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Jours tranquilles à Paris

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20 janvier 2020

Municipales à Paris : Dati remplace Griveaux comme rival numéro un d’Hidalgo

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Anne Hidalgo et Rachida Dati

Par Denis Cosnard - Le Monde

Un sondage IFOP place la maire sortante en tête pour le scrutin de mars, suivie par l’ex-garde des sceaux. Le candidat officiel de La République en marche est à la peine.

Dehors, sur le boulevard Sébastopol, les touristes passent emmitouflés. A l’intérieur du petit local de campagne, c’est l’étuve. Ce samedi 18 janvier, les têtes de listes et de nombreux militants se sont amassés pour s’approcher de leur vedette, Rachida Dati.

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Rachida Dati

« Qui parle, là ? », demande une vieille dame chic, coincée au milieu de la foule. « C’est Rachida », l’instruit sa voisine. Avant d’entamer la galette, la candidate à la Mairie de Paris motive ses troupes. Certes, « il y a eu quelques états d’âme », reconnaît-elle. Mais les différends sont réglés, et « Paris, c’est vraiment à notre portée, vu l’équipe actuelle à la mairie », assure-t-elle. Soudain, un homme entonne une Marseillaise, reprise par tous. Une choriste de l’opéra rend le chant encore plus vibrant. Salve d’applaudissements.

Près de vingt ans après avoir perdu la Mairie de Paris, la droite peut-elle en retrouver les clés en mars, avec Rachida Dati ? Peu y croient vraiment. Le parti part de si loin…

Mais la galette est à peine finie que les chiffres du sondage IFOP à paraître le lendemain dans le Journal du dimanche (JDD) commencent à circuler, et à raviver l’espoir. Pour la première fois, la candidate investie par Les Républicains (LR) s’y retrouve à la deuxième place, avec 19 % des intentions de vote au premier tour. Certes toujours derrière la socialiste Anne Hidalgo (25 %), elle distance désormais le candidat de La République en marche (LRM) Benjamin Griveaux (15 %), l’écologiste David Belliard (14 %) et le macroniste dissident Cédric Villani (13 %).

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 Benjamin Griveaux

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Cédric Villani

« La peau de chagrin de la droite à Paris est finie »

Après la claque essuyée par LR aux européennes, certains considéraient les municipales parisiennes comme un combat perdu d’avance pour la droite classique, surtout avec pour figure de proue la tranchante Rachida Dati. La voici désormais concurrente numéro un de la maire sortante. Au moins, « la peau de chagrin de la droite à Paris est finie », juge le député Claude Goasguen.

L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy est d’autant plus satisfaite qu’après de multiples passes d’armes, elle dispose désormais de têtes de listes dans presque tous les arrondissements. Même le cas du 16e, « une affaire de famille très compliquée », dit-on à droite, a été résolu. La liste sera finalement conduite par Francis Szpiner, un avocat vedette.

Reste à trouver une solution dans le 15e, le plus grand arrondissement de Paris. Jugeant qu’elle a peu de chances de gagner seule, le maire LR sortant Philippe Goujon refuse de s’engager à voter pour Rachida Dati lors de l’élection du maire de Paris. Il veut pouvoir soutenir Benjamin Griveaux ou Cédric Villani si l’un d’eux est mieux placé pour battre Anne Hidalgo. Résultat : il risque fort de se voir opposer une liste « 100 % Dati » dans son arrondissement.

Sur le même boulevard Sébastopol, une autre équipe se réjouit. Celle d’Anne Hidalgo, qui a installé son siège de campagne à 200 mètres de celui de Rachida Dati. Le sondage du JDD fournit à la maire sortante trois motifs de satisfaction.

Une confrontation droite-gauche classique

D’abord, elle fait de plus en plus la course en tête. Son entrée en campagne tardive mais puissante a été bien perçue, grâce notamment à des promesses fortes : doublement du budget consacré à la propreté, 20 milliards d’euros d’investissement pour loger les classes moyennes, etc. Ensuite, elle creuse l’écart avec ses alliés écologistes. Après leur bon score aux européennes, ils rêvaient d’inverser le rapport de force avec elle. Cela s’annonce difficile.

Enfin, elle ne peut que voir d’un bon œil un duel avec Rachida Dati, une sarkozyste qu’elle respecte mais qui ne lui prend guère de voix ; cela permet de revenir à une confrontation droite-gauche classique. La grande crainte de son équipe était d’assister à une déferlante macroniste. La capitale n’a-t-elle pas voté à près de 33 % en faveur de la liste LRM aux européennes ? Cette fois-ci, les représentants d’Emmanuel Macron sont à la peine. En particulier Benjamin Griveaux.

