame autour de la bande dessinée d’Inès Léraud sur le dossier des algues vertes en est un exemple. Mais sur ce point, c’est peut-être une question de génération… et d’époque.

L’agriculture pour frontière

Nourri au rêve de productivisme du Célib (*), Le Drian se place encore en fervent défenseur de la puissante agro-industrie. S’il ne peut faire sans le poids économique de la filière dans la région, Chesnais-Girard est plus nuancé dès que des considérations écologiques entrent en ligne de compte.

C’est d’ailleurs un sujet réel d’opposition - ou plutôt de vision du monde différente - entre les deux hommes aux trente ans d’écart, malgré une amitié réelle. Et sur lequel le quadragénaire ne demande jamais conseil à son prédécesseur lors d’échanges de moins en moins fréquents. Histoire de montrer à ses détracteurs que le « bleu » sait aussi s’affirmer. Même si on en a déjà eu la preuve. C’était en mai 2019.

Profitant d’un déplacement à Saint-Brieuc pour rencontrer les maires de Bretagne, Emmanuel Macron avait littéralement coincé Chesnais-Girard pour le contraindre à soutenir la liste Renaissance de LREM aux Européennes. Malgré l’insistance du président de la République et de Richard Ferrand, le président de Région avait tenu bon et appelait, un mois et demi plus tard, à soutenir les socialistes européens. Une fidélité à son parti qu’il n’a jamais trahie depuis. Cette année, pour les municipales, il soutient Nathalie Appéré à Rennes et François Cuillandre à Brest. Avec sans doute un succès à la clé pour eux, donc pour lui. Ce qui est loin d’être le cas pour Jean-Yves Le Drian, dont l’influence en Bretagne a pris un sérieux coup.

Une page se tourne

Il y a d’abord le Breizh Lab, son think tank, là encore aux racines célibiennes, qui devait réfléchir à l’avenir de la Bretagne et dont on a perdu trace avec le coronavirus. Il y a aussi et surtout son soutien à géométrie variable aux marcheurs Laurent Tonnerre, Marc Coatanéa et Carole Gandon à Lorient, Brest et Rennes pour les municipales. Avec les résultats - provisoires - que l’on connaît. Une page se tourne inexorablement, mais le chapitre suivant est encore à écrire…

* Le Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons contribua à poser les bases d’un nouveau développement économique régional dès le début des années 50.

8 juin 2020

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8 juin 2020

Politique américaine - Colin Powell, une voix de plus contre Donald Trump

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COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)

Sur CNN, l’ex-général et ministre des affaires étrangères, a annoncé qu’il voterait pour Joe Biden en novembre. Pas forcément une surprise pour un républicain qui avait choisi Hillary Clinton en 2016 mais c’est une autre figure de l’armée américaine qui s’exprime publiquement contre le 45e président des Etats-Unis en quelques jours.

Dans un entretien accordé à la chaîne CNN dimanche 7 juin, Colin Powell, figure du parti républicain et ancien secrétaire d’Etat de George W. Bush, annonce qu’il votera pour Joe Biden lors de l’élection présidentielle en novembre et estime que Donald Trump “ment tout le temps”.

Avec cette interview “cinglante”, note le Washington Post, l’ex-chef d’Etat-Major des armées, “ajoute sa voix à une série de généraux, amiraux et chefs du Pentagone à la retraite qui ont dénoncé Trump depuis qu’il a menacé de faire appel” aux militaires pour contrôler les manifestations contre les violences policières qui touchent le pays. Mercredi, c’est le général Jim Mattis, ancien membre de son administration Trump, qui avait critiqué le 45e président américain dans The Atlantic.

Colin Powell reproche notamment au locataire de la Maison Blanche “de s’être éloigné de la Constitution” et de ne pas avoir été un “président efficace”. Il remarque que “les gens écrivent des livres sur ses mensonges préférés”. L’attitude de Donald Trump dans son ensemble lui paraît “dangereuse pour notre démocratie” et “dangereuse pour notre pays”.

Le mouvement Black Lives Matter actuel représente “le plus massif” qu’il ait vu. Politico analyse ses propos comme “le signe” que le pays comprend mieux “la rhétorique” du millionnaire et vit “un tournant” à l’approche de l’élection.

Si CBS News considère que son soutien à Joe Biden “marque une continuation de sa prise de distance avec le parti républicain” après avoir voté pour Barack Obama et Hillary Clinton, Vox suggère que d’autres membres éminents du GOP “pourraient suivre”, tout en précisant qu’il faudra attendre l’automne pour savoir à quel point “les sentiments de Powell” sont répandus dans son camp. The Daily Beast se pose une question similaire mais en d’autres termes : “combien de rats vont vraiment quitter le navire?” alors que le candidat des conservateurs “pourrait perdre dans un raz-de-marée”.

