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Jours tranquilles à Paris

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24 avril 2020

Toilet Paper

toilet

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24 avril 2020

Auray - CINEMA : Les cinq ans de Ti Hanok… Partie remise !

cinema

Pour ses cinq ans, le cinéma Ti Hanok avait prévu les choses en grand le week-end du 8 mai… Mais le coronavirus joue les trouble-fêtes et l’écran restera noir pour le moment. Sylvain Lecointre, le directeur des lieux, revient sur ces cinq années, en attendant de souffler les bougies.

1 Un projet ambitieux dès le départ

« Dès que je me suis installé aux Arcades en 2007 j’ai imaginé quelque chose de plus grand. » Il a fallu huit ans pour que le projet aboutisse Porte Océane et un investissement de 6 millions d’euros. Le chantier n’a pas été de tout repos. « Nous avons eu des retards dus à la défaillance de certaines entreprises. » Mais cet outil très performant a tout de suite séduit le public. « Nous sommes passés de trois salles à cinq salles, toutes équipées en numérique et deux pour la 3D, de 360 à 850 fauteuils, de 400 m² à 2 500 m², d’un grand écran de 7 m à 16 m et de 50 000 à 200 000 entrées. »

2 Si l’on devait donner quelques chiffres depuis l’ouverture ?

862 500 c’est le nombre de spectateurs depuis l’ouverture porte océane en mai 2015. 33 400 séances organisées, 1 400 films diffusés.. Le Top 5 des films présentés : Star wars le réveil de la force (11 000 entrées) ; Le roi lion (11 000) ; Les Minions (9 100) ; Le grand bain (8 260) et La reine des neiges 2 (7 600). On voit que les films d’animation se retrouvent en haut de l’affiche avec une place prédominante des studios Disney.

3 Des films mais pas seulement…

L’une des clefs de la réussite de ce cinéma indépendant c’est la qualité des animations qui sont proposées régulièrement. Mais aussi la diversité de l’offre. Du ballet au ciné senior, de l’opéra au documentaire en passant par les soirées débat, et une belle place pour les petits… « Depuis le début nous avons eu une soixantaine de soirées thématiques ». Et… différents festivals que Sylvain Lecointre associé à Nanou Bresmal souhaite pérenniser comme celui des lettres d’amour, du documentaire d’aventure.

4 Vos meilleurs souvenirs

Le bal. Lorsque j’ai vu le hall plein de monde. Avec des gens qui dansaient et qui s’amusaient. C’était un moment magique que nous avons voulu inscrire dans la durée en proposant chaque année un rendez-vous de ce style.

5 L’impact du coronavirus

« Outre le fait que la crise sanitaire nous prive du plaisir de fêter les cinq ans de Ti Hanok, ce qui nous inquiète davantage c’est la fermeture du cinéma depuis le 2 mars. Il est évident que les performances de l’année passée ne pourront pas être atteintes en 2020. Maintenant nous attendons de savoir quelles aides pourront nous être allouées et quand nous pourrons rouvrir. On espère que le temps sera avec nous. Un trop beau soleil vide les salles »

6 Les projets dans les malles

Le cinéma a aujourd’hui atteint une vitesse de croisière. « Nous avons même passé la barre de 200 000 entrées l’an passé. Un objectif que l’on s’était fixé certes, mais peut-être pas si tôt. Cette année la crise sanitaire va forcément plomber les chiffres surtout que pour le moment nous ne savons pas où on va. Mais le public reviendra, c’est certain et nous gardons nos objectifs… » A court terme, nous envisageons de développer les soirées thématiques en étant pertinent et créatif, et de mettre en place un salon vintage avec l’association A l’assaut des rues. À plus long terme il y a l’envie d’agrandir les lieux avec deux salles de plus à horizon 2030.

24 avril 2020

Extraits de shootings - photos : Jacques Snap

shoot studio (1)

shoot studio (7)

24 avril 2020

Coronavirus : au Brésil, « nous sommes à la limite de la barbarie »

Par Bruno Meyerfeld, Rio de Janeiro, correspondant

L’épidémie de Covid-19, qualifiée de « petite grippe » par le président Bolsonaro, s’intensifie désormais, frappant un pays où le système de santé n’est pas en capacité de répondre à un tel défi sanitaire.

Au Brésil, partout ou presque, on creuse. Des trous, des fosses, par milliers. A la pelle et à la pioche quand on dispose d’un peu de temps. A la tractopelle et à l’engin de chantier, quand on en manque. Pas pour planter du café ou trouver du pétrole, comme avant. Au Brésil, aujourd’hui, on creuse des trous pour enterrer des corps.