Avec son patient travail de terrain, le renfort de plusieurs figures de la majorité, et le ralliement du député Pierre-Yves Bournazel, le candidat officiel de LRM pouvait espérer voir sa cote monter. C’est l’inverse.

Pour Benjamin Griveaux, la conclusion est claire : il faut d’urgence que Cédric Villani se retire de la course, pour éviter une dispersion des voix macronistes qui aboutirait à la réélection d’Anne Hidalgo. « Cédric Villani n’est plus dans le carré de tête, et ne peut plus prétendre l’emporter, commente l’entourage de M. Griveaux. Il doit prendre ses responsabilités. »

L’ex-mathématicien n’entend pas renoncer pour autant. « Griveaux plonge inéluctablement, juge un proche de M. Villani. Il n’a jamais été la solution, mais le problème dans cette élection. Le seul qui soit aujourd’hui encore capable de faire le pont entre les écologistes et les progressistes pour gagner, c’est Cédric. » Des tensions ravivées dont Anne Hidalgo et Rachida Dati ne peuvent que se délecter.

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20 janvier 2020

Extrait d'un shooting - Photo : Jacques Snap

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20 janvier 2020

« Blue Monday » : le jour le plus déprimant de l'année, vraiment ?

Selon une formule mathématique bancale mise au point en 2005 par un psychologue britannique, ce lundi 20 janvier serait le jour le plus déprimant de l'année. Par Thibaut Déléaz

Le "Blue Monday", censé être le jour le plus déprimant de l'année, a été défini par un psychologue en 2005 pour le compte d'une agence de communication. 

Il fait froid, il fait gris, les fêtes sont passées et l'été est encore loin… Toutes les marques l'évoquent sur Twitter : ce lundi 20 janvier serait le jour le plus déprimant de l'année. Le « Blue Monday », qui tombe souvent le troisième lundi de janvier, repose sur une formule mathématique combinant la météo, l'état des finances, le temps et la motivation, mise au point en 2005 par le psychologue britannique Cliff Arnall.

Sauf que tout cela n'a rien de scientifique. Outre la difficulté de quantifier la plupart des éléments de la formule comme la météo, le « Blue Monday » a surtout été créé de toutes pièces par le psychologue pour la campagne publicitaire de l'agence de voyages Sky Travel. La formule demandée à Cliff Arnall avait pour but d'« analyser quand les gens réservent leurs vacances », expliquait en 2005 à MSNBC le porte-parole de l'agence de communication Porter Novelli, à l'origine du « Blue Monday ». Autrement dit, cette journée serait le moment de l'année où les consommateurs, avec leur moral au plus bas, seraient le plus susceptibles de réserver leurs vacances pour se projeter vers un avenir plus joyeux.

« Une prophétie autoréalisatrice »

« Ce genre de formule […] contribue à simplifier à outrance la complexité du ressenti de la vraie vie », dénonçait à l'époque une association britannique spécialisée dans la santé mentale. Comble de l'ironie, Cliff Arnall lui-même encourageait finalement en 2010 dans le Telegraph à « refuser l'idée qu'il existe un jour le plus déprimant », constatant que le « Blue Monday » était devenu « une prophétie autoréalisatrice ».

Le psychologue, qui continue malgré tout de revendiquer la paternité de la formule, a même participé à une campagne publicitaire de l'office du tourisme des Canaries en 2016 militant contre le « Blue Monday ». « Ne vous inquiétez pas si vous entendez aux infos que c'est le jour le plus triste de l'année, cette journée vous appartient », lance Cliff Arnall qui se met en scène dans la vidéo. Plutôt que de déprimer, on préférera célébrer avec un peu d'avance la Journée internationale des câlins, prévue pour mardi 21 janvier.

20 janvier 2020

Dans l'intimité de Jane Birkin - exposition

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Dans l'intimité de Jane Birkin

Jusqu'au 1er mars à la Galerie de l'Instant

Proches de Jane Birkin, Tony Frank et Andrew Birkin nous dévoilent l’intimité de la chanteuse à la Galerie de l'Instant à travers de sublimes clichés. Une expo délicieusement rétro qui nous plonge dans les années 60 !

Jane B. à la Galerie de l'Instant

Dans l’intimité de Jane Birkin

Ses yeux de biche bleu azur, ses fines lèvres rosées découvrant des dents éclatantes et son front au teint laiteux parsemé de mèches châtain incarnent à eux seuls le crépuscule des années 1960 et l’aube des années 1970. Elevée au rang d’icone et de première dame de la chanson française par Serge Gainsbourg, Jane Birkin a incarné comme personne l’innocence et la fraîcheur de toute une génération, en musique comme au cinéma.

