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Jours tranquilles à Paris
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12 juin 2015

L’hommage de François Hollande aux pendus de Tulle

Le chef de l’État a rendu un hommage rituel, aux « 99 pendus de Tulle » exécutés par la division SS Das Reich le 9 juin 1944. « Il n’y a aucun événement qui pourrait m’empêcher de venir », a souligné François Hollande, qui n’a jamais manqué une commémoration de ce massacre depuis 1987 et ses premiers pas politiques en Corrèze, son fief électoral. « Il ne s’agit pas seulement d’être fidèle à un engagement que j’avais pris, il s’agit aussi d’envoyer un message », a-t-il insisté, soulignant qu’il « y a encore aujourd’hui une barbarie, des massacres horribles qui frappent des populations » comme en Syrie, en Irak et en Afrique. « Il faut avoir le souvenir des engrenages du passé pour être capable de prévenir les drames d’aujourd’hui et de demain. »

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10 juin 2015

Miley Cyrus pour une couverture 100% cochonne.

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La star de la provocation made in Disney s'offre une nouvelle couverture sulfureuse. Fière de se dénuder pour le magazine «Paper», Miley Cyrus compte bien suivre les pas de son amie Kim Kardashian en provoquant le buzz.

«Paper» dévoile fièrement sa nouvelle couverture osée. Sept mois après Kim Kardashian, qui avait souhaité se montrer entièrement nue - de pile comme de face - dans les pages du magazine américain, c'est au tour de Miley Cyrus de prendre la relève. Pour l'édition d'été, disponible en kiosque dès le 22 juin prochain, les éditeurs ont en effet décidé de donner la parole à la chanteuse de 22 ans, désormais connue du monde entier pour ses nombreuses provocations calculées.

À cette occasion, l'ex-petite amie de Patrick Schwarzenegger prend la pose dans le plus simple appareil. Accompagnée de son fidèle cochon, Bubba Sue, l'ancienne vedette de l'écurie Disney dégaine son plus beau sourire devant l'objectif de la photographe Paola Kudacki, dans un décor entièrement imaginé par la directrice de création Diane Martel. Féru de teasing, le journal promet des clichés «absolument dingues» de la jeune femme ainsi que des révélations et des anecdotes inédites sur ses projets et sa vie privée.

11 juin 2015

Raif Badawi

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"Je suis originaire de Djizan. un petit village du Sud brûlant saoudien. J'ai eu une enfance heureuse, avec sept frères et trois sœurs. Mes parents étaient très conservateurs, mais nous nous entendions bien. Jusqu'à ce que je rencontre Raif. Je me souviens... c'était par téléphone. Raif a passé un coup de fil chez moi par erreur, et nous avons commencé à parler. Un véritable coup de foudre ! Un mois après, il me demade en mariage.

Eperdument amoureuse je suis obligée de prendre mes distances avec ma famille. Mon père n'accepte pas Raif et cet amour si soudain. Qu'importe. Avec mon nouvel époux, écrivain aux idées  progressistes, nous nous créons notre paradis Je donne naissance à nos trois enfants : deux filles et un garçon. En 2006, Raif crée son blog au nom de la liberté d'expression et des droits de l'homme. Notre vie devient alors un cauchemar. Dès 2008, Raif est sous le coup d'une fatwa pour apostasie. On doit déménager, se cacher... Nous tentons de quitter le pays, mais nos comptes sont gelé& Un an plus tard, parce qu'un fils en Arabie Saoudite,  quel que soit son âge, doit une obéissance totale à son père, Mon beau-père fait ordonner à Raif, devant un tribunal, de stopper ses activités. Nous sommes des lors surveillés : Raif ne peut plus travailler ni sortir du territoire... Pour nous protéger je pars en Egypte, puis au Liban avec nos enfants. Quand le père de Raif tente de me les prendre, nous filons au Canada, le 31 octobre 2013. Derrière moi, je laisse Raif en enfer. On s'appelle plusieurs fois par jour. Un matin de 2012, un homme me répond : « Qu'est-ce que vous voulez ? » Je comprends très vite que Raif est en prison. Dévastée, trois jours plus tard, je parle à mon man. On tente d'organiser sa défense. En vain ! Ilest condamné le 7 mai 2014 pour «insulte envers l'islam». Il sera flagellé cinquante fois le 9 janvier 2015, sur la place de la masquée de Djedda, devant une centaine de personnes. Depuis, il est en attente d'un nouveau jugement dans une cellule sordide. Je ne perds pas espoir, C'est mon combat. Ma raison de vivre."

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8 juin 2015

Lourde peine confirmée pour le blogueur saoudien

La Cour suprême d’Arabie saoudite a confirmé, hier, les lourdes peines prononcées contre le blogueur libéral Raif Badawi (photo) .Les peines de dix ans d’emprisonnement, dix ans d’interdiction de sortie du royaume et de 1 000 coups de fouets sont désormais « irrévocables », selon sa femme, Ensaf Haidar, qui est réfugiée au Canada avec leurs enfants. Accusé d’avoir porté atteinte à l’islam et désobéi à son père, Raif Badawi, emprisonné en 2012, avait été condamné en novembre 2014. Il avait subi, en janvier, une première séance de flagellation de 50 coups de fouet en public. Le dernier espoir de ses proches est une grâce du nouveau roi Salmane à l’occasion du mois de Ramadan, qui débute le 17 juin.

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8 juin 2015

Anish Kapoor

Anish Kapoor bouscule l’ordre de Versailles…

… et c’est ce que Versailles demande, en invitant régulièrement des artistes contemporains prestigieux à investir ses salles et son parc, avec des installations monumentales. L’Américain Jeff Koons a ouvert la voie, en 2008, en y installant ses fantaisies gonflables. Le Britannique Anish Kapoor a carte blanche cette année, à partir de demain. Comme Koons, Kapoor, né il y a 61 ans à Bombay, formé aux BeauxArts de Londres, règne, chez lui, sur un atelier d’une vingtaine d’assistants. Comme Koons, c’est un spécialiste des œuvres géantes. Il y a quatre ans, son Leviathan , gigantesque matrice gonflable en PVC rouge, installée sous la nef du Grand Palais, a attiré 277 000 visiteurs en un mois et demi, dans le cadre de Monumenta. À la différence de Koons, cet obsédé de la couleur, de la matière organique, ne fait pas mystère de ses intentions quand il expose ses œuvres. À travers elles, il propose des expériences sensorielles au spectateur. Plusieurs des six installations conçues pour Versailles« invitent le chaos » au milieu de la rigueur classique et sont« très sexuelles » , reconnaît-il. Exemple : « Tirer dans les coins ». Posé dans la Salle du jeu de Paume, un canon, objet« éminemment phallique » , semble avoir éclaboussé tout un angle de boulets de cire rouge sang. Une façon, spécifie l’artiste, d’« interroger la violence de notre société contemporaine, dans un lieu très masculin où ont été prononcés les mots Liberté, Égalité, Fraternité ».

« Le vagin de la reine »

Plus loin, sur la pelouse de Le Nôtre, est posée une sorte de trompe format XXL, entourée de terre et de blocs de pierres parfois peints en rouge, encore. « Dirty Corner » évoque pour son auteur« une femme d’une autre civilisation » ou «Le vagin de la reine ». Bien vu pour déchaîner les détracteurs habituels de l’art contemporain. Sur les réseaux sociaux, ils se lâchent sur le thème de l’outrage à Marie-Antoinette et de la profanation d’un parc qui en a pourtant vu d’autres. Ce n’est un secret pour personne : on se lutinait beaucoup dans les bosquets, sous le règne du roi Soleil. À défaut d’une monumentale révolution artistique, le buzz est en marche. Dans l’intérêt de tous… À commencer par Versailles. La polémique, c’est entendu depuis l’expérience Jeff Koons, attire la foule dans les jardins tirés au cordeau. Article de Pascale VERGEREAU.

Jusqu’au 1 novembre. Château de Versailles

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"Le vagin de la reine" d'Anish Kappor à Versailles : oeuvre sexuelle ? Surtout politique...

