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Jours tranquilles à Paris

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22 janvier 2020

Photo shoot (model Kristina) from Kristina on Vimeo.

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22 janvier 2020

Sex on the beach

sexonthebeach01

Si le Sex on the Beach ne vous évoque qu’une boisson honnie des diabétiques et des diététiciens (vodka, schnaps à la pêche, orange, canneberge + aspirine, Citrate de bétaïne et Doliprane), vous ratez l’autre cocktail préféré des estivants : sable + parties génitales. Le sexe sur la plage constitue en effet « le » classique des fantasmes des Français : un quart d’entre nous auraient déjà essayé, et au moins les deux tiers se laisseraient tenter (quand 63 % des hommes et 49 % des femmes feraient l’amour dans la mer, préférant la piqûre des méduses à celle des coquillages). Comment expliquer ce succès, alors même que l’idée de se faire surprendre gêne 72 % d’entre nous (enquête Le Sexe 2.0, IFOP, avril 2013) ? Selon Opinion Way/Match.com en 2008, l’été est la période pendant laquelle 61 % des personnes en couple oublient les contraintes du quotidien (au point d’oublier que le sable gratte). Et 42 % en profitent pour se retrouver et briser la routine. Ajoutez à cela les clichés concernant la petite vertu des plagistes, et c’est parti : 41 % des hommes coucheraient volontiers avec une maître-nageuse, et 3 % prétendent l’avoir déjà fait (IFOP/« Quotidien », juin 2017).

Alors, l’été sera chaud ? Pas forcément. Pour obtenir des résultats cohérents face à l’immensité du champ sexuel des possibles, les sondeurs proposent aux sondés des listes préétablies de fantasmes. Ils ont donc tendance à privilégier les plus communs. Dans cette perspective, le sexe à la plage a tout pour plaire : romance insipide, exhibitionnisme soft, zéro tabou, zéro logistique. Bref, un splendide exemple d’imaginaire sans ambition. La plage est le fantasme des personnes qui n’ont aucune culture érotique : elle est le cubi de rosé de la sexualité. Vivement la rentrée !

plage

plage

22 janvier 2020

« Qui aujourd’hui oserait prétendre qu’Edouard Philippe ne fait plus l’affaire à Matignon ? Il en est la clef de voûte »

Par Françoise Fressoz

Le premier ministre symbolise ce qu’il advient du quinquennat : la droite continue d’être vampirisée tandis que la gauche donne l’impression de s’éloigner de plus en plus du bloc central, explique dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

Regard de tueur, l’homme qui fait la « une » de l’hebdomadaire Marianne du 17 janvier n’est autre que le premier ministre, Edouard Philippe, affublé de ce titre radical : « L’exécuteur ». Le propos vaut la peine qu’on s’y arrête car, au sein de la droite dont il est issu, Edouard Philippe n’a jamais eu l’image d’un homme violent. Compagnon de route d’Alain Juppé, il était plutôt étiqueté droite modérée, droite humaniste. Depuis qu’il a rallié Emmanuel Macron, il appartient à la coalition centrale qui s’est formée en 2017 sur les décombres de la droite et de la gauche de gouvernement pour tenter de réformer le pays et contenir la progression populiste.

Marianne le traite de « Thatcher à barbe » et l’accuse d’être au sein de l’exécutif celui qui aura, de bout en bout, mené le jeu sur la réforme des retraites, imposé le bras de fer avec les syndicats autour de l’âge pivot, dénaturé le projet initial, braqué l’opinion et imposé aux Franciliens, notamment, un mois et de demi de marche forcée. Rien que ça !

Un rôle clair, net et précis

Vendredi 24 janvier, la réforme des retraites devrait être présentée en conseil des ministres. Compte tenu du rapport de forces à l’Assemblée nationale, l’adoption du texte au printemps ne fait plus guère de doute. Le moment crucial dans le conflit s’est joué samedi 11 janvier lorsque le premier ministre, après avoir obtenu l’accord du président de la République et des responsables de la majorité, a écrit aux partenaires sociaux pour leur dire qu’il retirait provisoirement l’âge pivot à 64 ans du texte de loi à condition qu’un autre mode de financement soit trouvé par leur soin excluant la baisse des pensions et la hausse du coût du travail.

La CFDT et l’UNSA ont topé, ouvrant la voie à une reprise massive du travail. C’est ce qu’oublie de mentionner Marianne dans son réquisitoire contre Edouard Philippe et c’est ce qui change tout : contrairement à la « Dame de fer », « l’exécuteur » sait quand il faut ployer l’échine.