La Galerie de l’Instant lui rend un magnifique hommage avec cette exposition regroupant des clichés du photographe Tony Frank, proche du couple Birkin-Gainsbourg, et d’Andrew Birkin, frère de la chanteuse. Les deux hommes, qui ont été les témoins privilégiés de l’intimité de la chanteuse, partagent avec nous des moments de rire, notamment chez Régine – alors reine des nuits parisiennes –, de tendresse et de poésie.

Leurs clichés nous dévoilent une jeune femme mystérieuse, charmante, sensuelle, rayonnante et joueuse. Andrew Birkin saisit sur le vif la toute jeune Jane, tout juste sortie de l’adolescence en 1964, et encore inconnue, avant qu’elle ne tourne pour Richard Lester et Michelangelo Antonioni. Tony Frank documente quant à lui l’épanouissement de cette fleur envoûtante dont les parfums ont su enivrer Serge, habitué à d’autres types d’ivresse. Les photographies exposées sont nombreuses à couvrir la période 1969-71, « années érotiques » par excellence durant lesquelles le couple devint l’incarnation du scandale.

On découvre deux tourtereaux s’amuser sur des bicyclettes trop petites pour eux, déchiqueter de la barbe à papa à pleine bouche, ou bien encore au volant d’un bus impérial. L’objectif de Tony Frank a capturé la magie qui émanait de Jane Birkin à cette période dorée. On peut voir notamment des clichés réalisés lors de différents shooting photo en forêt, en intérieur ou en studio, notamment pour la pochette de l’album L’Histoire de Mélodie Nelson.

Le saviez-vous ?

C’est sur le plateau du film Slogan de Pierre Grimblat que Jane Birkin et Serge Gainsbourg se sont rencontrés pour la première fois, à l’été 1968. Le film dépeint la relation fusionnelle mais compliquée d’un couple, anticipant étonnement l’histoire que vont vivre Serge et Jane.

Galerie de l’Instant

Jusqu'au 1er mars 2020

46 rue de Poitou, 75003 - M° Filles du calvaire (8) - Lun. 14h-19h, du mar. au sam. 11h-19h, dimanche 14h30-18h30 - Entrée libre

Discover Jane Birkin and Serge Gainsbourg’s intimacy at the Galerie de l’Instant thanks to these great pictures that illustrate their passionate story through tender and funny moments.

20 janvier 2020

Vu sur internet - j'aime beaucoup

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20 janvier 2020

1917, le premier grand film de l'année

« Une performance hallucinante, éblouissante ». L'opérateur steadicam Valentin Monge (Un long dimanche de fiançailles, Marie-Antoinette) ne tarit pas d’éloges quand il évoque le film « 1917 ». 

Attendu dans les salles le 15 janvier 2020, le huitième long-métrage de Sam Mendes (Skyfall, American Beauty) retrace une histoire inspirée de celle de son grand-père dans la bataille des Flandres, pendant la Première Guerre mondiale. Mais c'est avant tout la prouesse technique qui marque : le film a été intégralement filmé en plan-séquence (prise de vue unique). Couronné des Golden Globes du meilleur film dramatique et du meilleur réalisateur, il est désormais en route pour les Oscars qui se dérouleront le 10 février 2020.

20 janvier 2020

Crazy Horse de Paris

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20 janvier 2020

Les forêts d’Australie pourront-elles se regénérer après les immenses incendies ?

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Cette capacité des forêts australiennes est connue de longue date, mais l’intensité et la fréquence grandissante des incendies fait craindre pour la biodiversité.

Par Charlotte Chabas  

Australie, une saison des feux dévastatrice

Une trentaine de morts, des territoires dévastés, la faune et la flore durablement affectées… Quelle est la situation en Australie ? Comment l’expliquer ? Comment réagissent les autorités ? Posez vos questions à nos journalistes et à des experts, et retrouvez nos grands récits, nos vidéos et nos décryptages.

Entre les troncs calcinés qui s’enchevêtrent, sur une terre devenue noir de jais, quelques toupets vert anis surgissent soudain, droits vers le ciel. Il n’aura fallu que quelques dizaines de jours et quelques millimètres de pluie pour que Kulnura, petite bourgade à moins de 100 kilomètres au nord de Sydney, voit le retour des Xanthorrhoea, ces plantes endémiques australiennes longtemps utilisées comme colle par les aborigènes. Leur photographie, immortalisée par un riverain, a apporté une touche d’espoir dans un pays qui subit depuis septembre les pires incendies de son histoire moderne avec plus de huit millions d’hectares brûlés en quatre mois.