 

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8 juin 2015

Blogueuses : Betty Autier dans la prochaine campagne Naf Naf

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Nous nous étions déjà demandé si les blogueuses étaient les mannequins de demain. Betty Autier, elle n'est pas nouvelle en la matière. Elle avait déjà posé pour la couverture du magazine Paulette, est représentée par IMG Models, l'agence, entre autres, de Kate Moss ou encore Gisele Bündchen. Récemment, elle a également posé pour Nike x Liberty. Pour Naf Naf, elle s'est encore une fois prêtée au jeu. On la voit posant dans une baignoire en pull crème tout doux, ou tenant le bébé cochon dans une robe sombre, le tout accompagné d'Éléonore Toulin et de Zoe Le Ber dans un magnifique appartement parisien. Si nous avons un petit aperçu de la campagne grâce aux diverses photos postées sur le compte Instagram de Naf Naf, le reste du shooting ne nous est pour le moment pas encore dévoilé. Mais on ne doute pas du talent de Betty Autier, qui a déjà l'habitude d'être photographiée régulièrement grâce à son blog. On parie que ce ne sera pas la dernière campagne du Blog de Betty.

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7 juin 2015

La Demeure du Chaos... bientôt sur ARTE

"Travail de dingue par ARTE qui prépare 2 docu. sur La Demeure du Chaos - The Abode of Chaos. Arte France/Allemagne avec son célèbre réal Thierry Berrot http://television.telerama.fr/…/thierry-berrod-l-incroyable…

ont posés des boites blindées (voir photo post ci dessous ) qui prennent depuis 11 mois 24h/24h 1 photo toutes les 3mn dans les endroits les plus ouf de la Demeure du Chaos avec les 4 saisons dans les box blindées et alimentées sous batterie de camions (120 Ah). Cela produit des dizaines de milliers de photos pour générer du time-lapse, qui est un effet d’ultra accéléré, réalisé image par image, technique caractéristique de l’animation, mais aussi technique de base de la photographie.Idem coté Drone où l’impossible devient avec l’équipe de tournage et Thierry du champ des possibles.

thierry E. La diffusion est pour bientôt"

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6 juin 2015

Festival Photo de La Gacilly

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L'édition 2015 du Festival Photo est lancée !

Cette année, nous développons un Festival autour de la photographie Italienne et du thème "Nourrir la Planète" à l'occasion de l' Expo 2015 Milano.

Un grand merci à tous les photographes et partenaires qui ont rendu cette nouvelle édition possible. Pour découvrir l'ensemble de la programmation : http://www.festivalphoto-lagacilly.com/

The Festival is Open !

This year, we're focusing on Italian Photography and "Feeding the planet" for the 2015 Expo Milano.

Thank you to all partners and photographers who made this edition possible. To discover our line-up : http://www.festivalphoto-lagacilly.com/en/l-edition-2014/

2 juin 2015

Sainte-Mère-Église. De nouvelles voiles pour le para du clocher

Grâce à l’armée américaine, le para emblématique du clocher de Sainte-Mère-Église dispose de nouvelles voiles pour 4 ans minimum.

Peut-on imaginer le héros du film Le Jour le plus long sans son parachute au clocher de Sainte-Mère-Église (Manche) ? L’impensable a pu être évité. Grâce à l’ancien colonel de l’armée américaine, David Mac Neil, ami fidèle de la petite commune du Cotentin, depuis plus de trente ans. Il a remis ce lundi matin, quatre parachutes à la commune.

Changement des voiles tous les six mois

En janvier, le maire Jean Quétier, dépanné l’an dernier par l’armée française, avait lancé un SOS à l’armée américaine. En désespoir de cause. Depuis quelques années, il devient de plus en plus difficile pour la commune de se procurer les fameuses voiles rondes et blanches, qui ont inondé le ciel du Cotentin dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. La commune change la moitié de la voile de son mannequin symbolisant John Steele, sur le clocher, tous les six mois.

 

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25 décembre 2013

Le Pape demande l'accès pour l'aide humanitaire en Syrie dans sa bénédiction "urbi et orbi"

Il y a "trop de vies brisées" en Syrie. Dans sa bénédiction urbi et orbi ("à la ville et au monde"), le pape François a demandé, mercredi 25 décembre, l'accès pour l'aide humanitaire dans le pays. Dénonçant le fléau des enfants soldats "volés de leur enfance", il a également demandé l'arrêt des violences en Centrafrique et au Soudan du Sud.

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26 décembre 2013

"Adult", le nouveau magazine érotique intelligent

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Lancé fin octobre, le magazine Adult, qui publiera trois éditions par an, porte bien son nom ! Interdit aux mineurs, chic, érotique, habilement illustré de belles photos ainsi que de longs articles, la revue Adult se destine aux deux sexes, pour une meilleure entente autour de l'érotisme et du porno. Fondé par la très jeune (26 ans) et très sexy Sarah Nicole Prickett, le premier numéro d'Adult sorti fin octobre livre ainsi des articles qui fusionnent littérature et érotisme, avec une série de photos de mannequins qui se masturbent, le journal intime d’une transsexuelle en évolution hormonale, une recette d'omelette aux huîtres… Prickett a voulu s'inspirer des désirs et des secrets des jeunes filles adolescentes, et leur vie privée, sans cesse remise en question par Google, la NSA ou plus globalement l'ère internet, que la jeune rédactrice en chef connaît bien - elle qui a écrit des essais sur la photo selfie ou encore le sexto. Quant au public à qui la revue est destinée, la créatrice a confié à Dazed Digital : " Je veux un magazine qui soit fait pour tout le monde, mais dont on sent qu’il a été créé par une femme (...). " Loin d'avoir envie aussi de définir la sexualité selon son genre, celle qui ne croit pas "au porno pour femme" livre ainsi un support érotique bouillant et intelligent qui mêle la photographie, le roman graphique, le récit littéraire et le reportage journalistique. On adore ! Vous pouvez commander le magazine Adult (pour environ 20 dollars) et le 6 janvier une version en ligne sera accessible, avec un contenu mis à jour quotidiennement --> http://adult-mag.com

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20 décembre 2013

FEMEN

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"FEMEN poursuit aujourd’hui à l'Église de la Madeleine son relais international en opposition aux campagnes anti-avortement menées par le lobby catholique à travers le Monde. Fermeture des centres IVG, culpabilisation, pression de la secte Catholique: même en France pratiquer une IVG relève du chemin de croix
Sur l'autel de l'église, la Sainte Mère Eglise a avorté publiquement de l’embryon de Jésus, avec sur sa virginale poitrine, l’inscription « 344e salope ». 42 ans après le manifeste initié par Simone de Beauvoir, FEMEN exige du Monde moderne qu’il se défasse définitivement des idées moyenâgeuses de l’Eglise, et interdise formellement toute intrusion des traditions religieuses dans les Lois d’Etat.
L’actuelle déferlante de projets de lois anti-femmes criminalisant l’avortement, du Texas à l'Espagne, est une insulte à la modernité et une nouvelle atteinte à la liberté des femmes.
FEMEN se battra dans sa chair pour empêcher le patriarcat de contrôler le corps des femmes sous couvert de valeurs religieuses.
Aucune croix, aucun livre, aucun sermon, ne peut ordonner aux femmes le sacrifice de leur liberté. Aucun taré en robe blanche ne mettra son nez dans nos vagins.
Noël est annulé ! Jésus est avorté !
Le relais topless de FEMEN continue, de lieu saint en lieu saint… Quelle sera notre prochaine destination ? Dieu seul le sait...
En tout cas, cette année, à Noël, on ne leur fera pas de cadeau! "

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28 décembre 2018

« L’Homme fidèle », variation espiègle sur le triangle amoureux - vu aujourd'hui

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L’acteur et réalisateur, Louis Garrel, met en scène un homme tiraillé entre deux femmes dans cette comédie légère et plein d’humour à l’esprit très Nouvelle Vague.

