Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jours tranquilles à Paris

Publicité
5 juin 2020

Morbihan - La Gacilly aura son festival photo cet été

festival la gacilly

la gacilly

Initialement prévu du 1 juin au 30 septembre, le festival photo de La Gacilly se déroulera finalement du 1 juillet au 31 octobre. Photo archives Le Télégramme

En écho au congrès mondial de l’union internationale pour la conservation de la nature à Marseille, l’édition 2020 du festival photo de La Gacilly devait avoir pour thème principal la biodiversité. Le coronavirus a emporté le congrès mondial… et le festival morbihannais a choisi de décaler sa programmation 2020 à 2021. Mais l’événement est maintenu. Il vient d’obtenir le feu vert de la préfecture.

18 photographes

Le festival se décale d’un mois vers l’automne, du 1er juillet au 31 octobre, par rapport à ses dates habituelles. Il adapte aussi sa programmation avec un titre festif, « Viva Latina ! ». Onze photographes du Brésil, Équateur, Chili, Mexique ou Argentique (qui faisaient partie de la programmation 2020) seront présentés. Parmi eux, la référence brésilienne Sebastiao Salgado. Tous sont fortement engagés dans leur photographie, que ce soit artistiquement ou politiquement. Trois expositions seront encore plus directement liées à l’environnement, évoquant les océans, les abeilles et… les réserves naturelles du Morbihan. Enfin, les trois lauréats du concours, soutien à la jeune photographie, seront mis en valeur dans la galerie du Garage.

Trois circuits

L’édition 2020 n’aura pas tout à fait la dimension habituelle : 18 au lieu de 26 photographes. Mais 600 photos grand format tout de même (au lieu d’un bon millier). Mais il investira les mêmes espaces extérieurs que les années précédentes et sera donc plus aéré.

Pour que la visite puisse se faire en « sécurité et sérénité », les expositions seront organisées en trois circuits indépendants, avec un sens de visite, et des panneaux suffisamment espacés pour laisser du temps et de l’espace à chacun de lire les textes et cartels.

En savoir plus : festival-lagacilly.com

Publicité
5 juin 2020

Musée Grévin

grevin

5 juin 2020

Finistère - Il va falloir s’habituer aux méduses en Bretagne

Depuis plusieurs semaines, les méduses, dont d’impressionnants spécimens, prolifèrent dans le sud de la Bretagne. Certaines espèces occasionnent de vilaines piqûres comme récemment à La Torche. Un phénomène qui va devenir de plus en plus habituel sur les côtes bretonnes.

Il est 14 h ce dimanche 24 mai, Vanessa est heureuse. Après deux mois d’abstinence, la jeune surfeuse brise les chaînes du confinement et retrouve l’océan. Grand soleil à La Torche, sur la commune de Plomeur (29) mais la température de l’eau n’excède pas les 17°C. La sportive enfile sa combinaison. La session est chouette, Vanessa prend quelques belles vagues. Elle quitte le fameux spot bigouden à 16 h 30. Deux heures plus tard, les démangeaisons commencent, elles sont localisées « au niveau du front ». La nuit, tout s’accélère. Son visage gonfle littéralement. « Au matin, ce n’était pas beau à voir, j’étais défigurée façon Elephant Man », raconte la Penmarchaise. Verdict : c’est une piqûre de méduse. Son médecin lui prescrira de la cortisone et un antihistaminique qu’elle prend encore aujourd’hui. Il faudra attendre deux jours pour qu’elle désenfle. « Dans l’eau, je n’ai rien vu, rien senti », confie-t-elle.

Ce genre de mésaventure n’est pas très fréquent. Sauf que depuis le week-end de Pentecôte, le risque s’est multiplié avec l’arrivée en nombre de méduses sur nos plages. Le Sud-Bretagne est particulièrement touché. Les témoignages et photos pullulent sur les réseaux sociaux.

Les méduses piquent notre curiosité. Il ne faut pourtant pas s’en approcher, encore moins les toucher. Distanciation physique hautement recommandée.