Le pouvoir de régénération des forêts australiennes est pourtant connu de longue date, tant le feu fait partie des cycles saisonniers de la gigantesque île australe. La majeure partie de son territoire, notamment sa côte Est, est couverte par les eucalyptus, ces arbres qui se sont adaptés pour survivre, et même prospérer, en cas de feux. Tout est fait pour : les feuilles qui, en tombant, forment un épais tapis inflammable, les bandes sous son écorce qui facilitent le chemin du feu jusqu’à la couronne de l’arbre, l’huile combustible contenue dans son tronc, et la canopée clairsemée qui permet de laisser passer le vent pour transmettre le feu d’un arbre à l’autre et projeter des braises le plus loin possible. « L’eucalyptus provoque même de la vapeur qui fait de lui un pyrophyte actif, qui favorise les départs de feu », souligne Rod Fensham, biologiste à l’université du Queensland.

Pourquoi un tel attrait pour les flammes qui le carbonisent ? Les eucalyptus disposent à leur racine d’organes souterrains qui assurent la survie du végétal. Surtout, ses graines prospèrent sur les sols riches en cendres, contrairement aux autres essences. Le feu permet ainsi au célèbre arbre à reflets bleus d’assurer sa suprématie sur le règne végétal.

« Plus il y a de feux, plus il y aura d’eucalyptus », résume David Phalen, professeur du département vétérinaire de l’université de Sydney et spécialiste de la biodiversité australienne. Une équation qui avait valu au Portugal, après les terribles incendies de 2017, de proposer une loi pour « interdire jusqu’en 2030 toute nouvelle plantation d’eucalyptus, qui occupent aujourd’hui plus d’un quart des surfaces boisées du pays, et sont particulièrement invasifs et dotés d’un feuillage sec très inflammable ».

Car, outre incarner le cauchemar des pompiers, l’eucalyptus menace la biodiversité des forêts. « A force d’incendies, surtout s’ils sont de plus en plus fréquents, on risque de se retrouver avec seulement quelques variétés suffisamment résistantes pour avoir le temps de repousser », confirme Rodney Keenan, spécialiste des forêts à l’université de Melbourne.

Ces inquiétudes pour le patrimoine végétal de l’Australie sont d’autant plus importantes que les incendies qui font rage cette année dans le pays sont d’une violence inédite. « Plus l’environnement est sévèrement brûlé, plus cela prendra du temps à la végétation de se régénérer, confirme Rod Fensham. En général, les feux de brousse laissent des parcelles épargnées à partir desquelles la repousse se fait. Mais cette fois, on voit des zones complètement détruites sur des centaines de kilomètres carrés. Ça va forcément ralentir le processus. »

37 extinctions en trente ans

Le risque ? Que des espèces invasives plus rapides à la repousse fleurissent en lieu et place des boronias, eremophilas soyeux, astralagus ou des très rares orchidées solaires à pointes sombres. Selon les biologistes, l’Australie abrite quelque 24 000 plantes endémiques et 250 000 espèces de champignons.

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Déjà, certaines variétés importées par l’homme ont mis à mal l’équilibre ancestral des forêts australiennes. En 2011, une équipe de chercheurs du Centre de protection des forêts tropicales du nord du Queensland avait ainsi travaillé sur la lantana camara, cette plante introduite par les colons au XIXe siècle pour ses si jolies grappes fleuris allant du jaune citron au grenat le plus profond. Sauf que cette vivace originaire d’Amérique du Sud, très craintive au gel, a trouvé en Australie un terrain de jeu inestimable. Présente dans plus des trois quarts du territoire australien, la lanta camara « contribue à augmenter la fréquence et l’intensité des feux dans les forêts australiennes », soulignait l’étude, pointant notamment sa formation en buissons boisés très secs qui favorise le feu, et sa grande vivacité à repousser sur les sols carbonisés. Une célérité qui vaut au végétal d’être classé parmi les cent espèces les plus nuisibles par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Selon le gouvernement australien, 37 variétés endémiques ont disparu en trente ans.

Les forêts humides menacées

« Mais le pire est surtout à craindre du côté des forêts tropicales », prévient Rod Fensham, de l’université du Queensland. Début janvier, son séjour dans le parc national de Forty Mile Scrub a confirmé ses inquiétudes. La partie humide de la forêt, d’ordinaire résistante aux pires incendies, a entièrement brûlé. « Le feu a atteint une flore qu’on a longtemps cru inatteignable par les flammes, avec son feuillage très dense qui forme une canopée épaisse, préserve les sols de l’évaporation et empêche le vent de s’engouffrer », reprend le biologiste. Quel âge avaient ces arbres ? « Ils étaient là depuis toujours », se désole le spécialiste, qui parle de « patrimoine irremplaçable ».

