TREATS Magazine
Cette couverture particulière présente le modèle Erin Cummins tourné à Malibu par Sonny Matson
Société - La “solitude du week-end”, ou comment ne parler à personne pendant deux jours
THE GUARDIAN (LONDRES)
Pour de nombreuses personnes, la fin de la semaine est synonyme d’isolement social et de solitude. Ce quotidien britannique a enquêté sur ce phénomène dont on parle peu, et qui touche pourtant tous les segments de la population.
Samedi matin, Peter s’est levé et est allé au supermarché. Il a rapporté ses courses à la maison et s’est occupé de la lessive et du repassage. L’après-midi, il a fait quelques boutiques de disques puis s’est préparé à dîner, toujours quelque chose d’aventureux le samedi soir. Ensuite il s’est branché sur Netflix. Et pendant toutes ces heures, comme beaucoup de ses samedis, sans parler des dimanches, Peter n’a eu aucune interaction digne de ce nom avec un autre être humain.
La seule personne à qui j’ai parlé, confie-t-il, c’est la dame qui est passée vérifier mes bouteilles de bière à la caisse automatique du supermarché.”
Pendant la semaine, Peter, 62 ans, est trop occupé pour se sentir seul. Il habite à Brighton mais travaille à Londres, et sa vie professionnelle est un “tunnel” dans lequel il entre le lundi et où il ne voit pas la lumière du jour avant le vendredi. Sauf que, dès qu’il en sort, il est saisi par un énorme sentiment de solitude. Loin de lui procurer un répit dans le stress de la vie de bureau, la possibilité de retrouver famille et amis, le week-end représente un vaste désert émotionnel et social qu’il doit traverser avant de reprendre le travail.
Peter redoute les week-ends. Et il est loin d’être le seul. Il est l’une des 200 personnes, de Falmouth à Djakarta, à avoir partagé en ligne leur solitude du week-end à la demande du Guardian. La plus jeune avait 16 ans, la plus âgée plus de 70. Toutes parlaient de souffrance et d’isolement.
L’impression d’être “une paria isolée”
Le phénomène de la solitude du week-end est pourtant à peine étudié. “Il n’y a aucune étude sur la question”, déclare Pamela Qualter. Professeure de psychologie de l’éducation à l’université de Manchester, elle a dirigé la “Loneliness Experiment”, [une étude sur la solitude] réalisée par la BBC l’année dernière. “Il n’y a, semble-t-il, pas un moment de la journée [ni] une saison où les gens se sentent particulièrement seuls, mais nous n’avons pas demandé pour le week-end.”
À quoi ressemble la solitude du week-end, qui en souffre et que peut-on faire pour la soulager ?
Liz, 41 ans, vit dans le Somerset. Elle a un travail gratifiant, de la famille à proximité, mais elle a deux vies. “Pendant la semaine, je suis une personne satisfaite, épanouie. Le week-end, j’ai l’impression d’être une paria isolée”, confie-t-elle. Elle se trouve de plus en plus en décalage avec son groupe social. Elle a une entreprise de formation qu’elle dirige de chez elle, les jours ouvrés sont donc bien remplis. Or c’est exactement à ce moment-là que ses amies mariées veulent se retrouver autour d’un café pour “se lamenter sur leur mari”.
Liz aimerait bien les voir aussi le week-end, mais quand arrive le samedi, “ce n’est pas dit, mais c’est comme si elles me fermaient la porte au nez”, confie-t-elle.
Le week-end, c’est pour les couples. Il n’est pas question de m’inviter à un dîner, parce que je suis célibataire. Je me réveille le samedi avec le moral à zéro. J’ai du mal à sortir du lit si je n’ai rien de prévu.”
Comme si on avait deux personnalités
“Les psychologues parlent du ‘soi miroir’ [looking glass self], explique Pamela Qualter. Votre façon de vous voir est influencée par la façon dont vous pensez que les autres vous voient. L’espace public change, est occupé par d’autres gens… ce n’est plus votre espace. Vous vous sentez mal à l’aise parce que vous n’y avez plus votre place.”