« Même mortes, elles conservent leur toxicité »

« Toutes les méduses ont un pouvoir urticant. Même mortes, elles conservent leur toxicité plusieurs jours », rappelle Dominique Barthélémy, conservateur adjoint en charge du milieu vivant à Océanopolis. En cas de contact, « il faut éviter de rincer à l’eau douce mais plutôt à l’eau de mer. On conseille de mettre du sable sur la brûlure et ensuite de racler avec un bout de carton/plastique pour décoller les tentacules de la peau », indique le spécialiste.

« Depuis le mois d’avril, nous avons observé la présence de plusieurs espèces de méduses mais surtout celle de la famille des rhizostoma, précise Dominique Barthélémy, on les trouve assez couramment sur la côte atlantique. Elles peuvent atteindre un mètre de long. Elles sont impressionnantes mais ce ne sont pas forcément les plus urticantes. La surfeuse citée a dû être piquée par une petite méduse ».

Surpêche et changement climatique

Même si on ne peut pas parler d’arrivage massif, comment expliquer ce type de prolifération ? « Cela peut être lié aux conditions météorologiques et notamment aux vents de nord-est que l’on a connu pendant la dernière quinzaine de mai. Ils ont peut-être eu une influence sur la courantologie dans le golfe de Gascogne et ont favorisé la remontée de méduses. C’est une supposition ». C’est qui est certain, c’est qu’il va falloir apprendre à cohabiter avec. « On sait que les populations de méduses sont en expansion, c’est lié à la surpêche et au changement climatique pour certaines espèces. La présence de méduses sur nos côtes risque d’être de plus en plus régulière », annonce le scientifique.

La durée de vie de ces animaux gélatineux n’a pas de quoi rassurer. Elle varie de quelques mois à plusieurs années mais « il existe des méduses quasi immortelles, capable de régénérer leurs tissus », précise Dominique Barthélémy.

5 juin 2020

Monica Bellucci

monica38

5 juin 2020

Davantage de culture sur France TV cet été

France Télévisions fait la part belle à la culture dans sa grille d’été, chamboulée par le report des grandes compétitions sportives.

La saison culturelle de France Télévisions débutera le 19 juin avec la Fête de la musique sur France 2, où une quarantaine d’artistes se produiront dans un Bercy sans public. France 5 prendra la relève le lendemain avec une soirée spéciale Musiques en fête dans le cadre des Chorégies d’Orange, annulées cette année, puis le 23 juin France 2 diffusera la cérémonie des Molières. Le lendemain, France 3 proposera en prime « Symphonie pour la vie », concert réunissant de grands noms de la musique classique en soutien aux soignants. Un nouveau numéro du « Grand Echiquier » est prévu le 2 juillet et le traditionnel Concert de Paris du 14 juillet sera maintenu.

Chaque semaine, trois nouveaux rendez-vous musicaux : des live consacrés aux musiques actuelles le vendredi soir sur France 2, les concerts des festivals phare en régions le jeudi soir sur France 3 et de l’opéra et de la musique classique le samedi sur France 5. Un nouveau jeu musical proposant karaoké, blind test et chorégraphies sera présenté par Nagui et Valérie Bègue.

Côté théâtre, le groupe investira le théâtre du Châtelet à Paris de mi-juin à mi-juillet pour réaliser des captations de pièces qui seront ensuite diffusées à l’antenne. À l’occasion du festival d’Avignon, des soirées spéciales sont prévues sur France 5.

Publicité
5 juin 2020

Donald Trump du déni au délire

trump et affaire

trump

trump77

trump78

La posture du 45 président des États-Unis face à la pandémie : un cocktail toxique de déni, d’ignorance, de pensée magique et de vanité. Photo EPA

Vincent Hugeux - Le Télégramme

La pandémie aura jeté une lumière crue sur les travers du 45e président des États-Unis. En quelques tableaux, la chronique d’un coûteux naufrage.