Donald Trump riposte sur Twitter

Le New York Times s’est penché sur le sujet dans un article publié samedi et mis à jour dimanche avec les déclarations de M. Powell. Selon le quotidien, l’ex-président américain George W. Bush, son frère Jeb Bush, Mitt Romney ou Cindy McCain, la veuve du sénateur John McCain, ne seraient pas disposés à soutenir la réélection du représentant de leur parti. Joe Biden compterait même en profiter en communiquant dans les prochaines semaines sur les républicains en sa faveur.

Le quotidien rappelle toutefois le risque à s’exprimer publiquement contre le choix du GOP : “s’opposer au président en place de son propre parti signifie mettre en danger des politiques prioritaires comme la nomination de juges conservateurs, le maintien des régulations favorables aux commerces ou les baisses d’impôts – en plus d’affronter la colère volcanique de M. Trump”.

C’est ce que constate The Hill. Le dirigeant américain a attaqué Jim Mattis sur Twitter dans la foulée de ses déclarations mercredi. Il a prévenu qu’il soutiendrait quiconque s’opposerait à la sénatrice républicaine de l’Alaska Lisa Murkowski, critique à son égard.

Sans surprise, il s’en est pris dans un tweet à Colin Powell, “rigide” et coupable d’après lui d’avoir engagé les Etats-Unis “dans des guerres désastreuses au Moyen-Orient” en assurant que l’Irak possédait des armes de destruction massive. Le Wall Street Journal cite toutefois une interview de Donald Trump donnée à une émission de radio le 11 septembre 2002 dans laquelle il assurait soutenir une “invasion de l’Irak”.

Face à ces voix discordantes, Mike Huckabee, ancien gouverneur de l’Arkansas, a affirmé sur Fox News le besoin de faire “le bon choix” pour les républicains. Il a salué un président anti-avortement, pro-Israël et favorable à la dérégulation économique. “Ce n’est pas une affaire de personnalité, ce n’est pas Hollywood, c’est le rude et tumultueux monde de la politique”, a commenté le conservateur.

M. Trump pointerait à 7 points de Joe Biden selon un sondage commandé par NBC News. La chaîne indique que son retard sur Hillary Clinton à l’été 2016 ne l’avait pas empêché de remporter l’élection à l’automne. Mais, NBC rapporte qu’il a perdu du terrain chez des groupes qui lui avaient permis de s’imposer il y a quatre ans, notamment les personnes sans diplôme (3 points d’avance contre 8 en 2016).

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8 juin 2020

Laetitia Casta

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8 juin 2020

'HIBISCUS' UNE NOUVELLE HISTOIRE VISUELLE PAR 'STÉFANIE RENOMA' {NSFW / EDITORIAL EXCLUSIF}

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La photographe Stéfanie Renoma  et les mannequins  Lissa et Patricia se sont associées pour l' éditorial exclusif NAKID intitulé `` Hibiscus .

Si vous aimez cette histoire visuelle, montrez-leur un peu d'amour, ce n'est qu'un aperçu des choses incroyables qu'ils ont créées - rendez-vous sur leur Instagram ci-dessous pour en savoir plus sur cet artiste génial et soutenir leur créativité et votre inspiration quotidienne en les suivant !

Découvrez plus de Stéfanie Renoma et leur travail ici:  

https://www.instagram.com/stefanierenoma/

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8 juin 2020

Océans : agir avant de se laisser submerger

Par Yvan Bourgnon,, navigateur, président fondateur de The SeaCleaners — Libération

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Des déchets liés pour certains à l’épidémie de Covid, récupérés sur la digue de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes). (Photo Laurent Carré)

Sur le plan des déchets aussi, le Covid-19 est une catastrophe. A l’échelle mondiale, des milliards de masques et de gants terminent dans la mer et les lobbys du plastique et de l’emballage se frottent les mains. Il est temps d’agir sur tous les fronts.

Pourquoi se voiler la face ? Avant d’être l’amorce d’une nouvelle ère partout annoncée, le Covid-19 est pour l’heure, sur le plan des déchets, une catastrophe écologique. Sur les milliards de masques chirurgicaux et autres gants à usage unique utilisés dans le monde entier, des quantités astronomiques terminent leur vie par terre et dans l’océan. Une catastrophe pour la faune et la flore marines. Rappelons que, constitués en grande partie de polypropylène, donc de plastique, les masques à eux seuls mettent 450 années à se désagréger. Ces détritus liés à la pandémie viennent s’ajouter au triste score de 15 à 20 tonnes de déchets plastiques qui sont déversées chaque minute dans l’océan.

