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Jours tranquilles à Paris

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21 janvier 2020

Jacquemus regardant Bella Hadid...

bella jacquemus

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21 janvier 2020

Avec toujours plus de tournages, Paris est un carrefour encombré du septième art

Par Nicole Vulser - Le Monde

Dopé par les séries et les productions internationales, le nombre des tournages dans la capitale a explosé de 84 % en cinq ans. S’ils constituent un gisement croissant d’emplois, la Ville essaie de les répartir dans tous les arrondissements et en périphérie.

Rue des Annelets, dans le 19e arrondissement de Paris, deux techniciens bloquent la circulation. L’équipe du film Médecin de nuit s’affaire, le froid pique. « Moteur ! », lance le réalisateur Elie Wajeman. L’acteur principal, Vincent Macaigne, prononce son texte devant l’interphone situé à l’entrée d’un immeuble des années 1970. Une voix féminine, celle de Sara Giraudeau, lui répond. Les scènes s’enchaînent à belle allure.

Les tournages à Paris sont devenus si fréquents que le système risque l’embolie. En cinq ans, le nombre de films (dont 103 longs-métrages), de programmes audiovisuels (dont 97 séries) et de publicités a augmenté de 84 %, pour atteindre 1 066 en 2019. Les journées de tournage ont explosé dans les mêmes proportions, pour culminer à 5 465 jours l’an passé, selon les chiffres de la Ville de Paris, divulgués pour le salon The Production Forum-Salon des tournages, qui se tenait jeudi 16 et vendredi 17 janvier au Parc floral de Paris.

« Une petite ville »

Rien que la semaine du 6 janvier – alors que janvier constitue le creux de la vague –, Elie Wajeman tournait aussi boulevard Lannes (16e) et rue de Belleville (19 et 20e). De son côté, Olivier Dahan avait planté sa caméra au Mémorial de la Shoah, au conseil régional d’Ile-de-France et avenue de Ségur (7e et 15e) pour Simone, une femme du siècle, long-métrage dans lequel Elsa Zylbertstein incarne Simone Veil. Sans compter les équipes mobilisées dans la capitale pour quatre séries : Paris Police 1900, Astrid et Raphaëlle, Family Business (saison 2) et En thérapie (avec Mélanie Thierry et Carole Bouquet).

« Par rapport à Londres, Paris reste géographiquement une petite ville. Et les rues ne peuvent pas être transformées en studio permanent », confirme Michel Gomez, délégué de la Mission cinéma de la Ville de Paris. Ce dernier tente donc de répartir les tournages géographiquement. Si tous les arrondissements sont demandés par les producteurs, le 14e faisait exception. « Nous avons invité les régisseurs à le découvrir » explique-t-il. Les demandes ont immédiatement suivi.

« UN TEL VOLUME DE TOURNAGES NÉCESSITE DAVANTAGE DE PRÉPARATION ET NOUS OBLIGE À LAISSER CERTAINS QUARTIERS RESPIRER »

« Un tel volume de tournages nécessite davantage de préparation et nous oblige à laisser certains quartiers respirer », ajoute M. Gomez. En jachère en quelque sorte. « Pour les riverains, un tournage se résume souvent à des places de stationnement en moins… », explique-t-il. Dans un même immeuble non occupé, en 2019, au métro Villiers (8e et 17e), trois longs-métrages se sont succédé…

« Nous travaillons main dans la main avec la Mission cinéma pour tenter de désengorger la capitale et distiller les tournages dans la petite couronne. Une scène à Vincennes ou Saint-Mandé peut avoir, à l’écran, le même effet qu’à Paris », estime Rémi Bergues, directeur de la Commission du film Ile-de-France. « Cela permet d’éviter des délocalisations vers la Grande-Bretagne », ajoute-t-il. Cette union sacrée semble bien fonctionner entre la Ville de Paris, qui finance la Mission cinéma, et le conseil régional, qui soutient la Commission du film Ile-de-France.

