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Jours tranquilles à Paris
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29 août 2016

Sept-Saints. Ferveur et simplicité au pardon des Sept Saints (hier dimanche)

Les enfants en tête de la procession, avec, entre autres, Clément qui, comme l'an dernier, a eu l'honneur de porter les reliques des Sept-Saints jusqu'à la fontaine. Parmi tous les pardons du secteur, celui des Sept-Saints rayonne toujours d'une ambiance particulière, faite de simplicité, de cordialité, doublées d'une authenticité et d'une ferveur palpable. Le tout rappelant l'ambiance typiquement bretonne des pardons d'autrefois. Ça s'est encore vérifié dimanche matin. Le pardon a été présidé par l'abbé Jean-Pierre Allouchery, chanoine de la cathédrale Saint-Louis de Versailles, et qui connaît très bien le secteur d'Erdeven pour y séjourner régulièrement depuis des années. Ainsi, dans son prêche, mais aussi lors de la bénédiction à la fontaine, il a repris l'histoire des Sept-Saints ainsi que les légendes liées, pour en tirer des leçons pour aujourd'hui, émaillant ses propos d'une pointe d'humour. À l'issue des cérémonies, conclues par le cantique aux sept fondateurs de la Bretagne chrétienne ? « Patroned Breizh Izél, jileuet hiniù boéh me feden » - la fête profane a pris le relais avec l'apéritif, la vente de gâteaux et le repas des habitants du quartier, autour de l'association pour la restauration de la chapelle. Source : Le Télégramme

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Photo ci-dessus : Le Télégramme

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Photos ci-dessus : J. Snap

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20 décembre 2013

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"Noël est annulé, Jésus est avorté." La militante ukrainienne Inna Shevchenko, du mouvement des Femen, a retiré son tee-shirt près de la place Saint-Pierre, au Vatican, pour protester contre la condamnation de l'avortement par l'Eglise catholique.

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MAJ ce 20 décembre 2013 :

Noël est annulé! Du Vatican à Paris.
Le relais international de FEMEN contre les campagnes anti-avortement menées par le lobby catholique continue, la Sainte Mère Eglise vient d'avorter de l'embryon de Jésus sur l'autel de la Madeleine.

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17 décembre 2013

"Mugler Follies"

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Manfred T. Mugler met en scène le parcours d’une jeune femme dont le rêve est de briller et de devenir funambule. Nous allons suivre son rêve, assister à ses rencontres initiatiques, fantasques et insolites. La voir se transformer, se révéler, à elle, aux autres.

Joie, érotisme, magie, haute technologie, performances, musique… Manfred Thierry Mugler s’empare de tous les arts de la revue et les sublime dans un spectacle bouillonnant de créativité.

Danseurs, acrobates, chanteurs, comédiens, mannequins et performers servent le rythme d’une histoire envoûtante où Mugler nous suggère toutes les facettes de la beauté.

Les Mugler Follies vous invitent à vivre un moment unique : une nouvelle expérience touchante, choquante, belle, déroutante… Un lieu où vous allez ressentir une foule d’émotions ambivalentes, perdu et guidé à la fois dans les méandres du rêve de Manfred Thierry Mugler.

 

16 décembre 2013

Exposition : Raymon Depardon au Grand Palais

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« Je suis “monté à Paris” en 1958. J’allais avoir 16 ans. » Et il a posé son sac sur l’île Saint-Louis. Il se déplaçait en scooter, comme en témoigne cet Autoportrait au Rolleiflex :« C’est un Rumi acheté d’occasion, sur lequel je me suis photographié en utilisant un retardateur. À gauche, on voit un “Cube”, véhicule utilitaire de chez Citroën très populaire à l’époque. Cet autoportrait donne l’impression que l’on sort tout juste de la guerre. Mais il date de 1959. » Ses images transportent de la fin des années 1950 à aujourd’hui, dans ses reportages à travers le monde, en Afrique, en Amérique du Sud, en Europe, au Moyen Orient. Comme une autobiographie en couleurs. Une« somme de moments si doux » captés par ses objectifs.« Des photos que tout le monde pourrait faire et que personne ne fait …» Grand Palais, avenue Winston Churchill 8ème, jusqu’au 10 février (www.grandpalais.fr)

3 avril 2019

Brexit : les Vingt-Sept sont-ils prêts à accepter un nouveau report au 22 mai ?

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Par Cécile Ducourtieux, Bruxelles, bureau européen

La première ministre britannique a dit vouloir réclamer un nouveau délai court, le temps de trouver une solution d’union nationale avec le camp travailliste. Les Européens sont sceptiques.

Comme souvent, Donald Tusk fut le premier à réagir. « Soyons patients, même si, après la journée d’aujourd’hui, nous ne savons toujours pas à quoi ressemblera la fin », a tweeté le président du Conseil européen, juste après l’annonce de Mme May, mardi 2 avril. La première ministre britannique, à qui les Vingt-Sept ont déjà accordé un report du Brexit du 29 mars au 12 avril, a dit vouloir réclamer un nouveau délai court, jusqu’au 22 mai, le temps de trouver une solution d’union nationale avec le camp travailliste.

S’agit-il d’une forme d’assentiment de la part d’un dirigeant connu pour son approche conciliante à l’égard des Britanniques ? Pas totalement, à en croire d’autres sources bruxelloises : plutôt un « wait and see » poliment troussé. « Ni la Chambre des communes ni la première ministre n’ont apporté de la clarté, les Vingt-Sept doivent encore patienter et voir ce qui sort finalement du débat politique à Londres. Pour M. Tusk, toutes les options restent possibles : un accord, le no deal, un report long du Brexit, et une révocation de l’article 50 », souligne un diplomate européen.

Enfin, un accord transpartisan à Londres, pour ratifier, enfin, l’accord de retrait et esquisser une relation future ? La plupart des Européens ont du mal à y croire, à dix jours d’un « probable » no deal (selon la Commission européenne). La confiance est désormais quasi-nulle à Bruxelles, Mme May et le reste de la classe politique britannique ayant multiplié les faux espoirs. Dernière grosse déception en date : les Vingt-Sept espéraient qu’une majorité finirait par émerger, lundi 1er avril à la Chambre des communes, pour un Brexit doux et le maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière. Ce ne fut pas le cas, à trois voix près.

Cirque britannique

Ce n’est pas la première fois que Theresa May tend la main à Jeremy Corbyn, le chef de file des travaillistes. En janvier par exemple : à l’époque, M. Corbyn avait réclamé qu’elle exclue le « no deal » de ses scénarios, et la tentative de dialogue en était restée là. Jusqu’à présent, chacun des deux dirigeants est resté campé sur sa logique : l’unité de son parti à tout prix.

« Pourquoi Corbyn l’aiderait-il maintenant ? » s’interroge un diplomate bruxellois, très dubitatif. Echaudés par trois mois de « cirque » britannique, les Européens attendront de toute façon la missive que Mme May s’est engagée à envoyer à Bruxelles, avant le Conseil spécial Brexit du 10 avril, où elle « indiquera une voie à suivre » : demande de report long, avec engagement à participer aux élections européennes, no deal, etc.

Si Mme May arrive, le 10 avril, avec un accord transpartisan enfin voté à la Chambre des communes, les Vingt-Sept devraient lui accorder sans problème le nouveau report du Brexit au 22 mai. Cette date butoir, la veille du début des élections européennes (elles se tiennent du 23 au 26 mai), faisait déjà parti des scénarios envisagés lors du Conseil « Brexit » du 21 mars.

« Aura-t-on vraiment le choix ? »

Mais quelle sera l’attitude des Vingt-Sept, si le 10 avril, Mme May vient les mains presque vides, sans accord bouclé, avec sa seule demande d’un report court au 22 mai ? Les avis étaient très partagés à Bruxelles mardi soir, augurant d’une discussion serrée entre capitales dans les prochains jours. « Je ne crois pas qu’on le lui accordera », estimait un diplomate proche des discussions du Brexit. « Tout porte à croire qu’on va plutôt vers un report long, jusqu’à fin 2019, conditionné à la participation des Britanniques aux élections européennes. Pour éviter aux Vingt-Sept d’avoir à se retrouver sur Bruxelles en urgence, à chaque caprice de la classe politique britannique », ajoutait un collègue.

« Aura t-on vraiment le choix ? », nuançait cependant un troisième. Car à mesure que l’hypothèse du « no deal » se concrétise, certains parmi les Vingt-Sept paraissent soudain très prudents, et pas prêts à sauter de la falaise le 13 avril au matin. Emmanuel Macron a continué à tenir des propos plutôt martiaux, mardi : « Il revient au Royaume-Uni de présenter un plan alternatif crédible, soutenu par une majorité, d’ici le 10 avril pour éviter [le no deal] ». Faute de quoi, « il aura de facto choisi de lui-même de sortir sans accord. Nous ne pouvons éviter l’échec à sa place ».

Mais les Irlandais paniquent et les Allemands alertent sur les risques économiques et les implications géopolitiques d’un « no deal ». « Je travaillerai jusqu’à la dernière minute à l’éviter », avait déjà prévenu la chancelière Merkel au lendemain du conseil du 21 mars. Aucun des Vingt-Sept ne voulait prendre la responsabilité d’un non-accord ce jour-là, assure une source bruxelloise haut placée. « L’Union ne poussera jamais dehors un de ses membres », estime un officiel européen.

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2 avril 2019

En Algérie, l’annonce de la démission de Bouteflika ne lève pas toutes les incertitudes

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Libération de ce 2 avril 2019

 

Par Amir Akef, Alger, correspondance

Cédant aux pressions de la rue, le chef de l’Etat accélère le calendrier de sa retraite politique mais sa volonté affichée de maîtriser la transition risque de relancer la protestation.

Abdelaziz Bouteflika a finalement composé avec les pressions de la rue comme de larges fractions du régime. Le chef de l’Etat démissionnera « avant le 28 avril prochain, date de la fin de son mandat électif », a indiqué un communiqué de la présidence de la république rendu public lundi 1er avril en fin d’après-midi.

La décision intervient à l’issue d’un véritable bras de fer entre l’armée et le clan présidentiel qui s’est traduit – via les médias – par des accusations de complot contre le frère du chef de l’Etat, Saïd Bouteflika, et de hauts responsables des services de renseignement.

L’annonce de cette « démission » à court terme est une rupture par rapport à la position du chef de l’Etat jusque-là. Après avoir officialisé sa candidature pour un cinquième mandat, M. Bouteflika avait opté – en décidant le 11 mars l’annulation de l’élection présidentielle du 18 avril – pour une prolongation sine die du mandat en cours. Finalement, il aura fallu six semaines d’une mobilisation de la rue hostile à son maintien au pouvoir, puis l’entrée en lice de l’armée proposant de déclarer son « empêchement » en raison de son inaptitude à exercer le pouvoir, pour convaincre M. Bouteflika de lâcher prise.

Calendrier

Toutefois, bien des incertitudes demeurent. La seule concession octroyée par le chef de l’Etat tient dans le calendrier. Son départ, annoncé pour « avant le 28 avril », devrait permettre d’éviter au pays un vide institutionnel. Sur le fond, il rejette de facto l’idée d’une « incapacité » physique invoquée implicitement par le chef d’état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, qui avait réclamé la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution relatif à l’« empêchement ».