Coécrit avec Jean-Claude Carrière, ce film délicat met en valeur la magnifique maturité artistique de son actrice principale, Laetitia Casta.

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Abel (Louis Garrel) se trouve pris tel une marionnette dans le jeu de deux femmes.

L’Homme fidèle de Louis Garrel - film français, 1 h 14

Il y a des films dont on sait qu’on va immédiatement les aimer. Question de rythme, de ton, d’atmosphère. C’est le cas de cet Homme fidèle, joli cadeau de Noël, dont la séquence d’ouverture est à elle seule un vrai petit bijou. On suit Abel (Louis Garrel) rentrer chez lui dans un bel appartement parisien haussmannien où, comme il nous l’explique en voix off, il vit en couple depuis trois ans avec la belle Marianne (Laetitia Casta).

À l’intérieur, sa compagne l’attend avec une triple nouvelle. Elle est enceinte, pas de lui mais de son meilleur ami, Paul, avec lequel elle a une liaison. Le mariage est déjà prévu (« C’est mieux pour le bébé, tu ne trouves pas ? »), et d’ailleurs, il est invité si jamais l’envie lui en prenait. De la réaction d’Abel, qui repart immédiatement ses sacs sous le bras, on n’entendra que le bruit d’un corps qui tombe dans les escaliers, une fois la porte refermée.

Une comédie pétillante et drôle

Cette formidable entrée en matière, qui doit beaucoup à la science et l’expérience de son coscénariste, Jean-Claude Carrière, annonce d’emblée ce que sera le film : une comédie pétillante et drôle, nouvelle variation pleine d’espièglerie autour de la figure du triangle amoureux, dont l’idée a été lointainement inspirée à Louis Garrel par La seconde surprise de l’amour de Marivaux.

"Les deux amis", fable grave et burlesque

La veuve ici, c’est Marianne que l’on retrouve dix ans plus tard lors des obsèques de son mari, Paul. Abel est présent bien sûr, et tout disposé à consoler et reconquérir cette femme qu’il n’a jamais cessé d’aimer. Deux obstacles vont pourtant se dresser sur son chemin. D’abord Joseph (Joseph Engel), l’enfant que Marianne a eu de Paul, qui n’aime pas Abel et lui laisse entendre que sa mère aurait tué son père. Ensuite Ève (Lily-Rose Depp), la sœur du défunt Paul, entichée d’Abel depuis l’adolescence et bien déterminée à assouvir son fantasme et à l’arracher aux bras de Marianne.

S’ensuit un chassé-croisé amoureux dans lequel Abel apparaît comme une simple marionnette, transportant en permanence ses affaires d’un endroit à l’autre, aux mains de ces deux femmes puissantes. Mais à ce petit jeu de la manipulation perverse, c’est l’aînée, Marianne, qui s’avère la plus diabolique et la plus déterminée. Incarnée par une Laetitia Casta, éblouissante de naturel, elle apparaît dans toute l’assurance de sa maturité et de son expérience de l’amour, acceptant de faire semblant de tout perdre pour mieux au final remporter la mise.

Un univers à mi-chemin entre Truffaut et Woody Allen

Après Les Deux amis (2015) – déjà l’histoire d’un triangle amoureux – l’acteur Louis Garrel parvient avec L’Homme fidèle, à construire un univers particulier, à mi-chemin entre François Truffaut et Woody Allen. De la nouvelle vague dont il est l’un des rejetons, il emprunte volontairement certains codes : la voix off, le décor des rues de Paris, l’économie de moyens (le film a été tourné en quatre semaines), le personnage de l’enfant rebelle.

Des références assumées mais qu’il s’empresse avec un malin plaisir de détourner. Il y ajoute de l’absurde, de l’humour, et même un faux suspense, passant ainsi allègrement par tous les genres, de la comédie de mœurs au thriller en passant par la comédie romantique. C’est ce qui donne à ce film, à l’histoire et aux décors volontairement intemporels, toute sa modernité.

Cette brève romance – le film dure 1 h 14 – est drôle, rythmée, remarquablement écrite et dialoguée. Et au fond assez morale. Si Abel apparaît faible et laisse le destin décider à sa place, il est l’homme fidèle à celle qu’il aime comme à lui-même, celui qui n’utilise jamais de masques. Les chemins tortueux de sa vie sentimentale ne représentent alors que les étapes nécessaires pour éprouver la solidité de son amour et accepter sa paternité. Un film à déguster sans modération.

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Jean-Claude Carrière, scénariste prolifique

Né en septembre 1931 dans l’Hérault, Jean-Claude Carrière est un écrivain, scénariste et homme de théâtre, auteur de plus d’une soixantaine de films de cinéma et d’une dizaine à la télévision.

Il débute au cinéma avec Jacques Tati et Pierre Etaix avant d’entamer une longue collaboration avec le réalisateur espagnol Luis Buñuel (Le Journal d’une femme de chambre, Belle de jour, Le Charme discret de la bourgeoisie, Cet obscur objet du désir…).

Il a également régulièrement travaillé pour Louis Malle (Viva Maria, Le Voleur, Milou en mai), Jacques Deray (La Piscine, Borsalino), Milos Forman (Taking Off, Valmont), Volker Schlöndorff (Le tambour, Un Amour de Swann, Le Roi des aulnes), Andrzej Wajda (Danton, Les Possédés) et Jean-Paul Rappeneau (Cyrano de Bergerac, Le Hussard sur le toit).

Il a reçu le César du meilleur scénario original en 1983 pour Le Retour de Martin Guerre avec Daniel Vigne.

Céline Rouden

21 mai 2016

Etel : Drame Bombard. Une relique retrouvée à Groix

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Mené par Guy Tonnerre, l'équipage groisillon a remis à celui du « Patron-Emile-Daniel » le tableau portant les lettres du nom du « Vice-Amiral-Schwerer », récupérées de l'épave suite au drame Bombard et confiées alors à Pierre Tonnerre, de la station de sauvetage de Groix, par Alexandre Le Formal, un des rescapés.

Apporté tel une relique ? ce qu'il constitue, en vérité ?

Un panneau portant le lettrage de laiton du « Vice-Amiral-Schwerer », le canot de sauvetage naufragé lors du drame Bombard, en 1958, a été remis jeudi par une délégation de sauveteurs et historiens de Groix à l'équipage du canot « Patron-Emile-Daniel ». Une remise emprunte de solennité, mais aussi de la fraternité entre marins de Groix et d'Etel. « Juste après le naufrage du "Vice-Amiral-Schwerer", avant que l'épave ne soit brûlée, Alexandre Le Formal, mécanicien, seul rescapé de l'équipage avec Bernard Trahan, récupéra les lettres qui marquaient le nom du canot sur son côté tribord. Il les confia en souvenir à mon père, Pierre Tonnerre, patron du "Grussenheim-Alsace", le canot de Groix », rapportait Guy Tonnerre, lui-même ancien sauveteur à Groix (il en fut le président) et historien. Et de rappeler que, le 3 octobre 1958, le "Grussenheim-Alsace" avait été mis à l'eau à 11 h 15 pour se rendre sur la barre d'Etel au secours des victimes de la tragique expérience du Dr Bombard. « Vu l'état de la barre, ils ont dû assister, sans pouvoir intervenir, à l'agonie du "Vice-Amiral-Schwerer" et de son équipage. À 15 h 40, ils ont eu ordre de rentrer à Groix. Mon père était un ami d'Émile Daniel, le patron, et des frères Le Formal. J'avais 7 ans ; quand je suis rentré, j'ai vu mon père pleurer la mort de ses amis. Quelques jours plus tard, il passait le relais du canot ». Ce drame avait marqué si fortement les Groisillons qu'ils ont laissé leurs indemnités de sauvetage pour aider à la construction du nouveau canot d'Etel, le « Patron-Emile-Daniel ».

