Paul Verhoeven en 5 scènes trash
CINÉMA
Bientôt de retour avec “Benedetta”, Paul Verhoeven a dévoilé l’été dernier les premières images de Virgine Efira dans le rôle principal: on la voit encapuchonnée, dans un habit de religieuse. En plus de 50 ans de carrière, le cinéaste aujourd'hui âgé de 81 ans a souvent défrayé la chronique avec ses films ambigus, flirtant savamment avec le sexe et la violence, toujours dans la zone grise de la morale.
Par Margaux Coratte
Virginie Efira dans “Benedetta” de Paul Verhoeven.
Alors que la sortie de Benedetta a été repoussée à une date encore inconnue, le nom de Paul Verhoeven est à nouveau sur toutes les lèvres. Sa représentation du viol dans Elle a soulevé son lot de controverses lors de sa sortie en 2016. Mais bien avant déjà, le cinéaste s’est fait connaître pour ses films complexes où les thématiques de la religion, du sexe et de la violence sont intrinsèquement liées. Avant même de commencer à faire du cinéma, le réalisateur avait créé la polémique aux Pays-Bas, où il avait interviewé en 1967 d’anciens SS dans le cadre d’un documentaire pour la télévision néerlandaise, ce qui était jusqu’alors interdit. À cheval entre l’Europe et les États-Unis, le cinéma de Paul Verhoeven se caractérise notamment par les portraits vibrants de femmes qui peuplent la plupart de ses récits. Jouant avec malice sur des représentations ambiguës, ses films divisent pourtant les critiques, certains y voyant des personnages féminins forts et maîtres de leur destin, d’autres des femmes objets, soumises au désir masculin. Retour sur cinq scènes audacieuses du cinéma de Paul Verhoeven, qui hantent encore délicieusement toute une génération de cinéphiles.
“La Chair et le sang” (1985).
1. La Chair et le sang (1985) : entre tension sexuelle et morbidité
Loin du manichéisme des productions américaines, La Chair et le Sang choque avant tout par son extrême violence. Une scène en particulier illustre la dualité entre tension sexuelle et morbidité qui anime le cinéma du réalisateur. On y voit Agnès (interprétée par l’Américaine Jennifer Jason Leigh), une jeune noble d’Europe de l’Ouest, creuser le sol sous les pieds d’un pendu en putréfaction. Alors que la caméra laisse voir le corps décharné du condamné, le mercenaire Martin (incarné par Rutger Hauer, acteur fétiche du cinéaste) s’approche de la jeune femme. “Chercheriez-vous quelque chose ?” lui demande-t-il. Agnès répond qu'elle pense y trouver une plante magique qui pourrait rendre éperdument amoureux quiconque la mange. Son air naïf et ses rêves d’amour contrastent avec la présence répugnante du corps en décomposition. Martin donne alors une autre dimension à la scène en ajoutant : “quand un homme est pendu, il jouit. Son sperme se répand alors et ensemence la terre. C’est donc là que votre plante doit pousser”.
Scène tirée du film “Basic Instinct” (1992).
2. Basic Instinct (1992) : l'entrejambe de Sharon Stone devenu culte
Succès mitigé au box-office américain, Basic Instinct a pourtant rendu célèbre son actrice principale, Sharon Stone. Dans la peau de Catherine Tramell, une romancière soupçonnée d’avoir tué son mari à coups de pic à glace, l’actrice a marqué les esprits par une scène d’interrogatoire désormais devenue mythique. Interrogée par l’inspecteur Nick Curran (Michael Douglas) et une flopée d’hommes engoncés dans leurs costumes, Catherine s’amuse des questions qui lui sont posées. Évoquant avec délectation les ébats passionnés qu’elle entretenait avec le défunt, elle croise et décroise ses jambes, laissant entrevoir son entrejambe dénudé. L’atmosphère sulfureuse qui règne dans le récit a déclenché les holas de certains mouvements LGBT et féministes. Qualifié de “pornographique, mysogyne et homophobe”, Paul Verhoeven a encore une fois défrayé la chronique avec son style sans pareil.