Comme pour le prouver, le communiqué présidentiel indique que M. Bouteflika, qui a nommé le 31 mars un gouvernement, va prendre, « d’importantes décisions », conformément à la Constitution, afin « d’assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l’Etat durant la période de transition qui s’ouvrira à la date à laquelle il décidera sa démission ».

Ainsi l’« empêchement » est-il écarté par la présidence au profit de la « démission », prévue elle aussi par l’article 102. Dans ce cas de figure, une fois la démission annoncée, le Conseil constitutionnel devra constater la vacance définitive de la présidence de la République avant de la communiquer au Parlement. Selon l’article 102 de la Constitution, le président du Conseil de la nation – ou Sénat –- assume alors la charge de chef de l’Etat pour une durée de quatre-vingt-dix jours au maximum, au cours de laquelle des élections présidentielles sont organisées.

Le communiqué présidentiel ne fournit aucune indication sur la nature des « importantes décisions » que M. Bouteflika va prendre d’ici le 28 avril. Selon les textes, il revient à Abdelkader Bensalah, actuel président du Conseil de la nation, d’assurer l’intérim du chef de l’Etat jusqu’à l’élection présidentielle. Mais M. Bensalah, un cacique à la tête de la Chambre haute depuis 2002, n’inspire aucune confiance à une contestation populaire qui veut « dégager » tous les symboles du régime.

Une des hypothèses qui circulent serait que M. Bouteflika use de son pouvoir de désigner des sénateurs aux sièges encore vacants relevant de son quota de nominations – le tiers de la Chambre – pour placer à la tête de l’institution une figure plus « consensuelle » que celle de M. Bensalah. Autre mesure à prendre, il lui faudra mettre en place d’une instance indépendante de supervision des élections.

Arrangement entre l’armée et la présidence

Le scénario qui se dessine est donc celui d’un intérim de courte durée géré par le pouvoir en place pour aller vers l’élection présidentielle. Or cette option est très largement refusée par les acteurs de la contestation populaire. Ces derniers réclament la mise en place d’un gouvernement de transition composé de personnalités indépendantes et une période de transition plus longue avant d’aller à une élection constituante ou un scrutin présidentiel.

M. Bouteflika, lui, a déjà désigné dimanche un nouveau gouvernement censé gérer la transition. Les réactions sont franchement négatives. Pour les animateurs de la contestation, le chef de l’Etat, en annulant l’élection présidentielle du 18 avril, est déjà sorti du cadre de la Constitution. A leurs yeux, Il n’aurait donc pas de légitimité à l’invoquer afin de passer la main. La procédure choisie s’éloigne en outre de l’invocation par le général Gaïd Salah des articles 7 et 8 de la Constitution relatifs à la « souveraineté » et du « pouvoir constituant » du peuple.

Au fond, le bras de fer entre l’armée et la présidence se solde par un arrangement qui convient aux deux parties, mais pas à la contestation. Il s’agit précisément du scénario craint et rejeté par les protestataires, celui d’une transition administrée par le régime lui-même. Les appels à manifester une nouvelle fois « avec force » vendredi 5 avril se multiplient déjà sur les réseaux sociaux.

Série d’enquêtes

Dans une apparente volonté d’« apaiser » la rue, le parquet d’Alger a annoncé lundi que des enquêtes avaient été diligentées pour « faits de corruption et de transfert illicite de capitaux vers l’étranger » à l’encontre d’une dizaine d’hommes d’affaires proches du frère du chef de l’Etat, Saïd Bouteflika, dont Ali Haddad, ex-patron des patrons, arrêtés à la frontière tunisienne.

Ces « oligarques » ainsi que des membres de leurs familles font l’objet d’une mesure d’interdiction de quitter le pays jusqu’à la fin des enquêtes engagées. Ali Haddad devrait être transféré devant un tribunal à Alger pour « non-déclaration de devises et présentation de dossier non conforme à la réglementation alors qu’il tentait de se rendre en Tunisie ». La chute du « patron des patrons », encore très puissant il y a quelques semaines, illustre le grand retournement de situation en Algérie depuis le 22 février, date de la première manifestation populaire en Algérie.

Dans ce contexte de luttes intestines au sein du régime, l’ancien patron des services de renseignements, le général Mohamed Mediène, a vigoureusement démenti l’information diffusée par la chaîne de télévision Echorouk selon laquelle il aurait pris part à une réunion avec Saïd Bouteflika, Bachir Tartag, le nouveau patron de renseignements et… des « agents français » dans le but de fomenter un complot.

« Je n’ai jamais rencontré, ne serait-ce qu’une seule fois, le personnage des services de sécurité qui est cité comme ayant assisté à cette pseudo-réunion depuis que j’ai quitté mes fonctions, a-t-il indiqué. M’accuser d’avoir rencontré des agents étrangers pour évoquer des sujets relevant de la souveraineté nationale est une tentative délibérée de me porter préjudice. »

31 mars 2019

Pyramide du Louvre: Le collage géant de JR abîmé quelques heures après avoir été dévoilé

PHARAONIQUE L’œuvre, baptisée « le secret de la grande pyramide », est plus éphémère que prévu

« C’est tout à fait normal que ça se dégrade, nous ne savions juste pas à quelle vitesse cela allait se produire. La chaleur fait que la colle sèche. » Ce samedi, la porte-parole du musée du Louvre a fait bonne figure. Au Huffington Post ​qui l’interrogeait sur l’oeuvre de JR qui se décollait, la porte-parole a fini par répondre qu’il « était prévu qu’elle soit retirée lundi » et que, donc, tout allait « bien ».

Lundi certes… Mais « le secret de la grande pyramide » de JR n’aurait pas tenu jusque-là de toutes les façons. L’artiste avait inauguré son collage géant vendredi, en fin de journée. Entièrement visible du premier étage du musée, il célébrait les 30 ans de la pyramide et dévoilait pour l’occasion les fondements du monument imaginé dès 1985 par l'architecte Ieoh Ming Pei. Mais quelques heures à peine après avoir été ouvert aux visiteurs, le trompe-l’œil montrait déjà, ce samedi en début d’après-midi, ses premiers signes de faiblesses.

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@alexsxfr

 Vu d'en bas, le trompe l'œil de JR à la pyramide du Louvre est beaucoup moins transcendant

Mickaël Frison

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@mkfrison

 Pendant ce temps au #Louvre : ramassage de l’œuvre. #JR

France Info évoque les « vols souvenirs » de certains des milliers de curieux venus admirer le collage, quand les internautes pensent, eux, à l’usure liée au piétinement ou parlent de « massacre écologique ». Reste de nombreux déçus qui n’auront pas eu le temps d’admirer le travail de JR qui, pour la seconde fois avait réussi  à chambouler l’esthétisme géométrique de la cour Napoléon. Heureusement, l’artiste avait immortalisé son œuvre pharaonique à temps :

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Problème de chaleur, comme le souligne le musée, ou dégradations volontaires ? La question restera, semble-t-il, sans réponse. Ou la définition même de l’art éphémère selon JR.

30 mars 2019

REN HANG LOVE, REN HANG - à la MEP

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L’exposition « LOVE, REN HANG » présente pour la première fois en France l’œuvre d’un des artistes chinois les plus influents de sa génération.

Avec une sélection de 150 photographies issues de plusieurs collections d’Europe et de Chine, l’exposition « LOVE, REN HANG »  occupe tous les espaces du deuxième étage de la MEP.

Composée essentiellement de portraits – d’amis, de sa mère ou de jeunes chinois sollicités sur internet –  mais également de paysages et de nus, l’œuvre de Ren Hang est immédiatement reconnaissable. Ses photographies, si elles semblent mettre en scène ses sujets, sont pourtant le fruit d’une démarche instinctive. Leur prise de vue, sur le vif, leur confère légèreté, poésie et humour.

À travers une approche chromatique, l’exposition propose une plongée dans les différentes constellations oniriques de l’artiste : la présence du rouge, les couleurs acidulées, une salle consacrée à sa mère, une autre, plus sombre, dédiée à des prises de vue nocturnes. Enfin, une dernière salle rassemble ses travaux plus « osés », sur le corps, créant un lien, fort et organique, entre l’érotisme et la nature.

Ren Hang questionnait, avec audace, la relation à l’identité et à la sexualité. Artiste homosexuel, particulièrement influent auprès de la jeunesse chinoise, son ton considéré comme subversif ou qualifié de pornographique, représentait vis à vis d’un contexte politique répressif, l’expression d’un désir de liberté de création, de fraîcheur et d’insouciance. Sa vision, unique, faisait référence au « réalisme cynique » (mouvement artistique chinois né des événements de Tian’anmen en 1989).

Présentés en regard de cet important corpus photographique, de nombreux écrits de Ren Hang, qu’il partageait régulièrement sur son site internet, témoignent de son combat contre la dépression. « Si la vie est un abîme sans fond, lorsque je sauterai, la chute sans fin sera aussi une manière de voler ». L’artiste s’est donné la mort en 2017, à l’âge de 29 ans. Il avait été exposé dans de nombreuses galeries à travers le monde, et était régulièrement publié dans des magazines de mode tels que Purple et Numero.

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Reportage photographique : Jacques Snap

7 décembre 2013

Fondation Cartier pour l'art contemporain

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La Fondation Cartier pour l’art contemporain est heureuse d’avoir accueilli plus de 300 000 visiteurs à l’exposition consacrée au sculpteur australien Ron Mueck.

Son retour à la Fondation Cartier, huit ans après sa première exposition, signe le record de fréquentation de l’institution depuis sa création en 1984.

Merci !

30 juillet 2016

La folle ascension du vélo électrique

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 Le nombre de ventes augmente fortement. De plus en plus de Français sont séduits par le vélo électrique pour faire une promenade ou encore se rendre au travail.

Un marché en plein essor

Le vélo à assistance électrique (VAE) représente 10 % du marché du vélo en France, derrière le VTT adulte (33 %) et le vélo de course (24 %). En l’espace de dix ans, le nombre de ventes dans l’Hexagone a été multiplié par 25. Ce marché a connu une croissance, en valeur, de 29 % par rapport à l’an dernier.« Les gens reviennent à des modes de déplacement hors voiture , explique Jean-Philippe Frey, responsable des études à la fédération des entreprises du sport.Chez certains, il y aussi une motivation militante et une volonté de préserver l’environnement » .

Des cyclistes de tous âges

Au Décathlon de Chantepie, en Illeet-Vilaine, Claude et Zofia déambulent au rayon des vélos électriques, visiblement intéressés.« Nous avons récemment fait du vélo en LoireAtlantique et je peinais beaucoup dans les côtes » , explique Zofia, 60 ans, tandis que Claude, 74 ans, hoche la tête.« Si on n’aime pas faire trop d’efforts physiques, un vélo électrique peut être très pratique pour partir en promenade » ,poursuit Zofia.« Parmi nos clients, il y a aussi des salariés qui veulent aller au travail à vélo, sans arriver en sueur » , détaille Boris, le responsable du rayon. C’est justement le cas de Guillaume, propriétaire d’un vélo électrique depuis trois mois.« J’aimais bien l’idée d’aller au boulot à vélo : c’est sympa d’avoir le côté pratique sans effort de pédalage » , explique ce jeune père de famille, qui habite à 5 km de son lieu de travail.