Retrouvé dans un établi

Le lettrage du canot naufragé, Guy Tonnerre l'a retrouvé dans un tiroir de l'établi de son père. « Leur place est ici, à Etel. Pour rappeler l'amitié entre nos deux stations, on les rapporte à Alexandre Le Goff et à son équipage du " Patron-Emile-Daniel" pour qu'elles soient ici, dans ce lieu sacré qu'est l'abri du canot de sauvetage ». En insistant sur cet aspect et en saluant le double classement aux Monuments historiques du canot d'Etel et de l'abri, Guy Tonnerre regrettait qu'à Groix, l'abri ait été transformé en salle des fêtes. En plus de cette remise, Jo Le Port, de la délégation de Groix, fureteur de vieux grimoires, a remis au musée des Thoniers une collection qu'il a retrouvée d'actes de francisation de navires d'Etel. « Les plus anciens sont sur peau de bêtes », précisait Alexandre Le Goff. Source : Le Télégramme

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27 novembre 2013

SAVE THE DATE : "Il était une fois l'Orient express" du 1er avril au 8 août 2014 à l'IMA

L'Institut du monde arabe (IMA) racontera l'histoire d'un train mythique avec une exposition exceptionnelle, "Il était une fois l'Orient-Express", qui se tiendra à Paris du 1er avril au 8 août 2014.

C'est un mythe. Prononcer son nom, c'est déjà voyager à travers le temps et l'espace, à travers l'histoire et la géographie d'une Europe tourmentée – et bien au-delà. Lorsqu'il fut inauguré, le 5 juin 1883, L'Orient-Express s'appelait l'Express d'Orient. Sorti du cerveau du Belge Georges Nagelmackers, qui avait voyagé aux États-Unis dans des wagons fabriqués par l'industriel George Pullman, le train reliait alors deux fois par semaine Paris à Constantinople en passant par Strasbourg, Munich, Vienne, Budapest et Bucarest. Enfin, pour être précis, il s'arrêtait en Bulgarie, un second train prenait alors le relais, puis un vapeur... Il ne fut direct qu'à partir de 1889.

L'histoire extraordinaire de ces wagons qui n'avaient rien d'ordinaires, l'Institut du monde arabe (IMA), en partenariat avec la SNCF, la racontera avec une exposition exceptionnelle, Il était une fois l'Orient-Express, qui se tiendra à Paris du 1er avril au 8 août 2014.

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Le train a été inauguré le le 5 juin 1883. Photo : Nicolas Michel.

Pour Guillaume Pepy, qui dirige la SNCF :

"Il s'agit de renouer avec l'art du voyage, avec une époque où l'on ne parlait pas de vitesse mais où l'on parlait de plaisir et de rencontres."

Pour Jack Lang, ancien ministre de la Culture et actuel président de l'IMA :

"Cette exposition s'inscrit dans le cadre d'un renouveau de l'IMA, qui essaie de reprendre des couleurs, notamment avec ses expositions sur le pèlerinage à la Mecque ou le Maroc contemporain." Et avec le lyrisme qui le caractérise, il évoque la "nostalgie de la belle époque", les "rêves de beauté sur fonds de drame", un voyage "vers un orient fantasmé mais aussi vers un orient réel". "L'Orient-Express va jusqu'à Istanbul, dit-il, mais il ne s'arrête pas dans un Orient de légende, il s'arrête face à une gare qui va bientôt relier la ville à Bagdad, Alep, Jérusalem..."

Le clou de l'exposition ? Sans aucun doute la locomotive et les wagons installés pour l'occasion sur le parvis – renforcé ! - de l'IMA et animés par des acteurs. Ce qui signifie que bien des parisiens pourront profiter gratuitement d'un spectacle surprenant : une locomotive mythique lâchant sa vapeur au bord de la Seine ! À l'intérieur, les visiteurs découvriront le superbe décor pensé par le maître-verrier René Lalique et le designer René Prou. Bien entendu, le reste du parcours scénographié par Clémence Farrell, permettra de multiplier les traversées.

À travers les arts, puisque l'Orient-Express a inspiré de nombreux créateurs, à l'instar d'Agatha Christie (Le Crime de l'Orient-Express), Graham Greene, Guillaume Apollinaire ou Ian Fleming (Bons baisers de Russie). Mais aussi à travers l'histoire du XXe siècle, de la Belle époque à la Première guerre mondiale, des Années folles à la Crise, de la Crise à la seconde Guerre Mondiale, de l'holocauste à la Communauté européenne du charbon et d l'acier.

Avec ses wagons bleu roi, l'Orient-Express demeure à la fois un symbole et un patrimoine où chacun peut trouver matière à rêver, à apprendre. Évaluée à environ 2,5 millions d'euros, l'exposition devrait elle aussi voyager : à Venise, York, Vienne, Istanbul et sans doute Bruxelles, où l'idée de ce train est née.

 

4 décembre 2018

Gilets Jaunes - Deux éditoriaux....

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Le vertige de l'insurrection

Le gouvernement a tout lâché. Mais ce «tout» n’est pas forcément assez. En regard des revendications initiales, c’est une reddition en rase campagne – ou en rase périphérie. Les taxes sur le carburant – dans leurs diverses modalités – sont toutes suspendues, la stratégie de renchérissement des transports polluants est repoussée d’au moins six mois, sinon annulée. Ce gouvernement qui annonçait sa volonté de réformer à la hussarde en admonestant le bon peuple trop rétif, a pris un grand coup sur la tête. Le Président «vertical» se retrouve à l’horizontale, allongé sur le tapis.

En comparaison des reculs essuyés par ses prédécesseurs, il devient étrangement normal, et même anormalement faible par rapport à la règle de la Cinquième depuis des lustres. Jupiter n’est plus qu’un mortel parmi d’autres et la foudre qu’il tenait dans son poing ne produit plus que des étincelles dérisoires. Les mesures annoncées auraient arrêté la protestation il y a dix jours.

Mais les mouvements sociaux transforment ceux qui y participent. Souvent isolés dans leur quotidien de galère, étreints par un sentiment d’abandon et d’humiliation, les gilets jaunes ont goûté à l’ivresse de l’action collective, au réconfort de la solidarité et de la reconnaissance mutuelle, aux plaisirs rares d’une médiatisation massive, à la fierté de jouer enfin un rôle politique national. Le «je» solitaire et mélancolique se change en «nous» unifié et conquérant. Difficile de mettre fin à cette embellie qui restera, quoi qu’il arrive, comme un des grands souvenirs de leur vie. D’autant que les concessions obtenues en appellent d’autres : le pouvoir d’achat est préservé pour les mois qui viennent. Il n’est pas amélioré par les concessions d’Edouard Philippe. Et les symboles honnis narguent toujours la colère populaire : l’ISF à moitié supprimé, Macron changé en tête de turc toujours à l’Elysée. La tentation de continuer, enhardie par un premier succès, occupe manifestement la tête des manifestants. L’inconscience présomptueuse des gouvernants a ouvert une boîte de Pandore. Une nouvelle fois, la France rebelle peut céder au vertige insurrectionnel.

LAURENT JOFFRIN

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Savoir perdre 

Il y a des mots qui en disent long sur ceux qui les prononcent. Le « moratoire » de six mois sur la hausse des taxes sur les carburants, annoncé par Édouard Philippe ce mardi, fleure bon la technocratie. Sur les ronds-points, on imagine qu’il a dû en rendre plus d’un incrédule… Mais il y a aussi le sens : un moratoire, c’est un gel, une suspension… avec un petit goût de revenez-y… ce dont on peut douter, vu la vague de colère que l’annonce de cette hausse a déclenchée, et déclencherait sans doute à nouveau au printemps. Alors pourquoi parler de moratoire ? Le Premier ministre et le Président espèrent-ils ainsi sauver la face ? Ils auraient mieux fait d’opter pour un retrait sans ambiguïté. Certes au prix d’une humiliation politique. Mais n’est-ce pas le prix à payer pour n’avoir pas voulu entendre les signaux d’alarme qui montaient depuis plusieurs mois du terrain, quand ils n’émanaient pas de l’entourage même du chef de l’Etat ? La surdité, voire une certaine arrogance : c’est cela que les Gilets jaunes font aussi payer au duo exécutif. En concédant plus clairement leur défaite, en donnant « le point » à des manifestants zappés des radars des dirigeants depuis des décennies, Macron et Philippe leur auraient offert cette considération qu’ils réclament à cor et à cri. Peut-être retrouveraient-ils ainsi un peu de crédit. Les mots que choisira le président de la République dans les prochains jours pour parler aux Français vont peser très lourd.      Le Parisien

25 octobre 2020

Erdogan s’attaque à Macron, Paris dénonce la « propagande haineuse » de la Turquie

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Le président turc s’est interrogé samedi et dimanche sur la « santé mentale » d’Emmanuel Macron. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé une volonté d’Ankara « d’attiser la haine » contre la France et a rappelé son ambassadeur.