Depuis qu’il a été nommé à Matignon, le rôle de l’ancien maire du Havre est clair, net et précis : empêcher le camp dont il est issu de se reconstituer et de faire émerger un leader capable de concurrencer le chef de l’Etat en 2022. Après le mouvement des « gilets jaunes » qui les a laissés sans prise, les ténors de la droite républicaine ont vu arriver avec gourmandise la réforme des retraites.

Tous étaient persuadés que le gouvernement ne parviendrait pas à venir à bout des régimes spéciaux, ni à allonger la durée de la vie active, seule façon à leurs yeux de financer le régime des retraites dans un pays promis au vieillissement. C’est l’une des raisons pour lesquelles le premier ministre s’est tellement accroché à l’âge pivot, l’autre étant son intime conviction qu’on ne peut mener à bien une réforme systémique sans se préoccuper de son financement.

Pour contenir la droite, il fallait qu’Edouard Philippe ait son étendard, quitte à en rabattre au fil du conflit. De fait, à chaque concession faite, Xavier Bertrand, Gérard Larcher, Bruno Retailleau, Valérie Pécresse ont pointé « les renoncements », dénoncé « le coût exorbitant » de la réforme, fustigé la transformation des régimes spéciaux en « régimes spécifiques », pronostiqué « le naufrage » En vain : la réforme va se faire, une partie non négligeable de l’électorat de droite la soutient et plus le mouvement de contestation se radicalise, plus elle est encline à le faire, le leader de la CGT, Philippe Martinez, jouant auprès d’elle le rôle de puissant repoussoir.

Pour Edouard Philippe, il était néanmoins impératif de couper court au procès que lui intente aujourd’hui Marianne et qui a existé à bas bruit au sein de la majorité pendant toute la durée du conflit : être celui qui, par son extrême focalisation sur une mesure d’âge, aurait dénaturé, voire compromis, une réforme d’abord conçue par ses partisans comme un changement de société.

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« M. Age pivot »

Durant la campagne présidentielle de 2017, le système de retraite universel par points était, de fait, vendu aux électeurs comme la possibilité donnée à chacun de construire librement son parcours professionnel et de choisir librement sa date de départ à la retraite, une fois jugé suffisant le nombre de points accumulés. La réforme se voulait émancipatrice et de gauche.

C’est d’ailleurs ainsi que Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, continue de la vendre et de la soutenir, au risque de se faire taxer de « traître » par les syndicats les plus radicaux. Et c’est bien le deal conclu entre les deux hommes, l’accord Philippe-Berger, qui a scellé, le 11 janvier, le sort de la réforme, transformant l’intransigeant « M. Age pivot » en pivot du quinquennat. Qui aujourd’hui oserait prétendre qu’Edouard Philippe ne fait plus l’affaire à Matignon ? Il en est la clef de voûte.

L’ancien juppéiste symbolise de fait ce qu’il advient du quinquennat : la droite continue d’être vampirisée tandis que la gauche donne l’impression de s’éloigner de plus en plus du bloc central, sans que l’exécutif en soit totalement responsable : l’aile sociale-démocrate a à ce point disparu du paysage de l’opposition que Laurent Berger s’est retrouvé pratiquement le seul, à gauche, à défendre la réforme par points. Seule Marisol Touraine, l’ancienne ministre des affaires sociales de François Hollande, l’a soutenue. Ce qu’il reste du PS a préféré jouer l’opposition radicale à la réforme.

Du coup, c’est toute la gauche qui a le sentiment d’avoir perdu la partie et qui se trouve entraînée dans le jeu de la radicalité, au risque de conforter un peu plus la dérive qu’elle dénonce. Car plus des actes violents sont commis, plus la droite a tendance à faire corps derrière l’exécutif. Edouard Philippe a encore de beaux jours devant lui.

22 janvier 2020

"Qu’un sang impur" : un regard singulier sur la guerre d’Algérie

SYNOPSIS ET DÉTAILS

Interdit aux moins de 12 ans

Alors qu’il n’est plus que l’ombre du guerrier qu’il était en Indochine, le colonel Paul Andreas Breitner se voit contraint de traverser une Algérie en guerre, à la recherche de son ancien officier supérieur : le colonel Simon Delignières, porté disparu dans les Aurès Nemencha, une véritable poudrière aux mains des rebelles.