“Showgirls” (1995).
3. Showgirls (1995) : une femme contre le monde
Récemment intégré à la sélection “Perfect Failures” (“sublimes échecs”) de MUBI, Showgirls est l’un des films les moins aimés de Paul Verhoeven. Qualifié comme le “temple du kitsch et du mauvais goût” par la critique américaine, il dresse pourtant avec virtuosité le portrait haut en couleurs de Naomi Malone. Rêvant de devenir danseuse dans les cabarets de Las Vegas, la jeune femme passe dans cette scène une audition devant Zack Karey (Kyle MacLachlan), le directeur artistique d’un club huppé de la ville. Dansant seins nus – conformément aux attentes de ce milieu particulièrement véreux –, la jeune femme est humiliée par l’homme qui lui demande de passer de la glace sur sa poitrine pour la raffermir. De la vacuité du rêve américain à la critique d’une fétichisation du corps féminin, le film ne pouvait que déplaire au public étatsunien. Trop brutal, trop choquant, le jeu de son actrice principale Elizabeth Berkeley illustre savamment la fureur de vivre d’une femme qui refuse de se perdre dans un monde peuplé d’ordures et d’illusions perdues.
“Black Book” (2006).
4. Black Book (2006) : les illusions du sexe
L’action se situe à La Haye, en 1944. Rachel, une jeune juive rescapée d’un massacre où elle a perdu toute sa famille, est infiltrée parmi les SS pour le compte d’un réseau de résistance. Chargée de séduire l’officier allemand Ludwig Müntze, celle-ci en tombe rapidement amoureuse. Dans une scène électrisée de tensions multiples, Rachel pénètre dans la chambre du militaire un soir après avoir loupé leur rendez-vous. Müntze est alors allongé sur le lit, nu, recouvert uniquement d’un drap. Tandis que la jeune femme se déshabille lentement, une bosse se forme au niveau de l’entrejambe de l’homme. Rachel rit. Elle soulève le drap, pour y découvrir que Müntze tient en réalité dans sa main un pistolet dressé vers elle. Cette scène iconique illustre l’ensemble du film, qui balance sans arrêt entre les sentiments qui unissent ce couple improbable et la réalité brutale de la guerre.
“Elle” (2016).
5. Elle (2016) : quand Isabelle Huppert jouit avec son violeur
Ce film est certainement celui qui a fait le plus hurler la critique. Ambigu à souhait, on y voit Michèle (interprétée par Isabelle Huppert), renouer avec l’homme qui l’a violée. Dans un dangereux jeu de désir et de violence, elle se jette dans la gueule du loup en acceptant de le suivre dans la cave de sa maison. Là, il pense la violer à nouveau, mais c’est sans savoir que Michèle est consentante. Alors que l’homme se retire, l’héroïne du film jouit longuement allongée sur le sol, devant le visage incrédule de son violeur. Si beaucoup ont vu dans ce film un dénigrement des victimes de viol, c’est qu’ils n’ont pas saisi le point le plus important du récit. En exprimant son désir auprès de l’homme qui l’a violée, Michèle refuse d’accepter de n’être qu’un objet. Par cette scène, elle redevient un sujet maître de ses actions et de son désir. Plus encore, elle montre que son propre plaisir prévaut sur toute autre chose. Le film est en ce sens profondément féministe, il défend avec brio la personnalité vibrante de son personnage.