Le prix dépend de la batterie

Les prix des vélos électriques vont de 600 à 4 000 € (le prix moyen tourne autour de 1 000 €).« Le prix dépend de l’autonomie de la batterie et la composition du cadre, en acier ou en aluminium » , explique Vincent, vendeur au Decathlon de Chantepie. Il existe deux types de batterie : une de 24 volts (40 km d’autonomie) et une de 36 volts (60 km d’autonomie ou plus). Plus la batterie est puissante, plus vous avez de chances de grimper une côte abrupte sans vous fatiguer.« Pour avancer, il faut toujours pédaler, et il faut aussi régler les vitesses en fonction des difficultés du parcours » , poursuit Vincent.

Des aides publiques

L’essor du vélo électrique s’explique également par la mise en place de nombreux dispositifs publics : subventions pour l’achat en fonction des villes, indemnité kilométrique pour les salariés qui viennent au travail ou allégements fiscaux pour les entreprises mettant à disposition des vélos pour leurs salariés. Pratique et écologique : le vélo électrique semble en tout cas bien parti pour poursuivre sa folle ascension. Article de Guillaume POINGT.

6 décembre 2013

Miley Cyrus, aussi vulgaire qu'élégante pour le Time

Le magazine américain Time a établi un Top 10 des personnalités les mieux habillées et un autre des tenues les plus ratées de l'année. La provocante chanteuse s'offre le luxe d'apparaître en tête des deux sélections.

Faire le grand écart dans tous les domaines: la spécialité de Miley Cyrus. L'art de l'acrobatie se confirme pour l'ancienne égérie de Disney, qui réussit la prouesse d'être dans deux classements extrêmes du Time. Chaque année, le magazine américain établit toutes sortes de listes selon différentes thématiques. Parmi elles, les dix personnalités les mieux et les moins bien habillées en font partie. La provocante Miley Cyrus gagne... sur les tableaux.

L'actrice et chanteuse s'est fait connaître en incarnant Hannah Montanah dans la série jeunesse du même nom, mais elle est désormais surtout associée aux danses et aux tenues provocantes qu'elle enchaîne depuis plusieurs mois. Son «twerk», danse ultraprovocante réalisée avec Robin Thicke lors des MTV Video Music Awards, avait fait couler beaucoup d'encre. Le clip de sa chanson Wrecking Ball a, quant à lui, fait tourner beaucoup de vidéos parodiques. La chanteuse s'y balance sur une énorme boule suspendue à une chaîne, dans le plus simple appareil.

«Aucun but stylistique»

Des sorties remarquées qui n'ont pas échappé au Time. Le magazine a été particulièrement marqué par le bon goût de la chanteuse lors de son fameux twerk: le bikini saumon en latex qu'elle a arboré avant de se déhancher devant Robin Thicke lui vaut ainsi l'honorable première place des dix pires tenues de l'année. «En laissant de côté sa danse suggestive, ce deux-pièces ne sert aucun autre but stylistique que de montrer beaucoup de peau», juge le magazine. Sans oublier de mentionner «le justaucorps gris et à poils orné d'un Teddy Bear» qu'elle portait avant de «se déshabiller pour révéler un bikini en latex couleur peau». Du grand art!

Malgré cette «prouesse» vestimentaire - et sa tendance à œuvrer la plus dénudée possible -, Miley Cyrus n'en a pas moins emporté les faveurs du Time dans le classement inverse. «La mode schizophrénique de Miley cette année lui a valu d'être à la fois sur nos listes des meilleures et des pires tenues», assume le magazine. À la sixième place cette fois, sa tenue lors de la Nuit des stars organisée par le Fashion Group International apparaît dans les meilleurs choix vestimentaires de l'année sélectionnés par le magazine.

«La robe de soirée vert brillant avec un audacieux dos nus est le parfait mélange entre jeunesse et éclat pour la star», estime la revue américaine. Question de goût, bien sûr. Mais au-delà de la critique vestimentaire, le magazine ajoute quelques arguments difficilement contestables: «Pas d'animaux à poils, pas de casques déjantés, pas de langue frétillante», se félicite Time. Une image reposante, en somme, qui pousse même le magazine à saluer «l'élégance» de la chanteuse. On leur laisse ce jugement. source : Le Figaro.

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30 juillet 2016

Exposition au Bon Marché - save the date

Au Bon Marché Rive Gauche, l'exposition PARIS! prend place du sous-sol au plafond du 2 septembre au 15 octobre 2016. Créateurs parisiens, expositions, food, tout le magasin se transforme en sacre de la capitale avec our invité d'honneur Christian Louboutin.

Après le Brésil, le Japon ou encore Brooklyn, c'est tout naturellement Paris que le Bon Marché Rive Gauche a choisi d'exposer du 2 septembre au 15 octobre 2016.

PARIS!, c'est le Paris émergent, le Paris insolite, le Paris secret. Exposer et expliquer à tous les raisons d'un amour inconditionnel pour une ville : voilà la volonté du centre de shopping. Et le Bon Marché ne fait pas les choses à moitié  avec pour invité d'honneur Christian Louboutin !

Le créateur de chaussures s'installera au rez-de-chaussée avec une boutique éphémère en damier présentant une édition limitée de souliers, sacs et accessoires en exclusivité pour le Bon Marché. On pourra également flâner aux alentours pour découvrir la galerie interactive de Louboutin. Bref, c'est le Paris de l'élégance.

Le Bon Marché Rive Gauche a choisi de mettre en avant, pendant ces quelques semaines, une quarantaine de marques parisiennes comme Maison Château Rouge : l'histoire de deux frères aux tendances streetwear, la maintenant incontournable Sézane, mais aussi le Paris Saint-Germain, Habit Cactus, Esquisse, Pigalle et bien d'autres encore !

Pour tout résumer, l'exposition PARIS! au Bon Marché, c'est l'idéal pour tomber une nouvelle fois amoureux de Paris. Et comme disait Sacha Guitry : "Être parisien ce n'est pas être né à Paris, c'est y renaître."

Infos pratiques :

PARIS! au Bon Marché Rive Gauche

du 2 septembre au 15 octobre 2016

Lieu : Bon Marché Rive Gauche

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4 décembre 2013

A découvrir...Emilie Jouvet (photographe)

LE LIVRE

Le premier livre d’Emilie Jouvet, photographe mondialement connue, proposera une sélection d’œuvres photographiques mettant en scène la pluralité des féminités sous l’angle de la représentation du corps, entre force et fragilité.

Une monographie sous forme de journal intime et militant en images, accompagnée de textes. Une balade dans le temps de 1995 (avant le pacs) à 2013, des photographies prises dans des lieux mythiques comme le Pulp, des soirées Butch-Fems, des ateliers Drag-King, des sexparties Queer Berlinoises, des portraits d’artistes de la scène LGBT, queer et féministe européenne, mais aussi et surtout des nus, des couples de femmes…

Les images d’Emilie interrogent le champ politique de la sensibilité, l’expression de l’intime, le clivage social entre corps et cérébralité, ce faisant, elle met en valeur le désir, à la fois langage du corps et de l’être. Ce parcours en images mettra en lumière le premier objectif d’Emilie : rendre visibles les aventures collectives de la vie des femmes, des lesbiennes, des féministes dans l’espace public, donner à voir leur mobilisation pour leur libération et leurs combats encore inachevés.

 

Beau-livre de 164 pages, format A4, couleur & NB, FR/ENGL.

Sortie le 25 novembre 2013.

39.90 € - ISBN : 9791090286115

Le site d’Emilie Jouvet www.emiliejouvet.com

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L'ARTISTE

Présentation par Clémentine Feuillet (Galerie Joseph Antonin, Arles)

Emilie Jouvet expérimente une approche à la fois documentaire et intimiste du milieu queer, féministe, artistique et lesbien, livrant un regard à la fois sauvage et sensible sur les questions de la représentation du féminin dans la perspective éclatée et subversive du genre.

S’approchant de manière complice et sensible de ses modèles, à la fois amies, amantes, compagnes, rencontres, « sœurs », la jeune photographe nous livre sa vision sous le signe d’un érotisme revendiqué, fort et positif.

La qualité particulière de ces photographies tient également à la douceur et la bienveillance de ce regard, jouant à rendre la puissance même de la vie, au-delà des stéréotypes d’une beauté lisse ou normée.

Rejetant la coupure entre masculin et féminin, entre corps et intellect, la photographie d’Emilie Jouvet ouvre à une universalité totale et réelle, au-delà de la question sexuelle.

Un regard où s’exerce un foyer d’énergie guerrière, un espace incomparable de jouissance, une révolution des mentalités incontournable.

Les images d’Emilie interrogent le champ politique de la sensibilité, l’expression de l’intime, le clivage social entre corps et cérébralité, ce faisant, elle met en valeur le désir, à la fois langage du corps et de l’être.

Revisitant les références culturelles (archétypes de la représentation, dispositif classique du nu et du regard) l’acte photographique d’Emilie s’entend comme acte de résistance, comme nécessité et revendication d’une intégrité à la fois corporelle, intuitive et sociale.

BIO :

Issue des Beaux Arts et de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie, Emilie Jouvet est réalisatrice et photographe. Elle vit et travaille entre Paris et Berlin.

En 2005, elle réalise le premier long métrage queer porn lesbien et transgenre français : One Night Stand.

En 2009, elle monte une troupe éphémère de performeuses, pour une tournée européenne unique, afin de tourner son deuxième long-métrage Too Much Pussy! Feminist Sluts in the Queer X Show, un road-movie documentaire féministe sex-positif sorti dans les salles de cinéma en Europe en 2011.

Ancien membre de la Queer Factory, elle co-fonde différents collectifs d’artistes : TTMF, La Fem Menace, Les Productions Contraires. Elle fait partie des collectifs Oui Oui Oui Egalité, de L’AJL Association des journalistes LGBT, et de SAFE LGBT Association de lutte contre les violences en milieu LGBT. Depuis 2012 ses films sont au catalogue du CJC Collectif jeune Cinéma.

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23 mars 2019

Brexit : un million de participants à Londres réclament un nouveau référendum

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Brexit : les organisateurs de la manifestation pour réclamer un nouveau référendum revendiquent un million de participants à Londres

Cette marche des partisans d'un nouveau référendum accentue le climat de tension au moment où Theresa May hésite à soumettre son accord de divorce aux députés.

"Le meilleur accord, c'est aucun Brexit !" Au Royaume-Uni, les divisions au sujet de la sortie de l'Union européenne deviennent plus saillantes. Samedi 23 mars, les oppposants au Brexit défilent nombreux dans les rues de Londres pour réclamer la tenue d'un deuxième référendum. Les organisateurs revendiquent un million de participants, alors que les images montrent effectivement une foule très nombreuse dans les rues de la capitale britannique.

Pas de second vote. L'option d'un nouveau référendum avait été rejetée le 14 mars par la Chambre des communes et rencontre également l'opposition de la Première ministre conservatrice, Theresa May. Néanmoins, ses partisans espèrent que le chaos au Royaume-Uni finira par rendre cette option inévitable.