21 janvier 2020

Milo Moiré - Photos : Peter Palm

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21 janvier 2020

Économie - L’urgence climatique s’invite à Davos

BLOOMBERG BUSINESSWEEK (NEW YORK)

La lutte contre le dérèglement climatique figure en tête de la liste des priorités établie pour la cinquantième édition du Forum économique mondial qui se tient à Davos, en Suisse, du 21 au 24 janvier. Si les influents participants prenaient ce sujet à bras-le-corps, ils auraient le pouvoir d’infléchir la tendance, estime l’hebdomadaire américain.

Si la neige a recouvert Davos de son blanc-manteau, l’ordre du jour du sommet, lui, s’est mis au vert. L’environnement, et en particulier la lutte contre le dérèglement climatique, se sont imposés comme l’une des priorités de cette [cinquantième] édition du Forum économique mondial, qui se tient comme chaque année en janvier dans la station de sports d’hiver des Alpes suisses.

Voilà un terrain sur lequel il est aisé de critiquer Davos. Ces dernières années, ce sont quelque 1 500 jets privés qui sont venus déposer ici les riches et les puissants de ce monde, qui déboursent chacun 70 000 dollars [plus de 63 000 euros] pour discuter des moyens de réduire l’empreinte carbone de l’humanité. Le risque est donc grand que ce coup de projecteur environnemental qu’entend donner le Forum ne se retourne contre ces grands décideurs qui, vaquant entre le Centre de congrès et le Steigenberger Grandhotel Belvédère, pensent être les seuls à batailler contre la surchauffe planétaire.

Mais ne sous-estimons pas la puissance du verbe, un art dans lequel excellent la femme et l’homme de Davos. Le plus gros obstacle dans la bataille climatique tient aux comportements “profiteurs” – on évite soi-même les contraintes tout en bénéficiant de celles que s’imposent les autres. Or les échanges entre délégués lors des réunions sur le climat organisées à Davos ont le pouvoir d’infléchir la tendance en instaurant, chez eux, un sentiment d’urgence autour de la nécessité d’une action collective. N’est-ce pas d’ailleurs la devise officieuse de la Suisse ? Unus pro omnibus, omnes pro uno, “un pour tous, tous pour un”.

Le climat et la biodiversité en tête des priorités

Si les participants au Forum en repartent convaincus de changer leurs comportements, des améliorations durables et à grande échelle sont possibles – ce sont après tout des personnalités influentes : des Premiers ministres et des chefs d’État, des PDG du monde entier, des présidents d’organisations non gouvernementales, des grands noms du journalisme et une bonne poignée d’artistes en tout genre.

Le sujet figure tout en haut de la liste des six priorités établies pour l’édition 2020 : “Écologie : comment mobiliser les entreprises face aux risques du changement climatique et faire en sorte que les mesures de protection de la biodiversité aillent en profondeur, jusqu’aux racines des forêts et jusqu’au fond des océans.”

Environ 18 % des réunions organisées à Davos cette année sont consacrées au changement climatique et plus largement aux thématiques de l’environnement et du développement durable, contre 13 % en 2010, quand la reprise post-crise de 2008 accaparait les esprits.

Le Forum publiera une feuille de route recensant des objectifs “environnementaux, sociaux et de gouvernance” (ESG) universels, établie par son International Business Council, que dirige le président de Bank of America Brian Moynihan. “Le changement climatique est remonté tout en haut des priorités ces douze derniers mois” confirme Adair Turner, un habitué de Davos, qui présida la Financial Services Authority [l’ancien organisme de régulation du secteur financier britannique].

Une donnée déterminante pour les entreprises

Le 14 janvier, Larry Fink, PDG de BlackRock, le plus important gestionnaire d’actifs au monde, qui passe de temps à autre à Davos, publiait une lettre aux décideurs : il y prend acte que “le changement climatique est devenu une donnée déterminante pour les perspectives des entreprises à long terme”. Le lendemain, le Forum économique mondial rendait public son Rapport sur les risques mondiaux, dans lequel les menaces liées au climat et à l’environnement raflent pour la toute première fois les cinq premières places par leur degré de probabilité.

Pourquoi maintenant ? Notamment parce que l’enjeu s’est fait plus pressant. Malgré les progrès des véhicules électriques et des énergies renouvelables, la planète continue de se réchauffer.