Le coronavirus est arrivé « et c’est chaque jour de pire en pire », constate Paulo Henrique, jeune croque-mort métis de 26 ans au cimetière de Vila Formosa à Sao Paulo. Ce mardi 21 avril, un petit embouteillage de corbillards s’est formé entre les tombes. « C’est le septième que je transporte aujourd’hui, le double de d’habitude. C’est épuisant », poursuit-il, patientant au volant de son véhicule funéraire. La cérémonie ne dure pas plus de cinq minutes, le temps de dire au revoir et d’une pelletée de terre. « Tout le monde est terrifié », constate Paulo Henrique.

Au 23 avril, l’épidémie a fait 3 313 victimes au Brésil (un bond record de 407 décès par rapport à la veille) pour 49 492 cas confirmés. Mais qui croit encore aux chiffres officiels ? Débordées, les autorités ne parviennent à tester ni les vivants ni les morts et certains décès dus au Covid-19 sont enregistrés avec vingt jours de retard. Selon des estimations, divulguées par la presse, le nombre de personnes réellement infectées serait de douze à quinze fois supérieur au chiffre annoncé par les autorités. Le nombre de morts pourrait quant à lui avoir déjà dépassé les 15 000 victimes dans le pire des scénarios. Et le pic n’est prévu que pour mai…

D’ores et déjà, toute la fédération est frappée : les grandes métropoles du sud du pays, comme Sao Paulo et Rio, où se concentrent la moitié des décès, mais aussi l’Etat nordestin du Pernambouc ou celui d’Amazonas, loin dans les terres, en pleine forêt tropicale. Dans ces régions, les hôpitaux publics sont déjà saturés ou presque, avec des taux d’occupation des services en soins intensifs dépassant souvent les 70 % ou les 80 %. On espérait le nouveau coronavirus saisonnier ? Sensible à la chaleur ? Force est de constater qu’il s’adapte très bien à la torpeur tropicale.

Fosses communes creusées à l’engin de chantier

Tout ça fait peur. Tout ça fait pleurer aussi, de rage et de désespoir. « Nous sommes à la limite de la barbarie », s’est effondré en larmes cette semaine le maire de Manaus, Arthur Virgílio Neto, désespéré, lors d’une interview. Dans la plus grande cité d’Amazonie, le nombre d’enterrement a triplé, on creuse des fosses communes à l’engin de chantier. Dans les hôpitaux surchargés, les cadavres sont alignés dans les couloirs, des patients trop âgés ont déjà été renvoyés pour mourir chez eux.

Partout, c’est la chasse au lit, la course aux ventilateurs. « Une guerre quotidienne », témoigne un chirurgien de l’hôpital général de Fortaleza, dans le Ceará nordestin, requérant l’anonymat. « On est plein, 100 % des lits en soins intensifs sont occupés et tous les respirateurs sont maintenant utilisés. On avait pourtant dédié un étage entier et cinq unités de soins exclusivement pour le Covid-19. Mais même avec ça, l’autre jour, 48 personnes attendaient un lit ! A ce rythme on ne tiendra pas quinze jours », s’inquiète-t-il.

A Fortaleza, on a de la chance : pour l’instant, il y a suffisamment de gants et de masques. C’est loin d’être le cas partout. A Sao Paulo « à l’hôpital, une bonne partie du personnel n’est pas équipée et a dû utiliser des capes de pluie et des sacs-poubelles, achetés au marché, pour se protéger ! », enrage Sergio Antiqueira président du syndicat des employés de la ville (Sindesp). A certains, on a confié un seul et unique masque de protection jetable pour un mois entier. « Ces gens sont en danger », s’indigne-t-il.

Le Brésil est à nu. « Nous ne sommes pas du tout prêts pour faire face à cette pandémie », regrette Ligia Bahia, experte du secteur de la santé à l’Université fédérale de Rio (UFRJ). Le pays dispose pourtant de dizaines de milliers de lits en soins intensifs. Mais « la moitié sont dans le privé : inaccessibles pour l’écrasante majorité de la population », soupire-t-elle. Résultat : en moyenne, selon l’Institut de statistique national (IBGE), un Brésilien doit parcourir aujourd’hui 155 kilomètres pour trouver un hôpital capable d’offrir des soins complexes, tels ceux exigés par le Covid-19. Dans le grand nord amazonien, la distance peut aller jusqu’à 400 ou 500 kilomètres.

Un virus ? Quel virus ?

