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Jours tranquilles à Paris

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22 mai 2020

« La Vie d’Adèle : chapitre 1 et 2 », naissance d’une actrice

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Deux films s’entremêlent à l’intérieur de La Vie d’Adèle : chapitre 1 et 2, récompensé à Cannes par un jury présidé par Steven Spielberg. D’un côté une histoire d’amour entre deux jeunes femmes, l’une, Emma, artiste aux cheveux bleus inoubliables, l’autre, Adèle, que l’on voit évoluer de simple lycéenne à professeur des écoles. Insensiblement, et pendant près de trois heures, Emma (Léa Seydoux) lentement se détache, se replie sur son monde d’artistes : le mépris de classe aura bientôt raison de leur amour et le film évoque à bien des égards La Dentellière de Claude Goretta (1977).

On a beaucoup commenté la manière dont Kechiche filmait, sans beaucoup de subtilités, un peu à la truelle, la différence de classes entre les deux femmes : chez l’une on dîne des huîtres, chez l’autre de vulgaires spaghettis bolognaises. De fait, Kechiche offre un sort peu enviable à Emma, ou plutôt devrait-on dire à Léa Seydoux, l’unique « star » qu’il ait jamais filmée et que, sans doute, il sacrifie parce qu’il se méfie des corps déjà glorieux.

Aussi parce que son regard tombe amoureux d’une actrice qu’il révèle : c’est le sujet du deuxième film, d’un souffle cinématographique rare et qui fait largement oublier les reproches. Sur près de trois heures, Kechiche filme un corps qui advient au cinéma, impossible à oublier, celui d’Adèle Exarchopoulos. Il le filme sous toutes les coutures : dévorant, lisant, dormant, apprenant, enseignant, faisant l’amour. Le regard de Kechiche est fasciné, ému, sans jugement : il la regarde comme il a regardé avant Sara Forestier, Hafsia Herzi, plus tard Ophélie Bau. On a pu lui reprocher son avidité « scopique », pourtant passionnante, mais on ne peut ignorer la puissance de son cinéma tout entier dévolu à enregistrer la naissance de ses actrices. M.J.

Film d’Abdellatif Kechiche (2013). A voir sur Netflix, Amazon Prime, Arte Boutique, OCS.

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22 mai 2020

À La Baule, une plage surchargée de serviettes

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Elle a été prise d’assaut, ce jeudi 21 mai 2020, par les vacanciers, sous le soleil du pont de l’Ascension. Sur le sable chaud, beaucoup n’ont pas hésité à faire bronzette, malgré l’interdiction et le risque d’amende.

« Ce n’est pas interdit la serviette de bain sur la plage ? », lance une passante sur le remblai. Devant elle, l’image est saisissante en ce jeudi de l’Ascension, sur la longue plage de La Baule (Loire-Atlantique). Depuis 14 h, elle est bondée, sous un chaud soleil. Il fait entre 26 et 27 degrés. C’est marée montante. Les serviettes sont étendues sur le sable. Certains, plus rares, ont même osé déplier le grand parasol aux motifs fleuris.

« Un effet de masse », disent la plupart, pour se justifier de leur acte, passible d’une amende de 135 €. « Oui je sais que je n’ai pas le droit », lance l’adolescent, les cheveux encore mouillés. « Mais cette règle est presque injuste. Regardez les gens sur le remblai ! Eux sont assis, comme nous, mais ne risquent rien. »

Des mots partagés par beaucoup. Les « bronzés » calculent à vue d’œil, ils pensent respecter les distances barrières. « Autour de moi, ce sont les serviettes de mes proches », justifie Stéphanie, la maman nantaise qui surveille les enfants dans l’eau.

« Écœuré »

L’image de cette bronzette statique divise forcément sur le front de mer de la station balnéaire. « Je ne comprends pas ces gens. C’est quand même plus agréable de marcher dans l’eau fraîche », estime u ne famille rennaise, venue profiter du charme de la baie de neuf kilomètres… après avoir elle-même légèrement outrepassé la limite des 100 kilomètres…

« Je suis écœuré par ce non-civisme », lance Gildas en enfilant sa combinaison. Il arrive de Nantes avec ses enfants, pour une séance de paddle. « Ma femme, qui ne fait pas de sport nautique, est restée dans notre appartement. » Le père de famille craint une fermeture de la plage dans les jours à venir.