Dans ce «monde d’après», dont chacun souhaite qu’il soit empreint d’une réelle prise de conscience environnementale et de politiques publiques à l’avenant, les lobbys du plastique et de l’emballage se frottent les mains. Leur surenchère hygiéniste tous azimuts est pour eux l’occasion rêvée de redorer leur blason en imposant cet amalgame bien commode : plastique à usage unique = hygiène = sécurité optimale pour protéger les soignants, les consommateurs comme les aliments. Façon pernicieuse de discréditer indirectement les initiatives citoyennes de protections réutilisables, en tissu par exemple. De mettre à mal les campagnes de sensibilisation en direction des populations. Et, plus grave encore, d’envoyer par le fond toutes les mesures prises par les gouvernements du monde entier pour réduire l’emploi du plastique à usage unique, comme les cotons-tiges, pailles et autres couverts en plastique. Autant d’objets du quotidien qui n’ont pourtant aucun rapport avec le Covid-19.

Ces manœuvres au plus haut niveau s’exercent de mille façons. En France, on voit ainsi des demandes de moratoire apparaître au sujet des dispositions environnementales liées à la loi sur la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire, promulguée en février. Même chose à l’échelle européenne, où une demande de report a eu lieu concernant l’interdiction de certains plastiques à usage unique au motif que «les produits plastiques contribuent à lutter contre le Covid-19». Quant aux lobbys américains, ils n’hésitent pas à affirmer qu’interdire le plastique met «les consommateurs et les travailleurs en danger».

Cette nouvelle menace «post-première vague» de Covid-19 s’ajoute à toutes celles qui pèsent sur l’océan, et que nous connaissons déjà : surpêche, acidification, canicules marines, zones mortes, rejets de métaux lourds, pesticides, eaux usées des villes, dégazage des pétroliers, extraction minière sous-marine, etc. Victimes de la pollution plastique, ici une baleine est retrouvée morte avec une boule d’ordures de 100 kilos dans le ventre, là 85 % des tortues marines ont ingéré des déchets plastiques et on a retrouvé des fragments de plastique dans 90 % des oiseaux marins dans le monde !

Quant aux conséquences sur la santé humaine, si nous ne savons pas encore très bien dans quelle mesure les microparticules de plastique ingérées par les poissons ont des effets sur celle-ci, leur translocation a déjà été observée dans les poumons et le système digestif. Tous ces constats nous rappellent plus que jamais combien est vitale la préservation de cet océan qui, rappelons-le, recouvre 70 % de notre planète.

Bien plus que la sauvegarde des oiseaux marins, des tortues et des baleines dans laquelle certains voudraient cantonner ce combat, c’est tout simplement la survie de l’humanité qui est en jeu. Car l’océan contribue à réguler le climat à l’échelle mondiale en absorbant près d’un tiers des émissions de CO2 anthropiques. Ses nombreuses molécules marines révèlent chaque jour leur potentiel en termes d’applications médicales, notamment dans la lutte contre certains cancers… bref, on le voit, la liste serait longue qui tenterait d’évoquer tous les bienfaits que nous rend l’océan.

Alors que faire ? Penser commodément qu’il n’y a que les grandes mesures étatiques qui comptent, ou se dire que chaque petit geste est important quand on est 7 milliards à les faire ? Les deux ne sont pas antinomiques, bien au contraire. Aujourd’hui, c’est sur tous les fronts qu’il faut agir. Toutes les études montrent que la collecte des déchets, là où ils se trouvent, constitue un enjeu stratégique pour commencer à inverser la tendance. Car le moindre geste, comme le plus spectaculaire, est un acte de résistance face à ceux qui, même dans «le monde d’après», continuent à vouloir soumettre l’humanité et la nature à la loi du plus fort et à la tyrannie du business.

Autrement dit ? Ramasser un bâton de sucette ou collecter des déchets à grande échelle, même combat. Surtout quand, dans le monde entier, la collecte des ordures ménagères tourne au ralenti, confinement oblige, avec pour effet de laisser les pluies emporter les gants et autres masques vers le fond de l’océan… bref, quand on sait qu’à Bangkok, en Thaïlande, le volume de ces déchets plastiques a augmenté de 62 % en avril, on se dit que ce combat est non seulement d’actualité mais, à l’image de la lutte contre le Covid-19, d’ordre mondial.