Délai accordé. Cette marche intervient deux jours après la décision des dirigeants européens d'accorder au Royaume-Uni deux options pour un report du Brexit au-delà de la date initialement prévue du 29 mars. Désormais, l'échéance fatidique est fixée au 12 avril au plus tôt, près de trois ans après le référendum qui a décidé d'une sortie de l'UE. Farouche opposante au Brexit, la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a appelé ceux qui rejettent une sortie de l'UE à profiter "au maximum de l'opportunité" offerte par le délai accordé par Bruxelles. "La décision de l'UE de reporter les choses au moins jusqu'au 12 avril a ouvert une fenêtre et ceux parmi nous qui sont opposés au Brexit doivent saisir la chance qui s'offre", développe-t-elle.

L'adoption de l'accord de divorce encore incertain. La Première ministre tente péniblement de son côté de rallier les soutiens derrière son accord de retrait de l'Union européenne, afin de le soumettre au vote des députés la semaine prochaine. Mais l'affaire est loin d'être gagnée : le texte est très loin d'avoir convaincu les députés britanniques qui l'ont déjà rejeté, massivement, à deux reprises, le 15 janvier puis le 12 mars. Sentant venir à nouveau le vent du boulet, Theresa May a prévenu dans une lettre adressée aux députés qu'un troisième vote pourrait ne pas avoir lieu, "s'il apparaît qu'il n'y a pas suffisamment de soutien pour représenter" l'accord.

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23 mars 2019

Récit - L’affaire Benalla déclenche une crise sans précédent entre l’exécutif et le Sénat

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Par Virginie Malingre, avec, Alexandre Lemarié, Olivier Faye

La saisine du parquet visant trois hauts responsables de l’Elysée a provoqué une guerre ouverte. La chambre haute et le gouvernement étaient déjà à couteaux tirés après une longue série de passes d’armes entamée depuis la première audition de la commission d’enquête parlementaire.

De l’« affaire d’été » à la crise institutionnelle. De la mise en cause d’un homme à celle du système élyséen. D’un dérapage individuel supposé à un conflit inédit entre les pouvoirs de la Ve République. L’« affaire Benalla » n’en finit pas de distiller son poison lent au cœur du quinquennat d’Emmanuel Macron. Près de neuf mois après son déclenchement, suite aux révélations du Monde, le 18 juillet 2018, sur les violences commises en marge des manifestations du 1er-Mai par l’ancien chef adjoint de cabinet du chef de l’Etat, ce dossier vient de déclencher une crise sans précédent entre l’exécutif et le Sénat.

Dans un geste symbolique fort, le premier ministre Edouard Philippe a décidé, jeudi 21 mars, de laisser son siège vide sur les bancs du Palais du Luxembourg lors des questions au gouvernement. Le président (La République en marche) de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a choisi pour sa part de boycotter un déplacement commun qu’il devait effectuer à Lille, vendredi, avec le président (Les Républicains, LR) du Sénat, Gérard Larcher, qui participera donc seul à une conférence devant les étudiants de Sciences Po. « On ne peut pas faire la guerre le jeudi et l’amour le vendredi », justifie-t-on au sein de la Macronie.

La déclaration de « guerre », à en croire les partisans de M. Macron, serait cette décision du Sénat, jeudi, de transmettre à la justice le dossier de trois proches collaborateurs du président de la République. Ces derniers sont suspectés « d’omissions, d’incohérences et de contradictions » lors de leurs déclarations sous serment devant la commission d’enquête parlementaire conduite sur l’affaire Benalla. La proximité de ces personnalités avec le chef de l’Etat – en particulier son secrétaire général, Alexis Kohler, et son directeur de cabinet, Patrick Strzoda – confère une dimension sensible à la décision du Sénat, dirigé par la droite.

« Instrumentalisation politique »

« Cette décision ne repose sur aucun fondement, ni en fait, ni en droits. C’est donc une décision politique qui a été prise par le bureau du Sénat », a dénoncé le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, pointant une « instrumentalisation politique ». « C’est un détournement des institutions à des fins politiciennes par la droite et les socialistes, qui utilisent le Sénat pour se venger d’une élection perdue en 2017 », enrage de son côté François Patriat, patron des sénateurs macronistes.

Il est notamment reproché à M. Strzoda une « suspicion de faux témoignage » quant à sa description du « périmètre des missions confiées à M. Alexandre Benalla », selon les termes du communiqué de presse du bureau du Sénat. Cela dans le but de minimiser le rôle actif joué par M. Benalla dans la gestion de la sécurité du chef de l’Etat. L’intéressé a lui-même battu en brèche ce scénario lors de son propre témoignage devant la commission d’enquête.

Si les déclarations de M. Kohler et du chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergne, ne sont, elles, pas suspectées de constituer des « faux témoignages » – faute d’éléments suffisants – leur cas est toutefois transmis au parquet avec « la liste des incohérences et des contradictions » relevées dans le rapport accablant de la commission d’enquête, publié le 20 février, qui montrait des « dysfonctionnements majeurs » au sommet de l’Etat. Il reviendra à la justice de trancher sur le degré de responsabilité des uns et des autres. « Le Sénat a envoyé l’ensemble du dossier en disant à la justice : “A vous de voir ce que vous trouvez” », décrypte un poids lourd du Palais du Luxembourg.

Les cas d’Alexandre Benalla et de son comparse Vincent Crase, les deux protagonistes de l’affaire, ont eux aussi été transmis au parquet, pour « suspicion de faux témoignage ».

« Ce n’est pas du contre-pouvoir, c’est du pouvoir contre »

Le premier est accusé d’avoir menti au sujet de ses attributions à l’Elysée, de son rôle dans le dispositif de sécurité et sur deux autres volets de l’affaire, l’un concernant ses passeports diplomatiques et l’autre un contrat passé avec un oligarque russe. Le second est mis en cause sur « les conditions de sa participation à la conclusion » de ce contrat.

Cette décision est ressentie très durement par l’exécutif, qui a décidé d’engager une riposte musclée. « C’est une agression qui n’a pas de précédent dans les cinquante dernières années », tempête un membre éminent de la majorité. « Ce n’est pas du contre-pouvoir, c’est du pouvoir contre. Ils tirent sur le sparadrap de l’affaire Benalla jusqu’au bout », souffle un ministre

L’Elysée s’est pour sa part gardé d’alimenter ces débats. La virulence de la réaction témoigne du caractère sensible de cette affaire, qui touche l’un après l’autre les membres de l’entourage d’Emmanuel Macron, comme on effeuillerait le cœur d’un artichaut.

Fin mars, Ismaël Emelien, conseiller spécial du président, quittera l’Elysée – officiellement pour publier un manifeste sur le progressisme. Mais ce proche parmi les proches est aussi dans le collimateur de la justice pour avoir transmis illégalement des images de police censées dédouaner M. Benalla.

Alexis Kohler et Patrick Strzoda vont-ils devoir travailler au quotidien en portant sur le dos la menace des rebondissements judiciaires ? Pour le chef de file des députés LR, Christian Jacob, il va « devenir compliqué » que les collaborateurs de M. Macron visés « puissent rester à leur poste ». « Sur les bases qui sont celles de la saisine faite par le Sénat, il n’y a pas matière à feuilletonner longtemps », veut croire au contraire un proche du chef de l’Etat. « Il n’y a pas d’éléments dans ce qu’ils ont transmis », martèle un autre.

« On ne fait pas de la politique dans les prétoires »

Signe de la tension ambiante entre l’Elysée et le Sénat, des sénateurs ont accusé la présidence de la République d’essayer de peser sur la décision du bureau. Certains ont assuré au Monde avoir eu connaissance de « pressions » de la part du sommet de l’Etat, sans toutefois fournir de preuves. A l’Elysée, on dément avoir pris la moindre initiative en ce sens, tout en accusant « certains membres de la commission d’enquête » de mener une « véritable campagne » politique.

Si le sort de MM. Benalla et Crase a fait l’unanimité chez les sénateurs, ce n’était pas le cas pour les conseillers du chef de l’Etat. L’option de transmettre leur dossier au parquet, préconisée dans le rapport rédigé par le président de la commission d’enquête, Philippe Bas (LR), et ses corapporteurs Muriel Jourda (LR) et Jean-Pierre Sueur (Parti socialiste, PS), a suscité une intense lutte d’influence ces derniers jours au sein du Palais du Luxembourg. Au point de diviser la majorité sénatoriale, composée de LR et des centristes.

Alors que les chefs de file du groupe LR, Bruno Retailleau, et celui des socialistes, Patrick Kanner, poussaient en faveur d’un transfert devant la justice du cas des conseillers de M. Macron, les centristes campaient, eux, sur une autre logique. Ils critiquent une ligne dure, davantage animée selon eux « par des considérations politiques que de droit », et ont donc voté contre la saisine du parquet.

« On ne fait pas de la politique dans les prétoires mais devant les électeurs », tranche le patron du groupe centriste, Hervé Marseille. « Il ne faut pas politiser le Sénat, met en garde à son tour le questeur centriste, Vincent Capo-Canellas. Son rôle n’est pas de partir dans une guerre contre Macron. » Le sénateur LR, François Grosdidier a salué au contraire « une décision juste, celle de ne pas limiter aux lampistes la saisine du procureur ». Le socialiste Patrick Kanner s’est félicité pour sa part que le Sénat ne soit « pas à la botte du pouvoir ».

« L’application du droit, rien que le droit, tout le droit »

Pris au milieu de ces débats, Gérard Larcher se retrouve écartelé entre sa base d’un côté et l’exécutif de l’autre. « Je ne suis en guerre contre personne. Pas contre l’Elysée et personne d’autre, a assuré le président du Sénat, se défendant d’avoir été à la manœuvre pour tenter d’affaiblir le chef de l’Etat. C’est simplement l’application du droit, rien que le droit, tout le droit. » « Philippe Bas, Bruno Retailleau et le PS l’ont pris en otage et lui ont imposé leur ligne dure », décrypte un fin connaisseur des arcanes du Sénat.

Fragilisé par la division de sa majorité sénatoriale, M. Larcher se retrouve dans une position inconfortable vis-à-vis d’Emmanuel Macron, avec qui il doit négocier la future réforme constitutionnelle. « Comment voulez-vous passer un accord avec quelqu’un qui se fait déborder de la sorte par son bureau ? », interroge, cruel, un très proche du chef de l’Etat.

Ce texte, dont l’examen pourrait revenir au Parlement en juillet, prévoit notamment une réduction du nombre de sénateurs. Beaucoup redoutent au sein du Palais du Luxembourg que le chef de l’Etat n’en profite pour faire « payer » au Sénat sa décision de charger l’Elysée sur le dossier Benalla.

M. Macron n’avait-il pas évoqué l’idée, dans sa lettre aux Français, le 13 janvier, de « transformer » le Sénat, une chambre peu populaire dans l’opinion ? Cette menace voilée, les soutiens du président de la République l’ont immédiatement agitée suite à la déclaration de guerre du Sénat. « Maintenant, le dialogue avec le Sénat va être très tendu. Je vois mal comment on avance sur la réforme constitutionnelle et les suites du grand débat », prévient M. Patriat. La colère des proches du chef de l’Etat est telle que certains vont même jusqu’à évoquer une possible « disparition » de la seule Assemblée qui a résisté, en 2017, à la vague macroniste.