Mais c’est aussi que les organisateurs du Forum semblent être arrivés à la conclusion que pour en finir avec les comportements profiteurs, il faut amener les entreprises, les États et la société civile à agir de concert. Le Britannique Adair Turner résume :

L’homme de Davos n’est pas réputé pour son humilité, mais sur le climat, le sentiment général est qu’une relation plus symbiotique est nécessaire entre le monde des affaires et le monde politique.”

Les habitués de Davos auront bien du mal à contrer ceux qui les taxent d’hypocrisie. La plupart sont incontestablement des nantis ; or, le niveau de vie est proportionnel à la production de gaz à effet de serre. Selon [une étude parue en 2015 et menée par] Oxfam, dans le monde, les 10 % les plus riches émettent 60 fois plus de gaz à effet de serre que les 10 % les plus pauvres. “Comment les élites représentées à Davos peuvent-elles convaincre les gens ordinaires de faire des sacrifices au nom de la lutte contre le changement climatique ?” s’interroge Anatol Lieven, professeur à la Georgetown University au Qatar et auteur de Climate Change and the Nation State [“Le changement climatique et l’État nation”, inédit en français].

Fini les gobelets en plastique

Sensible à la question, l’équipe du Forum économique mondial s’efforce de rendre le sommet lui-même respectueux de l’environnement – autant que peut l’être une rencontre organisée dans les Alpes en janvier. Il est déconseillé de recourir aux jets privés et aux contenants en plastique à usage unique, et des panneaux solaires et installations de chauffage géothermique ont été mis en place.

Depuis 2017, le forum compense 100 % de ses émissions, y compris celles des voyages aériens, assurent les organisateurs. L’année dernière, le programme de compensation a notamment financé des fourneaux de cuisine à meilleur rendement énergétique en Chine, en Inde, au Mali et en Afrique du Sud, et des installations au biogaz pour des fermes suisses. Dans les assiettes, à l’occasion du “Future Food Wednesday” (mercredi de l’alimentation de demain), le menu sera “riche en protéines mais sans viande ni poisson”.

Autant d’efforts qui, au fond, ne vont guère au-delà du symbole : le fardeau de la lutte contre le dérèglement climatique pèse bien, pour l’essentiel, sur les épaules des pauvres et des classes ouvrières, analyse une étude de Deutsche Bank qui sera présentée [ces prochains jours] à Davos. Ces populations consacrent en effet une plus grande part de leur revenu aux combustibles fossiles et sont donc plus durement touchées lorsque existe une fiscalité écologique dissuasive, soulignent ces travaux. En 2018 en France, les “gilets jaunes” ont ainsi contraint Emmanuel Macron à renoncer à une hausse des taxes sur les carburants.

Pour autant, les décideurs réunis à Davos ne sont pas pour ralentir le rythme des réformes. Si les pauvres paient un tribut disproportionné à la lutte contre le changement climatique, ce sont aussi eux qui en pâtissent le plus lourdement, entre inondations, incendies, chutes des récoltes et autres catastrophes.

Une sortie des énergies fossiles exigée “tout de suite”

Cette année, le Forum a de nouveau convié la militante Greta Thunberg. Cette fois, la Suédoise de 17 ans vient accompagnée d’une petite armée de lycéens habitués des grèves pour le climat et d’autres militants venus du monde entier pour exiger une sortie complète et immédiate des énergies fossiles. “Nous ne demandons pas que cela soit fait en 2050, en 2030, ni même en 2021 : nous l’exigeons maintenant, tout de suite”, précisait une lettre ouverte signée par 21 d’entre eux et publiée dans le quotidien britannique The Guardian le 10 janvier.

Ce qui va trop loin pour certains est trop timoré pour d’autres. Il s’agit à Davos de trouver un consensus à travers le dialogue et le débat. Sauf qu’en matière de lutte contre le changement climatique, les décideurs mondiaux n’ont le soutien garanti d’aucun camp.

21 janvier 2020

DAVOS - Présence de Greta Thunberg

presse21

21 janvier 2020

Le Forum de Davos ouvre dans un climat électrique

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Par Isabelle Chaperon, Davos, Suisse, envoyée spéciale

Une trentaine de chefs d’Etat ou de gouvernement, de nombreux patrons et des défenseurs de la cause climatique se croiseront à partir de mardi dans les Alpes Suisses pour la 50e édition du grand raout économique mondial.

Forum économique mondial, 50e prise : silence, on tourne. A partir de mardi 21 janvier, dirigeants politiques, chefs d’entreprise, leaders d’ONG ou jeunes entrepreneurs sociaux et même une star de Bollywood – au total 3 000 participants – convergent, et ce jusqu’à vendredi, vers la station de Davos dans les Alpes suisses à l’invitation de Klaus Schwab ; cet économiste d’origine allemande avait lancé en 1971 ces rencontres au sommet pour inciter au dialogue européen d’abord, puis mondial.