L’encombrement des rues parisiennes impose des gymkhanas dans les plannings. Les courses-poursuites dans les artères de la capitale se programment le dimanche aux aurores, si possible en plein été. Les scènes de carambolage de The Hunting, un film chinois à très gros budget ont pu être calées entre le 14-Juillet et l’arrivée du Tour de France.

Paris attire toujours bon nombre de productions internationales, et les metteurs en scène montrent une prédilection toute particulière pour le pont Alexandre-III, le pont Bir-Hakeim ou encore le Grand Palais. Pragmatiques, leurs producteurs, eux, sont davantage sensibles au crédit d’impôt international qui leur permet de défiscaliser 30 % de leurs dépenses de tournage dans la limite de 30 millions d’euros. L’une des raisons pour lesquelles le producteur d’une des franchises X-Men, Simon Kinberg, a réuni dans la capitale Penélope Cruz et Jessica Chastain dans 355, un thriller d’espionnage.

Une aubaine financière

Pour Rémi Bergues, « l’inflation des tournages s’explique essentiellement par la demande des plates-formes comme Netflix – qui compte investir un milliard de dollars [896 millions d’euros] dans les contenus en Europe – Amazon, Disney et bientôt les plates-formes chinoises… qui constituent ex nihilo leurs catalogues ». L’Ile-de-France, qui concentre 50 % des tournages dans l’Hexagone, avec ses 2 200 décors accessibles et cinq sites classés au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, compte bien concurrencer Londres et Berlin, en ce qui concerne infrastructures et coûts.

tournages

Selon le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), les dépenses effectuées pour les œuvres bénéficiant des différents crédits d’impôts (cinéma, audiovisuel ou international) ont atteint 168,3 millions d’euros en Ile-de-France en 2018 (+ 28 % par rapport à 2015), grâce à un bond spectaculaire des productions étrangères. L’objectif, à terme, pour M. Bergues, serait de promouvoir l’ensemble de la chaîne de fabrication du cinéma ou des séries, que ce soit le scénario, les effets spéciaux, la postproduction ou les tournages. Le gouvernement va aller dans ce sens puisque la défiscalisation pour les dépenses en effets spéciaux effectuées sur le territoire français devrait être améliorée et portée de 30 % à 40 %.

« Ces tournages constituent un gigantesque gisement d’emplois, tant pour les intermittents que pour les contrats à durée déterminée. En septembre, la demande était telle qu’aucun camion de tournage n’était disponible », assure M. Gomez. Sa grande fierté vient du fait que les 150 000 professionnels du secteur, répertoriés en Ile-de-France, travaillent de plus en plus (+ 16,5 % entre 2015 et 2018). « Ils sont embauchés sur des périodes plus longues, parfois jusqu’à six ou huit mois d’affilée pour des séries », observe-t-il. L’accueil des mégaproductions internationales constitue, comme Mission impossible : Fall Out, sorti en août 2018 (réalisé par Christopher McQuarrie), une aubaine extraordinaire. Une manne de 25 millions d’euros avait été déversée en trente-six jours de tournage, faisant travailler ensemble jusqu’à 800 figurants et techniciens.

LE COÛT DU STATIONNEMENT DES CAMIONS RAPPORTE À LA VILLE PRÈS DE 1,4 MILLION D’EUROS PAR AN

Financièrement, la ville est gagnante : le coût du stationnement des camions lui rapporte près de 1,4 million d’euros par an, et la location des parcs et jardins, des gymnases, des piscines, des bibliothèques ou des mairies, génère 2 millions de recettes annuelles. Un système codifié de prestations permet aussi de retirer les panneaux de signalisation pour un tournage historique. Des demandes fréquentes, comme celles de Xavier Giannoli pour son film Comédie humaine, ou de Paolo Barzaman pour sa série La Garçonne.

Pour faire face à cette soif exponentielle de tournages, la Mairie de Paris a mis en place deux mesures phares. Les compétences de la Préfecture en matière de circulation, stationnement, occupation des rues… sont désormais entre les mains de la Mission cinéma. Un guichet unique permet d’effectuer toutes les démarches des directeurs de production.

