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Jours tranquilles à Paris
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28 novembre 2015

Mélanie Laurent, artiste et « éco-guerrière »

melanie laurent

L’interview du samedi. Formidable documentaire à voir avec les enfants (à partir du collège), Demain , qui sort mercredi, a été co-réalisé par Mélanie Laurent, actrice et militante écolo…

Comment est né ce documentaire qui cherche des solutions à travers divers pays pour inventer le monde de demain ?

Dans la tête de Cyril Dion, le co-réalisateur. Fondateur avec Pierre Rabhi du mouvement Colibris (qui prône une société écologique et humaine, NDLR), il avait rencontré des gens qui font mieux, différemment. Il trouvait étrange qu’il n’y ait pas de documentaire de cinéma qui mette bout à bout ces solutions.

Et vous vous êtes rencontrés ?

Un peu par hasard. Il m’a raconté ce qu’il faisait. Je lui ai dit que les initiatives dont il me parlait m’intéressaient. Il m’a emmenée en voir une, à la ferme du Bec Hellouin, en Normandie. Il a plu toute la journée. Pourtant, cela a été extraordinaire. Sur le trajet de retour, il m’a dit qu’il avait un scénario de film. Je l’ai lu. Tout était là. J’ai eu envie de le réaliser avec lui.

Vous étiez déjà une militante écolo, notamment avec Greenpeace ?

On peut être artiste et éco-guerrier… C’est-à-dire donner son image pour que les médias se concentrent sur le sujet qu’on veut défendre. Greenpeace ne me suffisait plus. J’avais envie d’aller plus loin. Ce film, je le fais aussi un peu pour mon fils ( Léo, 2 ans ). Quand il sera en âge de comprendre et que nous évoquerons le sujet, il me demandera certainement : « Et vous, vous avez fait quoi, à part n’importe quoi… »

Pourquoi aujourd’hui si peu d’artistes s’engagent ?

Peut-être parce que, quand on s’engage, on ne peut plus faire machine arrière. Et ça demande beaucoup de temps, d’énergie. Je ne vois pas d’autre raison. Avant de commencer le film, certaines personnes dans le cinéma me demandaient : « Mais pourquoi tu vas t’engager pendant deux ans dans un docu écolo ! » Comme si ce n’était pas bien. J’étais un peu vue comme l’allumée de service qui va faire un film d’allumé ! Heureusement, ça a évolué.

D’autant que Demain est devenu un projet participatif ?

Il a été financé en partie grâce à K issKissBankBank , site de financement collaboratif, avec un peu plus de 10 000 participants. Cela m’a permis de me rendre compte que plein de gens ne s’en foutaient pas. « J’ai été en colère » 

Vous en doutiez ?

Quand tu deviens écolo, que tu rencontres plein de militants, tu as l’impression que ces sujets n’intéressent que ces gens-là, que beaucoup ne font même pas les gestes écologiques minimaux de la vie quotidienne, qu’ils s’en foutent, qu’ils ne se rendent pas compte de ce qui se passe.

Et ça vous énerve ?

J’ai été dans une espèce de colère. Mais je m’y prenais mal. Si vous dites aux gens, de manière presque violente, qu’ils se trompent, qu’il faut tout changer parce qu’une partie de l’humanité va disparaître, qu’il ne faut pas manger de thon, que ce qui se passe dans les abattoirs est horrible… ils se sentent agressés et n’ont rien envie de faire. Aujourd’hui, j’ai un rapport plus zen. J’ai accumulé plus de savoirs. Je peux mieux expliquer les choses, dire par exemple pourquoi je suis devenue végétarienne.

Cette aventure vous a personnellement beaucoup apporté ?

C’était passionnant. Dans les dix pays où nous sommes allés (Inde, Danemark, Suisse…), nous avons rencontré de vrais héros, des gens lumineux, brillants, qui témoignent de compassion, d’empathie, ce qui manque tellement à notre époque. C’est rassurant. Ils sont dans l’idée d’avancer, de travailler ensemble, sans jugement. Dans chaque pays, on respirait une bouffée d’air pur. On repartait avec un peu de leur lumière.

Même au Texas ?

Là-bas, c’est fou ! Voilà un État dont l’économie repose beaucoup sur le pétrole. Y naît un projet écolo sur les éoliennes et les panneaux solaires, bien expliqué. Et les habitants disent oui à l’unanimité !« Il faut juste se mettre d’accord » La morale de l’histoire, c’est qu’il faut se prendre en main ?

On n’utilise pas assez la force des citoyens. Quand je vois des milliers de personnes dans la rue contre le mariage gay, je me dis que c’est fou l’énergie que ces gens dépensent pour s’opposer à de l’amour. J’ai longtemps pensé que les lobbies étaient les plus forts, qu’ils influençaient les politiques et que c’était foutu. Mais quand tu les boycottes, tu peux les faire tomber et ça peut aller vite. En France aussi, il y a beaucoup de mouvements réjouissants. Si tu veux aujourd’hui changer quelque chose dans ta ville, tu peux. Il faut juste se mettre d’accord sur ce qu’on a envie de changer.

Pour préserver notre planète…

Nous pensons, de manière prétentieuse que nous allons détruire la planète. Non, nous allons nous détruire et la planète reprendra ses droits. Dans un de ses dessins, le dessinateur anglais Steve Cutts montre la Terre en consultation chez le docteur qui lui dit : « J’ai reçu vos résultats d’analyse. J’ai une très mauvaise nouvelle. Vous avez des humains… »

Recueilli par Michel TROADEC.

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Ses dates clés

1983 Naissance à Paris.

1998 Remarquée par Gérard Depardieu qui l’engage dans Un pont entre deux rives .

2006 Premier rôle dans Je vais bien, ne t’en fais pas de Philippe Lioret (César du meilleur espoir féminin).

2009 Débuts à Hollywood ( Inglourious Basterds de Quentin Tarantino).

2011 Premier disque et première réalisation d’un long-métrage, Les adoptés .

Son rapport à l’Ouest

« Quand j’étais jeune, j’allais beaucoup sur l’île d’Houat faire du camping sauvage. J’aime les îles bretonnes. Je vais régulièrement à BelleÎle. C’est l’un des rares endroits où, quand le bateau arrive, je me sens immédiatement calme, sereine, apaisée. Le documentaire m’a changée. Je suis née à Paris. Je suis très citadine. Pourtant, aujourd’hui, j’ai un besoin inouï de nature… Je me rends compte que, pour un enfant, c’est vital. Et puis quand tu as la nature dans ton ventre, tu n’as pas envie de la détruire. On détruit ce que l’on ne connaît pas… »

À lire et à écouter

« Pour accompagner le film, un peu compliqué à voir avant le collège, nous avons réalisé un album-CD afin que petits et grands puissent parler des mêmes sujets. Il y a un conte sur CD pour les tout-petits, avec des chansons évoquant ces thèmes. Et un livre d’une centaine de pages, pour les 9-13 ans, avec des illustrations, où l’on se met à la place d’enfants qui partent réaliser le tour du monde afin de trouver des solutions. » Demain : les aventures de Léo, Lou et Pablo à la recherche d’un monde meilleur. Actes Sud, 24 €.

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4 février 2018

Le Zouave porte un gilet de sauvetage....

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Un gilet de sauvetage pour le zouave de la SeineLa statue a été habillée par deux grimpeurs descendus en rappel, sous le regard du photographe Yann Arthus-Bertrand, parrain avec sa fondation GoodPlanet de cette opération. La crue de la Seine et le courant empêchaient en effet de s'approcher en bateauSur une banderole noire déployée sur le pont, au-dessus de la statue, figure un slogan "Get ready for global warming" ("Préparez-vous au réchauffement climatique").

Ce dimanche 4 février, la Seine restait en vigilance orange, notamment dans la capitale et en Normandie, de même que l'aval de la Marne. Après les pluies de cette fin de semaine, Vigicrues indique que la décrue devrait reprendre demain lundi.

18 novembre 2015

Le Charles-de-Gaulle se prépare à frapper Daech

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Les attentats de Paris sont « un acte de guerre », a déclaré François Hollande. La riposte de la France ne se fait pas attendre. Le porte-avions Charles de Gaulle appareille ce mercredi de Toulon. Direction le golfe Persique d’où les 18 Rafale et les 8 Super Étendard devraient frapper les troupes de Daech. Notre reporter Yannick Guérin était à bord vendredi. Il raconte.

Au large de Toulon

« Vendredi 13 novembre. Briefing Daesh. » L’inscription marquée au feutre barre le tableau blanc du local météo. Nous sommes à bord du Charles-de-Gaulle . L’horreur ne s’est pas encore abattue sur Paris. Mais l’ambiance est fiévreuse. Mercredi, le porte-avions appareille avec 18 Rafale , 8 Super Étendard,2 Hawkeye et 4 hélicoptères. Cap sur le nord du golfe Persique. C’est la deuxième fois que le navire amiral de la flotte française part soutenir la coalition internationale qui lutte contre Daech. 8 h 45. La première « pontée » de la journée (les avions qui doivent être catapultés) est rangée sur l’arrière du navire. Les deux catapultes, celle de la piste droite et celle de la piste oblique, ont été testées. Ce matin, ce seront 10 Rafale, 4Super-Étendard modernisé (SEM) et un Hawkeye, un gros aéronef à hélices, bourré d’électronique et surmonté d’un grand dôme radar. Depuis dix jours, le porte-avions accueille des stagiaires de l’École de l’Aviation embarquée. « Nous avons dix-huit pilotes qui doivent se qualifier. Certains à l’appontage de jour et de nuit, d’autres qui changent de machines. Ils passent du Super Étendard au Rafale », explique le capitaine de frégate « Youri ». Sécurité oblige, sa véritable identité est tenue secrète. Les pilotes utilisent leur call sign, l’indicatif radio qu’ils gardent toute leur carrière. Des jeunes pilotes font connaissance avec le porte-avions pour la première fois. « Gwadal », 25 ans, et « Brech », 26 ans, volent sur Rafale depuis un an et demi. Ils ont déjà subi cinq ans de sélection, puis de formation. Ils ont déjà apponté sur un porte-avions. Mais aux États-Unis, sur un navire de l’US Navy « une fois et demi plus gros que le Charlesde-Gaulle ». Et aux commandes d’un « petit » avion à réaction, un T 45. Ils se sont aussi entraînés sur les bases de l’aéronavale de Landivisiau (Finistère) et d’Istres (Bouches-du-Rhône).

« Comme franchir un péage à 250 km/h »

Voilà dix jours, ils ont connu leur premier catapultage. « Le premier coup de pied aux fesses, comme le dit « Gwadal ». C’est violent ! Le Rafale est d’une puissance impressionnante. On est écrasé sur le siège. On est comme « vomi » par le porte-avions ! L’impression d’être satellisé. » Mais la vraie difficulté, c’est bien sûr l’appontage. Une manœuvre qui ne tolère pas les approximations. Et encore moins la nuit. L’avion doit se présenter selon « une pente » très précise dans l’axe de la piste oblique d’une longueur de 203 m. Il doit accrocher un des trois « brins » d’arrêt disposés en travers de la piste pour pouvoir s’arrêter. Au moment où l’avion est à l’aplomb de « l’arrondi », le début de la piste, la hauteur sous les roues doit être de seulement 3,50 m. « C’est une marge très faible, commente le commandant « Youri ». Si le porteavions tangue de un degré, l’arrière monte de 1,70 m, soit la moitié de la marge. » Une difficulté que le directeur résume d’une image saisissante : « Apponter, c’est comme franchir en voiture une barrière de péage d’autoroute à 250 km/h ! » Avant, tous les pilotes ont répété à terre, inlassablement, l’arrivée sur une piste semblable à celle du Charles de Gaulle dessinée sur le sol. L’arrêt est d’une brutalité phénoménale. L’avion, stoppé par le brin, passe de 250 à 0 km/h en 1,5 seconde et sur 91 m ! Laissant derrière lui un souffle brûlant de kérosène et de pneus brûlés. Jeudi soir, le capitaine de vaisseau Éric Malbrunot, le pacha du porte-avions, félicitait tous les 1 900 marins du bord en annonçant que les 18 pilotes accueillis durant le stage de l’EAE s’étaient « tous qualifiés en dix jours ». « Gwadal » et « Brech » peuvent désormais se dire pilotes de chasse embarqués. Ils ont réussi leurs six appontages de jour dans les règles, sous les regards « très exigeants » des officiers d’appontage qui les ont « notés ». « Un pilote qui nous fait peur une fois parce qu’il prend des risques, on ne le laisse pas nous faire peur trois fois », prévient « Youri ». C’est l’élimination définitive du stage. Les jeunes pilotes doivent désormais obtenir leur « confirmation » pour participer à des missions opérationnelles. Il leur faudra se qualifier à l’appontage de nuit. « Puis, on devra apponter avec des machines plus lourdes avec leur armement et dans des conditions météo de plus en plus difficiles. » Dans quatre ans, ils peuvent espérer être chefs de patrouille. Un parcours de près de dix ans, soit la moitié d’une carrière de pilote. Vendredi, « Gwadal » et « Brech » ne savaient pas encore s’ils seraient retenus pour rester sur le porte-avions pour la mission Chammal contre Daech. Article de Yannick GUÉRIN.