Sidérant, ce long plan fixe sur le visage d’une sexagénaire atterrée dit tout. Foulard de soie et sage brushing, Deborah Birx œuvre au sein de la cellule de lutte contre le Covid-19 de la Maison-Blanche. Au pupitre, en ce vendredi 24 avril, Donald Trump vient d’émettre en sa présence l’hypothèse de procéder, pour vaincre le virus, à des injections de désinfectant. Le Dr Birx blêmit, ses traits se figent, elle semble suffoquer. Dans les jours qui suivent, les centres anti-poison du pays seront submergés d’appels, rançon des effets ravageurs de cette inepte suggestion. Trump, lui, déclinera toute responsabilité, invoquant le caractère « sarcastique » de son propos.

À lui seul, l’épisode résume la posture du 45e président des États-Unis face à la pandémie, cocktail toxique de déni, d’ignorance, de pensée magique, de vanité et - disons-le - de stupidité.

Le pays le plus endeuillé de la planète

Le 28 mai, le milliardaire à la tignasse peroxydée présente, via Twitter comme il se doit, ses condoléances aux proches des 100 000 Américains fauchés par le coronavirus, soit le quart du total mondial des cas mortels, seuil franchi la veille. Pour le pays le plus endeuillé de la planète, une version funeste de l’America First… Il y a plus désolant : selon une étude de l’université new-yorkaise Columbia, un confinement plus précoce d’une semaine aurait permis d’éviter a minima 35 000 décès.

Or, Donald Trump, qui avait prédit, en février, que le fléau « disparaîtrait avec la belle saison », déclenche, deux mois plus tard, une guérilla acharnée contre les gouverneurs coupables d’excès de prudence. Le 17 avril, il appelle à « libérer » du lockdown (confinement) trois États démocrates, le Minnesota, le Michigan et la Virginie. « Les chiffres mentent », scandent, dans le New Hampshire, des miliciens armés et encagoulés. Qui orchestre l’offensive au Texas ? Alex Jones, le gourou du site complotiste d’extrême-droite Infowars.

« Des millions de vies sauvées »...

La suite ne vaut guère mieux. Le 3 mai, au pied du Lincoln Memorial de Washington, le magnat de l’immobilier promet un vaccin avant la fin de l’année - scénario chimérique -, et se prévaut d’avoir « sauvé des millions de vies ». Le surlendemain, il visite, dans l’Arizona, une usine de masques respiratoires mais se dispense d’en porter un. Ce qui revient à peu près à dénoncer les méfaits du tabac en grillant clope sur clope. Pour l’anecdote, sa virée se fait alors aux accents du tube Live and Let Die, cher aux fans de James Bond. En français, Vivre et laisser mourir.

Un dernier couac ? Le 19 mai, Donald Trump annonce qu’il prend chaque jour, pour se prémunir contre le « virus chinois », un cachet d’hydroxychloroquine. Traitement ô combien controversé, dont la prise à titre préventif relève, en outre, du non-sens médical.

Le tweet de condoléances mentionné ci-dessus se termine ainsi : « Que Dieu soit avec vous ! » Au regard du palmarès de son auteur, pas sûr que le concours du Très-Haut suffira.

5 juin 2020

Erdeven

t4 (2)

4 juin 2020

"Je sens que tu n’es pas loin... Tu n’es pas mort : tu dors enfin..." - Nicolas Bedos

bedos adieu

bedos25

A Paris, l’adieu émouvant à Guy Bedos

Article de Sandrine Blanchard 

La preuve que l’humour est un signe d’intelligence, c’est qu’il énerve les cons. Et Dieu que tu en as énervé, des cons ! », sourit, les larmes aux yeux, Michel Boujenah. Jeudi 4 juin, dans l’église Saint-Germain-des-Prés, à Paris, le comédien et humoriste rend un dernier hommage à son ami et confrère Guy Bedos, mort le 28 mai, à l’âge de 85 ans.

Dehors, des centaines d’admirateurs et de curieux écoutent la cérémonie retransmise par haut-parleurs après avoir applaudi l’arrivée du cercueil. Au diable la distanciation sociale : massée derrière des barrières, la foule n’a pas la tête à se protéger d’un coronavirus qui semble déjà loin. « J’aimais son humour, son franc-parler, son impertinence, il me paraît irremplaçable », témoigne un fan des revues de presse qui firent le succès de Guy Bedos.