De plus, leurs demandes se réalisent désormais en ligne, grâce à une application, baptisée « Agat ». « Cela force à s’organiser, à tout prévoir à l’avance, mais, a contrario, ne permet plus de changer ses plans au dernier moment. On perd en souplesse », témoigne Isabelle Tillou, directrice de production d’Un médecin de nuit. Ce film à petit budget (1,4 million d’euros) sera tourné en vingt-quatre jours à Paris, pour les besoins du scénario.

La productrice considère que, pour un film d’auteur, tourner en province est souvent plus simple. « L’argent du film n’est pas mis dans la logistique, comme les parkings de camions », dit-elle. De plus, la législation, moins contraignante, permet de tourner davantage. Sans compter les coûts moins onéreux de location d’appartements ou de maisons.

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Un « plan studio »

A quand les répliques d’appartements haussmanniens dans un studio ? Pour désengorger Paris, la solution consiste effectivement à proposer des films en studio. Or, l’offre en Ile-de-France est devenue insuffisante au regard de la demande. Au point où le CNC, conscient du sous-dimensionnement des équipements, a annoncé, jeudi 16 janvier, un « plan studio » doté d’un million d’euros pour moderniser les plateaux de tournage.

Avant de faire partie du village olympique, en 2024, Les Studios de Paris – où a été tourné Valérian et la cité des mille planètes, de Luc Besson (2017) – accueillent de nombreux tournages de fiction, notamment pour Amazon.

A Bry-sur-Marne, Nexity, le propriétaire du terrain où sont installés les studios renonce finalement à y bâtir un programme immobilier. « En 2020, Transpalux, la société d’exploitation des studios de Bry-sur-Marne, devrait racheter 6,5 hectares de terrain à Nexity, pour y pérenniser l’activité des studios », explique Pascal Becu, directeur des studios. Le carnet de commandes est plein pour le premier semestre.

Enfin, les studios de Brétigny-sur-Orge, qui seront conçus de façon écologique et construits sur une ancienne base aérienne, devraient permettre d’offrir jusqu’à neuf plateaux de grande taille. Seule l’immense zone de tournage extérieure fonctionne aujourd’hui. Quelques scènes de bataille de J’accuse, de Roman Polanski (2019), y ont été tournées. Actuellement, une réplique de l’un des piliers de la tour Eiffel a été édifiée pour les besoins du biopic de Martin Bourboulon consacré à Gustave Eiffel, qui sera incarné par Romain Duris. Paris loin de Paris.

21 janvier 2020

Laetitia Casta, au top : son étincelant retour sur les podiums !

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Après presque 10 ans d'absence sur les podiums des défilés de mode, Laetitia Casta a effectué un superbe retour lors du défilé Jacquemus.

Voilà un come-back qui fait plaisir à voir ! Cela faisait plus de dix ans que Laetitia Casta n'était pas montée sur un podium.  Mais qu'on se le dise, il n'est jamais trop tard pour afficher sa beauté ! À 41 ans, le mannequin a fait son retour sur un podium, samedi 18 janvier, lors du défilé Jacquemus, à la Défense à Paris.

L'ex-top model star des années 1990, reconvertie depuis comédienne, a ouvert le défilé du jeune styliste français, lors de la Fashion Week Homme automne-hiver 2020-2021. "Je rêve de Laetitia Casta depuis petit. Elle est l'incarnation de la beauté française par excellence, de la beauté tout court. J'étais si heureux qu'elle participe à ce défilé", s'embrasait le créateur dans un entretien accordé à Vogue qui réalise ainsi l'un de ses rêves.

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21 janvier 2020

Tribune - Eva Joly : « Julian Assange se meurt en prison pour avoir rendu publics ces crimes de guerre »

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Par Eva Joly, Avocate

L’ancienne magistrate dénonce, dans une tribune au « Monde », le silence des médias sur les conditions de détention du lanceur d’alerte, qui menacent sa santé.

C’était en 2010. En collaboration avec un site dénommé WikiLeaks, fondé par Julian Assange, les journaux parmi les plus prestigieux d’Europe et du monde publiaient une longue série de révélations sur les guerres alors menées en Afghanistan et en Irak par les Etas-Unis et leurs alliés.