Comme tant d’autres, j’ai été sidéré de voir ces images de détritus souiller la forêt de Fontainebleau, les quais de Seine, les caniveaux des grandes capitales occidentales. Dans tous ces pays, où l’on se targue de trier ses déchets et de protéger l’environnement, il aura suffi d’une période d’exception pour oublier nos grands principes et multiplier les incivilités, preuve que partout, le travail d’éducation est loin d’être achevé.

Collecter les déchets plastiques à grande échelle, là où la densité de déchets est la plus élevée, comme à l’embouchure des fleuves, est une priorité. Mais pas seulement : elle est aussi, dès aujourd’hui, de sensibiliser, de former et d’aider à légiférer en vue d’une meilleure prévention à tous les niveaux. Car s’il y a bien une vérité qui nous concerne et nous rassemble tous, c’est celle-ci : nous avons autant besoin de l’océan que l’océan a besoin de nous. Ce n’est donc pas le moment de baisser les bras, mais plutôt de se retrousser les manches ! Ni résignation ni fatalité : il nous appartient à tous d’agir. Alors profitons de la Journée mondiale de l’océan, ce lundi, pour lancer ce message : il est tard mais tout est encore possible.

7 juin 2020

Recherche - Face au Covid-19, la course au vaccin bat son plein

course aux vaccins

THE WALL STREET JOURNAL (NEW YORK)

Quelques mois après le déclenchement de la pandémie de Covid-19, plusieurs vaccins commencent à être testés sur l’humain. Une avancée fondamentale pour enrayer la progression du virus même s’il reste beaucoup d’interrogations.

Alors que gouvernements et groupes pharmaceutiques réfléchissent au moyen de développer des vaccins contre le Covid-19 et d’en réserver éventuellement les premières doses au personnel soignant, plusieurs candidats sont sur les rangs et tentent de se démarquer.

Sur la centaine de vaccins en cours de développement dans le monde, huit au moins sont entrés dans la phase des tests cliniques chez l’humain, dont plusieurs mis au point par [l’américain] Pfizer et la société de biotechnologies Moderna. Dans le même temps, des géants comme [l’américain] Johnson & Johnson, [le Britannique] AstraZeneca et [le français] Sanofi augmentent leurs capacités afin de pouvoir produire des centaines de millions de doses de leur vaccin ou de celui d’un de leurs partenaires.

Ces efforts s’inscrivent dans une grande course contre la montre, y compris à la Maison-Blanche. L’objectif : trouver les financements nécessaires pour accroître les capacités de production et de dépistage et disposer d’un vaccin aux États-Unis dès l’automne prochain.

Période de développement courte

Un vaccin sûr et efficace est le meilleur moyen de lutter contre le Covid-19, la maladie provoquée par le nouveau coronavirus, et de réduire les contaminations, affirment les autorités sanitaires. Les groupes pharmaceutiques travaillent d’arrache-pied pour mettre au point un potentiel vaccin le plus vite possible.

Il n’est toutefois absolument pas certain que les vaccins candidats, même les plus avancés, seront efficaces après une période de développement aussi courte. Certains traitements, comme ceux à l’étude chez Pfizer et Moderna, sont basés sur des technologies relativement nouvelles et qui n’ont pas encore été approuvées.

Une fois l’efficacité d’un traitement établie par des tests cliniques, les industriels comptent sur la diligence de la Food and Drug Administration (FDA) pour en autoriser l’usage – même si l’agence ne dispose pas de tous les éléments ordinairement requis pour une mise sur le marché.

Le 1er mai, la FDA a autorisé en urgence l’utilisation du remdesivir développé par Gilead Sciences quelques jours seulement après qu’une étude a démontré que ce traitement permettait de réduire la durée d’hospitalisation de malades souffrant du Covid-19.

L’agence s’est engagée à “faire usage de tous les instruments de réglementation adaptés et à rapidement formuler des recommandations pour accélérer le développement et la commercialisation d’un vaccin sûr et efficace contre le Covid-19”.

“Pas assez de doses pour vacciner toute la population”

Parmi les laboratoires qui ont augmenté leurs capacités de production, un certain nombre s’est engagé à fournir plusieurs millions de doses d’ici la fin de l’année. D’après leurs projections ainsi que les estimations des spécialistes, il est toutefois probable que la population générale doive patienter jusqu’aux premiers mois de 2021 pour pouvoir en bénéficier.