Des tensions en Méditerranée au conflit en Libye, en passant par le Haut-Karabakh, les sujets de désaccord sont nombreux entre la Turquie et la France. La tension est encore montée d’un cran, ce week-end, après une passe d’armes entre Paris et Ankara à propos des caricatures de Mahomet et de la réaction des autorités françaises après l’attentat qui a coûté la vie au professeur d’histoire-géographie Samuel Paty.

Analyse : La France contre la Turquie, aux racines de l’affrontement

Samedi, le président turc s’était attaqué directement à son homologue français, Emmanuel Macron : « Tout ce qu’on peut dire d’un chef d’Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c’est : “Allez d’abord faire des examens de santé mentale” », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours télévisé. Il y a deux semaines, M. Erdogan avait dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le « séparatisme islamiste » et la nécessité de « structurer l’islam » en France, alors que l’exécutif présentait un projet de loi sur ce thème.

Le Drian dénonce un « comportement inadmissible »

Dimanche 25 octobre, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé de la part de la Turquie « une volonté d’attiser la haine » contre la France et son président Emmanuel Macron, soulignant que l’ambassadeur de France en Turquie, rappelé « pour consultation », selon l’expression consacrée, sera de retour dès ce dimanche.

Le rappel d’un ambassadeur est un acte diplomatique rare et serait une première, semble-t-il, dans l’histoire des relations franco-turques. Le précédent rappel d’un ambassadeur français remonte à février 2019 quand Paris avait voulu protester contre une rencontre entre Luigi Di Maio, alors vice-premier ministre italien, et des « gilets jaunes ».

Depuis l’avion qui l’emmenait vers le Mali, le ministre des affaires étrangères a fustigé « un comportement inadmissible, a fortiori de la part d’un pays allié ». « A l’absence de toute marque officielle de condamnation ou de solidarité des autorités turques après l’attentat terroriste de Conflans-Sainte-Honorine, s’ajoute désormais depuis quelques jours une propagande haineuse et calomnieuse contre la France », a déclaré M. Le Drian, dans un communiqué.

La France a noté un manque de solidarité de certains autres pays, après l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, à sa sortie du collège où il enseignait en région parisienne, pris pour cible par un Russe tchétchène radicalisé pour avoir montré des caricatures de Mahomet en classe dans un cours sur la liberté d’expression.

Chronique : « Qui a perdu la Turquie ? La question risque de se poser aux Européens »

M. Le Drian a dénoncé aussi des « insultes directes contre le président [Emmanuel Macron], exprimées au plus haut niveau de l’Etat turc ». « L’ambassadeur de France en Turquie [Hervé Magro] a en conséquence été rappelé et rentre à Paris dès ce dimanche 25 octobre 2020 pour consultation », ajoute le ministre.

« Rien ne nous fera reculer, jamais », écrit Macron

Dimanche soir, Emmanuel Macron a écrit sur son compte Twitter : « Notre histoire est celle de la lutte contre les tyrannies et les fanatismes. Nous continuerons ». Et d’ajouter en anglais et en arabe :

« Nous continuerons. Nous respectons toutes les différences dans un esprit de paix. Nous n’acceptons jamais les discours de haine et défendons le débat raisonnable. Nous continuerons. Nous nous tiendrons toujours du côté de la dignité humaine et des valeurs universelles. »

L’UE appelle la Turquie à cesser « cette spirale dangereuse »

De son côté, le haut représentant de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a dénoncé dimanche des « propos inacceptables » de la part du président turc. Il a appelé « la Turquie à cesser cette spirale dangereuse de confrontation ».

Les propos du président turc avaient déjà été jugés « inacceptables », samedi, par l’Elysée, cité par l’Agence France-Presse (AFP) : « L’outrance et la grossièreté ne sont pas une méthode. (…) Nous exigeons d’Erdogan qu’il change le cours de sa politique car elle est dangereuse à tous points de vue. Nous n’entrons pas dans des polémiques inutiles et n’acceptons pas les insultes. » La présidence française relevait aussi les « déclarations très offensives [de Recep Tayyip Erdogan] de ces derniers jours, notamment sur l’appel au boycott des produits français », alors que ces appels se multiplient au Moyen-Orient.

Pour la présidence turque, les caricatures visent à « intimider » les musulmans

Nouvelle riposte d’Ankara, dimanche. Un responsable de la présidence turque a affirmé sur Twitter que les « caricatures offensantes » du prophète Mahomet étaient utilisées pour intimider les musulmans en Europe sous le prétexte de la liberté d’expression.

Fahrettin Altun, directeur de la communication de la présidence, a accusé l’Europe de diaboliser les musulmans. « La politique insidieuse des caricatures offensantes, des accusations de séparatisme contre les musulmans et des perquisitions de mosquées ne sont pas liées à la liberté d’expression », a affirmé M. Altun en anglais sur Twitter. « Il s’agit d’intimider les musulmans et de leur rappeler qu’ils sont les bienvenus pour continuer à faire fonctionner l’économie de l’Europe, mais qu’ils n’en feront jamais partie – sur fond de discours sur l’intégration », a-t-il ajouté.

« Certains dirigeants européens aujourd’hui ne visent pas seulement les musulmans parmi eux. Ils attaquent nos valeurs et nos textes sacrés, notre Prophète et nos dirigeants politiques – tout notre mode de vie », a ajouté M. Altun. Il a affirmé que les Européens devaient réaliser que « les musulmans ne partiront pas parce que vous ne voulez pas de nous. Nous n’allons pas tendre l’autre joue quand vous nous insultez. Nous allons nous défendre et défendre les nôtres à tout prix ». Il a encore soutenu que cette attitude à l’égard des musulmans était « étrangement familière » et ressemblait à « la diabolisation des juifs européens dans les années 1920 ».

M. Erdogan a quant à lui de nouveau attaqué dimanche Emmanuel Macron, réitérant ses doutes sur sa santé mentale proférés samedi. Lors d’un discours télévisé, le président turc a accusé M. Macron d’être « obsédé par Erdogan jour et nuit ». « C’est un cas, et en conséquence, il a vraiment besoin de subir des examens », a-t-il ajouté.

Nombreux contentieux entre Paris et Ankara

Ce contentieux vient s’ajouter à une longue liste de désaccords entre MM. Macron et Erdogan. Des tensions en Méditerranée avec la Grèce au conflit en Libye, en passant par les violences dans le Haut-Karabakh (où la Turquie soutient l’Azerbaïdjan contre l’Arménie), de nombreux dossiers opposent actuellement Paris et Ankara. « Depuis [qu’il a mené] son offensive en Syrie, la France n’a cessé de dénoncer le comportement du président Erdogan ; les dernières semaines nous ont donné raison », avait déclaré l’Elysée samedi à l’AFP.

La France réclame par ailleurs à nouveau « que la Turquie mette fin à ses aventures dangereuses en Méditerranée et dans la région », au même titre qu’elle dénonce le « comportement irresponsable » d’Ankara dans le Haut-Karabakh. « Des exigences sont posées. Erdogan a deux mois pour répondre. Des mesures devront être prises à la fin de cette année », précise l’Elysée à propos de la Méditerranée orientale.