La pandémie appuie là où ça fait mal. « Le coronavirus montre l’échec de notre système démocratique, s’attriste Ligia Bahia. Depuis la fin de la dictature, en trente ans, on n’a jamais vraiment investi pour créer un système de santé public effectif, qui offre des soins au plus pauvres, les Noirs, les plus exclus, qui vont être les premières victimes du. [Il] fonctionne d’abord pour les riches. Et [notre] démocratie ne garantit pas les droits sociaux. »

Un virus ? Quel virus ? Malgré le drame en cours, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro, pour qui le coronavirus n’est qu’une « petite grippe », défend toujours le « retour à la normale ». Chaque fin de semaine, il s’adonne à des bains de foule, au mépris des règles sanitaires élémentaires. « J’ai le droit constitutionnel d’aller et de venir », a expliqué le chef de l’Etat, prenant les passants dans ses bras, serrant la main d’une femme âgée après s’être essuyé le nez dans son bras ou toussant carrément sur ses supporters lors d’un discours… Il y a gagné un surnom : « Capitaine Corona ».

Le nouveau ministre de la santé, Nelson Teich, ne rassure pas davantage. Ce dernier s’exprime peu et a mis fin aux conférences de presse quotidiennes, prisées par son prédécesseur Luiz Henrique Mandetta, brutalement démis de ses fonctions par Jair Bolsonaro la semaine dernière. Jugé terne et soumis au président, M. Teich ne convainc personne, pas même au sein du gouvernement. « Tout est sous contrôle… Mais de qui, on ne sait pas ! », s’est ainsi amusé en public le vice-président Hamilton Mourão, juste avant la prise de fonction du ministre.

Faut-il s’attendre à une tragédie ? Selon les prédictions de l’Imperial College de Londres, en cas d’inaction, l’épidémie pourrait faire plus de 1 million de victimes au Brésil.

Rues à peine moins pleines qu’à la normale

Heureusement, depuis la mi-mars, une majorité d’Etats, se substituant au gouvernement fédéral, ont mis en place des politiques de confinement, plus ou moins rigides. Mais avec quelle efficacité ? A peine un Brésilien sur deux serait aujourd’hui isolé chez lui. Dans les quartiers populaires, le contrôle des autorités est quasi inexistant et les rues à peine moins pleines qu’à la normale.

Pire : alors que la vague s’approche, sous la pression combinée de l’exécutif et des milieux économiques, dix Etats sur vingt-sept ont déjà adopté des mesures pour flexibiliser à court ou moyen terme le très fragile et très partiel confinement.

Prévoyant le pire, la ville de Sao Paulo ordonné en urgence le creusement de 13 000 nouvelles tombes, l’achat de 38 000 urnes funéraires supplémentaires et la construction d’un nouveau cimetière. Pour éviter les embouteillages, la mise en terre se fera désormais sans public et de nuit, si besoin.

Bruno Meyerfeld (Rio de Janeiro, correspondant)

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Coronavirus : près de 50 000 morts aux Etats-Unis, après l’une des pires journées. La pandémie de Covid-19, qui a tué au moins 186 500 personnes dans le monde, dont près des deux tiers en Europe, continue de perturber la vie d’une grande partie de la planète. Plus de 2 675 000 cas ont été diagnostiqués dans 193 pays et territoires. En Europe, les pays les plus durement touchés sont l’Italie (25 549 morts), l’Espagne (22 157), la France (21 856) et le Royaume-Uni (18 738). Les Etats-Unis ont pour leur part connu l’une de leurs pires journées depuis le début de l’épidémie, avec 3 176 morts enregistrés sur vingt-quatre heures. Le pays, de loin le plus touché s’apprête, donc à passer le cap 50 000 morts. le Congrès y a approuvé jeudi un nouveau plan d’aide de 483 milliards de dollars (448 milliards d’euros) pour soutenir l’économie et les hôpitaux, tout en renforçant les capacités de dépistage. Face à l’explosion du chômage et à la paralysie de l’économie américaine, le Sénat, la Chambre des représentants et la Maison Blanche ont négocié ces mesures qui comprennent notamment 320 milliards de dollars de prêts destinés aux petites et moyennes entreprises.

24 avril 2020

Serge Gainsbourg

gainsbourg charlotte

gainsbourgAffiche de Vannes Photos Festival de 2019. Festival annulé cette année à cause du coronavirus...

 

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24 avril 2020

A Paris, le déconfinement s’annonce à hauts risques

Par Denis Cosnard

Alors que l’Ile-de-France est encore en pleine vague épidémique, la levée des restrictions envisagée dès le 11 mai soulève une série d’interrogations.

