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Jours tranquilles à Paris
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3 novembre 2018

Exposition sur la Grande Guerre à Auray

1914-18. L’épisode peu connu des « indésirables »

Ils étaient Allemands, Autrichiens, Hongrois, civils vivant en France en 1914 mais internés lors de la déclaration de la guerre en août 1914. Plusieurs villes bretonnes durent en héberger, notamment Auray. Retour sur un épisode peu connu de l’histoire d’Auray.

Une série d’animations accompagne la passionnante exposition « 1914-1918, une histoire alréenne de la Première Guerre mondiale », à la chapelle du Saint-Esprit. Mardi soir au Petit Théâtre, Geneviève Hamon, responsable du service Archives et patrimoine de la ville, a présenté un exposé très instructif sur un épisode méconnu du début de la guerre : l’incarcération des « Austro-Allemands » présents en France au début des hostilités.

Comme d’autres villes en France, y compris en Bretagne (Brest et Hennebont notamment), Auray dut héberger ces 698 internés civils, hommes, femmes et enfants, « accueillis » à la gare d’Auray le 5 septembre 1914. La plupart furent hébergés dans les appartements de la caserne Du Guesclin (chapelle du Saint-Esprit) dans des conditions très précaires : « À leur arrivée, ils étaient littéralement sur la paille, mais ils confectionnèrent rapidement de la literie en achetant des tissus aux commerçants locaux ».

Les mieux nantis logeaient dans l’un des quatre hôtels de l’époque : Le Galopin et Les Voyageurs à la gare, Le Lion d’Or et La Tour d’Auvergne dans le centre-ville. D’autres encore avaient trouvé des chambres à louer chez l’habitant.

Le journal de borddu secrétaire de mairie

La conférencière a repris notamment le journal de bord de Victor Creff, secrétaire de mairie, qui notait scrupuleusement les détails relatifs au séjour de ces « indésirables », selon ses propres termes. Malgré la hausse des prix liée à la guerre, la ville était tenue de les nourrir gratuitement : un plat chaud le midi, un potage le soir, et pour les Juifs qui ne mangent pas de porc, « tant pis pour eux » !

Certains travaillèrent gratuitement à l’hôpital militaire temporaire. Les femmes durent tricoter des chaussettes et des cache-nez pour les soldats français. Les mieux qualifiés, plus chanceux, trouvèrent des emplois salariés dans la confection, le bâtiment, la meunerie, la boulangerie, ou comme bonnes à tout faire pour les femmes.

La population locale n’était guère compatissante envers ces civils « ennemis » à charge. Progressivement, les femmes et les enfants furent autorisés à regagner leurs pays d’origine, et les hommes furent redirigés vers d’autres centres d’hébergement. « En février 1915, il ne restait à Auray que six internés civils : deux boulangers et leur famille qui avaient remplacé les boulangers alréens partis au front ».

Prochaines animations : une visite aujourd’hui

Deux autres conférences seront données à 18 h au Petit Théâtre : mardi 6 novembre, « La grippe espagnole à Auray en 1918 », par Christian Chaudré ; et mardi 13 novembre, « Journal de bord de Victor Creff », extraits lus par Pascal Gain.

Trois visites commentées sont encore au programme, toutes le samedi à 15 h : ce 3 novembre, le Manoir de Moncan par Annick Guillou-Moinard ; le 10 novembre, l’exposition au Saint-Esprit commentée par Geneviève Hamon ; et le 17 novembre place Maréchal-Leclerc, décryptage du monument aux Morts avec Lydia Dréan.

PratiqueExposition ouverte tous les jours jusqu’au 18 novembre,

de 14 h à 18 h, chapelle du Saint-Esprit.

Entrée libre.

Renseignements au 02 97 24 18 32 ou par courriel :patrimoine@ville-auray.fr

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31 mai 2013

Exposition « Nelson Mandela, de prisonnier à président » : hommage à un symbole

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L’exposition « Nelson Mandela : de prisonnier à Président » à l’Hôtel de Ville, un temps fort de l’ouverture de la Saison sud-africaine en France

Parmi les événements marquants de la semaine d’ouverture du volet français des Saisons Afrique du Sud - France 2012 & 2013, l’inauguration dans les salons de l’Hôtel de Ville d’une exposition qui rend hommage à Nelson Mandela en invitant le public à découvrir ou à redécouvrir le destin hors du commun de celui qui fut le premier Président noir de la République d’Afrique du Sud et qui reste un symbole historique de la lutte pour l’égalité raciale et les droits de l’Homme.

Proposée par le Musée de l’Apartheid à Johannesburg en collaboration avec la Fondation Nelson Mandela et mise en œuvre avec la Ville de Paris, cette exposition, qui est  présentée jusqu'au 6 juillet 2013, fait suite au vote du Conseil de Paris du 25 mars dernier qui a salué l’engagement de Nelson Mandela en lui attribuant le titre de Citoyen d’Honneur de la Ville de Paris.

Après avoir connu son premier succès en 2008 au Musée de l’Apartheid à Johannesburg, à l’occasion du 90ème anniversaire de Nelson Mandela, l’exposition a voyagé en Suède et en Argentine. Cette année, en plus de la France, elle rejoindra le Pérou et l’Équateur.

L'exposition revient sur l’itinéraire de Mandela dans toute sa complexité, en mettant en lumière sa vie tout autant politique et publique que privée et intime. Au prisme de son parcours, qui couvre plus de 70 ans, c’est aussi l’histoire de l’Afrique du Sud qui est racontée, notamment celle de plus de 40 ans de ségrégation raciale. Au travers de multiples supports, le rôle essentiel qu’a joué Nelson Mandela dans la lutte contre l’apartheid est montré, ainsi que la manière dont il a bâti une nouvelle nation sur les ruines d’un conflit, en exploitant pleinement les “armes” dont il disposait : militantisme, amour, persuasion, pardon, sens aigu de la politique doublé d’un sens de l’humour à toute épreuve.

L’exposition s’articule autour de six thématiques, illustrant pour chacune une facette de la vie et de l’engagement de Nelson  Mandela : La personne / Le camarade / Le leader / Le prisonnier / Le négociateur / L’homme d’État.

À découvrir dans le cadre de l’exposition, de nombreux médias, panneaux grand format, photographies, films, dessins et sculptures racontant l’histoire riche et complexe de Nelson Mandela, parmi lesquels :

• Une reproduction de la cellule dans laquelle Nelson Mandela fut incarcéré à Robben Island durant 18 ans, sur ses 27 années de captivité, sera installée sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Cette pièce de 2,4 sur 2,1 mètres comportait seulement un matelas à même le sol, un petit banc et un seau d’aisance.

• Une maquette à l’échelle 1:8 de la sculpture de Marco Cianfanelli, qui fut réalisée et installée en 2012 à l’endroit même où Mandela avait été arrêté 50 ans plus tôt. Composée de 50 poteaux d’acier espacés et mesurant de 6 à 10 mètres de haut, elle donne à voir, sous un certain angle, le visage de Nelson Mandela.

• Des portraits perlés de Mandela créés par Impumelelo, un collectif de femmes artistes.

• Une série de dessins humoristiques du caricaturiste Zapiro sur la vie de Mandela après sa libération.

• Un portrait de Mandela par le photographe David Goldblatt.

• 9 courts métrages illustrant différents aspects de la vie de Mandela.

• Des banderoles faisant écho au contexte politique dans lequel la lutte contre l’apartheid a pris place.!

24 octobre 2018

ALORS, CE FASHION FREAK SHOW DE JEAN-PAUL GAULTIER ?

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Un spectacle dont on sort joyeux, revigoré, émoustillé et avec une petite larme au coin des yeux, cela n’arrive pas tous les jours. Et même si la petite philosophie de Jean-Paul Gaultier distillée tout au long de son spectacle – on est tous beaux avec nos défauts – peut sembler un peu cliché, on ne peut pas taxer le styliste de démagogie tant ses défilés, du premier en 1976 jusqu’à celui de cette année, sont une ode à la différence. Alors il y a un joli condensé d’humains dans ce Freak Show : des petits, des grands, des roux, des noirs, des androgynes, des minces et des dodus, tous ayant un point commun : le talent. Révélée par The Voice, l’excellente Demi-Mondaine réussit l’exploit de ne pas massacrer l’inchantable Nightclubbing d’Iggy Pop. Après avoir travaillé avec Stromae, Christine and The Queen et sur la comédie musicale Résiste, la chorégraphe Marion Motin trouve encore le moyen de nous surprendre. Les danseurs, tous bons, semblent sortir d’une pub pour les parfums Jean-Paul Gaultier. La bande son signée Nile Rodgers nous renvoie direct aux années Palace sans verser non plus dans le passéisme. La metteuse en scène Tonie Marshall a truffé le spectacle de bonnes idées (dont le numéro de la marinière pour deux) et les intervenants filmés nous font seulement regretter qu’ils ne soient pas en chair et en os sur scène. Certains reprocheront à Jean-Paul Gaultier de mettre dans un même panier Catherine Deneuve et Christina Cordula, Catherine Ringer et les frères Bogdanov. Mais c’est tout l’esprit du créateur, oscillant sans cesse entre le pointu et le popu. Haut en couleurs, et riche en latex et paillettes, ce Fashion Freak Show est un ébouriffant tour de manège et un sacré pied de nez au snobisme/minimalisme parisien.

Fashion Freak Show aux Folies Bergère, du mardi au samedi à 20h - les samedis et dimanches à 15h 2h20 avec entracte - À partir de 30 €.

26 mai 2013

Cannes: DSK monte les marches

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L'ancien président du FMI s'est affiché sur les marches du Palais des Festivals, samedi soir, à Cannes, pour la projection du dernier film en compétition. A son bras, sa nouvelle compagne.

DSK créé la surprise. L'ex-président du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a monté les marches samedi soir au festival de Cannes.