“J’entends beaucoup ça, déclare Sally Brown, qui est coach de vie et conseillère. C’est comme si les gens avaient deux personnalités. La personnalité de la semaine est active et sûre d’elle, mais celle du week-end est perdue et vulnérable.”
Quelqu’un qui entre seul dans un espace public est souvent perçu comme à laisser seul. Mark, 32 ans, est récemment revenu à Londres après deux ans passés à voyager. Un week-end, il est allé au pub pour regarder un match de football et s’est assis à une table de six vide. Le pub s’est rapidement rempli, mais Mark est resté seul pendant vingt minutes avant quelqu’un ne lui demande s’il pouvait s’asseoir à l’une des cinq chaises vides autour de lui. Il déclare avec ironie :
Je suppose que les gens pensent que vous attendez d’autres personnes ou que vous êtes bizarre.”
En décalage avec ses proches
Sally Brown a plusieurs clients dans la trentaine et la quarantaine. Pour elle, cette déconnexion est “liée à une période de transition où votre groupe de pairs est passé à un stade que vous n’avez pas encore atteint”. Et ne souhaitez peut-être pas atteindre. Comme les amis de Liz, la plupart de ceux de Mark sont en couple.
Kate, 61 ans, vit un changement différent de celui de Mark et Liz. Elle est en train de passer de la vie de mère de famille à celle de célibataire. Elle emploie le mot “transition” en particulier quand elle se rappelle, les samedis soir où elle se sent seule, qu’elle a bien élevé ses filles et que la solitude n’est qu’un autre défi à surmonter.
Kate vit à Cardiff. Elle a deux filles adultes qu’elle a élevées seule. Ses semaines sont bien remplies par le travail et les amis, et parfois ses enfants, si elles sont dans les parages, mais ses week-ends, comme ceux de Peter, sont “très longs et très calmes”.
Je ne me sers pas de ma voix pour parler avec un autre être humain avant le lundi.”
Au cours de l’heure et demie qu’a duré la conversation, Kate a expliqué sept fois que faire part de sa solitude à ses enfants leur “pèserait”. Le mot paraissait plus lourd à chaque fois.
Si ce silence protège ses filles et leur permet de maintenir l’image qu’elles ont d’elle, et qu’elle a d’elle-même, “une personne forte et capable, quelqu’un à qui on peut parler”, il renforce son isolement. Même si elle échange des messages sur WhatsApp avec ses filles pendant le week-end, ceux-ci n’ont manifestement aucun effet sur son isolement global.
La retraite, horrible perspective
Au moment où Peter s’installe devant son dîner aventureux, prend ses couverts et se sent instantanément seul, malgré ses efforts en cuisine, Kate repousse son assiette.
Elle se situe à l’opposé de Peter sur l’échiquier culinaire. “L’un de mes plats rapides préférés, c’est deux œufs à la coque avec du pain grillé”, confie-t-elle. C’est un classique pour se remonter le moral et elle s’en fait régulièrement. Cependant le week-end dernier, elle s’est assise, a ouvert un œuf et s’est dit : “Je ne peux pas.” “Je m’étais fait ça tellement souvent que je ne pouvais pas le manger.” Elle a tout jeté à la poubelle.
Kate approche de la retraite.
Mais l’idée de la retraite est horrible – tous les jours seront comme les week-ends.”
Que peut-elle donc faire, que peut-on faire, pour mettre un terme à la solitude du week-end ?
C’est exactement ce que se demande Sarah, 44 ans, qui vit dans le Surrey. “Que peut-on faire pour lutter contre la solitude ? On a tous des difficultés. Tous les gens que je connais ont moins d’argent à dépenser.” Elle aussi est mère célibataire et, à mesure que sa fille, âgée de 18 ans, devient plus indépendante, elle se sent de plus en plus seule le week-end.
Ce qui accentue la solitude, c’est que je suis quelqu’un de très sociable.”