Du New York Times au Spiegel, en passant par The Guardian, El Pais ou Le Monde, nombreux sont les médias dits de référence qui s’emparèrent des documents secrets de l’armée américaine obtenus par le site. Ils furent classés, analysés et publiés tant il devenait urgent d’avertir l’opinion mondiale des dérives et des exactions qui avaient été commises pendant ces guerres menées au nom de la démocratie après les attentats du 11 septembre 2001.

La notion de transparence fut abondamment débattue dans ces journaux et dans toute la société. Mais la gravité des informations contenues dans ces documents rendait leur discussion dans un cadre ouvert et démocratique plus que nécessaire. Ces documents transmis par WikiLeaks à la presse révélaient l’usage de la torture, des dizaines de milliers de morts parmi les civils, tout ce qui a fait de cette zone du monde le nid d’un terrorisme dont nous payons si chèrement le prix aujourd’hui.

A la fin de cette même année 2010, Le Monde attribuait d’ailleurs à Julian Assange le titre de personnalité de l’année.

Près de dix ans ont passé. Julian Assange est à l’isolement à la prison de Belmarsh, au Royaume-Uni. Cette prison est connue pour héberger de nombreux terroristes et est souvent décrite comme la version britannique de Guantanamo. En novembre, une soixantaine de médecins internationaux ont tenté d’alerter le monde sur l’état de santé physique et psychologique de Julian Assange. Ils envisagent sérieusement qu’il puisse « mourir en prison ». Et, depuis, quel silence ! Quel manque de réactions de la part de la presse mondiale, qui a relayé l’information sans s’y arrêter, après avoir abondamment utilisé les révélations que lui avaient apportées ce même Assange et son équipe sur les abus et les crimes de guerre commis par les alliés en Irak et en Afghanistan.

Cruelle ironie

Il y a pourtant un lien évident de cause à effet. Julian Assange se meurt en prison pour avoir rendu publics ces crimes de guerre. Pour nous avoir permis d’être informés.

C’est peu dire que le destin d’Assange semble s’être retourné contre lui. Très vite après les fuites de WikiLeaks, il fut poursuivi par le parquet suédois pour des accusations de viol qu’il a toujours récusées.

On sait aujourd’hui que les Etats-Unis avaient alors déclenché des enquêtes contre lui pour espionnage. Qu’ils incitaient leurs alliés à agir pénalement contre WikiLeaks et son fondateur. C’est pourquoi Julian Assange fit le choix, en 2012, de se réfugier dans une ambassade amie, celle de l’Equateur, afin de se protéger de poursuites américaines masquées derrière un mandat d’arrêt suédois.

Nous sommes en 2020. Julian Assange s’est vu retirer sa protection par l’Equateur comme réfugié politique. Il a été arrêté à l’ambassade de Londres. La justice suédoise a abandonné les poursuites faute de preuves. La situation est limpide désormais, elle ressemble à ce qu’il a toujours dit : il est incarcéré pour que soit étudiée une demande d’extradition formulée par les Etas-Unis dans le cadre de leurs propres procédures pour intrusion dans un système informatique et espionnage. Et pourtant, Julian Assange est seul.

Cruelle ironie : alors qu’une partie de ses anciens soutiens lui reproche d’avoir fait le jeu de la Russie, et en tout cas de Donald Trump, en publiant en pleine campagne présidentielle américaine des courriels piratés sur le serveur du Parti démocrate, c’est ce même Donald Trump qui risque, in fine, de pouvoir l’appréhender, moyen commode pour le président et son administration de se dédouaner des accusations, portées contre eux, de collusion avec un pays étranger. Ce même Donald Trump qui, en 2010, qualifiait les actions de WikiLeaks de « honteuses » et suggérait la peine de mort pour son fondateur.

La démocratie face à elle-même

Quoi que l’on pense de la personnalité d’Assange ou des erreurs que WikiLeaks a pu commettre, la démocratie est face à elle-même. Est-elle encore capable de débattre collectivement de certains sujets ? De défendre la liberté d’informer et ses lanceurs d’alerte ? Est-elle capable de protéger les droits humains en général et les droits d’un homme en particulier ?