Arrivé vers 21h15, l'ancien ministre français était accompagné sur le tapis rouge de Myriam L'Aouffir, présentée par la presse people comme sa nouvelle compagne.

Il montait les marches pour la projection du dernier film en compétition, Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch, qui met en scène des vampires du XXIe siècle, selon l'organisation du festival.

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8 mars 2016

Homo Algus. Étranges créatures éphémères

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 La première génération d'Homo Algus, en 2012, avait vécu un mois. Sophie Prestigiacomo, plasticienne, prévoit à présent d'exposer huit spécimens tout au long de l'été dans les marais de Séné.

De l'australopithèque à l'homo sapiens, le bipède le plus connu au monde a-t-il vraiment évolué vers plus de sagesse ? Sur les côtes du golfe du Morbihan, a émergé un nouveau maillon : l'Homo Algus. Cette créature, imaginée par la plasticienne sinagote, Sophie Prestigiacomo nous interroge justement sur notre nature... Les fossiles, qui nous permettent de mieux comprendre notre passé, sont un cadeau de la sédimentation. Un bout de squelette ou une empreinte piégés dans la vase, et des milliers d'années plus tard, ils ouvrent le chemin de la connaissance. Mais dans le golfe du Morbihan, la vase a, elle, donné naissance à un nouvel homme : l'Homo Algus. Le fruit d'une intense recherche. « L'atelier est pour moi un laboratoire », raconte la plasticienne Sophie Prestigiacomo. « Je suis convaincue qu'arts et sciences ont de nombreuses parentés et réservent de belles rencontres ». Un sentiment partagé par l'un des plus célèbres paléontologues, Yves Coppens, puisqu'il est devenu il y a quelques jours le parrain de la toute nouvelle association « Homo Algus 2016 ». Défis artistiques Mais comment est apparu ce « maillon de réconciliation entre l'homme et la nature » ? « Je me suis toujours sentie décalée », sourit Sophie Prestigiacomo, sa créatrice. Peut-être parce qu'elle est « née en Tunisie d'une mère française et d'un père d'origine italienne » ? Ou parce qu'elle a toujours posé un regard d'enfant, plein de poésie et d'imagination sur son environnement ? Elle a choisi les Beaux-Arts, à Paris, comme une évidence. Et l'art in situ ou le land-art comme une seconde nature, avec aussi l'envie de la défendre. Au Futuroscope, elle a ainsi donné vie aux arbres en les faisant s'asseoir. Elle peut tout aussi bien faire monter un chêne à bord d'une plate, en bord de mer. Pourtant, quand le promeneur croise ces étranges apparitions, elles semblent totalement naturelles. « L'important est de ne jamais perdre de vue le rêve que l'on a eu », confie l'artiste. Comme le sportif de haut niveau offre l'impression de facilité, la technique, les défis qui se sont posés à l'artiste, doivent s'effacer, qu'elle travaille la pierre ou le papier, sous le soleil comme sous la pluie. Depuis 2010, après un tro breizh en camping-car, Sophie Prestigiacomo a posé son sac au pays des korrigans. « Pour le côté à la fois très vivant et quand même sauvage de la Bretagne, pour la douceur du Golfe », explique-t-elle. Elle a eu bien vite envie d'y investir le paysage. Amener les promeneurs vers l'art Avec d'autres amis plasticiens, amateurs et professionnels, elle crée un embryon de festival biennal en 2012 : « Les sentiers de curiosité ». « Il y a plein de choses à raconter avec la nature ». Son rêve ? Donner envie à la population, aux élus, d'installer régulièrement des oeuvres plus ou moins éphémères tout autour de la Petite Mer. Une manière d'amener les promeneurs vers l'art et les passionnés d'art vers la nature... La première édition a donné un échantillon des possibles sur quelques centaines de mètres. Elle-même a arpenté et ré-arpenté le chemin en bas du bourg de Séné. La nature lui a soufflé son inspiration. « Si vous aviez vu ces algues sur la laisse de haute mer ! C'était une peau, une peau humaine, posée sur la vase », raconte-t-elle, l'oeil pétillant. « J'adore la vase. Il y a plein de façons de la voir. Dès qu'on laisse place à l'émotion, les idées arrivent toutes seules ». Chez elle, elles bouillonnent comme les courants impétueux du Golfe. Homo Algus était né. Une première fois. Remettre la main à la vase « Mon plus beau cadeau, c'est que cette aventure m'a dépassée. Cette création a sa vie propre ». D'autant que cette année-là, Séné vit une autre naissance : celle d'un centre culturel où les habitants sont partie prenante. Au fil des saisons, la plasticienne, sensible à cette démarche, s'implique dans la vie culturelle de la commune. Si bien qu'Homo Algus, qui a marqué les esprits, finit par la rattraper. « On ne pouvait pas rester sur ce dialogue inachevé », plaide Martine Lebel-Guillon, présidente de l'association Homo Algus 2016. Leur retour doit donc se faire dans quelques mois dans l'écrin de la réserve naturelle nationale des marais de Séné. L'artiste va remettre la main à la vase. Elle imagine, cette fois, jouer avec l'eau et les reflets. Comme à Séné, culture rime avec participation, une campagne a été lancée sur le web pour permettre à d'autres de s'investir dans le projet et collecter 6.000 €. Car cette fois, c'est une petite communauté de huit Homo Algus qui, au milieu des oiseaux migrateurs, viendra nous chuchoter combien, depuis Lucy et même avant, l'homme est lié à la nature. Article de Catherine Lozac'h in Le Télégramme

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19 mars 2016

Exposition : Bettina Rheims à la MEP

Bettina Rheims : On profite des derniers jours de l’exposition Bettina Rheims à la Maison européenne de la photographie. Pubs, affiches, pages mode (notamment pour ELLE), on file redécouvrir les clichés d’une artiste incontournable.

« Bettina Rheims », du 28 janvier au 27 mars, Maison européenne de la photographie, 75004 Paris

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Reportage photographique : JS

http://www.mep-fr.org/evenement/bettina-rheims/

4 mars 2016

TERRY RICHARDSON A SHOOTÉ LA DERNIÈRE COLLECTION DE SUPREME

Supreme et Them Magazine, la récidive! Après un éditorial majestueux sublimant la saison fall/winter 2015 du pilier du streetwear, le mag de mode japonais fait végéter à présent les must-have de la collection haletante spring/summer 2016 de Supreme.

À marque emblématique, photographe d’exception voir polémique. On connait les liens qui unissent Terry Richardson et Supreme, des milliers de shots déjantés et une pléiade de stars passée sous leur bistouri comme dernièrement Morrissey.

Sans surprise, l’idylle se prolonge entre la marque de skateboard et le photographe corrosif dans cet éditorial visuel modelé par l’enfant prodige de l’art selon Vogue, Lucien Smith.

S’exhibent ainsi les pièces fétiches du directeur artistique de Supreme himself, le dénommé Angelo Baque : Du pantalon de paon, à la veste « fuck them all » dont le logo au dos détourne celui d’alfa Romeo.

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7 décembre 2013

In memorem : Pearl Harbor

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L'attaque de Pearl Harbor est une attaque surprise par l'aéronavale japonaise le 7 décembre 1941 de la base navale américaine de Pearl Harbor située sur l’île d’Oahu, dans l’archipel du territoire américain d’Hawaï, au cœur de l'océan Pacifique. Cette attaque visait à détruire la flotte de l'United States Navy qu'elle abritait et entraîna l'entrée dans la Seconde Guerre mondiale des États-Unis.

L'attaque fut ordonnée par le général Hideki Tojo lancée par surprise le matin du dimanche 7 décembre par le service aérien de la marine impériale japonaise contre la flotte américaine du Pacifique dans le port et d’autres forces qui stationnaient aux alentours. Cette attaque s’inscrit dans la politique d’expansion impériale. L’anéantissement de la principale flotte de l'US Navy devait permettre à l’empire du Soleil levant d’établir sa « sphère de coprospérité de la grande Asie orientale ». Le quartier-général impérial souhaitait également répondre aux sanctions économiques prises par Washington en juillet 1941 après l'invasion de la Chine et celle de l'Indochine française par l'armée impériale japonaise.

À l'issue de l'attaque, conduite en deux vagues aériennes parties de 6 porte-avions japonais et impliquant plus de 400 avions, les pertes américaines furent importantes : 2 403 morts et 1 178 blessés. Quatre navires de ligne, trois croiseurs, trois destroyers et 188 avions furent détruits. Cependant, beaucoup de navires purent être remis en état dans les mois qui suivirent, et les trois porte-avions américains du Pacifique, alors absents de Pearl Harbor, échappèrent à l'attaque.

Les Japonais perdirent 64 hommes, 29 avions et cinq sous-marins de poche ; un marin fut capturé.

En moins de vingt-quatre heures, l'Empire du Japon attaqua également les États-Unis aux Philippines et ouvrit les hostilités avec le Royaume-Uni, en envahissant Hong Kong et en débarquant en Malaisie.

L'attaque de Pearl Harbor provoqua l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Alliés. Aux États-Unis, cette attaque reste un des évènements les plus marquants de l'histoire du pays — chaque année le drapeau est mis en berne à la date anniversaire de l'attaque — synonyme de désastre national. Les historiens ont mis en évidence l’audace du plan de l’amiral Isoroku Yamamoto, le manque de préparation et les négligences américaines. Le rôle du président Roosevelt reste un sujet de polémique.

8 octobre 2018

Jean Michel Basquiat

A la Fondation Louis Vuitton, 120 chefs d'oeuvres font le tour d'une carrière aussi brève que fulgurante : celle de Jean-Michel Basquiat. En huit ans seulement, de 1980 à 1988, il marquera au fer rouge l'histoire de l'art et de la culture visuelle d'une oeuvre incandescente.