LE PARISIEN - L'ÉDITO de Charles de Saint Sauveur
Drôle d’anniversaire à l’Elysée
Voilà un anniversaire qui est passé à l’as. Jeudi, cela fera donc trois ans jour pour jour qu’Emmanuel Macron emportait la mise, au terme d’un monumental « strike » qui mettait au tapis Républicains et socialistes. Trois ans plus tard, c’est toute sa présidence qui se retrouve chamboulée par la pandémie de Covid-19. Jusque dans son essence même : « La République en Marche ! » stoppée net dans son élan par le confinement, quel cruel symbole ! Avouons que ce 7 mai 2017 nous paraît très lointain. Un président de 39 ans paré de toutes les audaces, y compris de langage, prêt à libérer le pays de toutes ses pesanteurs… Présider la France n’est pas une sinécure, mais le chef de l’Etat ne s’attendait sans doute pas à pareil chemin de croix. Outre les habituelles tempêtes politiques, il a eu droit à son tsunami surprise, comme Nicolas Sarkozy (la crise de 2008) et François Hollande (les attentats de 2015). On passera vite sur le destin de ses deux prédécesseurs dont le quinquennat est resté sans lendemain. Emmanuel Macron, lui, est confronté à un autre problème : le coronavirus balaie totalement son logiciel, celui d’une économie libérée profitant à tous, et d’une confiance résolue en l’avenir. La croissance, la décrue du chômage, les investissements : tous les gains amassés en trois ans de quinquennat sont désormais envolés. Pendant les deux ans qui lui restent, il devra affronter une récession sans précédent, et répondre à toutes les souffrances, toutes les revendications, qui viendront frapper à sa porte. Défi impossible ? A première vue, oui, même si l’homme est un phénix qui a déjà su se renouveler, comme il l’a prouvé en pleine crise des Gilets jaunes, avec le lancement de son Grand débat national. Cette fois, il lui faudra beaucoup plus qu’un « coup » politique pour repartir de l’avant et rassurer le pays. Se « réinventer », comme il l’a lui-même dit, en se payant peut-être de mots. Une chose est sûre : il entre, et avec lui le pays, dans l’inconnu le plus total.
Laurent Joffrin - La lettre politique de Laurent Joffrin - Libération
Macron-Philippe, duo ou duel ?
Ce ne sont que des mots, mais les mots comptent en politique. Il y a une semaine, à l’Assemblée, Edouard Philippe mettait l’opinion en garde contre un «risque d’écroulement du pays» né du confinement prolongé de la population. Interrogé sur le même risque, Emmanuel Macron a répondu qu’«il n’avait pas ces grands mots», même s’il mesurait le «choc massif» infligé à l’économie par la crise du coronavirus. Nuance d’expression involontaire à une semaine de distance ? Peut-être : Macron n’avait pas forcément en tête le texte exact du discours que son Premier ministre avait prononcé une semaine plus tôt. Mais dire publiquement que le Premier ministre employait «des grands mots», expression nettement péjorative, cela ressemble tout de même à un désaveu. Un désaveu de forme, mais un désaveu tout de même.
Une différence de ton qu’on a déjà perçue depuis le début de la crise. Ainsi Emmanuel Macron fixe au 11 mai le déconfinement, donnant une perspective au pays, mais aussitôt Edouard Philippe met en lumière toutes les chausse-trapes que recèle cette décision ; Emmanuel Macron tient un discours confiant sur l’inévitable victoire sur la crise, mais Edouard Philippe avertit l’opinion de tous les dangers du processus et prévient que tout relâchement pourrait reporter la date choisie.
On peut y voir une répartition des rôles, fréquente sous la Ve entre président et Premier ministre. L’un cherche à entraîner le pays, à diffuser un vent d’optimisme et de volonté, l’autre se frotte jour après jour aux difficultés, affronte les épreuves immédiates ; l’un veut ouvrir les voies de l’avenir, l’autre gère le présent ; l’un donne le la, l’autre met en musique, l’un tire vers Don Quichotte et l’autre vers Sancho Panza (nulle allusion physique, on s’en doute, dans cette comparaison…).
Après tout, cette figure s’est plusieurs fois présentée sous la Ve. De Gaulle-Pompidou, la légende et la gestion ; Mitterrand-Mauroy, l’espérance littéraire et le bon sens social-démocrate ; Chirac-Raffarin, le hussard et le fantassin ; Sarkozy-Fillon, l’omniprésent et le gardien des comptes… A l’Elysée l’idéal, à Matignon le réel.