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En novembre dernier, c’est le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Nils Melzer, qui s’inquiétait de la « détérioration constatée » de la santé de Julian Assange, l’attribuant à des conditions de détention jugées contraires à la Convention contre la torture. Il parlait d’une « situation inhumaine » et d’« abus qui risquent de lui coûter la vie ». Il soulignait que les violations sérieuses et répétées des droits de Julian Assange à un procès équitable par les autorités du Royaume-Uni ont rendu arbitraires aussi bien sa condamnation pour violation du contrôle judiciaire que la procédure d’extradition vers les Etas-Unis. Il n’a jamais reçu de réponse sensée du gouvernement britannique.

Faute d’appuis suffisamment nombreux et suffisamment bruyants, cette situation critique ne pourra se muer qu’en une situation funeste.

La seule réponse juridiquement juste est de libérer Julian Assange immédiatement.

Il n’y a pas de doute que s’il devait être extradé vers les Etats-Unis, son droit à un procès équitable ne serait pas assuré. Selon The Guardian, la CIA a fait surveiller Julian Assange dans l’ambassade d’Equateur, enregistrant ses mouvements, ses conversions avec ses visiteurs, y compris les réunions avec ses avocats. Ces violations du privilège client-avocat n’augurent pas d’un procès équitable, où il risque jusqu’à 175 ans d’emprisonnement.

Les médias, et au-delà d’eux nos opinions publiques, ne peuvent davantage détourner les yeux : un homme se meurt à la prison de Belmarsh. Et notre honneur avec lui.

Eva Joly est avocate au barreau de Paris. Ancienne magistrate, elle a été députée européenne Europe Ecologie-Les Verts entre 2009 et 2019.

21 janvier 2020

Coquelicots

coquelicots

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21 janvier 2020

Une commande de deux milliards d’euros pour les Chantiers de l’Atlantique

chantier

Les Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, recevront commande de deux paquebots pour l’armateur MSC, pour un marché de deux milliards d’euros. Coca-Cola et le groupe pharmaceutique AstraZeneca vont aussi investir en France, a annoncé, dimanche, l’Élysée.

L’armateur italo-suisse MSC a passé une commande de deux milliards d’euros aux Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, pour deux nouveaux paquebots, livrables en 2025 et 2027 et propulsés au GNL (gaz naturel liquéfié), a annoncé, dimanche, l’Elysée.

Cette commande ferme s’accompagne de la signature de deux protocoles d’accord avec les chantiers navals en cours de rachat par l’italien Fincantieri, portant potentiellement sur 4 milliards d’euros d’investissements supplémentaires, a précisé l’Exécutif, en amont du sommet « Choose France » auquel le président Emmanuel Macron a convié des dirigeants d’entreprise venus du monde entier, lundi, à Versailles.

2 400 emplois pendant trois ans

Selon l’Elysée, la construction à Saint-Nazaire des deux nouveaux paquebots de 6 700 passagers chacun va générer « 14 millions d’heures de travail, correspondant à 2 400 emplois pendant trois ans et demi ». L’accord prévoit également le développement d’une nouvelle classe de paquebots au GNL ainsi que celui d’un nouveau prototype de bateaux propulsés pour partie à la voile, intégrant de fait les « meilleures innovations en matière environnementale », le secteur de la croisière étant régulièrement accusé de polluer massivement.

L’exécutif fait remarquer que ces commandes et protocoles d’accord s’inscrivent « dans le sillage de 15 bateaux déjà construits par les Chantiers pour MSC au cours des 20 dernières années » et évoque « 13 navires MSC » qui sortiront de Saint-Nazaire dans la décennie à venir.

Un rachat soumis à la Commission européenne

En novembre dernier, la livraison à Saint-Nazaire du « MSC Grandiosa » avait été précédée par la découpe de la première tôle du « MSC Europa » de la série World Class. Ce navire, qui doit être livré en 2022, sera le premier paquebot propulsé au GNL construit en France.