Précoce et sauvage. Les débuts de Basquiat répondent en tous points à la mythologie de l’artiste romantique. Né en 1960 à Brooklyn, il grandit aux côtés de deux sœurs dans une famille aimante qui l’emmène au musée et lui offre des livres d’art pour nourrir la passion pour l’art qui le consume déjà. A quatre ans, il sait lire et écrire ; à huit, il parle couramment trois langues. Puis le cocon se déchire : avec le divorce des parents viendront les changements d’école et les déménagements incessants. En 1976 à 16 ans, il plaque tout, l’école privée huppée et la maison paternelle. Désormais, son éducation et sa famille, ça sera la rue, la même qui fera éclore l’artiste qui sommeille encore en lui.

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Avec sa bande, AL Diaz et Shannon Dawson, ils commence à graffer dans leur quartier, un Manhattan encore brut et plein de possibles que commencent tout juste à investir les galeries d’art. La rue, Keith Haring la tient déjà, qu’il recouvre de son alias « Radiant Babies ». Mais voilà que commence à s’imposer un nouveau venu, SAMO pour "Same Old Shit" : Basquiat et Al Diaz. SAMO, on le répète souvent, c’est l’invention du graffiti intello, accompagnant systématiquement la signature–logo de messages lapidaires, véritables manifestes où se met déjà en place sa pratique picturale à venir : "SAMO© comme une forme de néo-art", "SAMO© comme clause échappatoire", "SAMO© comme une fin au faux pseudo-intellectuel".

"Ceci n’est pas un graffiti, ceci n’est pas un train, ceci est un Jean-Michel Basquiat", écrira en 1981 le critique René Ricard entre les pages dArtforum, soit la plus prestigieuses des revues d’art. Avant même d’avoir vu les toiles, le critique reconnaît dans les tags une singularité rayonnante. D’où ce titre pour celui qui accompagnait toujours le nom de SAMO d’un sigle copyright mais aussi d’une couronne : "The Radiant Child", l’enfant radieux. La même année, Basquiat s’offre sa première exposition solo. Alors que SAMO taggait l’extérieur des galeries downtown, Basquiat y pénètre enfin. 1981 n’est pas qu’une évolution, pas uniquement la première étape mais marque une rupture nette. Pour que Jean-Michel Basquiat devienne vraiment Basquiat, SAMO doit mourir.

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Il entame alors une série de "Têtes" et d’autoportraits en dessin et en peinture, d’abord sur des matériaux de rebut puis sur toile. S’y retrouvent son amour pour les mots et la musique, son énergie fluide et solaire, sa rage de vivre et surtout de vaincre. L’exposition rétrospective que lui consacre actuellement la Fondation Lois Vuitton s’ouvre ainsi sur un ensemble exceptionnellement réuni de trois grandes "Têtes" (Heads). Dans le style néo-expressionniste qui déferle alors sur la scène US, mâtiné de l’énergie de la rue et des pulsations frénétiques du jazz qu’il écoute en travaillant à même le sol, éclate déjà l’aura du demi-dieu que deviendra celui qui n’a pourtant encore peint moins de toiles qu’il n’a sur la tête de dreads.

L’art du sampling

En 1982, il a 22 ans. A l’âge où d’autres rentrent à peine aux Beaux-Arts, celui qui a grillé toutes les étapes s’offre une exposition chez Larry Gagosian, soit le galeriste le plus puissant de l’époque – c’est toujours le cas. Il enchaîne également les expositions institutionnelles, aux Etats-Unis et en Europe. Il participe à la Documenta 7 de Kassel en Allemagne organisée tous les cinq ans, et devient le premier artiste afro-américain à exposer au Whitney Museum de New York. Dès le début, il est à la fois reconnu, révéré même, par les institutions, la critique et le marché. C’est-à-dire aux antipodes de l’artiste maudit que les films et biographies s’attachent désormais à donner de lui. Certes, avec Keith Haring, il fait partie des premiers artistes à passer de la rue au musée. Mais surtout, Basquiat connaît l’histoire de l’art sur le bout des doigts.

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Tout autant que le sacré, biblique ou vaudou, et que la culture populaire, le jazz ou la BD, il se nourrit de la tradition européenne d’après-guerre (CoBrA, Jean Dubuffet) mais aussi des grands peintres américains de la génération précédente (Robert Rauschenberg ou Cy Twombly). Surtout, il participe, conscient à la fois de sa singularité et de ses racines, au mouvement néo-expressionniste qui émerge alors au début des années 1980 à New York, aux côtés notamment de Julian Schnabel et David Salle. L’un des buts de l’exposition à la Fondation Vuitton, loin d’être la première rétrospective, est d’ailleurs selon sa directrice Suzanne Pagé de "mettre fin à la fable du supposé autodidacte sauvage". Comment ? En alignant une série de 120 chefs d’œuvres.

Warhol et Basquiat, frères solitaires

Résumons. A 22 ans, Basquiat a le monde a ses pieds. Que faire ensuite, lorsqu’on est animé d’une inextingible énergie de créer ? Tout en continuant à peindre avec la fougue qu’on lui connaît, la vie lui paraît trop simple. Comme le relate le film que lui consacrera en 1996 le peintre Julian Schnabel, son ami et rival, Basquiat s’ennuie. Il se met à trahir ses proches, lâche ses galeristes et grille ses soutiens, préfère la compagnie des groupies à celle de sa copine. Quelque chose manque, quelque chose comme une amitié désintéressée, une émulation aussi brutale et sincère que les valeurs du sport qu’il adule : la boxe.

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Le salut ne viendra pas du sport mais de la nuit. La nuit glacée tapissée de feuilles argent, la nuit éternelle des lunettes noires portées H24. D’un autre pape donc, d’une autre figure aussi stellaire et solitaire que lui : Andy Warhol. Très tôt, Warhol a du flair. Il lui achète plusieurs croquis, l’encourage et le soutient financièrement. Peu à peu, une véritable amitié naît. Et surtout des œuvres. Entre 1983 et 1987, ils co-produiront une soixantaine de toiles. A la Fondation Vuitton, la toile Dos Cabezas (1982), signée de la seule main de Basquiat, les montre côte à côte, frères solitaires que tout oppose, l’un sinistre, l’autre éructant ; l’un dandy retiré dans sa Factory aseptisée, l’autre enfant de la rue, du bruit et de la fureur.

Représenter l’identité afro-américaine

En 1988 à 27 ans, Basquiat meurt d’une overdose. Il est difficile de découper une œuvre resserrée en une poignée d’année en périodes distinctes comme on le fait pour tant d’autres artistes. Cependant, l’une des évolutions majeures reste l’affirmation à la fin de sa vie d’une tonalité militante. Après les « Têtes » de la jeunesse, puis les peintures intermédiaires sur panneau laissant la part belle au grand remix des sources et références, s’y prononce de plus en plus une dimension toujours contenue en germe : la représentation, de plus en plus militante, d’une identité afro-américaine.

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Tout en ayant toujours clamé sa volonté d’être reconnu comme un artiste, le plus grand, et non un artiste afro-américain, il peint des personnages noirs historiques ou contemporains et les événements qui leurs sont liés. Au point d’entamer, à la toute fin de sa vie vers 1986, une période plus figurative, plus directe. A la Fondation Louis Vuitton, on assiste à l’apparition de cette veine à travers la figure du "negro policeman", le policier noir, qu’il considère comme profondément ambiguë voire ironique. Un traite à sa propre classe, illustrant l’absurdité de faire volontairement appliquer des lois iniques écrite par la classe dominante blanche. D’où ce portrait traité d’un bloc, au rictus grimaçant et aux yeux vides, n’ayant en guise de visage qu’un masque surmonté d’un chapeau surmonté de grilles rigides comme l’est le totalitarisme.

• Jean-Michel Basquiat, du 3 octobre au 14 janvier à la Fondation Vuitton à Paris

28 février 2016

Pasolini : comment la culture a tué l'art

Pour Pier Paolo Pasolini, l'art n'était pas un mot doux susurré aux oreilles des bourgeois et ouvrant miraculeusement les vannes des fontaines à subventions. C'était une matière vivante, radicale et désespérée. Une pâte à modeler les désirs et les rêves issues de la triste réalité. Une exception fragile face au règne de la culture. Ou tout du moins de la nouvelle culture moderne.

En effet, dans l'Italie d'après-guerre, la culture humaniste (l'art) – celle qui mettait à l'honneur Dante et Léopardi, Rossini et Puccini – a laissé place à une culture plus en phase avec les préoccupations matérielles du moment, une culture tournée vers l'avenir électroménager et le divertissement télévisuel : la culture hédoniste de consommation. Une culture qui impose un tel impératif de jouir des biens matériels que Pasolini parle de « fascisme de la société de consommation », le « désastre des désastres ». Un désastre car cette révolution capitaliste impose aux hommes, quelle que soit leur classe sociale, de se couper des valeurs et des passions de l'ancien monde, comme il l'explique dans ses Lettres Luthériennes (1975) : « Elle exige que ces hommes vivent, du point de vue de la qualité de la vie, du comportement et des valeurs, dans un état, pour ainsi dire, d’impondérabilité – ce qui leur permet de privilégier, comme le seul acte existentiel possible, la consommation et la satisfaction de ses exigences hédonistes. »

Le nouveau pouvoir consumériste impose ainsi un conformisme en accord avec l'air du temps utilitariste : la morale, la poésie, la religion, la contemplation, ne sont plus compatibles avec l'impératif catégorique de jouir du temps présent. L'art qui se nourrit des passions humaines les plus tragiques et les plus violentes n'a plus sa place dans un monde soumis aux stéréotypes médiatiques et aux discours officiels. À quoi servent encore des livres qui transmettent une représentation d'un monde passé dans une société exclusivement tournée sur elle-même ?