 

15 novembre 2015

Le déroulé exact des attentats du 13 novembre

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a tenu une conférence de presse dans laquelle il a livré le déroulé exact des attentats de vendredi et donné des premières précisions quant au profil des terroristes.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a tenu ce samedi à 19 heures une conférence de presse dans laquelle il a livré le déroulé exact des attentats de vendredi soir et donné des premières précisions quant au profil des terroristes.

Le procureur a annoncé que le bilan actuel est de 129 morts, 352 blessés dont au moins 99 en état d’urgence absolue, tout en précisant que c’est un premier état des lieux «provisoire et évolutif compte tenu du nombre de blessés». Ce sont bien sept terroristes qui ont fait usage de «fusils d’assaut de type kalachnikov de calibre 7-62mm» et d’un «dispositif explosif identique visant à faire un maximum de victimes en se donnant mort».

Le déroulé exact

21h20. Lors du match France-Allemagne au Stade de France, «une première explosion a retenti rue Jules-Rimet à Saint-Denis, porte D». Deux corps ont été retrouvés. Le premier est celui du kamikaze portant un gilet explosif composé de «TATP, de piles, de boulons, et de boutons poussoirs». La seconde victime est un passant qui a été soufflé par l’explosion.

21h25. Au bar le Carillon et devant le restaurant le Petit Cambodge à l’angle de la rue Alibert et de la rue Bichat, des assaillants ont fait irruption armés de «fusils d’assaut de type kalachnikov». Ils étaient à bord d’un «véhicule noir pouvant être de marque Seat et de type Leon». Sur place, a été découvert une «centaine douilles de calibre 7-62». Le bilan est de 15 décès et de 10 victimes en «urgence absolue».

21h30. Près du Stade de France, toujours rue Jules-Rimet, porte H, un kamikaze porteur d’un dispositif «identique à celui du premier kamikaze» a fait exploser son gilet, causant sa propre mort.

21h32. A l’angle de la rue de la Fontaine au Roi et de la rue du Faubourg-du-Temple, au bar la Bonne bière, des assaillants à bord d’un véhicule «de couleur noire et de marque Seat» tuent 5 personnes et en blessent 8 autres. Elles sont toujours dans une «urgence absolue». Là encore, une centaine de douilles de calibre 7-62mm est retrouvé.

21h36. Au 92, rue Charonne, au restaurant la belle équipe, des «individus à bord là encore d’une Seat de couleur noire» tirent plusieurs rafales causant la mort de 19 personnes. De nouveau, une centaine de douilles de calibre 7-62 est retrouvée.

21h40. Au bar le Comptoir Voltaire, au 23 boulevard Voltaire, un kamikaze actionne un «dispositif explosif identique» aux deux premiers kamikazes du Stade de France. Une personne est grièvement blessée, et d’autres «plus légèrement».

21h40. Trois individus équipés d’armes de guerre, arrivent à la salle de concert le Bataclan à bord d’une Polo noire. «Ils entrent dans la salle et tirent en rafale en plein concert» avant de «prendre en otage les occupants dans la fosse». Selon le procureur de la République, «ils ont évoqué la Syrie et l’Irak». La BRI et le Raid donnent l’assaut à 00h20, au cours duquel trois terroristes se sont donné la mort en actionnant leur gilet d’explosifs, tandis qu’un autre a été tué par les forces de l’ordre bien qu’ayant aussi activé son gilet. Le bilan fait état de «89 morts et de très nombreux blessés». François Molins a tenu à préciser : «Je ne peux être plus précis sur le déroulé des crimes terroristes compte tenu nombre de victimes et de la configuration des lieux.»

21h53. Une troisième explosion a lieu, rue de la Cokerie, près du stade de France. Le corps d’un kamikaze est retrouvé.

Les premières identifications

Selon le procureur de la République, il est très vraisemblable que «trois équipes coordonnées [soient] à l’origine» des attaques. Selon les premiers éléments de l’enquête, «le terroriste auteur de la prise d’otage du Bataclan a été formellement identifié». Il est né le 21 novembre 1985 à Courcouronnes dans l’Essone et est connu «pour des délis de droit commun» (8 condamnations entre 2004 et 2010). L’individu n’a «jamais été incarcéré», mais faisait l’objet d’une fiche S depuis 2010 pour radicalisation, «sans jamais être impliqué». Un passeport d’un individu né en 1990 en Syrie a également été trouvé. Selon le procureur, «il n’est pas connu des services de renseignement français».

Trois interpellations

L’un des deux véhicules, la Polo de couleur noire est immatriculée en Belgique et a été louée par un «individu de nationalité française résidant en Belgique qui a fait l’objet d’un contrôle à la frontière belge samedi matin». A bord du véhicule se trouvaient également deux autres personnes «résidant dans la région de Bruxelles».

Le parquet fédéral belge a ouvert une enquête spécifique, et les autorités judiciaires belges ont procédé à l’interpellation de trois individus. François Molins a toutefois précisé : «Je ne souhaite pas m’exprimer d’avantage pour préserver les opérations de perquisition qui sont en cours en Belgique». Et qu’il s’agit d’individus «qui ne sont pas connus des services de renseignement français».

Les attaques ont bien été revendiquées par le groupe Etat islamique via des «vidéos, communiqués écrits, et montages sonores».

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15 novembre 2015

HAB Galerie à Nantes - Bernard Piffaretti - vu hier

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« LA DUPLICATION COMME MÉTHODE »

Bernard Piffaretti est un artiste à protocole. En 1985, il élabore la règle très précise d'un jeu d'exécution qu'il suit encore aujourd'hui. Ce "système Piffaretti", comme certains le nomment, consiste à diviser la toile par un trait vertical coloré. Cette ligne structure l'espace pictural en deux parties égales. L'artiste peint l'un des deux espaces puis duplique le même motif sur l'autre, s'obligeant à suivre à l'identique le déroulement de la version initiale. Ne prenant aucunes notes, seul un travail de mémoire lui permet d'aboutir à ce résultat. Dans certains cas, sa démarche initiale, réalisée de manière spontanée devient trop complexe : nombreuses ramifications, accidents, couleurs..., si bien qu'il lui est impossible de respecter le même déroulement dans la seconde moitié. L'artiste s'arrête alors de peindre. Bien qu'incomplète, l'œuvre existe et rentre alors dans la catégorie des Inachevés mise en place en 1990. Si l'artiste respecte les mêmes étapes de réalisation, les deux parties ne sont jamais identiques. La duplication n'est pas une reproduction mécanique. Les gestes, les traits, les aplats ou la tonalité des couleurs sont différents d'une version à l'autre. Malgré ces différences, le spectateur qui regarde ces œuvres ne sait pas si le motif A est la reproduction du motif B ou l'inverse. Il perçoit un ensemble et fait la démarche de lire la toile de gauche à droite. Pour Piffaretti il n'existe ni original ni copie. 

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BERNARD PIFFARETTI BIOGRAPHIE

1955 Naissance de Bernard Piffaretti à Saint-Étienne.

1974-1979 Étudie à l'École des beaux-arts de Saint-Etienne.

1983 Obtient une bourse de la Fondation Georges-Pompidou pour les Etats-Unis.

1985 Bénéficie d'une bourse du FIACRE. Il part en Espagne et en Italie.

1986 Mise en place d'un protocole pour ses peintures.

1994 Enseigne à l'École des beaux-arts de Paris.

Vit et travail le à Paris. EXPOSITIONS PERSONNELLES (SÉLECTION)

1985 Musée Sainte-Croix, Poitiers.

1991 Tableaux 1982-1990, Villa Arson, Nice / Stàdtische Galerie, Gôppinger, Allemagne /

Hôtel des Arts, rue Berryer, Paris / Musée des beaux-arts de Nantes.

2000 Va-et-Vient / Come and Go, Fondation Cartier pour I'art contemporain.

2007 Presque Suisse, Mamco, Genève, Suisse.

Chronique du tableau du tableau 2002-2006, Centre d'art contemporain de Sète.

2008 V.O (version originale sous-titrée), Musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis.

2009 On achève bien les tableaux. Musée d'art moderne de Saint-Étienne Métropole.

2010 Avant/Post, FRAC Haute-Normandie, Rouen.

2013 Galerie Klemm's, Berlin.

2014 Galerie Frank Elbaz, Paris.

2015 Galerie Cherry and Martin, Los Angeles. 

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Voir mes précédents billets sur la HAB Galerie :

HAB Galerie à Nantes - Taturo Atzu (vu...  15/08/2015

HAB Galerie à Nantes - Taturo Atzu (vu... 11/08/2015

HAB GALERIE SOLO GROUP SHOW TATURO ATZU,... 10/08/2015

Hab Galerie - Nantes 07/08/2015

HAB Galerie - à NANTES  08/07/2015

NANTES - Save the date - HAB GALERIE 13/06/2015

"Les Mues" de HUANG YONG PING...   18/08/2014

"Les Mues" de HUANG YONG PING...   17/08/2014

HUANG YONG PING      06/07/2014

Pour y accéder (après avoir noté les différentes dates) voir l'historique en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/index.html 

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14 juin 2018

LUI est paru avec TINA KUNAKEY...

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La biographie de Tina Kunakey

C’est dans le mannequinat que Tina Kunakey a débuté sa carrière. Cette métisse est née en 1997 à Caltanissetta, en Sicile, d’un père togolais et d’une mère sicilienne. Tina Kunakey s’est fait remarquer pour la première fois en participant au clip Danjé du rappeur français Kalash.

Elle intègre très rapidement l’agence de mannequins espagnole Mad Model Management, puis l’agence SUPA Model à Londres, ville où elle réside. En octobre 2016, elle participe au clip Belinda de M.Pokora. Très friande des nouvelles technologies, elle est suivie par de nombreux fans sur les réseaux sociaux, où elle partage sa vie et ses passions. Côté cœur, elle a rencontré l’acteur Vincent Cassel pendant des vacances. Les deux sont très proches et se trouvent de nombreux points communs malgré leur différence d’âge. C’est lors du défilé Victoria's Secret en novembre 2016 que Tina Kunakey et Vincent Cassel officialisent leur relation. Les deux tourtereaux n’hésitent pas à partager leur quotidien via les réseaux sociaux.

https://www.instagram.com/tinakunakey/

https://www.instagram.com/luimagazine/

12 novembre 2015

ERDEVEN : Le monument aux morts a été entièrement rénové

Hier, Erdeven a célébré la fin de la Première Guerre mondiale, mais a aussi fêté la rénovation du monument aux morts. Construit et inauguré par Pierre-Michel Guézel en 1925, maire de l’époque, le Poilu qui se trouve sur le monument avait été repeint en 1991. Cette année, profitant des aides de l’État, il a été entièrement rénové. Les personnalités présentes lors de la cérémonie patriotique ont pris tour à tour la parole. Pierre Colleter, du Souvenir français, a précisé que 22 jeunes soldats de la commune avaient trouvé la mort dans les tranchées. Georges Hammouma, le représentant des anciens combattants, a rappelé le rôle des militaires dans ce genre de conflits.

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9 novembre 2015

Iran: une actrice fuit son pays après avoir posté des photos sans voile

L'actrice iranienne Sadaf Taherian s'est attirée les foudres du gouvernement après avoir posté des photos d'elles sans son hijab sur son compte Instagram. Bannie des écrans, elle a quitté l'Iran pour les Emirats arabes unis.

Punie pour avoir osé. Pour avoir posté sur son compte Instagram des photos d'elle sans son hijab, un voile obligatoire couvrant les cheveux et les épaules, l'actrice iranienne Sadaf Taherian voit sa carrière menacée. Ces clichés, la montrant toute chevelure dehors et portant des vêtements près du corps, ont poussé le gouvernement iranien à qualifier l'actrice "d'immorale" et à la bannir des écrans, rapporte The Telegraph.