Une trentaine de chefs d’Etat ou de gouvernement, dont la chancelière allemande Angela Merkel et Han Zheng, le vice-premier ministre chinois, sont attendus.

La tête d’affiche, le président américain Donald Trump doit prendre la parole dès mardi, quelques heures avant que ne débute, aux Etats-Unis, son procès pour destitution. Une façon pour le locataire de la Maison Blanche, qui emmène dans ses bagages sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, de montrer le peu de cas qu’il fait de cette mise en cause. Il y a deux ans, lors de sa première visite, il avait tenu un discours musclé qui préfigurait la mise en œuvre d’une politique protectionniste, ayant crispé les relations commerciales avec la Chine et l’Union européenne (UE). Ces dernières semaines, M. Trump, qui vise sa réélection en novembre, a joué l’apaisement avec Pékin.

Il doit rencontrer à Davos Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Ils aborderont notamment le conflit concernant la taxe sur les acteurs du numérique. De son côté, Bruno Le Maire, le ministre français de l’économie et des finances, négociera avec son homologue américain, sachant que Washington a menacé, en rétorsion, de taxer les importations de vins français aux Etats-Unis. Emmanuel Macron et son homologue américains sont déjà tombés d’accord, dimanche, pour prolonger les discussions sur ce dossier jusqu’à la fin de l’année.

Le retour de Greta Thunberg

Mais Davos, c’est surtout le rassemblement des patrons, de Google à Astra Zeneca, avec une concentration de richesse inégalée au mètre cube de neige. Selon l’agence Bloomberg, 119 milliardaires, américains, indiens ou russes, défileront durant cette édition, pesant ensemble quelque 500 milliards de dollars (450 milliards d’euros). De quoi susciter la méfiance des opinions publiques et les critiques récurrentes d’une collusion des élites sous les doudounes.

Pour éviter l’entre-soi, M. Schwab prend soin depuis l’origine d’inviter des ONG et autres activistes sociaux ou environnementaux. En contrepoint d’un président américain qui a dénoncé l’Accord de Paris, la grande vedette de Davos 2020 promet d’être Greta Thunberg, avec la lutte contre le dérèglement climatique en thème dominant. Pour sa première participation en 2019, la jeune Suédoise avait appelé les leaders mondiaux à agir « comme si notre maison était en feu ».

« Agissez pour le climat » : le ton était donné pour les premiers arrivants lundi, à travers cette injonction inscrite en lettres géantes – en anglais – au flanc de la montagne enneigée. Des centaines de militants marchant depuis samedi vers la station transformée en bunker pointent comme « une farce » ces débats pour sauver la planète menés au milieu d’un ballet de jets privés, d’hélicoptères et de grosses berlines.

Mais d’autres défenseurs de l’environnement ont choisi une approche collaborative. Bertrand Piccard, président de Solar Impulse, qui a fait le tour du monde dans un avion sans carburant, et Ellen MacArthur, l’ancienne navigatrice britannique, aiguillonnent ainsi les entreprises pour élaborer des solutions pérennes afin de favoriser l’économie circulaire, la transition énergétique…

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Pessimisme des chefs d’entreprise

« Le développement durable est sur l’agenda de tous les patrons. Bien souvent, les technologies existent. Ce qui manque ce sont les écosystèmes, c’est-à-dire des clients, des fournisseurs, les autorités et les financiers pour pouvoir lancer de gros investissements, explique Ilham Kadri, directrice générale du chimiste belge Solvay, A Davos, tout le monde est là, y compris les ONG avec qui nous collaborons. C’est très important d’échanger tous ensemble quand on veut promouvoir la circularité et rendre une terre plus propre à nos enfants. »

De son côté, le groupe américain BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs mondial, s’est engagé juste avant Davos à placer le développement durable au cœur de sa stratégie d’investissement. Ces promesses se transformeront-elles en actes, surtout dans un contexte économique incertain ?

Car, selon le sondage réalisé par le cabinet PwC entre septembre et octobre 2019 auprès de 1 600 patrons dans 83 pays, et présenté comme chaque année à la veille du Forum économique mondial, 53 % des dirigeants d’entreprises interrogés (contre 29 % il y a un an) pensent que l’économie mondiale va se détériorer sur les douze prochains mois.