23 mars 2019

Paris va taxer les vélos et les trottinettes en libre-service

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Par Denis Cosnard

La municipalité parisienne veut limiter l’essor de ces équipements qui stationnent sur les trottoirs et sont cause d’accident.

Des parents avec leurs jeunes enfants qui filent à toute allure sur leurs trottinettes, boulevard Sébastopol, entre deux bus, sans gants ni casques, dans des conditions qui semblent « calculées par la Nasa » pour provoquer le maximum d’accidents… « On est chez les dingues ! », s’est exclamé Vincent Lindon, lundi 18 mars, dans l’émission « Quotidien », sur TMC. L’acteur n’est pas seul à s’inquiéter de l’essor spectaculaire des trottinettes à Paris, et des dangers qui vont avec. La Mairie de Paris aussi. Pour calmer le jeu, elle a décidé de taxer les trottinettes, vélos et scooters disponibles en libre-service dans les rues de la capitale.

Le projet, annoncé jeudi 21 mars, fera l’objet d’une délibération soumise au vote des élus parisiens, début avril. Il s’agit d’instaurer une redevance que paieront toutes les entreprises privées – Lime, Bird, Cityscoot… –, en fonction du type et du nombre d’équipements concernés. Le tarif envisagé part de 20 euros par an pour un vélo classique ou électrique, monte à 50 euros pour une trottinette électrique, 60 euros pour un scooter électrique et passe à 120 euros et au-delà pour un scooter traditionnel. Les Vélib’ ne seront pas touchés : seuls seront taxés les véhicules loués en « free floating », ceux qui ne se trouvent pas à une borne, mais se prennent et se laissent un peu partout dans la ville.

C’est d’ailleurs ainsi que la redevance est officiellement justifiée. Selon la Mairie, le stationnement sur le domaine public des véhicules entre deux courses « excède les limites du droit d’usage à tous ». Il est donc logique de facturer cette utilisation. Depuis juillet 2018, les voitures en libre-service acquittent une redevance similaire de 300 euros par an.

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Lorsque les vélos et autres trottinettes en libre-service ont commencé à se développer, la maire socialiste, Anne Hidalgo, et son équipe ont plutôt applaudi l’essor de ces transports non polluants. Mais le revers de la médaille est vite apparu : des trottinettes qui zigzaguent, envahissent les trottoirs, des passants exaspérés qui les renversent, des accidents…

« Nous sommes ravis de cette redevance »

« Notre intention initiale était d’attendre la future loi d’orientation des mobilités, qui doit créer un cadre réglementaire pour ces équipements, confie Emmanuel Grégoire, le premier adjoint d’Anne Hidalgo. Mais elle a pris du retard et n’arrivera peut-être que dans un an. Or la situation devient préoccupante. »

Les rues de Paris comptent déjà plus de 15 000 scooters, vélos et trottinettes électriques, selon la Mairie, et 40 000 sont annoncés pour les prochains mois. Le succès des premières trottinettes lancées par Lime est tel que huit autres opérateurs ont suivi : Bird, Wind, Flash, Bolt... Cela devient « anarchique », jugent de nombreux Parisiens.

« Nous avons donc décidé d’agir nous-mêmes en créant cette redevance, comme d’autres villes en France et à l’étranger », explique M. Grégoire. Objectif : inciter les entreprises à limiter le nombre de deux-roues laissés sur les trottoirs et le bitume.

Et surprise, les opérateurs concernés ne hurlent pas. « Nous sommes ravis de cette redevance, assure même Arthur-Louis Jacquier, directeur général de Lime en France. Nous en payons déjà à Marseille et à la Défense [Hauts-de-Seine]. C’est un investissement. Il doit nous permettre d’installer notre projet dans la durée. »

En payant, Lime et ses rivaux s’assurent que leurs trottinettes ne seront pas interdites du jour au lendemain, qu’elles sont acceptées par les autorités.

La solidité juridique des redevances reste toutefois sujette à caution. De même, la mairie ne peut pas imposer le port du casque ni verbaliser les trottinettes laissées n’importe où, ni les mettre en fourrière. Au-delà de la mesure que s’apprête à prendre l’Hôtel-de-ville, « nous avons vraiment besoin d’une loi », plaide Emmanuel Grégoire.

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22 mars 2019

Chronique « Invincible Michael Jackson ? On verra… »

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Par Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde »

Le documentaire « Leaving Neverland » a relancé les accusations d’agressions sexuelles sur des enfants à l’encontre du chanteur, qui conserve pour l’instant le soutien de ses fans, observe dans chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».

Pendant des années, on s’est demandé ce que Michael Jackson pouvait fabriquer avec les gamins qu’il recevait jour et nuit, sans leurs parents, dans son ranch californien de Neverland, du nom du pays imaginaire de Peter Pan.

Manger des gâteaux ? Jouer au petit train ? Se déguiser ? On s’en amusait, comme on s’amusait des photos de la pop star tenant un garçonnet par la main. On s’amusait quand le chanteur disait que des enfants dormaient dans son lit. La terre entière se racontait des blagues sur Jackson, puis dansait sur des chansons de Thriller (1982), qui est un chef d’œuvre et l’album le plus vendu au monde. Depuis quelques jours, on s’amuse moins. L’icône, morte il y a dix ans à l’âge de 50 ans, est aussi écornée que son nez fut rafistolé. Au point que l’aimer et danser sur ses chansons devient un problème.

La question a surgi avec la diffusion, au début du mois aux Etats-Unis, jeudi 21 mars sur M6 en France, du documentaire Leaving Neverland (« quitter Neverland »), de Dan Reed, dans lequel deux hommes accusent la pop star de les avoir agressés sexuellement alors qu’ils avaient 7 ans et 10 ans. Et de livrer moult détails, aussi précis que sordides, tout en expliquant la façon dont le prédateur se protégeait par un système sophistiqué de portes et de cloches.

Les scandales d’agressions sexuelles se répètent depuis l’affaire Weinstein et chaque fois, c’est parole contre parole, donc c’est l’opinion qui tranche. Toujours dans le même sens : le bannissement de l’accusé. Alors si en plus c’est un pédophile… Ainsi, dans un film documentaire diffusé en janvier, plusieurs femmes accusent le chanteur américain R. Kelly d’abus sexuels alors qu’elles étaient mineures ; il a été inculpé, sa maison de disques lui a tourné le dos, ses ventes d’albums ont chuté de moitié tout comme l’écoute de ses titres en streaming.

La mobilisation des fans

Rien de cela pour Michael Jackson et c’est une sacrée surprise. Il s’est pourtant passé des choses après la diffusion d’un documentaire qui a d’excellentes audiences aux Etats-Unis.

La série d’animation américaine Les Simpson a supprimé un épisode consacré à la pop star des plates-formes de streaming. Le Musée des enfants d’Indianapolis a retiré trois objets liés au chanteur. Des radios au Canada et en Nouvelle Zélande ne diffusent plus sa musique. La maison Louis Vuitton a supprimé des vêtements d’une collection citant la pop star. Une statue de l’icône a été retirée d’un musée anglais. Des policiers veillent sur son étoile gravée sur le trottoir d’Hollywood. Mais aucune radio des Etats-Unis ne l’a blacklisté. Il est juste moins diffusé – son rythme quotidien est tombé de 2 000 à 1 500 chansons depuis que le documentaire est sorti sur la chaîne HBO.

En revanche, le streaming sur Spotify ou Apple Music ne baisse pas, au contraire : autour de 16 à 17 millions d’écoutes par semaine aux Etats-Unis. Il a même augmenté juste après la diffusion du film. Les ventes d’albums tiennent très bien aussi. Et puis aucune personnalité ne s’est indignée. Ce silence est sans doute lié à une mobilisation sans précédent des fans du chanteur sur la Toile. C’est inédit depuis l’émergence de #metoo.

Les fans assomment d’injures Dan Reed, le réalisateur de Leaving Neverland – Facebook, blogs, Twitter, podcasts, vidéos sur YouTube… Ce dernier pointe le lien entre fans et fanatisme religieux, constate qu’il fait l’objet d’une fatwa pour blasphème. Les deux victimes de Michael Jackson qui parlent sont une autre cible. Leur passé est épluché afin de les dénigrer. Et trois associations françaises de fans les poursuivent en justice pour « atteinte à la mémoire d’un mort ».

Pas seulement un chanteur

Jackson a une armée de millions de fidèles réunis dans un fandom, une communauté qui fait rempart et qui reste hermétique aux signes extérieurs. Elle estime devoir éradiquer un complot, par exemple en fabriquant des vidéos à décharge ou en proposant des formations sur le Net sur la façon de répondre aux accusations.

Reste à savoir pourquoi Michael Jackson s’en sort plutôt bien pour l’instant par rapport aux dizaines d’autres accusés issus du monde de la culture depuis deux ans.

D’abord parce qu’il est mort. Ensuite parce que l’accusation de pédophilie contre lui est sur la place publique depuis vingt-cinq ans. En 1993, il avait fait taire une « victime » en déboursant 23 millions de dollars. En 2005, il a été acquitté dans une autre affaire. Il n’a jamais été condamné de son vivant et sa carrière n’a jamais été abimée par les accusations. Ce que ne manque pas de rappeler la famille de l’artiste, qui gère ses intérêts, et réclame 100 millions de dollars (88 millions d’euros) de dommages et intérêts à la chaine américaine HBO pour avoir diffusé aux Etats-Unis un film qu’elle considère comme « un assassinat posthume ».

Et puis Michael Jackson n’est pas seulement un chanteur, il incarne la musique américaine. La culture américaine même. C’était le sens d’une exposition qui lui fut consacrée au Grand Palais – elle a pris fin le 14 février, bref ce lieu est passé tout près de la polémique.

Son impact artistique est tel que des fans ont vu dans ce film une volonté de destruction de cette culture. Résultat, dans le conflit entre l’homme et l’artiste, le monstre et le génie, c’est la musique qui gagne. « Je suis intouchable », chante Jackson dans son dernier album, Invincible, en 2001. Intouchable, car échappant aux normes. Il n’est pas un homme, pas une femme, pas un Noir, pas un Blanc. L’écrivain Yann Moix, le 16 mars sur le plateau de l’émission « Les Terriens du samedi », a cru devoir déclarer que Michael Jackson était un enfant. Donc innocent, car « un enfant, ça ne couche pas avec les autres enfants ».

Invincible, on verra. Entre ceux qui sont persuadés que Jackson est un pédophile, mais qui restent muets dans le but d’éviter les coups, et une communauté de fans qui hurle, la bataille ne fait que commencer. Qui prendra le dessus ? Trop tôt pour répondre. Mais si d’autres témoignages surgissent…

21 novembre 2013

Daiane Soares - Vernissage ce soir au Musée de l'Erotisme

Daiane Soares, mannequin et artiste brésilienne, a choisi la photographie comme lengage pour exprimer à la fois l'union et le contraste : vérité et mensonge, peur et courage, plaisir et obligation, force et fragilité...La fusion de la maitrise et de sa sensibilité s'est exprimée par un travail ,spécifique sur l'"ETRE FEMME".

www.daianesoares.com

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20 novembre 2013

Le mystère des plaques de gomme venues de la mer

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Produites au début du siècle dernier, des plaques de gomme refont subitement surface sur le littoral atlantique. Utilisées un temps pour protéger les câbles des navires, elles s’échappent d’embarcations naufragées. Mais lesquelles ? Cela fait rêver : le célébrissime Titanic ,coulé en avril 1912 en transportait dans ses cales. Mystère et boule de gomme ?