Le Monde avec AFP

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25 octobre 2020

Strasbourg privée de son marché de Noël

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Le coronavirus aura finalement eu raison de ce que le terrorisme n’avait pas réussi à abattre : Strasbourg n’aura pas de marché de Noël cette année. C’est un centre-ville illuminé, agrémenté de l’un des plus hauts sapins de Noël d’Europe, mais privé de ses stands de décoration et de l’odeur du vin chaud, que découvriront les visiteurs.

Ces derniers sont d’ores et déjà moins nombreux depuis que l’Allemagne a classé l’Alsace en zone rouge, obligeant ses ressortissants de retour d’un séjour dans la région à s’isoler en attendant leur dépistage. Sur les bateaux à passagers comme dans les rues de la capitale alsacienne, les touristes allemands ont ainsi disparu en l’espace d’un week-end. Et cela ne devrait pas s’arranger alors que les deux départements alsaciens seront soumis à un couvre-feu à partir de samedi. Depuis plusieurs semaines, l’annulation de cette manifestation était envisagée avec angoisse, tant par les commerçants et forains que par les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie-restauration, déjà mis à mal par le report à Bruxelles des sessions du Parlement européen.

Environ 2 millions de personnes fréquentent le marché de Noël chaque année. « C’est le seul moment de l’année où l’on peut lutter contre le littoral », note Patrice Geny, directeur de l’office de tourisme de Strasbourg. Son impact économique global est évalué à 250 millions d’euros, selon les derniers chiffres disponibles, qui datent de 2012. « On réalise 15 % de notre chiffre d’affaires durant cette période », précise Pierre Siegel, président de la branche hôtellerie de l’UMIH Strasbourg, qui représente 15 000 salariés et regrette une absence de concertation de la part de la ville.

Prendre les devants

« En septembre, la Foire européenne n’a réalisé que 10  % à 20 % du chiffre d’affaires normal. Pour le marché de Noël, on peut s’attendre à pire », explique la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian. En annonçant, jeudi 22 octobre, l’organisation d’une « manifestation sans chalets » depuis le salon doré de l’hôtel de ville, cette dernière a clairement voulu prendre les devants face à une décision de la préfecture annoncée pour la fin du mois. La ville va maintenant tenter d’accompagner au mieux les acteurs du marché de Noël. Certains commerçants pourraient être intégrés aux marchés alimentaires « classiques » que la ville souhaite maintenir. Un travail sera aussi réalisé avec les restaurateurs. D’autres solutions doivent être trouvées pour les associations qui, chaque année, animaient le « village du partage » ainsi que le marché de Noël « off ». Quant au dispositif d’aide d’urgence, davantage du ressort de l’Eurométropole, Mme Barseghian compte sur le soutien de l’ensemble des collectivités, ainsi que de l’Etat.

15 mars 2019

Portrait - Greta Thunberg : « Les gens dont dépend notre futur ne semblent pas prendre la question du climat au sérieux »

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Par Anne-Françoise Hivert, envoyée spéciale à Stockholm

Commencée le 20 août devant le Parlement suédois, la grève scolaire de la jeune Suédoise a inspiré des dizaines de milliers de jeunes dans le monde.

Comme chaque vendredi, elle arrive un peu après 8 heures devant le Parlement suédois. Pantalon molletonné rose, imperméable jaune poussin, ses cheveux blonds sagement tressés – comme sur les affiches accompagnées du slogan « Make the world Greta again », brandies désormais par les ados dans le monde entier. Le 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, les lecteurs de deux journaux suédois ont élu « femme de l’année » cette adolescente de 16 ans, à l’origine du mouvement international de grève scolaire pour le climat du 15 mars, devenue l’icône d’une génération.

Depuis le début de son action, le 20 août, trois semaines avant les élections législatives en Suède, l’objectif de Greta Thunberg n’a pas changé : « Je me suis assise devant le Parlement, en me disant que j’allais essayer d’attirer l’attention sur le climat. Je ne pouvais pas imaginer ce que ça allait devenir. Le fait qu’une enfant accuse les adultes de ne rien faire pour garantir son avenir a réveillé les consciences. »

Depuis, la jeune fille a beaucoup voyagé. Fin novembre, Greta Thunberg a participé à la COP24 à Katowice, en Pologne. Elle en est rentrée déprimée : « J’ai réalisé à quel point les gens dont dépend notre futur ne semblent pas prendre la question au sérieux. Peut-être qu’il y a eu des avancées. Mais ce qui est important, ce sont les émissions [de gaz à effet de serre], or elles continuent d’augmenter. »

« Il faut que ça vienne d’en bas »

Le 22 février, Greta Thunberg était à Paris, où elle a été reçue par Emmanuel Macron. « Nous avons parlé de stratégies, de ce que nous voulions accomplir, dit-elle avec sa placidité habituelle. Je ne sais pas s’il m’a entendue. De toute façon, il ne peut pas faire grand-chose. C’est juste un individu, même s’il a une très grosse responsabilité. Le problème est qu’on ne remporte pas des élections en proposant une politique climatique radicale. Il faut que ça vienne d’en bas. »

En Allemagne, début mars, l’adolescente a été interpellée par le secrétaire général de la CDU, Paul Ziemiak, qui lui reprochait de ne pas aborder les conséquences de la transition écologique « sur l’emploi, la sécurité d’approvisionnement et l’économie ». De plus en plus souvent, on exige d’elle des solutions. La jeune fille botte en touche : « Ce n’est pas mon travail de dire ce qu’il faut faire. Je suis une enfant. Même les scientifiques ont peur de faire des propositions qui seraient jugées trop radicales. Alors comment pourrais-je me prononcer ? »

Etrangement, en Suède, le mouvement a tardé à décoller – même si des grèves scolaires sont annoncées dans plus de la moitié des 270 communes du royaume, le 15 mars. « Dans ma classe, certains élèves sont contents qu’il fasse plus chaud », regrette la jeune fille. A mesure que la mobilisation a pris de l’ampleur à l’étranger, des critiques ont émergé, accusant ses parents de l’avoir manipulée ou bien faisant état d’intérêts financiers supposés derrière son action. « Je savais que je susciterais de la haine, répond Greta. Car apparemment, on ne peut plus rien faire aujourd’hui sans avoir un projet caché. »

Son père, Svante Thunberg, ancien acteur, qui l’accompagne dans tous ses déplacements, raconte que lui et sa femme, la chanteuse lyrique Malena Ernman, l’ont mise en garde : « Nous lui avons dit qu’il fallait qu’elle aille à l’école, qu’on ne la soutiendrait pas. Nous étions convaincus qu’elle allait renoncer. »

« Energie dingue »

Six mois plus tard, il s’émerveille de la transformation de sa fille. Il y a quatre ans, Greta Thunberg a arrêté de jouer du piano, puis de parler et de manger, plongeant dans une dépression dont la crise climatique a été un élément déclencheur. « En fait, elle souffrait d’un immense sentiment de solitude et d’exclusion », confie son père. Les médecins ont fini par diagnostiquer le syndrome d’Asperger, un trouble du spectre autistique.

La guérison est passée par un changement de vie radical de la famille. Fin des voyages en avion pour la mère, véganisme pour le père. « A mesure que nous avons commencé à agir, son angoisse s’est atténuée, raconte-t-il. Aujourd’hui, elle va bien et elle a une énergie dingue, ce qui donne énormément d’espoir sur ce qu’il est possible d’accomplir. »

Greta Thunberg assure qu’elle rêve de pouvoir abandonner sa grève. Mais qu’elle continuera jusqu’à ce que les émissions de CO2 dans l’atmosphère diminuent. Et qu’on s’éloigne du point de bascule d’« où il ne sera plus possible de revenir ».

16 mars 2019

Debré. « Les Français ont le sentiment que Chirac est un homme comme eux »

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Jean-Louis Debré dit souvent avoir eu « deux vies, une avant Chirac et une après Chirac ». L’ancien président du Conseil constitutionnel ouvre sa boîte à souvenirs dans un film, diffusé lundi soir sur LCP. Il y raconte 50 ans d’amitié et de fidélité.

Dans le film « Mon Chirac», vous livrez une vision très personnelle de l’ancien président de la République. Comment l’idée a-t-elle germé ?