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http://madame.lefigaro.fr/societe/deux-actrices-iraniennes-bannies-des-ecrans-051115-99152

http://www.cosmopolitan.com/politics/news/a48900/iranian-actress-flees-country-after-posting-photo-without-her-hijab/

20 janvier 2018

RATP et police sont impuissants face à la consommation de crack dans le métro parisien

Par Florian Reynaud, Julia Pascual - Le Monde

Deux syndicats ont appelé à la grève sur la ligne 12 pour dénoncer la présence croissante de toxicomanes dans les stations, qui met « en danger les salariés et les voyageurs ».

Vendredi 19 janvier, sur la ligne 12 du métro parisien, qui relie Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), un conducteur de la RATP commente, désabusé, le « buzz » médiatique du jour : « Ça fait trente ans que je bosse dans le métro. Les toxicos, ils ont toujours été là. Et c’est de pire en pire. » « Drogue. Les zombies du métro », a titré en « une » le journal Le Parisien, vendredi, tandis que les syndicats CGT et SUD-RATP ont appelé à la grève sur la ligne 12. Ils dénoncent une présence de plus en plus importante dans les stations de métro de consommateurs de crack, un dérivé de cocaïne.

Drogue peu coûteuse, qui se présente sous la forme de petits cailloux et qui peut se fumer ou s’injecter, elle entraîne une dépendance rapide. « Le crack a un effet sur la santé particulièrement désocialisant », explique Agnès Cadet-Taïrou, médecin de santé publique à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Même si le profil des usagers tend à se diversifier, ceux présents dans le métro se trouvent essentiellement dans des situations précaires, vivent souvent en squat ou à la rue. « Le crack est arrivé en métropole depuis les Antilles et la Guyane à la fin des années 1980, retrace Agnès Cadet-Taïrou. Son marché existe essentiellement en Ile-de-France, à Paris et en Seine-Saint-Denis. A l’échelle de la population générale, sa consommation est très faible. » Selon les derniers chiffres disponibles, 0,6 % des 18 à 64 ans avaient déjà expérimenté le crack en 2014.

Dans leur préavis de grève, la CGT et SUD-RATP dénoncent un défaut de « sécurisation » de la ligne 12, qui met « en danger les salariés et voyageurs ». D’après Jérémy Kahli, syndicaliste SUD-RATP, quinze conducteurs de la ligne auraient été agressés en 2017, « souvent parce que quelqu’un s’est “shooté” et est en plein délire ». Ces chiffres n’ont pas été confirmés par la RATP. Elle reconnaît toutefois des « difficultés croissantes », « en particulier au nord de la ligne 12 et de la ligne 4 ».

Un phénomène ancien qui s’étend

Pour ce conducteur de métro, qui parcourt la ligne 12 depuis six ans, plus que la violence, c’est « principalement la présence des toxicomanes sur les voies » qui gêne le travail. « Ils traversent pour aller de quai en quai, font leurs besoins sur les voies ou cachent leur dose dans le tunnel », dit-il, obligeant les agents à solliciter des coupures de courant pour éviter une électrocution, ce qui génère des retards.

Un autre conducteur, venu de la « réserve » renforcer les effectifs de la ligne 12, ajoute : « Il y a aussi ce sentiment que la régie ou l’Etat ne font rien. Il y a des époques où on les chasse à la surface et puis la surface les chasse et les remet dans le métro. » Vendredi, la préfecture de police de Paris et la RATP ont annoncé « une présence renforcée des effectifs » de police et de sécurité, tout en rappelant que depuis deux ans, « plus de 400 affaires liées à ce trafic de stupéfiants ont conduit à l’interpellation de 283 vendeurs et 406 consommateurs ».

La consommation de crack dans le métro est un phénomène ancien. Mais il s’étend : « Depuis environ trois ans, cela explose, confie un délégué du syndicat Alliance-Police nationale au sein de la brigade des réseaux franciliens (BRF). Il y a quinze ans, ça se passait beaucoup dans le nord de Paris, déjà le 18e et aussi le 19e. Aujourd’hui, toute la ligne 12 est touchée. » Alors qu’il arrive à la station Assemblée nationale, dans le 7e arrondissement, un conducteur de métro commente : « C’en est un », opinant du menton en direction d’un homme, assis sur le quai, la mine fatiguée et semblant saisi de spasmes.

« Problème social avant tout »

L’OFDT confirme une « augmentation tendancielle et régulière » du marché du crack. « Dans les structures de réduction des risques pour les usagers de drogues, en 2008, 22 % d’entre eux avaient consommé de la cocaïne basée. On était à 32 % en 2015. Si on prend l’Ile-de-France, on passe de 45 à 51 % », rapporte Agnès Cadet-Taïrou.

La plus forte visibilité des consommateurs, dont témoignent les agents de la RATP, s’explique aussi par d’autres facteurs. Le climat hivernal, bien sûr, qui peut les pousser à se réfugier dans le métro. Mais également la politique de répression de la délinquance. « Dès 2012, avec la création des zones de sécurité prioritaires, qui a accru la surveillance policière sur la voie publique, on a constaté une présence plus importante des usagers dans le métro, rappelle Agnès Cadet-Taïrou. En 2014, le démantèlement du trafic de la cité Reverdy dans le 19e, qui était depuis plusieurs années une plaque importante de vente du crack, a aussi été un tournant. »

Dans les souterrains de Paris, un sentiment de désarroi domine : « Le GPSR [Groupe de protection et de sécurisation des réseaux] fait juste le coup de force de les dégager, mais ils redescendent le quart d’heure d’après, constate un conducteur. Ils sont paumés, tombent dans la drogue et c’est un cercle infernal. » Depuis décembre, quatre associations spécialisées réalisent quatre maraudes par semaine avec des agents RATP. Elles permettent notamment de proposer « un accompagnement médical et social », explique Isabelle Roux, de l’association Charonne. « C’est un problème social avant tout », reconnaît Jérémy Kahli.

Du côté des vendeurs, principalement originaires d’Afrique de l’Ouest, le constat est le même. « Ce sont plutôt des jeunes majeurs sans-papiers qui vivent dans la misère », rapporte le délégué syndical à la BRF. L’organisation du trafic de crack demeure assez méconnue, mais il se tiendrait surtout dans l’enceinte de la gare du Nord, dans le 10e arrondissement. « Il y a entre vingt et trente vendeurs depuis l’ouverture à la fermeture du métro, poursuit le syndicaliste policier. Ils conservent la drogue dans leur bouche, sous la forme de petites bonbonnes emballées dans du film plastique. C’est un moyen de se délester du produit en l’avalant, en cas d’interpellation. »

Le 9 novembre, Massar D., un jeune homme d’une vingtaine d’années et d’origine sénégalaise, a été interpellé. Victime d’un arrêt cardiorespiratoire, il est mort quelques jours plus tard. Une enquête a été ouverte en recherche des causes de la mort. Il avait une trentaine de pochons de crack dans la bouche.

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15 janvier 2018

Catherine Deneuve : «Rien dans le texte ne prétend que le harcèlement a du bon, sans quoi je ne l’aurais pas signé»

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Une semaine après avoir signé la tribune qui prône la «liberté d’importuner» pour préserver la «liberté sexuelle», l’actrice assume, tout en prenant ses distances avec certaines signataires. Et s’excuse auprès des victimes d’agression qui auraient pu être choquées.

Catherine Deneuve : «Rien dans le texte ne prétend que le harcèlement a du bon»

Catherine Deneuve nous a transmis ce texte sous forme de lettre, à la suite d’un entretien par téléphone, vendredi. Nous l’avions sollicitée car nous voulions entendre sa voix, savoir si elle était en accord avec l’intégralité de la tribune signée, et savoir comment elle réagissait à la prise de paroles des unes et des autres ; bref, qu’elle clarifie sa position.

«J’ai effectivement signé la pétition titrée dans le journal le Monde, "Nous défendons une liberté…", pétition qui a engendré de nombreuses réactions, nécessitant des précisions.

«Oui, j’aime la liberté. Je n’aime pas cette caractéristique de notre époque où chacun se sent le droit de juger, d’arbitrer, de condamner. Une époque où de simples dénonciations sur réseaux sociaux engendrent punition, démission, et parfois et souvent lynchage médiatique. Un acteur peut être effacé numériquement d’un film, le directeur d’une grande institution new-yorkaise peut être amené à démissionner pour des mains aux fesses mises il y a trente ans sans autre forme de procès. Je n’excuse rien. Je ne tranche pas sur la culpabilité de ces hommes car je ne suis pas qualifiée pour. Et peu le sont.

Non, je n’aime pas ces effets de meute, trop communs aujourd’hui. D’où mes réserves, dès le mois d’octobre sur ce hashtag "Balance ton porc".

«Il y a, je ne suis pas candide, bien plus d’hommes qui sont sujets à ces comportements que de femmes. Mais en quoi ce hashtag n’est-il pas une invitation à la délation ? Qui peut m’assurer qu’il n’y aura pas de manipulation ou de coup bas ? Qu’il n’y aura pas de suicides d’innocents ? Nous devons vivre ensemble, sans "porcs", ni "salopes", et j’ai, je le confesse, trouvé ce texte "Nous défendons une liberté…" vigoureux, à défaut de le trouver parfaitement juste.

«Oui, j’ai signé cette pétition, et cependant, il me paraît absolument nécessaire aujourd’hui de souligner mon désaccord avec la manière dont certaines pétitionnaires s’octroient individuellement le droit de se répandre dans les médias, dénaturant l’esprit même de ce texte. Dire sur une chaîne de télé qu’on peut jouir lors d’un viol est pire qu’un crachat au visage de toutes celles qui ont subi ce crime. Non seulement ces paroles laissent entendre à ceux qui ont l’habitude d’user de la force ou de se servir de la sexualité pour détruire que ce n’est pas si grave, puisque finalement il arrive que la victime jouisse. Mais quand on paraphe un manifeste qui engage d’autres personnes, on se tient, on évite de les embarquer dans sa propre incontinence verbale. C’est indigne. Et évidemment rien dans le texte ne prétend que le harcèlement a du bon, sans quoi je ne l’aurais pas signé.

«Je suis actrice depuis mes 17 ans. Je pourrais évidemment dire qu’il m’est arrivé d’être témoin de situations plus qu’indélicates, ou que je sais par d’autres comédiennes que des cinéastes ont abusé lâchement de leur pouvoir. Simplement, ce n’est pas à moi de parler à la place de mes consœurs. Ce qui crée des situations traumatisantes et intenables, c’est toujours le pouvoir, la position hiérarchique, ou une forme d’emprise. Le piège se referme lorsqu’il devient impossible de dire non sans risquer son emploi, ou de subir humiliations et sarcasmes dégradants. Je crois donc que la solution viendra de l’éducation de nos garçons comme de nos filles. Mais aussi éventuellement de protocoles dans les entreprises, qui induisent que s’il y a harcèlement, des poursuites soient immédiatement engagées. Je crois en la justice.

«J’ai enfin signé ce texte pour une raison qui, à mes yeux, est essentielle : le danger des nettoyages dans les arts. Va-t-on brûler Sade en Pléiade ? Désigner Léonard de Vinci comme un artiste pédophile et effacer ses toiles ? Décrocher les Gauguin des musées ? Détruire les dessins d’Egon Schiele ? Interdire les disques de Phil Spector ? Ce climat de censure me laisse sans voix et inquiète pour l’avenir de nos sociétés.

«On m’a parfois reproché de ne pas être féministe. Dois-je rappeler que j’étais une des 343 salopes avec Marguerite Duras et Françoise Sagan qui a signé le manifeste "Je me suis fait avorter" écrit par Simone de Beauvoir ? L’avortement était passible de poursuite pénale et emprisonnement à l’époque. C’est pourquoi je voudrais dire aux conservateurs, racistes et traditionalistes de tout poil qui ont trouvé stratégique de m’apporter leur soutien que je ne suis pas dupe. Ils n’auront ni ma gratitude ni mon amitié, bien au contraire. Je suis une femme libre et je le demeurerai. Je salue fraternellement toutes les victimes d’actes odieux qui ont pu se sentir agressées par cette tribune parue dans le Monde, c’est à elles et à elles seules que je présente mes excuses.

Sincèrement à vous.