Ainsi, si le mot « culture » avait encore un sens à cette époque-là (un sens dépréciatif on l'aura compris : les artistes appartenant au « monde d'avant ») il est aisé de constater qu'il ne désigne désormais qu'un objet de consommation parmi tant d'autres et dont l'inoffensive transgression subventionné de l'art contemporain est en l'emblème souverain. Une transformation due, en partie, à la volonté de l'intelligentsia de gauche de « désacraliser et de désentimentaliser la vie », se croyant la porte-drapeaux d'un antifascisme fantasmé alors qu'elle contribue à développer, selon la nouvelle logique conformiste, le véritable fascisme moderne, celui de la consommation irrépressible : « Venant des intellectuels progressistes, qui continuent à rabâcher les vieilles conceptions des Lumières, comme si elles étaient passées automatiquement dans les sciences humaines, la polémique contre la sacralité et les sentiments est inutile. Ou alors, elle est utile au pouvoir. »

Poète irréductible, cinéaste enragé, Pasolini s'est toujours élevé contre les normes oppressantes du vieux régime cléricale-fasciste, bouleversant les codes et les styles. Mais tout à son irrespect aux désuètes hiérarchies imposées par le pouvoir il est un des rares à avoir compris que le sacré (l'art), débarrassé de sa léthargie bourgeoise, possédait une aura de subversion scandaleuse. Que dans un monde spirituellement desséché et ricanant, il ne faut « pas craindre la sacralité et les sentiments, dont le laïcisme de la société de consommation a privé les hommes en les transformant en automates laids et stupides, adorateurs de fétiches. »

Dans la lutte cruelle, et pourtant vitale, de l'art contre la culture (le cinéma contre la télévision, le poète contre l'animateur, le théâtre contre les créatifs, l'érotisme contre la transparence, la transcendance contre le matérialisme) la voix de Pasolini, tranchant l'air vicié de la publicité et de la vulgarité, rejoint celle d'un autre grand cinéaste mécontemporain italien, Federico Fellini : « Je crois que l’art est la tentative la plus réussie d’inculquer à l’homme la nécessité d’avoir un sentiment religieux. » Article de Sylvain Métafiot

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7 octobre 2018

Exposition : Joan Miro, le rêve au bout du pinceau

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Par Emmanuelle Lequeux - Le Monde

Le Grand Palais, à Paris, présente, jusqu’au 4 février, 150 œuvres – des toiles, des dessins, des sculptures et des céramiques – de l’artiste catalan.

De son propre aveu, il ne rêvait jamais. « Je dors comme une taupe », s’amusait-il dans son joli français de catalan. Voilà pour les nuits de Joan Miro (1893-1983). Quant à ses jours, c’était une tout autre ­affaire. Il avait apprivoisé le songe pour en faire son compagnon indocile.

La rétrospective qui vient d’ouvrir au Grand Palais, à Paris, le rappelle merveilleusement. Sept décennies de création, un mouvement perpétuel, vers toujours plus de liberté. Certes, l’accrochage ne dévoile pas de grandes avancées théoriques sur son œuvre, et le propos n’avait rien de risqué : « Nous voulions réunir les 150 chefs-d’œuvre de Miro », résume Jérôme Neutres, directeur de la stratégie de la RMN-Grand Palais. Encore fallait-il y parvenir.

Pas vraiment surprenant que l’on doive cette prouesse à Jean-Louis Prat, ancien directeur de la Fondation Maeght et grand ami de l’artiste. Venues du monde entier, parfois cachées dans des ­collections privées, nombre de ces peintures appartiennent ­désormais à l’inconscient collectif. Certaines, au contraire, sortent bien plus rarement de leur cachette, à l’instar de ce Nocturne de 1938, somptueux microcosme où cohabitent, funambules, les créatures de son cœur, étoile, lune, oiseau.

« Détaillisme »

« Je sais que je suis des chemins extrêmement dangereux et je vous avoue que parfois, je suis pris d’une panique propre au voyageur qui se retrouve sur des chemins inexplorés », confiait Miro à un ami, en 1923. Plutôt que la panique, c’est l’enchantement qui l’emporte dans ce voyage truffé de péripéties formelles. Même les tout débuts ne sont pas si sages. Datées de 1916, les premières toiles du Barcelonais mêlent ardemment les fulgurances des couleurs fauves et la rigueur analytique du cubisme.

Changement soudain, alors que la première guerre mondiale s’achève en Europe : la terre rude et ocre de Montroig, en Tarragone, où il passe tous ses étés, lui inspire des compositions à nulles autres pareilles. Fermes, champs, potagers, bétail, le moindre pistil est dépeint dans ces singulières enluminures. « Au moment de travailler à un paysage, je commence par l’aimer, de cet amour qui est le fils de la lente compréhension », expliquait-il.

JOAN MIRO : « LE FAUVISME, LE CUBISME NE M’AVAIENT APPORTÉ QUE DES DISCIPLINES FORMELLES, SÉVÈRES. IL Y AVAIT EN MOI UNE RÉVOLTE SILENCIEUSE »

Le chantournement des feuilles d’olivier, la silhouette gracile des pousses, la rectitude des labours, la ligne serpentine d’une sente… Tout est rendu avec la plus grande méticulosité, et le « détaillisme » est poussé à son paroxysme dans La Ferme (1921), acquis après moult péripéties par Ernest Hemingway.

Pourtant, de réalisme, aucun. Ce paysage qu’il connaît par cœur lui a appris à le dépasser. « Il me faut un point de départ, ne serait-ce qu’un grain de poussière ou un éclat de lumière, racontait ce fils d’orfèvre. Cette forme me procure une série de choses, une chose faisant naître une autre chose. Ainsi un bout de fil peut-il me déclencher un monde. » C’est à la douce naissance de ce cosmos que l’on assiste, de salle en salle.

Très vite, Miro rejoint la joyeuse troupe de l’avant-garde parisienne, comme l’avait fait son concitoyen Picasso, vingt ans auparavant. Installé au 45, rue Blomet, dans le 15e arrondissement, il se lie d’amitié avec Eluard, Breton, Aragon, Tzara, Leiris, Jacob et Desnos. Ce sont eux qui lui ouvrent définitivement la porte des songes. Car rêver, cela s’apprend, et il eut en la matière de fabuleux maîtres : « Le surréalisme m’a ouvert un univers qui justifie et qui apaise mon tourment. Le fauvisme, le cubisme ne m’avaient apporté que des disciplines formelles, sévères. Il y avait en moi une révolte silencieuse. »

« Encres de cygnes »

Son vocabulaire est alors en place, qu’il contorsionnera en tous sens jusqu’à ses derniers instants, en 1983. Les ocres de ses terres d’enfance se battent ­contre les bleus des ciels d’Espagne. Les chiens ont des silhouettes de palette de peintre désorganisé, les spirales suscitent, de quelques pointillés, un big bang.

Plus que la peinture, qu’il cherche selon ses mots à « détruire », la poésie l’accapare. C’est la ­ période des peintures-poèmes, ces « encres de cygnes » que célèbre l’ami Raymond Queneau. Des toiles-étincelles. Ceci est la couleur de mes rêves ? Une tache de pigment bleu sur un océan de blanc suffit à faire décoller l’imaginaire. Main à la poursuite d’un oiseau, et la courbe de ces doigts file jusqu’à un infini d’azur.

Toutes les œuvres majeures de cette époque idéale sont ici rassemblées, notamment deux des Intérieurs hollandais : explosives digressions autour de scènes de genre du Siècle d’or, qui deviennent chez Miro un somptueux carnaval de formes. Cette face de lune rouge sang, cette grenouille qui s’effile en patchwork, cette chauve-souris baudruche, cette fureur jazzy, l’œil pourrait passer des heures à les explorer.

QUAND TOUTE L’EUROPE S’EMBRASE, À L’ÉTÉ 1939, MIRO SE RÉFUGIE EN NORMANDIE

Mais bientôt, le ciel s’assombrit sur l’Europe, et avec lui la palette du peintre. Les monstres remplacent les créatures graciles, le pastel grince, on entend des aboiements plutôt que des chants d’oiseaux. Quand éclate la guerre d’Espagne, en 1936, Miro se lance dans une série de vingt-sept peintures sur masonite brune, « un exorcisme violent, instinctif ». Bitume, goudron, poudre de gravier, les formes éclatent, s’enragent. « Aidez l’Espagne ! » Seul le timbre qu’il réalise à la ­demande du critique d’art ­Christian Zervos, afin de collecter des fonds pour les Répu­blicains en lutte contre Franco, tente un « haut les cœurs », poing levé gargantuesque de paysan catalan en révolte, jaune et rouge du drapeau national.

Quand toute l’Europe s’embrase, à l’été 1939, Miro se réfugie en Normandie. De ce douloureux exil naît sa série la plus ­stupéfiante, la plus aérienne : Constellations, une vingtaine de gouaches sur papier. Etoiles et becs de perroquet, plumes et ­pupilles, globules et chevelures, les idéogrammes flottent sur fond de ciel d’orage. C’est la calligraphie d’un ailleurs quand il ­devient impossible d’échapper à la tragédie du monde. « L’art peut mourir, ce qui compte, c’est qu’il ait répandu des germes sur la terre », clamait-il alors.

Le ravissement des trois « Bleu »

Le dernier tiers du parcours est peut-être moins fort, Miro revisitant ses motifs chéris dans des formats plus libres, mais moins tendus, dans des céramiques « en terre de grand feu » quasi ­archaïques, et des créatures de bronze peint. Une salle suffit ­cependant à replonger dans le ­ravissement. Bleu I, II et III : trois somptueux monochromes, traversés d’une mélopée de trous noirs, de quelques fulgurances sang et soulignés ici par la silhouette de bronze noire d’un Oiseau lunaire prêt à l’envol.

Bien qu’appartenant toutes trois au Musée national d’art ­moderne, ces toiles immenses ne sont pas si souvent présentées ensemble au centre Pompidou. Ici, ce n’est plus un triptyque, c’est une chapelle.

« Dépouillement ­absolu », « l’aboutissement de tout ce que j’avais essayé de faire », se félicite l’artiste après dix longs mois passés, en 1961, à achever ce chef-d’œuvre dans l’atelier que lui a construit sur mesure Josep Lluis Sert à Palma de Majorque, où il ­finira sa vie.