Tous les films sur Chirac racontent l’homme politique. Je voulais aborder une autre facette, évoquer sa culture, ses passions… Dans la vie, on croise beaucoup de copies et très peu de personnalités originales. J’ai croisé, il y a 50 ans, quelqu’un sortant de l’ordinaire !

Tout au long du film, vous le vouvoyez, il vous tutoie…

Je le vouvoie et je l’appelle Monsieur car j’ai toujours été exaspéré par tous ces politiques qui se tutoient tout de suite, comme s’ils se connaissaient depuis longtemps. C’est une façon pour moi de montrer mon respect pour ce qu’il est, pour ce qu’il a été.

Considérez-vous Jacques Chirac comme un père ou comme un ami ?

Nos rapports sont des rapports d’affection et de fidélité.

L’amitié et la fidélité en politique, c’est donc possible ?

C’est quelque chose de très rare. Mais, pour moi, c’est essentiel. On ne fait rien sans amitié et affection. Chirac a toujours été très attentif à celles et ceux qui l’ont accompagné, qui ne l’ont pas trahi, qui n’ont pas changé d’itinéraire parce que les sondages étaient bons ou moins bons.

La seule fois où je ne l’ai pas vu prendre de bière, c’est quand il prenait du cidre...

Les deux intervenants bretons du film, François Pinault et Yves Coppens, racontent le Chirac homme de culture. Une facette importante du personnage ?

Chirac est un homme curieux de tout, qui a une très grande culture. Il y a chez lui une recherche très profonde sur l’origine de l’Homme. Avec l’idée que pour comprendre ce qu’il est aujourd’hui, il faut comprendre d’où il vient et comment il s’est construit à travers les siècles.

Dans ce film, vous racontez aussi le Chirac qui dévore la vie, capable de manger une entrecôte de 800 grammes lors d’une visite matinale à Rungis…

Chirac est un épicurien. Il aime les mets qui sentent le terroir et sont l’expression d’une culture.

Et son amour de la bière n’est pas une légende ?

La seule fois où je l’ai vu ne pas prendre de bière, c’est quand il prenait du cidre…

Jacques Chirac aime le combat, la conquête, mais il n’est pas un jouisseur du pouvoir

Quel est le moteur du Chirac homme politique ?

Contrairement à certains présidents, comme Mitterrand, et peut-être Giscard, Chirac n’aime pas le pouvoir pour le pouvoir. Si on écarte l’écume, on se rend compte qu’il aime le combat, la conquête, mais qu’il n’est pas un jouisseur du pouvoir.

Vous dites dans le film qu’il n’est pas obsédé par l’image qu’il va laisser…

Chirac ne se raconte pas une histoire, il ne pose pas pour l’avenir. Il cherche à rester ce qu’il est. Le pouvoir transforme. Il crée une distance entre son titulaire et les autres. Chirac a toujours fait en sorte que cette distance soit la moins forte possible. C’est un homme vrai, qui a pour ses concitoyens, quels qu’ils soient, une affection très profonde.

Jacques Chirac aime rire, aime l’authenticité plus que l’apparence

C’est ce qui explique, selon vous, le lien particulier entre Chirac et les Français ?

Le lien particulier, c’est que les Français ont le sentiment que Chirac est un homme comme eux, qui aime rire, qui aime l’authenticité plus que l’apparence.

Si Jacques Chirac avait 20 ans aujourd’hui, serait-il tenté par la politique ?

C’est très difficile de répondre. Ce sont des époques différentes. La politique est devenue un métier du spectacle. Or, Chirac ne sème pas l’illusion ! Mais c’est un conquérant. Il se serait adapté aux usages, aux règles de la politique d’aujourd’hui.

Vous êtes l’un de ceux qui lui rendent visite régulièrement. À quel rythme ?

Le plus souvent possible ! Pendant longtemps, cela a été quotidien. Maintenant, c’est plusieurs fois par mois.

Quelles nouvelles pouvez-vous nous donner de lui ?

Il est très serein. Et toujours attentif aux autres.

10 novembre 2013

La place de Furstenberg

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La place de Furstenberg prise en photo avec ma GOPRO

La place de Furstenberg où Delacroix choisit de s’installer est réputée pour être l’une des plus charmantes places de Paris. C’est en réalité une rue car le terre-plein central n’impose pas un sens giratoire. La placette est plantée de quatre paulownias qui, au printemps, lui confèrent un aspect particulièrement romantique qu’accentue l’éclairage nocturne d’un lampadaire à cinq globes. Cet espace constituait à la fin du XVIIe siècle l’avant-cour du palais abbatial que l’on peut encore voir aujourd’hui en début de rue. Les immeubles qui bordent la place en étaient les communs. Au rez-de-chaussée se trouvaient les remises pour les calèches et les chevaux et aux étages logeaient les domestiques, ce qui explique que ces constructions ne soient pas de grande qualité.         

12 mars 2019

Viktoria Modesta, amputée et star du Crazy Horse

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Avec sa prothèse et son style futuriste, Viktoria Modesta, chanteuse et performeuse britannique, sera bientôt la vedette du cabaret parisien.

Cape en plastique sur les épaules, chevelure noire sculpturale et magnifique prothèse en plastique translucide mise en avant, Viktoria Modesta prend la pose dans le petit salon rouge du Crazy Horse. Presque irréelle et si charnelle, la chanteuse, compositrice et modèle de 30 ans s’excuse de son retard. Arrivée la veille de Los Angeles, elle accuse le décalage horaire.

« Il faut convaincre mon corps qu’il n’est pas cinq heures du matin », lâche-t-elle d’un sourire mutin. Son corps, pourtant, a l’habitude de lui obéir, elle qui l’a refaçonné pour « l’harmoniser avec [son] identité ». Il y a dix ans, la Britannique a décidé de subir une amputation volontaire de la jambe gauche, remplaçant ce membre déficient de naissance par une prothèse. Il s’agissait d’améliorer sa mobilité et l’image qu’elle avait d’elle-même.

Elle défend l’idée de « beauté altérée »

Depuis, elle s’est construit un personnage à l’univers propre. Dans le style gothico-futuriste, la voici « show girl bionique » avec cette prothèse dont elle décline formes et matière, un coup lumineuse, un coup en cristal Swarowski ou en métal poli… Très attentive à son image, elle défend depuis une dizaine d’années l’idée de « beauté altérée ».

Après Dita Von Teese, Clotilde Courau, Arielle Dombasle ou Pamela Anderson, c’est cette beauté, intrigante et fascinante que convie en invitée spéciale le Crazy Horse en juin prochain. Pas pour sa jambe en moins, mais bien parce « qu’elle a un truc en plus », insiste Andrée Deissenberg, directrice de la création du cabaret. « C’est la femme, son esthétique et la puissance de sa réflexion sur l’identité qu’on invite. Avec elle, c’est un regard vers le futur que l’on porte. »

Née en Lettonie, Viktoria passe en grande partie son enfance à l’hôpital, subissant des opérations à répétition. Sans succès. L’innocence de l’enfance la protège. « Les gamins n’ont pas nécessairement conscience d’être différents, j’ai grandi en ayant confiance en moi. Je n’allais pas à l’école, mais faisais d’autres choses… Pour moi tout était possible. » Elle chante, l’art l’attire.

À 12 ans, sa famille émigre à Londres. Nouvelle ville, nouvelle vie. La mode, la vie nocturne et surtout « ces gens libres d’être qui ils voulaient », elle s’y libère, côtoie l’underground, découvre l’artiste expérimental Matthew Barney et le couturier Alexander McQueen qui travaillent avec Aimée Mullins, actrice, mannequin et athlète amputée des deux jambes. Germe en elle l’idée que son corps ne correspond pas forcément à son identité.

« Il y a des gens nés pour être différents »

« Ce corps brisé m’entravait, j’ai décidé de me faire amputer de cette jambe trop courte. » Elle a 15 ans. Il en faut du courage. De la persévérance aussi. Cinq ans durant, les médecins refusent. Elle insiste. « C’était une question de vie ou de mort, le seul moyen de vivre libre plutôt que de subir », souffle-t-elle.