Retour à l’Hôtel de ville pour les élus de Paris. Ou du moins pour une quarantaine d’entre eux, afin de respecter les distances de sécurité entre chacun. Mardi 28 avril, ils retrouveront l’hémicycle pour un conseil municipal exceptionnel, consacré à l’épidémie de Covid-19.

Après un hommage aux victimes, les élus, dont le mandat a été prolongé, débattront de la crise sanitaire. L’occasion, pour la maire Anne Hidalgo, de présenter la façon dont elle prépare la sortie du confinement… Et pour ses opposants de faire entendre leur voix, à quelques semaines ou mois de l’élection municipale.

Rachida Dati, la candidate Les Républicains (LR) à la mairie, critique déjà vivement la gestion de la crise par l’édile socialiste. D’autres sont plus nuancés. « Je n’ai rien à redire à ses décisions et ses annonces, mais nous serons très vigilants sur leur concrétisation », commente ainsi Pierre-Yves Bournazel, un macroniste de droite. Un point d’accord entre élus de tous bords : sortir du confinement, dès le 11 mai, une capitale comme Paris s’annonce une opération à hauts risques.

Le défi du 11 mai

La date fixée par Emmanuel Macron est-elle tenable ? Aujourd’hui, Paris et sa région sont encore en pleine vague épidémique. En Ile-de-France, 12 340 patients demeurent hospitalisés pour cause de Covid-19, dont plus de 2 000 en réanimation. La décrue, entamée il y a une dizaine de jours, reste lente.

Dans ces conditions, autoriser les 12 millions de Franciliens à sortir de chez eux dans moins de vingt jours suscite des interrogations.

« Comment croire un seul instant que Paris pourrait être prêt pour le déconfinement au 11 mai ?, demande Danielle Simonnet, la candidate de La France insoumise (LFI) à la mairie. La pandémie risque de repartir de plus belle. » Le maire (LR) du 15e arrondissement, Philippe Goujon, ne cache pas davantage son inquiétude : « Vu la vigueur de l’épidémie, l’extrême densité de la ville et l’ampleur des problèmes à résoudre, c’est à Paris que le déconfinement sera le plus compliqué. On peut y arriver avec beaucoup d’organisation et de volontarisme, mais c’est risqué. »

Consciente de la forte envie d’une partie des Parisiens d’en finir avec l’enfermement, Anne Hidalgo n’a pas demandé de report de la date lors de sa réunion avec Emmanuel Macron, jeudi 23 avril. Elle a cependant insisté sur la nécessité de disposer d’assez de tests et de masques. Selon l’Elysée, la levée des restrictions « pourra être adaptée aux réalités de chaque territoire ». A Paris, « ce sera forcément progressif », dit-on à la mairie.

La pénurie de tests et de masques

C’est le premier problème. En matière de tests, « la pénurie commence à être moins forte », assure Anne Souyris, l’adjointe à la santé. Le dépistage massif que souhaitait Anne Hidalgo pour éviter que des personnes contagieuses ne circulent bute néanmoins sur les difficultés d’approvisionnement.

Pour l’heure, le dépistage reste donc réservé aux soignants, aux personnes présentant des symptômes, aux résidents des maisons de retraite et des foyers de migrants. La montée en puissance de ce dispositif semble incertaine. La cartographie de l’épidémie à laquelle travaillent la municipalité et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) devrait permettre de tester en priorité certains quartiers.

Souci aussi en matière de masques. Dans l’absolu, il faudrait que tout le monde en porte dès à présent. « Mais il est difficile d’obliger les gens à porter des équipements qui font l’objet d’une pénurie », reconnaît Emmanuel Grégoire, le premier adjoint d’Anne Hidalgo.

Faute de masques médicaux, la Ville de Paris a commandé 2,5 millions d’articles « grand public », en tissu et lavables, qu’elle entend distribuer gratuitement, sans doute dans les pharmacies. Les 500 000 premiers sont censés arriver ces prochains jours. Mais le reste sera-t-il au rendez-vous du déconfinement ? Et cela suffira-t-il si le port d’un masque devient obligatoire, au moins dans les transports ?

L’isolement en hôtel débute à peine

Pour stopper les contaminations familiales, la municipalité parisienne propose désormais aux personnes contagieuses qui ne peuvent s’isoler chez elles d’être hébergées à l’hôtel pendant deux ou trois semaines.

Toutefois, ce projet pilote débute à peine, avec seulement 114 patients pris en charge à ce jour dans des hôtels d’Accor. Si l’expérience est concluante, « tous les [établissements] volontaires auront vocation à participer au dispositif », assure Emmanuel Grégoire.