Catherine Deneuve

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13 janvier 2018

«Pays de merde» : la grossièreté de Donald Trump suscite un tollé

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Jeudi, le président des États-Unis aurait qualifié Haïti, le Salvador et plusieurs nations africaines de «pays de merde». Une déclaration démentie mais qui a déclenché une indignation mondiale.

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici?» Selon des sources concordantes, Donald Trump, grand habitué des phrases choc, aurait franchi une nouvelle étape langagière jeudi, lors d'une réunion à la Maison-Blanche. Ces propos viseraient particulièrement plusieurs États africains ainsi que le Salvador et Haïti, le président estimant que les États-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège, dont il avait rencontré la première ministre la veille.

Le milliardaire républicain recevait dans le Bureau ovale plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l'accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l'accord permettrait d'éviter l'expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux États-Unis.

Des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes»

Les réactions n'ont pas tardé à pleuvoir. Après une longue réunion d'urgence, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l'ONU ont exigé des excuses et une «rétractation», condamnant des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes». Ils se sont déclarés préoccupés par la tendance «grandissante» de l'administration Trump «à dénigrer le continent et les gens de couleur». Le Sénégal et le Bostwana ont par ailleurs convoqué chacun l'ambassadeur américain. L'ONU a qualifié ces remarques de «choquantes et honteuses» et l'Union africaine de «blessantes» et «dérangeantes». Le gouvernement haïtien a dénoncé des propos «odieux et abjects» qui, s'ils étaient avérés, seraient à tous égards «inacceptables car ils refléteraient une vision simpliste et raciste». Le ministre cubain des Affaires étrangères a condamné «fermement» ces déclarations «racistes, dénigrantes, grossières, pleines de haine et de mépris», qui suscitent selon lui «l'indignation du peuple cubain». Au Venezuela, le président Nicolas Maduro a appelé à la solidarité avec les nations «agressées» par Donald Trump. La Russie a jugé les propos du président américain «extrêmement négatifs».

«Trump, président de merde»

«#Trumppresidentdemerde». Ce matin, tout en sobriété, l'ancien ministre et actuel président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang, a traité Donald Trump de «président de merde» sur Twitter. «C'est un cri du cœur, un cri de révolte après ce qu'il a dit sur les Haïtiens. J'ai envie qu'on dise dans le monde entier: “président de merde“, comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant», a insisté Jack Lang auprès de l'AFP.

Aux États-Unis, l'ancien directeur du FBI James Comey a écrit sur Twitter: «La grandeur de ce pays et son génie viennent de sa diversité». Chelsea Clinton a rappelé que certains «immigrants du Salavdor, d'Haïti et d'Afrique ont aidé à construire notre pays». Mêmes échos chez son père, l'ancien président Bill Clinton, qui a souligné «les immenses contributions des immigrants d'Haïti et d'autres nations à l'Amérique», appelant au «respect et à la gratitude» pour «eux et leurs pays d'origine». «Enfin un président qui dit ce que nous pensons tous!»

Parmi l'océan de critiques, certaines personnalités américaines ont félicité leur chef d'État. «Enfin un président qui dit ce que nous pensons tous!», a salué Marco Gutierrez, créateur du mouvement «Latinos for Trump». La blogueuse conservatrice Stacy Rush a estimé que ces critiques empêchaient les États-Unis de traiter les problèmes de fond. «Il est lamentable que notre pays, et notamment la presse généraliste, perde du temps sur le mot #shithole alors que nous avons de vrais problèmes qui doivent être traités», écrit-elle. Sans démentir le fond de ses propos, le président américain a déclaré vendredi qu'il n'avait pas utilisé l'expression «pays de merde». «Le langage que j'ai utilisé pendant la réunion était rude, mais ce ne sont pas les mots utilisés», a écrit Donald Trump sur Twitter, avant d'assurer dans un deuxième message qu'il n'avait «jamais dit quoi que ce soit de péjoratif sur les Haïtiens à part que Haïti est évidemment pays un pays très pauvre et sujet aux troubles. (...) J'ai une relation merveilleuse avec les Haïtiens».

La Maison-Blanche a souligné que le chef d'État se battrait «toujours pour le peuple américain». «Comme d'autres nations ayant une immigration fondée sur le mérite, le président Trump se bat pour des solutions durables qui renforcent notre pays en accueillant ceux qui contribuent à notre société, font croître notre économie et s'assimilent à notre grande nation», a insisté un porte-parole de l'exécutif, Raj Shah, dans un communiqué. Lost in translation

«Pays de merde», «pays de chiottes», «merdiers, «trous à rats», «trous paumés»... L'expression «shithole countries» n'a pas toujours été traduite de la même façon partout dans le monde, comme le souligne l'Agence France-Presse.

Si la presse francophone et espagnole s'est accordée sur «pays de merde», les médias grecs ont préféré «pays de chiotte» et les allemands «trous à rats» Le journal syndical russe Troud a choisi «trous à merde» et le Corriere della Sera italien utilise le terme «merdiers».

Chine et Pays-Bas ont préféré éviter la grossièreté et parlent respectivement de «mauvais pays» et d'«arriérés». La palme de l'originalité revient à la presse serbe - qui évoque «l'endroit où les loups copulent» - et à l'agence taïwanaise CNA - qui cite «des pays où les oiseaux ne pondent pas d'œufs».

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Jack Lang traite Donald Trump de «président de merde»

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang ne mâche pas ses mots pour dénoncer les propos de Donald Trump sur les "pays de merde", qualifiant en retour le président américain de "président de merde".

L'ancien ministre de François Mitterrand a utilisé cette expression samedi sur son compte Twitter et sur Facebook. "C'est un cri du coeur, un cri de révolte après ce qu'il a dit sur les Haïtiens", s'est justifié Jack Lang contacté par l'AFP. "J'ai envie qu'on dise dans le monde entier: 'président de merde', comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant", a insisté le président de l'Institut du monde arabe (Ima).

"Ce qui m'a motivé, a expliqué l'ancien ministre âgé de 78 ans, c'est d'entendre ce type (Donald Trump, ndlr) chaque heure chaque jour dire n'importe quoi, insulter".

L'ancien ministre qui se déclare "solidaire" des pays africains et d'Haïti, "pays que j'aime", a dénoncé le "mépris" du président américain à leur encontre. "Ce mépris est inqualifiable. C'est blessant, offensant (...) Tous les jours, il déverse du mépris sur les uns sur les autres".

Selon Jack Lang, Donald Trump est "un xénophobe et un raciste maladif". "C'est indigne de l'Amérique, grand pays de liberté, de grandes aventures d'émancipation", a estimé l'ancien ministre.

13 janvier 2018

Lactalis : c’est quoi cette boîte de lait ?

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Après les atermoiements du géant de l’agroalimentaire, Bercy a tapé du poing sur la table vendredi et l’a contraint à reprendre tous les lots de lait infantile produits sur son site contaminé à la salmonelle. Retour sur la culture de cette entreprise où l’opacité est cultivée de père en fils.

 Lactalis : c’est quoi cette boîte de lait ?

Lactalis pris à son propre piège ? Le culte du silence et du secret qui prévaut depuis des décennies chez le leader mondial des produits laitiers semble s’être retourné contre lui, alimentant toutes les suspicions.

Suspicions entretenues par les atermoiements de l’entreprise elle-même lorsqu’il s’est agi de retirer de la vente les lots de lait infantile possiblement contaminés par la salmonelle, donnant l’impression de traîner les pieds. Une version soutenue par le ministère de l’Economie qui a demandé vendredi au groupe, par la voix de Bruno Le Maire (qui recevait à Bercy le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier), de retirer du marché la totalité des produits fabriqués à Craon (Mayenne), où se situe l’usine responsable de la contamination.

Mais alors que la crise s’étend en Europe (un cas de salmonellose avéré a été découvert en Espagne, alors qu’un autre restait vendredi soir à confirmer en Grèce), peut-être faut-il voir aussi, dans ce manque de réactivité, le poids d’une culture d’entreprise qui semble n’avoir d’autre boussole que la recherche du profit à tous crins. Caractéristique certes largement partagée, mais quasiment élevée au rang d’art par le laitier mayennais.

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Les débuts de l’entreprise, qui compte désormais à son tableau de chasse de nombreuses marques de renom (Lactel, Bridel, Salakis, la Laitière), sont modestes. C’est en effet dans son petit atelier de Laval qu’André Besnier fabrique en 1933 ses premiers camemberts. En 1955, après sa mort, son fils Michel reprend le flambeau et lance la marque Président. Surnommé «l’Emir blanc», Michel Besnier, homme à poigne, se montre d’une voracité insatiable, engageant son entreprise dans une croissance externe menée tambour battant. Outre le rachat de plusieurs laiteries, il se lance dans les premières implantations à l’étranger du groupe, rebaptisé Lactalis en 1999.

Quelques années après sa mort, en 2000, un ancien cadre de Lactalis évoque dans un petit ouvrage la Saga Lactalis, le mépris d’André Besnier pour les coopératives laitières (parmi ses principaux concurrents) qui n’auraient pas «suffisamment la religion du profit». Son fils Emmanuel reprend les rênes du groupe pour lui faire franchir de nouvelles étapes dans son internationalisation. En 2011, le lancement d’une OPA hostile sur l’italien Parmalat, qui le hisse au premier rang mondial des industriels du secteur laitier, l’oblige pour la première fois à publier ses comptes. Non cotée en Bourse, l’entreprise familiale (qui appartient à Emmanuel Besnier, à son frère Jean-Michel et à sa sœur Marie) tient secret le détail de ses chiffres, quitte à s’acquitter d’éventuelles amendes.

«C’est une idée socialo-communiste»

Aujourd’hui tentaculaire, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 17,3 milliards d’euros, compte pas moins de 246 sites de productions dans 47 pays, pour un effectif global de 18 900 «collaborateurs». Début janvier, Lactalis a encore annoncé le rachat aux Etats-Unis de Siggi’s, le «roi du yaourt islandais», et devient ainsi un des plus importants fabricants de yaourts sur le continent nord-américain.

Parmi les recettes de son succès, outre un flair indéniable, la manière dont Lactalis a pu se montrer intraitable vis-à-vis de ses producteurs de lait n’est sans doute pas anodine. «La politique de Lactalis, c’est de diviser pour mieux régner, explique à Libération un exploitant de la FNSEA. En favorisant les contrats individuels imposant ses prix et les volumes qu’elle souhaite récolter avec chaque exploitant, elle a droit de vie ou de mort sur chacun d’eux.» Histoire d’enfoncer le clou, un éleveur sarthois évoque également un épisode qui en dit long sur l’état d’esprit au sein de l’entreprise, même si les choses se seraient quelque peu améliorées ces derniers mois… «Début 2016, un des responsables des achats du groupe nous a déclaré que le partage de la valeur ajoutée était une idée socialo-communiste qui n’était pas dans l’ADN de Lactalis et que Bruxelles ferait mieux d’investir dans la filière laitière plutôt que dans l’accueil des migrants.»

Si les éleveurs sont incités au silence, il en va manifestement de même pour les employés de Lactalis. Depuis le début de la crise des lots contaminés, ni la direction ni aucun des 500 salariés de l’usine de Craon qui avait déjà été touchée par la salmonelle en 2005, lorsqu’elle s’appelait encore Celia, ne se sont exprimés publiquement. «C’est la discrétion la plus totale», affirme un ancien fournisseur de lait de l’usine qui estime que le personnel a «probablement reçu des consignes». Il n’est pas question que les rares représentants syndicaux s’expriment. Contactés par Libération, les délégués de la CFTC (principale organisation de l’entreprise à Laval) ou de la CFDT s’en sont tenus à un bref «pas de commentaire».

Avant la conférence de presse donnée jeudi par Lactalis dans ses locaux parisiens (événement rarissime pour l’entreprise), la directrice de l’information de l’association Foodwatch, Ingrid Kragl, a mis en cause sur France Inter un groupe qu’elle juge principale responsable de la crise actuelle et qui représenterait le «summum» de l’opacité dans ce type d’affaire. La conférence de presse lui a donné raison. Le directeur de la communication de Lactalis, Michel Nalet, passé maître dans l’art de ne rien dire, se contentant de réitérer des excuses plutôt que de fournir des explications.

13 janvier 2018

« Catherine Deneuve est une actrice libre et imprévisible qui goûte peu les vagues dominantes »

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Signataire de la tribune des « cent femmes » dénonçant le « puritanisme » de #metoo, la star planétaire est une personne qui a toujours choisi ses combats, explique dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».