Un médecin accepte. Elle a 20 ans. Délestée, elle prend son envol, multiplie les projets, production musicale, photo, chanson, site Internet… « Je vivais enfin ma réalité. Les autres ne savent pas toujours ce qui est le mieux pour vous. » Sexy, elle joue le côté glamour futuriste. Son leitmotiv : « Être fun, montrer qu’on doit avoir confiance en son imagination, en soi, qu’il faut s’aimer. »

Reine des Neiges bionique de la parade des jeux paralympiques de 2012 à Londres, elle tourne en 2014 pour Channel 4 « Prototype », clip puissant dans lequel elle danse suspendue à des filins avec une pointe effilée au bout de la jambe - une séquence qu’elle pourrait reproduire sur la scène du Crazy. Sorte de rebelle, on la voit effrayer l’ordre établi avec sa prothèse assumée. « Il y a des gens nés pour être différents, pour prendre des risques », lit-on à la fin.

Consciente que « le business et le monde de la pop culture n’ont pas d’intérêt à changer les mentalités », elle s’oriente alors vers le milieu de l’art et de la performance. Tout en cultivant une image glamour sur papier glacé et Instagram, elle côtoie au sein du MIT Media Lab - laboratoire pluridisciplinaire et non conventionnel - artistes et scientifiques, esprits libres cherchant à inventer un meilleur futur…

Le coup de fil du cabaret parisien l’a surprise, mais elle a dit oui, aussitôt, avec l’idée de « conserver l’essence du Crazy Horse tout en portant la féminité dans le futur ». Trois tableaux seront spécialement créés, le spectacle sera adapté et l’esprit rétro-futuriste pourrait envahir la salle…

Est-elle une super héroïne ? « Je ne crois pas… Les superhéros viennent de notre imaginaire, je me suis échappée de mon imagination, je me suis pensée, c’est vrai. C’est au public de décider… Le job des superhéros est de vous faire sentir mieux, si je peux avoir cet effet sur quiconque, ce serait génial ».

« Bionic Show Girl », du 3 au 16 juin, au Crazy Horse (Paris 8e).

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http://www.viktoriamodesta.com/

11 mars 2019

Renoncement d'Abdelaziz Bouteflika et report de l'élection présidentielle

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Confronté à une contestation inédite en vingt ans de pouvoir, Abdelaziz Bouteflika, le président algérien, a annoncé dans un message adressé à la nation, lundi 11 mars, le report de l'élection présidentielle prévue le 18 avril 2019, et sa décision de ne pas briguer un 5e mandat à la magistrature suprême. Il précise que la présidentielle aura lieu "dans le prolongement" d'une conférence nationale chargée de réformer le système politique et d'élaborer un projet de Constitution d'ici fin 2019. Suivez la situation dans notre direct.

Pas de cinquième mandat. "Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi, mon état de santé et mon âge ne m’assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien que la contribution à l’assise des fondations d’une nouvelle République", écrit dans son message à la nation Abdelaziz Bouteflika. "Cette nouvelle République et ce nouveau système seront entre les mains des nouvelles générations d’Algériennes et d’Algériens", poursuit-il.

La présidentielle reportée sine die. "Le report de l’élection présidentielle qui a été réclamé vient donc pour apaiser les appréhensions qui ont été manifestées", fait valoir Abdelaziz Bouteflika, qui ne précise aucune date quant à la tenue de l'élection ainsi reportée.

Une conférence nationale mise sur pied pour élaborer une nouvelle constitution. Le président algérien annonce la création d'une "conférence nationale inclusive et indépendante (...) dotée de tous les pouvoirs nécessaires à la discussion, l’élaboration et l’adoption de tous types de réformes" pour la "transformation de notre Etat-nation". Cette conférence nationale doit accoucher d'un projet de constitution qui sera soumis à un référendum populaire. La conférence nationale sera aussi chargée de fixer la date de l’élection présidentielle.

Le ministre de l'Intérieur remplace le premier ministre. Peu après les annonces d'Abdelaziz Bouteflika, le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, a présenté sa démission, et Noureddine Bedoui, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement sortant, a été nommé à sa succession. Il ets maintenant chargé de former un nouveau gouvenement, selon l'agence de presse officielle APS.

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24 juillet 2016

La presse à scandale passée au crible sur Arte

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 Dans le cadre de son «Summer of Scandals», la chaîne décrypte l’évolution des tabloïds depuis leur naissance dans les années 50 à aujourd’hui dans un documentaire inédit.

«C’est une histoire de sexe, de sang et de fric. De scoops bidon et de révélations exclusives. De reporters qui fouillent dans les poubelles. De chasseurs et de proies. De gloires éphémères et de petites princesses...» Tabloïds!, le documentaire de Jean-Baptiste Péretié, s’ouvre sur ces mots, édifiants, qui définissent à eux seuls le monde des tabloïds, également appelé presse à scandale, presse-poubelle ou presse people. Nés dans les années 50 de parents anglo-saxons, ils se nomment The Sun, Bild, Star, Globe, National Enquirer, Daily Star, News of The World, ou plus tard, en France, France dimanche et feu Infos du monde, et ont pour vocation d’être populaires. La recette est simple: traitement de l’information à la fois concis et accrocheur, minimum de texte, maximum d’illustrations, du sexe, du sport et des jeux. Imparable.

«Depuis que la presse existe, les journaux prospèrent grâce à un seul et même principe: donner à lire aux lecteurs ce qu’ils demandent», déclarera le magnat de la presse australien Rupert Murdoch, lors du rachat de The Sun, en 1969. Propriétaire d’une cinquantaine de titres, dont plusieurs tabloïds, il n’a jamais cessé d’encourager ses journalistes à dégoter l’info la plus vendeuse, quitte à traquer les VIP jusque dans les toilettes ou à les mettre sur écoute, violant bien souvent les codes internationaux de déontologie journalistique.

Selon l’universitaire américaine spécialiste des médias Uttara Manohar, «l’une des caractéristiques intéressantes de ces supports est de produire des célébrités sensationnelles à partir de n’importe quel registre de l’actualité, qu’il s’agisse de politique, de sport, d’affaires ou d’un domaine ne faisant jamais défaut en matière de nouvelles à sensation, ce bon vieux monde du spectacle».

Lady Di, Paris Hilton, David Beckham, Angela Merkel, Angelina Jolie, Nabilla, tous s’y retrouvent, un jour ou l’autre. Avec, toujours, cette question: sont-ce les célébrités qui profitent à la presse people ou la presse people qui profitent aux célébrités?

11 mars 2019

L'exposition "Love, Ren Hang" à la MEP

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La Maison Européenne de la Photographie (MEP) présente pour la première fois en France le travail de l'un des photographes chinois les plus influents de sa génération. "Love, Ren Hang" est une ode au nu, savamment mis en scène par ce jeune prodige, disparu en 2017. Une exposition d'une beauté rare à voir ce printemps.

C'est la première fois qu'une exposition lui est entièrement consacrée en France. Décédé à l'âge de 29 ans, Ren Hang, qui avait notamment collaboré avec Totem Collective, était l'un des photographes les plus prometteurs de notre époque. Il avait réussi à se faire un nom grâce à son oeuvre singulière ponctuée d'un peu de mélancolie et de beaucoup de provoc', incarnée par des clichés de nus entrelacés d'une poésie folle. Plus de 20 expositions personnelles et 70 collectives dédiées à son univers ont été inaugurées à Tokyo, Paris, New York, Copenhague ou encore Pékin, Taschen lui a même consacré une monographie qui s'arrache dans le monde entier... À sa mort en février 2017, sa carrière était à son apogée. La MEP lui rend cette année un bel hommage en présentant ses photographies le temps de l'exposition Love, Ren Hang. Plus de 150 photos seront exposées sur les cimaises du deuxième étage. Des clichés savamment maîtrisés qui donnent à voir un érotisme instinctif, non dénué d'humour. Sublime..

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