Prompt à avaler tout ce qui bouge, l’océan régurgite parfois de drôles de trésors de guerre. Laissant ça et là d’étranges d’objets venus d’un autre espace-temps. Ces derniers temps, justement, à la faveur des récents coups de vent d’octobre et novembre, de mystérieuses plaques de gomme ont refait surface sur le littoral Atlantique. De la Normandie jusqu’au Pays basque et à l’Espagne en passant l’île d’Oléron et la Bretagne (Etel, Groix, La Trinité-sur-Mer, Gâvres, Moëlan-surMer, Brest, Esquibien, Plougrescant, Ouessant, Douarnenez, Trégunc… ) L’an passé, l’Écosse, les PaysBas et New York avaient déjà été arrosés de ces plaques de gomme tamponnées du terme TJIPETIR. Le nom d’un navire ? Pas le moins du monde. Ce sont en réalité des tablettes de gutta-percha (gomme issue d’un arbre exotique d’Asie et d’Australie), qui furent utilisées un temps pour protéger les câbles sous-marins. Produites en Indonésie au début du siècle dernier, elles furent transportées par cargo jusqu’en Europe. Ces plaques ont disparu de la circulation depuis belle lurette. Cent ans plus tard, voilà que les cales des navires envoyés par le fond les relâchent dans la nature. Au petit bonheur. À la grande joie des promeneurs, qui les collectent comme autant de petits trésors de guerre offerts par la mer. Le propos pourrait s’arrêter à peu près là, si les livres de bord d’un certain Titanic n’avaient pas mentionné la présence des fameuses plaques Tjipetir dans les cales du légendaire paquebot, peu avant son titanesque naufrage d’avril 1912. Une mention qui s’est propagée comme une traînée de poudre (mouillée ?) via facebook, et qui fait désormais rêver quelques légions d’internautes. Bien sûr, du rêve à la réalité, il n’y a qu’un pas. Quand même… Outre-Manche, des experts écossais se sont penchés sur ces « Gutta-percha tablets », comme on les appelle en anglais. Elles pourraient provenir de l’Atlantique nord, où sombra le Titanic . Sans certitude. Jenny Wittamore, membre du National Maritime Museum de Falmouth (Cornouailles), admet qu’il est très difficile de vérifier cette thèse: « Le Titanic n’était pas le seul à transporter ces gommes sur cette route maritime. D’autres cargos ont fait naufrage, leurs soutes emplies de cette marchandise ».

L’épave du Titanic ?

En attendant une hypothétique preuve, l’une de ces plaques a trouvé refuge au Porthcurno Telegraph Museum, en Grande-Bretagne. Les autres sont accrochées sur les murs des maisonnées bretonnes ou normandes, comme autant de trophées. Comme chez Jacques Lemétayer dans le Morbihan, qui s’est trouvé nez à nez avec cette plaque ressemblant à une trappe de cale de bateau.« Je ramassais des algues pour mon jardin sur la plage d’Etel, et j’ai trouvé un semblant de planche rectangulaire. Après nettoyage à la maison, j ’ai remarqué l’étrange inscription. Alors, j’ai mené l’enquête sur Internet ». Avec le déferlement de nouvelles plaques sur le littoral français, le département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines d’Atlantique, Manche et Mer du Nord (1) (DRASSM) prend aussi les choses au sérieux.« Ces arrivées de plaques interpellent nos services, parce qu’elles sont des indices historiques sur les routes commerciales maritimes, estime Olivia Hulot.Les préfectures maritimes de l’Atlantique, Manche et Mer du Nord ont été informées de ce phénomène qui s’amplifie. Sans doute parce qu’une épave de navire marchand se disloque actuellement et laisse échapper ce patrimoine sous-marin… original ». Oui, mais où se trouve l’épave?« Difficile à dire. Nos services entament des recherches pour étudier les routes des navires marchands qui ont pu transporter ces cargaisons. Ces études, qui reposent autant sur la quête d’archives que sur la courantologie, sont nécessaires pour élucider ce mystère ». Sur une remontée en surface d’une partie de la cargaison du Titanic , l’archéologue est pour le moins circonspecte.« L’hypothèse est alléchante et je comprends que beaucoup aimeraient détenir entre leurs mains un petit morceau de légende… L’épave et les soutes du paquebot ont fait l’objet de très nombreuses expéditions. Rien de tel n’a été décelé ». Reste que, pour l’instant, le seul navire qui colle à la peau des plaques Tjipetir, s’appelle Titanic . La plus célèbre des épaves ne sera pas facile à gommer de la mémoire collective… Article de Pierre Wadoux (source : Ouest France)

(1) Département du Ministère de la Culture et de la Communication qui assure l’inventaire des vestiges provenant des eaux sous juridiction française. Toute découverte de vestiges doit être déclarée dans les 48 heures. http:// www.archeologie.culture.gouv.fr/

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19 novembre 2013

"Bondage is not a crime"

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Avec l'aimable complicité de Ludmila Metresa :  https://www.facebook.com/ludmila.metresa

Voir mes précédents billets sur le thème du bondage

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Petit cadeau du matin :

"Suspended Hogtie in the Wall"
Model(e) : Coeur de vie
Photographe(r) : Sébastien Puybonnieux
Ropes and post production (cordes et retouches photo) by myself (par moi-même).
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19 novembre 2013

La couleur en fil conducteur.

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Pour retracer les moments les plus emblématiques de la carrière internationale du photographe français Raymond Depardon, le Grand Palais a choisi de présenter 160 photographies, la plupart inédites, en couleurs. Couleurs qui, pour lui, sont souvent liées à l'enfance. Encore et toujours, il fait le tour de la terre à la recherche de clichés insolites pris sur le vif. Face aux grands événements, son regard se porte ailleurs comme en témoignent ses séries sur les Indiens Mapuches au Chili en 1971, le quotidien au Liban en 1978, alors en pleine guerre civile, et plus récemment en Ethiopie. L'homme, inlassablement, se place en témoin. Depardon préfère la banalité originale des villes, J'instant éphémère. Loin du sensationnel, la rue lui suffit à retranscrire le quotidien des citadins depuis plus d'un demi-siède. Raymond Depardon, un moment si doux, juqu'au 10 février au Grand Palais, avenue Winston-Churchil Paris 8ème.

 

16 mai 2019

LE CRAZY HORSE PRESENTE VIKTORIA MODESTA, PREMIERE GUEST STAR BIONIQUE

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L’iconique cabaret parisien, au style incomparable et aux collaborations pointues, invite l’artiste futuriste aux multiples facettes, à devenir la première « Showgirl Bionique » du 3 au 16 juin 2019.

Dans un monde en plein questionnement sur le rôle et l’image de la féminité, la rencontre des univers complémentaires du Crazy Horse et de Viktoria Modesta permet de mettre en scène une autre vision de la femme, de la sensualité et de la beauté au XXI siècle.

Le temps de 29 représentations exceptionnelles, Viktoria incarnera sur cette scène mythique la femme du futur sublimée par la technologie.

Ne manquez pas ce spectacle exclusif qui sortira de l’ordinaire. Le futur est maintenant et il est décidément

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Crazy !

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30 mai 2019

Paolo Roversi is the photographer of the 2020 Pirelli Calendar

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The year two-thousand-and-twenty has a graphic form that seems the repetition of a number which is, in some ways, magic, the number twenty written twice. It is the double, the dual relationship, between the story of the past and the new world, it is the time of Paolo Roversi, the photographer who will create the 2020 Calendar for Pirelli.

Often when talking about photography time is considered a technical factor, but it is not always like that. In the work of Paolo Roversi time becomes suspended and almost indefinite.

An intensity made possible through long exposures that allow for a dialogue between photographer and subject, creating an understanding that is palpable and embodies intangible but recognizable emotions, like mysticism and devotion, contemplation and ecstasy.

The images of Paolo Roversi evoke emotions and sensual, dreamlike sensations with a light that recalls the mosaics of Ravenna, his city of birth. His photographs bring out the grace and fragility of the female figure. “For me photography is not a simple reproduction of reality but a revelation, because when I take a photograph I feel I am touching another life and another world”.

Paolo Roversi, trained in the Paris in the 1970s, is considered one of the most talented contemporary photographers, above all for his style which is personal and highly recognizable.

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28 mai 2019

« Êtes-vous sûr(e) de l'exactitude de votre savoir ? » par KaoRi, ancienne muse d’ARAKI

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Le nom de KaoRI ne vous dit peut-être rien mais son visage est connu de nombreux amateurs de photographie puisqu’elle était une des muses d’ARAKI entre 2001 et 2016. En avril 2018, elle dévoilait sur son blog avoir été victime de mauvais traitements de la part du photographe. Elle nous a autorisé à traduire son texte et à le publier sur Japan FM.  

« Il y a quelques temps, les gens parlaient sur les réseaux sociaux de l’exposition ARAKI au Museum of Sex de New York. J’avais beaucoup de choses à dire, mais il était important pour moi de prendre mon temps pour exprimer quelque chose de si important et j’ai donc raté le bon moment. Ça a été beaucoup plus difficile que je ne l’avais imaginé de me replonger dans un passé que j’avais laissé derrière moi et j’ai décidé d’affronter la vérité. Je ne voulais pas tout renier seulement à cause de ma colère, ni crier au monde que toute ma vie avait été gâchée à cause de lui. Je voulais connaître nos sentiments respectifs, nous comprendre et finir en bons termes. Finalement, j’ai compris que nous resterions toujours dans l’incompréhension mais je pense pouvoir dire que je suis en paix avec moi-même.

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A une époque où des artistes comme Mario TESTINO (j’en parlerai une autre fois), Terry RICHARDSON, KIM Ki-duk, Lars VON TRIER, Woody ALLEN et TARANTINO sont accusés, des journalistes étrangers se sont vraiment intéressés à cette exposition d’ARAKI ainsi qu’à la relation entre photographes et modèles. Certains d’entre eux se sont souciés de moi en se doutant que je ne pourrais justement pas en parler dans la crainte que je ne sois dénigrée par la société japonaise comme Shiori-san. J’ai également trouvé des articles me décrivant comme « sa partenaire actuelle et sa muse. ». C'était pénible de vivre dans une telle situation d'incertitude et confusion, c'est pourquoi malgré ma grande frayeur, j'ai décidé de l’écrire avec mes propres mots. Néanmoins, je présente mes excuses aux passionnés  de photographies si cela vous déçoit. Que vous croyiez en mon histoire ou non, sans parler du mouvement Me Too, si mon récit peut vous servir à regarder son art avec une autre perspective, je m’en contenterais. C’est ainsi que je vois mon rôle. Cela va être un peu long. Cette histoire est celle d’une période de ma vie passée auprès d’un artiste qui recevait chaque jour des visites de célébrités internationales qui lui disaient « Tu es mon héros ! ».