La sécheresse qui touche cette année l’île a été d’une telle intensité qu’elle a atteint même les plus anciennes forêts humides datant du Gondwana, ce supercontinent qui s’est fracturé voilà 30 millions d’années pour créer l’Australie. Si l’étendue des dégâts n’est pas encore connue — plusieurs centaines de feux sont encore actifs dans la Nouvelle-Galles du Sud malgré des pluies ces derniers jours — un travail de recensement est déjà en cours par satellite. « Ce qui est sûr, c’est que des digues de forêts humides ont cédé dans de nombreuses régions, et tout l’écosystème qui l’accompagne », prévient David Phalen, de l’université de Sydney.

Dans la presse australienne, le professeur David Lindenmayer, qui travaille à Canberra, se disait ainsi particulièrement préoccupé pour la région montagneuse du nord-est de l’Etat de Victoria. Là, « l’intervalle de retour du feu devrait être d’environ cent ans ». Pourtant, la région a été touchée par d’intenses feux en 1939, 1983, et 2009. « Le nombre de feux et leur fréquence nous montrent que le régime des incendies est en train de changer », affirme le spécialiste de la biodiversité, qui y voit « les conséquences directes du réchauffement climatique ».

Comment assurer à l’avenir la protection de cette flore unique au monde ? Pour les biologistes, des opérations d’ensemençage, menées à grande échelle, pourraient permettre de réduire le risque d’extinctions en série. Surtout, il faudra mieux entretenir ces forêts, et peut-être « créer des zones de protection autour des forêts humides, préservées de toute culture ou habitations résidentielles, où l’on mènera des feux tactiques », souligne Rod Fensham. Une mesure impopulaire parmi la population, notamment parce qu’elle crée d’importantes fumées étouffantes. « Si on veut protéger l’environnement, il va falloir que l’homme accepte de modifier ses habitudes, et cesser de s’implanter n’importe où comme bon lui semble. »

20 janvier 2020

Île de la Cité - Paris

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20 janvier 2020

Elle découvre que son appartement, loué sur Airbnb, a servi de décor pour un film de Jacquie et Michel

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Après le tournage à son insu d'un film pour adultes dans son appartement, une propriétaire attaque Airbnb en justice. Retour sur cette histoire des plus surprenantes.

Mauvaise surprise pour cette propriétaire, après la mise en location de son appartement sur Airbnb. Son domicile, situé dans le 16ème arrondissement parisien, a servi de décor pour un film pornographique, en 2017.

Dans un premier temps, elle apprend par le gardien de son immeuble que ses voisins "ont été dérangés par des nuisances sonores importantes d’ordre sexuel", comme elle l'explique au Figaro. Elle découvre ensuite, une vidéo pornographique, tournée dans son appartement, sur le site internet Jacquie et Michel.

La propriétaire n’a pourtant aucun doute au moment de laisser son appartement à une autre femme en qui elle croit pouvoir faire confiance. "Nos échanges se sont bien passés, la locataire était très courtoise et aimable et rien ne laissait présager ce qui allait arriver" précise-t-elle d'ailleurs au quotidien.

C’est donc avec stupeur qu’elle reconnaît l’intérieur de son appartement ainsi que sa terrasse, sur la vidéo.  Elle porte plainte et contacte alors Airbnb qui lui verse 3 740 euros au titre des dommages matériels.

"Ils ont considéré qu’il s’agissait d’un simple incident. C’est pourtant très grave ! Est-ce normal qu’un film pornographique, vu par des millions de personnes, ait été tourné dans mon appartement sans mon accord ?", questionne-t-elle dans les colonnes du journal.

Airbnb se défend

Contacté par le quotidien, le site de location s’est défendu : "Nous avons retiré le compte du voyageur (de la locataire) de la plateforme et apporté notre assistance à l’hôte lorsque le cas a été porté à notre attention".

La société a ainsi prévu de nouvelles règles pour éviter que ce genre de situations ne se répètent :"des nouvelles mesures de sécurité incluant notamment une interdiction des fêtes et de la présence d'individus non autorisées ainsi qu’une vérification manuelle des réservations à haut risque".

La jeune femme, qui a perdu son procès en première instance en juin 2019, n’abandonne pas pour autant et continue son action en justice, à la fois contre les acteurs et Airbnb.

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