C’est ce type de paquebot que livreront donc en 2025 et 2027 les Chantiers de l’Atlantique, dont le rachat par l’italien Fincantieri fait l’objet d’une enquête approfondie ouverte par la Commission européenne. L’exécutif européen a jusqu’au 17 mars prochain pour prendre une décision concernant ce rachat, qui pourrait nuire à la concurrence dans la construction navale.

21 janvier 2020

Marisa Papen // a portrait from Tobi Schnorpfeil on Vimeo.

21 janvier 2020

Baroudeur

baroudeur

21 janvier 2020

Les surprises bretonnes du palmarès des villes où il fait bon vivre

drapeau

Le Télégramme

Classée au dixième rang, Lorient est la première ville bretonne de plus de 2 000 habitants du palmarès établi par Le Journal du Dimanche et l’association Villes et villages où il fait bon vivre.

Le Journal du dimanche a publié un palmarès des villes et villages français où il fait bon vivre. L’attrait de la Bretagne se confirme mais le classement final réserve des surprises.

Chaque année paraissent des classements des villes de France, aux résultats variés selon les critères choisis. Dimanche, le Journal du dimanche a publié une étude réalisée sur deux ans par l’association Villes et villages où il fait bon vivre, qui a épluché les données de l’Insee de 34 841 communes. 182 critères ont été pris en compte pour établir ce classement avec, d’un côté, les villes de plus de 2 000 habitants, de l’autre les communes de moins de 2 000 âmes.

L’étude prend en compte la qualité de vie, la sécurité, les transports, les commerces et les services, la santé, l’éducation, les sports et les loisirs, ainsi que la solidarité. Si Annecy caracole en tête, l’ouest de la France est bien représenté. Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), La Rochelle (Charente-Maritime), Angers (Maine-et-Loire) et Le Mans (Sarthe) complètent le podium, quand Bordeaux occupe la 8e place.

Un classement breton inédit

Pour la Bretagne, le classement réserve des surprises. Sept villes - huit, en incluant Nantes - figurent au classement, mais pas forcément dans l’ordre habituel. Lorient (10e) ouvre la marche, suivie par Brest (16e), Rennes (17e), Nantes (20e), Lannion (28e), Saint-Brieuc (30e), et enfin Quimper, à la 40e place.

Rennes et Nantes, habituées à truster les premières places, sont donc devancées par Brest. Pour le maire de Brest, François Cuillandre, la ville a changé de visage : « Ça fait plaisir. Les Brestois sont aujourd’hui fiers de leur ville, c’est le premier classement qui nous place devant Rennes, le coût de la vie et nos infrastructures doivent y être pour quelque chose ».

Petites communes inattendues

Du côté des communes de moins de 2 000 habitants, la surprise est plus vive : Saint-Quay-Perros (22) est 8e, Ploulec’h (22), 17e. Pour la première, coupée en deux par une route à quatre voies, séparée du littoral et sans réel centre-bourg, ce sont les commerces, le cabinet médical regroupant plusieurs médecins et la proximité de Lannion (22) et Perros-Guirec (22) qui lui valent cette place. Pour le maire, Pierrick Rousselot : « C’est la meilleure médaille pour un maire, même s’il s’agit d’un travail d’équipe. Notre leitmotiv a toujours été le vivre ensemble. Il y a une vie associative riche que nous avons aidée au maximum ».

Même son de cloche à Ploulec’h, également limitrophe de Lannion, accessible par un rond-point rempli de commerces. Matthieu Dupuis, le maire, précise : « Il y a une trentaine d’associations pour 1 695 habitants. Ploulec’h s’est équipée d’une salle de spectacle et d’un city stade. Peut-être que cela permettra à la commune d’attirer de nouveaux médecins, la dernière est partie, et nous souhaitons agrandir la maison de santé ».

Pour le maire de Lannion, Paul Le Bihan, « c’est une belle satisfaction. La ville a moins de 20 000 habitants, mais avec ses collèges, son lycée, son hôpital, des écoles de musique et de dessin, sa salle de spectacle, elle bénéficie d’équipements d’une ville plus grande. Après l’attractivité des métropoles, ce résultat illustre le regain d’attrait des villes moyennes ».

21 janvier 2020

Fanny Müller

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