J’ai été modèle pour ARAKI de 2001 à 2016. Durant tout ce temps, notre relation n’était que celle d’un photographe et d’un modèle ; nous n’avons jamais été amants. Je ne suis jamais allée chez lui et je n’ai jamais tenté de détruire sa vie privée. La photo ci-dessus (ndla : celle qui illustre cet article) est celle où j’ai été photographiée pour la première fois. Je n’étais pas nue – j’imagine qu’il se sentait un devoir de considération pour ma première séance. Je suivais mon rêve de devenir danseuse et j’ai même étudié à l’étranger mais j’ai réalisé que je n’étais pas faite pour faire partie d’une compagnie de danse.  J’ai fait des allers-retours entre Tôkyô et Paris.

Ceci est une photo de moi quand j’étais jeune et que j’essayais de trouver un nouveau moyen de m’exprimer. C’était dans un studio à Roppongi, qui n’existe plus désormais, derrière Meiji-ya. Après cette séance, je dansais, posais nue, et portais des kimono dans ce studio. Quand nous étions en dehors du studio, je mangeais, dormais, prenais des bains, je dessinais... Il a commencé à me photographier sans rater un seul moment.

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Au début, j’étais juste photographiée et je ne savais pas comment ces photos seraient utilisées. Avant, lorsque je travaillais avec des photographes à l’étranger, je signais toujours des contrats, je vérifiais les photos après la séance et je recevais quelques impressions. Je signais systématiquement un contrat lorsque les photos étaient publiées. Il y avait des clauses pour le droit à l’image. La première fois que j’ai posé nue, j’ai demandé au maquilleur à ce propos mais on me répondait « Araki ne fait pas ce genre de choses » et «  Ça se passe comme ça au Japon ». J’ai pensé que quelqu’un d’aussi connu qu’ARAKI ne me traiterait jamais de façon aussi misérable. Aujourd’hui je réalise que pour quelqu’un d’aussi célèbre qu’ARAKI, ne pas avoir de contrats est inhabituel mais j’étais si jeune et naïve. Ma plus grosse erreur a été de devenir trop amicale avec lui au point de ne pas pouvoir en parler. Je me suis sacrifiée en étant polie.

Alors que j’étais seulement une de ses nombreuses modèles favorites depuis quelques années, soudainement j’étais devenue sa muse et j’ai commencé à assister à des vernissages, interviews et d’autres évènements publics, sacrifiant de plus en plus de mon temps. Sans en être informée, des photos de moi étaient publiées dans des livres et des DVD, avec mon nom en titre, vendus à travers le monde. J’ai fait tant de performances dansantes qu’il appelait « live shootings ». A part la maigre indemnité reçue pour les séances photo, je n’ai jamais été rémunérée peu importe le temps que j’ai sacrifié, peu importe le nombre de livres publiés avec mon nom. J’ai dû trouver d’autres manières de subvenir à mes besoins. C’était vraiment très difficile. Néanmoins, c'était embarrassant de parler d’argent en tant qu’artiste. Mais c'est en surpassant ça qu'on peut donner la meilleure expression. Je ne savais pas quoi lui dire. J’ai commencé à croire en sa philosophie de « Photographie personnelle (Shishashin) » selon laquelle « les photos décrivent les relations (ndla : entre le photographe et un proche) », « Amour » et « Muse » et j’avais le sentiment de contribuer à son art.

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Mais en réalité, j’étais de plus en plus fatiguée. Quand je regarde en arrière, tout était excessif et extrême. Je devais faire des choses qui sortaient tellement de l’ordinaire, il devait y avoir une part de moi qui devait être pétrifiée pour avoir fait comme si c’était normal. Être la muse d’ARAKI et être moi-même étaient très différents. Quand j’y pense, ce n’était pas très sain d’avoir dissimulé mon vrai moi et vivre comme si je me cachais.

Pour garder cette image de son art ou peut-être parce qu’il aimait l’attention, il racontait des histoires sur moi à la télévision et dans des interviews pour des magazines, créant et vendant livres après livres sans que je ne le sache, leur donnant des titres comme « KaoRi Sex Diary » sans mon consentement, me faisant prendre des poses d’une manière extrême face au public, recevant tous les honneurs de mes performances.... Un jour je suis allée au studio pour ce que je croyais être une séance photo mais quand je suis arrivée, c'était lui qui était photographié et je devais poser nue devant des étrangers. C’est arrivé plus d’une fois. Même lorsque je lui disais que je ne voulais pas le faire, il me répondait, « Ils ne sont pas là pour te photographier, ils sont là pour moi. » J’étais, malgré moi, dans une situation où je ne pouvais pas dire non. Par ailleurs, j’étais constamment victime de harcèlement quotidien et de traque, de fausses vidéos de moi se propageaient sur internet et mes amis croyaient en ces mensonges. Toute cette anxiété m’a fait m’évanouir dans la rue à plusieurs reprises, et il m’est même arrivé de penser que l’on m’assassinerait si je fermais les yeux. Il y a eu des jours où j’avais peur pour ma vie. Quand cela m’arrivait, je demandais à ARAKI d’améliorer mes conditions de travail mais il répondait systématiquement « je ne sais pas », « j’ai oublié », « je n’ai jamais dit ça », « je n’ai rien à voir avec ça », « l’éditeur a écrit que », ou encore « je n’ai ni téléphone ni ordinateur donc je ne suis pas au courant. C’est de ta faute si tu regardes. C’est de ta faute si cela t’impacte. » Il niait toute responsabilité et j’étais seule pour affronter ma vie brisée. J’avais le sentiment qu’il s’imposait à moi -une personne dont il ne se sentait pas responsable- ce que sa femme avait fini par accepter.

Le temps passant j’ai commencé à voir qui il était vraiment : quelqu’un qui veut paraître bien aux yeux des autres mais qui, en fait, n’en a rien à faire de ses proches. Comme il le dit publiquement, ARAKI veut juste prendre des photos et se fiche complètement de ses sujets. Cela m’a pris du temps pour comprendre que ses photos sont en réalité « fausses ». Tiraillée entre l’envie de partir et la pensée que rien ne s’arrangerait même si je m’en allais parce que ma voix n’avait pas d’importance, j’ai commencé à croire que je devais être sa muse jusqu’au bout. Une partie de moi avait aussi envie de croire jusqu’à la fin en la personne en qui j’avais eu un jour confiance. Le voyant changé par sa maladie, j’ai également probablement dû développer des sentiments complexes à son égard.

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Parce qu’ARAKI racontait publiquement que j’étais « une femme mystérieuse qui ne fait rien », j’ai été tourmentée dans ma vie privée par des harceleurs pendant un long moment. Les gens me suivaient, s’introduisaient chez moi pour voler des photos, fouillaient dans mes poubelles et laissaient d’étranges mots dans ma boîte aux lettres. Lorsque j’ai dû déménager dans un lieu plus sécurisé, il m’a dit « C’est de ma faute ? N’y a-t-il pas erreur ? Comment peuvent-ils entrer chez toi sans clé ? ». Il ne me croyait pas et me donnait un peu d’argent. Je ne pouvais pas aller voir la police alors j’ai dû engager un détective et déménager par mes propres moyens. Le poids du stress mental et financier devenant de plus en plus lourds à porter, des symptômes physiques ont commencé à apparaître, et j’ai eu peur de finir par tomber gravement malade.

J’avais le sentiment de ne plus pouvoir continuer à vivre ainsi, peu importe ce que pensaient les autres, alors j’ai cessé de prétendre être « mystérieuse » dans ma vie privée. Je voulais mener une vie privée dissociée de cette autre vie. Une fois mon plan en route, ses mots et ses actions insouciants ont encore une fois détruit ma vie. Parfois, il me décrivait comme quelqu’un d’important dans sa vie, m’appelant « ma femme » et disant « je ne peux pas mourir tant que j’ai ma muse ». D’autres fois il m’appelait une « prostituée » ou « une femme qui ne mérite pas qu’on lui achète une maison » racontant « je ne sais rien de sa vie privée ». Un jour j’attendais avec impatience un tournage pour la NHK où on m’a demandé d’apporter ma robe bleue car « la NHK ne peut montrer des corps nus ». Cependant, le moment où il a exposé mes seins en disant « j’espère que la NHK montre des nichons » fut la scène finale et c'est ce qui a été diffusé avec mon profil. L’influence de cette chaîne nationale a été très, très puissante.

Selon la communication du média, tout ce que fait un artiste célèbre est justifié et glorifié. J’ai perdu confiance en leur jugement.

D’après sa longue carrière et surtout l’expérience d’avoir photographié sa femme, il aurait dû comprendre que les femmes changent avec le temps et peuvent décider « je ne veux plus être photographiée. Je ne veux plus être exposée au public. ». Mais il n’a jamais pris en compte que son nom et ses actes avaient un impact international, et que cet impact me blessait. Il continuait à me traiter comme un objet et n’a jamais une seule fois essayé de changer son attitude.

En février 2016, ma patience avait atteint ses limites et je lui ai envoyé une lettre demandant à améliorer mes conditions de travail. Il m’a simplement appelé en me disant, « je te recontacterai » et m’a ignoré durant des mois. A un certain stade, il m’avait interdit de l’appeler mais quand finalement j’ai cédé et que je l’ai contacté, il a accepté de me revoir seulement pour revenir sur sa promesse et se mettre en colère. Il a fait un document sur lequel il y avait mon nom et dans lequel il était indiqué, « je consens à ne jamais diffamer ni entraver le travail d’Araki LLC » et je devais le signer. Après qu’il ait lu tout le document à haute voix et que j'ai entendu mon nom à la fin, j’avais vraiment l’impression d’être acculée. J’avais l’impression de devenir folle. J’ai refusé de le signer, encore et encore, mais il m’a menacé en me disant, « je suis malade alors montre un peu de compassion », « si tu le ne fais pas je ne serais pas capable de continuer », « ne dépasse pas les bornes ». Prise de pitié, j’ai été contrainte de signer le document. C’est ainsi que toutes mes séances photos de juin 2016 ont été annulées et que j’ai été virée de mon rôle de « muse ». Il m’a simplement demandé de disparaître. Après ça, j’ai reçu une lettre de la représentante de Araki LLC. Celle-ci se terminait par « j’espère que vous continuerez à être notre meilleure muse ». Après tout ce qui s’était passé, après m’avoir laissé mourir seule, je ne pouvais pas pardonner ces mots. J’ai envoyé cette lettre à ARAKI et tenté de lui faire admettre que sa société avait aussi contribué à mon harcèlement. Bien évidemment, comme d’habitude, je n’ai reçu aucune réponse. Je m’étais dit qu’il était seulement jaloux, mais avec personne à mes côtés, j’avais l’impression d’être martyrisée. J’ai perdu toute ma dignité. A ce jour, quand je vois que des photos de moi sont toujours utilisées pour des expositions, cela me rappelle cette époque.