Les trois Bleu, ce sont les enfants aériens des expériences les plus radicales de la rue Blomet, mais aussi de sa fascination pour les maîtres de l’abstraction américaine, à commencer par Mark Rothko et ses nébuleuses, qu’il découvrit à New York dix ans auparavant. « Faille du ciel effervescent », ces mots du poète ­Jacques Dupin semblent être dédiés à cette épiphanie. Ils ont été publiés dans le recueil L’Embrasure, que Miro enlumina à la gouache. Et qui finit ainsi : « Ta comptabilité stellaire atteint l’obscénité. »

Rétrospective Joan Miro, aux galeries nationales du Grand Palais, 3, avenue du Général-Eisenhower, Paris 8e. Tél. : 01-44-13-17-17. Les jeudis, dimanches et lundis de 10 heures à 20 heures, les mercredis, vendredis et samedis de 10 heures à 22 heures. De 12 € à 16 €. Jusqu’au 4 février. Catalogue, éditions RMN-Grand Palais, 304 p., 300 illustrations, 45 €.

27 février 2016

Exposition "Années 80" au Centre Pompidou - accès libre - photo ci-dessous : Jean Paul Goude

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Années 80, futilité publique A travers photos et vidéos, le Centre Pompidou présente à Paris, jusque fin mai, un panorama d’une décennie froide et frimeuse, marquée par l’émergence d’une imagerie aux manipulations balbutiantes et d’un certain désenchantement. Cry Now, Laugh Later, New York, 1982. Photo Collection particulière Jean-Paul Goude #exposition #exhibition #eighties#80s #Goude @centrepompidou

2 octobre 2018

Jean Paul Gaultier Fashion Show

Après avoir fait voyager sa vision utopique sur les podiums, dans la musique (pour la tournée Blond Ambition de Madonna) mais aussi au cinéma (en créant les costumes du Cinquième Elément de Luc Besson), c’est désormais sur la scène des Folies Bergère, dont il rêvait d'investir les murs le temps d'un spectacle, que Jean Paul Gaultier offre au public son énergie transgressive. De ses débuts provocateurs à ses plus grands défilés, des folles soirées au Palace aux sulfureuses nuits londoniennes, l’enfant terrible de la mode dévoile les coulisses de l'histoire de sa vie dans un show extravagant. A mi-chemin entre la revue et le défilé de mode, ce spectacle autobiographique et tapageur met à l'honneur les muses de Jean Paul Gaultier, de Madonna à Mylène Farmer, incarnées par des danseurs et artistes de renom, habillés de pièces emblématiques de la maison française. Le résultat ? 2h20 de performance, de danse, de chant, qui vous feront autant rire que pleurer.

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30 septembre 2018

Dinard Film Festival. Le raz-de-marée « Jellyfish »

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Photo ci-dessus : Monica Bellucci, présidente du jury du Festival de Dinard

« Jellyfish » est le grand gagnant de la 29e édition du Dinard Film Festival. L’équipe du film repart avec le prix du meilleur film, celui du meilleur scénario et celui de la presse. Le jury a même décidé de créer un prix d’interprétation pour Liv Hill, l’actrice principale. Le public, lui, a plébiscité « Old Boys ».

« C’est encore moi. Je vais finir par pleurer ! ». James Gardner, le réalisateur de « Jellyfish », s’apprête à recevoir son troisième prix de la soirée et il n’en revient toujours pas. Son premier long-métrage est le grand gagnant de la 29e édition du Dinard Film Festival dont la remise des prix avait lieu ce samedi 29 septembre.

C’est la presse qui a donné le coup d’envoi du raz-de-marée « Jellyfish » avec le Prix de la critique, décerné pour la première fois (lire ci-dessous). Ému, James Gardner, entouré de ces acteurs et de son producteur, ne sait pas encore ce qui l’attend.

« Nous avons fait ce film sans argent »

Car l’histoire de Sarah Taylor, le personnage du film qui s’occupe de ses petits frères et sœur et de leur mère dépressive, se fait chahuter à l’école et exploiter par son patron, et va voir sa vie transformée par sa rencontre avec un professeur de théâtre, n’a pas seulement fait l’unanimité auprès de la critique.

Sur scène, entourée du jury, Monica Bellucci, la présidente du 29e Dinard Film Festival, ne fait pas durer le suspense. « Le Hitchcock du meilleur scénario et le Hitchcock d’Or sont décernés à l’unanimité à "Jellyfish" », annonce-t-elle avec une pointe d’accent italien. « Nous avons fait ce film sans argent. Toute l’équipe a fait ce film sans être payée », rappelle James Gardner. « Je ne peux que dire merci à notre producteur qui nous a fait confiance ».

Trois et même… quatre prix pour « Jellyfish » ! Impressionné par la prestation de l’actrice principale de ce long-métrage, Liv Hill, le jury a décidé de lui décerner un prix spécial, le Prix d’interprétation. Une première à Dinard (35), qui a laissé l’actrice sans voix. « Le fait que je n’arrive pas à parler montre à quel point je suis heureuse », balbutie la jeune femme.

Humour « so british »

« Le prix du public annonce généralement que le film primé va marcher ». Grande figure du cinéma français Dominique Besnehard sait de quoi il parle. De quoi laisser envisager un avenir radieux à « Old Boys », le film choisi par les quelque 30 000 spectateurs du Dinard Film Festival. « Je tiens à remercier Dinard et les spectateurs », sourit le réalisateur Toby MacDonald, Hitchckok dans les mains. « Ça a été un grand plaisir et un honneur de voir tout le monde regarder notre film ».

Le jury des courts-métrages a, lui, décidé d’attribuer deux prix. Une mention spéciale à « Cabin Pressure » et le Hitchcock du jury à « Bridge ». Le public, de son côté, plébiscite le court-métrage « Two Strangers Who Meet Five Times ».

« The Bookshop », présenté en avant-première, reçoit, pour sa part le Hitchckock coup de cœur de La Règle du Jeu, association des cinémas Art et Essais en Bretagne. Quant à Ian Hart, membre du jury et récompensé du Hitchcock d’honneur Barrière pour l’ensemble de sa carrière, il rappelle pourquoi le Dinard Film Festival aime tant les Britanniques. « Maintenant, j’ai peur. Quand on reçoit un tel prix, ça veut dire qu’on va bientôt mourir ! ». Un humour « so british ». Le Télégramme

21 février 2016

Christine Lagarde rempile...

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Christine Lagarde a été reconduite, vendredi 19 février, à la tête du Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau mandat de cinq ans au moment où l’économie mondiale connaît un passage à vide, a annoncé l’institution dans un communiqué.

« Je suis ravie d’avoir l’opportunité de conduire le FMI en tant que directrice générale pour un second mandat de cinq ans », a-t-elle réagi, citée dans un communiqué.

Seule candidate en lice, l’ancienne ministre de l’économie française, âgée de 60 ans, avait reçu le soutien de nombreux Etats membres du FMI, dont la France et les Etats-Unis, et entamera son nouveau mandat en juillet.

Renvoyée devant la justice française

Christine Lagarde était arrivée à la tête du FMI en juillet 2011, succédant à Dominique Strauss-Kahn, qui avait été contraint de démissionner, embourbé dans le scandale du Sofitel.

Mme Lagarde est confrontée, en France, à des ennuis judiciaires : la justice l’a renvoyée, en décembre, devant le tribunal correctionnel pour sa « négligence » supposée dans l’affaire Tapie-Crédit lyonnais, au moment où elle était ministre de l’économie. Elle avait cependant reçu le soutien du conseil d’administration du FMI, qui lui avait témoigné sa « confiance » dans sa capacité à assurer sa mission.

30 septembre 2018

PARIS FASHION WEEK : défilé L'OREAL

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Vous avez toujours rêvé d'assister à un défilé de la Fashion Week de Paris mais vous n'avez jamais réussi à choper le Saint-Graal, à savoir une invitation ? Tout va changer au cours de la Paris Fashion Week 2018 puisque L'Oréal Paris a décidé de bousculer les codes de la Fashion Week.

Le 30 septembre 2018, vous allez pouvoir assister au défilé de la marque, gratuitement, depuis les Quais de Seine. Pour cela, rendez-vous au Pont de Solférino pour découvrir l'immense podium flottant de 60 mètres de long que L'Oréal va mettre en place pour son défilé 2018.

Après les Champs-Elysées, la marque française va en effet célébrer la mode et la beauté sur la Seine. Une première à Paris ! Le défilé bénéficiera même d'un arrêt du trafic fluvial pour l'occasion, afin de ne pas perturber le défilé de ses mannequins sur le catwalk - parmi lesquels Doutzen Kroes, Eva Longoria, Andie McDowell ou encore l'actrice Elle Fanning.

Si vous ne pouvez pas vous sur les quais de Seine ce jour-là pour contempler les 70 looks imaginés par Val Garland et Stéphane Lancien, pas de panique, le défilé sera retransmis en live dans plus de 30 pays du monde entier.

Parce-que vous le valez bien !

Adresse: Pont de Solferino

Accès gratuit

MODE A l'occasion de la Fashion Week, le défilé L'Oréal Paris, ouvert à tous, est de retour ce dimanche à 14 heures sur un podium flottant sur la Seine…

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L’Oréal Paris organise un défilé ouvert à tous ce dimanche à Paris avec de nombreuses égéries dont Eva Longoria.

Il s’agit d’un défilé qui aura lieu sur une structure flottante posée sur la scène.

L’événement sera retransmis sur les réseaux sociaux de la marque dans 30 pays.

Un défilé ouvert à tous. L'Oréal Paris organise pour la seconde fois un défilé avec ses égéries à l’occasion de la Fashion Week. Après avoir choisi l’an dernier l’emblématique décor des Champs-Elysées, cette seconde édition se déroulera ce dimanche sur un podium flottant sur la Seine, au port de Solférino.