Les spécialistes espèrent que plusieurs vaccins candidats franchiront avec succès les différentes étapes de validation afin de disposer d’un grand nombre de doses. “Dans l’idéal, nous voudrions pouvoir produire entre sept et huit milliards de doses une fois le traitement autorisé afin de vacciner le monde entier, explique Walter Orenstein, directeur associé du centre de vaccinologie de l’université Emory, à Atlanta.

Néanmoins, le fait est que nous n’aurons probablement pas assez de doses pour vacciner toute la population des États-Unis”, reconnaît-il.

Sachant que les premières doses ne seront certainement disponibles qu’en quantités limitées, la question est de savoir quels pays y auront accès en priorité. D’après des représentants de l’industrie pharmaceutique, les entreprises bénéficiant de financements de l’État américain, comme Johnson & Johnson, Moderna ou Sanofi, sont vivement incitées à en réserver un certain nombre à la population américaine.

La Coalition for Epidemic Preparedness Innovation, une fondation qui défend la distribution équitable de vaccins dans le monde, a récemment accepté de verser plus de 380 millions de dollars à la société de biotechnologies américaine Novavax pour l’aider à mettre au point un vaccin susceptible d’être produit dans plusieurs pays et distribué dans le monde entier.

Vacciner les soignants et les travailleurs essentiels en priorité

Aux États-Unis, c’est probablement une agence fédérale comme les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) qui décidera où seront envoyées les premières doses et quelles catégories de population seront immunisées en priorité. Et les autorités sanitaires examinent la possibilité de s’appuyer sur des réseaux d’agences d’État chargées des campagnes de vaccination des enfants dans des hôpitaux publics, ainsi que sur des institutions privées agissant sous le contrôle des CDC, explique Claire Hannan, directrice exécutive de l’Association of Immunization Managers.

Parmi les premiers vaccinés figureront probablement le personnel soignant travaillant en première ligne et les secouristes, ainsi que les métiers essentiels comme les employés des supermarchés, des commerces alimentaires, des pharmacies et des transports publics, indique Paul Offit, directeur du Vaccine Education Center à l’hôpital pour enfants de Philadelphie et membre d’une commission réunissant des représentants de l’État fédéral et de l’industrie pharmaceutique pour accélérer le développement d’un vaccin contre le Covid-19.

Johnson & Johnson estime pouvoir fournir ses premières doses au début de l’année 2021. D’après son directeur scientifique, Paul Stoffels, l’entreprise devrait en avoir suffisamment pour vacciner l’ensemble des soignants. À terme, elle devrait produire plus d’un million de doses.

Moderna renforce elle aussi ses capacités de production, grâce notamment à un partenariat avec le groupe suisse Lonza, afin de pouvoir fabriquer plusieurs dizaines de millions de doses par mois d’ici la fin de l’année. L’objectif est de pouvoir en fabriquer un milliard par an, indique le directeur, Stéphane Bancel.

Réponses immunitaires incertaines face au vaccin

Les laboratoires ne chercheront probablement pas à modifier ou à améliorer les vaccins déjà mis sur le marché, car cela nécessiterait une nouvelle autorisation formelle, estime Florian Krammer, professeur en vaccinologie à l’Icahn School of Medicine de l’hôpital Mount Sinai, à New York.

Les tests des premiers vaccins pourraient toutefois permettre aux chercheurs d’avoir une idée plus précise du niveau de réponse immunitaire nécessaire pour parvenir à une bonne protection contre le virus, explique Walter Orenstein

Reste à savoir si les personnes âgées pourront bénéficier du vaccin. Les défenses immunitaires décroissant avec l’âge, l’efficacité du vaccin pourrait être limitée chez les seniors. Une partie de ces incertitudes tient à la nature des premiers essais cliniques, qui portent sur des sujets sains âgés de 18 à 55 ou 60 ans, et dont le but est d’estimer rapidement les effets secondaires chez les personnes les plus susceptibles d’en souffrir.

La réponse immunitaire aux vaccins est généralement moins forte chez les personnes âgées, il est donc difficile de se baser sur les réactions d’individus plus jeunes pour prédire les effets chez les personnes plus âgées”, prévient Lisa Jackson, chercheuse au Kaiser Permanente Washington Health Research Institute, qui a participé à l’une des études pour le vaccin de Moderna.

Le National Institute of Allergy and Infectious Diseases a récemment élargi le recrutement de sujets aux plus de 55 ans pour son étude sur le vaccin développé en collaboration avec la société de biotechnologies.

Peter Loftus

7 juin 2020

Fête des Mères

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