« Notre baromètre a montré que le sentiment des chefs d’entreprise sur les perspectives à douze mois était très corrélé avec le niveau futur de la croissance mondiale, souligne Bernard Gainnier, président de PwC pour la France et l’Afrique francophone. Pour nous, cet indicateur laisse présager une croissance de 2,4 % à 2,5 % en 2020. » Autrement dit en ligne avec les prévisions de la Banque mondiale (+ 2,5 %) mais loin de celles du Fonds monétaire international, même si ce dernier a abaissé lundi de + 3,4 % à + 3,3 % son pronostic.

Le pessimisme des patrons concernant les perspectives de croissance de leur propre entreprise s’affiche même au plus bas niveau depuis 2009 : ce moral en berne laisse-t-il entrevoir l’imminence d’une crise économique ?

Retour aux sources

« Je ne pense pas. Les patrons sont préoccupés par la façon dont il faut prendre en compte les changements technologiques qui s’accélèrent, l’urgence climatique et les conséquences de la montée des inégalités sociales et économiques », précise M. Gainnier.

Finalement, les thématiques du 50e Forum économique ne sont pas si différentes de celles du premier opus qui s’était tenu peu avant la crise pétrolière. Très vite, le risque d’épuisement des ressources naturelles avait été abordé. Davos n’a pas résolu les problèmes du monde mais il les a bien vus venir. La fameuse montagne qui inspira l’écrivain Thomas Mann n’est sans doute pas si magique.

21 janvier 2020

ARAKI - bondage

araki bondage

21 janvier 2020

Coup de filet antiterroriste à Brest : ce que l’on sait des interpellés

raid

Photo d’illustration.Photo d’illustration. (EPA)

Une opération antiterroriste a permis l’interpellation de sept hommes, lundi, à Brest et dans ses environs. Voici ce que l’on sait des personnes arrêtées.

Sept hommes ont été interpellés, lundi, à Brest et dans ses environs, lors d’un coup de filet antiterroriste mené par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Pour le moment, le parquet refuse de communiquer sur l’enquête. Selon nos informations, l’un des hommes interpellés est loin d’être un inconnu des services, ni même de la justice à Brest.

Wahid B., la trentaine, tient un commerce de bouche hallal, en haut de la rue Jean-Jaurès. Fiché S, il était dans le viseur de la DGSI depuis septembre 2014, alors qu’il avait été repéré, en compagnie de sa femme Donia et de leurs deux enfants mineurs, à la frontière serbo-bulgare, chemin habituel pour rejoindre le jihad en Syrie. Finalement, les autorités turques les avaient renvoyés en France, où ils avaient été interrogés par les services, et où Wahid B. avait nié son intention de rejoindre les combattants de l’État islamique en Syrie.

Mise en examen pour apologie de terrorisme

Mais au lendemain des attentats à Paris, le 14 novembre 2015, il s’était à nouveau fait repérer et arrêter, cette fois, par la police brestoise : au passage d’un équipage de fonctionnaires, il avait laissé éclater sa joie, avant de mimer des tirs d’arme automatique en direction du véhicule de police. Un comportement qui lui avait valu une mise en examen pour apologie de terrorisme, et une perquisition à son domicile, lors de laquelle les enquêteurs avaient mis la main sur 15 000 euros en liquide et des images de propagande islamiste, sur une clé USB.

Laissé libre sous contrôle judiciaire, il avait interdiction de quitter le département mais aussi obligation de pointer régulièrement au commissariat en attendant son procès. Le 29 mai 2018, le tribunal de Brest l’avait condamné à trois ans de prison avec sursis, à l’interdiction d’exercer une activité commerciale pendant trois ans, et trois contraventions de 500 euros chacune. Une peine confirmée, en février 2019, par la cour d’appel de Rennes.

Une autre interpellation en dehors de Brest

De sources concordantes, les sept hommes interpellés ont été placés en garde à vue dans trois commissariats différents du Finistère, à Brest, Quimper et Morlaix. Au moins une autre interpellation a eu lieu en dehors de Brest, en zone gendarmerie du Finistère-Nord.

Parmi les personnes interpellées, outre Wahid B., figure un lycéen brestois, âgé de 16 ans, fils d’un boucher hallal de la rue Jean-Jaurès à Brest. Pendant plusieurs années, son père a fait partie des proches de l’imam de Pontanézen, Rachid Eljay, avant de voir leurs liens se distendre.

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