« La vocation de la marque L’Oréal Paris, c’est un peu de démocratiser le meilleur de la beauté », explique Pierre-Emmanuel Angeloglou, Brand Global Président L’Oréal Paris. Ce défilé s’inscrit donc dans « cette démarche de démocratisation et d’ouverture à tous ». En plus de quelque 400 invités triés sur le volet, L’Oréal Paris attend plusieurs dizaines de milliers de spectateurs au bord du catwalk sur les quais pour assister gratuitement à un show automne hiver 2018-2019.

Ecrans géants et retransmission dans 30 pays

« On tient beaucoup au fait d’ouvrir cet événement à un maximum de participants. On a même installé des écrans géants pour faire en sorte que les spectateurs puissent avoir une visibilité maximum de cet événement », détaille Pierre-Emmanuel Angeloglou. Cet événement sera pour la première fois retransmis en direct dans plus de 30 pays à la fois sur les réseaux sociaux de la marque, mais également via ses différents partenaires commerciaux. « On aura des images filmées par drone, des plans cadrés et décadrés », souligne le Brand Global Président L’Oréal Paris.

Nombreux seront donc ceux qui pourront apprécier cet événement préparé depuis plusieurs mois. « Il y a une dimension technique qui est assez incroyable, parce que c’est quand même un podium de 60 m de long, sur 7,5 m de large, c’est huit jours de montage et de démontage, c’est 300 personnes qui sont mobilisées le jour J », résume Pierre-Emmanuel Angeloglou. Le trafic fluvial sera même temporairement arrêté. « On travaille en parfaite collaboration avec la mairie de Paris, la préfecture de Police, et aussi les autorités fluviales et portuaires. On travaille avec les autorités pour assurer de parfaites conditions de sécurité », se félicite Pierre-Emmanuel Angeloglou.

La multi-médaillée Marie Bochet sur le catwalk

De quoi assurer les arrières des spectateurs mais aussi des égéries de la marque, telles que Doutzen Kroes, Elle Fanning, Eva Longoria ou encore Andie MacDowell. « Nikolaj Coster Waldau, alias Jaime Lannister dans Game of Thrones sera également présent. C’est aussi intéressant d’avoir la présence de quelques hommes et je pense que cela contribuera aussi à l’attractivité », détaille Pierre-Emmanuel Angeloglou.

La multi-médaillée Marie Bochet, qui a rejoint le clan des égéries beauté L’Oréal Paris, défilera à cette occasion pour la première fois pendant la Fashion Week parisienne. « C’est la plus titrée des jeux paralympiques en France. C’est pour nous un exemple formidable parce que fondamentalement, elle nous permet aussi de véhiculer une image d’accomplissement de soi », se réjouit Pierre-Emmanuel Angeloglou.

Une quinzaine de créateurs à l’honneur

Ces égéries défileront vêtues des looks imaginés par 12 créateurs : Ami, Atlein, Balmain, Elie Saab, Esteban Cortazar, Giambattista Valli, Isabel Marant, Jacquemus, Off White, Pierre Hardy, Poiret, Sonia Rykiel. « Dans notre sélection, on recherche une complémentarité de grands noms qui résonnent et de talents émergents », analyse Pierre-Emmanuel Angeloglou. « Le thème qu’on leur a proposé est d’illustrer leur vision de la Parisienne, de la beauté parisienne de jour comme de nuit », explique Pierre-Emmanuel Angeloglou. Et d’ajouter : « On fait défiler les looks de la saison en cours, des looks d’automne-hiver, ce qui fait qu’il y a une forme d’immédiateté pour le public. Ce sont des looks que vous trouvez aujourd’hui dans les boutiques de ces grandes maisons. »

« Il y a d’abord un objectif de visibilité pour la marque »

Le défilé sera également l’occasion pour L’Oréal de présenter sa nouvelle gamme de rouge à lèvres (Les Chocolats), le mascara « Unlimited » et un nouveau fond de teint « Infaillible ». Ou la collection de maquillage capsule créée par L’Oréal Paris et Isabel Marant, « une des femmes les plus emblématiques de la place parisienne » [disponible depuis ce 27 septembre sur le site L’Oréal Paris]. « Isabel Marant a une vision particulière de la beauté parisienne où on en fait jamais

Objectif de la marque de cosmétiques avec ce gigantesque rendez-vous ? « Celui de la visibilité pour la marque et, plus important encore, c’est une façon de renforcer notre relation avec les femmes et les hommes, les consommateurs mais aussi la perception de la marque et de ses valeurs », répond Pierre-Emmanuel Angeloglou. Et de conclure : « L’un des messages que l’on souhaite faire passer au travers ce défilé, c’est que la marque L’Oréal Paris est ancrée dans Paris, capitale de la beauté et de la mode. »

https://twitter.com/Loreal?lang=fr

https://www.youtube.com/watch?v=vnOvZW8GV7g

18 février 2016

L'exposition Serge Gainsbourg à la Galerie de l'Instant - save the date

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À l'occasion des 25 ans de la disparition de Serge Gainsbourg, la Galerie de l’Instant lui consacre une exposition de photographies, sélectionnées dans l'oeuvre de Tony Frank, du 11 mars au 31 mai 2016.

Des photos souvent intimistes, témoignages de moments tendres en famille ou en compagnie des femmes qui l’ont connu, mettant aussi l’accent sur les traits doux du visage de celui qui se trouvait si laid.

Tony Franck, photographe des stars

Jean Laulhé, photographe français né en 1945, est plus connu sous le nom de Tony Frank. Débutant sa carrière avec l’ère yé-yé, il figure comme l’un des piliers du magazine Salut les Copains. Il a également photographié Barbara, Johnny Hallyday, James Brown, ou encore Bob Dylan… On lui doit la photo des fesses de Polnareff en 1972, ainsi que la photo de l’album Melody Nelson. Il photographie Gainsbourg dès le début des années 60, et jusqu’à la fin de sa vie. N'hésitez pas à aller faire un tour sur son site où sont répertoriées pas moins de 200 photos.

En passant de la représentation du jeune Serge dans sa période music-hall, au Gainsbourg des années 60/70 puis Gainsbarre, l’exposition accompagne les tribulations d’un véritable touche-à-tout qui pouvait se permettre d’avoir un avis éclairé à propos de n’importe quoi. Et Gainsbourg se voulait aussi, de manière naturelle, acteur dans des films à portée pourtant mineure, compositeur de bandes sonores (plus d’une quarantaine) et réalisateur.

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Gainsbourg et le cinéma : Je t'aime moi non plus

En 1976, et après la sortie de la chanson du même nom, il écrit et réalise son premier film Je t’aime moi non plus alors interdit aux moins de 16 ans. Il le dédie à Boris Vian qu’il admire, et en compose toute la musique. On y retrouve d’ailleurs Gérard Depardieu, dans le rôle d’un paysan homosexuel…et zoophile. Evidemment, Gainsbourg ne pouvait pas se priver d’aborder des thèmes à scandale dans son oeuvre cinématographique. Le film remporte le César de la meilleure musique en 1977. Sa mise en scène des tabous se poursuit en 1983 avec la réalisation de son long métrage Equateur : le film illustre sa vision sombre du continent africain, et finit hué lors de sa projection au Festival de Cannes cette même année. Il fait aussi jouer sa fille Charlotte, 15 ans en 1986, dans Charlotte for ever, dont l’atmosphère incestueuse baignée d’alcool fort (soutenue par la chanson Lemon Incest) choque le grand public.

Outre la volonté de briser des tabous solidement établis, il participe à la création de curiosités cinématographiques. En 1967, il compose la musique d’un des premiers téléfilms français en couleur Anna de Pierre Koralnik. Comme dans Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, les acteurs (Anna Karina, Marianne Faithfull et Jean-Claude Brialy) poussent la chansonnette, dont le titre Sous le soleil exactement rendu célèbre par le chant candide d’Anna Karina. Au passage, Gainsbourg y tient le petit rôle de l’ami de Brialy, qui lui incarne un personnage nommé Serge.

De sa passion pour l’âge d’or hollywoodien naît en 1982 un court-métrage étonnant qui reprend le Scarface d’Howard Hawks, où Tony Montana reproche à sa soeur Cesca (Jane Birkin) ses mauvaises fréquentations, alors qu’elle critique ses activités illégales.

Les travaux solitaires de Gainsbourg font également souvent partie d’oeuvres très ambitieuses. C’est le cas de sa musique pour le film Les Plus Belles Escroqueries du Monde (1964) où jouent Catherine Deneuve et Jean Seberg. Il est composé de cinq intrigues correspondant à cinq villes : Tokyo, Amsterdam, Naples, Paris et Marrakech. À la réalisation, on trouve par exemple Roman Polanski, Claude Chabrol et Jean-Luc Godard. Gainsbourg joue même en 1972 dans un film de Jerry Lewis traitant de l’holocauste, The Day the Clown Cried. Le sujet grave et sa production difficile font qu’il ne sortira jamais et il est désormais présenté comme un "film maudit". Une semaine de tournage de ce film a été effectuée à Paris, au Cirque d’Hiver.

On retrouve ainsi dans cette exposition la trace des influences culturelles de Gainsbourg, par les lieux qu’il fréquentait comme le club Chez Régine à Saint-Germain-des-Prés, ou par son entourage proche composé d’acteurs et réalisateurs de la Nouvelle Vague. L’Homme à la tête de chou avait aussi une cervelle d’or !

Exposition Serge Gainsbourg

Du 11 mars au 31 mai 2016

La Galerie de l’Instant, 46 rue de Poitou, 75003 Paris

Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h et le dimanche de 14h30 à 18h30

Entrée libre

25 septembre 2018

La performance surprise de Jane Birkin au défilé Gucci

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Personne ne s'y attendait. Au défilé Gucci printemps-été 2019, présenté pour la première fois à Paris, tous les regards se sont tournés vers Jane Birkin, invitée par Alessandro Michele à investir le catwalk le temps d’une performance unique.