A l’intérieur de l’église, musique de films et chansons (Ma plus belle histoire d’amour, de Barbara, interprétée par l’actrice Doria Tillier, For me, formidable, de Charles Aznavour) ponctuent les souvenirs et témoignages de la famille et des amis. « Tu étais comme un frère, toujours disponible pour me conseiller, m’écouter. Je te promets de continuer à faire rire. Ta gentillesse et ton si beau regard vont nous manquer, merci et bravo », salue Muriel Robin, en pleurs.

Tout le monde se lève et un tonnerre d’applaudissements retentit. Dans l’assemblée se croisent des générations de comédiennes et comédiens (Jean-Paul Belmondo, Pierre Richard, François Berléand, Jean Dujardin, Fanny Ardant, Catherine Frot, Virginie Efira, Benoît Magimel, Alex Lutz), des humoristes (Elie Semoun, Smaïn), des personnalités des médias (Michel Drucker, Anne Sinclair), des écrivains (David Foenkinos, Frédéric Beigbeder), le metteur en scène Jean-Michel Ribes. Du côté politique, les anciens ministres Arnaud Montebourg et Jack Lang ainsi que le ministre de la culture, Franck Riester.

Soudain, la voix de Guy Bedos résonne. « Je ne veux pas qu’on m’enterre ni qu’on m’incinère. Je demande solennellement qu’on respecte mon intégrité physique, je veux qu’on m’embaume », gueulait-il dans l’un de ses sketchs. Un peu plus tard, son fils Nicolas se met au piano pour accompagner ce magnifique texte que son père aimait tant : « La vie est une comédie italienne, tu ris, tu pleures, tu meurs, en piste les artistes, c’est notre rôle d’être drôles. »

 « On va te faire des violons »

La cérémonie est à son image, gaie et tendre. « On va te faire des violons, du mélodrame a cappella : faut pas mégoter son chagrin à la sortie d’un comédien. Faut se lâcher sur les bravos », avait prévenu Nicolas Bedos dans une lettre lue lundi 1er juin par Augustin Trapenard sur France Inter. « Mon père n’était pas très pote avec la religion mais était très ému par les églises », écrivait-il aussi sur son compte Twitter avant les obsèques. « Il n’était peut-être pas très pote avec la religion mais je vous assure d’une chose, Dieu l’avait pour pote », a répondu le curé de Saint-Germain-des-Prés, le père Antoine de Folleville, ajoutant que Guy Bedos « aimait beaucoup ce quartier ».

Pour accompagner la sortie du cercueil, proches et amis entonnent Ce n’est qu’un au revoir tandis qu’à l’extérieur, la foule des anonymes pousse des youyous en hommage à Bedos l’Algérien et applaudit une ultime fois l’artiste. Un homme brandit une pancarte sur laquelle est écrit « L’humour est un humanisme » et des photos rappelant l’engagement du comédien en faveur des sans-abri et de l’association Droit au logement. Nicolas Bedos salue et remercie les admirateurs de son père. Les funérailles auront lieu en Corse dans « l’intimité » et Guy Bedos sera enterré à Lumio (Haute-Corse)

4 juin 2020

Mitsubishi - L200

mitsu84

4 juin 2020

Portrait - Jean Castex, le joker gagnant du déconfinement

Par Grégoire Biseau - Le Monde

Désigné par l’exécutif pour gérer le déconfinement, le maire LR de Prades a su éviter les écueils liés à sa mission qui prend fin vendredi 5 juin. Un succès qui place le délégué aux JO de 2024 en très bonne position en cas de remaniement ministériel.

Ce vendredi 5 juin, Jean Castex en aura fini pour de bon avec cette vie de reclus et il pourra retourner dans sa ville de Prades, dans les Pyrénées-Orientales, auprès de sa famille, qu’il n’a pas vue depuis deux mois. Le « M. Déconfinement » du gouvernement est sur le point de terminer sa mission avec le sentiment du travail bien fait. La gestion du confinement par l’exécutif avait été jugée catastrophique par les Français, celle du déconfinement, pour l’heure, plutôt comme un succès.