On l’appelle le « texte des cent femmes » mais son retentissement mondial doit tout à la signature de Catherine Deneuve. Ce n’est pas elle qui en est à l’origine, ni qui l’a écrit. Bien sûr, le contenu, publié dans Le Monde du 10 janvier, vaut bombe. Mais les réactions folles dans les médias étrangers et sur les réseaux sociaux montrent que la star planétaire incarne la polémique.

L’actrice est attendue le 15 janvier au festival Premiers plans d’Angers, et elle sera dans le tourbillon. Disons déjà que son engagement n’est pas une surprise. En octobre 2017, sur le site du Huffington Post, elle émettait de fortes réserves quant au mouvement #metoo aux Etats-Unis et #balancetonporc en France : « Est-ce que c’est intéressant d’en parler comme ça ? Est-ce que ça va régler le problème ? » Sous-entendu, non.

Catherine Deneuve, qui fut l’égérie du couturier Yves Saint Laurent, qui a posé en femme fatale, dominatrice et séductrice devant l’objectif d’Helmut Newton (ses images porno-chic seraient-elles possibles aujourd’hui ?), qui portait de la fourrure à l’époque où c’était jugé choquant, goûtait peu le féminisme post-1968, qui voyait souvent l’homme comme une cible, et qui refusait les attributs du désir véhiculés dans les arts visuels.

Elle l’a dit à notre consœur Annick Cojean (« M Le magazine du Monde » du 1er septembre 2012), qui lui demandait si elle se sentait concernée par les luttes féministes. « Pas spécialement. A cause de certaines positions extrémistes englobées autrefois dans ce mouvement trop vaste pour que j’y sois à l’aise. Des attitudes anti-hommes regrettables alors que le but est d’arriver à plus d’harmonie entre les sexes. Mais je soutiens ardemment la cause des femmes ! Je les aime bien, les femmes. En ce sens, je pourrais me dire féministe. » Elle l’est. Mais elle en choisit les termes et les combats. Elle fut par exemple signataire du « Manifeste des 343 salopes », en 1971, sur le droit à l’avortement.

En fait, Catherine Deneuve est une actrice libre et imprévisible – égoïste, diront certains –, qui goûte peu les vagues dominantes, écoute avec effarement, notamment aux Etats-Unis, les voix qui stigmatisent de la même façon le viol et la drague, une actrice qui pousse loin les rôles qui déjouent la dialectique entre la femme proie et l’homme prédateur. Le texte collectif contient tout cela. Mais il mêle aussi trois éléments qui ne marchent pas toujours ensemble – la liberté sexuelle de chacun, la censure des œuvres d’art, la réalité du sexisme et du harcèlement –, ce qui permet à certains d’assimiler les signataires à des libertines privilégiées et affranchies de la douleur des autres.

« Belle de jour », chef-d’œuvre troublant

Deneuve est souvent lynchée dans cette affaire, mais elle est aussi louée. Au centre, il n’y a pas grand monde. Sans doute la journaliste Rachel Donadio, qui, dans le magazine américain The Atlantic, se demande s’il faut voir dans cet engagement « une forme d’émancipation ou la preuve d’une culture profondément sexiste. En tant qu’Américaine installée en France, c’est une question que je me pose en permanence, écrit-elle. Et à laquelle je n’ai toujours pas de réponse ».

Ajoutons au trouble en évoquant un film central dans la carrière de Catherine Deneuve, et fascinant dans le contexte Weinstein. Il s’agit de Belle de jour, chef-d’œuvre de Luis Buñuel. Le tournage a lieu en 1966. Deneuve a 23 ans. Elle a charmé la France, en 1964, avec Les Parapluies de Cherbourg et sort du tournage des Demoiselles de Rochefort, deux films merveilleux et acidulés de Jacques Demy.

Le saut est d’une brutalité inouïe. Deneuve incarne une grande bourgeoise nommée Séverine, belle et froide, élégante en robe Saint Laurent, mariée à un chirurgien. Par plaisir, elle se prostitue sous le nom de Belle de jour (un flash-back furtif la montre enfant se faire toucher par un ouvrier). Elle se laisse humilier, déshabiller, violer, fouetter. Elle est attachée, bâillonnée, on lui lance de la boue sur le visage. Aime-t-elle cela ? On ne sait.

Le film se développe dans la France gaulliste. Les hommes portent le costume, les dames des robes de marque. Les dialogues sont policés, les gestes forgés par les conventions et par l’hypocrisie de la bourgeoisie (qu’exècre Buñuel), sauf que parfois une fille est embrassée dans le cou sans son consentement, un homme demande à une maman s’il peut déjà « chatouiller » sa fille écolière.

Censure et autocensure

Un client nommé Adolphe (Francis Blanche) met la main aux fesses d’une fille en disant que « tous les morceaux sont bons ». Il aime « le jambon et la saucisse et encore mieux une bonne paire de cuisses », il vante « une négresse » pour ses performances au lit. Deneuve se fait traiter de chienne, de petite salope ou d’ordure, elle est frappée, elle saigne, son mari la livre à ses cochers, et pendant ce temps elle lui dit pardon et lui demande « s’il te plaît, ne lâche pas les chiens ».

Le génial et pervers Buñuel, dans une mise en scène onirique, surréaliste même, sème le trouble : on ne sait si c’est la réalité qui est montrée ou les fantasmes de l’héroïne, on ne sait qui domine et qui est dominé. Car à la fin, Séverine triomphe – son mari est un légume, son amant préféré se fait tuer. Belle de jour a obtenu le Lion d’or à Venise, et fut un immense succès. Mais ce film, on doute qu’il puisse se faire aujourd’hui. Il est probable que Deneuve en doute aussi. Et peut-être est-ce pour cela aussi qu’elle a signé ce texte.

Tant d’exemples, dans les arts en général, avant et après Weinstein, montrent que la censure, un peu, et l’autocensure, surtout, gagnent du terrain. De leur côté, des groupes féministes, surtout aux Etats-Unis, passent au crible le passé d’un créateur et ses œuvres pour en cerner les moments sexistes. Belle de jour en est rempli. Ou pas. En cela, c’est un monument.

12 janvier 2018

Ce que pensent les médias étrangers de la tribune du « Monde » signée par Catherine Deneuve

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Depuis la publication de la tribune du « Monde », le 9 janvier 2018, signée par Catherine Deneuve, Catherine Millet, Brigitte Lahaie et 97 autres femmes, la presse étrangère est divisée. Peut-on défendre « une liberté d’importuner » à Paris quand Hollywood brandit son #MeToo ? De New York à Berlin, tous les médias ont leur avis.

Si cette tribune intéresse autant la presse étrangère, c’est qu’elle a été signée par Catherine Deneuve, incarnation de la Française hors de nos frontières. Depuis quelques mois pourtant, le mythe s’effrite, comme l’explique le journal brésilien Folha de Sao Paulo qui rappelle qu’en mars 2017 déjà, l’actrice avait pris la défense de Roman Polanski rattrapé par des accusations de viol sur mineure. Ses propos, tenus dans l’émission Quotidien – « C'est une jeune fille qui avait été amenée chez Roman par sa mère, qui ne faisait pas son âge de toute façon » – avaient été repris et fustigés au quatre coins du globe. Le quotidien italien La Repubblica a d’ailleurs relayé la réaction de Samantha Geimer, victime présumée du réalisateur qui lui a depuis pardonné, qui, elle, soutient, l’actrice des Parapluies de Cherbourg : « Je suis totalement d’accord avec Catherine Deneuve. Les femmes ont besoin d’égalité, de respect et de liberté sexuelle. Ce que nous obtenons par nous-mêmes. Et pas en demandant aux autres de nous protéger et de définir ce qu’il est permis de faire quand on est une femme. »

I agree whole entirely with Ms. Deneuve. Women need equality, respect and sexual freedom, we get that by standing up for ourselves and each other. Not by asking others to protect us and define what is "allowed" for ladies. https://t.co/7EszEpE6rC

— Samantha Geimer (@sjgeimer) 9 janvier 2018

DENEUVE VS HOLLYWOOD

Selon la presse américaine, cette tribune ne pouvait pas plus mal tomber. En effet, la veille de sa publication, le monde entier avait les yeux rivés sur Hollywood et les Golden Globes où l’on hissait haut l’étendard des mouvements Time’s up et #MeToo. Le New York Times dresse ainsi un parallèle entre le discours des célébrités présentes à cette cérémonie et celui des personnalités françaises. Asia Argento, l’une des premières victimes d’Harvey Weinstein à avoir brisé le silence, n’a d’ailleurs pas mâché ses mots en retweetant un article du Guardian : « Catherine Deneuve et d’autres femmes françaises racontent au monde comment leur misogynie intériorisée les a lobotomisées au point de non-retour », écrit-elle. 

Le Vanity Fair espagnol s’est aussi demandé comment Deneuve, l’une des signataires du Manifeste des 343 salopes, qui revendiquait la liberté des femmes à disposer de leur corps, pouvait ainsi nier ses idéaux d’antan. Car, comme le rappelle les journaux britanniques, l’actrice a été, pour eux, une certaine représentation de la liberté féminine. Dans les différents articles, elle est d’ailleurs souvent désignée comme l’interprète de Séverine, bourgeoise qui choisit sciemment de se prostituer dans Belle de Jour de Luis Bunuel.

Catherine Deneuve and other French women tell the world how their interiorized misogyny has lobotomized them to the point of no return https://t.co/AuH0aZdnCq

— Asia Argento (@AsiaArgento) 9 janvier 2018

UN CAS FRANÇAIS

Aux dires de la presse allemande, la tribune du Monde ne pouvait être publiée qu’en France. « C’est un cri de colère dénonçant un climat totalitaire en matière de sexualité qui ne pouvait probablement venir que de France, le berceau du libertinage », peut-on lire dans le quotidien Die Welt. La journaliste Martina Meister ajoute : « Dans un pays dont la culture et la littérature se caractérisent depuis des siècles par le libertinage, la galanterie et la liberté sexuelle, et qui a produit des auteurs comme le marquis de Sade ou le philosophe Michel Foucault, la police du puritanisme (…) ne pouvait pas œuvrer longtemps sans susciter de résistance. » Le site américain The Atlantic déterre des fantômes français puisque, selon lui, « en France, l’idée est que, si vous donnez des noms, vous avez plus de chances d’être accusée de collabo ou de traître ». En résumé, l’ambiance ne serait pas à la solidarité féminine.

Du côté de la Belgique, le quotidien néerlandophone De Morgen tente de nuancer l’événement. « Il faut effectivement faire attention à ce que le débat ne dérape pas, on ne peut pas tout mettre dans le même sac », intervient l’actrice Hilde Van Mieghem dans l’article. Elle est une représentante de #MeToo en Belgique, mais comprend la dissonance française. Le journal y voit également « une question générationnelle » : « une bonne part des signataires appartient à la génération qui a été en première ligne dans la révolution sexuelle des années 1960 ».

Pourtant, une poignée de médias étrangers n’a pas le même son de cloche. Quelques irréductibles transalpins soutiennent cette tribune. Le quotidien italien Il Figlio a félicité Catherine Deneuve par la voix de son fondateur, Giuliano Ferrara, fervent opposant à #MeToo : « Deneuve et les autres : la France est la nouvelle avant-garde du monde libre #JeVousL’AvaisBienDit ». Même discours dans La Nazione : « Recouvrons notre intelligence, hurle au fond Deneuve, en contestant la campagne de délation qui a suivi le scandale Weinstein. Et elle a raison. Nous savons toutes reconnaître la frontière entre un viol et une drague maladroite », peut-on lire dans un édito.

Deneuve e altre, la Francia nuova avanguardia del mondo libero #velavevodetto

— giuliano ferrara (@ferrarailgrasso) 9 janvier 2018

Depuis les débuts de l’affaire Weistein et de ses répercussions, la France suscite toutes les interrogations. Vu de l’étranger, le pays des Lumières est devenu celui de « ces choses-là, ça arrive », selon les mots de Rachel Donadio dans Le Courrier international. Avec cette tribune qui vient jeter de l’huile sur le feu, les polémiques n’ont pas fini d’enfler.