Dans le monde de l’art, les vies des muses sont mythifiées et transformées en belles mais tragiques légendes. Je commençais à croire que ma contribution à son art était de mourir en  muse mystérieuse et solitaire. J’ai sérieusement pensé au suicide. J’avais prévu un calendrier et avais commencé à agir dans ce but. J’avais ouvert un compte Instagram pour me servir. J’y étais presque. Jusqu’à ce qu’une de mes étudiantes de ballet, elle-même écrivaine, décède soudainement. Cela a été annoncé comme un décès mystérieux. Il est trop tard pour savoir exactement de quoi elle est morte mais lorsque j’ai lu son blog, j’ai découvert les mots exacts pour décrire mes sentiments. Je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer. Cela peut paraître inapproprié mais c’est à ce moment que j’ai pris conscience. En sa mémoire, j’ai pensé que je ne pouvais laisser ce monde être un lieu pour davantage de morts mystérieuses et anormales, un lieu pour des suicides injustes. Pour les personnes concernées, il n’y a pas de « mystère ».

A cette époque, chorégraphier, danser pour elle et refouler mes émotions étaient la seule chose que je pouvais faire. Juste au moment où je pensais être capable de contrôler mes émotions, le mouvement Me Too a commencé aux Etats-Unis. Quand j’ai appris ce qu’était le mouvement, j’ai pris conscience que je n’avais plus besoin de me dévouer à ses mensonges et j’ai demandé conseil tous les jours auprès de la police, des avocats et autres professionnels. Une partie de moi voulait laisser mes émotions dominer et crier, mais étant donné ma relation avec ARAKI il était important que je fasse attention. Il était très douloureux de voir ma naïveté, mon amour et ma compassion jugés par d’autres personnes de leur regard calme et objectif. J’ai appris qu’il avait accepté par le passé les requêtes d’autres modèles d’arrêter d’exposer leurs photos, je pensais alors ne pas vouloir que mes photos ne soient plus jamais montrées, mais qu’il devrait y avoir des règles et qu’il devait reconnaître qu’il était allé trop loin. Je voulais l’opportunité de discuter. Grâce à un avocat, j’ai finalement pu faire cette requête à la mi-février cette année

La réponse que j’ai reçu en mars était entre autres mots, « je t’ai seulement pris pour modèle car tu es un jour venue à mon bureau en demandant à être photographiée. Le Shishashin est une forme unique d’expression reconnue par les critiques et il n’y a pas d’aspects commercials dans cette relation. Par conséquent, il ne peut y avoir aucune règle ou accord. C’est à toi de décider. Autrement mon art ne pourrait exister. C’est pourquoi il n’est pas question « d’aller trop loin ». Je n’ai pas besoin de discuter de l’avenir de ces photographies. ». Pour couronner le tout, il a dit « je ne veux pas avoir d’échanges hostiles par écrit, je veux une discussion pacifique en personne. Cependant, j’ai complètement perdu l’envie que tu sois de nouveau mon modèle. ». Après m’avoir totalement rayé de sa vie, il me répond avoir perdu toute volonté de faire de moi son modèle. Il a ignoré toutes mes lettres personnelles au point que j’ai dû faire appel à un avocat et malgré ça, ce Shakyo Roujin (vieil homme obsédé par la photo) continuait à pulvériser mes sentiments. C’était bien plus que bizarre, c’était pathétique. Je n’ai jamais reçu de réponse non plus de la part de la représentante.

J’ai passé 16 ans à être modèle et je n’avais rien construit. Je n’avais rien. J’ai finalement compris et accepté que c’était parce que mon rôle n’avait aucune substance. Je pense aussi avoir véritablement compris les photographies d’ARAKI. C’est moi qui avais interprété ma définition du Shishashin et qui l’a autorisé à me manipuler. J’étais également responsable d’avoir trop travaillé en croyant contribuer à son art. J’ai senti qu’il n’y avait pas lieu de discuter avec une personne qui refuse de voir à quel point ses actions blessent les autres. C’est pourquoi je voudrais que mon échec soit une inspiration pour l’avenir et pour d’autres personnes sur le point de changer mais aussi encourager les personnes qui traversent une expérience semblable à la mienne. J’ai été encouragée par tant de récits #metoo. Je ne veux plus qu’aucun modèle se réfugie derrière le masque de l’art, tout en étant blessé dans l’ombre. Je voudrais aussi que soit saisie l’opportunité d’une réflexion sur l’art de la photographie. Il m’a fallu jusqu’à aujourd’hui pour vraiment ressentir la terreur de la photographie, une forme d’art, qui, une fois que l'objectif vous capture, ne disparaîtra jamais même après votre mort.

Grâce au développement des réseaux sociaux, nous vivons désormais dans une ère où la passion peut mener vers des opportunités professionnelles. Je vois beaucoup le mot-dièse #ModelsWanted. C’est formidable de pouvoir transformer votre passion en profession, mais la réalité est que vous devez aussi vous protéger. Il y a tant de modèles freelances tout comme des personnes qui veulent juste tenter leur chance. Si cela vous arrive, l’existence d’un contrat vous sera très importante. C’est comme ça que des actions légales peuvent être possibles. Peu importe à quel point vous êtes amical avec le photographe, ne faites pas de compris sur un contrat qui vous contentera tous les deux. Aussi, gravez dans votre mémoire que peu importe à quel point vous travaillerez dur comme modèle, au final, les photos appartiennent au photographe.

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Je tournais les pages du livres en terminant de me maquiller et je suis tombée sur cette citation. Penser que pendant 16 ans j’ai travaillé avec quelqu’un qui peut dire quelque chose comme ça à son âge et à notre époque, et en rire, et que je l’ai laissé faire... ça m’a rendue malade. A y réfléchir, j’étais vraiment engloutie par cette mentalité de « ancienneté, honneur et misogynie ». Je perdais pieds. Je lui rends ses mots à travers le titre de ce billet.

C’est un peu décevant de terminer cette relation avec une personne qui m’a montré un nouveau monde et que j’ai respecté d’une certaine manière. Cependant, vieillir et gagner en expérience ne vous place pas au-dessus des autres. Aujourd’hui, j’apprécie d’avoir beaucoup appris à travers ce mauvais exemple et je travaille consciencieusement à créer un meilleur avenir grâce à mes erreurs.

La mythologie, la taille de notre univers ... La vérité est toujours faite de contradictions.

A partir de maintenant, je veux vivre ma vie en croyant en moi et en chérissant chaque jour.

Beaucoup d’entre vous commencent une nouvelle vie. Quelque soit votre travail, si vous avez l’impression que quelque chose cloche, n’hésitez pas à douter, à y réfléchir, et parlez-en et mettez de la distance. Si vous êtes dans un milieu perverti, vous serez englouti(e) et vous ne serez pas capable de prendre de bonnes décisions. Croyez aux réactions de votre corps et ne vous mentez pas à vous-même. N’ayez pas peur parce que vous êtes jeune. Croyez, je vous en prie, que vous appartenez à une génération qui créera de nouvelles valeurs. Même si les choses ne se déroulent pas comme prévu, ce ne sera pas la fin du monde. En mettant un pied dehors, un monde totalement différent vous attendra. Même si vous voulez parfois blâmer les autres, c’est une perte de temps. Si cela devient vraiment grave, partez seul(e) en voyage. Pendant ce temps vous verrez les choses d’une autre manière, vous pourrez changer votre douleur en quelque chose de bien et un jour, votre expérience vous servira. Ça peut vous être plus facile si vous voyez une crise comme une opportunité. Si vous changez et que d’autres personnes voient ce changement, vous pouvez contribuer à améliorer la société. Ce sera un petit changement, mais croyez en ce changement.

Si vous êtes en position de force, ayez s’il vous plaît conscience de vos forces mais aussi de vos faiblesses. Vous pourriez imposer vos faiblesses à vos subordonné(e)s sans même vous en rendre compte. N’interrompez pas ce que les personnes moins bien placées ont à dire et écoutez-les jusqu’au bout. De nos jours, admettre que vous avez tort et vous excuser n’est pas considéré comme une mauvaise chose. Ne rejetez pas la jeunesse et la nouveauté juste parce que vous êtes dans le confort. Efforcez-vous s’il vous plaît à une relation complémentaire en vous soutenant les uns et les autres.

J’espère que le monde deviendra un endroit où nous pourrons tous nous respecter, quelque soit notre statut.

Bien vivre est la meilleure des revanches.

KaoRi. »

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Aujourd’hui, KaoRi a déménagé dans un pays étranger pour refaire sa vie, tout comme Shiori ITO s’est expatriée pour fuir le regard critique de la société japonaise. Lors de nos échanges par mail, KaoRI nous explique qu’après avoir publié son billet, elle a recontacté Nobuyoshi ARAKI qui lui a demandé, furieux, de ne plus jamais le contacter et qu’il ne souhaitait plus la voir. Elle nous indique que plusieurs journalistes ont essayé d’avoir une réponse du photographe, sans succès. Elle n’a aujourd’hui plus du tout de contact avec lui. KaoRi apprécie néanmoins toujours les œuvres passées du photographe mais que « son regard sur [celles-ci] a beaucoup changé, plus objectif ». Malgré cette douloureuse expérience, elle reste fière d’avoir été une de ses muses, et loin d’avoir de la rancœur envers le célèbre photographe, elle considère cette expérience passée « comme une leçon de vie »

22 mai 2019

Deborah de Robertis

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Dimanche 19 Mai au Parlement Européen,enceinte de l'Europe et du Monde, accompagnée des Etoiles de l'Union, nous avons déversées du véritable sang de porc au coeur de l'hémicycle. Regards froids pour confronter les politiques à leur inertie patriarcale.

#Europeiswatchingyou👁

Extrait du Manifeste d’Europe. (Texte entier dans la vidéo officielle)

"Je suis Europe, devant vous toute puissante,

Je m'arrache au mythe.

Je suis toutes les origines, je suis homme et femme,

Et j'annonce l'aube d'un nouveau cycle.

Femme-monde et lanceuse d'alerte, j'ouvre mon sexe et j'avorte mes entrailles.

Je vous ordonne d'inverser le point de vue,

Ce n'est pas le monde qui nous porte, c'est nous qui portons le monde!

Moi, souveraine, putain, mère originelle de la lignée des Hommes.

Déesse bâtarde à la vulve monstrueuse et dégoulinante,

Je vous laisse entrevoir les ténèbres.

La fin possible d'un monde.

Déesse bleue polymorphe couronnée d’ étoiles dorées

Je porte en mon sein le devenir de l'humanité.

Avec moi, j’appelle les déesses du monde entier à ouvrir leur sexe.

Ensemble jouissons à la gueule des dieux égarés, des politiciens aveuglés par la brume des sommets.

J'expose aux dirigeants ce trou noir duquel tous sont sortis."

Teaser Ici: https://vimeo.com/337136134

VIDEO OFFICIELLE coming soon 🌍🌎🌏

#Humanityiswatchingyou

Performeuses : Abigail Tiecoura Bly Vy Vie Mks Angie S-Wolf Laure Pepin Maja Kaïa

Photo : Greg looping & Guillaume Billy Arnaud

Vidéo : Victor Carril Alexandre Carril @Tom Chabbat

Participation : Ksenia Oksman , Cyprien // liscence DR, photo Guilliaume Belveze

Deborah de Robertis

TEASER #Europeiswatchingyou from Deborah De Robertis official on Vimeo.

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