Jean Castex se dit qu’il y est sans doute pour quelque chose. A 54 ans, cet homme de droite a tenu sa réputation d’être « d’une redoutable efficacité », selon les mots du premier ministre Edouard Philippe, et d’une discrétion à toute épreuve.

Si bien que, avant de retrouver son poste de délégué interministériel aux Jeux olympiques (JO) et paralympiques 2024, son nom revient inlassablement dans le grand jeu du remaniement en préparation au sommet de l’Etat. « Il peut tout faire », assure un proche du président. Ce qui n’est pas sans ­agacer une partie de la Macronie.

Mission impossible

Tout a commencé le 2 avril par un coup de fil d’Edouard Philippe. En plein confinement, Jean Castex, maire (Les Républicains, LR) de Prades depuis 2008, dirige une réunion de son équipe municipale par Zoom. Son portable sonne. « On aurait besoin de vous », lâche le premier ministre. Castex n’hésite pas une seconde.

Il aime l’expression « serviteur de l’Etat ». Et cette idée de mission impossible n’est pas pour lui déplaire. Tant pis si l’injonction contradictoire est bordée par deux précipices : déconfiner trop vite, c’est prendre le risque de relancer la pandémie, trop lentement, c’est se voir accuser de creuser une crise économique et sociale sans précédent.

Une fois nommé, il embarque son directeur de cabinet et lui confie la tâche de constituer une équipe de choc qui n’a pas besoin de sommeil. En quelques jours, Jean Castex se construit un mini-Etat : deux anciens directeurs généraux de la santé (Benoît Vallet et Didier Houssin, avec qui il avait travaillé lorsqu’il était directeur du cabinet de Xavier Bertrand au ministère), un préfet à la retraite, un ancien patron d’hôpital, une colonelle. Puis une dizaine de jeunes technos, corvéables à merci.

Tous les grands corps de la République sont là : le Conseil d’Etat, la Cour des comptes, l’inspection des finances et le corps des Mines. Enarque, Castex assume son côté « vieux jeu ». Seule touche d’originalité : une chercheuse en sciences cognitives vient compléter le dispositif. « Car il faut prendre la peur des Français très au sérieux », répète-t-il à ses collaborateurs.

Un commando de dix-huit personnes

Sept jours sur sept, à 8 heures du matin, au sixième étage du 20, avenue de Ségur, dans l’immeuble, quasi désert, du 7e arrondissement de Paris dédié aux services du premier ministre, Castex réunit son commando de dix-huit personnes.

Chaque réunion commence par un speech du patron. Un collaborateur encore tout énamouré raconte : « C’est quelqu’un qui a compris, ce qui est très rare dans la haute administration ­française, que le pouvoir, ce n’est pas de garder l’information pour soi, mais au contraire de la partager. Chaque jour, il nous débriefe ses réunions à Matignon ou à l’Elysée, sans langue de bois, sans amertume, même quand les arbitrages ne nous étaient pas trop favorables. C’était fantastique. »

Le risque d’un portrait de Jean Castex est de sombrer dans l’éloge panégyrique : le garçon attire les louanges. A droite, comme à gauche.

Président socialiste de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel ne peut pourtant pas être taxé de groupie. « Je ne le connaissais pas avant qu’il ne s’occupe des JO 2024, raconte-t-il. Je suis totalement dithyrambique. C’est le mec réglo par excellence. Jamais de coup tordu. Il dit les choses et quand il dit oui, il s’engage à fond. Et en plus, il est très sympathique. Des comme lui, j’en ai rarement croisé dans ma carrière. »

Allez sonner chez Valérie Pécresse, la patronne de l’Ile-de-France, et vous obtiendrez les mêmes compliments : « C’est tout sauf un courtisan. C’est un mélange assez inédit de très grande connaissance de l’appareil d’Etat et de sensibilité du terrain, grâce à son mandat de maire de Prades. Cela lui donne une forme de bon sens, de recul par rapport aux jeux de pouvoir. » Ajoutez à cela qu’il entretient les meilleures relations avec Jean-Claude Mailly, l’ex-patron de FO, et Bernard Thibault, l’ancien secrétaire général de la CGT, et vous complétez un tableau assez original.