Un sentiment partagé par Alain, qui vient de croiser Annick et Jean-Yves, ses amis. Les trois résidents baulois, surpris par l’ampleur de la situation, observent ensemble la plage. Ils en débattent : « Mais où est donc la police ? C’est maintenant qu’il faut verbaliser ! » Pour ces retraités, les rares à être masqués ce jour, aucun doute : des sanctions vont tomber dans les jours à venir. « Nous allons probablement être privés d’un lieu incroyable à cause de ces comportements irrespectueux, c’est décevant. »

« Aucun contrôle »

Une nouvelle fermeture serait une catastrophe pour les quelques commerces de plage qui viennent de rouvrir. Au Punch in Baule, on sert des boissons à emporter. « On tente de sensibiliser les clients. On leur dit de consommer en marchant, explique le cogérant. Si la plage venait à fermer ? J’en voudrais aux touristes et aux forces de l’ordre. Aucun contrôle n’est fait pour réguler le phénomène. »

Mercredi, le préfet de région Claude d’Harcourt a annoncé faire un point de la situation ce vendredi, après une mise en garde ferme à propos des rassemblements sur les plages et en bord de Loire. S’il considère que ça dérape, il n’hésitera pas à sanctionner ferme. À l’image de son voisin du Morbihan. Source : Ouest France

22 mai 2020

Extrait d'un shooting - photos : Jacques Snap

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22 mai 2020

PARIS - Covid-19 : les eaux usées ne sont plus en odeur de sainteté

Par Renaud Lecadre 

Suspectées de véhiculer des traces de Covid-19, les eaux non recyclées ne serviront plus à nettoyer les rues et autres espaces publics de Paris.

On l’oublierait presque, mais nos déjections pourraient également contribuer à propager le Covid-19. «Le virus se retrouve dans les selles», rappellent ainsi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tout comme le plus hexagonal Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Mieux encore, l’analyse de nos toilettes permettrait de compléter utilement l’arsenal statistique sur la diffusion de la pandémie : «L’examen des eaux usées est un bon indicateur, avec une présence du génome [du Covid-19, ndlr] cent fois supérieure au moment du pic», note une récente étude conjointe diligentée par divers distributeurs d’eau et autres laboratoires de recherche. Même si, tiennent à préciser les spécialistes du secteur, il ne s’agirait que de «traces de traces» du virus.

Une conséquence s’impose : plus question désormais de nettoyer les trottoirs avec de l’eau non recyclée, pas plus que les parcs et jardins. Plus question non plus de faire le ménage public de rues à l’aide «d’appareils de type souffleurs de feuilles» susceptibles d’éparpiller le virus façon puzzle. Le 19 avril, la mairie de Paris annonçait que, désormais, ses rues ou autres espaces publics seraient nettoyés ou arrosés par de l’eau potable - dont le traitement habituel permet d’éliminer le Covid-19 sans plus de formalités. Exit donc le recyclage des eaux des égouts, de la Seine ou de divers canaux. Une mesure non pas de précaution, mais «d’hyperprécaution», comme le soulignent employés ou employeurs municipaux. Paris ne fait ainsi plus figure d’exception : dans les autres grandes villes françaises, le nettoyage des rues était de longue date assuré par de l’eau potable. «Nous ne sommes pas en détresse hydraulique», insiste un professionnel du secteur. Acceptons-en l’augure…

Tristan Mathieu, délégué général de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E, regroupant les acteurs privés qui bénéficient d’une délégation de service public), tient toutefois à prévenir : «Nos eaux usées sont nos futures eaux de baignade», que ce soit dans des lacs, rivières ou plages. Le principe de précaution, là encore, risque de provoquer une nouvelle série d’expertises sanitaires sur nos lieux de villégiature. «Surveillance accrue des 500 principales plages françaises», prophétise Tristan Mathieu.