12 janvier 2018

Lætitia Casta dénonce l'agressivité de #balancetonporc

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Lætitia Casta s'est exprimée dans les colonnes de Corse Matin jeudi soir en défaveur du hashtag, devenu mouvement, #balancetonporc. « Ce n'est pas dans l'agressivité que l'on va faire avancer les choses », a-t-elle indiqué. L'interview, titrée « Je ne suis pas une féministe, je suis une femme », fait la promotion de l'actualité de l'actrice qui joue Scène de la vie conjugale de Ingmar Bergman sur les planches de Bastia. Néanmoins, comme c'est dans l'air du temps, toute actrice interviewée pour un sujet quelconque doit désormais systématiquement participer au débat sur les agressions sexuelles. Ce que pense Lætitia Casta, c'est que les actrices de Hollywood ne sont pas les seules victimes : « On va parler des actrices hollywoodiennes comme de victimes, oui mais alors parlons de toutes les victimes. Mais aussi des héroïnes. Ces sportives qui réussissent des exploits et qui n'ont pas une grande couverture médiatique. Parlons de tout et je suis d'accord ! ».

Quant au mouvement #balancetonporc, elle est visiblement refroidie : « après ça va être quoi, balance ta salope ? ». Ainsi l'actrice admet être plus d'un côté que d'un autre. « On est responsable de nous-mêmes », répond-elle après avoir été interrogée sur la tribune du Monde sur le droit d'importuner.

10 janvier 2018

Béni, vidi, vici

Robe décolletée, paupières dorées et barbe teinte, le tout surmonté d'un voile ou d'une cornette, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence battent le pavé depuis 1979 avec un objectif : faire tomber les tabous. Partout dans le monde, ces nonnes un peu particulières "font le trottoir" pour répandre leurs paillettes, leur autodérision et leur ouverture d'esprit afin de lutter contre le sida, mais aussi et surtout pour une sexualité joyeuse et une éducation sexuelle digne de ce nom.

“Sous la très haute et très sainte bénédiction de nos saints protecteurs ; Saint-Latex, Saint-Fermidon, Saint-Gel-Aqueux, Sainte-Digue-Dentaire, Sainte-Seringue-À-Usage-Unique, prenez du plaisir à aller vers nos ouailles des bars et des rues !” Sur le trottoir de la rue des Archives, dans le Xe arrondissement de Paris, six bénévoles se font bénir avant de partir en maraude. Ce 21 octobre, la mission revient à Sœur Maria-Cullas et Novice Zora-des-Pâquerettes, ainsi qu’à Sœur Turlutecia, qui envoie des poignées de paillettes et des larges sourires. Une particularité devenue un rituel. Un samedi sur deux, les membres de l’association Solidarité Sida sont en effet accompagnés par de drôles de nonnes : les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence. Ces sœurs ont pour particularité de porter la cornette (pour les sœurs) ou le voile (pour les novices), mais accessoirisé(e) d’une tenue et d’un maquillage extraordinaires, chacune s’étant façonné un personnage selon sa personnalité –“On est comme les arcs-en-ciel, y en n’a pas deux pareil !” Le pantalon noir à pattes d’éléphant de Sœur Maria-Culass, un sexagénaire à la barbe teinte en orange et aux paupières dorées qui fait partie de l’Ordre depuis six ans, moule ses longues jambes fines. Novice Zora-des-Pâquerettes porte, elle, une minijupe bleue, assortie à sa barbe et ses yeux et, comme ses comparses, a passé environ deux heures à se maquiller. Une extravagance qui étonne, voire qui choque, au service de leurs objectifs : libérer la parole et défendre les droits LGBT. Sans aucun tabou

Voilà près de 40 ans que les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence battent le pavé pour aller à la rencontre des autres. Au départ, pourtant, l’idée ressemblait surtout à un coup de tête. Un dimanche de Pâques 1979 à San Francisco, des amis artistes décident de faire un happening pour dénoncer le machisme ambiant envers la communauté gay. L’un d’entre eux se rappelle avoir gardé dans une vieille malle des costumes de religieuse. Ils investissent alors les lieux gays emblématiques de la ville, vêtus de leurs habits de nonne. Leur première apparition est un succès. Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence sont nées. Et le couvent de San Francisco s’inscrit comme la première association à organiser une soirée au profit de la lutte contre le sida.

“Un ordre pauvre, agnostique et dérisoire de folles radicales”

Depuis, cette association militante LGBT s’est déployée dans le monde entier. Au Royaume-Uni, en Colombie, en Uruguay, au Canada, en Allemagne, mais aussi en France. Aujourd’hui, l’Hexagone compte une soixantaine de sœurs réparties dans neuf couvents non religieux à Lille, Marseille, Poitiers, Paris… Tous ont gardé l’esprit originel de San Francisco : l’écoute et l’accueil. “Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence sont un ordre pauvre, agnostique et dérisoire de folles radicales qui promulgue la joie multiverselle et expie la honte culpabilisatrice”, répètent-elles comme une chansonnette à qui veut l’entendre.

“Act Up est une très bonne école, mais depuis les années 2000, le travail de cette asso est devenu un travail de fond, de connaissance des dossiers, de lobbying, avec beaucoup de réunions pour discuter de la virgule”

SŒUR ROSE

On est en contact direct avec les gens. Ce n’est pas juste de la théorie”, explique Sœur Rose-de-la-Foi-de-ta-Mère, membre du couvent parisien depuis onze ans. Éclats de rire, phrases d’accroche, démarche assumée… Ces bonnes sœurs savent comment investir la rue et lui communiquer leur joie de vivre. Une qualité qui en fait d’ailleurs un mouvement militant LGBT singulier au regard des plus traditionnels, comme Act Up. Plusieurs sœurs sont d’ailleurs passées par l’association de lutte contre le sida. Mais toutes ont fini par opter pour un militantisme différent. “C’est une très bonne école, mais depuis les années 2000, le travail de cette asso est devenu un travail de fond, de connaissance des dossiers, de lobbying, avec beaucoup de réunions pour discuter de la virgule, se souvient Sœur Rose. Et puis, j’ai connu les sœurs, avec qui on fait passer des messages dans la rue en filant des capotes, des câlins ou juste une oreille attentive.” Sur le terrain, pas question de se presser. Quand les sœurs sortent, elles se préparent à de longues heures d’échange. Une discussion sur la contraception peut vite amener à des confessions intimes. Sœur Rose se souvient de la Marche des Fiertés à Montréal : “Une dame est venue me voir et m’a raconté toute sa vie de but en blanc, notamment qu’elle avait été violée plusieurs fois. J’étais abasourdie, je ne lui avais rien demandé.”

La proximité avec le public est essentielle. Les sœurs se méfient toujours des grandes campagnes, un peu éloignées des intéressées et “souvent contre-productives”. Sœur Rose a en tête cette fois où Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, a autorisé la prophylaxie pré-exposition, plus connue sous le nom de PrEP : “Elle l’a utilisée comme un étendard sur les plateaux télé. À l’époque, elle parlait de cette pilule comme ‘plus efficace que la capote’, se remémore t-elle. Sauf que cela a créé une fausse idée comme quoi la capote n’était plus utile, surtout chez les plus jeunes. La PrEP est un outil complémentaire à la capote qui protège du sida mais pas des autres IST et qui s’inscrit à l’intérieur d’un parcours de prévention !”

L’humour : leur plus grande arme

Avec l’expérience, leur façon d’informer a évolué. “On a un peu arrêté de se présenter comme une association de lutte contre le sida mais plutôt pour une sexualité joyeuse et de l’éducation sexuelle. Il y a quelques années, on s’est rendu compte que lorsqu’on arrivait quelque part avec les capotes, les gens avaient l’impression de tout savoir sur le sida. On ne pouvait plus entrer dans une vraie discussion”, se rappelle Sœur Rose. Désormais, ces nonnes ouvrent la discussion en “parlant de cul”. Rue des Archives, Novice Zora-des-Pâquerettes aborde un jeune homme à la barbe parfaitement taillée : “Tu veux des capotes ? Internes ou externes ?” Un côté brut de décoffrage et une autodérision à toute épreuve qui permettent de dédramatiser la situation, l’humour entrant dans leur démarche aussi via les éléments constitutifs du catholicisme, évidemment. Malgré leur critique des dogmes religieux, elles aiment se définir comme des “bonnes sœurs”. “On est les petites sœurs de ceux qui se reconnaissent dans nos valeurs. C’est notre dénominateur commun.”

Mais militer, c’est aussi savoir se confronter aux opinions des autres. “Vous êtes des femmes à barbe ?” s’interroge naïvement un senior. Rires. Mais si certaines interventions sont parfois maladroites, d’autres sont réellement mal intentionnées. Sœur Rose s’est déjà fait agresser lors d’une marche des Fiertés à Paris. Sœur Maria-Cullas devant un bar gay. Une autre encore dans la Cour carrée du Louvre. Elles ont désormais établi un principe indiscutable : aucune sœur ne part seule en maraude.

Une association sans subventions

L’association vivant sans subventions –“On peut se payer le luxe de cette indépendance”–, les sœurs récoltent des dons lors de différents événements. Solidays, Fête de l’Huma, mais aussi enterrements, mariages ou baptêmes. Des cérémonies pendant lesquelles elles peuvent “faire la kekette” pour récolter un peu de sous. “Tout l’argent que l’on ramasse part en séjour de ressourcement”. Ces temps de repos sont la spécialité des sœurs françaises. Depuis 1993, une à deux fois par an, les nonnes emmènent une quinzaine de personnes séropositives et leurs proches à la mer, à la campagne, à la montagne… L’idée ? Les sortir d’un quotidien rythmé par les rendez- vous hospitaliers. “Ce n’est pas du tout un séjour médical, on n’est pas des infirmières et encore moins des chamans !” précise Sœur Rose. Pendant quelques jours, ces bonnes fées proposent des activités à leur image : des ateliers d’écriture, du chant ou des balades. Elles sont même régulièrement formées aux massages par des kinésithérapeutes. Avec le temps, elles ont su se remettre en question et s’adapter aux évolutions de leurs combats. Avec comme rêve ultime de “ne plus avoir de raison d’être”.

TEXTE ET PHOTOS : CHLOÉ JOUDRIER

Cet article est le fruit d’un partenariat avec le CFPJ, dont douze étudiants ont traité spécialement pour Society des sujets sur les thèmes suivants : "Révolution" et "En Marge !".

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8 janvier 2018

Il faut virer le soldat Rayan - l'édito de Didier Micoine - Le Parisien

La République en marche peut-elle garder comme porte-parole Rayan Nezzar ? Certes, ce jeune professeur d’économie est sûrement brillant, et il s’est excusé quand ont été révélés les nombreux tweets envoyés lorsqu’il était étudiant à l’ENA où il traitait Alain Juppé de « fiotte », Jean-François Copé de « petite pute » ou une journaliste de « pouffiasse ». Du vocabulaire de « jeune de Montreuil », aurait tenté de minimiser Christophe Castaner, le délégué général de LREM, qui visiblement n’a aucune intention de mettre un terme aux fonctions de Nezzar. Pourtant, le nouveau porte-parole de son mouvement, tout brillant qu’il soit, vient de perdre toute sa crédibilité. A Montreuil, Brest ou Forcalquier, on n’est pas censé injurier de cette façon des personnalités. Et l’âge ne fait rien à l’affaire. Même si on n’est pas sérieux quand on a 17 ans, on ne parle pas ici d’un lycéen, mais d’un élève de l’ENA, payé par l’Etat, pour exercer ensuite des responsabilités dans la haute fonction publique. Mais pour Castaner, le respect doit être une valeur de l’ancien monde…

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Castaner sur les tweets injurieux de Ryan Nezzar : "Son vocabulaire de jeune de Montreuil le rattrape"

Par Hadrien Mathoux - Marianne

Le patron de La République en marche a regretté de voir les "propos d'étudiant" injurieux de Rayan Nezzar ressurgir sur Internet. En privé, il aurait loué le "parcours génial" de son nouveau porte-parole, déplorant que "son vocabulaire de jeune de Montreuil le rattrape".

"Pouffiasse", "fiotte", "couille molle"... Le combat politique est souvent rude, mais on n'a pas l'habitude de voir de telles insultes proférées par l'un de ses acteurs. Le tout frais porte-parole de La République en marche (LREM), Rayan Nezzar, nommé le 4 janvier dernier, est au coeur d'une désagréable polémique : le site Buzzfeed a fouillé son prolifique compte Twitter (plus de 50.000 tweets dont plus de 5.000 ont été supprimés) et y a déniché des propos peu amènes rédigés à l'encontre de plusieurs dirigeants politiques de premier plan.