Elle se tient toujours prête pour des invitations de dernière minute. “C’est bien d’être considéré comme quelqu’un qui dira oui – comme ça, on refera appel à vous. J’ai la chance d’avoir été le remplacement d’urgence à plusieurs reprises”, confie-t-elle. Elle a bien conscience que tout le monde ne jugera pas que c’est une chance.
Notre conversation se déroule un samedi après-midi. Si elle n’était pas en train de me parler, m’explique-t-elle, elle écrirait un courriel ou ferait le ménage. Elle a une positivité naturelle et une voix claire qui masquent la tristesse qu’elle ressent la plupart des week-ends. Si sa fille va à l’université l’année prochaine, les week-ends et la semaine seront encore plus calmes. Comme Kate et Peter, elle a conscience que sa vie va changer.
Seule solution : prendre l’initiative
“L’important, c’est de garder les lignes de communication ouvertes et de prendre l’initiative”, explique Sally Brown. Certains de ses clients ont résolu la question de cette fracture dans leur vie en structurant leurs week-ends.
La solitude engendre la passivité dans les amitiés. “On se dit : ‘Je ne peux rien faire… il faut que les choses m’arrivent’”, si bien que les personnes qui se sentent seules sont moins enclines à faire des efforts. Sally Brown demande à certains clients de détailler leurs cercles sociaux sur une feuille de papier. “C’est étonnant le nombre de gens qu’ils trouvent.”
Autre “méthode proactive” : fréquenter régulièrement certains lieux (quand on se retrouve au milieu d’habitués, on peut avoir l’impression d’être avec des amis) et se trouver des clubs ou des groupes par le site Meetup. Sally Brown prévient :
On peut se sentir encore plus seul si on se retrouve dans un groupe qui ne nous va pas.”
“L’important, c’est d’avancer, ajoute-t-elle. Si vous n’êtes toujours pas à l’aise au bout de deux semaines, passez à autre chose.”
La solitude est complexe. “Elle peut toucher des personnes qui rêvent d’avoir du temps pour elles après le travail.” La compagnie devient alors à la fois un remède et un obstacle.
Peter, par exemple, a fait du bénévolat. “Mais ça me prenait une partie du peu de temps que j’avais le week-end”, confie-t-il, ce qui me fait supposer que, même s’il a envie de voir des gens, il aime aussi passer du temps seul. “On parle de la différence entre être seul et se sentir seul, ajoute-t-il. Je suis pile entre les deux.”
Paula Cocozza
Source
The Guardian
LONDRES www.theguardian.com
L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui abrite certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Orienté au centre gauche, il se montre très critique vis-à-vis du gouvernement conservateur.
Contrairement aux autres quotidiens de référence britanniques, le journal a fait le choix d’un site en accès libre, qu’il partage avec son édition dominicale, The Observer. Les deux titres de presse sont passés au format tabloïd en 2018. Cette décision s’inscrivait dans une logique de réduction des coûts, alors que The Guardian perdait de l’argent sans cesse depuis vingt ans. Une stratégie payante : en mai 2019, la directrice de la rédaction, Katharine Viner, a annoncé que le journal était bénéficiaire, une première depuis 1998.
Aujourd'hui c'est la Chandeleur
Adorer ou humilier le pénis : des pratiques à tenter
Par Maïa Mazaurette - Le Monde
Ces deux jeux sexuels complémentaires, liés à un imaginaire de la domination et de la soumission, permettent de mettre des mots sur les obsessions ou les angoisses, explique Maïa Mazaurette, la chroniqueuse de « La Matinale ».
LE SEXE SELON MAÏA
Des vestiaires sportifs aux confidences amicales, le pénis constitue un sujet de conversation. Mais avez-vous déjà conversé avec un membre masculin ? Aussi étrange que l’idée puisse paraître, elle traverse deux pratiques sexuelles complémentaires : l’adoration et l’humiliation des pénis. La première consiste à dire tout le bien qu’on pense de cet organe, la seconde à lui passer un savon. Les deux sont liées à un imaginaire de domination et de soumission.