Une rentrée scolaire très floue

Emmanuel Macron a décidé de faire coïncider déconfinement et réouverture des écoles. Mais le 11 mai, lesquelles accueilleront quels élèves ? Comment seront-elles adaptées aux nouvelles normes sanitaires ? Les cantines fonctionneront-elles ?

« Nous travaillons d’arrache-pied sur ces sujets, et nous nous préparons à sonder les parents », assure la municipalité. Mais celle-ci est tributaire de décisions nationales qui n’ont pas encore été prises. Et ici comme ailleurs, la Ville va devoir composer avec l’absence d’une partie de ses agents. En réalité, « Paris n’est absolument pas préparé » à un retour à l’école, a déclaré Rachida Dati mercredi sur LCI.

Même flou concernant les crèches. « Les nouvelles règles vont diviser par trois le nombre d’enfants que nous pourrons y accueillir », indique Emmanuel Grégoire. Sur quels critères seront-ils choisis ? Pas de réponse à ce stade.

Le verrou des transports

Pour les transports en commun, la réduction de l’offre va être encore plus drastique. Au maximum, un million de personnes pourront les utiliser en Ile-de-France, soit cinq fois moins qu’avant l’épidémie, selon Valérie Pécresse, la présidente de la région. La création de pistes cyclables temporaires risque de ne pas suffire à faire sauter ce verrou majeur.

Assurer l’hygiène en ville

C’est un des sujets sur lesquels la municipalité a le plus avancé. Des distributeurs de gel hydroalcoolique ont commencé à être installés à l’entrée des bâtiments municipaux. La société JC Decaux devrait également en ajouter sur une partie du mobilier urbain, comme les arrêts de bus ou les sanisettes. La RATP fera sans doute de même dans le métro.

La question de l’aide aux entreprises

Dernier sujet sensible, l’aide aux entreprises victimes du confinement. La droite s’étonne qu’Anne Hidalgo soit restée assez silencieuse sur la question. « Je demande à la maire un geste fort, une exonération totale de toutes les taxes municipales sur l’année pour les commerçants et entrepreneurs touchés, plaide Geoffroy Boulard, maire (LR) du 17e arrondissement. Il en va de la survie de notre économie. » Pierre-Yves Bournazel réclame aussi une exonération pour le secteur culturel.

24 avril 2020

Milo Moiré - photos : Peter Palm

milo20

milo21

milo22

24 avril 2020

Bretagne

entre deux rochers

24 avril 2020

Édouard Philippe ou le supplice du dalmatien

La barbe d’Édouard Philippe apparaît comme une sorte de thermomètre public de ses angoisses.

Il y en a au moins un qui pense à son avenir politique en ne se rasant pas. C’est Édouard Philippe. Imaginons le dilemme du Premier ministre. Il constate depuis plusieurs mois un phénomène pileux inédit le concernant : le blanchissement par plaques séparées et aléatoires de sa barbe qui était parfaitement noire lorsqu’il est entré à Matignon.

C’est la première fois qu’un chef du gouvernement est, bien malgré lui, confronté à l’affichage corporel d’une sorte de thermomètre public de ses angoisses.

Charles Perrault ou Honoré de Balzac auraient certainement su tirer un conte ou une nouvelle fantastique à partir d’un phénomène aussi étrange. Mais il nous revient de narrer avec les mots d’aujourd’hui ce qui n’est pas une peau de chagrin ni une peau d’âne mais un poil de gouvernant.

Plus la banquise fond, plus la barbe de Philippe blanchit. Une touche blanche pour les 80 km/h. Une touche blanche pour les gilets jaunes. Une touche blanche pour la réforme des retraites. Et maintenant, deux touches blanches au moins pour le coronavirus. « Se raser serait un aveu d’échec, la garder est un aveu d’impuissance », croit savoir un parlementaire proche de lui.

« Ce n’est plus une tête de Premier ministre que nous voyons chaque jour mais une gueule de dalmatien ; il est grand temps qu’Emmanuel Macron mette fin à ce supplice du dalmatien… », nous déclare avec amusement un ténor de la Macronie qui, comme beaucoup au sein de la majorité, mise sur un remplacement imminent du locataire de Matignon. Il faut dire que, dans son allocution du 13 avril, Emmanuel Macron a promis qu’il allait « se réinventer » et s’est engagé à « dessiner le chemin » de cette réinvention « dans les prochaines semaines »…

Cela place Édouard Philippe sur le fil du rasoir.

24 avril 2020

Libération

libération

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