Esthétique Seventies, esprit résolument kitsch, paillettes à foison… Alessandro Michele a dévoilé sa collection Gucci printemps-été 2019 au Palace. Et pour son premier défilé parisien, toujours ponctué de personnages aussi extravagants que hauts en couleurs, le créateur a invité une icône française à prendre place sur le podium le temps d'une performance exceptionnelle. L’étonnement est à son comble quand le public aperçoit Jane Birkin, habillée de son costume noir signature, se levant devant l'assemblée. La muse de Serge Gainsbourg prend place au milieu du théâtre, jalonné des tops portant la nouvelle collection d’Alessandro Michele pour Gucci, pour chanter son titre de 1983, Baby Alone in Babylon. Un premier show parisien qui n’a pas manqué de séduire le public.

25 septembre 2018

Fashion Freak Show de Jean Paul Gaultier: deux heures de show tambour battant

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À quelques jours de la première, le 2 octobre, nous avons pu assister en avant-première au filage du spectacle monté par le couturier aux Folies Bergère. Verdict?

Aux Folies Bergère, lundi soir à 21 heures, à quelques jours de la première du 2 octobre, alors que toute l'équipe s'affaire aux derniers réglages techniques de Fashion Freak Show, la première revue de Jean Paul Gaultier, nous avons pu assister à un filage, en avant-première.

Après plus de quarante ans de carrière (son premier défilé date de 1976), le couturier s'autorise à réaliser son rêve de toujours: monter une revue. Entouré de Tonie Marshall (Vénus Beauté) à la mise en scène, Nile Rodgers à la direction musicale et de la chorégraphe Marion Motin, il déroule le fil de sa vie dans une avalanche de tableaux piquants, sexy et démesurés, offrant une débauche de costumes et d'images vidéo de personnages célèbres (Micheline Presle, Rossy de Palma, Pierre & Gilles…).

«Fashion Freak Show».

Le show est très festif, rythmé des musiques pop des années 1980. Et ne manque pas d'aborder les sujets de société, le sida et la chirurgie esthétique. Il joue également sur le non-genre transgressif. Plusieurs danseurs sont androgynes ou travestis par les costumes, comme le sosie de Conchita Wurst ou Nana, l'ours transsexuel qui reçoit une greffe de seins coniques. Joséphine Baker trouve son Joséphin. Catherine et Liliane (Canal +) y font aussi un clin d'œil. Quant à la chanteuse Demi-Mondaine (ex-The Voice), fine comme une liane, elle joue sur le registre de crooneuse à la voix rauque.

Deux heures de show tambour battant!

Fashion Freak Show aux Folies Bergère. 32, rue Richer (IXe). Pré-séances à prix réduits (de 23 à 49€) prévues du 21 au 30 septembre. Première le 2 octobre, jusqu'au 30 décembre 2018. Tarifs: de 30 à 99€.

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Trois questions à Jean Paul Gaultier - Jean Paul Gaultier, meneur de revue.

Le FIGAROSCOPE.- Quel à été l'élément déclencheur de ce spectacle?

Jean Paul GAULTIER. - Lorsque j'avais neuf ans, ma maîtresse d'école m'avait puni pour avoir fait un dessin pendant le cours. Elle m'a scotché le dessin au dos et fait faire le tour des classes. À ce moment-là, je suis devenu le garçon le plus populaire de l'école et j'ai eu envie de continuer à dessiner.

Et ce goût pour le spectacle?

Chez ma grand-mère, je regardais Falbalas de Jacques Becker avec Micheline Presle à la télé. J'étais fasciné. En montant cette revue, je realise mon rêve d'enfant.

Quelles sont les plus grandes difficultés à monter une revue?

La technique! Faire en sorte que tous les tableaux s'enchaînent avec fluidité. Nous utilisons beaucoup la vidéo. Il faut que tout soit raccord! Mais je suis confiant, il y a une très bonne énergie sur le plateau.

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21 septembre 2018

Ce soir aux Folies Bergère - couturière

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FASHION FREAK SHOW - Folies Bergère - Jean Paul Gaultier.

JEAN PAUL GAULTIER - FASHION FREAK SHOW Jusqu'au 30 décembre 2018 - Folies Bergère // Direction musicale : Nile Rodgers AUX FOLIES BERGERE A PARTIR DU 2 OCTOBRE 2018 Previews - Les séances qui précédent le 2 octobre 2018 sont des avant-premières. Ces dernières permettent aux créateurs et à la troupe d’affiner la qualité du spectacle.

Ladies and Gentlemen, veuillez laisser au vestiaire la routine, la morosité et l’ennui : l’univers complètement fou de Jean-Paul Gaultier s’empare de la scène mythique des Folies Bergère !

Après Joséphine Baker, Charlie Chaplin et Zizi Jeanmaire, c’est au plus célèbre des couturiers français de faire danser et rêver le public des Folies !

Pour son show, Jean-Paul Gaultier découd les codes de la revue et vous installe au premier rang pour redécouvrir cinquante ans de culture pop, à travers son œil unique et excentrique.

De ses débuts provocateurs à ses plus grands défilés, des folles soirées au Palace aux sulfureuses nuits londoniennes, l’enfant terrible de la mode vous montre tout ce que vous n’avez jamais vu !

Avec sur scène des créatures et des artistes rares et spectaculaires, comme seul Jean-Paul Gaultier sait révéler.

Le Freak, c’est chic !

Venez passer une soirée avec les délurés, les passionnés, les mal élevés, les botoxés, les bien gaulés, les culottés, les déculottés, les olé-olé…

Et pour l’occasion, des dizaines de nouvelles créations exclusives viennent côtoyer les pièces cultes de son répertoire, de la célèbre marinière au corset conique iconique de Madonna. Si vous n’avez pas froid aux yeux, Jean-Paul Gaultier vous invite à son show le plus crazy, le plus freaky, le plus sexy, le plus VIP : le FASHION FREAK SHOW !

https://www.instagram.com/jpgfashionfreakshow/

Fashion Freak Show aux Folies Bergère from Jacques Snap on Vimeo.

20 septembre 2018

JEAN PAUL GAULTIER - FASHION FREAK SHOW

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Ladies and Gentlemen, veuillez laisser au vestiaire la routine, la morosité et l'ennui :

l’univers complètement fou de Jean-Paul Gaultier s’empare de la scène mythique des Folies Bergère !

Après Joséphine Baker, Charlie Chaplin et Zizi Jeanmaire, c’est au plus célèbre des couturiers français de faire danser et rêver le public des Folies ! Pour son show, Jean-Paul Gaultier découd les codes de la revue et vous installe au premier rang pour redécouvrir cinquante ans de culture pop, à travers son œil unique et excentrique. De ses débuts provocateurs à ses plus grands défilés, des folles soirées au Palace aux sulfureuses nuits londoniennes, l’enfant terrible de la mode vous montre tout ce que vous n’avez jamais vu ! Avec sur scène des créatures et des artistes rares et spectaculaires, comme seul Jean-Paul Gaultier sait révéler.

Le Freak, c’est chic ! Venez passer une soirée avec les délurés, les passionnés, les mal élevés, les botoxés, les bien gaulés, les culottés, les déculottés, les olé-olé… Et pour l’occasion, des dizaines de nouvelles créations exclusives viennent côtoyer les pièces cultes de son répertoire, de la célèbre marinière au corset conique iconique de Madonna.

Si vous n’avez pas froid aux yeux, Jean-Paul Gaultier vous invite à son show le plus crazy, le plus freaky, le plus sexy, le plus VIP : le FASHION FREAK SHOW

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22 avril 2013

Actuellement à la M.E.P. : Claude Lévêque, un artiste qui photographie

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Claude Lévêque

Claude Lévêque n’est pas un photographe, ni même un peintre-photographe comme Boltanski, Gette, Annette Messager ou Le Gac le furent dans les années 1970, mais un artiste qui photographie tout le temps, plus que les photographes peut-être, plus que les peintres-photographes certainement.

Ce qu’il enregistre est à la fois drôle et terrible, aigu et poétique. Constat parfois et parfois pas de côté dans le réel, en écho à l’oeuvre, faite, comme on le sait, de tensions entre des pôles contraires, où se mêlent et s’opposent violence et douceur, tendresse et terreur. Avec l’humour, des éclats de rires sonores et même la gaminerie qui enchante tout cela et peut en bouleverser, parfois, la compréhension. Car si Claude Lévêque donne à voir notre univers dans son aspect sinistre, impitoyable, en même temps l’enfance, ses rêves et ses peurs, hante cet univers heurté, aussi noir et doré que le sont les contes d’ogres et de fées.

Connaissant ces photographies depuis longtemps, j’ai proposé à Jean-Luc Monterosso de les exposer : il avait déjà acquis de Claude Lévêque, pour la MEP, une vidéo qui sera projetée dans l’exposition. On n’y montrera aucun tirage encadré mais des images projetées selon différents rythmes, différents formats, accompagnées de deux néons, dans un dispositif intime cherchant à garder à ces images le statut qui est le leur: repérage, exploration, observation, recherche. Il s’agit là d’un voyage en images dans l’univers d’un artiste. D’un artiste majeur, en France, aujourd’hui. D’un artiste qui nous livre ici en somme son “journal” ou son carnet de croquis.

Un instant de rêve, naturellement, est une antiphrase, procédé qui consiste à exprimer une idée par son contraire.

Michel Nuridsany

La MEP

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Maison Européenne de la Photographie Ci-dessous crédit photo : Claude Lévêque, Castorama (mon cul, ma vie, mes couilles), 2005 Néon bleu, écriture Léo Carbonnier, Collection privée.
Photo : Claude Lévêque © ADAGP. Courtesy de l’artiste et kamelMennour, Paris
 
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18 septembre 2018

Mairie de Paris : comment Anne Hidalgo a vu la machine s’enrayer

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Par Raphaëlle Rérolle - Le Monde

Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris, a annoncé lundi sa démission. Retour sur le parcours d’Anne Hidalgo, qui croule désormais sous les critiques.