De fil en aiguille, de tuyau en usine, il est aussi question des boues d’épuration des stations de traitement des eaux usagées. Il en sort 100 000 tonnes par mois, les deux tiers étant déversées sur des terres agricoles en guise d’épandage - un mode de fertilisation des sols alternatif aux engrais chimiques. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) y est donc allée de son avis. Il y aurait des bonnes et mauvaises boues d’épuration, selon qu’elles sont «hygiénisées» ou pas, dans une proportion de 50-50. Les secondes, le plus souvent issues de stations d’épuration en milieu rural, sont désormais interdites d’épandage. La crise sanitaire aura eu au moins ce mérite secondaire, résume la FP2E : «La montée en gamme de la filière boues.»

22 mai 2020

ELLE - Claudia Schiffer

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22 mai 2020

En avril, 8,6 millions de salariés français ont été réellement placés au chômage partiel

Par Bertrand Bissuel - Le Monde

Tout en constituant un record, le chiffre est un peu inférieur aux ordres de grandeur évoqués par le gouvernement.

Le nombre de personnes au chômage partiel a atteint un sommet, mais pas aussi élevé que ce que pourrait suggérer la communication gouvernementale. Tel est l’un des principaux enseignements d’une note diffusée, mercredi 20 mai, par la Dares − la direction des études du ministère du travail.

Le dispositif, mis en place à très grande échelle pendant le confinement pour éviter des licenciements en cascade, a concerné quelque 8,6 millions de salariés du privé en avril. Tout en constituant un record, cette donnée est inférieure aux chiffres évoqués par l’exécutif à la fin du mois concerné.

Cette distorsion tient aux procédures en vigueur. Le pouvoir en place s’est, en effet, prévalu du nombre d’individus que les patrons mentionnent dans la demande d’autorisation préalable pour bénéficier de la mesure. Or, ces indications sont souvent supérieures aux effectifs réellement pris en charge. Ainsi, en avril, 11,8 millions de salariés « étaient susceptibles d’être placés » en chômage partiel, compte tenu des demandes d’autorisation enregistrées à la mi-mai. Ceux qui ont effectivement basculé dans le dispositif s’avèrent, finalement, moins nombreux (8,6 millions).

« Réduction des débouchés et des commandes »

Grâce à ce mécanisme, quelque 832 millions d’heures de travail ont été chômées (soit « 2,8 semaines à 35 heures, par salarié en moyenne »). Les trois secteurs « les plus représentés » sont le commerce (1,6 million de salariés), les services aux entreprises (1,4 million) et la construction (1,1 million), d’après la Dares.

Il s’agit d’« estimations », calculées en croisant plusieurs sources d’information. Elles seront peut-être « révisées et doivent (donc) être considérées avec prudence, car elles reposent sur des hypothèses concernant le comportement » des entreprises, souligne la note.

Les raisons invoquées pour recourir au chômage partiel se sont modifiées, entre mars et avril. « L’impossibilité de maintenir l’activité en assurant la sécurité des salariés est moins fréquemment évoquée », écrit la Dares. A l’inverse, « la réduction des débouchés ou des commandes » et « la fermeture obligatoire dans le cadre des restrictions de certaines activités » sont plus souvent mises en avant.

Quel est le coût d’une telle mesure ? Un coin du voile a été levé, dans une enquête publiée le 12 mai par l’Unédic, l’association paritaire qui gère l’assurance-chômage : fin avril, les dépenses réelles de chômage partiel atteignaient 2,3 milliards d’euros « au titre du mois de mars ». Une somme qui devrait encore s’accroître, notamment parce que les dirigeants de sociétés disposent d’un an pour formuler la demande d’indemnisation à laquelle ils ont droit.

22 mai 2020

Marisa Papen

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marisa abandonnée

marisa nageuse

21 mai 2020

La une de LIBERATION ce jeudi 21 mai 2020

presse libé 21 mai

21 mai 2020

Pierre et Gilles

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21 mai 2020

L’option du 28 juin se précise pour le second tour des municipales

Par Patrick Roger - Le Monde

Lors de la réunion, mercredi soir, avec les représentants des principaux partis, le premier ministre a tenu à préciser que la décision n’était pas encore prise.