Les tweets datent de 2012 et 2013, lorsque Rayan Nezzar n'était qu'un anonyme étudiant à l'ENA. Visiblement, il en avait gros sur la patate. Jean-François Copé, qualifié de "petite pute", est invité à aller "niquer sa mère" ; Alain Juppé est traité de "fiotte", Marine Le Pen de "pute". Bruno Le Maire est désigné comme un "couilles molles", tandis que Manuel Valls aurait lui "zéro couille" (on ne sait ce qui est le pire aux yeux de Rayan Nezzar). Ironiquement, ces deux derniers responsables politiques insultés sont aujourd'hui d'éminents membres de la majorité.

Face à l'opprobre médiatique, Rayan Nezzar s'est platement excusé, regrettant des "propos irréfléchis" tenus "lorsqu'il était étudiant". Mis à part le député LREM François-Michel Lambert, qui a demandé à Christophe Castaner de "revenir sur cette nomination", la majorité a choisi le silence… voire le soutien envers le nouveau porte-parole du parti.

Invitée ce dimanche 7 janvier sur Europe 1, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a plaidé l'indulgence : "Je pense que beaucoup de jeunes qui ont 18 ou 15 ans aujourd'hui, ils croient qu'ils sont dans une culture de l'immédiateté et quand ils chattent ou quand ils font un tweet, ils croient que c'est pour tout de suite et que ça n'a pas beaucoup de valeur". C'est donc la ligne du pardon qui semble être choisie, même si Rayan Nezzar avait 22 ans à l'époque de ses messages injurieux et qu'il était tout de même déjà énarque.

Les explications "off" de Christophe Castaner

Christophe Castaner, qui a choisi de nommer le jeune haut fonctionnaire au porte-parolat du parti, tient pour l'instant un silence prudent… brisé par la journaliste de RTL Pauline de Saint-Rémy, qui révèle des propos que le secrétaire d'Etat aurait tenus en privé : "C'était un propos d'étudiant pour lequel il s'est excusé." Avant d'aller plus loin : "Ce qui m'agace, c'est qu'il a un parcours génial, rare en politique, du talent, et là son vocabulaire de jeune de Montreuil le rattrape."

La destinée de Rayan Nezzar est certes peu commune en politique, puisqu'il a effectivement grandi dans une banlieue parisienne défavorisée avant d'intégrer Sciences Po, puis l'ENA, et de devenir porte-parole d'En Marche à 26 ans. Un beau symbole de méritocratie républicaine, entaché par ces insultes numériques, et immédiatement reliées à ses origines sociales par Christophe Castaner.

14 juin 2018

Albert Watson

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http://a-galerie.fr/fr/?page=1-28/exposition-artistes-contemporain-paris/albert-watson

https://www.instagram.com/albertwatsonphotography/?utm_source=ig_embed

Le calendrier Pirelli 2019 a été tourné par le photographe Albert Watson

"(Le calendrier Pirelli) est l'une des plus grandes commandes que vous pouvez obtenir en tant que photographe et donc (c'était) un grand honneur d'être demandé", a déclaré Watson à CNN dans un e-mail. "C'était beaucoup de travail et je suis très fier des résultats."

À ce stade, peu de détails ont été révélés sur le calendrier lui-même, y compris qui sera ou quel sera le thème, mais Pirelli a déclaré que le calendrier a été tourné à travers les États-Unis en avril. Dans un message promotionnel posté par Pirelli , Watson a fait allusion à sa motivation pour le projet: «Je voulais m'assurer d'aborder cette question différemment des autres photographes, en explorant les femmes avec le sens de l'enquête pour créer une situation importante pour 2019 ," 

"Si vous vous souvenez de quelque chose du calendrier de 2019, rappelez-vous qu'ils sont prêts à faire de la photographie pure, rien d'autre."

Le calendrier Pirelli a été publié pour la première fois en 1963 comme un outil promotionnel pour la compagnie de pneus italienne. Alors qu'il était initialement connu pour la titillation, au cours des dernières années, le calendrier s'est éloigné de ses racines plus raunchier. Pour 2018, le photographe britannique Tim Walker a dévoilé un calendrier entièrement noir, et pour les calendriers 2017 et 2016 respectivement, Peter Lindbergh et Annie Leibovitz ont célébré un casting étoilé de réalisations féminines et de beauté naturelle.

Le calendrier Pirelli 2019 sera dévoilé plus tard cette année.

6 janvier 2018

Face à Erdogan, Macron propose un « partenariat » plutôt que l’intégration de la Turquie à l’UE

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Par Marc Semo - Le Monde

Le président français a rencontré samedi à Paris son homologue turc, avec lequel il a également évoqué la question du respect des droits de l’homme.

Face au président turc Recep Tayyip Erdogan, venu chercher le soutien de Paris pour une relance du processus d’adhésion de son pays à l’Union européenne (UE), Emmanuel Macron a fait le choix du parler vrai. « Il est clair que les évolutions récentes et les choix de la Turquie ne permettent aucune avancée du processus engagé », a déclaré le président français lors de leur conférence de presse commune, vendredi 5 janvier.

Jamais un chef de l’Etat français n’avait aussi clairement appelé, en s’adressant directement à son homologue turc, à en finir « avec l’hypocrisie qui consiste à penser qu’une progression naturelle vers l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation est possible ».

Et de suggérer de « repenser cette relation non pas dans le cadre du processus d’intégration mais d’une coopération, d’un partenariat ». « La finalité, c’est de préserver l’ancrage de la Turquie et du peuple turc dans l’Europe et de faire en sorte que son avenir se construise en regardant l’Europe et avec l’Europe », a-t-il insisté, avouant que « l’Europe n’a pas toujours bien fait vis-à-vis de la Turquie, en laissant croire des choses possibles alors qu’elles ne l’étaient pas totalement. »

La plupart des dirigeants de l’UE, surtout depuis la dérive autoritaire qui a suivi le coup d’Etat manqué de juillet 2016, ne croient plus à la possibilité dans un proche avenir d’une adhésion pleine et entière de la Turquie comme le souhaite, au moins en parole, Ankara. En septembre 2017, la chancelière allemande, Angela Merkel, alors en campagne électorale, avait même déclaré lors d’un débat télévisé être favorable à l’arrêt des négociations. Les autorités françaises, si l’on excepte le quinquennat de Nicolas Sarkozy, étaient quant à elles toujours restées plus floues.

Isolement diplomatique d’Ankara

Avec ce pays qu’il juge un partenaire stratégique essentiel, le président français suggère « un dialogue apaisé qui tiendrait compte des réalités d’aujourd’hui ». C’est vague et très loin des attentes de l’homme fort d’Ankara, qui comptait sur celui qu’il appelle son « ami » Emmanuel Macron pour renouer avec l’Europe et sortir de son isolement diplomatique.

Avec son habituel parler cru, Recep Tayyip Erdogan n’a pas caché son irritation. « Les premiers pas du processus d’adhésion datent de 1963 et cela fait donc maintenant cinquante-quatre ans que la Turquie attend dans l’antichambre de l’UE. Aucun autre pays n’a été traité de la sorte », a-t-il martelé, affirmant : « Cela nous a fatigués » et « cela nous pousse à prendre des décisions : on ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE ». Le leader de l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie depuis 2002, brandit régulièrement depuis deux ans la menace d’un référendum sur l’adhésion à l’UE.

Emmanuel Macron a tenu son engagement d’évoquer lors de leurs entretiens les atteintes aux droits de l’homme et un certain nombre de cas concrets de dirigeants d’ONG, de journalistes, ainsi que celui du mécène et figure de proue de la société civile Osman Kavala. « L’Etat de droit ne se divise pas. (…) Une opinion, si elle n’est pas une invitation au crime ou à des thèses terroristes, c’est une opinion et elle doit pouvoir s’exprimer librement », a expliqué le président français, appelant aussi Ankara à préserver son ancrage dans la Convention européenne des droits de l’homme.

Un pas vers une relance de la coopération militaire

M. Erdogan a rétorqué en évoquant les nécessités de la lutte contre le terrorisme. « Il ne se crée pas tout seul, il y a des jardiniers du terrorisme, hommes de pensée et d’idées qui, dans leurs écrits, apportent de l’eau au moulin du terrorisme », a-t-il lancé avant de s’en prendre, quelques minutes plus tard, à un journaliste de l’émission « Envoyé spécial » qui lui posait une question sur des soupçons de livraisons d’armes à des groupes djihadistes par Ankara en 2014.

Une grande partie des entretiens a porté sur les crises régionales, et notamment sur la question syrienne. Emmanuel Macron a évoqué une « communauté de vues et d’intérêts stratégiques » afin de construire la paix avec la dimension « la plus inclusive possible ».

Très symboliquement, juste avant le début de la conférence de presse, a été aussi signé le contrat pour l’étude d’un système de défense aérienne et de missiles mené en commun par la société franco-italienne Eurosam et les sociétés turques Aselsan et Roketsan. C’est un pas vers une relance de la coopération militaire avec les Occidentaux après qu’Ankara a signé un contrat avec la Russie pour des missiles sol-air S 400 qui suscite l’inquiétude de ses partenaires de l’OTAN.

5 janvier 2018

Erdogan à Paris

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Les Femen manifestent seins nus devant l'Elysée contre la venue d'Erdogan à Paris (photos

Alors que le président turc Erdogan étit attendu à la mi-journée à Paris pour un repas avec Emmanuel Macron, les Femen se sont invitées devant l’Elysée. Elles protestaient contre la venue de l’homme des répressions à Istanbul.

La rencontre entre les deux chefs d’Etat est loin de faire l’unanimité en France. Diverses personnalités ont manifesté leur mécontentement de voir venir à Paris le président Erdogan qui a fait arrêter des milliers de personnes soupçonnées d’avoir, de près ou de loin, soutenu le putsch de 2016.

Les Femen aussi ont protesté. A leur manière ; seins nus avec des slogans à même la peau. On pouvait notamment y lire : Erdogan’s cannibal lunch. Au menu : tartare de femmes. Emincés de Kurdes. Journalistes cuits à l’étouffée.

Les jeunes femmes ont été embarquées manu militari.

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1 novembre 2015

Alber Elbaz quitte la maison Lanvin

Ses créations sont reconnaissables entre mille. Alber Elbaz a associé son génie créatif à l’histoire de la maison Lanvin dans une valse parfaite. Mais après 14 années de collaboration aussi fructueuses qu’électriques parfois, le styliste et la griffe française ont choisi de se séparer. C’est le prestigieux Women’s Wear Daily qui annonce aujourd’hui cette information et précise qu’un communiqué officiel est attendu dans les prochains jours.

Le départ d’Alber Elbaz, 54 ans, aurait été en partie motivé par de nombreux désaccords entre le styliste et la propriétaire chinoise de Lanvin, Shaw-Lan Wang. En devenant propriétaire majoritaire de la griffe, c’est pourtant elle qui au début des années 2000 a recruté Alber Elbaz. Le créateur d’origine israélienne aurait déjà fait ses cartons suite à cette décision et ses équipes seraient au courant de cette nouvelle depuis ce mercredi.

Alber Elbaz quitte Lanvin quelques jours seulement après l’annonce du départ de Raf Simons de la maison Dior. Si le créateur belge a fait savoir qu’il souhaitait désormais se consacrer à des projets plus personnels, comme sa propre marque, son homologue n’a, lui, pas fait de commentaire sur son avenir. Certains le voient donc d’ores et déjà en poste de remplaçant de luxe chez Dior. Le mercato de la mode ne fait que commencer!

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1 janvier 2018

Kim Jong-un oscille entre menace et ouverture lors de ses vœux du Nouvel An

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a averti Washington lundi qu'il avait le "bouton nucléaire" à sa portée, mais dans le même temps a tendu la main à Séoul lors de ses voeux du Nouvel An.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a promis lundi de produire en masse têtes nucléaires et missiles balistiques, dans un message du Nouvel An qui témoigne de sa détermination à réaliser ses ambitions militaires envers et contre tout. Pyongyang a considérablement intensifié ses efforts au cours de l'année écoulée pour dérouler ses programmes nucléaire et balistique interdits malgré de multiples sanctions de l'ONU et la rhétorique de plus en plus belliqueuse émanant de Washington.