Mais on se souviendra aussi que cette distribution théâtrale recoupait parfois des divergences plus profondes. Pompidou a fini par se retourner contre son mentor trop occupé de grandioses perspectives ; Chirac Premier ministre a rompu violemment avec un Giscard perdu sur les hauteurs ; Fillon, quoique maintenu à Matignon pendant cinq ans, a conçu envers Sarkozy une rancœur qui a éclaté dès le lendemain de la défaite. Une fissure s’est-elle introduite entre Philippe et Macron à la faveur de la crise ? On n’en perçoit guère les traces. Mais l’équilibre, par nature, est instable.
Alain Duhamel comparait Edouard Philippe à Angela Merkel, ce qui renvoyait Macron dans les limbes du verbe et des horizons lointains et conférait au Premier ministre une stature supplémentaire. Philippe peut effectivement sortir de l’épreuve commune renforcé dans l’opinion et se voir comme un possible impétrant, soutenu par la partie droite du spectre politique. On passerait ainsi du duo classique au duel non moins classique.
Comme le remarque Alain Auffray, qui suit l’action de l’Elysée pour Libération, Macron peut aussi estimer – il y aurait une logique à cette décision – que les changements de fond qu’il projette pour l’après-crise et qu’il a esquissés plusieurs fois dans ses interventions, supposent un changement de Premier ministre. Nouvelle politique, nouvelle tête… Dans ce cas, Edouard Philippe renvoyé au Havre se retrouverait «en réserve de la République», possible concurrent pour la suite, tenté de remonter la Seine jusqu’à Paris comme on franchit le Rubicon. Pures spéculations à ce stade : nous en sommes réduits à disséquer l’opposition des styles. Rien de grave, en apparence. Mais, dit-on aussi, le style, c’est l’homme.
Black & White from Annas Workshops on Vimeo.
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Chronique - « Du chaos transitoire où nous nous trouvons émerge une nouvelle normalité »
Par Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde »
Ce n’est pas encore le monde d’après mais ce n’est plus le monde d’avant. Au quotidien, en politique et sur la scène mondiale, un « new normal » impose déjà ses codes, note dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».
On vous l’a dit et répété depuis que le Covid-19 s’est emparé de notre univers : il y aura le monde d’avant et le monde d’après.
Les contours du « monde d’après » nourrissent des débats d’autant plus passionnants qu’ils relèvent forcément de la fiction. Du chaos transitoire où nous nous trouvons, pourtant, quelques éléments émergent, qui dessinent une nouvelle normalité. Ce « nouveau normal », comme disent les Américains, sera-t-il durable ? Nul ne le sait, mais il distingue déjà ce qui a changé par rapport au monde d’avant.
Il y a, d’abord, le plus visible, ce qui modifie de manière spectaculaire nos comportements quotidiens : le port du masque et la distanciation physique. Sourire avec les yeux et ne plus se toucher. La comparaison avec la crise de 2008, souvent évoquée en raison du choc économique, est ici trompeuse ; c’est plutôt la crise des attentats du 11 septembre 2001 et ses conséquences qu’il faudrait rappeler. C’est de ce moment-là – et de ses répliques en Europe – que datent la sécurisation des lieux de travail avec des badges individuels et les lourdes procédures de contrôle dans les aéroports.
Il faudra s’habituer, disait-on alors, à ce « new normal ». Il fallait maîtriser la peur du terrorisme, comme il faut à présent maîtriser la peur du virus.
Notre défense, tout changer
Ces peurs, cependant, se combattent différemment. Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, on conjurait la peur en allant, comme un acte militant, se serrer aux terrasses des cafés : notre défense alors, c’était de ne rien changer à notre mode de vie. Aujourd’hui, notre défense, c’est de tout changer : adieu, les terrasses de cafés bondées. La convivialité, les fêtes, les concerts, les boîtes de nuit, les manifs, les stades en délire, tout cela ne reviendra que lorsque la peur aura été vaincue. Cette liberté que nous affichions en réponse à ceux qui voulaient la bafouer, il faut aujourd’hui la mettre en berne pour se protéger.