La visioconférence, mardi 19 mai, entre Emmanuel Macron et les principaux représentants des maires avait donné une idée très claire de la préférence de ces derniers en faveur de la tenue du second tour des élections municipales avant la fin du mois de juin. La rencontre, physique cette fois-ci, qui s’est tenue mercredi entre Edouard Philippe et les chefs de parti, à Matignon, semble conforter cette voie. Même si, pour l’instant, rien n’est encore définitivement arrêté. Aux termes de la loi d’urgence sanitaire du 23 mars, le gouvernement devrait remettre un rapport aux présidents des deux assemblées, probablement vendredi 22 mai, et, si l’hypothèse d’un second tour au mois de juin était retenue, un décret de convocation des électeurs devrait être pris en conseil des ministres mercredi 27 mai.

Lors de cette réunion, mercredi soir, avec les représentants des principaux partis, le premier ministre a tenu à préciser que la décision n’était pas encore prise. Même si, pour la plupart des participants, la conviction semble acquise que le second tour devrait avoir lieu le 28 juin – « le 21 juin n’a même pas été évoqué », rapporte le président du parti Les Républicains (LR), Christian Jacob.

Deux options

En clair, deux options sont sur la table. Soit le gouvernement choisit de tenir le second tour en juin et, à ce moment-là, tout s’enchaîne, conformément à la loi du 23 mars. Le décret précise la date des élections, le dépôt des listes pour le second tour court jusqu’au mardi 2 juin à 18 heures. Le premier ministre a cependant apporté une précision importante. Dans ce cas-là, il n’y aura ni débat ni vote au Parlement, comme cela avait un temps été envisagé. Ce n’est que dans l’hypothèse où le scrutin serait reporté au-delà du mois de juin que le gouvernement serait amené à présenter un nouveau projet de loi et qu’il y aurait, alors, un débat au Parlement.

Si le second tour, là où le premier tour n’a pas permis de pourvoir intégralement les conseils municipaux, devait être reporté après le mois de juin – entraînant alors la reprise de l’intégralité des opérations électorales –, il sera nécessaire de revenir devant le Parlement pour présenter un nouveau projet de loi. Aussi, le premier ministre a-t-il transmis, par anticipation, un avant-projet de loi au Conseil d’Etat pour qu’il puisse être examiné dans les plus brefs délais mais qui ne préfigure en aucun cas la décision qui sera prise.

M. Philippe en a expliqué la teneur. Il s’agit d’ouvrir jusqu’à fin janvier la possibilité de tenue des élections municipales. Juillet, août, évidemment, cela semble peu concevable de convoquer les électeurs. Septembre, au moment de la rentrée scolaire et de la reprise des activités, difficilement envisageable. Octobre, novembre, décembre, ce sera la période de l’examen au Parlement des lois de finances, qui vont être, dans cette période de crise, d’un enjeu déterminant. Comment imaginer que des élections municipales se tiennent au même moment ? Le chef du gouvernement exclut, en revanche, l’hypothèse, défendue, notamment, par le Rassemblement national et La France insoumise, d’élections municipales couplées aux élections départementales et régionales de mars 2021, pour des raisons d’organisation matérielle.

Reporter les élections consulaires

Quel que soit le cas de figure, un retour devant le Parlement sera néanmoins nécessaire pour ce qui concerne les élections consulaires prévues en juin et qui déterminent le corps électoral pour les Français résidant à l’étranger en vue des élections sénatoriales. Le conseil scientifique a estimé qu’il était « opportun de les reporter », au vu de l’évolution des risques sanitaires. Un projet de loi organique devrait être prochainement déposé.

Pas de décision définitive, donc, à l’issue de cette réunion entre le premier ministre et les responsables de partis politiques, mais une tendance qui se dégage en faveur de la tenue du second tour des élections municipales le 28 juin. Chacun des participants, à commencer par M. Philippe lui-même, a tenu cependant à anticiper une éventuelle clause de revoyure si, en juin, les relevés sanitaires et épidémiologiques pouvaient faire peser une crainte sur la tenue du second tour.

« Nous sommes pour le déconfinement de la démocratie, sous conditions et avec une clause de revoyure, évidemment », indique le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. « C’est à l’exécutif de prendre la décision », réaffirme M. Jacob, tout en soulignant que « tout le monde a été prudent ». S’il y a un consensus, du côté des oppositions, c’est de ne vouloir en aucun cas porter le chapeau.

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