Commençons donc avec une description pratique de ces rituels – impossible de vous expliquer l’objectif si vous n’avez pas, au préalable, une idée détaillée des opérations. Comment parle-t-on à un pénis ? Ce dernier préfère-t-il l’écriture inclusive, comprend-il les émojis ?
Que vous optiez pour l’adoration ou pour l’humiliation, il est préférable de vous munir d’un dictionnaire des synonymes. Car tenir plusieurs minutes en improvisation, face à un pénis mutique, demande autant d’imagination que de vocabulaire. Plus l’organe est petit, plus les compétences sémantiques doivent être larges (nous sommes plus habitués aux comparaisons flatteuses avec des concombres qu’avec des radis ou des baby-carottes).
Passons maintenant au point crucial : le temps. Ne bâclez pas votre adoration ou votre humiliation ! Nous naviguons en effet dans un univers d’offrande, de patience et de passion. Le corps de l’homme, divinisé ou ridiculisé, doit retenir toutes les attentions. Utilisez les cinq sens. Préparez vos plus affectueuses et cinglantes métaphores. Dans le cas de l’humiliation, discutez des limites (cette pratique est consensuelle, sinon ça s’appelle de la violence verbale et psychologique).
« C’est un pic, un cap, une péninsule »
Prenez ensuite position. Si vous adorez le pénis, mettez-vous à genoux, car vous êtes indigne (pour l’instant) du porteur de pénis : en vous adressant seulement à son organe, vous vous réduisez vous-même à une portion congrue. A l’inverse, si vous humiliez, placez votre partenaire en position inférieure : allongé au sol, à genoux ou dans une position qui l’empêche de cacher son pathétique vermisseau – la mise en pleine lumière de ce qu’on aimerait tenir dans l’ombre fait partie de la (gentille) cruauté.
Maintenant que les acteurs sont en place, musique ! Rappelez-vous de parler au pénis directement, et éventuellement aux testicules (si vous parlez à la personne, alors nous sortons du sujet pour entrer dans la banalité des compliments ou des brimades).
Dans le cas de l’adoration, commencez par une description admirative (« comme tu es beau, grand, fort ! »), enchaînez sur des anecdotes spécifiques (« tu sens tellement meilleur que mon ex »), offrez des remerciements (« jamais personne ne m’a fait jouir comme toi »), multipliez les métaphores (« c’est un pic, un cap, une péninsule »). Remarquez la délicatesse de la silhouette, le soyeux des poils, la fermeté de l’éventuelle érection, le caractère racé du parfum, la vigueur des pulsations.
Vous pouvez souffler, toucher, goûter, flatter, mais l’objectif n’est pas (ou pas tout de suite) la masturbation ou la fellation. La verbalisation doit primer : en fin de séance, vous pourrez inclure dans la conversation le porteur de pénis, à qui vous demanderez des conseils et autres directives (« comment puis-je honorer ce splendide concombre, ô mâle tout-puissant ? »).
Dans le cas de l’humiliation, sans surprise, c’est l’inverse. Moquez-vous sans merci de la taille, la forme, la rigidité de l’organe, de son goût, son odeur, ses performances. N’hésitez pas à infantiliser (« mais dis-moi, il serait peut-être temps d’avoir sa puberté »), à utiliser les comparaisons les plus mesquines (« c’est quoi, ce machin, un gnocchi ? »), à sortir le double décimètre (« et bien, c’est pas brillant »), à déviriliser (« oh, un clitoris »), à ajouter des piques de frustration (« regarde-moi grimper aux rideaux avec ce godemichet »). Vous pouvez également cracher sur l’organe, menacer, pincer d’un air dégoûté, ou pour les braves, prodiguer quelques maltraitances (maîtrisées : on n’est pas des bêtes).