D’une droite sociale et modérée, il a fait sa carrière dans le sillage de Xavier Bertrand, d’abord au ministère de la santé puis du travail, avant de rejoindre à la fin de son mandat, en février 2011, Nicolas Sarkozy au poste de secrétaire général adjoint de ­l’Elysée.

Toujours étiqueté LR, il s’est tenu à distance de la Macronie, jusqu’à ce jour de septembre 2017 où il est convoqué à l’Elysée. Il n’avait jamais croisé le chef de l’Etat ni Edouard Philippe. A sa grande surprise, Emmanuel Macron lui propose le poste de délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Castex prend les devants : « Je vous préviens, j’y connais rien au sport. » Le président s’en moque : c’est sa double ­casquette de haut fonctionnaire et d’élu local qui lui plaît. Depuis, Matignon a ajouté dans son escarcelle l’organisation des grands rassemblements sportifs, la direction de l’Agence nationale du sport. Et, enfin, le déconfinement.

Deux belles polémiques

Jean Castex aime à dire à ses visiteurs « qu’environ 90 % de ses recommandations ont été suivies par le PR et le PM ». Ses collaborateurs se souviennent que les débuts avec Jean-Michel Blanquer ont été tendus. Le ministre de l’éducation nationale rêvait d’une rentrée généralisée et massive. Castex préconisait une rentrée progressive, volontaire et d’abord axée sur les petites classes. Il l’a emporté.

Plus généralement, il a défendu un déconfinement par petits pas et, dans la mesure du possible, le plus proche du terrain. Pour l’école comme pour les transports publics : son maître mot, c’était « on y va mollo ».

Il reconnaît volontiers deux belles polémiques dont il se serait passé. D’abord, l’interdiction des parcs et jardins à Paris. « Anne Hidalgo avait évidemment ­raison de demander leur réouverture. On l’a soutenue, mais au sommet de l’Etat on a manifestement voulu en faire un sujet ­politique », raconte un collaborateur.

Et puis, bien sûr, le psychodrame du Puy du Fou. Au nom de la cohérence, il n’était pas question pour Jean Castex d’ouvrir le parc à thème vendéen avec ses 5 000 visiteurs. Jusqu’à ce qu’Emmanuel Macron ne tranche en sens inverse après les nombreuses relances de Philippe de Villiers. Ça l’a rendu assez furieux. Et ça s’est su. Quand son directeur de cabinet lui a fait passer l’article de Valeurs actuelles, dans lequel on rapporte sa saillie : « Je ne prendrais jamais ce con [Philippe de Villiers] au téléphone », il lâche en rigolant : « Ils sont quand même bien informés. »

« C’EST LE GENRE DE GARS À QUI ON PENSE IMMÉDIATEMENT QUAND IL Y A DES EMMERDEMENTS. » STÉPHANE TROUSSEL, PRÉSIDENT SOCIALISTE DE LA SEINE-SAINT-DENIS

Aujourd’hui, Jean Castex est entré dans la catégorie à part et enviée des « ultra-ministrables ». Emmanuel Macron et Edouard Philippe avaient déjà pensé à lui confier, en 2018, le très sensible ministère de l’intérieur, soulevant une mobilisation de la Macronie. Ses concurrents l’ont alors fait passer pour un « sarkozyste », ce qui a fait marrer tous les sarkozystes, qui savent très bien que Castex n’a jamais été du premier cercle. D’ailleurs, à la primaire de la droite en 2016, l’élu s’est volontairement tenu à l’écart des différentes écuries présidentielles.

A la fois techno et politique – il a été réélu cette année à sa mairie avec 75,72 % des voix au premier tour –, Castex, père de quatre filles, n’aurait, selon ce proche d’Edouard Philippe, qu’un seul défaut dans la perspective d’un remaniement forcément paritaire : « celui de ne pas être une femme ». « C’est le genre de gars à qui on pense immédiatement quand il y a des emmerdements », lâche Stéphane Troussel. Ça tombe bien : des emmerdements, Emmanuel Macron en a plein son bureau.

Publicité