Les gouvernants, eux, voient leurs projets d’il y a six mois partir en fumée ; ils ne savent pas non plus vers quoi les mène cette période de transition.
En France, le premier ministre, Edouard Philippe, a eu le 28 avril une formule pour résumer la nouvelle ligne de crête : « Protéger la France sans l’immobiliser au point qu’elle s’effondrerait. » Le point d’équilibre à trouver entre la santé des citoyens et la santé de l’économie, afin que l’un ne dévaste pas l’autre, et inversement.
L’épidémie a brouillé les repères : au travail, les invisibles sont devenus les plus visibles ; en politique, la santé, la solidarité, la confiance s’affichent en valeurs suprêmes. L’économie du bien-être, autrefois raillée par les gens sérieux, prend soudain tout son sens.
L’Etat, relève-t-on, fait son grand retour ; plus tard, à l’heure des bilans, on tentera de discerner de quel Etat on parle : l’Etat souple et agile, qui laisse vivre les initiatives locales et accompagne le secteur privé, ou l’Etat pesant et bureaucratique, dont le mille-feuille administratif a freiné tant d’actions urgentes dans cette crise ?
L’Etat fait aussi un retour en force sur la scène internationale. Et là, surprise ! C’est la revanche des petits. Les puissants du monde d’avant sont les plus atteints : la Chine d’où est parti le virus, les Etats-Unis qui battent le record du nombre de morts, la Russie qui affronte à son tour une accélération brutale du taux d’infection, le Brésil qui ne maîtrise plus rien.
En Europe, à l’exception de l’Allemagne qui a su se préparer à la crise sanitaire, ce sont surtout les « grands pays » qui accusent le coup : Royaume-Uni, France, Italie, Espagne. Alors que cette dernière se débattait dans une catastrophe majeure, son « petit » voisin, le Portugal, a impressionné par la rapidité avec laquelle il a su prendre les mesures préventives et produire des tests en quantité suffisante pour isoler les malades et limiter la circulation du virus.
Les invisibles redressent la tête
La petite République d’Irlande, elle, maîtrisait assez bien la situation jusqu’à ce que la province britannique d’Irlande du Nord décide d’aligner sa stratégie anti-Covid sur Londres. Impossible alors, en l’absence de frontière entre les deux, de bloquer la circulation du virus. Malgré cela, Dublin affiche un bilan meilleur que Londres.
Là aussi, les invisibles relèvent la tête. Taïwan, ostracisée par Pékin, s’est révélée un modèle de gestion de l’épidémie. Une conseillère du chancelier autrichien Sebastian Kurz, Antonella Mei-Pochtler, pense avoir trouvé l’explication, dont elle a fait part au Financial Times : « Il y a une arrogance innée chez les grands pays qui pensent qu’aucun autre pays n’est comme eux, dit-elle. Les petits pays ont tendance à apprendre beaucoup plus les uns des autres. »
Peut-être sont-ils conscients aussi des limites de leurs moyens, qui incitent gouvernants et gouvernés à plus de précautions et à serrer les rangs quand le danger menace. Exemplaire dans cette crise, la Grèce savait que ses infrastructures de santé publique, après dix ans de plans d’austérité, n’auraient pas résisté à une circulation massive du virus.
Les petits pays ont autre chose en commun : beaucoup ont eu le réflexe immédiat de fermer leurs frontières pour se protéger. Les Etats d’Europe centrale, où la circulation des personnes est moins dense que sur les plaques tournantes de l’Ouest, n’ont pas hésité. Remparts ou obstacles ? Les frontières sont en tout cas de retour, autour mais aussi au sein de l’espace Schengen, que l’on ne peut plus arpenter librement – la France est une des exceptions. Aller en Grèce est à nouveau une odyssée.
La Nouvelle-Zélande, ayant maîtrisé le virus, annonce que ses frontières ne seront pas ouvertes « avant longtemps » et parle de former une « bulle trans-Tasman » avec l’Australie. Le « nouveau normal » a évincé la mobilité.