Etes-vous encore là ? J’entends comme un écho. Allô ? Merci à celles et ceux qui sont restés. Car grâce à votre infinie patience, nous allons pouvoir passer de la pratique à la théorie, avec la question à dix mille dollars de la semaine : pourquoi ?
Remarquons d’abord que ces jeux sexuels ne relèvent pas d’une marotte contemporaine, elle-même liée à l’effondrement de la civilisation occidentale : l’admiration du pénis traverse les rites de fertilité, sur tous les continents, depuis des millénaires. Elle orne la place de la Concorde, agrémente notre vocabulaire (« viens tâter de ma matraque »), définit notre idée de la virilité (un vrai gaillard doit « en avoir »).
Même chose pour l’humiliation : des vestiaires sportifs aux normes pornographiques en passant par les plaisanteries sur ceux qui ont « besoin de compenser » (les possesseurs de gros 4 × 4 soupçonnés d’avoir un engin inversement proportionnel à la taille de leur voiture), la société active et réactive constamment les complexes masculins. Or, à ce petit jeu, on perd à tous les coups : aucun pénis ne sera jamais assez gros, assez raide. D’autant que, pendant la pénétration, ils disparaissent ! Quant aux érections, forcément transitoires, elles restent relativement ou complètement incontrôlables (même les acteurs porno prennent du Viagra).
Processus consensuel, cadré, sécurisé
Et c’est précisément pour cette raison que les rites d’adoration et d’humiliation sont intéressants : ils permettent une explicitation et une stylisation d’obsessions qui ne se discutent pas (parce que, quand un homme essaie d’en discuter, il se voit immédiatement suspecté de posséder un format extra-small). En posant des mots sur cette angoisse, les amants se réapproprient de manière cathartique, ludique et volontiers humoristique, le contrôle exercé sur le corps des hommes.
Dans l’adoration, ces derniers se confrontent à leur plus grand désir : une acceptation inconditionnelle. Dans l’humiliation, ils évacuent leur plus grande peur : la mise au ban absolue – et qui ne se produira pas, puisque le processus est consensuel, cadré, sécurisé.
Par ailleurs, ces pratiques existent parce qu’elles réparent une injustice. Le pénis constitue rarement un objet de discours soutenu, et ce « no comment » devrait nous alarmer. Quand on relègue ce membre à l’obscène, on le rend invisible. Quand on le banalise, on disqualifie sa désirabilité. Quand on le juge « fondamentalement moche », on mobilise un imaginaire homophobe (pas question d’être assimilé à un homosexuel) et sexiste (pas question d’être assimilée à une nymphomane). A ce titre, le dégoût socialement affiché fonctionne comme un lancinant rappel à l’ordre hétéronormatif.
Face à cette culture du silence, l’attention aux pénis se révèle subversive. Notamment pour les femmes. En adorant ou humiliant les pénis, ces dernières s’affranchissent de normes voulant que « dans la bouche d’une femme », certaines formules (donc certaines pensées) soient interdites. Au lieu de se conformer à l’idée qu’une « vraie » femme ne s’intéresse qu’à l’intelligence ou au prestige de ses partenaires (ben tiens), elles affirment leur droit de regard et leur capacité de jugement – qui sont autant de modalités d’exercice du pouvoir. Ce retour à la matérialité charnelle du corps, dans son expression la plus immédiate, produit donc un jouissif désordre.
Ce qui nous amène au dernier point : et les vulves, dans cette histoire ? Ne sont-elles pas tout aussi malmenées, invisibilisées, sous-exploitées ? Certes. Cependant, la valeur d’une femme ne repose pas intégralement sur l’apparence de ses organes génitaux externes : le sujet est moins sensible, les enjeux de pouvoir moins manifestes, le lien à la maternité plus perturbant. On peut adorer ou humilier les vulves, évidemment (ou les vagins, si on a un speculum). Mais se faire traiter de gnocchi ou de somptueux concombre reste pour l’instant, de manière écrasante, un privilège masculin.


