Kim Jong-un a présidé en septembre au sixième test nucléaire nord-coréen, le plus puissant à ce jour. "Nous devons produire en masse des têtes nucléaires et des missiles et accélérer leur déploiement", a déclaré Kim Jong-un dans son adresse annuelle à la nation. Il a répété que le Nord avait atteint son but, accéder au statut d'Etat nucléaire, et souligné que ses programmes d'armement étaient de nature défensive. "Nous devons toujours nous tenir prêts à mener des contre-attaques nucléaires immédiates contre les projets ennemis de guerre nucléaire", a-t-il martelé.

"Le bouton nucléaire est toujours sur mon bureau", a menacé Kim Jong-un

La Corée du Nord "peut affronter n'importe quelle menace nucléaire des Etats-Unis, elle dispose d'une (force de) dissuasion forte qui est capable d'empêcher les Etats-Unis de jouer avec le feu", a lancé Kim Jong-Un "Le bouton nucléaire est toujours sur mon bureau. Les Etats-Unis doivent prendre conscience que ce n'est pas du chantage mais la réalité", a-t-il averti.

Dans le même temps, le numéro un nord-coréen a donné lundi le premier signe que son pays pourrait participer le mois prochain aux jeux Olympiques d'hiver en Corée du Sud, en dépit des tensions suscitées par ses ambitions nucléaires. "J'espère sincèrement que les jeux Olympiques d'hiver de Pyeongchang seront menés avec succès", a dit Kim Jong-un dans son message de Nouvel An à la nation nord-coréenne. "Nous sommes disposés à prendre les mesures nécessaires, y compris à envoyer notre délégation" à Pyeongchang, a-t-il poursuivi. "A cette fin, les autorités du Nord et du Sud pourraient se retrouver dans un avenir proche".

La Corée du Nord avait boycotté les jeux d'été de Séoul 1988

Séoul comme les organisateurs espèrent que le Nord participera à ce qu'ils présentent comme les "Olympiades de la paix". Les principaux événements de la compétition se tiendront à tout juste 80 kilomètres de la zone frontalière qui sépare les deux Corées. Les tensions sont à des sommets ces derniers mois à cause de la multiplication des tirs de missiles et des essais nucléaires nord-coréens.

Kim Jong-un a toutefois lancé une mise en garde, prévenant que la situation tendue sur la péninsule pouvait représenter une menace pour l'événement. "Les fortes tensions militaires entre le Nord et le Sud doivent s'apaiser et une atmosphère pacifique doit prévaloir. Tant que nous serons dans une situation instable qui n'est ni la guerre ni la paix, le Nord et le Sud ne peuvent garantir le succès de leurs événements programmés, y compris des JO, s'asseoir pour parler ou avancer vers la réunification", a-t-il déclaré.

La participation ou la non participation de Pyongyang aux compétitions sportives organisées au Sud a toujours été tributaire de la situation politique et militaire sur la péninsule. La Corée du Nord avait boycotté les jeux d'été de Séoul 1988. Mais elle avait envoyé ses athlètes aux jeux asiatiques de 2014 à Incheon, près de Séoul.

1 novembre 2015

Hommage à Pasolini au théâtre du Rond-Point

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Il y a quarante ans, le poète italien était assassiné près de Rome. Une soirée spéciale lui rend hommage le 2 novembre à Paris.

PAR CLAUDE ARNAUD

Dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, Pier Paolo Pasolini est retrouvé mort, assassiné, sur la plage d'Ostie près de Rome, à l'âge de 53 ans. Quarante ans ont passé, son œuvre ne cesse d'être republiée et traduite, commentée et enseignée, ses films font l'objet d'innombrables rétrospectives et festivals, son théâtre est partout joué.

Une soirée lui rend hommage, au théâtre du Rond-Point de Paris, ce 2 novembre à 20 heures. Alfredo Arias, Adriana Asti, Claudia Cardinale, Michel Fau, Anouk Grinberg, François Fabian, Antonio Interlandi, François Marthouret, Arnaud Meunier, Stanislas Nordey, Alexie Ribes liront de ses textes avec au piano Mathieu El Fassi.

Pasolini, nous sommes tous en danger ! soirée orchestrée par René de Ceccatty, Ernest Pignon-Ernest et Jean-Michel Ribes.

Voir mes précédents billets sur Pasolini :

Pasolini Roma actuellement à la...       16/11/2013

Pasolini à la Cinémathèque     25/10/2013

"L'affaire Pasolini" -...  21/10/2013

Pour y accéder (après avoir noté les différentes dates) voir l'historique en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/index.html 

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30 décembre 2017

Avec Macron, la com coule à flot pendant les fêtes

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Delahousse et Macron en «interview-balade» à l’Elysée, le 17 décembre. Photo AFP

Conversation avec Hanouna en direct sur C8 pour son anniversaire, interview complaisante avec «Konbini» à Niamey, réaction sur le contrôle accru des chômeurs depuis ses vacances au ski… Alors qu’il avait théorisé, avant et après son élection, une parole rare et digne, le chef de l’Etat a multiplié les interventions anecdotiques ces derniers jours.

 Avec Macron, la com coule à flot pendant les fêtes

Parler peu, parler juste, parler d’en haut : posée avant même l’élection d’Emmanuel Macron, cette triple règle devait régir la communication présidentielle. Et la distinguer des bavardages hollandais, odieux à l’ex-ministre et à ses proches. Parler peu, pour ne pas devenir banal ; parler des choses importantes, pour ne pas être trivial ; parler dignement, pour maintenir l’éclat de la fonction. Sept mois après le début du quinquennat, la presse commençait à prendre la mesure de cet engagement, les coulisses du pouvoir se révélant moins accueillantes à ses chroniqueurs - donc moins transparentes pour le public. Mais à la veille des premiers vœux du nouveau président, quelque chose aurait-il changé ?

Le 17 décembre, Macron donnait à France 2, et à Laurent Delahousse, un entretien déambulatoire dans les salons de l’Elysée. Le 20, on l’entendait répondre en direct à un appel de Cyril Hanouna, l’animateur de Touche pas à mon poste sur C8. Le 24, on cliquait sur l’interview vidéo offerte au site d’info-divertissement Konbini. Le 27, sortait un long entretien accordé au quotidien espagnol El Mundo, qui a fait du Français son «homme de l’année». Le même jour, surpris par LCI dans les rues de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), le vacancier Macron défend face caméra un renforcement du contrôle des chômeurs. Ce samedi, il signera, sous l’œil des caméras, trois lois récemment votées, et notamment la loi de finance 2018. Le 31, enfin, il sacrifiera à la traditionnelle allocution de fin d’année, selon un format dont son équipe garde encore le secret. Un programme aussi chargé que la table du réveillon ; un savant dosage de «vieux» et de «nouveaux» médias : d’abord partisan d’une rareté cultivée, le chef de l’Etat semble converti à l’opportunisme médiatique.

Papotage courtois

Et ce refus revendiqué de l’anecdote, que devient-il ? La promenade du 17, avec l’aimable Delahousse, mêlait aux sujets régaliens un papotage courtois sur le sommeil du Président et le mobilier du palais. Pour Konbini, Macron n’a pas flanché face à d’aussi décisives questions que : «Votre bonne résolution pour 2018 ?» ou «Le moment le plus fort de votre année ?» Quant au coup de fil de Cyril Hanouna, l’objet en est tout simplement l’anniversaire présidentiel : «Ma Marilyn à moi, c’est Brigitte», confie, via haut-parleurs, le quasi-quadragénaire, sous les rires et les applaudissements d’un public entraîné par les chauffeurs de salle. De ces péripéties, la verticalité présidentielle sort boiteuse : imagine-t-on le général de Gaulle… ?

Ces écarts à la stratégie initiale ne bouleversent heureusement ni le confort ni les intérêts du chef de l’Etat. «La jeunesse vous suit et vous écoute», a conclu Macron à l’attention de Hanouna, donnant la clé d’une opération planifiée, selon le Canard enchaîné, par le conseiller présidentiel Ismaël Emelien. Trois jours plus tôt, l’interview à France 2 s’inscrivait dans un format coproduit par la chaîne et l’Elysée - d’ailleurs chamboulé au dernier moment pour en faire passer la durée de dix à quarante minutes. Il faut croire que le maître des lieux n’y voyait pas grand risque… Quant à la séquence LCI, rien n’obligeait le Président à répondre aux questions sur le contrôle des chômeurs. Sauf l’imperdable occasion de rappeler qu’il tient, lui, ses promesses. Un trait devenu, selon les sondeurs, son principal actif auprès de l’opinion. Pourquoi se priver ?

Rien de cela n’implique pour autant que Macron ait changé de sentiments vis-à-vis des journalistes. Paradoxe : l’ex-«candidat des médias», ou réputé tel, a régulièrement critiqué le narcissisme et la mesquinerie de ces derniers. Intervenir dans des émissions de divertissement, ou privilégier les réseaux sociaux, reste une manière de court-circuiter les circuits traditionnels. Mais les tares de l’ancien monde médiatique ne semblent plus être un obstacle à son utilisation raisonnée par l’Elysée.

«On a tous commis une erreur en parlant de rareté, juge Alexis Lévrier, historien des médias (1). Même chez Jacques Pilhan, ce conseiller de Mitterrand et Chirac qui avait théorisé la chose, il s’agit moins d’être rare que d’imposer soi-même le tempo : la parole peut être réduite ou abondante selon le moment, l’important est que ce soit vous qui en décidiez. Ces derniers temps, chez Macron, la parole n’est spontanée et horizontale qu’en apparence. Ses interventions, parfaitement maîtrisées par l’Elysée, reflètent en réalité une vassalisation des médias. Le Président devrait d’ailleurs se méfier : ce genre de mises en scène le rapproche de Valéry Giscard d’Estaing. Ce sont des images qui peuvent jaunir vite.»

Déférence

Pour l’heure, ce changement de style ne nuit pas à un Macron en plein rebond sondagier. Il entraîne en revanche certains remous parmi les médias eux-mêmes. Sur les derniers entretiens présidentiels, deux, celui de France 2 et celui de Konbini, ont été très critiqués pour leur déférence envers le chef de l’Etat. D’autant que le premier impliquait le service public, objet de sévères critiques de la part de l’exécutif, et que le second a été réalisé par une ancienne communicante socialiste. Comme l’a révélé Arrêt sur images, celle-ci cumule désormais les postes de rédactrice en chef et de directrice de la communication. De quoi relativiser l’écart entre «vieux médias» conformistes et «nouvelle garde» impertinente…

C’est plus discrètement, enfin, qu’est parue, cette semaine, une autre curiosité : ce portrait du Premier ministre, Edouard Philippe, dans l’Obs confié à… Gilles Boyer, ami et conseiller politique de celui-ci. Idée «périlleuse», admet l’hebdo. Il est vrai que l’auteur s’y livre - comment résister ? - à un long panégyrique de son employeur. «Le pouvoir cherche à imposer un rapport de forces aux médias, et il faut dire qu’il y parvient admirablement pour le moment, conclut Alexis Lévrier. C’est à la presse elle-même de ne pas accepter ce rapport de domination.» Source : LIBERATION

(1)   Auteur de le Contact et la Distance, éd. Les Petits Matins, 192 pp., 16 €.

6 novembre 2015

Monica Bellucci pose pour LUI et elle aime ça...

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Pour les besoins de la sortie de son nouveau numéro, le magazine Lui s'est offert Monica Bellucci pour sa couverture. La nouvelle James Bond Girl se dévoile ultra sexy en robe moulante noire en dentelle.

On le sait, le magazine Lui a l'habitude de s'offrir les stars les plus prestigieuses pour ses couvertures toujours très provocantes. Cette fois-ci, la publication a profité de la sortie prochaine du nouveau volet de la saga James Bond, Spectre, afin de s'offrir la très belle Monica Bellucci pour sa couverture.

Tout récemment, Monica Bellucci assurait qu'elle n'avait aucun complexe concernant son âge et qu'elle se sentait très bien dans son corps et dans sa tête. "J'ai passé beaucoup de temps avec des personnes âgées, surtout des femmes, donc je n'ai pas peur de vieillir. C'est ce que nous avons à l'intérieur qui nous rend belles de l'extérieur" a lâché celle qui assume totalement d'être la première "femme mûre" ayant réussi à séduire l'agent 007 au micro du Daily Mail. Dans les colonnes du magazine Paris Match, Monica Bellucci expliquait que les femmes de 50 ans restaient tout à fait "désirables". "On écoute ce qu'elle dit et son image reste une référence. Quand je vois des actrices comme Catherine Deneuve et Isabelle Hupert qui, à leur âge, sont au sommet de leur art, ça me donne des ailes !".

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