Lorient - En immersion dans le vieux K3
Réouvert début juin, le K3, situé à la base de Lorient, reçoit les premiers vacanciers. Guides comme dispositifs anti-Covid sont opérationnels pour leur arrivée.
« Puisque c’est la mode maintenant… », s’amuse Daniel Guyader, guide-conférencier du K3, en ajustant l’élastique de son masque. Les visites ont repris début juin à la base de Lorient, et avec elles, un nouveau protocole : masque obligatoire pour tous, distanciation sociale et nombre des visiteurs réduit à dix (guide compris) contre 35 avant l’épidémie. « Nous pensions que le seuil allait être augmenté avec l’arrivée de l’été, mais rien n’a changé », semble regretter le guide breton. Pour l’heure, il devra se contenter des sept visiteurs présents, ce vendredi après-midi. Parmi eux, des curieux venus de Rennes, de Saint-Armel, et une famille originaire du Mans. « Nous avions déjà visité la base de Saint-Nazaire, alors nous voulions comparer avec celle de Lorient. Et avec le temps qu’il fait, c’est l’idéal ! », s’enthousiasme la mère de famille.
Découverte du Général Stosskopf
D’un pas décidé, Daniel Guyader slalome entre les différentes allées de la base, laissant parfois les visiteurs à la traîne. Depuis 23 ans qu’il y travaille, le Breton connaît le lieu comme sa poche. Le petit groupe fait une halte devant la plaque commémorative du Général Stosskopf, ingénieur français considéré comme un collaborateur à son arrivée à Lorient qui fut arrêté puis déporté par la Gestapo en 1944. La base porte aujourd’hui son nom. Si les adultes sont attentifs au récit, le temps semble long pour la seule enfant du groupe.
« Ce lieu n’est pas qu’un garage à sous-marins »
Face au K3, troisième bloc de la base de sous-marins de Keroman, le bâtiment impressionne. Composé de sept alvéoles, c’est d’ailleurs le plus grand blockhaus de la base et aussi le seul à avoir été construit dans l’eau. « 15 000 hommes ont été déployés pour venir à bout de ce chantier colossal qui a demandé quatorze mois de travail », explique le guide. Au total, 162 sous-marins y trouvèrent résidence durant la Seconde Guerre mondiale. À l’étage, le groupe traverse une des trois chambres d’éclatement, sorte de long tunnel qui servait à protéger le bunker du dessous, avant d’accéder au toit. Autrefois bombardé par les Alliés, seuls les goélands y résident aujourd’hui, profitant d’une vue imprenable sur Lorient et ses alentours.
Du gel hydroalcoolique est mis à disposition à la fin de la visite. Alors que les promeneurs regagnent la sortie, le guide conclut : « Ce lieu n’est pas qu’un garage à sous-marins, c’est aussi le témoin de notre histoire ». Un message qu’il prend plaisir à répéter, années après années. Pour ce qui est de la fréquentation estivale, Daniel Guyader se dit optimiste. « Quoi qu’il arrive, on sera là. Mais j’espère qu’on aura tout de même quelques étrangers, surtout des Britanniques. Ils en connaissent souvent plus que les Lorientais ! »
Du lundi au vendredi, de 10 h à 17 h jusqu’au 31 août. Réservation conseillée soit à la Cité de la voile, ou en ligne. Tarif : de 3,50 € à 5,50 €.Tél. 02 97 02 23 29/02 97 655 656.




