Les images datent du 30 mars 2014, autant dire il y a un siècle. Ce soir-là, dans une atmosphère de liesse, Anne Hidalgo apparaît sur un podium installé devant l’Hôtel de Ville. Chauffée par Bruno Julliard, le porte-parole de la candidate pendant la campagne, la foule acclame la femme souriante et visiblement émue qui vient d’être élue maire de Paris.

Dans un geste d’affection spontanée, Bertrand Delanoë, debout derrière elle, se penche brusquement pour embrasser celle qui fut son adjointe pendant treize ans. Tout autour, l’équipe de campagne est aux anges. Au-dessus de leurs têtes, de beaux ballons blancs portant les mots « Merci Paris » flottent dans le ciel de printemps.

Quatre ans plus tard, la fête est finie, la photo déchirée, les ballons dégonflés. La maire et son prédécesseur sont fâchés, Bruno Julliard tire sa révérence, le peuple de Paris ne brandit plus de drapeaux roses mais des brassées de reproches, et les ennuis s’accumulent pour Anne Hidalgo : désastre du renouvellement des Vélib’, faillite d’Autolib', polémiques sur la propreté de la ville ou bataille des berges de Seine, rien ne semble fonctionner comme prévu.

Surtout, la critique fait feu de tout bois, des sujets importants jusqu’aux plus insignifiants. L’histoire semble s’être détraquée. Que s’est-il passé ? Par quelle alchimie la maire a-t-elle été précipitée dans une spirale dont elle semble avoir tant de mal à sortir ?

Tensions au sein de la majorité

Les débuts, pourtant, avaient été prometteurs. Ambitieuse et pleine de projets, Anne Hidalgo incarnait un possible renouveau à gauche. Elle portait haut l’environnement et vantait les mérites de la démocratie participative, jurait aux Parisiens de tout faire pour que leur ville « soit au rendez-vous du XXIe siècle ».

Pendant les deux premières années, tout a semblé lui sourire. Jusqu’au jour où, par un soudain renversement de générations, Emmanuel Macron a fait irruption sur le devant de la scène. De l’avis général, c’est l’ascension puis l’élection du président de la République qui ont fait trembler la terre sous les pieds de la maire de Paris.

D’abord, M. Macron lui a volé la vedette. Comme l’explique l’un de ses adjoints, « celle qui incarnait la nouveauté s’est trouvée reléguée au monde d’avant ». Surtout, En marche ! a fait sauter la banque dans la capitale. La ville qui avait élu Anne Hidalgo à 53,34 % trois ans plus tôt délaisse le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, au profit d’Emmanuel Macron, qui a reçu le soutien de Bertrand Delanoë, mais que la maire de Paris a pourtant durement critiqué pendant la campagne. Très vite, certains adjoints se rallient à La République en marche (LRM) et des tensions se font jour au sein de la majorité municipale.

En parallèle, l’exécutif parisien connaît ses premières défections. En octobre 2017, l’adjoint aux finances, Julien Bargeton, quitte la mairie pour rejoindre son siège de sénateur (LRM) de Paris. Le 28 août de cette année, l’adjoint au logement, Ian Brossat, prend la tête de la liste communiste pour les européennes à Paris et devra démissionner de son poste d’adjoint s’il entre au Parlement européen.

« Recroquevillée »

Composé de socialistes, de communistes, d’écologistes et de « marcheurs », l’exécutif ne correspond plus à la carte électorale de la capitale où Jean-Luc Mélenchon a également fait un bon score au premier tour de la présidentielle. La maire se sent en terrain hostile. Le destin national que lui prédisaient ses amis n’est plus de saison, la belle confiance d’hier s’est muée en appréhension. Elle s’absente beaucoup pour promouvoir sa ville en dehors des frontières et, quand elle est à Paris, son caractère dérange.

Ou plutôt, son « mauvais caractère », comme le décrit son entourage. Ce durcissement ne date pas du changement de paysage politique, mais sa dénonciation se fait de plus en plus ouverte à mesure que des divergences apparaissent au sein de l’exécutif.

CONTRAIREMENT À BERTRAND DELANOË, QUI CONTRÔLAIT TOUT DE MANIÈRE OBSESSIONNELLE, LA MAIRE SE VOIT BIENTÔT ACCUSÉE D’EMPILER DES PROJETS QU’ELLE NE SUIT PAS D’ASSEZ PRÈS

Elle qui « claquait la bise à tout le monde dans les premiers temps », selon les mots d’un chargé de mission, est désormais accusée d’être cassante, colérique, et de ne pas supporter la contradiction. « C’est une personne très ouverte, mais elle s’est recroquevillée face à la difficulté », commente un ancien membre de son cabinet.

La collégialité revendiquée, qui avait bien fonctionné au début, se met à avoir des ratés. Contrairement à Bertrand Delanoë, qui contrôlait tout de manière obsessionnelle, la maire se voit bientôt accusée d’empiler des projets qu’elle ne suit pas d’assez près.

De son côté, l’administration parisienne ne se rallie pas comme un seul homme à ce feu d’artifice de nouveautés. Le suivi des budgets participatifs représente un surcroît de travail et les fonctionnaires n’apprécient pas toujours de voir leur expertise concurrencée par les décisions citoyennes.

Administration sous tension

D’autant qu’Anne Hidalgo a bousculé son administration d’entrée de jeu en réduisant le nombre de directions de vingt-cinq à vingt, en contractant les échelons hiérarchiques et en poussant à certains déménagements. « Elle a mis l’administration sous tension, ce qui a pu susciter des aigreurs », observe l’un de ses anciens bras droits.

D’autant que les membres des cabinets, souvent jeunes, ne font pas toujours le poids face aux énarques et aux ingénieurs de la Ville de Paris, vieux routards de la politique municipale.

Enfin, sur certains sujets, Anne Hidalgo refuse d’écouter. La direction juridique lui avait ainsi déconseillé le contrat avec JCDecaux sur les panneaux publicitaires de la Ville de Paris. Elle n’en a pas tenu compte. Résultat : en février, le conseil d’Etat a annulé le contrat, Decaux a dû démonter 1 630 panneaux et l’équipe municipale ne pourra plus communiquer de cette façon avec les Parisiens avant l’été 2019. Sans parler du manque à gagner financier puisque la Ville n’encaissera pas la redevance due par l’entreprise.

Normalement, affirme l’un de ses adjoints, un échec de ce genre n’aurait pas pris d’ampleur, mais dans le contexte du « Hidalgo bashing » dénoncé par ses amis, l’affaire a fait florès. Notre-Drame de Paris, le livre à charge d’Airy Routier et Nadia Le Brun (Albin Michel, 2017) n’y a pas été pour rien, mais on dénonce surtout, dans l’entourage de la maire, les manœuvres de ses adversaires politiques en vue des municipales de 2020.

Au coude-à-coude avec Benjamin Grivaux

Une amplification des problèmes qui ne doit pas cacher les réussites d’Anne Hidalgo, constate son adjoint chargé des ressources humaines, Christophe Girard, rappelant qu’elle a su remporter les Jeux olympiques de 2024 « avec une énergie incroyable ».

D’ailleurs, en dépit des difficultés et des critiques, un sondage IFOP publié dans le Journal du dimanche du 16 septembre place la maire sortante à égalité avec Benjamin Griveaux, possible candidat LRM aux municipales : tous deux recueilleraient 23 % des voix au premier tour, si le scrutin avait lieu dimanche prochain.

Pour Serge Orru, ancien directeur de WWF France et conseiller d’Anne Hidalgo en matière d’écologie, « c’est une femme du Sud au caractère trempé, mais comme c’est une femme, on dit qu’elle est hystérique. Elle est audacieuse, elle fait ce qu’elle dit, insiste-t-il. Il y a nécessairement des accidents quand on travaille, mais ça passera. En 2020, on gagnera ». Une chose est sûre, en attendant : la campagne pour les municipales s’annonce déjà comme un combat terrible.

Raphaëlle Rérolle

Emmanuel Grégoire remplace Bruno Julliard Le communiqué est lacunaire. « Je prends acte de la démission de Bruno Julliard de ses mandats d’élu à mes côtés », a réagi la maire de Paris, Anne Hidalgo, dans la foulée de l’annonce de la démission de son premier adjoint, révélée par Le Monde, lundi 17 septembre. Aucun commentaire ne suit, si ce n’est l’annonce de son remplaçant : « J’ai pris la décision de nommer premier adjoint Emmanuel Grégoire, mon actuel adjoint chargé du budget, du financement et de la transformation des politiques publiques. Cette décision sera soumise au Conseil de Paris le 24 septembre. »

10 février 2016

Pussy Riot

Dénonciation osée     

Moscou (Russie) - Les Pussy Riot reviennent en force, avec un nouveau clip intitulé "Chaika", qui vise le Kremlin. Après leur performance punk dans une église orthodoxe il y a quatre ans, elles s'attaquent cette fois à la corruption et à la censure, omniprésentes dans le gouvernement de Poutine.

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19 avril 2013

Anne Hidalgo

DSC_0111C’est à un rythme soutenu qu’Anne Hidalgo poursuit sa campagne. Seule en lice au PS pour les municipales, la candidate a pris une longueur d’avance sur ses opposants UMP qui doivent d’abord s’affronter lors d’une primaire. La première adjointe mène sa campagne depuis septembre dernier, lorsqu’elle a lancé son association Oser Paris, visant à récolter les avis des Parisiens.  Elle enchaîne les visites, les interviews et les rendez-vous sur les plateaux de télévision. Ce matin, elle doit s’exprimer sur France 2 à 7h45. Demain, elle mènera une réunion dans le 8ème, consacrée à la lutte contre l’exclusion. Dimanche, à 11h, elle sera sur le marché de la place des Fêtes, dans le 19ème pour rencontrer les Parisiens.

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